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Full text of "Bulletin du Muséum national d'histoire naturelle"

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Tome  XXV 


2e  Série 


JANVIER  1953 


SOMMAIRE 

Pages 

Liste  des  Associés  et  Correspondants  nommés  en  1952 .  5 

Travaux  faits  dans  les  Laboratoires  pendant  l'année  1952 .  10 

Communications  : 

M.  André.  Nouvelles  observations  sur  Thrombicula  Le  Gaci  M.  André  (Acariens).  68 

C.  et  E.  Angelier.  Contributions  à  la  connaissance  des  Hydracariens  des  Pyré¬ 
nées  :  le  genre  Arrenurus  Dugès  1833 .  69 

Ch.  D.  Radford.  A  Révision  of  the  fur  Mites  Myobiidae  (Acarina)  (suite 

et  fin) .  80 

P.  A.  Remÿ.  Description  d’un  nouveau  Palpigrade  d’Afrique  occidentale  fran¬ 
çaise  .  86 

A.  Hinschberger.  Contribution  à  la  faune  des  Symphyles  de  Corse .  90 

A.  Villiers.  Un  nouveau  Systelloderes  du  Vénézuéla  (Hemiplera  Henicocepha- 

lidae) .  95 

J.  Pagès.  Diploures  Japigidés  de  Basse-Egypte .  97 

A.  Guillaumin  et  H.  Rose.  Floraisons  les  plus  intéressantes  observées  dans 

les  serres  du  Muséum  pendant  l’année  1952 .  103 

J.  M.  Turmel.  Diffusion  de  l’eau  de  percolation  dans  les  sables  sahariens .  105 


BULLETIN 

i 

DU 

MUSÉUM  NATIONAL  D’HISTOIRE  NATURELLE 


I 


BULLETIN 


DU 

MUSÉUM  NATIONAL  . 
D’HISTOIRE  NATURELLE 


2e  Série.  —  Tome  XXV 


RÉUNION  DES  NATURALISTES  DU  MUSÉUM 

ANNÉE  1953 


PARIS 

MUSÉUM  NATIONAL  D’HISTOIRE  NATURELLE 
57,  Rue  Cuvier,  5e 


BULLETIN 


DU 

MUSÉUM  NATIONAL  D’HISTOIRE  NATURELLE 


ANNÉE  1953.  —  N°  1. 


394e  RÉUNION  DES  NATURALISTES  DU  MUSÉUM 

8  JANVIER  1953 


PRÉSIDENCE  DE  M.  LE  PROFESSEUR  J.  BERLIOZ 


LISTE  DES  ASSOCIÉS  ET  CORRESPONDANTS 

DU 

MUSÉUM  NATIONAL  D’HISTOIRE  NATURELLE 

NOMMÉS  EN  1952 


ASSOCIÉ 

Bouet  (Georges),  présenté  par  M.  le  Professeur  J.  Berlioz. 

M.  le  Dr  Bouet,  Administrateur  en  Chef  des  Colonies  honoraire,  Membre 
dei  l’Académie  des  Sciences  coloniales,  Correspondant  du  Muséum,  a 
commencé  sa  carrière  coloniale  comme  Médecin  militaire  au  Soudan 
français  en  1897  et  a  consacré  depuis  lors  toute  son  activité  professionnelle 
à  l’études  des  problèmes  biologiques  touchant  à  l’Afrique  et  à  Madagascar. 

Chargé  successivement  de  plusieurs  missions  médicales  et  scientifiques 
à  Madagascar  (1900-1904)  et  en  A.  O.  F.  (en  1906-1908,  en  1909-1912  et 
en  1913-1917)  pour  y  faire  spécialement  des  recherches  sur  les  maladies  à 
trypanosomes,  puis  comme  Inspecteur  de  l’hygiène,  il  fut  ensuite  «  Chargé 
d’Affaires  »  au  Libéria,  de  1918  à  1930,  et  c’est  surtout  pendant  ces  divers 
séjours  en  Afrique  occidentale  qu’il  put  donner  libre  cours  à  son  goût 
pour  les  recherches  d’histoire  naturelle.  C’est  à  lui  que  l’on  doit  entre 
autres  la  découverte  d’une  forme  nouvelle  d ’Hylochoerus,  type  de  Suidé 
propre  aux  régions  forestières  équatoriales  de  l’Afrique,  et  celle  d’un 
poisson  aveugle  du  genre  Typhlosynbranchus. 

Depuis  son  retour  définitif  dans  la  métropole,  le  Dr  Bouet  n’a  cessé  de 


—  6  — 


collaborer  aux  travaux  des  missions  anti-acridiennes  en  Afrique  et  surtout 
à  des  recherches  ornithologiques,  en  instituant,  en  accord  avec  le  Service 
de  baguage  du  Muséum,  un  système  d’études  méthodiques  des  migrations 
des  Cigognes  en  Afrique  du  Nord. 

De  tous  ses  voyages,  le  Dr  Bouet  a  rapporté  une  abondante  et  éclec¬ 
tique  documentation  dont  il  a  confié  l’étude,  selon  les  sujets,  respective¬ 
ment  à  l’Institut  Pasteur  et  au  Muséum.  Notre  établissement  lui  doit  de 
nombreuses  collections,  données  aux  laboratoires  les  plus  variés,  car  il 
s’est  intéressé  aux  sciences  naturelles  sous  tous  les  aspects  :  Mammifères, 
Oiseaux,  Reptiles,  Poissons,  Insectes,  Crustacés,  Fossiles,  Minéraux.  Il  a 
également  à  son  actif  de  nombreuses  publications  relatives  à  des  sujets 
aussi  variés  que  ceux  de  ses  recherches,  mais  toutes  empreintes  des  mêmes 
clarté  et  probité  scientifiques  qui  lui  ont  valu  l’estime  générale. 

Par  la  valeur  de  son  oeuvre  scientifique,  comme  par  le  dévouement  dont 
il  n’a  cessé  de  faire  preuve  vis-à-vis  de  notre  établissement,  le  Dr  Bouet, 
qui  est  depuis  longtemps  «  Correspondant  du  Muséum  »,  me  paraît  donc 
très  qualifié  pour  mériter  le  titre  d’ «  Associé  du  Muséum  ». 

(J.  Berlioz.) 


CORRESPONDANTS 

Benchley  (Belle  J.),  présentée  par  M.  le  Professeur  A.  Urbain. 

Mme  Belle  J.  Benchley,  Executive  Secretary  of  the  Zoological  Society 
of  San  Diego  (Californie),  est  une  zoologiste  renommée,  dont  les  travaux 
sur  le  comportement  des  animaux  en  captivité,  et  principalement  des 
singes,  sont  bien  connus. 

Mme  B.  J.  Benchley  s’est  intéressée,  d’une  façon  tout  à  fait  parti¬ 
culière,  au  Parc  Zoologique  du  Bois  de  Vincennes,  en  lui  faisant  parvenir 
fréquemment,  à  titre  de  don,  des  animaux  de  grande  valeur,  tels  que  des 
Otaries  et  dés  Dindons  ocellés. 

,  (A.  Urbain.) 

Reichstein  (Th.),  présenté  par  MM.  les  Professeurs  Ch.  Sannié  et 
M.  Fontaine. 

M.  le  Professeur  Th.  Reichstein,  prix  Nobel  de  Médecine,  Directeur 
de  l’Institut  de  Chimie  organique  de  Bâle,  en  relations  avec  plusieurs  des 
chaires  du  Muséum  (Chaires  de  MM.  Millot,  Portères,  Sannié,  Fon¬ 
taine)  et  dont  les  travaux  de  phytochimie  font  autorité. 

(Ch.  Sannié.) 

Giaja  (J.),  présenté  par  M.  le  Professeur  M.  Fontaine. 

M.  J.  Giaja  est  professeur  de  physiologie  à  Belgrade.  Sa  carrière  scienti¬ 
fique  a  débuté  en  France  au  laboratoire  de  botanique  du  Muséum  (Pro¬ 
fesseur  Van  Tieghem)  et  s’est  poursuivie  aux  laboratoires  de  physiologie 
de  la  Sorbonne  et  au  laboratoire  de  Biologie  marine  de  Roscofî  jusqu’à 
l’obtention  de  sa  thèse  de  doctorat  sur  les  ferments  des  glucides  chez  les 


7  — 


Mollusques  et  les  Custacés.  Mais  c’est  en  Yougoslavie  qu’il  a  formé  une 
véritable  école  dont  l’activité  est  orientée  depuis  de  nombreuses  années 
vers  l’étude  de  la  poïkilothermie  expérimentale  et  dont  les  recherches  ont 
abouti  à  cette  remarquable  léthargie  par  hypoxie  hypercarbonique  qui 
suscite  beaucoup  d’intérêt  dans  les  milieux  médicaux  et  chirurgicaux. 
Le  Professeur  Giaja  est  resté  dans  toutes  ses  recherches  un  physiologiste 
naturaliste,  associant  la  recherche  au  laboratoire  à  l’observation  et  à 
l’étude  des  animaux  dans  leur  milieu  naturel.  Il  est  resté  aussi  un  grand 
ami  du  Muséum,  le  visitant  discrètement  mais  toujours  avec  l’émotion 
la  plus  sincère  lors  de  ses  voyages  à  Paris,  envoyant  travailler  dans  nos 
laboratoires  certains  de  ses  élèves  (son  assistant  Andjus  en  1952),  nous 
procurant  enfin  gracieusement  des  hibernants  très  précieux  pour  nos 
recherches  :  les  spermophiles.  Il  n’y  a  pas,  en  Yougoslavie,  de  plus  ardent 
défenseur  de  la  culture  française  et  le  Gouvernement  l’a  élevé  au  grade 
de  Commandeur  de  la  Légion  d’honneur.  Pour  ses  remarquables  travaux 
universellement  connus  et  appréciés,  la  Société  de  Biologie  et  l’Académie 
de  Médecine  l’accueillirent  comme  correspondant.  Une  telle  distinction 
venue  du  Muséum,  où  le  Professeur  Giaja  a  commencé  sa  carrière  de 
chercheur  lui  serait  certainement  très  agréable  et  elle  honorerait  notre 
Etablissement  aussi  bien  que  cet  éminent  physiologiste. 

(M.  Fontaine.) 

Cuynet  (Paul),  présenté  par  M.  le  Professeur  Heim. 

M.  P.  Cuynet,  Directeur  des  Contributions  directes  du  Département  de 
la  Loire,  est  un  bryologue  très  compétent  et  enthousiaste  dont  est  grande 
l’activité  scientifique  malgré  des  occupations  professionnelles  particulière¬ 
ment  lourdes.  M.  Cuynet  dirige  une  Société  d’échange  de  Muscinées  qui 
se  prolonge  à  l’étranger  par  le  concours  de  divers  correspondants  ;  il  a 
publié  des  études  bryologiques,  fort  consciencieuses,  sur  le  Massif  du  Pilât 
et  les  Monts  du  Forez,  où  il  à  entrepris  de  multiples  excursions,  et  pris 
part  à  plusieurs  sessions  de  la  Société  botanique  de  France  :  Bretagne 
1947,  Pyrénées  1948,  Alpes-Maritimes  et  Ligures  1950.  Beaucoup ,  de 
Muscinées  rares  ont  été  léguées  par  lui  aux  herbiers  du  Laboratoire  de 
Cryptogamie  de  même  que  des  doubles  pour  le  service  des  échanges. 
M.  Cuynet  ne  manque  pas  de  venir  travailler  au  Laboratoire  de  Crypto¬ 
gamie  à  chacun  de  ses  voyages  à  Paris. 

(R.  Heim.) 

Foley  (Henry),  présenté  par  M.  le  Professeur  L.  Fage. 

M.  le  Dr  H.  Foley,  Conseiller  de  direction  à  l’Institut  Pasteur  d’Algérie 
est  directeur  du  Laboratoire  Saharien  de  cet  Institut.  Depuis  près  de 
50  années,  il  a  patiemment  réuni  de  multiples  spécimens  d’ Histoire  naturelle 
répartis  dans  les  trois  règnes.  Les  matériaux  accumulés  représentent  une 
somme  très  grande  de  documents  que  M.  le  Dr  H.  Foley  a  méthodique¬ 
ment  classés  et  que,  malgré  ses  82  ans,  il  continue  activement  de  compléter. 
Il  a  pu,  en  diverses  disciplines,  augmenter  la  valeur  des  collections  de 
notre  Musée  ;  celles  des  Arachnides  et  notamment  celle  des  Scorpions, 


k 


bien  que  l’une  des  plus  riches  du  monde,  ne  possédait  que  fort  peu  d’exem¬ 
plaires  sahariens  ;  elle  en  est  maintenant  très  fournie. 

Nommer  M.  le  Dr  H.  Foley,  Correspondant  du  Muséum  c’est  reconnaître 
et  honorer  toute  une  vie  de  recherches  d’un  vrai  Naturaliste  qui,  malgré 
ses  lourdes  tâches  professionnelles,  a  su,  au  èours  de  ses  multiples  missions 
et  par  son  influence  sur  les  médecins  sahariens,  réunir  tant  de  matériaux 
en  un  vaste  territoire  si  difficile  à  prospecter. 

(L.  Fage.) 

Etchecopar  (Robert-Daniel),  présenté  par  M.  le  Professeur  J.  Ber¬ 
lioz. 

M.  Etchecopar,  Directeur  administratif  du  Conseil  Supérieur  de  la 
Chasse,  Secrétaire  Général  de  la  Société  Ornithologique  de  France,  adonné 
depuis  longtemps  à  toutes  les  recherches  concernant  l’oologie,  ne  cesse 
de  réunir  sur  ce  sujet  une  documentation  matérielle  et  bibliographique 
des  plus  considérables,  dont  il  fait  généreusement  et  fréquemment  profiter 
les  collections  du  laboratoire  des  Mammifères  et  des  Oiseaux  du  Muséum, 
qui  se  sont  accrues  grâce  à  lui,  dans  des  proportions  importantes.  Il 
participe  aussi  activement  au  rangement  méthodique  et  scientifique  de 
ces  collections. 

(J.  Berlioz.) 


Rinchon  (Robert),  présenté  par  M.  le  Professeur  J.  Berlioz. 

Le  Père  Rinchon  (Robert),  Docteur  ès-Sciences,  Professeur  au  Sémi¬ 
naire-Collège  de  Fort-de-France  (Martinique),  se  consacre  à  des  recherches 
très  approfondies  sur  l’archéologie  et  la  biologie  animale  dans  les  Antilles 
françaises,  principalement  sur  l’Ornithologie.  Ancien  élève  (pour  sa  thèse) 
du  laboratoire  des  Mammifères  et  des  Oiseaux  au  Muséum,  il  a  envoyé  à 
/  celui-ci  une  documentation  de  tout  premier  ordre  - —  en  grande  partie 
nouvelle  pour  notre  établissement  —  concernant  la  faune  des  Antilles, 
au  sujet  de  laquelle  il  a  publié  aussi  des  études  de  haute  qualité;  l’ensemble 
de  ses  travaux  le  désigne  amplement  pour  le  titre  de  Correspondant  du 
Muséum. 

(J.  Berlioz.) 

Gerin  (Lucien),  présenté  par  M.  le  Professeur  P.  Vayssière. 

Lucien  Gerin,  Ingénieur  des  Services  de  l’Agriculture  de  la  France 
d’Outre-Mer,  Station  de  recherches  sur  le  Quinquina,  Dschang  (Cameroun), 
est  un  des  plus  fidèles  collaborateurs  de  la  chaire  d’Entomologie  agricole 
coloniale,  à  laquelle  il  adresse  d’Afrique  du  matériel  entomologique  mort 
et  vivant  ainsi  que  les  observations  qu’il  fait  sur  les  insectes.  Il  s’est 
consacré,  ces  dernières  années,  à  l’étude  des  Hémiptères  Hétéroptères 
nuisibles  au  Caféier  et  au  Quinquina.  Grâce  à  M.  Gerin,  des  élevages 
permanents  de  Punaises  du  Cameroun  sont  maintenus  au  laboratoire  et 
permettent  de  faire  des  observations  qu’il  serait  impossible  de  pour¬ 
suivre  sans  son  concours. 


(P.  Vayssière.) 


Leleup  (Narcisse),  présenté  par  M.  le  Professeur  R.  Jeannel. 

M.  Narcisse  Leleup,  assistant  biologiste  de  l’Institut  pour  la  Recherche 
scientifique  en  Afrique  centrale,  est  un  naturaliste  de  grand  mérite,  bien 
"connu  par  les  belles  découvertes  qu’il  a  faites  au  Congo  Belge  et  parti¬ 
culièrement  dans  le  Kivu.  Il  a  publié  d’excellents  travaux  sur  l’écologie 
des  Diptères  piqueurs,  ainsi  que  sur  la  faune  d’Arthropodes  anoph- 
talmes  peuplant  les  forêts  de  montagne  et  les  cavernes  du  Congo  Belge. 
Une  grande  partie  de  ses  récoltes  me  sont  confiées  pour  étude,  et  grâce  à 
lui  nos  collections  du  Muséum  s’enrichissent  de  centaines  d’espèces  nou¬ 
velles  dont  nous  conservons  les  paratypes.  En  accordant  à  M.  Leleup 
le  titre  de  Correspondant  du  Muséum,  nous  témoignerons  notre  reconnais¬ 
sance  à  un  des  meilleurs  explorateurs  belges  actuels. 


TRAVAUX  FAITS  DANS  LES  LABORATOIRES 


ET 

ACCROISSEMENT  DES  COLLECTIONS 

DU  MUSÉUM  NATIONAL  d’hISTOIRE  NATURELLE 

PENDANT  L’ANNÉE  1952. 


-  Anatomie  comparée. 

J.  Millot,  Professeur.  —  La  Faune  Malgache  et  le  Mythe  Gondwanien. 

Mém.  Inst.  sci.  Madag.,  A  VII  (1),  p.  1-36,  3  fig.,  5  pl.  1952. 

- —  La  vie  intellectuelle  à  Madagascar.  Résonances ,  1952. 

—  et  Pascal  (A.).  —  Note  que  la  sorcellerie  chez  les  Vezo  de  la  région 

de  Morombe.  Mém.  Inst.  sci.  Madag.,  C  1,  p.  13-28,  pl.  II,  9  fig., 
1952. 

—  Faune  et  Flore  de  Madagascar.  Revue  Coloniale  Belge,  n°  159,  1959. 

—  Les  Oiseaux  de  Madagascar.  Rev.  de  Madag.,  n°  10,  p.  30-37,  8  fig., 

1952. 

—  Biologie  des  Races  Humaines.  A.  Colin,  édit.,  Paris,  220  p.,  1952. 

M.  Friant,  Sous-Directeur.  —  Sur  la  position  systématique  du  Grand 

Rongeur  éteint  de  l’île  de  Malte,  Leithia  melitensis  Leith  Adam. 
Proceed.  Zool.  Soc.  London,  vol.  121,  Part  III,  1951. 

—  Le  Vautour  des  Cavernes  (  Gyps  fulvus  Gm.  ssp.  spelaeus  nov.)  de 

Goyet  (Belgique).  Id.,  Part  II,  1951. 

—  Deux  stades  de  l’évolution  cérébrale  de  l’Eléphant  (Loxondota  africana 

Blum.).  Kungl.  Fysiogr.  Sàllskapets  Handl.  Lund  N.  F.,  Bd  62, 
Nr  5,  1951. 

—  Recherches  sur  le  cerveau  de  l’Eléphant  ( Loxodonta  africana  Blum.). 

Ann.  Soc.  roy.  zool.  Belgique.  T.  82,  fasc.  1,  1951. 

—  La  dentition  temporaire,  dite  lactéale,  de  l’Homme  et  des  Singes 

anthropoïdes.  Rev.  Stomatol.,  t.  52,  n03  11-12,  1951. 

—  Sur  le  rapport  du  poids  et  de  la  taille  dans  la  croissance  humaine. 

C.  R.  Acad.  Médecine,  20  nov.  1951. 

—  Un  cerveau  de  foetus  de  Marsouin  (Phocaena  communis  Cuv.).  C.  R. 

Acad.  Sciences,  7  janv.  1952. 

—  Le  Strogyloceros  spelaeus  Owen  (Cerf  géant  des  Cavernes).  Id.,  24  avr. 

1952. 

—  Les  Chauves-Souris  frugivores  firent-elles  partie  des  Mammifères  les 

plus  anciens  ?  Revue  Stomatol.,  t.  53,  n°  4,  1952. 

—  Anatomie  comparée  cranio-faciale  des  Mammifères  et  de  l’Homme. 

Id.,  n03  5-6,  1952. 


—  11  — 


—  et  H.  Reichlen.  —  Deux  chiens  préhispaniques  du  désert  d’Atacama. 

Recherches  anatomiques  sur  le  Chien  des  Incas.  Travaux  Instit. 
franç.  études  andines,  t.  II,  1950. 

J.  Anthony,  Assistant.  —  Existe-t-il  un  moyen  anatomique  satisfaisant 
d’exprimer  le  degré  d’orgahisation  cérébrale  des  Mammifères  ? 
II  :  Discussion.  Mammalia,  t.  15,  n°  4,  124-37,  1951. 

—  Disposition  exceptionnelle  du  sulcus  arcuatus  sur  le  lobe  frontal  d’un 

Atèle  (Singes  Platyrhiniens).  Mammalia,  t.  16,  n°  3,  157-9,  2  fig., 
1952. 

• —  L’évolution  cérébrale  des  Primates.  Biologie  médicale,  41,  n°  5,  522- 
38,  9  fig.,  1952. 

—  et  le  Dr  A.  Delattre.  —  Les  particularités  cranio-encéphaliques  de 

Saïmiri.  Bull.  Soc.  Anthrop.  Paris,  Xe  série,  t.  2,  166-76,  3  fig., 
1951. 

■ —  —  Nécessité  d’un  correctif  dans  la  comparaison  des  crânes  par  la 
méthode  vestibulaire.  Angle  palato-vestibulaire.  C.  B.  Acad.  Sci. 
Paris,  23  déc.  1952. 

J.  L.  Decerisy,  Assistant.  —  A  propos  du  Cercle  de  Willis  des  Lémuriens. 
Mammalia,  t.  16,  n°  4,  1952. 

R.  Saban,  Stagiaire  de  recherches  au  C.  N.  R.  S.  —  Fixité  du  canal  semi- 
circulaire  externe  et  variations  de  l’angle  thyridien.  Mammalia, 
t.  XVI,  n°  2,  juin,  p.  77-92,  10  fig.,  1952. 

—  L’os  temporal  des  singes  Anthropomorphes.  Ann.  des  Sci.  nat.  Zoologie, 

t.  XIV,  11e  série,  p.  25-73,  52  fig.,  1952. 


Ethnologie  des  Hommes  actuels  et  des  Hommes  fossiles. 
(Musée  de  l’Homme). 

H.  V.  Vallois,  Professeur.  —  Anthropologie  et  Ethnographie.  Alman. 

Sc.,  Mouvement  Scient.,  Paris,  1952,  p.  68-73. 

- —  Préface  au  livre  de  B.  Holas  :  L’Homme  Noir  d’Afrique.  Inst.  Franç. 
d’Afrique  Noire,  Initiations  africaines,  1951,  t.  8. 

—  Les  groupes  sanguins-de  part  et  d’autre  des  Pyrénées.  Primer  Congreso 

intern.  del  Pireneo  del  Inst,  de  Estudios  Pirennicos,  Zaragoza,  1951, 

32  p.,  4  fig. 

—  La  découverte  des  Races,  La  Semaine  des  Hôpitaux,  t.  28,  n°  17, 

2  mars  1952,  p.  693-698,  7  fig. 

—  Le  squelette  d’Aïn  Méterchen.  Atti  del  1°  Congresso  intern.  di  Preist. 

e  Protost.  Mediterranea,  Firenze,  1950,  3  p.,  1  fig. 

—  Race  et  Racisme.  Les  déclarations  de  l’U.N.E.S.C.O.  sur  la  race. 

L'Anthropologie,  t.  56,  1952,  p.  291-304. 

- —  Diagrammes  sagittaux  et  mensurations  individuelles  des  Hommes 
fossiles  d’Afalou-bou-Rhummel.  Trav.  du  Lab.  d’Anthr.  et  d’Arch. 
préh.  du  Musée  du  Bardo,  n°  5,  Alger,  1952,  1  fasc.  de  134  p., 

33  fig. 

—  et  R.  Piedelièvre.  —  Étude  et  identification  des  restes  de  Jacques 


—  12  — 


Cartier.  Bull,  de  l'Acad.  Nat.  de  Médecine,  n°  7-8 ,  1952,  p.  103-109, 
2  fig. 

—  et  M.  Boule.  —  Les  hommes  fossiles,  éléments  de  Paléontologie 

humaine.  4e  éd.  complètement  revue,  x-584  p.,  299  fig.,  Paris, 
Masson,  1952. 

—  Restes  humains  aurignaciens,  in  :  R.  et  S.  de  Saint-Périer,  «  La  grotte 

d’Isturitz,  III  ».  Arch.  de  l’Inst.  de  Paléont.  humaine,  mém.  25, 
1952,  7  p.,  1  fig. 

P.  Rivet,  Professeur  honoraire  et  G.  de  Crequi-Montfort.  —  Biblio¬ 
graphie  des  langues  aymara  et  Kicua.  Vol.  II  (1876-1915).  Trav. 
Mém.  Inst.  Ethnol.,  Paris,  1952,  655  p.,  in-8°. 

—  et  R.  de  Wavrin.  —  La  langue  Andoke.  Journ.  Soc.  Amér.,  Paris, 

t.  XLI,  fasc.  2,  1952,  p.  221-232. 

—  Les  Indiens  Parawgan.  Ibid.,  p.  233-235. 

L.  Pales,  Sous-Directeur.  —  Race  et  Nutrition.  La  Semaine  des  Hôpitaux. 
Paris,  2e  année,  n°  17,  2  mars  1952,  p.  706-713.  Résumés  anglais  et 
espagnol.  Ibid.,  suppl.  au  n°  17. 

—  Anatomie  sommaire  des  Maures  de  IA. O. F.  et  notamment  des  Maures 

du  Trarza.  Bull.  Mém.  Soc.  d’Antrop.  Paris,  t.  III,  Xe  sér.,  fasc.  1-2, 
1952,  p.  3-19,  12  tabl.,  10  pl.,  h.  t.  (avec  le  concours  de  MUe  Tassin 
de  Saint-Péreuse,  et  de  M.  Sautelet).  Public.  Mission  Anthrop.  de 
l’A.O.F.  (Raciologie  comparative  des  populations  de  l’A.O.F., 
III). 

—  Parallèle  anatomique  succinct  des  Maures  de  l’A.O.F.,  notamment  des 

Maures  du  Trarza,  avec  des  Peuls  et  des  Ouolofs  (avec  le  concours 
de  Mlle  Tassin  de  Saint-Péreuse  et  de  M.  Sautelet).  Ibid.,  p.  41-58, 
9  fig.  Public.  Mission  Anthrop.  de  l’A.O.F.  (Raciologie  compara¬ 
tive  des  populations  de  l’A.  O.  F.,  IV). 

• —  et  C.  Chippaux.  —  Anthropologie  des  Parties  Molles.  Disseotions  de 
quatorze  pieds  de  Noirs  africains.  Actas  da  Confér.  Intern.  dos 
Afric.  Occid.  Bissau.  Lisbonne,  1947  (1952),  vol.  IV,  la  Parte, 
p.  29-45. 

—  et  J.  Linhahd.  —  La  Sicklémie  (Sickle  Cell  Trait)  en  A.  O.  F.,  vue  de 

Dakar.  L’ Anthropologie,  Paris,  t.  LVI,  1952,  fasc.  1-2,  p.  53-86, 
4  fig.,  tableaux.  Public.  Mission  Anthrop.  de  l’A.O.F.  (Biologie 
comparative,  I). 

— -  R.  Kœrber  et  J.  Linhahd.  —  Répartition  des  groupes  sanguins  en 
A.  O.  F.  Bull.  Mém.  Soc.  d' Anthrop.  Paris,  t.  II,  Xe  sér.,  fasc.  4  à  6, 
1951  (1952),  p.  161-165,  2  fig.  Public.  Mission  Anthrop.  de  VA.  O.  F. 
(Biologie  comparative,  II). 

D.  Schaeffner  (Mme  Paulme),  Assistante.  —  La  femme  africaine  au 
travail.  Le  travail  en  Afrique  noire.  Présence  afric.,  Paris,  1952, 
p.  116-123. 

—  L’initiation  des  filles  en  pays  kissi  (Haute-Guinée),  Confér.  Intern. 

dos .  Afric.  Occid.,  Bissau,  1947,  vol.  V,  2»  parte  (Lisbonne,  1952), 
p.  301-331. 

R.  Hartweg,  Assistant.  —  Bull,  analytique  du  C.N.R.S.  Rédaction  de 


I 


la  rubrique  bibliographique  de  Biologie  Animale  et  de  Physiologie 
des  Invertébrés. 

H.  Lehmann,  Assistant.  —  L’archéologie  d’Orizaba,  Mexique,  d’après  la 
Collection  Biard  du  Musée  de  l’Homme.  Journ.  Soc.  Améric., 
Paris,  t.  XLI,  1952,  p.  1-20,  10  pl. 

M.  Bouteileer  (Mlle),  Assistante  (en  position  de  détachement).  —  Ana¬ 
lyses  critiques  de  livres  ethnographiques  in  :  L’Anthropologie , 
«  mouvement  scientifique  »,  t.»55,  1951  (1952),  p.  547-550  et  t.,56, 
1952,  p.  144-146,  158-160  et  349-363. 

M.  de  Lestbange  (Mlle),  Déléguée  dans  les  fonctions  d’Assistant.  — 
Combien  sont  les  Russes  ?  Le  Concours  médical,  Paris,  73e  ann., 
20  déc.  1951,  p.  4417-4418. 

—  Le  sel  dans  l’alimentation  des  Coniagui  de  Guinée.  Ibid.,  74e  ann., 

1er  mars  1952,  p.  815-816, 

—  Humour  noir  et  conflits  raciaux.  Ibid.,  10  mai  1952,  p.  1819-1820. 

—  La  psychologie  constitutionnelle  de  Sheldon.  Ibid.,  8  nov.  1952, 

p.  3823-3824. 

—  Pour  une  méthode  socio-démographique  (Étude  du  mariage  chez  les 

Coniagui  et  les  Bassari).  Journ.  Soc.  Afric.,  Paris,  1951  (1952), 
t.  XXI,  p.  97-109,  fig.  et  tabl. 

—  Génies  de  l’eau  et  de  la  brousse  chez  les  Bassari  de  Guinée  Française. 

Notes  afric.,  Dakar,  janv.  1952,  p.  21-22. 

—  A  propos  de  petites  poteries  :  petite  poterie  percée  des  devins  Coniagui 

et  Bassari.  Ibid.,  avr.  1952,  p.  48-49. 

— -  Becherches  critiques  sur  les  dermatoglyphes  :  dessins  digitaux  et 
caractères  raciaux.  Ann.  Biol.,  Paris,  1952,  t.  28,  fasc.  9-10,  p.  199- 
200. 

G.  Bailloud,  Technicien  et  P.  Chombard  de  Lauwe.  —  La  photographie 
aérienne,  dans  :  La  Découverte  du  passé  ;  progrès  récents  et  tech¬ 
niques  nouvelles  en  préhistoire  èt  en  archéologie  ;  études  réunies 
et  présentées  par  A.  Laming.  Paris,  Picard,  1952,  p.  45-58  et  308- 
309,  pl.  III-VI. 

G.  Rouget,  Technicien.  —  In  piroga  sull’  Ogooué.  La  oie  del  Mondo, 
Milan,  XIV-3,  mars  1952,  p.  313-326. 

—  Note  sur  les  travaux  d’ethnographie  musicale  de  la  Mission  Ogooué- 

Congo.  Confor.  Intern.  dos  Afric.  Occid.,  Bissau,  1947,  vol.  V, 
2a  parte  (Lisbonne,  1952),  p.  193-204. 

J.  Mauduit,  Aide  de  Laboratoire  spécialisé.  —  Les  grottes  préhistoriques 
révèlent  un  art  remarquable  d’essence  magique.  Science  et  Vie, 
Paris,  n°  420,  sept.  1952,  p.  238-242. 

—  La  parure  eh  A.O.F.  Reoue  Française,  Paris,  n°  40,  août-sept.  1952, 

p.  79-81. 

—  Les  populations  primitives  d’Afrique  du  Sud.  Ibid.,  n°  39,  juin-juill. 

1952,  p.  15-18. 

J.  Delance  (Mme),  Aide  de  Laboratoire  stagiaire.  —  La  discussion  parle¬ 
mentaire  sur  le  code  du  travail  en  Afrique  noire.  Le  Travail  en 
Afrique  noire.  Prés.  Afric.,  Paris,  n°  13,  1952,  p.  377-400. 


—  14  — 


—  Bibliographie  méthodique  :  l’étude  des  grandes  cités,  in  :  Méthodes  de 

recherche  pour  l’étude  d’une  grande  cité,  t.  II,  1952,  P.  V.  F.  Trav. 
Centre  Études  Sociol. 

A.  Schaeffner,  Maître  de  Recherches  au  C.N.R.S.  —  Danse  primitive. 
Tropiques ,  Paris,  49e  ann.,  n°  337,  déc.  1951  (1952),  p.  9-11. 

—  Lettera  da  Parigi.  La  Rassegna  musicale.  Rome,  XXII-3,  juil.  1952, 

p.  265-268. 

—  Les  origines  de  la  polyphonie.  Musique  et  liturgie,  Paris,  n°  29,  sept.- 

oct.  1952,  p.  6-7. 

—  Premières  remarques  sur  le  lithophone  du  Ndut  Lieng  Krak.  C.  R. 

séances  Inst.  Franç.  Anthrop.,  nos  64-71,  1950  (1952),  p,  16-17. 

—  Il  problema  délia  polifonia  primitiva.  La  Rassegna  musicale.  Rome, 

XXII-4,  oct.  1952,  p.  306-309. 

—  Timbales  et  longues  trompettes.  Bull,  de  V Inst.  Franç.  Afrique  noire, 

Dakar,  XIV,  4,  oct.  1952,  p.  1466-1489. 

R.  d’Harcourt,  Maître  de  Recherches  honoraire  au  C.N.R.S.  —  Un 
réseau  à  bouclettes  décoratives  de  Nazca.  Journ.  Soc.  Améric.,  Paris, 
t.  XLI,  1952,  p.  39-42. 

M.  Leiris,  Chargé  de  Recherches  au  C.  N.  R.  S.  —  Sacrifice  d’un  taureau 
chez  le  Houngan  Jo  Pierre-Gilles.  Haïti  Poètes  noirs.  Prés.  Afric., 
Paris,  n°  12,  1952,  p.  22-36. 

— -  L’Expression  de  l’idée  de  travail  dans  une  langue  d’initiés  soudanais. 
Le  Travail  en  Afrique  noire.  Ibid.,  n°  13,  1952,  p.  69-83. 

J.  P.  Lebeuf,  Chargé  de  Recherches  au  C.N.R.S.  —  La  ville  africaine  de 
Fort-Lamy.  Encycl.  mens.  d’Outre-Mer,  juil.  1952,  p.  214-216. 

—  Petits  objets  de  terre  cuite  du  Tchad.  Notes  afric.,  Dakar,  n°  55, 

juil.  1952,  p.  69. 

—  et  M.  Rodinson.  —  Les  mosquées  de  Fort-Lamy.  Bull.  I.F.A.N., 

t.  XIV,  n°  3,  juil.  1952,  p.  970-974. 

J.  Rouch,  Chargé  de  Recherches  au  C.N.R.S.  —  La  magie  et  la  danse, 
in  :  Tropiques,  Paris,  janv.  1952,  p.  59-64. 

—  L’âme  noire,  in  :  l’Afrique  Noire,  Paris,  4e  trim.  1952,  éd.  Odé,  p.  69-92. 

J.  Leschi  (Mme).  Chargée  de  Recherches  au  C.  N.  R.  S.  —  Forme  et 
capacité  crânienne  ;  l’indice  crânien  horizontal.  L’Anthroplogie, 
Paris,  t.  55,  n°  5-6,  p.  445-462. 

A.  Lebeuf  (Mme)-MASsoN-DETOURBET,  Attachée  de  Recherches  au 
C.  N.  R.  S.  —  Mission  au  Tchad  et  dans  le  Cameroun  septentrional. 
Africa,  vol.  XXII,  n°  2,  avril  1952,  p.  175-176. 

E.  Falck  (Mme),  Attachée  de  Recherches  au  C.  N.  R.  S.  —  Le  problème 
du  chamanisme,  d’après  les  travaux  de  Marcelle  Bouteiller  et 
Mircea  Eliade.  Diogène,  n°  1,  nov.  1952. 

H.  Balfet  (MUe),  Attachée  de  Recherches  au  C.N.R.S.  —  La  vannerie, 
essai  de  classification.  L’ Anthropologie,  Paris,  1952,  t.  56,  nos  3-4, 
p.  259-280. 

La  Poterie.  La  Découverte  du  passé  (ouvrage  collectif).  Paris,  Picard, 
1952,  XIII,  p.  269-279. 


—  15  — 

J.  Tubiana,  Attaché  de  Recherches  au  C.N.R.S.  —  Possibilité  d’une 
fonction  d’appel  en  Kemant.  C.  R.  Gr.  linguist.  Études  Chemito 
Sémitiques,  V,  11  avril  1951  (1952),  p.  83-85. 

—  Formations  nominales  en  Agaw  occidental.  Ibid.,  VI,  19  déc.  1951 

'  (1952),  p.  4. 

—  Agencement  et  ambiguïté  en  phonologie.  Cahiers  Ferdinand  de  Saus¬ 

sure,  10,  1952,  p.  41-46. 

S.  Roche  (Mme),  Aide-technique  au  C.N.R.S.  Archives  de  la  musique 
enregistrée,  série  C,  vol.  2  :  Collection  du  Musée  de  l’Homme,  Paris, 
U.N.E.S.C.O.,  1952,  74  p. 

G.  Ravaud  (Mme),  Boursière  du  Muséum  et  A.  Delmas.  —  Le  pli  simien. 
C.  R.  Ass.  Anat.,  38e  réunion  (Nancy,  1951),  Bull.  n°  70,  p.  1032- 
1033,  Paris,  1952. 

A.  Leroi-Gourhan,  Maître  de  Recherches  au  C.N.R.S.  —  Sur  la  position 
scientifique  de  l’ethnologie.  Revue  Philosophique,  Paris,  1952, 
n09  10-12,  p.  506-51 8. 

—  Homo  faber...  Homo  sapiens.  Revue  de  Synthèse,  Paris,  t.  LXXXI, 

janv.-juin  1952,  p.  79-102. 

— -  Études  ethnologiques.  Bull.  Soc.  des  Éludes  Indochinoises,  Paris,  n°  8, 
t.  XXVI,  n°  4  (4e  trimestre  1951),  1952,  12  p. 

—  Étude  des  vestiges  zoologiques.  La  Découverte  du  passé  (ouvrage 

collectif).  Paris,  Picard,  1952,  chap.  V,  p.  123-150. 

— i  Information  sur  les  fouilles  préhistoriques  à  Arcy-sur-Cure  (Yonne), 
Gallia,  Paris,  t.  VII,  2,  1949  (1951)p.  241-247. 

- —  Discours  de  M.  A.  Leroi-Gourhan,  Président  entrant.  Bull.  Soc. 
Préhist.  Franç.,  Paris,  t.  XLIX,  nos  1-2,  janv.-fév.  1952,  p.  5-8. 

—  Note  sur  un  racloir  tchouktchi  à  lame  d’obsidienne.  Ibid.,  nos  5-6, 

mai-juin  1952,  p.  253-255. 

—  Fouilles  d’Arcy.  Cahiers  Français  d’Inform.,  Paris,  n°  204,  15  mai  1952, 

p.  10-13. 

- —  Stratigraphie  et  découvertes  récentes  dans  les  grottes  d’Arcy-sur-Cure 
(Yonne).  Rev.  Géog.  Lyon,  Lyon,  vol.  XXVII,  n°  4,  1952,  p.  425- 
433. 

—  Early  mousterian  jawbones  found  at  Arcy-sur-Cure...  The  illustr. 

London  News.  Londres,  vol.  221,  29  nov.  1952,  p.  902-905. 

—  et  J.  Poirier.- — Ethnologie  de  l’Union  française.  Presses  Univ.,  Paris, 

1952,  2  vol.,  1083  p.,  cartes  et  pl.  h.  t. 

G.  Granai. —  Remarques  sur’ la  définition  et  la  méthode  de  l’ethnologie. 
Rev.  philosop.,  Paris,  1952,  nos  10-12,  p.  519-536. 

—  et  A.  Laming-Emperaire  (Mme).  —  L’histoire  militante  :  ses  moyens. 

Rev.  de  Synthèse,  Paris,  t.  LXXI,  janv.-juin  1952,  p.  5-40. 

R.  Gudin.  - —  Étude  du  crâne  de  profil.  Thèse  de  Sciences,  Paris,  1951. 

- —  Étude  du  crâné  de  profil  :  morphologie  et  radiographie.  Bull.  Mém. 

Soc.  Anlhr.  Paris,  t.  3,  10°  s.,  1952,  p.  59-87,  12  fig. 

G.  Olivier  (Dr).  —  Anthropologie  de  la  clavicule  ;  III,  La  clavicule  du 
Français.  Bull.  Mém.  Soc.  Anthr.  Paris,  t.  2,  10°  s.,  1952,  p.  121- 
157,  12  fig. 


—  16  — 


R.  Riquet.  —  Les  Néolithiques  du  tumulus  de  Fontenay-le-Marmion. 
Ibid.,  p.  201-233,  1  %. 

—  Essai  de  synthèse  sur  l’ethnogénie  des  Néo-Énéolithiques  en  France. 
Ibid.,  p.  201-233,  1  fig. 


Collections  reçues.  —  a)  Pièces  de  collection  :  Département  d’Afrique  blanche  : 
cinquante-cinq  objets  du  Yemen  (don  de  la  Doctoresse  Fayein).  — 
Département  d’Afrique  noire  :  une  sculpture,  un  masque  de  la  Côte 
d’ivoire  et  une  trompe  en  bronze  de  Guinée  (don  de  M.  Carlebach)  ; 
vingt  objets  bochimans  du  désert  de  Kalahari  (don  de  l’Expédition 
Panhard-Caprjcorne)  ;  douze  objets  ethnographiques  du  Fouta- 
Djallon  (don  de  M.  de  Sanderval  et  son  fils)  ;  un  masque  de  la 
Côte  d’ivoire  (don  du  Baron  von  der  Heydt).  —  Département 
d’ Amérique  :  un  tambour  en  bois  du  Mexique  (achat-vente  Kele- 
kian).  —  Département  d’ Anthropologie  :  cinq  moulages  de  Bochi¬ 
mans  du  désert  de  Kalahari  (don  du  Dr  Tobias)  ;  douze  crânes 
préhispaniques  de  la  région  de  Lima  (Pérou)  (don  de  Mme  Reich- 
LErt).  —  Département  d’Asie  :  vingt-sept  objets  Naga  de  l’Assam 
(don  du  Dr  Kauffmann).  —  Département  d’Europe  :  un  lot  de 
costumes  anciens  de  Yougoslavie  (don  anonyme).  —  Département 
d’Océanie  :  une  sculpture  de  la  Nouvelle  Irlande  (Archipel  Bis¬ 
marck)  (don  du  Baron  von  der  FIeydt).  —  Département  de  Techno¬ 
logie  comparée  :  vingt  céramiques  de  Kabylie  (mission  de  Mlle  Bal- 
fet). 

b)  Photographies  :  mille  sept  cent  cinquante  épreuves  photographiques 
sur  l’anthropologie  de  FA.  O.  F.  (don  du  Dr  Léon  Pales)  ;  cent 
quatre-vingt  vues  des  Nouvelles-Hébrides  (don  de  M.  Guiart)  ; 
cent  photographies  de  Suède  et  d’Italie  (don  de  Mlle  Roussel). 


Zoologie  :  Mammifères  et  Oiseaux. 


J.  Berlioz,  Professeur.  —  La  Poule  sultane  d’Allen  en  Bretagne.  L’Ois, 
et  Rev.  fr.  Orn.,  1952,  p.  1. 

— —  Etude  critique  des  formes  de  Momotus  momota  (L.) .  Ibid.,  p.  20. 

- —  Note  sur  deux  espèces  d’Accipitriformes.  Bull.  Mus.,  1952,  n°  3, 
p.  247. 

—  Remarques  sur  la  répartition  dans  le  Monde  et  les  adaptations  des 

Oiseaux  nectarivores.  C.  R.  Soc.  Biogéogr.,  juin  1952. 

- —  La  Réserve  de  Rancho  Grande  (Vénézuéla).  La  Terre  et  la  Vie, 
1952,  n°  4. 

—  Rapport  sur  «  Les  tentatives  d’association  de  l’industrie  hydraulique 

et  de  la  protection  de  la  nature  ».  Congrès  de  l’U. I.P. N.  à  Caracas, 
septembre  1952. 

- —  Rapport  sur  «  Le  déclin  progressif  de  la  faune  (Vertébrés  supérieurs) 
des  Antilles  ».  Ibid. 

E.  Bourdelle,  Professeur  honoraire  et  Cl.  Bressou.  —  Anatomie  régio- 


—  17  — 

nale  des  Animaux  domestiques,  IV  (Chien  et  Chat).  1  vol.  (illustré),. 
1953  (paru  en  1952). 

J.  Dorst,  Sous-Directeur.  —  Contribution  à  l’étude  de  la  langue  des 
Méliphagidés.  L’Ois,  et  Rev.  fr.  Orn.,  XXII,  1952,  pp.  185-214. 

—  Considérations  sur  l’évolution  de  la  langue  des  Oiseaux  neetarivores.. 

Scientia,  1952,  pp.  220-224. 

—  A  propos  de  l’hibernation  chez  les  Oiseaux.  La  Terre  et  la  Vie,  1952,. 

n»  3,  p.  121-128. 

—  La  Plante  et  l’Oiseau.  La  Revue  de  Paris ,  déc.  1952. 

—  Les  Piciformes  et  Psittaciformes  dans  l’étude  des  rapports  des  avi- 

faunes  orientale  et  australo-papoue.  C.  R.  sorti.  Soc.  Biogéogr.,  1952. 

—  Notice  sur  les  spécimens  naturalisés  de  Mammifères  éteints  existant 

dans  les  collections  du  Muséum.  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat.,  2e  sér., 
XXIV,  n°  1,  pp.  63-78,  1952. 

—  Note  sur  la  dentition  de  lait  de  Nycteris  capensis  (Chiroptères,  Nycté- 

ridés).  Ibid.,  n°  6,  1952. 

—  Traduction  de  :  E.  Mohr.  La  «  trompe  »  du  Phoque  à  capuchon  et  son. 

fonctionnement.  Mammalia,  XVI,  1952,  pp.  73-76. 

—  Traduction  :  M.  Eisenthaut.  Contribution  à  l’étude  biologique  de 

Paraechinus  aethiopicus  Ehrenb.  Mammalia,  XVI,  n°  4,  1952, 
pp.  232-255. 

—  et  Chr.  Jouànin.  —  Description  d’une  espèce  nouvelle  de  Francolin 

d’Afrique  orientale.  L’Oiseau  et  la  R.F.O.,  XXII,  1952,  pp.  71-74, 

—  et  P.  Stahl.  —  A  propos  de  traces  de  Rongeur  relevées  sur  la  côte 

ouest  du  Groenland.  Mammalia,  XVI,  1952,  pp.  93-96. 

Chr.  Jouanin,  Assistant.  —  Une  invasion  de  Pétrels  culs-blancs.  L’Oiseau 
et  la  R.F.O.,  1952,  p.  322. 

—  La  distribution  géographique  des  Galliformes  et  des  Columbiformes 

en  Malaisie.  Communication  présentée  à  la  Soc.  de  Biogéogr., 
18  déc.  1952. 

F.  Petter,  Assistant.  —  Note  sur  un  type  de  F.  Cuvier  :  Gerbillus 
pygargus,  la  «  Gerbille  du  Sénégal  ».  Mammalia,,  n°  1,  1952,  pp.  37- 
39. 

- —  Note  préliminaire  sur  l’éthologie  et  l’écologie  de  Psammomys  obesus 
Cretzschmar.  Mammalia,  n°  3,  1952,  pp.  137-147. 

P.  Baüdenon.  • —  Notes  sur  les  Bovidés  du  Togo.  Mammalia,  XVI,  1952, 
p.  49-61,  109-121. 

P.  Cantuel,  Correspondant  du  Muséum.  - —  A  propos  du  poids  des  Mammi¬ 
fères.  Mammalia,  XVI,  1952,  p.  98. 

B.  Caubère.  —  Miniopterus  Schreibersi  (Natt.)  dans  le  Loir-et-Cher. 

Mammalia,  XVI,  n°  4,  1952,  pp.  257-258. 

R.  Didier  (Dr),  Associé  du  Muséum.  —  Étude  systématique  de  l’os  pénien 
des  Mammifères  (suite)  :  Rongeurs,  Sciuridés,  Anomaluridés. 
Mammalia,  n°  1,  1952,  pp.  7-23. 

- —  Note  sur  les  os  péniens  de  Pinnipèdes  rapportés  par  M.  Patrice  Paulian 
de  la  Mission  australe  française  aux  îles  Kerguelen.  Mammalia, 
n°  4,  1952,  pp.  228-231. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  1,  1953.  2 


—  18  — 


~P.  Engelbach  (Dr),  Correspondant  du  Muséum.  —  Notes  de  voyage 
dans  les  Monts  des  Cardamones  (Cambodge).  L'Ois,  et  la  R.F.O., 
1952,  p.  283. 

■J.  Estanove.  —  La  Loutre  et  sa  disparition.  Mammalia,  XVI,  n®’4,  1952, 
pp.  256-257. 

Av.  Lysaght  (Miss).  —  Manchots  de  l’Antarctique  en  Nouvelle-Guinée 
(traduit  de  l’anglais  par  J.  Berlioz).  L’Ois,  et  la  R.  F.  Orn.,  1952, 

-  p.  120. 

Ph.  Milon  (L*  Cl.),  Correspondant  du  Muséum.  —  Notes  sur  le  genre 
Coua  (illustré).  L’Ois,  et  la  Rev.  fr.  Om.,  1952,  p.  75. 

A.  Rochon-Duvigneaud  (Dr),  Associé  du  Muséum.  —  Les  armes  des 
Rapaces  (illustré).  L’Ois,  et  la  Rev.  fr.  Orn.,  1952,  p.  91. 

J.  Sapin-Jaloustre  (Dr).  —  Découverte  et  description  de  la  rookery  de 
Manchot  empereur  (Aptenodytes  Forsteri)  de  Pointe  Géologie 
(Terre  Adélie)  (illustré).  L’Ois,  et  la  Rev.  fr.  Orn.,  1952,  pp.  143 
et  225. 

■—  Les  Phoques  de  Terre  Adélie.  Mammalia,  XVI,  n°  4,  1952,  pp.  179- 

212. 

H.  et  M.-C.  Saint-Girons.  —  Note  sur  la  fécondité  de  Microtus  arvalis 
et  d’ Apodemus  sylvaticus.  Mammalia,  XVI,  1952,  pp.  96-98. 

Collections  reçues.  —  Une  collection  Considérable  de  Mammifères  et 
d’Oiseaux  du  Cameroun,  don  du  Service  des  Chasses  de  Yaoundé  ; 
une  collection  de  Mammifères  et  d’Oiseaux  d’Afrique  du  Nord, 
rapportée  par  M.  Fr.  Petter,  Assistant  au  Laboratoire,  de  sa 
mission  à  Béni-Abbès  ;  une  collection  de  Mammifères  et  d’Oiseaux 
du  Pérou,  acquise  par  achat  de  M.  J.  Schunke  ;  une  collection  de 
Mammifères  de  l’Iran,  don  du  Dr  Baltazard  ;  une  collection  de 
Rongeurs  de  Tunisie,  don  de  M.  Choumovitch  ;  une  collection 
d’Oiseaux  et  de  Chiroptères  des  Antilles  françaises,  don  du  Père 
R.  Pinchon  ;  une  collection  d’Oiseaux  du  Gabon,  don  de  M.  P. 
Rougeot,  Correspondant  du  Muséum  ;  une  collection  d’Oiseaux 
de  la  Terre-Adélie,  don  du  Dr  J.  Sapin-Jaloustre,  Médecin-bio¬ 
logiste  des  Expéditions  polaires  françaises  ;  une  collection  d’Oi¬ 
seaux  de  la  Mer  Rouge,  rapportée  par  M.  G.  Cherbonnier,  Assis¬ 
tant  au  Laboratoire  de  Malacologie,  de  sa  mission  à  l’île  Abulat 
(voyage  du  Calypso)  ;  une  collection  d’Oiseaux  du  Paraguay  et  de 
l’Argentine,  acquise  par  achat  de  M.  Ad.  Neunteufel  ;  une  col¬ 
lection  considérable  d’œufs  d’Oiseaux  de  l’Inde,  acquise  par  achat 
de  Mrs.  J.  Whistler  ;  une  collection  d’œufs  d’Oiseaux  d’Australie, 
don  de  M.  R.  D.  Etchecopar,  Correspondant  du  Muséum. 

Ethologie  des  Animaux  sauvages. 

Ach.  Urbain  Professeur  ;  J.  Nouvel,  Sous-Directeur  ;  P.  Bullier,  Souc- 
Directeur  et  J.  Rinjard,  Assistant.  —  Rapport  sur  la  mortalité  et 
la  natalité  enregistrées  au  Parc  Zoologique  du  Bois  de  Vincennes 
pendant  l’année  1951.  Bull.  Mus.,  2e  sér.,  t.  XXIV,  1952,  p.  157. 


Ach.  Urbain,  J.  Nouvel  et  J.  Rin.iard.  —  Trichinose  d’un  ours  blanc 
(Thalassarctos  maritimus  Desm.)  en  captivité  depuis  16  ans.  Bull. 
Mus.,  2«  sèr.,  t.  XXIV,  1952,  p.  204. 

Ach.  Urbain,  P.  C.  J.  Roth,  Attaché  de  Recherches  au  C.N.R.S.  et 
Geneviève  Piette,  Assistant.  —  L’anaphylaxie  chez  les  Poissons 
Téléostéens  d’eau  douce  et  les  Axolotls.  Bull.  Mus.,  2e  sér,  t.  XXIV, 
1952,  p.  346. 

Ed.  Dechambre,  Sous-Directeur.  —  A  propos  des  évolutions  convergentes 
et  parallèles.  Mammalia,  t.  XV,  n°  4,  déc.  1951,  p.  175-184. 

—  Origine  des  animaux  domestiques  de  Madagascar.  La  Terre  et  la  Vie, 

1951,  n°  4,  p.  187-196. 

—  Relations  intercontinentales  Europe-Amérique  ou  évolutions  parallèles? 

C.  R.  som.  Séances  Soc.  Biogéogr.,  1951,  n°  246,  p.  170-174. 

—  Les  Chiens,  Origines,  Histoire,  Évolution.  Coll.  «  Que  sais-je  ?  »  1952, 

Presses  Universitaires  de  France,  Paris. 

J.  Nouvel.  —  Quelques  observations  sur  la  pathologie  de  l’Autruche  au 
Parc  Zoologique  du  Rois  de  Vincennes.  Recueil  de  Méd.  Vétérinaire, 
t.  128,  1952,  p.  416. 

—  La  reproduction  des  Mammifères  au  Parc  Zoologique  du  Rois  de  Vin¬ 

cennes  dans  ses  rapports  avec  l’alimentation.  Mammalia,  t.  XVI, 

1952,  p.  160. 

—  La  photographie  au  Zoo.  Editions  Prisma,  Paris,  1952. 

—  — -et  Marie  Kaminsky.  —  Étude  comparative  des  propriétés  immu¬ 

nochimiques  et  électrophorétiques  des  constituants  du  blanc  d’œuf 
de  Poule,  Cigogne,  Marabout  et  Oie  égyptienne.  Bull.  Soc.  Chim. 
Biol.,  t.  XXXIV,  1952,  p.  11. 

P.  L.  Dekeyser,  Assistant.  —  A  propos  de  la  tête  osseuse  d’un  Cyno¬ 
céphale  du  Tibesti.  Bull,  de  l’Inst.  Fr.  d’Afr.  Noire,  t.  XIV,  n°  2, 
1952,  p.  537-544,  3  fig. 

—  L’origine  des  Babouins,  Notes  africaines,  n°  54,  avril  1952,  p.  60-63, 

4  fig. 

—  Les  Chameaux.  Bull,  information  A.  O.  F.,  1952,  n°  122,  p.  12  à  15, 

2  phot. 

—  Oiseaux  migrateurs  en  A.  O.  F.  Bull,  information  A.  O.  F.,  1952,  n°  126, 

p.  13  à  14,  1  carte.' 

—  Note  sommaire  sur  la  température  rectale  du  Lamantin  (Trichechus 

senegalensis  Link).  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat.,  2e  sér.,  t.  XXIV, 
n°  3,  1952,  p.  243-246. 

—  Considérations  générales  sur  l’itinéraire,  in  B.  Holas,  Mission  dans 

l’Est-Libérien  (P.  L.  Dekeyser,  B.  Holas,  1948).  Résultats  démo¬ 
graphiques  et  ethnologiques.  Mém.  Inst.  Fr.  Afriq.  Noire,  n°  14, 
IFAN,  Dakar,  1952,  p.  3-12,  3  fig.,  carte,  p.  15. 

—  Nidification  de  la  Cigogne  d’Abdim  au  Sénégal.  Notes  Africaines, 

n°  55,  juillet  1952,  p.  92-93,  1  fig. 

— •  et  A.  Villiers.  - —  Sur  une  nichée  du  Corbeau  blanc,  Corvus  albus. 
Notes  Africaines,  n°  56,  octobre  1952,  p.  124-127,  4  fig. 

- Reptiles  importés  aux  îles  du  Cap  Vert.  Notes  Africaines,  n°  56, 

octobre  1952,  p.  127. 


—  20 


P.  C.  J.  Roth.  - —  Contribution  à  l’étude  des  interactions  hormonales  : 
thyroxine  et  testostérone.  Réunion  des  Endocrinologistes  de  langue 
française.  Ann.  d' Endocrinologie,  t.  XII,  1951,  p.  640-49. 

—  Étude  de  l’action  de  la  paraoxypropiophénone  sur  la  métamorphose 

naturelle  et  expérimentale  des  larves  d’Alytes  obstetricans  Laur. 
Annales  d’ Endocrinologie,  t.  XIII,  n°  5,  1952,  p.  795-800. 

—  Étude  de  l’action  du  propylthiouracile  sur  la  métamorphose  des 

Ratraciens  anoures.  Annales  d’ Endocrinologie,  t.  XIII,  n°  6,  1952. 


Zoologie  :  Reptiles  et  Ppissons. 

L.  Rertin,  Professeur.  —  Oviparité,  ovoviviparité,  viviparité.  Bull.  Soc. 

Zool.  France,  Paris,  LXXVII,  1952,  n°  1,  pp.  84-88. 

- —  De  la  nidification  à  la  viviparité  chez  les  Poissons.  Les  Conférences  du 
Palais  de  la  Découverte,  série  A,  n°  162,  1952. 

J.  Guibè,  Sous-Directeur.  - —  Typhlos  Angeli  (Serpent),  éspèce  nouvelle  du 
Mont  Nimba.  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  nat.,  Paris,  2e  sér.,  XXIV, 
n°  1,  1952,  p.  79. 

R.  Estève,  Assistante.  —  Poissons  de  Mauritanie  et  du  Sahara  Oriental. 
Un  nouveau  sous-genre  de  Barbus.  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat., 
Paris,  2e  sér.,  XXIV,  n°  2,  1952,  pp.  176-179. 

Collections  reçues.  —  Collection  de  Poissons  de  la  Calypso  envoyés  par  le 
Commandant  J!  Y.  Cousteau,  provenant  de  la  Mer  Rouge  (envi¬ 
rons  d’Abulat).  — -  548  spécimens  déterminés,  appartenant  à 
110  espèces,  dont  2  espèces  nouvelles,  et  une  centaine  de  spécimens 
non  encore  déterminés. 

Entomologie. 

L.  Chopard,  Professeur.  - —  Les  Blattes  cavernicoles  du  genre  Nocticola 
Roi.  Eos,  tome  extr.  1950,  p.  301-310. 

—  Un  remarquable  Ensifère  de  Patagonie.  Cuta  Zool.  Lilloana,  IX, 

p.  475-479. 

—  Description  d’une  Rlatte  xylicole  du  Mozambique  (Dictyoptères). 

Bull.  Soc.  Ent.  France,  LVII,  p.  6-7. 

—  Leçon  inaugurale  du  Cours  d’Entomologie  faite  le  1er  décembre  1951. 

Bull.  Mus.,  2e  sér.,  XXIII,  p.  573-595. 

—  Contribution  à  l’étude  du  peuplement  de  la  Mauritanie.  Orthopté- 

roïdes.  Bulletin  I.  F.  A.  N.,  XIV,  p.  457-478. 

—  Un  Insecte  énigmatique  :  le  Grylloblatta.  La  Nature,  juillet  1952, 

p.  219. 

R.  Jeannel,  Professeur  honoraire.  —  Psélaphides  de  Saïgon  (Col.).  Rev. 
fr.  d’Ent.,  XIX,  p.  69-113,  62  fig.,  texte. 

—  Les  Anillini  de  Madagascar  (Col.  Rembidiitae).  Rev.  fr.  d’Ent.,  XIX, 

p.  133-139,  12  fig.,  texte. 


—  Exploration  du  parc  national  de  l’Upemba.  Mission  G.  F.  de  Witte, 

n°  13,  Pselaphidae.  Inst.  Parcs  nat.  Congo  Belge,  Bruxelles,  61  p., 
64  fig.  texte. 

—  Sur  quelques  Psélaphides  de  Java  (Col.).  Ent.  Bericlden,  Amsterdam, 

tome  XIV,  n°  327,  p.  135-143,  3  fig.  texte. 

- —  Psélaphides  recueillis  par  N.  Leleup  au  Congo  Belge.  IV.  Faune  de 
l’Itombwe  et  de  la  forêt  de  Rugege  (Col.).  Ann.  Mus.  Congo  Belge, 
Zool..  n°  11,  295  p.,  373  fig.  texte. 

—  Apparition  récente  d’une  sous-espèce  nouvelle  de  Coléoptère  dans  la 

faune  de  Madère.  C.  R.  séances  Acad.  Sciences,  tome  235,  .p.  1155- 
1157. 

E.  Séguy.  Sous-Directeur.  —  Le  Microscope.  Emploi  et  applications,  I, 
deuxième  édit.  Paris  (Lechevalier)  (1951),  446  p.,  77  fig-,  102  pl. 
n.  et  col. 

—  Larves  hématophages  de  Diptères.  L’Entomologiste,  VII  (1951), 

p.  93-94. 

—  Divagations  d’un  parasite  du  Kangourou  ( Heterodocus  longitarsus). 

L’ Entomologiste,  VII  (1951),  p.  142-143,  1  fig. 

—  Généra  Insectorum  (P.  Wytsman).  Fasc.  209.  Diptera.  Fam.  Scato- 

phagidae.  Bruxelles  (Desmet-Verteneuil)  (1952),  p.  1-107,  44  fig. 

—  Phorésie  et  rôle  pathogène  chez  les  Insectes  Diptères.  Eos,  tome 

extr.,  1950  (1952),  p.  315-324. 

—  Andrenosoma  nouveaux  de  France  (Dipt.  Asilidae).  Revue  française 

d’ Entomologie,  XIX  (1952),  p.  192-196,  6  fig. 

—  et  R.  Didier,  Associé  du  Muséum.  —  Catalogue  illustré  des  Lucanides 

du  Globe.  Enc.  ent.,  série  A,  tome  XXVIII,  Paris  (Lechevalier) 
(1952),  Atlas,  112  pl. 

J.  Bourgogne,  Assistant  et  H.  de  Lesse.  —  Un  Rhopalocère  de  plus  à 
inscrire  au  Catalogue  des  Lépidoptères  de  France  :  Euphydryas 
ichnea  Bdv.  ( intermedia  Mém.)  (Nymphalidae).  Rev.  fr.  de  Lépid., 
XIII,  1951,  p.  143-152. 

G.  Colas.  Assistant.  —  Note  sur  une  Carabus  (Col.  Carabidae)  français. 
Bull.  Soc.  Ent.  de  France,  p.  81-83.  t.  LVII,  n°  6,  1952. 

—  Insectes.  Un  vol.  24  X  36,  100  pages,  82  photo.  Calavas,  édit.,  Paris. 

—  Note  sur  un  Sphodride  (Col.  Carabidae)  nouveau  de  la  faune  française. 

Bull.  Soc.  Ent.  de  France,  t.  LVII,  n°  8. 

P.  Viette,  Assistant.  —  Contribution  to  the  study  of  Hepialidae  (25  th 
note).  On  some  new  or  little  known  species  in  the  British  Muséum. 
Ann.  Mag.  Nat.  Hist.,  sér.  12,  4,  p.  1272-1282,  5  fig. 

—  Contribution  à  l’étude  des  Cossidae  (2e  note).  Les  genres  et  leurs 

espèces  types.  Lambillionea,  Bruxelles,  1951,  51,  p.  37-43,  1952, 
51  (1951),  p.  58-60. 

—  Une  petite  collection  de  Lépidoptères  des  îles  Fidji.  Bull.  Soc.  entom. 

France,  1952  (1951),  p.  153-154. 

—  Les  Lithosiidae  de  Nouvelle-Calédonie  et  des  Nouvelles  Hébrides. 

Ann.  Soc.  ent.  France,  1952,  CXIX  (1950),  p.  87-96,  29  fig. 


—  22  — 


—  Les  réformes  des  règles  de  la  Nomenclature.  Le  Congrès  de  Paris, 

juillet  1948.  L’ Entomologiste,  1952,  VII  (1951),  p.  94-98. 

—  Sur  la  nomenclature  des  «  Types  ».  L’ Entomologiste,  1952,  VII  (1951), 

p.  150-153. 

—  Contribution  à  l’étude  des  Hepialidae  (23e  note).  Ann.  Naturhistor. 

Mus.  Wien.,  58,  1951,  p.  140-145,  7  flg. 

—  Microlépidoptères  maglaches  nouveaux  ou  peu  connus.  Mém.  Inst. 

Scient.  Madagascar,  sér.  E,  I,  1952,  p.  153-163,  13  fig. 

- —  Contribution  à  l’étude  des  Hepialidae  (28e  note).  Nouveaux  genres  et 
espèces  néo-guinéens.  Treubia.  Bogor,  21,  1952,  p.  257-262,  3  fig. 

—  Le  IXe  Congrès  International  d’Entomologie.  Rev.  fr.  Lépidopt.,  . 

XIII,  1952,  p.  193-195. 

—  Contribucion  al  estudio  de  los  Hepialidae,  XVI.  Bol.  Soc.  V enezolana 

Cienc.  Nat.,  Caracas,  14,  1952,  n°  78,  p.  27-30,  2  fig. 

—  et  Cl.  Herbulot.  —  Mission  de  l’Office  National  Antiacridien  au 

Tibesti-Tchad  (1949).  Lépidoptères  Hétérocères.  Ann.  Soc.  ent. 
France,  1952,  CXXI,  p.  77-92,  4  fig. 

A.  Descarpentries,  Assistant.  —  Les  Scarabées  Goliaths.  1  fig.,  2  phot., 
p.  70-71.  La  Nature,  mars  1952. 

—  Mission  A.  Villiehs  au  Togo  et  au  Dahomey  (1950),  XIX.  Coléoptères 

Buprestides.  Bull.  Inst.  Français  Afr.  Noire,  tome  XIV  (1952), 
p.  1152-1158,  4  fig. 

H.  de  Lesse,  Attaché  de  Recherches  au  C.  N.  R.  S.  —  Contribution  à 
l’étude  du  genre  Erebia  (4e  note).  Répartition  de  E.  pandrose 
(Borlch.)  et  de  sa  sous-espèce  sthennyo  Grasl.  dans  les  Pyrénées. 
Vie  et  Milieu,  II,  fasc.  2  (1951),  p.  268-277,  45  fig. 

—  et  G.  Bernardi.  —  Les  types  de  Nymphalidae  parléarctiques  du  Labo¬ 

ratoire  d’Entomologie  du  Muséum  d’Histoire  Naturelle  de  Paris. 
Bull.  Soc.  ent.  France,  LVI,  n°  9  (1951),  p.  136-143. 

—  Note  complémentaire  sur  la  répartition  de  Erebia  tyndarus  Esp.  et 

E..cassioides  R.  et  Hohenw.  (Lep.  Rhopal.)  dans  les  Pyrénées 
(5e  note).  Vie  et  Milieu,  II,  fasc.  3  (1951),  p.  388-391. 

—  Révision  de  l’ancien  genre  Satyrus.  Ann.  Soc.  ent.  France,  CXX  (1951), 

p.  77-101,  28  fig.,  2  tabl. 

—  Expéditions  Polaires  Françaises.  Zoologie,  6e  note  :  Biogéographie  des 

Lépidoptères  du  Groenland.  Ann.  Soc.  ent.  France,  CXIX  (1950), 
p.  97-116,  4  fig. 

- —  Contribution  à  l’étude  du  génre  Erebia  (6e  note).  Notes  de  répartition 
et  nouvelles  indications  sur  È.  eriphyle  (Frr.)  et  E.  stirius  (Godt.) 
récemment  signalés  en  France.  Rev.  fr.  de  Lép.,  XIII  (1951), 
p.  130-137,  2  fig. 

- —  Lépidoptères  résoltés  par  A.  Barbezat  au  cours  de  l’Expédition  Lyon¬ 
naise,  1951,  au  Garhwal.  III:  Nymphalidae.  Bull.  Soc.  Lin.  Lyon, 
21,  n°  8  (1952),  p.  203-206,  2  fig. 

— -  et  Ch.  Granger.  —  Expéditions  Polaires  Françaises.  Zoologie 
(8e  note)  Hymenoptera.  Bull.  Soc.  ent.  France,  LVII,  n°  4  (1952), 
p.  53-58. 


23  — 


— •  Note  sur  les  genres  Précis  Hb.  et  Junonia  Hb.  (Lep.  Nymphalidae ).. 
Bull*  Soc.  ent.  France,  n°  5  (1952),  p.  74-77,  2  fig. 

—  et  G.  Bernardi.  —  La  variabilité  géographique  de  Lycaena  helle 

Denis  et  Schilï.  (Lep.  Lycaenidae).  Rev.  fr.  de  Lép.  XIII  (1952), 
p.  203-213,  1  pi. 

—  Contribution  à  l’étude  du  genre  Erebia  (7e  note).  E.  slhennyo  Grasl. 

est-il  une  bonne  espèce  ?  Rev.  fr.  de  Lép.,  XIII  (1952),  p.  217-219, 

1  carte. 

—  Expéditions  Polaires  Françaises  (Flore  et  Végétation  de  l’Eqe  (Groen¬ 

land).  Paris,  Hermann  (1952),  p.  I,  142,  27  pl.,  15  fig.,  19  tabl. 
Ph.  David.  Aide-biologiste  au  C.N.R.S.  —  Notes  sur  divers  Chrysochloa 
français  (Col.  Chrusomelidae )  '  Bull.  Soc.  ent.  de  France,  n°  7, 
juillet  1952. 

J.  Balazuc,  Attaché  et  E.  Angelier.  —  Sur  la  capture  à  Banyuls  de 
Pseudoniphargus  africanus  (Amph.  Gammaridae).  Bull.  Soc.  Zool. 
France,  LXXVI  (1951),  n°8  5-6,  15-11,  1952,  p.  309-312. 

—  La  Tératologie  des  Hémiptères  et  groupes  voisins.  Ann.  Soc.  ent. 

France,  120  (1951),  1952,  p.  17-66,  26  fig. 

—  E.  Dresco,  H.  Henrot  et  J.  Nègre.  —  Biologie  des  carrières  souter¬ 

raines  de  la  région  parisienne.  Vie  et  Milieu,  t.  2  (1951),  1952, 
fasc.  3,  p.  301-334,  2  pl.,  1  carte. 

— -  Un  Er gates  faber  L.  gynandromorphe.  Bull.  Soc.  ent.  France,  57,  n°  3, 
26  mars  1952,  p.  34-38,  2  fig. 

- —  et  le  R.  P.  Variot.  —  Monstruosité  double  chez  un  Goliath  (Col. 
Scarabaeidae).  (Notes  de  tératologie,  II).  Rev.  fr.  d'Ent.,  19,  fasc.  3, 
1952,  p.  128-130. 

A.  Villiehs.  —  Les  Reduviidae  Malgaches.  VII,  Acanthaspidinae.  Genres 
et  espèces  nouveaux.  Bulletin  Muséum.  (2),  XXII,  n°  6,  1951  (1952), 
p.  734-738. 

—  Les  Insectes  comestibles.  Bulletin  Information  A.  O.  F.,  1951,  n°  211, 

p.  13-15,  2  phot. 

—  et  P.  L.  Dekeyser.  —  Chez  les  Animaux.  A.  O.  F.,  n°  3,  décembre 

1951,  p.  37-46,  15  phot. 

—  Protection  de  la  Nature.  A.  O.  F.,  n°  3,  décembre  1951,  p.  47-49, 

2  phot. 

—  Mission  A.  Villiers  au  Togo  et  au  Dahomey  (1951),  VIII,  Hémiptères 

Réduviides.  Bull.  IFAN,  XIV,  1952,  n°  1,  p.  140-163,  7  fig. 

—  Exploration  du  Parc  National  Albert.  Mission  G.  P.  de  Witte  (1933- 

1935),  fascicule  36.  Languriinae  et  Cladoxeninae  (Coleoptera 
Clavicornia) .  Fam.  Erotylidae  (Addendum).  Bruxelles,  1952,  7  p. 

—  A  propos  de  Leptotyphlops  macrorhynchus  Jan.  Bull.  IFAN,  XIV, 

1952,  n°  1,  p.  243-246. 

—  Les  Reduviidae  malgaches.  VIII,  Harpactorinae.  Gen.  Vadimon  Stàl, 

Endochis  Stàl  et  Nagixsia  StAl.  Bull.  Muséum  (2),  XXXIII,  n°5, 
1951  (1952),  p.  513-518. 

—  Les  Scorpions.  Bulletin  Information  A.  O.  F.,  1952,  n°  124,  p.  15-18,. 

2  phot. 


—  Mission  A.  Villiers  au  Togo  et  au  Dahomey  (1950).  XIII,  Coléoptères 

Lyctides  et  Bostrychides.  Bull.  IFAN,  XIV,  1952,  n°  2,  p.  485- 
488. 

—  Encyclopédie  de  l’Afrique  française.  Cameroun.  La  faune.  Paris, 

1951,  p.  29-34,  2  phot.,  Bibl. 

—  Encyclopédie  de  l’Afrique  française.  Togo.  La  faune.  Paris,  1951, 

p.  403-408,  4  phot.  Bibl. 

—  A  propos  de  fulgurites  sénégalaises.  Notes  Africaines,  n°  54,  1952, 

p.  55-60,  4  phot. 

—  Mission  A.  Villiers  au  Togo  et  au  Dahomey  (1950),  XIV,  Coléoptères 

Erotylidae  subfam.  Languriinae.  Bull.  IFAN.,  XIV,  1952,  n°  3, 
p.  819-821. 

—  Initiations  africaines.  IX,  Hémiptères  de  l’Afrique  noire  (Punaises  et 

Cigales).  Dakar,  IFAN,  1952,  256  p.  358  fig. 

—  La  collection  de  Sefpents  de  l’IFAN  (Acquisitions  1951).  Bull.  IFAN, 

XIV,  1952,  n°  3,  p.  881-898. 

—  Hémiptères  Reduviidae  récoltés  en  Angola  par  A.  de  Barros  Machado 

(2e  note)  in  Subsidios  paro  o  Estudo  da  Biologia  na  Lunda.  Lisboa, 
Companhia  de  Diamantes  de  Angola,  juin  1952,  p.  17-40,  28  fig. 

—  Les  Serpents  et  les  Hommes.  Bulletin  Information  A.  O.  F.,  1952, 

n°  130,  25  mai,  p.  13-16,  2  phot.  . 

—  Un  nouveau  Systelloderes  de  Madagascar  (Hem.  Henicocephalidae ). 

Mem.  Inst.  Scient.  Madag.  (E.) ,  t.  I,  fasc.  1  (1952,  p.  101-102, 

2  fig. 

—  Mission  A.  Villiers  au  Togo  et  au  Dahomey  (1950),  XXI,  Hémiptères. 

Bull.  IFAN.,  XIV,  1952,  n°  4,  1196-1213  p.,  4  fig. 

—  Parc  national  de  l’Upemba.  I,  Mission  G.  F.  de  Witte  en  collaboration 

avec  W.  Adam,  A.  Janssens,  L.  Van  Meel  et  R.  Verheyen  (1946- 
1949).  Fasc.  15.  Languriinae  et  Cladoxeninae  (Coleoptera  Clavi- 
cornia ).  Fam.  Erotylidae.  Bruxelles,  1952,  42  p.,  54  fig. 

—  et  P.  L.  Dekeyser.  —  Sur  une  nichée  du  Corbeau  blanc  ( Corvus  albus). 

Notes  Africaines,  n°  56,  octobre  1952,  p.  124-127,  4  fig.  et  phot. 

- Reptiles  importés  aux  îles  du  Cap  Vert.  Notes  Africaines,  n°  56, 

octobre  1952,  p.  127. 

- Une  caverne  dans  l’Adrarr  Mauritanien.  Bull.  Direction  des  Mines, 

t.  II,  Dakar,  Gouvern.  Gén.  A.  O.  F.,  p.  413-420,  fig.  65-69. 

G.  Ruter.  Correspondant.  — -  Un  Cétonide  Crématoschilide  nouveau 
du  Sénégal  (Col.  Scarabaeidae).  Bull.  Soc.  ent.  Fr.,  p.  41-43,  fig.  1. 

Cl.  Herbulot,  Attaché  —  Captures  d ’Eupithecia  faites  à  Buré  (Meuthe-et- 
,  Mosele).  Lambillionea,  Bruxelles,  1952,  52,  p.  51-55. 

J.  Jarrige,  Attaché.  —  Brachélytres  nouveaux  ou  mal  connus  de  la  faune 
circaméditerranéenne.  Ann.  Soc.  ent.  de  France,  vol.  CXIX, 
p.  117-139. 

—  Brachélytres  cavernicoles  nouveaux  d’Europe  occidentale.  Bull.  Soc. 
ent.  de  France,  t.  LVII,  p.  6,  p.  86. 

G.  Bernardi,  Attaché.  —  Note  sur  les  Belenois  creona  de  Madagascar 
(Lep.  Pieridae).  Le  Naturaliste  malgache,  III,  p.  155-156,  fig.  1  et  2. 


—  Mission  A.  Villiers  au  Togo  et  au  Dahomey  (1950),  XVIII  :  Lépidop¬ 

tères  Pieridae.  Bull,  de  V Inst.  fr.  d’Afrique  noire,  XIV  (3),  p.  837- 
841. 

. —  Note  préliminaire  sur  le  genre  Leptosia  Hb.  :  Leptosia  hybrida  nov.  sp. 
(Lep.  Pieridae).  Bull.  Soc.  entom.  Mulhouse,  1952,  p.  12. 

—  Lépidoptères  récoltés  par  A.  Barbezat  au  cours  de  l’expédition  lyon¬ 

naise  1951  au  Garhwal,  IV  :  Papilionidae,  V  :  Pieridae.  Bull.  Soc. 
Linnéenne  de  Lyon,  XXI  (10),  p.  251-258. 

—  et  H.  de  Lesse.  —  La  variabilité  géographique  de  Lycaena  helle  Denis 

et  Schifï.  (Lep.  Lycaenidae).  Rev.  fr.  de  Lépidoptérologie,  1952, 
p.  203-214,  pl.  XI. 

—  et  R.  Paulian.  —  Les  Eurema  de  la  région  malgache  (Lep.  Pieridae) 

Le  Naturaliste  malgache,  III,  p.  139-154,  fig.  1  et  2. 

A.  Roudier,  Travailleur  libre. - Un  Oliorrhynchus  (Col.  Curculionidae) 

nouveau  pour  la  France  dans  les  jardins  de  la  banlieue  parisienne. 
Bull.  Soc.  ent.  France,  66  (1952). 

H.  Stempffer,  Correspondant.  —  Lépidoptères  récoltés  par  A.  Barbezat 
au  cours  de  l’expédition  lyonnaise  1951  au  Gahrwal.  II.  Lycaenidae. 
Bull.  Soc.  Linn.  Lyon.,  n°  7,  p.  181-184. 

—  Contribution  à  l’étude  des  Lycaenidae  de  la  faune  éthiopienne.  Bull. 

Soc.  ent.  Fr.,  LVII,  p.  114-121,  pl.  I. 

Collections  reçues.  —  Importante  collection  de  Lépidoptères  du  comman¬ 
dant  Daniel  Lucas,  intéressante  par  le  grand  nombre  d’espèces 
représentées,  notamment  d’Afrique  du  Nord,  parmi  lesquelles  on 
trouve  beaucoup  de  raretés,  et  aussi  par  les  nombreux  types  qu’elle 
renferme. 

Parmi  les  envois  qui  ont  enrichi  les  collections,  il  faut  citer  les 
Lépidoptères  récoltés  par  P.  Viette  pendant  son  séjour  à  Mada¬ 
gascar  ;  des  matériaux  de  tous  les  ordres  d’insectes  recueillis 
par  J.  Roy  et  Lamotte  au  mont  Nimba  ;  des  Lépidoptères  de 
Bangui  envoyés  par  le  commandant  J.  Primot  ;  des  Lépidoptères 
du  Gabon  de  M.  Rougeot.  Le  Laboratoire  a  reçu  également  un  lot 
important  d’insectes  de  Chine,  provenant  des  chasses  du  R.  P. 
Licent,  dont  du  P.  P.  Provincial  de  Reims,  et  des  Curculionides 
récoltés  en  Indochine  par  le  R.  P.  de  Cooman.  Enfin  il  a  été 
acquis  un  certain  nombre  de  Lépidoptères  rares  provenant  de  la 
collection  R.  Oberthur  et  M.  de  Toulgoet  a  fait  don  d’une  partie 
de  la  collection  Mabille.  contenant  des  types  de  Rambur,  de  même 
provenance. 

Zoologie  :  Vers  et  Crustacés. 

L.  Fage,  Professeur,  Membre  de  l’Institut.  —  Eugène  Chevreul  à  l’Haÿ- 
les-Roses  (Seine).  Académie  des  Sciences,  1951. 

—  Cumacés.  —  Exp.  Océanogr.  belge  dans  les  eaux  côtières  africaines 

de  l’Atlantique  Sud  (1948-1949),  vol.  III,  fasc.  1,  1951. 


—  Notice  nécrologique  sur  Theodor  Mortensen.  C.  R.  Acad.  Sc.,  t.  234,, 

1952. 

• —  Missions  du  bâtiment  polaire  Commandant-Charcot.  Récoltes  faites  en 
Terre  Adélie  (1950).  —  II.  Pycnogonides.  Bull.  Mus.,  2e  sér.,  24, 
p.  180-186,  2  fig. 

—  Pycnogonides  de  la  Terre  Adélie  (Expéditions  Polaires  françaises. 

Missions  Paul-Emile  Victor.)  Ibid.,  p.  263-273,  2  fig. 

—  Réflexions  d’un  biologiste  sur  la  Méditerranée.  Vie  et  Milieu,  suppl. 

n°  2,  p.  17-32. 

M.  André,  Sous-Directeur.  —  Note  complémentaire  sur  la  répartition 
de  Thrombicula  Giroudi  M.  André  (Acarien)  en  Afrique  Équatoriale 
Bull.  Mus.,  2e  sér.,  t.  XXIV,  1952,  p.  534. 

M.  Vaciion,  Assistant.  —  Scorpions  collectés  au  Maroc  par  MM.  P.  Stri- 
nati  et  V.  Aellen  (Mission  scientifique  Suisse  au  Maroc,  août- 
septembre  1950).  Bull.  Mus.  nat.  Hist.  nat.  Paris,  t.  23,  n°  6,. 
p.  621-3,  1951. 

—  Remarques  préliminaires  sur  quelques  Insectes  parasites  (Diptères  et 

Hyménoptères)  des  cocons  et  œufs  d’Araignées.  Ibid.,  t.  24,  n°  2, 
p. ‘200-3,  1952. 

—  Le  Scorpion  languedocien  et  sa  répartition  en  France  à  propos  de  sa 

présence  dans  le  département  de  l’Ardèche.  Ibid.,  t.  24,  n°  3, 
p.  274-9,  1  fig.,  1952. 

—  Études  sur  les  Scorpions.  Publ.  Inst.  Pasteur  Algérie,  482  pp.,  697  fig., 

1952. 

—  Compléments  à  la  description  du  petit  Scorpion  mauritanien  Lissothus 

occidentalis  Vachon,  1950  (Fam.  Buthilae  E.  Simon).  Arch.  Inst. 
Pasteur  Algérie,  t.  30,  n°  2,  p.  172-7,  7  fig. 

J.  Forest,  Assistant.  — -  Remarques  sur  le  genre  Diogenes  Dana  et  Troglo- 
pagurus  Henderson  à  propos  de  la  description  d’un  Paguridae 
nouveau  de  la  côte  occidentale  d’Afrique,  Diogenes  mercatoris  sp. 
nov.  Bull.  Inst.  Roy.  Sc.  nat.  Belgique,  1952,  28,  n°  11,  1-15. 

—  Sur  Trizopagurus  caparti  gen.  et  sp.  nov.,  Paguridae  de  la  côte  occi¬ 

dentale  d’Afrique.  Ibid.,  1952,  28,  n°  39,  1-8. 

—  Notes  préliminaires  sur  les  Paguridae  des  côtes  occidentales  d’Afrique. 

I-II  et  III.  Bull.  Mus.  nat.  Hist.  nat.,  1952,  2e  sér.,  24,  n°  3,  254-62 
et  n°  4,  355-9. 

—  Caractères  et  affinités  de  Pseudopagurus  genre  nouveau  établi  pour  un 

Paguridae  de  la  côte  occidentale  d’Afrique,  Pagurus  granulimanus 
Miers.  Bull.  Inst,  franç.  Afr.  Noire,  1952,  14,  n°  3,  799-812. 

—  Contribution  à  la  révision  des  Crustacés  Paguridae.  I.  Le  genre  Trizo¬ 

pagurus.  Mém.  Mus.  nat.  Hist.  nat.,  1952,  sér.  A,  Zoologie,  5, 
n°  1,  1-40. 

E.  Angei.ieh,  Attaché  de  Recherches  au  C.N.R.S.  —  Note  sur  Lobohala- 
carus  gallicus  (Migot)  1926  et  les  Porohalacaridae  (Acari)  de  la 
faune  française.  Bull.  Muséum,  2e  série,  24,  2,  1952,  pp.  195-199. 
Grandjean  F.,  Membre  de  l’Institut.  —  Observations  sur  les  Oribates 
(24e  série).  Bull.  Mus.  nat.  Hist.  nat.  Paris,  2e  sér.,  t.  XXIV,  p.  187,. 
1952. 


—  27  — 


—  Observations  sur  les  Palaeararoïdes  (Acariens)  (lre  série).  Ibid,., 

p.  360,  1952. 

—  Sur  deux  espèces  du  genre  «  Dometorina  »  n.  g.  et  les  mœurs  de  «  D. 

plantivaga  «  (Berl.).  [Acariens,  Oribates].  Bull.  Soc.  Zool.  France, 
t.  XXV,  p.  224,  1950. 

— -  Observations  sur  les  Palaeacaroïdes  (Acariens)  (2e  série).  Bull.  Mus. 

nat.  Hist.  nat.  Paris,  2e  sér.,  t.  XXIV,  p.  460,  1952. 

- —  Étude  sur  les  Zetorchestidae  (Acariens,  Oribates).  Mém.  Mus.  nat. 
Hist.  nat.,  Paris,  n.  s.  Zoologie,  t.  IV,  fasc.  1,  p.  1-50,  1951. 

—  Observations  sur  les  Palaeacaroïdes  (Acariens)  (3e  série).  Bull.  Mus. 

nat.  Hist.  nat.  Paris,  2e  sér.,  t.  XXIV,  p.  547,  1952. 

—  Les  deux  sortes  de  temps  du  biologiste.  C.  R.  Acad.  Sc.,  t.  233,  p.  336, 

1951. 

—  Les  relations  chronologiques  entre  ontogénèses  et  phylogénèses  d’après 

les  petits  caractères  discontinus  des  Acariens.  Bull.  Biol.  France 
Belgique,  t.  LXXXV,  p.  270,  1951. 

—  Le  problème  d’homologie  ontogénétique  dans  un  groupe  d’organes 

chez  des  animaux  à  stases,  et  sa  solution  par  la  recherche  d’ano¬ 
malies.  C.  R.  Acad.  Sc.,  t.  234,  p.  774,  1952. 

— 1  Au  sujet  de  l’ectosquelette  du  podosoma  chez  les  Oribates  supérieurs 
et  de  sa  terminologie.  Bull.  Soc.  Zool.  France,  t.  LXXVII,  p.  13, 

1952. 

—  Sur  les  articles  des  appendices  chez  les  Acariens  actinochitineux. 

C.  R.  Acad.  Sc.,  t.  235,  p.  560,  1952. 

—  Le  morcellement  secondaire  des  tarses  de  Tarsolarkus  sp.  (Acarien). 

Arch.  Zool.  exp.  et  gêner.,  t.  89,  Notes  et  Revue,  p.  113. 

—  Sur  les  variations  individuelles.  Vertitions  (écarts)  et  anomalies.  C.  Iï. 

Acad.  Sc.,  t.  235,  p.  640,  1952. 

Ed.  Dresco,  Attaché  au  Muséum.  —  Répartition  de  Querilhacia  queril- 
haci  (Lucas)  (Opiliones).  Notes  biospéologiques,  fasc.  VII,  1952. 

—  Araignées  et  Opilions  des  grottes  de  l’Ardèche.  Ibid.,  1952. 

—  Remarques  sur  les  Centromerus  du  groupe  paradoxus  et  description  de 

deux  espèces  nouvelles  (Araneae).  Ibid.,  1952. 

—  Répartition  d ’ Ischyropsalis  luteipes  Simon  (Opiliones).  Ibid.,  1952. 

—  Étude  du  genre  Sabacon  (Opiliones).  Ann.  Soc.  Ent.  France,  t.  CXXI, 

p.  117,  1952. 

—  F.  Balazuc,  H.  Henrot  et  J.  Nègre.  ■ —  Biologie  des  carrières  souter¬ 

raines  de  la  région  parisienne.  Vie  et  Milieu,  t.  II,  1951. 

Ch.  D.  Radford,  Correspondant  du  Muséum.  —  A  Révision  of  the  fur 
Mites  Myobiidae  (Acarina).  Bull.  Mus.  nat.  Hist.  nat.  Paris, 
2«  sér.,  t.  XXIV,  p.  371  et  540. 

P.  Remy.  —  Diagnose  de  quelques  Pauropodes  algériens.  Bull.  Mus. 

nat.  Hist.  nat.  Paris,  2e  sér.,  t.  XXIV,  p.  80. 

J.  Balazuc  et  E.  Angelier.  —  Sur  la  capture,  à  Banyuls-sur-Mer  (Pyré¬ 
nées-Orientales)  de  Pseudoniphargus  africanus  Chevreux  1901 
(Amphipodes  Gammaridae ).  Bull.  Soc.  Zool.  Fr.,  76,  5-6,  1951, 
p.  309-312. 


—  28  — 


F.  Fauvel.  —  Annélides  Polychètes  recueillies  aux  îles  Kerguelen  par  le 
Dr  Arétas  et  Polychetes  du  Muséum  de  la  même  provenance.  Bull. 
Mus.  nat.  Hist.  nat.  Paris,  2e  sér.,  t.  XXIV,  p.  294,  1952. 

B.  Condé.  —  Diagnoses  de  nouveaux  Campodéidés  corses.  Bull.  Mus. 
nat.  Hist.  nat.  Paris,  2e  sér.,  t.  XXIV,  p.  000,  1952. 

J.  Aubky  et  C.  Masson.  —  Contribution  à  la  faune  endogée  du  Sahara. 
Symphyles.  Bull.  Mus.  nat.  Hist.  nat.  Paris,  2e  sér.,  t.  XXIV, 
p.  368,  1952. 

- Contribution  à  la  faune  endogée  de  lAlgérie.  Symphyles.  Ibid.., 

p.  468,  1952. 

H.  Nouvel.  —  La  Mysis  jrontalis  de  Milne-Edwards.  Bull.  Mus.  nat. 
Hist.  nat.  Paris,  2e  sér.,  t.  XXIV,  p.  000,  1952. 

Collections  reçues.  —  Crustacés.  —  F.  A.  Chacé  (U.  S.  Nat.  Mus.)  :  Pagu- 
ridae  ;  I.  Gordon  (Brit.  Mus.)  Paguridae  ;  H,  de  Lesse  :  Ento- 
mostracés  (Groënland)  ;  E.  Postel  :  Décapodes  (Afrique  occiden¬ 
tale)  ;  R.  Sourie  :  Paguridae  (Afrique  occidentale)  ;  Rose  :  Copé- 
podes.  —  Voyage  de  la  Calypso  :  Décapodes. 

Pycnogonides.  —  Sapin-Jaloustre  (Terre  Adélie)  ;  R.  Sourie 
(Afrique  occidentale)  ;  P.  Paulian  (Iles  Kerguelen). 

Arachnides.  —  France  :  Scorpions,  Pseudoscorpions,  Opilions 
et  Araignées  (P.  Remy,  A.  Vandel,  B.  Condé,  B.  Pagès,  O. 
Tuzet,  L.  Berland,  J.  Balazuc,  H.  Cleu,  R.  Ginet,  Ed.  Dresco, 
H.  Henrot,  Cl.  Delamahe  Deboutteville).  —  Suisse  :  Pseudo¬ 
scorpions  (P.  Strinati,  V.  Aellen).  —  Italie  :  Scorpions  et  Pseudo¬ 
scorpions  (M.  Pavan,  M.  Parenzan,  M.  Gordiani).  —  Espagne  : 
Scorpions  et  Pseudoscorpions  (J.  Mateu,  A.  Vandel.  G.  Colas, 
J.  Malhomme.  H.  Henrot;  Halacariens  (P.  A.  Chappuis).  — 
Finlande  :  Pseudoscorpions  (J.  Kaisila).  —  Afrique  du  Nord  : 
Arachnides  divers  (F.  Bernard,  H.  Foley,  P.  Remy,  P.  Bède, 
J. -B.  Panouse.  J.  Thf.odoridès,  M.  Varaldi).  —  Afrique  tro¬ 
picale  et  centrale  :  Scorpions,  Pseudoscorpions  et  Solifuges  (An¬ 
gola  :  A.  de  Barros  Machado).  —  Mission  Calypso.  —  Afrique  du 
Sud  :  Scorpions  (Kalahari,  B.  Le  Bret.  —  Arachnides  divers, 

■  Madagascar  (coll.  Inst.  Sc.  Tananarive.  —  Asie  mineure  :  Scor¬ 
pions  (coll.  Inst.  d’Ankara).  —  Asie  centrale  et  orientale  :  —  Scor¬ 
pions  et  Hydracariens  (coll.  Lindberg).  —  Amérique  du  Nord  : 
Scorpions  (coll.  Prof.  Stannke)  ;  Pseudoscorpions  (H.  Henrot).  — 
Amérique  centrale  :  Pseudoscorpions  (L.  Berland).  —  Amérique 
du  Sud  :  Scorpions  et  Araignées  (J.  Abalos.  W.  Bucherln.  E.  Au¬ 
bert  de  La  Rue,  J.  Vellard).  —  Tasmanie  :  Pseudoscorpions 
(J.  Morris). 

Myriapodes.  —  Amérique  du  Sud  (W.  Bucherln). 

Annélides  Polychètes.  —  Dr  Aretas,  Iles  Kerguelen.  —  M.  Tcher- 
nia.  Antarctique.  —  P.  Paulian,  Iles  Kerguelen.  —  Calypso 
(Mer  Rouge). 


Malacologie. 


E.  Fischer-Piette,  Professeur.  —  Mollusques  terrestres  de  Madagascar. 
Genre  Ampelita.  Journ.  Conchyl.,  vol.  XCII,  1952,  p.  5-59,  6  fig., 
4  pl. 

—  La  distribution  des  Fucacées  sur  la  côte  Nord  d’Espagne  en  1949. 

Bull.  Labor.  Marit.  Dinard,  fasc.  XXXVII,  1952,  p.  1-13,  1  fig. 

G.  Ranson,  Sous-Directeur.  —  Observations  sur  la  question  de  l’espèce 
type  du  genre  Gryphaea  Lamarck,  1801.  Bull.  Zool.  nomencl., 
vol.  6  (mai  1952),  p.  205-206, 1  pl. 

—  Les  Huîtres  et  le  calcaire.  Calcaire  et  substratum  organique  chez  les 

Mollusques  et  quelques  autres  Invertébrés  marins.  C.R.A.S.,  t.  234, 
p.  1485-1487,  1952. 

—  Ostréidés,  in  G.  Lecointre.  Recherches  sur  le  Néogène  et  le  quater¬ 

naire  marins  de  la  côte  atlantique  du  Maroc.  Service  géologique  du 
Maroc,  Notes  et  Mémoires,  n°  99,  1952,  p.  25-40,  13  pl. 

—  Note  sur  la  cause  probable  de  l’absence  de  récifs  coralliens  aux  Iles 

Marquises  et  de  l’activité  réduite  des  coraux  récifaux  à  Tahiti, 
aux  Tuamotu,  aux  Hawaii,  etc.  C.  R.  Somm.  Séances  Soc.  Bio- 
géogr.,  n°  248,  1952,  pp.  3-11. 

—  L’ostréiculture  française  peut  et  doit  se  passer  de  l’importation  des 

Huîtres  étrangères.  La  Pêche  maritime,  la  Pêche  fluviale  et  la  pisci¬ 
culture,  n°  888,  1952,  p.  112-113. 

—  Les  Huîtres.  Riologie-Culture-Ribliographie.  Bull.  Inst.  Océano., 

Monaco,  n°  1001,  1952,  134  p. 

—  Ce  que  je  suis  venu  faire  en  Océanie.  L’Echo  de  Tahiti,  série  A,  n°  36, 

23-5-1952  (causerie  T.  S.  F.  Papeete). 

—  Sur  les  problèmes  concernant  l’Huître  nacrière  et  perlière  en  Océanie 

(lre  partie).  Bulletin  de  la  Chambre  de  Commerce  de  Papeete  (Eta- 
bissements  français  de  l’Océanie).  P.  V.  de  la  séance  du  20  mai 
1952. 

—  Sur  les  problèmes  concernant  l’Huître  nacrière  et  perlière  en  Océanie 

(2e  partie).  Ibid.,  P.-V.  de  la  2e  séance  extraordinaire,  12  août  1952. 
— -  et  G.  Cherbonnier,  —  Note  sur  trois  Planorbes  africains  :  Planorbis 
pfeifferi  Krauss,  Planorbis  adowensis  Rourguignat,  Planorbis 
ruppellii  Dunker.  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  nat.,  2e  sér.,  t.  XXIV,  n°  2, 
p.  206-212,  1952,  3  fig. 

—  et  G.  Cherbonnier.  —  Note  sur  des  Planorbes  africains  :  Planorbis 

sudanicus  Martens,  Planorbis  smithi  Preston  et  Planorbis  choanom- 
phalus  Martens.  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  nat.,  2e  sér.,  t.  XXIV,  n°  3 
p.  306-311,  1952,  3  fig. 

A.  Franc,  Sous-Directeur.  —  Remarques  suivies  de  rectifications  de 
Nomenclature  sur  deux  coquilles  calédoniennes.  Bull.  Soc.  Zool. 
France,  1952,  LXXVII,  p.  76-79. 

- —  Notes  écologiques  et  anatomique  sur  Tritonalia  (Ocinebrina)  aciculata 
Lk.  (Moll.  Prosob.).  Bull.  Labor.  marit.  Dinard,  1952,  fasc.  XXXVI, 
p.  31-34. 


30  — 


—  Notes  écologiques  et  anatomiques  sur  Philbërtia  purpurea  Montagu 

(Moll.  Cténob.).  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  nat.,  1952,  2e  série,  t.  XXIV, 
n°  3,  p.  302-305. 

—  La  répartition  du  zooplancton  dans  les  eaux  de  Dinard.  Bull.  Labor. 

marit.  Dinard,  1952,  fasc.  XXXVII,  p.  37-47. 

G.  Cherbonnier,  Assistant.  —  Les  Holothuries  de  Quoy  et  Gaimard. 
Mém.  Inst.  Boy.  Sc.  nat.  Belgique,  2e  sér.,  fasc.  44,  1952,  p.  1-50, 
16  fig.,  3  pl. 

—  Contribution  à  la  connaissance  des  Holothuries  de  l’Afrique  du  Sud. 

Trans.  Boy.  Soc.  South  Africa,  vol.  33,  1952,  p.  469-509,  15  pl. 

A.  Tixier-Durivault  (Mme),  Chargée  de  recherches  au  C.N.R.S.  — 
Révision  de  la  Famille  des  Alcyoniidae  :  le  genre  Sinularia  May 
1898.  Mém.  Inst.  Boy.  Sc.  Nat.  Belgique,  2e  sér.,  fasc.  40,  146  p., 
194  fig. 

J.  Gaillard,  Préparateur  à  l’École  Pratique  des  Hautes  Études.  —  Note 
sur  la  ponte  de  Gibbula  pennanti  Philippi.  Bull.  Mus.  Nat.  Hist. 
nat,  2e  sér.,  t.  XXIV,  n°  5,  1952,  p.  474-476. 

L.  Forcart.  — -  Révision  des  types  de  Vaginula  maillardi  Fischer  et 
Vaginula  Gayi  Fischer.  Journ.  Conchyl.,  vol  XCII,  1952,  p.  176- 
179. 

Ed.  Salmon.  —  Catalogue  des  Volutidés  existant  au  Muséum.  Journ. 

Conchyl.,  vol.  XCII,  1952,  p.  65-76,  2  fig. 

L.  Germain  (f).  —  Figuration  des  Mollusques  de  l’Omo,  décrits  en  1934. 

Journ.  de  Conchyl.,  vol.  XCII,  1952,  p.  161-176,  2  pl. 

A.  Jousseaume  (f).  —  Liste  d’espèces  décrites  par  le  Dr  Jousseaume. 

Journ.  Conchyl.,  vol.  XCII,  1952,  p.  80-86. 

A.  Pruvot-Fol.  —  Origine  de  la  Tunique  des  Tuniciers.  Revue  Suisse  de 
Zoologie,  t  58,  n°  37,  1951,  p.  605-630,  1  pl. 

—  Étude  des  Nudibranches  de  la  Méditerranée.  Arch.  Zool.  exp.  gén., 

t.  88,  fasc.  1,  1951,  49  p.,  4  pl. 

—  Note  sur  un  gastéropode  pténoglosse  :  la  Janthine  ( Janthina  communis 

Lmk.).  C.  B.  A.  S., t.  234,  n°  10,  1952,  p.  1088-1090. 

Collections  reçues.  —  Collection  Letellier  (Mollusques  terrestres  et  fluvia- 
tiles  d’Amérique  et  d’Asie)  ;  Collection  Staadt  (Famille  des 
Columbellidae)  ;  Coraux,  Mollusques  terrestres  et  fluviatiles  de 
Madagascar.  —  Institut  Scientifique  de  Madagascar  ;  Echinodermes 
et  Mollusques  des  Iles  Kerguelen  et  de  la  Terre  Adélie.  Mission 
Antarctique  et  Mission  des  Kerguelen  ;  Echinodermes,  Éponges, 
Coelentérés,  MollusqueS;de  la  Mer  Rouge.  Expédition  de  la  Calypso  ; 
Éponges,  Coelentérés,  Echinodermes  et  Mollusques  d’Océanie. 
Mission  G.  Ranson. 

Anatomie  comparée  des  Végétaux  vivants  et  fossiles. 

A.  Loubière,  Professeur.  —  Aperçu  sur  la  végétation  européenne  pendant 
le  Quaternaire  inférieur  et  moyen.  Bull.  Mus.  nat.  Hist.  nat., 
2e  s.,  t.  XXIV,  p.  118,  1951. 


31  — 


E.  Boureau,  Sous-Directeur.  —  Sur  les  problèmes  posés  par  l’anatomie 
comparée  de  certaines  plantes  vasculaires  paléozoïques  et  actuelles. 
The  Palaeobotanist  (Birbal  Sahni  Memorial  Volume),  I,  p.  99-103, 
I  pl.  h.  t.,  Lucknow  (Indes),  1952. 

—  Contiibution  à  l’étude  paléoxylologique  de  l’Indochine  (V)  :  Bois 

fossiles  de  l’Annam  et  du  Cambodge.  Mém.  Mus.  nat.  Hist.  nat., 
sér.  C  ;  Sc.  de  la  Terre,  t.  II,  fasc.  1,  (p.  1-26,  6  pl.  h.  t.,  13  micro- 
phot.,  1952. 

—  Sur  un  nouveau  Medullosa  du  Stéphanien  de  Rive  de  Gier.  Bull.  Soc. 

Geol.  Fr.,  6e  s.,  t.  I,  p.  419-423,  pl.  XIII  et  XIV,  1951. 

—  Étude  paléoxylologique  du  Sahara  (XV)  :  Sur  un  nouveau  bois  miné¬ 

ralisé  (Euphorbioxylon  Lejrancii,  n.  sp.),  récolté  en  Algérie  au 
nord-ouest  de  Fort-Flatters.  Bull.  Mus.  nat.  Hist.  nat.,  n°  6, 
t.  XXIII,  p.  706-712,  1  pl.  h.  t.,  1951. 

—  Id.  (XVI)  :  Sur  un  échantillon  silicifié  récolté  dans  les  couches  post- 

éocènes  de  Tisserlitine,  sur  la  bordure  NW  de  l’Adrar  des  Iforas 
Ibid.,  1952. 

—  Étude  des  Flores  fossiles  du  Territoire  du  Tchad  (I)  :  Protopodo- 

carpoxylon  Rochii,  n.  sp.  bois  fossile  mésozoïque.  Ibid.,  t.  XXIV, 
n°  2,  p.  223-232,  4  fig.,  1952. 

—  L’évolution  des  végétaux  et  l’anatomie  des  plantules  (Coll,  internat. 

du  C.N.R.S.,  sur  l’Évolution  et  la  Phylogénie  chez  les  Végétaux). 
Ann.  biol.,  3e  s.,  t.  28,  fasc.  7-8,  p.  163-181  et  183,  184,  1952. 
Interventions  aux  exposés  de  MM.  Gaussen.  Ibid.,  p.  120-121, 
Florin,  ibid.,  p.  106-108;  Emberger,  ibid.,  p.  127-128;  Just, 
ibid.,  p.  143-144. 

—  et  Ed.  Roch.  —  La  formation  de  Pala-Lamé  (Territoire  du  Tchad). 

C.  R.  somm.  Soc.  Géol.  Fr.,  n°  3,  p.  47-49,  1952. 

—  et  Mme  S.  Defretin.  —  Le  Wealdien  du  Nord-C  meroun.  C.  R.  Acad. 

Sc.,  p.  1459-1460,  1952. 

—  et  F.  Moitinho  d’Almeida.  —  Sur  l’âge  du  «  Dadoxylon  (Araucario- 

xylon)  teixeirae  »  Boureau  de  Cadriceira  (Portugal).  Communie, 
d.  Serviços  Geol.  de  Portugal,  t.  XXXII,  p.  5-6,  1  pl.,  1951. 

C.  Ginieis,  Assistant.  —  Contribution  à  l’étude  anatomique  des  plan¬ 
tules  de  Palmiers  (III)  :  Les  variations  de  structure  dans  les  plan¬ 
tules  de  Chamaerops  humilis  L.  Bull.  Mus.  nat.  Hist.  nat.,  Paris, 
2«  s.,  t.  XXIV,  n°  1,  p.  100-107,  6  fig.,  1952. 

—  Id.  (IV)  :  La  plantule  de  Washingtonia  gracilis  Parish.  Ibid.,  2e  sér., 

t.  XXIV,  n°  4,  p.  392-399,  2  fig.,  1952. 

Collections  reçues.  - —  Graines  de  Palmiers  :  Côte  d’Azur  (M.  Barthelet), 
Portugal  (Dr  Abilio  Fernandes),  Algérie  (M.  Carra),  Italie 
(M.  Bonomi).  Java  (M.  Kousnoto).  —  Végétaux  fossiles  :  Indo¬ 
chine  (M.  Saurin),  Cameroun  (M.  Ed.  Roch),  Somalie  (M.  Aubert 
de  La  Rüe),  Mauritanie  (M.  Th.  Monod),  Sahara  (M.  A.  Cornet), 
Air  (M.  Joulia),  Congo  Belge  et  Angola  (MM.  Dartevelle  et 
A.  Cahen),  Portugal  (M.  Teixeira). 


—  32  — 


Phanérogamie. 

H.  Humbert,  Professeur,  membre  de  l’Institut.  —  François  Gagnepain. 
In  memoriam.  Not.  Syst.,  XIV,  4,  1952,  p.  221-229. 

—  Les  territoires  Phytogéographiques  du  Nord  de  Madagascar.  C.  R. 

Sorti.  Séances  Soc.  Biogéogr.,  n°  246,  p.  176-184. 

—  Le  Problème  du  recours  aux  feux  courants.  Rapport  présenté  à  l’As¬ 

semblée  de  l’Union  Internationale  pour  la  Protection  de  la  Nature 
tenue  à  Caracas  du  2  au  9  septembre  1952. 

—  Un  exemple  suggestif  de  désertification  provoquée  :  les  territoires 

semi-arides  du  Sud  de  Madagascar.  Ibid. 

M.  L.  Tardieu-Blot  (Mme),  Sous-Directeur.  —  Un  Gymnosphaera 
(Cyatheaceae)  nouveau  d’Afrique  occidentale.  Not.  Syst.,  XIV, 
4,  1952,  p.  328-330. 

- —  Sur  le  Genre  «  Isoloma  S.  Sm.  »  et  P  «  Isoloma  lanuginosum  J.  Sm.  ». 
Ibid.,  p.  330-332. 

—  Un  Oleandra  nouveau  d’Afrique.  Ibid.,  p.  332-333. 

—  Sur  les  Athyrium  d’A.  O.  F.  et  A.  E.  F.  Ibid.,  p.  333-335. 

—  Catalogue  des  Filicinées  d’Afrique  Occidentale  et  Équatoriale  Fran¬ 

çaise.  I.  —  Ibid.,  p.  335-365. 

—  Parkeriaceae,  Gleicheniaceae,  Schizaeaceae,  Osmundaceae,  Marsilea - 

ceae,  Salviniaceae  in  H.  Humbert,  Flore  de  Madagascar  et  des 
Comores. 

J.  Leandri,  Sous-Directeur.  - —  Observations  sur  quelques  Thyméléacées 
Indo chinoises.  Not.  Syst.,  XIV,  4,  1952,  p.  288-292. 

—  Recherches  botaniques  à  Madagascar.  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  4-6,  n°  99, 

1952,  p.  206-236. 

—  Les  Arbres  et  Grands  Arbustes  malgaches  de  la  famille  des  Euphor- 

biacées.  Le  Naturaliste  Malgache,  tome  IV,  fascicule  I  (1952), 
p.  47-82. 

—  Les  Euphorbes  épineuses  et  coralliformes  de  Madagascar.  Cactées, 

vol.  7,  n°  34  (1952). 

F.  Gagnepain,  (f),  Sous-Directeur  honoraire.  —  Huit  espèces  de  Bauhinia 
d’Indochine.  Bull.  Mus.  d'Hist.  Nat.,  2e  sér.,  XXIV,  p.  312-317. 

—  Césalpinées  nouvelles  d’Indochine.  Ibid.,  p-,  317-321. 

—  Sabiacées  nouvelles  d’Indochine  «  Sabia  et  Meliosma  ».  Not.  Syst., 

XIV,  4,  1952,  p.  271-276. 

— -  Huit  Meliosma  (Sabiacées)  nouveaux  d’Indochine.  Bull.  Soc.  Bot. 
Fr.,  1-3,  99,  1952,  p.  9-13. 

—  Quelques  Connarus  nouveaux  d’Indochine.  Ibid.,  p.  29-31. 

—  Un  nouveau  genre  de  Mimosées  :  Ortholobium.  Ibid.,  p.  36-36. 

—  Mimosées  nouvelles  d’Indochine.  Ibid.,  p.  36-38. 

—  Sahudia  cochinchinensis  au  Siam.  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  4-6,  99  (1952), 

p.  167-168. 

F.  Pellegrin,  Sous-Directeur  honoraire.  —  Les  Sterculiacées  du  Gabor- 
Bull.  Soc.  Bot.  France.  Mémoires  50-51,  p.  29  à  50  (paru  en  1952). 


—  33  — 

—  Les  Rhizophoracées  d’Afrique  Équatoriale  Française.  Not.  syst.,  XIV, 

4.  1952,  p.  292-300. 

—  Les  Flacourtiacées  du  Gabon.  Bull.  Soc.  Bot.  France,  Mémoire  52. 

R.  Renoist,  Sous-Directeur  honoraire.  —  Deux  nouvelles  espèces  d’Acan- 

thacées  du  genre  Hypoestes ,  Le  Naturaliste  Malgache,  IV,  fasc.  1, 
1952,  p.  43-45. 

P.  Jovet,  Assistant.  —  Les  Landes.  Notes  sur  la  végétation  actuelle 
et  sa  répartition.  C.  R.  Sommaire  Séances  Soc.  Biogéogr.,  18  oct. 
1951,  n°  245,  p.  151-161. 

—  A  propos  de  Glyceria  declinata  Rréb.,  Monde  des  Plantes,  déc.  1951- 

janv.  1952,  n08  283-284,  p.  64. 

—  L ’Anemone  tri/olia  L.  dans  le  Sud-Ouest  de  la  France.  Bull.  Soc.  bot. 

Fr.,  janv.  1952,  99,  nos  1-3,  p.  13-15. 

—  Conopodium  denudatum  Koch  en  milieu  calcaire.  La  feuille  des  Natura¬ 

listes,  mars-avril  1952,  54e  ann.,  t.  VII,  n.  s.,  p.  20-22. 

—  Les  Landes.  Paysages  botaniques.  Bull.  Soc.  de  Bot.  du  Nord  de  la 

France,  1952,  t.  V,  p.  14-21,  3  fig. 

—  Floraison  dans  le  sol  de  certaines  Orchidées  de  nos  régions.  La  Nature, 

juil.  1952,  n°  3207,  p.  214-216. 

—  Epipogon  aphyllum  Swartz,  Orchidée  boréo-montagnarde  trouvée  en 

forêt  de  Compiègne  (Oise).  Écologie.  Répartition  géographique. 
La  feuille  des  Naturalistes,  1952,  n.  s.,  t.  VII,  p.  39-46. 

—  Jussiaea  repens  L.  var.  glabrescens  Ktze  ;  caractères  morphologiques, 

localités  méconnues  ;  J.  Michauxiana  Fern.  à  Montauban.  Monde 
des  Plantes,  fév.-mars-avril  1952,  47e  ann.,  nos  285-286,  p.  5-6. 

—  Nuxia  Humberti  spec.  nov.,  Loganiacée  nouvelle  de  Madagascar. 

Description  et  considérations  sur  l’évolution  de  l’inflorescence  des 
Nuxia.  Notul.  syst.,  XIV,  4,  1952,  p.  281-288  avec  fig. 

J.  Arènes,  Assistant.  —  A  propos  des  Centaurea  (section  Calcitrapa )  de 
l’Afrique  tropicale  occidentale.  Bull.  I.  F.  A.  N.,  XIV,  I,  1952, 
p.  28-33. 

—  Recherches  phytosociologiques  et  écologiques  sur  un  marais  tourbeux 

récent  de  Rasse  Auvergne.  Rev.  Gén.  Bot.,  59,  1952,  p.  1-34. 

—  Contribution  à  l’étude  de  la  flore  fossile  burdigalienne  des  Baléares. 

Bol.  Real.  Soc.  Esp.  Hist.  Nat.,  XLIX,  1951,  p.  73-86. 

—  Révision  du  genre  Macarisia  Thou  (Rhizophoracées).  Notulae  Syst., 

XIV,  4,  1952,  p.  248-252. 

—  et  J.  Bouchard.  —  A  propos  d’un  Gagea  critique  de  Caussols  (Alpes- 

Maritimes).  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  99,  1952,  p.  161-163. 

—  et  G.  Depape.  —  Contribution  à  l’étude  des  flores  fossiles  d’Asie 

Mineure.  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat.,  2e  sér.,  XXIV,  3,  1952, 
p.  328-332. 

—  C.  Arambourg  et  G.  Depape.  —  Sur  deux  flores  fossiles  quaternaires 

d’Afrique  du  Nord.  C.  R.  Acad.  Sc.,  234,  1952,  p.  128-130. 

M.  Pichon,  Assistant.  —  Extension  au  Congo  Belge  de  l’aire  de  quelques 
Apocynacées.  Bull.  Jard.  Bot.  Etat  Bruxelles,  XXII  (1952),  p.  107- 
114. 


Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  1,  1953. 


3 


—  34  — 


—  Classification  des  Apocynacées  :  XXXIV,  les  «  Malouetiinae  ».  Ibid., 

p.  115-135  (1  fig.  et  1  carte). 

—  Classification  des  Apocynacées  :  XXXIII,  les  sous-tribus  des  Carissées. 

Not.  Syst.,  XIV,  4,  1952,  p.  310-315,  1  pl. 

N.  Dumaz-le-Grand,  Assistant.  —  Contributions  à  l’étude  des  Légumi¬ 
neuses  de  Madagascar  :  le  genre  Rothia,  une  espèce  nouvelle  du 
genre  Tephrosia,  2  espèces  nouvelles  du  genre  Ormocarpopsis.  Not. 
Syst.,  XIV,  4,  1952,  p.  265-270. 

H.  Perrier  de  la  Bâtiiif.,  Directeur  honoraire  de  Recherches  au 
C.N.R.S.,  Correspondant  de  l’Institut.  —  Adansonia  de  Madag. 
Clefs  et  Diagnoses.  Not.  Syst.,  XIV,  4,  1952,  p.  300-304. 

—  Un  Foetidia  nouveau  de  Madagascar.  Ibid.,  p.  304-305. 

—  Une  Rose  de  Jéricho  à  Madagascar.  Ibid.,  p.  305-306. 

—  Lythraceae  novae  Madagascarienses.  Ibid.,  p.  306-309. 

—  Note  sur  Clematis  pseudoscabiosaefolia  nom.  nov.  de  Madagascar. 

Ibid.,  p.  309. 

—  Androya  G.  n.  d’Oléacées.  Bull.  Mus.,  2e  sér.,  XXIV,  p.  400-401. 

—  Myrtacées  utiles  de  Madagascar.  Rev.  Bot.  appl.,  mars-avril  52,  p.  328. 

—  Révision  des  Ebénacées  de  Madagascar  et  des  Comores.  Mém.  Inst. 

Sc.  Madag.,  sér.  B,  IV,  p.  93-154  et  pl.  II  à  IX. 

—  Histoire  naturelle  des  Hydrostachys  de  Madagascar.  77e  Congrès  Soc. 

Sav.  Grenoble,  1952. 

—  Moracées  :  le  genre  Ficus,  55,  31  p.  in  H.  Humbert,  Flore  de  Mada¬ 

gascar  et  des  Comores  ;  Myristicacées,  79  :  13  p.  ;  Podostémonacées, 
88,  17  p.  ;  Hydrostachyacées,  89  :  17  p.  ;  Callitrichacées,  112  : 
5  p.  ;  Buxacées,  113  :7p.;  Icacinacées,  119  :  45  p. 

A.  Guillaumin,  Professeur  au  Muséum.  —  Encore  quelques  formes  de 

jeunesse  de  Plantes  Néo-Calédoniennes.  Not.  Syst.,  XIV,  4,  1952, 
p.  278-281. 

B.  P.  G.  Hochreutiner,  Directeur  honoraire  du  Conservatoire  et  du 

Jardin  Botanique  de  Genève.  —  «  Macrostelia  »,  un  nouveau  genre 
extraordinaire  de  Malvacées  de  Madagascar.  Not.  Syst.,  1952,  XIV, 
4,  p.  229-234,  2  pl. 

A.  Camus.  Attachée  au  Muséum,  Chargée  de  Recherches.  —  Contribution  à 
l’étude  des  Graminées  du  Maroc.  Revue  bot.  Appl.  et  Agr.  Col. 
(1952),  p.  139. 

—  Espèces  du  genre  Quercus  pouvant  être  introduites  sur  la  Côte  d’Azur. 

Rev.  scient.,  Bull.  Assoc.  Nat.  Nice  (1951-1952),  p.  1. 

—  Panicum  nouveaux  de  Madagascar.  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  IC,  p.  63 

(1952). 

—  Graminées  nouvelles  de  Madagascar  et  de  la  Réunion.  Bull.  Soc. 

Bot.  Fr.,  IC,  p.  142  (1952). 

—  Cyrtococcum  nouveaux  de  Madagascar.  Bull.  Mus.,  2e  sér.,  XXIV, 

p.  402  (1952). 

—  Contribution  à  l’étude  de  la  Flore  de  l’Asie  orientale.  Not.  Syst.,  XIV, 

4,  p.  252-258  (1952). 


—  35  — 


F.  Evrard.  —  Anacardiacées  Mangiférées  nouvelles  indochinoises  :  Man- 
gifera,  Gluta,  Swintonia.  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  IC,  p.  82-84  (1952)_ 

A.  Cavaco,  Attaché  de  Recherches  du  C.N.R.S.  —  Recherches  sur  les 
Chlaenacées,  famille  endémique  de  Madagascar.  Mém.  Inst.  Scient. 
Madag.,  sér.  B,  IV,  1  (1952),  59-92. 

—  Deux  Amarantacées  nouvelles  de  Madagascar.  Bull.  Soc.  Bot.  Fr., 

IC  (1952),  130-131. 

—  Psilotrichum  de  Madagascar  (Amarantacées).  Ibid.,  183-186. 

—  Chlénacées  in  Humbert,  Flore  de  Madagascar,  126e  Famille,  Paris, 

1952. 

—  Deux  Cyathula  nouvelles  (Amarantacées).  Not.  Syst.,  XIV,  4  (1952),. 

p.  263-265. 

—  Lagrezia  de  Madagascar  et  des  Comores  (Amarantacées).  Bull.  Mus. 

Hist.  Nat.,  Paris,  n°  5  (1952),  491. 

R.  Capuron,  Inspecteur  des  Eaux  et  Forêts  à  Madagascar.  —  Identité  des 
genres  Nesogordonia  H.  Bn  et  Cistanthera  K.  Schum.  et  Descrip¬ 
tion  de  deux  espèces  nouvelles  de  Madagascar.  Not.  Syst.,  XIV,  4, 
1952,  p.  258-263. 

R.  Gombault  et  P.  Jovet.  —  Une  énigmatique  ombellifère  syr-'enne. 

Not.  Syst.,  XIV,  4,  1952, 'p.  276-278. 

A.  Lourteig.  —  Mayacaceae.  Not.  Syst.,  XIV,  4,  1952,  p.  234-248. 

R.  Virot,  Attaché  de  Recherches  du  C.N.R.S.  —  Assoc;ations  végétales 
de  la  Nouvelle  Calédonie  et  leur  protection.  Revue  des  Océanistes, 
t.  VII,  1952,  p.  263-269. 

Cl.  Mathon.  —  Description,  écologie  et  dynamique  de  quelques  phyto- 
cénoses  en  Haute  Provence  occidentale  (Montagne  de  Lure),. 
Thèse  Univ.  Toulouse,  28,  VII,  52. 

—  Carte  de  la  végétation  de  la  Montagne  de  Lure  (Hte  Provence  occiden¬ 

tale)  au  l/50.000e.  Tirage  Ozalid,  juillet  1952. 

—  Description,  écologie  et  dynamique  de  quelques  phytocénoses  en 

Haute-Provence  occidentale  (Montagne  de  Lure).  Résumé  de  thèse. 
Année  Biologique,  t.  28,  fase.  9-10,  1952,  p.  165-174. 

—  Carte  de  la  végétation  du  Plateau  de  Saint-Christol.  Partie  septen¬ 

trionale,  au  1 /50.000e.  Tirage  Ozalid,  septembre  1952. 

—  Per  una  fitofenologia  stadiale,  Convegno  fitofenologico  délia  Société 

Botanica  Italiana,  Venezia  12-16  sett.  1951.  Nuov.  Giorn.  Botan. 
Italiano,  n.  s.,  LVIII,  p.  563-565,  1951. 

—  Morphologie  et  tératologie  expérimentales  chez  l’Orge.  Communica¬ 

tion  au  Colloque  International  sur  l’Évolution  des  végétaux 
(C.N.R.S.),  Paris,  mai  1952,  Année  Biologique,  1952. 

- —  Sur  quelques  problèmes  de  Phytocénologie.  La  Feuille  des  Naturalistes, 
1952,  N.  S.,  VII,  p.  74-78.  ” 

R.  Schnell,  Maître  de  Conférences  à  la  Faculté  des  Sciences  de  Lyon.  — 
Végétation  et  flore  de  la  région  montagneuse  du  Nimba.  Mém. 
I.F.A.N.,  1952,  n°  22. 

—  Contribution  à  une  étude  phytosociologique  et  phytogéographique 

de  l’Afrique  Occidentale.  Ibid.,  n°  18. 


—  36  — 


—  Contribution  à  l’étude  des  cécidies  de  l’Afrique  occidentale.  Ibid., 

n°  18. 

—  Les  forêts  primitives  de  la  basse  Guinée  française.  C.  B.  Sorti.  Séances 

Soc.  Biogéogr.,  n°  248,  1952,  p.  11-16. 

A.  Chastain.  —  Le  second  voyage  aux  Iles  Kerguelen.  La  Nature,  n°  3211, 
1952,  p.  348-351. 

—  Recherches  écologiques  et  floristiques  sur  le  «  Pinetum  »  de  la  Haute- 

Tourbière  de  la  Vraconnâz  (Jura  helvétique  vaudois).  Montpellier, 
1952,  x  +  176  p.,  19  graph.  et  fig.,  5  tabl.,  3  pl.,  4  cartes.  Recueil 
des  Travaux  de  l’Institut  Rotanique  de  l’Université  de  Mont¬ 
pellier,  suppl.  2. 

H.  de  Lesse.  —  Flore  et  végétation  de  l’Eqe  (Groenland).  Paris,  1952. 
Collection  Actual.  scientif.  et  industr.,  n°  1180,  Expéditions 
polaires  Françaises  (Missions  P.-E.  Victor),  un  vol.  142  p.,  62  fig. 
dont  XXVI  pl.  +  1  carte,  19  tabl. 

L.  Duplessis.  —  Effets  des  oscillations  climatiques  dans  la  répartition 
des  végétaux.  Union  Soc.  fr.  Hist.  Nat.,  n°  11. 

R.  P.  Berhaut,  C.  S.  Sp.  Missionnaire  au  Sénégal.  —  A  propos  de  VEntada 
Mannii  (Oliv.)  Ch.  Tiss.  Date  de  présentation  :  24  oct.  1952. 
Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  1952. 

—  Les  Sesbania  du  Sénégal.  Date  de  présentation  :  28  nov.  1952.  Ibid., 

1952. 

—  Le  genre  Jussioea  au  Sénégal.  Date  de  présentation  :  12  déc.  1952. 

Ibid.,  1952. 

R.  Sillans.  —  A  propos  du  Helichrysum  Humberti  R.  Sillans.  Not.  Syst., 
XIV,  4,  1952,  p.  315-317. 

—  Matériaux  pour  la  Flore  de  l’Oubangui-Chari  (Urtieacées).  Ibid., 

p.  317-321. 

- —  Matériaux  pour  la  Flore  de  l’Oubangui-Chari  (Rignoniacées).  Ibid., 
p.  322-328. 


Cryptogamie. 

Roger  Heim,  Professeur,  Membre  de  l’Institut.  —  Les  Termitomyces  du 
Cameroun  et  du  Congo  français.  Mém.  Soc.  Helvét.  Sc.  Nat.,  LXXIX, 
2,  24  p.,  9  fig.,  10  pl.,  Berne,  1952. 

—  Mémoire  sur  l’ Antennopsis,  ectoparasite  du  Termite  de  Saintonge. 

Bull.  Soc.  Myc.  Fr.,  LXVII,  4,  p.  336-364,  10  fig.,  4  pl.,  1951 
(1952)  (avec  la  collab.  de  Harro  Buchli,  Jacques  Duché  et 
Pierre  Laboureur). 

—  Trois  Septobasidium  du  domaine  Indo-Pacifique.  Bull.  Soc.  Bo'. 

Suisse,  62,  pp.  412-417,  2  fig.,  1  pl.,  1952. 

—  Classement  raisonné  des  parasites,  symbiotes,  commensaux  et  sapro¬ 

phytes  d’origine  fongique  associés  aux  Termites.  VIe  Congris 
Intern.  de  Pathologie  Comparée,  p.  15-21,  Madrid,  1952. 


—  37 


—  Les  voies  de  l’évolution  chez  les  Champignons.  Colloque  intern.  du 

C.N.R.S.  sur  l’ Évolution  et  la  Phylogénie  chez  les  végétaux,  mai  1952. 
L’Année  Biol.,  28,  p.  27-46,  1952. 

—  Exposé  introductif.  Ibid.,  p.  3-7,  1952. 

- —  Sarcodon  abietinum  Heim.  Bull.  Soc.  Myc.  Fr.,  LXVII,  Atlas,  pl.  CIX, 
1  p.,  1951  (1952). 

—  Préface  à  Bufîon.  Collection  des  Grands  Naturalistes  français,  I,  12  p. 

Édition  des  Publications  françaises  et  du  Mus.  Nat.  d'Hist.  Nat., 
Paris,  1952. 

—  Termites  et  Champignons.  Atomes,  n°  73,  4  p.,  9  fig.,  1952. 

—  Destruction  et  protection  de  la  Nature,  224  p.,  23  fig.,  Coll.  Armand 

Colin,  Paris,  1952. 

—  Voyage  aux  terres  du  Sud  (Australie,  Nouvelle-Zélande,  Nouvelle- 

Calédonie).  Les  Conférences  du  Palais  de  la  Découverte,  série  A, 
n°  157,  p.  9.,  1952. 

—  Le  Muséum  National  d’Histoire  Naturelle.  L’ Éducation  Nationale, 

n0B  3  et  4,  6  p.,  1952. 

—  Le  Muséum  National  d’Histoire  Naturelle.  Introduction.  Annuaire  du 

Muséum,  p.  1-15.  Paris,  1er  janv.  1953. 

—  Préface  (à  Georges  Becker  :  La  Vie  privée  des  Champignons),  p.  9-14, 

Stock,  Paris,  1952. 

—  Préface  (à  Mme  S.  Jovet-Ast  :  Muscinées),  2  p.,  S.E.D.E.S.,  Paris, 

1952. 

—  Préface  (à  P.  Bourrelly  et  E.  Manguin  :  Algues  d’eau  douce  de  la 

Guadeloupe),  p.  5-6,  S.E.D.E.S.,  Paris,  1952. 

—  Introduction  (à  H.  de  Lesse  :  Flore  et  végétation  de  l’Eqe,  Groenland), 

pp.  3-4,  Hermann  et  Cie,  Paris,  1952. 

—  Préface  (à  L.  Corbière  :  Champignons  de  la  Manche,  II,  Ascomycètes, 

lre  classe  —  Discomycètes),  Mém.  Soc.  Nat.  Sc.  Nat.  et  Math,  de 
Cherbourg,  XLV,  5e  sér.,  pp.  61-62,  V,  1952. 

■ —  Resumen  de  la  Conferencia  dictada  en  el  Salon  de  Actos  del  Centro 
Nacional  de  Agronomia,  Ministerio  de  Agricultura  y  Ganoderia. 
San  Salvador,  7  oct.  1952.  —  La  Protection  de  la  Nature  (Résumé 
d’une  conférence),  Cahiers  français  d' Information,  n°  216,  p.  5-9, 
15  nov.  1952. 

—  et  Georges  Becker.  —  Un  nouveau  Limacium  du  Jura,  Hygrophorus 

vaticanus  sp.  nov.,  Rev.  de  Mycol.,  XVII,  p.  165-167,  1952. 

—  et  Roger  Cailleux.  —  Observations  à  propos  de  la  note  précédente 

(de  M.  Roger  Gautheret).  C.  R.  Ac.  Sc.,  235,  p.  1323-1324,  1952. 

—  Revue  de  Mycologie  et  son  Supplément  colonial,  t.  XVII,  1952. 

Robert  Lami,  Sous-Directeur.  —  A  propos  de  la  disparition  de  la  station 
de  Lomentaria  rosea  de  Saint-Énogat.  Bull.  Labor.  Dinard,  XXXVI, 
p.  19-20,  1952. 

Pierre  Bourrelly,  Assistant.  —  Activités  algologiques  et  limnologiques 
en  France  pendant  l’année  1950.  Hydrobiologia,  III,  4,  p.  379-389, 
1951. 


—  38  — 


—  Note  sur  un  Euglénien  incolore.  Cyclidopsis  acus  Korsh.  Bull.  Soc.  Bot. 

Fr.,  98,  p.  202-205,  5  fig.,  1951. 

—  Rapport  pour  l’attribution  du  prix  Gandoger  (Cryptogamie).  Bull. 

Soc.  Bot.  Fr.,  98,  p.  232,  1951. 

—  Xanthophycées  rares  ou  nouvelles.  Bull.  Mus.,  Paris,  23,  6,  p.  666-672, 

9  fig.,  1951. 

—  Note  sur  quelques  Chlorococcacées.  Ibid.,  p.  673-684,  36  fig.,  1951. 

—  et  Mme  P.  Gayral.  —  Une  Yolvocale  nouvelle,  Tingitanella  Pasqua- 

linii,  nov.  gen.,  nov.  sp.,  Bull.  Soc.  Sc.  Nat.  Maroc,  30,  p.  117-120, 
1950  (1952). 

—  et  E.  Manguin.  - —  Algues  d’eau  douce  de  la  Guadeloupe  et  Dépen¬ 

dances  recueillies  par  la  Mission  P.  Allorge  en  1936.  S.E.D.E.S., 
Paris,  283  p..,  31  pl.  de  817  fig.,  1952. 

Suzanne  Jovet-Ast  (Mme),  Assistant.  —  Sphaignes  de  la  Guadeloupe. 
Rev.  Bryol.  et  Lichénol.,  21,  1-2,  p.  176,  1952. 

—  Micropterygium,  localités  nouvelles.  Ibid.,  21,  3-4,  p.  287,  1952. 

- Muscinées  récoltées  par  H.  de  Lesse,  à  l’Eqe,  In  H.  de  Lesse,  Flore 

et  végétation  de  l’Eqe,  Hermann,  Paris,  Appendice  I,  pp.  127-130, 
1952. 

—  Muscinées.  Cryptogamia,  S.E.D.E.S.,  Paris,  100  p.,  25  fig.,  24  pl., 

1952. 

Jacqueline  Nicot-Toulouse  (Mme),  Assistant.  —  Deux  Phoma  isolés  sur 
plâtre  humide.  Bull.  Soc.  Myc.  Fr.,  LXVIII,  3,  7  pp.,  1952. 

Valia  Allorge  (Mme),  Chargée  de  recherches  du  C.N.R.S.  —  Mousses 
récoltées  par  P.  et  V.  Allorge  aux  îles  Açores  en  1937.  Rev.  Bryol. 
et  Lychénol.,  21,  1-2,  p.  50-95,  1952. 

—  Revue  Bryologique  et  Lichènologique,  t.  XXI,  1-2,  1952. 

Raymond  Gaume,  Attaché  au  Muséum.  — -  Bryum  canariense  Brid.  en 
forêt  de  Fontainebleau.  Assoc.  Natur.  Vallée  du  Loing,  XXVIII, 
p.  47,  1952. 

—  Considérations  générales  sur  la  flore  bryologique  de  Bretagne  d’après 

les  travaux  du  Dr  F.  Camus.  Rev.  Bryol.  et  Lichénol.,  20,  3-4, 
p.  249-254,  1951. 

—  Excursions  botaniques  dans  la  région  parisienne,  IV.  La  flore  des 

mares  à  Sphaignes  des  forêts  du  plateau  de  Brie.  Feuille  des  Natu¬ 
ralistes,  N.  S.,  VII,  p.  23-26,  1952. 

Micheline  Jacques-Félix,  Attachée  de  recherches  du  C.N.R.S.  Etude 
anatomique  de  Marasmius  rotula  et  de  Marasmius  per/orans.  Bull. 
Soc.  Natur.  d’Oyonnax,  6,  p.  79-85,  2  fig.,  1952. 

—  Momification  de  Phanérogames  par  un  Champignon.  Revue  de  Mycol., 

XVII,  Suppl,  colon.,  p.  1-9,  2  fig.,  1  pl.,  1952. 

Uharalambos  Zambettakis,  Attaché  de  recherches  du  C.N.R.S.  — 
Recherches  sur  l’helminthosporiose  de  l’Œillette  et  son  traite¬ 
ment.  Ann.  Inst.  Nat.  Rech.  Agron.,  1,  p.  11-60,  15  fig.,  1  tabl., 
1952. 


—  39  — 


Mireille  Moreau,  Assistante  à  l’École  Pratique  des  Hautes  Études.  — 
Une  cause  nouvelle  de  dépérissement  des  œillets  à  Nice  :  la  maladie 
à  sclérotes.  C.  R.  Ac.  Sc.,  234,  p.  2641-2643,  1952. 

Claude  Moreau.  Phytopathologiste  de  l’O.R.S.O.M.  —  Les  maladies 
parasitaires  des  principales  cultures  coloniales.  Revue  Bibliogra¬ 
phique,  VIII.  Rev.  de  Mycol.,  XVI,  Suppl,  colon.,  n°  2,  p.  124-138, 

1951. 

—  Les  maladies  parasitaires  des  principales  cultures  coloniales.  Revue 

Bibliographique,  IX.  Rev.  de  Mycol.,  XVII,  Suppl,  colon.,  n°  1, 
p.  30-47,  1952. 

—  Coexistence  des  formes  Thielaviopsis  et  Graphium  chez  une  souche  de 

Ceratocystis  major  (van  Beyma)  nov.  comb.  Remarques  sur  les 
variations  des  Ceratocystis.  Ibid.,  p.  17-25,  1  fig.,  1952. 

—  et  Mireille  Moreau.  —  Phytophthora  parasitica  Dastur.  Gommose, 

Pourriture  brune  des  agrumes.  Fiche  phytopathol.  trop.  n°  5. 
Rev.  de  Mycol.,  XVI,  Suppl,  colon.,  n°  2,  7  pp.,  2  fig.,  1951. 

• - La  «  suie  »  des  Sycomores  à  Paris.  Bull.  Soc.  Myc.  Fr.,  LXVII,  4, 

pp.  404-418,  3  fig.,  1951. 

Marius  Chadefaud,  Attaché  au  Muséum.  —  Les  Vauchéries  sont  des 
Xanthophycées.  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  98,  p.  210, 1951. 

—  Un  nouveau  Chlamydomonas  marin.  Bull,  du  Mus.,  2e  sér.,  XXIII, 

p.  662-665,  1951. 

—  Une  Algue  microscopique  marine  des  Iles  Tortugas  et  la  notion  de 

Chromophycées.  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  99,  p.  84-86,  1952. 

■ — -  La  leçon  des  Algues.  Comment  elles  ont  évolué  ;  comment  leur  évolu¬ 
tion  peut  éclairer  celle  des  Plantes  supérieures.  Colloque  Intern. 
du  C.R.N.S.  sur  l’Évolution  et  la  Phylogénie  chez  les  Végétaux. 
L’Année  Biol.,  28,  p.  9-25,  1952. 

—  Le  pollen  des  Impatiences  et  la  théorie  de  Wodehouse.  Bull.  Soc. 

Bot.  Fr.,  99,  p.  181-182,  1952. 

—  Sur  le  cycle  sexuel  des  organismes  eucaryotes  et  son  évolution.  La 

Rev.  Scientif.,  90,  p.  49-57,  1952. 

Robert  Potier  de  La  Varde,  Correspondant  du  Muséum.  —  Observa¬ 
tions  sur  les  affinités  du  genre  Rhynchocarpidium  P.  de  la  V.  et 
Leroy.  Rev.  Bryol.  et  Lichénol.,  21,  1-2,  p.  3-6,  3  fig.,  1952. 

—  Contribution  à  la  flore  bryologique  africaine  (4e  article).  Rev.  Bryol. 

et  Lichénol.,  20,  3-4,  p.  243-245,  1951. 

—  et  Maurice  Bizot.  —  Brysedwickia  densa  (Hook.).  Biz  et  P.  V.  Ibid., 

p.  246-248,  1951. 

- Contribution  à  l’étude  du  genre  Erythrodontium.  Ibid.,  21,  1-2, 

p.  7-10,  1952. 

—  —  et  R.  Gaume.  —  Une  poignée  de  Mousses  libanaises.  Ibid.,  p.  11-13, 

1952. 

Henri  Romagnesi,  Attaché  au  Muséum.  —  Quelques  Russules  nouvelles 
de  la  flore  françaises.  Bull.  Soc.  Linn.  Lyon,  21e  année,  5,  p.  107- 
112,  1952. 

—  Species  et  formae  novae  ex  genere  Drosophila.  Ibid.,  n°  6,  p.  151-156, 

1952. 


—  40 


—  Deux  nouveaux  Cortinaires  du  sous-genre  Hydrocybe.  Soc.  Natur. 

d’Oyonnax ,  6,  p.  59-63,  1952. 

- —  Quelques  Omphalia  des  sables  maritimes  fixés.  Iiev.  de  Mycol.,  XVII, 
1,  p.  39-45,  2  fig.,  1952. 

—  Sur  deux  nouveaux  Marasmes  fétides  et  leur  position  taxonomique. 

Bull.  Soc.  Myc.  Fr.,  LXVIII,  2,  p.  133-140,  1952. 

—  Compte  rendu  bibliographique  sur  «  The  Agaricales  (Mushrooms)  in 

Modem  Taxonomy  »,  par  R.  Singer.  Ibid.,  p.  277-280,  1952. 
Pierre  Fusey,  Attaché  au  Muséum.  —  Incidences  de  l’attaque  par  les 
Champignons  des  matériaux  et  substances  alimentaires  sur  la 
pathologie  humaine.  C.  R.  VIe  Congrès  Inter,  de  Pathologie  com¬ 
parée,  I,  p.  55-57,  Madrid,  1952. 

Michel  Luc,  Phytopathologiste  à  l’I.D.E.R.T.  —  Champignons  nouveaux 
du  Colatier  en  Côte  d’ivoire.  Rev.  de  Mycol.,  XVI,  Suppl,  colon., 
n°  2,  p.  107-123,  6  fig.,  1951. 

—  Ophiostoma  moniliforme  (Hedgc.).  H.  et  P.  Syd.  et  ses  diverses  formes. 

Ibid.,  XVII,  Suppl,  colon.,  n°  1,  p.  10-16,  2  fig.,  1952. 

Paul  Cuynet,  Correspondant  du  Muséum.  —  Paludella  squarrosa  (L.) 
Brid.  Rev.  Bryol.  et  Lichénol.,  21,  3-4,  p.  297,  1951. 

Alphonse  Lachmann.  — -  Contribution  à  la  Bryoflore  du  département 
du  Nord.  Rev.  Bryol.  et  Lichénol.,  21,  1-2,  p.  22-25,  1952. 


Culture. 

A.  Guillaumin,  Professeur.  —  Plantes  nouvelles,  rares  ou  critiques  des 
serres  du  Muséum.  Bull.  Mus.  Paris,  2e  sér.,  XXIV,  p.  477,  1952. 

—  Encore  quelques  nomina  nuda  de  plantes  de  la  Nouvelle-Calédonie. 

Not.  Syst.,  XIV,  p.  197-200,  1951. 

—  Données  complémentaires  sur  les  plantes  médicinales  de  la  Nouvelle- 

Calédonie.  Ann.  pharm.  Franc.,  IX,  p.  676-678,  1951. 

—  L’horticulture  en  Nouvelle-Calédonie^  Jardins  de  France,  p.  63-66, 

1952. 

•  —  Le  13e  Congrès  international  d’ Horticulture.  Ibid.,  p.  231-232,  1952. 

—  Où  en  est,  en  France,  l’acclimatation  des  plantes  ornementales  de  la 

Nouvelle-Calédonie,  La  Terre  et  la  Vie,  p.  19-23,  1952. 

—  La  flore  de  la  Nouvelle-Calédonie.  Courrier  des  Messageries  maritimes , 

n.  sér.,  n°  7,  p.  20-21,  1952. 

—  Les  arbres  fruitiers  en  Nouvelle-Calédonie.  Fruits,  VII,  p.  147-148, 

1952. 

—  A  propos  d’un  voyage  en  Nouvelle-Calédonie.  Bull.  trim.  Assoc.  gen. 

Cons.  Coll.  pub.  France,  n°  40,  p.  3-4,  1952. 

—  A  propos  des  Eucalyptus  de  la  Nouvelle  Calédonie.  Rev.  Bot.  Appl., 

XXXII,  p.  361,  1952. 

—  Le  13e  Congrès  international  d’Horticulture.  Ibid.,  XXXII,  p.  497- 

499,  1952. 

—  Florule  des  îles  Gilbert.  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  99,  p.  21-22,  38-40,  1952. 


—  Jarry-Desloges  et  l’acclimatation  des  arbres  fruitiers  exotiques  à 

Menton,  Congrès  Soc.  sav.,  p.  291-292,  1952. 

—  Les  plantes  grasses  de  Madagascar  introduites  par  le  Muséum  de 

Paris.  Bull.  hort.  [belge],  nouv.  sér.,  VII,  p.  22,  1952. 

—  Voyage  botanique  et  horticole  autour  du  Monde.  Ibid.,  VII,  p.  140- 

141,  1952. 

—  et  A.  Bertrand,  Correspondant  du  Muséum.  —  Caeti  (Édition  anglaise 

de  Cactus).  Crossby  Lochwood  and  Son  Ltd,  Londres,  1952. 

—  et  Rose  H.,  Jardinier  permanent.  —  Floraisons  les  plus  intéressantes 

observées  dans  les  serres  du  Muséum  pendant  les  années  1950 
et  1951.  Bull.  Mus.  Paris,  2e  sér.,  t.  XXIV,  p.  98-99,  1952. 

J.-L.  Hamel,  Sous-Directeur.  —  Les  chromosomes  somatiques  de  Pan- 
cheria  Sebertii  Guillaumin,  Cunoniacée  de  la  Nouvelle-Calédonie. 
Bull.  Mus.  Paris,  2«  sér.,  XXIV,  p.  588-590,  1  fig.,  1952. 

J.-M.  Turmel,  Assistant.  —  La  Mouillabilité  des  sols.  —  I.  Sables  d’ori¬ 
gines  diverses.  Coefficient  de  mouillabilité.  Bull.  Mus.  Paris , 
2e  sér.,  t.  XXIV,  n°  1,  p.  147-153,  1  tabl.,  1952  et  Ibid.,  n°  2, 
p.  238-241,  2  tabl.,  1952. 

—  La  percolation  dans  les  sables.  —  IL  Recherches  préliminaires  dans  les 

divers  milieux  du  Sahara  occidental.  Ibid.,  2e  sér.,  t.  XXIV, 
n°  6,  p.  608-615,  4  tabl.,  1  fig.,  1952. 

- —  Notes  écologiques  et  géobotaniques  sur  quelques  dunes  des  Côtes  de 
France.  Bull.  Inst.  Océanogr.  Monaco,  vol.  49,  n°  1006,  5  tabl., 
2  fig.,  1952. 

—  Les  Eryngium  ;  Panicauts  ;  chardons  bleus,  Bull.  Soc.  Amateurs  jardins 

alpins,  t.  I,  n°  2,  p.  30-34,  1  pl.,  1952. 

—  L’eau  et  le  sol  dans  les  divers  milieux  du  Sahara  occidental  et  les 

possibilités  agricoles  dans  les  palmeraies  (Rapport  préliminaire), 
Rev.  Bot.  Appl.,  XXXII,  p.  482-487,  1952. 

—  Le  jardin  botanique  de  Beni-Abbès  (Saliara  Occidental),  La  Terre  et 

la  Vie,  Bull.  Soc.  nat.  Accli.  Fr.,  n°  2,  p.  95-100,  2  pl.  photo,  1952. 

G.  Guinet,  A.  Guillaumin  et  A.  Fargeas.  —  Index  seminum  Musei 
Parisiensis,  1952. 

G.  Guinet,  Jardinier  chef.  —  Les  gentianes  du  groupe  Acaulis  L.  (Section 

Megalanthe  Gaud.),  Bull.  Soc.  Amateurs  jardins  alpins,  t.  I,  n°  1, 
p.  12-15,  1  pl.,  1952. 

- —  Plantes  appartenant  au  même  genre  botanique  mais  ayant  des  exi¬ 
gences  édaphiques  opposées.  Ibid.,  p.  16,  1952. 

—  Les  jardins  de  plantes  alpines  sous  rocher.  Ibid.,  p.  51-54,  1952. 

Em.  Manguin,  Jardinier  Chef  des  Serres  et  P.  Bourhelly.  —  Algues 
d’eau  douce  de  la  Guadeloupe  et  dépendances  recueillies  par  la 
Mission  P.  Allorge  en  1933.  Sedes,  282  p.,  31  pl.,  1952,  Paris. 

J.  Weill,  Chef  de  Carré.  —  Une  nouvelle  adventive  :  Sicyos  angulatus  L., 
Cucurbitacée,  Le  Monde  des  Plantes,  47e  année,  nos  287-288,  1952. 

H.  Rose,  Jardinier  permanent.  —  Les  Kalanchoe,  Cactus,  n°  33, .p.  71-73, 

2  photos,  1952. 


—  42 


A.  Bertrand,  Correspondant  du  Muséum.  —  Les  Cactées  et  les  plantes 
grasses  dans  la  maison,  Bull.  hort.  (belge),  nouv.  sér.,  VII,  p.  23-24, 
1952. 

—  L’acclimatation  des  Cactées  et  des  plantes  grasses  dans  la  région  pari¬ 

sienne,  La  Terre  et  la  Vie,  Bull.  Soc.  nat.  Accli.  Fr.,  p.  197-201, 
3  photos,  1951. 

—  Les  Sempervivum  Linné,  Bull.  Soc.  Amateurs  Jardins  alpins,  t.  I, 

n°  1,  p.  10-12,  1  pl.  photo,  couleurs,  1952. 

—  Notes  diverses,  Cactus,  n0B  31,  32,  33,  34,  1952. 

Cl. -Ch.  Mathon.  —  Écologie  du  développement  des  Aegilops.  Bull.  Mus. 
Paris,  2«  sér.,  t.  XXIV,  n°  6,  p.  582-587,  1  fig.,  1952. 


Envois  de  plantes  rares  ou  nouvelles  faits  au  service  de  culture 
PENDANT  l’année  1952. 


Noms  des  envoyeurs 

Nombre  espèces 
plantes  vivantes 

Nombre  d’espèces 
de  graines 

Observations 

I  Paulownia 

lre  introduc- 

Jardin  botanique  d’Edinburgh 

Fortunei. 

182 

6 

tion 

8 

velles 

38 

Capitaine  Deschartres,  Aus- 

14 

Barthoux,  chargé  de  Mission 

14 

Plantes  endé- 

Professeur  Millot  à  Madagas- 

20 

20 

miques 

d° 

Guinet,  jardinier-chef  en  mis- 

53 

81 

d° 

Service  agriculture  de  Tahiti. 
Service  Recherches  forestières 

35 

12 

Orchidées  et 

University  of  Berkeley . 

31 

plantes  rares. 
Plantes  grasses 
rares  et  nou¬ 
velles. 

Orchidées  et 

N  épenthes 
d’Amérique 
centrale  et 
d’Asie. 

—  43 


Paléontologie. 

C.  Arambourg,  Professeur.  —  A  Génese  da  Humanidade.  Colecçno  Saber  ; 
Publicaçôes  Europa- America,  Lisboa,  146  p.,  36  fig.,  1950. 

—  J.  Arènes  et  G.  Depape.  ■ — •  Sur  deux  Flores  fossiles  quaternaires 

d’Afrique  du  Nord.  C.  R.  A.  S.,  Paris,  234,  n°  1,  p.  128-130,  1952. 

—  Eustatisme  et  isostasie.  Ibid.,  p.  225-227. 

—  The  African  Pleistocene  Mammals.  Proceed.  first,  Pan  African  Congr. 

Prehistory,  Nairobi  1947,  Basil  Blackwell,  Oxford,  p.  18-25,  1952. 

—  The  Red  Beds  of  the  Mediterranean  Basin.  Ibid.,  p.  39-44,  4  fig. 

—  Observations  sur  la  phylogénie  des  Primates  et  l’origine  des  Hominiens. 

Ibid.,  p.  116-119,  1  fig. 

—  et  J.  Signeux.  —  Les  Vertébrés  fossiles  des  gisements  de  Phosphates 

(Maroc,  Algérie,  Tunisie).  Notes  et  Mém.  Serv.  Gêol.  Maroc,  n°  92, 
372  p.,  62  fig.,  44  pl„  1952. 

—  La  Paléontologie  des  Vertébrés  en  Afrique  du  Nord  française. 

XIXe  Congrès  géol.  intern.,  Monogr.  région,  hors  série,  Alger, 
62  p.,  1952. 

—  La  Genèse  de  l’Humanité  (3e  édition  revue  et  corrigée).  Que  Sais-je  p 

Presses  Univ.  Fr.,  Paris,  1952. 

- —  Note  préliminaire  sur  quelques  Eléphants  fossiles  de  Berbérie.  Bull. 
Mus.,  Paris  (2),  XXIV,  p.  407-418,  9  fig.,  1  pl.,  1952. 

J.  Roger,  Sous-Directeur.  —  Anthozoaires,  Lamellibranches,  Pectinidés 
(in  :  G.  Lecointre,  Recherches  sur  le  Néogène  et  le  Quaternaire 
marins  de  la  côte  atlantique  du  Maroc).  Notes  et  Mém.  Serv.  géol. 
Maroc,  n°  99,  t.  II,  p.  21,  41-58,  2  fig.,  3  pl.,  1952. 

R.  Lavocat,  Préparateur  aux  Hautes-Études.  —  La  dérive  des  espèces. 
Rev.  Quest.  scient.,  Louvain,  p.  200-218,  1952. 

—  Le  gisement  de  Dinosauriens  du  Crétacé  du  Sud  marocain.  C.  R. 

somm.  Soc.  Géol.  Fr.,  Paris,  n°  2,  p.  13,  1952. 

—  Sur  les  affinités  de  quelques  Carnassiers  de  l’Oligocène  d’Europe, 

notamment  du  genre  Plesictis  et  du  genre  Prodilurus.  Eclog.  geol. 
helv.,  44,  n°  2,  p.  403-404,  1951. 

—  Sur  une  Faune  de  Mammifères  miocènes  découverte  à  Beni-Mellal 

(Atlas  marocain).  C.  R.  A.  S.,  Paris,  235,  p.  189-191,  1  fig.,  1952. 

—  Sur  les  affinités  de  quelques  Carnassiers  de  l’Oligocène  d’Europe, 

notamment  du  genre  Plesictis  (Pomel)  et  du  genre  Prodilurus 
(Filhol).  Mammalia,  Paris,  XVI,  n°  2,  p.  62-72,  3  fig.,  1952. 

P.  de  Saint-Seine,  Maître  de  Recherches  C.N.R.S.  —  Sur  quelques 
Vertébrés  fossiles  de  la  cuvette  congolaise.  C.  R.  A.  S.,  Paris,  234, 
p.  1995-1997,  1952. 

—  L.  Cahen  et  J.  Lepersonne.  —  L’âge  de  l’étage  de  Stanleyville  (série 

du  Lualaba)  et  ses  conséquences  pour  la  stratigraphie  du  Congo. 
Bul..  Soc.  belge  Géol.  Paléont.  et  Hydr.  Bruxelles,  LXI,  fasc.  2, 
p.  198-207,  1952. 


44  — 


J.  Sornay,  Attaché  de  Recherches  C.N.S.R.  —  Sur  deux  espèces  inédites 
de  d’Orbigny  et  sur  une  espèce  nouvelle  de  Tuffeau  de  Touraine. 
Bull.  Soc.  Géol.  Fr.,  Paris  (6),  I,  p.  627-631,  2  fig.,  1  pl.,  1951. 

—  Remarques  sur  le  Crétacé  supérieur  (Cénomanien-Sénonien)  de  l’Ouest 

d’Uzès  (Gard).  CR.  A.  S.,  Paris,  234,  p.  545-546, 1952. 

P.  Cai  as,  Stagiaire  de  Recherches  C.  N.  R.  S.  et  J.  Magné.  —  Sur  une 
nouvelle  espèce  de  Nucule  de  l’Oligocène  d’Algérie.  Bull.  Mus., 
Paris  (2),  24,  n°  4,  p.  435-437,  1  fig.,  1952. 

J.  Drot,  Stagiaire  de  Recherches  C.N.R.S.  —  Espèce  nouvelles  de  Rhyncho- 
nellidae  du  Lias.  Bull.  Soc.  Géol.  Fr.,  Paris  , (6),  2,  fasc.  3,  p.  57-65, 
4  fig.,  1  pl.,  1952. 

—  et  J.  Avias.  —  Sur  la  présence  du  Rhétien  en  Nouvelle-Calédonie. 

C.  R.  somm.  Soc.  Géol.  Fr.,  Paris,  n°  12,  p.  247-248,  1952. 

J.-M.  Remy,  Assitant  de  Muséologie.  —  M acrophthalmus  aquensis  A. 
Milne-Edwards  et  Brocchi  1879,  son  stade  mégalope.  Le  genre 
M  acrophthalmus  Latreille  1829.  Bull.  Soc.  Géol.  Fr.,  Paris,  (6),  2, 
fasc.  1-3,  p.  27-39,  1  fig.,  1952. 

M.  E.  Zoeke,  Attaché  de  Recherches  C.N.R.S.  —  Étude  des  plaques  des 
Flemiaster  (Échinides).  Bull.  Mus.,  Paris  (2),  XXIII,  n°  6,  p.  696- 
705,  4  fig.,  1951. 

—  Sur  la  croissance  du  test  chez  le  genre  fossile  Hemicidaris  (Échinides). 

Ibid.,  XXIV,  n°  4,  p.  430-434,  2  fig.,  1952. 

■ —  Sur  l’existence  de  formes  différentes  de  Schizaster  en  Europe  et  en. 
Afrique.  Bull.  Soc.  Géol.  Fr.,  Paris,  (6),  2,  fasc.  1-3,  p.  47-55, 
3  fig.,  1952. 

J.  Roman,  Stagiaire  de  Recherches  C.N.R.S.  — -  Quelques  anomalies  chez 
Clypeaster  melitensis  Michelin.  Bull.  Soc.  Géol.  Fr.,  Paris,  (6),  2, 
fasc.  1-3,  p.  3-11,  2  fig.,  1952. 

M.  Delattre.  —  Deux  nouvelles  Hilobites  du  Crétacé  inférieur.  Bull.  Soc. 
Géol.  Fr.,  Paris,  (6),  2,  p.  41-45,  1  pl.,  1952. 

—  Anomalies  du  phragmocône  chez  Neohiboliles  semicanaliculatus  (Blain- 

ville).  Bull.  Mus.  Paris,  (2),  XXIV,  n°  2,  p.  220-222,  1  fig.,  1952. 

- —  Caractères  et  position  systématique  de  Beriasibelus  extinctorius 
(Raspail)  n.  gen.  (Bélemnites) .  Bull.  Mus.,  Paris,  (2),  XXIV,  n°3, 
p.  321-327,  1  fig.,  1952. 

J.  Yalcinlar,  Maître  de  Conférences  à  Istambul.  —  Les  Vertébrés 
fossiles  néogènes  de  la  Turquie  occidentale.  Ibid.,  n°  4,  p.  423-429, 
1  fig.,  2  pl.,  1952. 

P.  L.  Pirlot,  Institut  de  la  Recherche  Scientifique  en  Afrique  Centrale. 
—  Les  canines  chez  Hipparion  et  l’apparition  d’un  caractère  sexuel 
secondaire  des  Mammifères.  Ibid.,  p.  419-421,  4  fig.,  1952. 


Pêches  et  productions  coloniales  d’origine  animale. 

Th.  Monod,  Professeur.  —  Sur  un  Colopisthus  sénégalais.  Bull,  de  V Ins¬ 
titut  Français  d’Afrique  Noire,  XIV,  n°  3,  juillet  1952,  p.  813-816, 
14  fig. 


—  45 


—  Sur  un  détail  du  gréement  de  la  pirogue  wolof-lebu  (Sénégal).  C.  R. 

2°  Conferência  internacional  dos  Africanistas  ocidentais,  Bissau 
1947.  Lisbonne,  1952,  p.  389-391,  1  pl.  h.  t.,  1  fig. 

—  Sur  quelques  températures  de  surface  observées  dans  la  région  du 

Cap  Blanc  (Mauritanie)  en  1922-1923.  Communication  présentée 
au  XIVe  Congrès  des  Pêches  et  Industries  Maritimes,  9e  section, 
Boulogne-sur-Mer,  juin  1952. 

—  M.  Nickles  et  F.  Mon..  —  Xylophages  et  Petricoles  ouest-africains. 

Institut  Français  d’Afrique  Noire.  Catalogue,  VIII,  1952,  145  p., 
x  158  fig.,  XII  pl.  h.  t. 

P.  Budker,  Sous-Directeur.  Quelques  considérations  sur  la  campagne 
baleinière  1951  au  Cap  Lopez  (Gabon).  Mammalia,  t.  XVI,  n°  1, 
mars  1952,  p.  1-6,  fig. 

—  Le  Laboratoire  des  Pêches  Coloniales  du  Muséum.  Communication 

présentée  au  XIVe  Congrès  des  Pêchés  et  Industries  Maritimes, 
9e  section,  Boulogne-sur-Mer,  juin  1952. 

—  et  J.  Collignon.  —  Trois  campagnes  baleinières  au  Gabon  (1949- 

1950-1951).  Bull.  Inst.  Et.  Centrafricaines,  nouv.  sér.,  n°  3,  1952, 
p.  75-100,  fig.,  Pl.  VIII  et  IX. 

M.  Blanc,  Assistant.  —  Description  d’un  appareil  simple  pour  prélève¬ 
ment,  en  eau  douce,  de  sédiments  submergés.  Journal  des  Recherches 
du  C.N.R.S.,  1951,  17,  p.  94-96,  2  fig. 

,  —  L’Élevage  de  la  Truite.  L’Aquarium  et  les  Poissons,  lre  ann.,  n°  12 
(fév.  1952),  p.  15-17,  1  fig. 

—  Sur  quelques  Poissons  rapportés  des  Iles  Pribilof  (Alaska)  par  le 

Docteur  Aretas.  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat.,  2e  s.,  1952,  XXIV 
(n°  2),  p.  174-175. 

—  Poissons  rapportés  par  le  Docteur  Sapin-Jaloustre  de  l’expédition 

antarctique  française  1949-1951  en  Terre  Adélie  (Expéditions 
Polaires  Françaises,  Missions  Paul-Émile  Victor).  Ibid.  (n°  3), 
p.  251-253. 

—  Études  consacrées  aux  animaux  dulcicoles  et  recherches  d’hydro¬ 

biologie  animale  en  France  de  1945  à  1950.  —  I.  Poissons  et  Batra¬ 
ciens.  Hydrobiologia,  1952,  IV  (4),  p.  341-362. 

—  Description  d’un  deuxième  appareil  pour  prélèvement,  en  eau  douce, 

de  sédiments  submergés.  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat.,  2e  s.,  1952, 
XXIV,  (6),  p.  591-593,  2  fig. 

Ch.  Roux,  Assistant.  —  Activités  de  la  Section  d’Océanographie  de  l’Office 
de  la  Recherche  Scientifique  Outre-Mer.  Communication  présentée 
au  XIVe  Congrès  des  Pêches  et  Industries  Maritimes,  9e  section, 
Boulogne-sur-Mer,  juin  1952. 

—  Les  principaux  poissons  intéressant  la  pêche  au  chalut  dans  la  région 

de  Pointe-Noire.  Ibid.,  1952. 

R.  Moal.  —  La  pêche  en  Côte  Française  des  Somalis.  Communication 
présentée  au  XIVe  Congrès  des  Pêches  et  Industries  Maritimes, 
9e  section,  Boulogne-sur-Mer,  juin  1952. 

R.  Aretas.  —  L’Otarie  à  fourrure  de  l’Alaska,  Callorhinus  ursinus  (L.). 
La  Terre  et  la  Vie,  1952,  1,  p.  25-34,  2  pl. 


M.  Legand.  —  Etat  actuel  et  perspectives  de  l’industrie  du  poisson  dans 
les  Territoires  Français  du  Pacifique  Sud.  Cybium,  1952,  n°  7, 
p.  1-23,  8  pl. 

J.  M.  Pérès.  —  Sur  quelques  Ascidies  récoltées  aux  Iles  Kerguelen  par 
le  Docteur  Aretas.  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat.,  2e  s.,  1952,  XXIV, 
(2),  p.  213-219. 

P.  Fauvel.  —  Annélides  Polychètes  recueillies  aux  Iles  Kerguelen  par  le 
Docteur  Aretas  et  Polychètes  du  Muséum  de  la  même  provenance. 
Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat.,  2^  s.,  1952,  XXIV  (3),  p.  294-301. 

Collections  reçues.  —  Poissons  marins  —  Iles  Kerguelen  —  Dr  R.  Aretas 
(expédition  1949-1950)  ;  Crânes  et  pièces  histologiques  d 'Éléphant 
de  Mer — -  Iles  Kerguelen —  Dr  R.  Aretas  (expédition  1949-1950)  ; 
Poissons  marins  —  Iles  Pribilof  (Alaska)  —  Dr  Aretas  (juillet- 
août  1951)  ;  Poissons  marins  et  d’eau  douce  —  A.  E.  F.  —  Ch. 
Roux  (1950)  ;  Poissons  marins  —  Saint-Paul  et  A711e  Amsterdam  — 
P.  Pauli  an  (expédition  1950-1951)  ;  Poissons  marins  —  Terre 
Adélie  —  Dr  J.  Sapin-Jaloustre  (expédition  1949-1951)  ;  Poissons 
marins  —  Terre  Adélie  —  Dr  J.  Cendron  (expédition  1950-1952)  ; 
Poissons  marins  —  Océanie  et  Nlle  Calédonie  —  M.  Legrand 
(1951)  ;  Poissons  d’eau  douce  — -  Cameroun  —  R.  Letouzey 
(octobre  1951)  ;  Poissons  d’eau  douce  —  Martinique  —  Père  R. 
Pinchon  (juillet  1952)  ;  Sous-produits  d’origine  baleinière. 

Laboratoire  d’Helminthologie  et  de  Parasitologie  comparée  de  l’École 
Pratique  des  Hautes  Études. 

Robert  Ph.  Dollfus,  Directeur.  —  Le  genre  Acanthocephaloides  Anton. 
Meyer  1931  n’est  pas  seulement  méditerranéen  et  pontique.  Ann. 
Parasit.  hum.  et  compar.,  t.  XXVI,  n°  5,  22-1-1952,  p.  440-445, 
fig.  1-4. 

—  Allocution  présidentielle.  Bull.  Soc.  Entomol.  France,  t.  LVII,  n°  1, 

séance  du  23  janv.  1952,  p.  3-5  (paru  19-3-1952). 

—  La  larve  métacercaire  d ’Aphallus  tubarium  (Rudolphi  1819),  enkystée 

chez  Gobius  ( Zostericola)  ophiocephalus  P.  S.  Pallas.  Vie  et  Milieu, 
t.  II  (1951),  n°  3,  p.  350-360,  fig.  1-2  (Paru  28-3-1952). 

—  Parasites  du  Germo  alalunga  (J.  F.  Gmelin  1788).  —  Journ.  Conseil 

Internat.  Exploration  de  la  Mer,  vol.  XVIII,  n°  1,  1952,  p.  42-44. 

- —  Miscellanea  Helminthologica  maroccana  IV.  Affinités  naturelles  de 
Pseudochetosoma  salmonicola  R.  Ph.  Dollfus  1951  (Famille  Stegano- 
dermatidae  nov.).  Emendation  de  la  superfamille  Haploporoidea 
W.  Nicoll  1935.  Arch.  Inst.  Pasteur  Maroc,  vol.  IV,  cahier  5,  mai 
1952,  p.  369-386,  fig.  1. 

—  Quelques  Oxyuroidea  de  Myriapodes.  Ann.  Parasit.  hum.  et  compar. , 

t.  XXVII,  n°  1,  13-6-1952,  p.  143-236,  fig.  1-99. 

—  et  Jean  Théodoridès.  —  Premier  cas  de  Parasitisme  d’un  Strepsiptère 

par  un  Nématode.  Anais  Faculdade  Ciencias  Porto,  t.  XXXV 
(1951),  n°  4,  1952,  p.  270-271,  fig.  1-2. 

—  Nécessité  de  connaître  les  changements  de  forme  des  crochets  au  cours 

de  l’ontogénèse  pour  identifier  les  jeunes  Cysticercus  fasciolaris 


—  47  — 


Rudolphi  1808.  Feuille  Naturalistes,  Paris,  nouv.  sér.,  t.  VII, 
fasc.  7-8,  10  déc.  1952,  p.  63-69,  fig.  1-7. 

—  Aperçu  général  sur  l’Histoire  Naturelle  des  Parasites  Animaux  de  la 

Morue  Atlanto-arctique  Gadus  callarias  L.  (morhua  L.).  Encyclo¬ 
pédie  biologique  Paul  Leehevalier,  Paris,  vol.  XLIII,  déc.  1952, 
500  p.,  270  fig. 

—  Sur  l’iconographie  d ’ Hoplopleura  acanthopus  (H.  Burmeister  1839) 

G.  Enderlein  1904  (Anoplura).  Transact.  IXe  Congrès  Internat. 
Entomologie,  Amsterdam,  août  1951,  p.  965-968,  fig.  1-9. 

Alain  G.  Chabaud,  Directeur-adjoint.  —  Le  genre  Dipetalonema  Diesing  ' 
1861.  Essai  de  classification.  Annn.  Parasit.,  XXVII,  1952,  p.  250- 
285,  fig.  1-8  B. 

—  M.  Baltazard  et  A.  Minou.  —  Cycle  évolutif  d’une  filaire  parasite 

de  Merion.  C.  R.  Acad.  Sc.,  CCXXXIV,  1952,  p.  2115-2117. 

—  G.  Blanc  et  J.  Bruneau.  —  Comportement  de  quelques  spirochètes 

chez  la  punaise  Cimex  lectularius.  C.  R.  Acad.  Sc.,  CCXXXXIX, 
1952,  p.  2577-2578. 

—  et  E.  Biocca.  ■ —  Description  d’une  nouvelle  espèce  du  genre  Metallie- 

lazia  ( Nematoda-Spiruroidea) .  Ann.  Parasit.,  XXVII,  1952,  p.  394- 
399,  fig.  1-3  C. 

—  Sur  un  Capillaria  du  Vanneau.  Ann.  Parasit.,  XXVII,  1952,  p.  400- 

406,  fig.  1-6. 

—  Identité  de  Petroviprocta  vigissi  Schachtachtinskaja  1951,  et  d ’Avic- 

serpens  Galliardi.  Notes  et  informations.  Ann.  Parasit.,  XXVII, 
1952,  p.  482-483. 

Claude  Dupuis.  Chef  de  Travaux.  —  Notes,  remarques  et  observations 
diverses  sur  les  "Hémiptères.  Première  série  :  notes  I-IV.  Feuille 
des  Naturalistes,  n.  s.  VII  (1-2),  janv.-févr.  1951,  p.  1-4. 

—  Contributions  XIII  et  XIV  à  l’étude  des  Phasiinae  cimicophages 

(Diptères  Larvaeooridae) ,  Annales  Parasitologie  hum.  et  comp.,  27, 
1952,  n°  1-3,  p.  329-338  (publié  juin  1952). 

—  Notes,  remarques  et  observations  diverses  sur  les  Hémiptères.  Deu¬ 

xième  série  :  note  V.  Ceresa  bubalus  (F.)  en  Touraine  (Membra- 
cidae).  Feuille  des  Naturalistes,  n.  s.  VII  (7-8),  sept.-oct.  1951, 
p.  73. 

—  Genre  grammatical  de  certains  noms  génériques  dérivés  du  grec.  Cas 

particulier  d ’Eurydema  Laporte.  Bull.  Mus.  Nat.  Ilist.  nat.  (2) 
XXIV,  1952,  p.  557-561. 


Géologie. 

R.  Abrard,  Professeur.  —  Vestiges  de  Vertébrés  dans  les  alluvions 
récentes  de  l’île  Chevire,  près  de  Nantes.  C.  R.  Ac.  Sc.,  t.  233, 
p.1638-1639,  1951. 

—  La  zone  inférieure  du  Cénomanien  entre  l’Aube  et  le  Loing.  C.  R.  som. 
S.  G.  F.,  p.  295-296,  1951. 


—  Observations  géologiques  aux  Clayes-sous-Bois  (Seine-et-Oise).  Bull. 

Mus.  Hist.  Nat.,  p.  566-568,  1951. 

—  Formes  de  passage  de  Nummulites  variolarius  Lmk.  à  N.  wemmelensis 

de  la  Harpe  et  van  den  Broeck.  C.  R.  Ac.  Sc.,  t.  234, 
p.  1390-1392,  1952. 

- —  Observations  relatives  à  une  note  de  M.  Dreyfuss  sur  la  représenta¬ 
tion  graphique  des  formations  sédimentaires  marines.  B.  S.  G.  F. 
(6),  I,  p.  529,  1951. 

—  Le  Calcaire  de  Brie  et  les  marnes  vertes  sannoisiennes  aux  environs 

de  Fontainebleau  (Seine-et-Marne).  Bull.  Mus.  Hist.  Nat.,  p.  126- 
129,  1952. 

R.  Furon,  Sous-Directeur.  —  Le  programme  de  recherches  de  l’U.N.E.S. 
C.O.  et  le  Colloque  international  sur  l’Hydrologie  de  la  zone  aride 
(Ankara,  avril  1952).  Rev.  gén.  Sciences,  t.  59,  p.  163-173,  1952. 

—  L’Institut  d’ Hydrogéologie  d’Istanbul.  Türk  Yüksek  Mühend.  Birl. 

Dergisi,  f.  71,  p.  61-62,  1952. 

— —  Observations  sur  les  variations  du  climat  et  les  migrations  humaines. 
C.  R.  13e  Congrès  Préhist.  Fr.  (Paris,  1951),  1952,  p.  298-302, 
1  tableau. 

—  et  G.  Daomain.  —  Notice  explicative  de  la  Carte  géologique  interna¬ 

tionale  de  l’Afrique.  1  brochure  in-8°,  47  pages,  Paris,  1952. 

—  G.  Daumain  et  (f)  C.  Kilian.  —  Carte  géologique  internationale  de 

l’Afrique  au  5.000.000e. 

—  et  L.  F.  Rosset.  —  Contribution  à  l’étude  du  Trias  en  Afghanistan. 

Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat.,  t.  23,  p.  558-565,  1  pl. ,  Paris,  1951 
(1952)  et  Afghanistan,  t.  7,  1952,  p.  17-28. 

—  Sur  la  découverte  du  Jurassique  en  Afghanistan.  C.  R.  som.  S.  G.  F., 

p.  311-312,  1952. 

—  Contribution  à  l’étude  hydrogéologique  de  la  Basse-Seine.  (Marais- 

Vernier).  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat.,  t.  24,  1952,  p.  496-498. 

—  Étude  préliminaire  de  la  nappe  artésienne  exploitée  à  Bakirkôy 

(Turquie).  Bull.  Assoc.  Ingénieurs  Turcs,  Istanbul,  1952,  (n°  h. 
sér.),  pp.  1-32,  2  fig. 

R.  Soyer,  Assistant.  —  Hydrogéologie  du  Lutétien  dans  le  Parisis 
(6e  note).  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat.,  (2),  t.  XXIV,  n°  1,  p.  130-142, 
1952. 

- —  Le  Bartonien  de  la  région  de  Louvres  (S.-et-O.).  Feuille  des  Naturalistes 
(nouv.  sér.),  t.  VII,  fasc.  3-4,  p.  17-19,  mars-avril  1952. 

—  Sur  un  niveau  à  Oolithes  ferrugineuses  des  sables  bartoniens  de 

Louvres  (S.et-O.).  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat.,  (2),  t.  XXIV,  n°  2, 
p.  233-234,  1952. 

- — -  Hydrogéologie  du  Lutétien  dans  le  Valois,  le  Multien  et  la  Goële.  — 
Première  partie  :  stratigraphie  et  tectonique  (7e  note).  Bull.  Mus. 
Nat.  Hist.  Nat.,  (2),  t.  XXIV,  n°  3,  p.  341-345,  1952. 

—  et  N.  Tissier.  —  Carte  Géologique  détaillée  du  département  de  la 

Seine  au  20.000e.  Feuille  NE.  Inspection  générale  des  Carrières 
du  Département  de  la  Seine.  Janvier  1952. 


—  49  — 


P.  Balavoine,  Collaborateur  technique  du  Centre  National  de  la  Recher¬ 
che  Scientifique.  —  Découverte  d’ovicelles  chez  Ceriopora  tumuli- 
jera  C.  et  L.  dans  les  faluns  de  Soulanger  (Maine-et-Loire).  C.  R. 
Ac.  Se .,  t.  234,  p.  2098,  1952. 

—  et  A.  Rouvillois.  —  Description  de  deux  Bryozoaires  du  Thanétien 
du  Bassin  de  Paris.  B.S.G.F. ,  (6),  I,  p.  487-489,  pl.  XVII,  1951. 
Mlle  A.  Rouvillois,  Assistante  à  l’Institut  d’Hydrologie  et  de  Climato¬ 
logie.  —  Sur  l’hydrogéologie  des  sables  thanétiens  du  Bassin  de 
Paris.  C.  R.  Ac.  Sc.,  t.  235,  p.  305-307,  1952. 

MUe  A.  Daci,  Assistante  de  Géologie  à  l’Université  d’Istanbul.  —  Étude 
paléontologique  du  Nummulitique  entre  Küçükçekmece  et  Çatalca 
II.  Rev.  Faculté  Sciences  Univers.  Istanbul,  sér.  B,  t.  XVI,  fasc.  3, 
246  p.,  8  fig.,  5  pl.,  1951. 

Collections  reçues.  —  Collection  L.  F.  Rosset.  Fossiles  animaux  et  végétaux 
d’Afghanistan.  Cataloguée  sous  le  n°  48-2  ;  F,.  Aubert  de  la 
Rüe.  Mollusques  du  Quaternaire  marin  du  Labrador,  n°  48-3  ; 
E.  Aubert  de  la  Rüe.  Roches  de  la  baie  d’Hudson,  n°  48-4  ; 
Tessier.  Fossiles  du  Sénégal,  n°  49-1  ;  E.  Aubert  de  la  Rüe. 
Roches  des  Iles  Kerguelen,  n°  50-1  ;  R.  Furon.  Roches  et  miné¬ 
raux  de  la  région  cuprifère  de  Marchand  (Maroc),  n°  50-3  ;  R. 
Furon.  Roches  et  fossiles  de  Turquie,  n°  52-1  ;  L.  et  J.  Morellet. 
Algues  calcaires  et  principalement  Dasycladacées  fossiles,  n°  52-2. 


Minéralogie 

J.  Orcel,  Professeur.  —  Les  substances  radioactives  naturelles  ;.  leurs 
modes  de  répartition  et  de  transformation  dans  l’écorce  terrestre. 
Conférence  du  Palais  de  la  Découverte.  Série  A.,  n°  168,  23  février 
1952. 

—  Les  minerais  de  zirconium  et  de  titane  ( Exposé  devant  la  Commission 

de  Chimie  des  Hautes  Températures  du  C.N.R.S.,  le  30  octobre 
1952)  (tirage  limité). 

—  et  C.  Arambourg.  —  Observations  préliminaires  sur  la  présence  d’un 

vanadate  d’urane  dans  les  gisements  de  phosphates  du  Maroc 
(Document  retiré  du  pli  cacheté  n°  12100,  déposé  le  24  septem¬ 
bre  1945).  C.  R.  Acad.  Sci.,  t.  233,  p.  1635-1636,  19  déc.  1951. 

—  S.  Hénin  et  Mlle  Caillère.  —  Quelques  observations  sur  la  nature 

et  la  genèse  du  stilnochloran.  —  C.  R.  77e  Congrès  des  Sociétés 
Savantes  1952,  section  des  Sciences,  p.  195-201. 

—  et  A.  Sandrea.  —  Sur  quelques  roches  syénitiques  à  épidote  et 

chlorite  de  Corse.  Bull.  Soc.  fr.  Min.,  t.  75,  1952,  p.  569-579. 

S.  Caillère  (Mlle),  Sous-Directeur.  —  L’asbeste  papyracée  de  Ponte- 
Leccia  (Corse).  Bull.  Soc.  Fr.  Min.  et  Crist.,  t.  75,  1952,  p.  304- 
305. 

—  Sur  la  présence  de  la  sépiolite  à  Bou  Azzer  (Maroc).  Bull.  Soc.  Fr. 

Min.  et  Crist.,  t.  75,  1952,  p.  305-306. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  1,  1953. 


4 


—  50  — 


—  et  F.  Kraut.  —  Les  minéraux  phosphatés  et  sulfurés  du  gisement 

ferrifère  de  Moulaine  (M  et  M.).  Bul.  Muséum,  2e  sér.,  t.  24,  n°  1, 
1952,  p.  143-146. 

- Sur  le  minerai  oolithique  de  Maron  Val  de  fer.  C.  R.  77e  Congrès 

Soc.  Sav.  Grenoble,  1952,  p.  203-207. 

—  - Sur  la  genèse  des  minerais  oolithiques  de  Lorraine  en  rapport 

avec  l’état  du  fer  et  sur  l’unité  chronologique  et  spéciale  de  leur 
évolution.  C.  R.  Acad.  Sri.,  t.  235,  1952,  p.  510-511. 

—  - Considérations  sur  la  genèse  des  minerais  de  fer  lorrains.  Résumé  des 

communications  du  19e  Congrès  géol.  Internat.  Alger,  1952,  p.  68. 

- Etude  minéralogique  du  minerai  de  fer  de  Soumont  (Calvados). 

Bul.  Techn.  des  Mines  de  fer  de  l’Est,  1952,  3e  trimestre,  3  p. 

- et  S.  Hénin.  —  Etude  de  l’altération  de  quelques  roches  en  Guyane 

Ann.  Agron.,  4e  trimestre,  1951,  p.  414-424. 

- et  J.  Esquevin.  —  Extraction  et  étude  de  quelques  phyllites 

extraites  des  minerais  de  fer  sédimentaires.  C.  R.  Acad.  Sri.,  t.  233, 

1951,  p.  1633-1635. 

—  S.  Hénin  et  P.  Birot.  —  Formation  d’un  minéral  argileux  par  l’alte¬ 

ration  expérimentale  d’un  gabbro.  C.  R.  Acad.  Sri.,  t.  234,  1952, 
p.  2104-2106. 

—  et  S.  Hénin.  — -  Extraction  et  étude  minéralogique  des  phyllites  des 

minerais  de  fer.  Résumé  des  Communications  du  19e  Congrès  Géol. 
Internat.  Alger,  1952,  p.  165. 

- Sur  l’évolution  de  la  phlogopite  à  Madagascar.  Résumé  des  Com¬ 
munications  du  19e  Congrès  Géol.  Internat.  Alger,  1952,  p.  167. 

J.  Prouvost,  Assistant.  —  Sur  la  transformation  de  la  covellite  sous 
l’action  du  courant  dans  un  électrolyte  unique.  C.  R.  Acad.  Sri., 
'  t.  235,  1952,  p.  379. 

E.  Jérémine  (Mme),  Maître  de  Recherches  au  C.N.R.S.  et  P.  Birot.  — 

Recherches  sur  le  comportement  de  l’érosion  différentielle  dans 
les  roches  granitiques  de  Corse.  C.  R.  du  XVIe  Congrès  Internat,  de 
Géographie.  —  Lisbonne,  1949.  Lisbonne,  1950. 

—  et  M.  Lelubre.  —  Sur  la  météorite  d’Oubari.  —  Géoch.  et  Cosmoch. 

Acta,  1952,  V,  2,  p.  217. 

—  et  A.  Sandrea.  —  La  granulite  de  Sterec  Terenez.  Ann.  Soc.  Géol. 

du  Nord,  t.  LXXXI,  1951,  p.  80,  Lille,  1952. 

—  et  A.  Lenoble.  —  Sur  les  phonolites  du  NE  de  Madagascar.  Bull. 

Muséum,  2®  s.,  t.  XXIV,  n°  4,  1952,  p.  442. 

—  et  Ed.  Roch.  —  Précisions  sur  la  perthite  syénite  de  Baibokum.  C.  R. 

Soc.  Géol.  Fr.,  1952,  p.  251. 

—  Sur  une  météorite  (chondrite)  tombée  au  Maroc  le  22  août  1932.  Notes 

et  Mémoires  Sera.  Géol.  du  Maroc,  n°  85,  1951,  p.  202. 

F.  Kraut.  —  Chargé  de  Recherches  au  C.N.R.S.  —  Maître  de  Conférencs 

à  l’École  Pratique  des  Hautes  Études,  et  J.  J.  Gandillot.  —  Sur  le 
quartz  de  Saint-Paul  La  Roche  (Dordogne)  à  cassure  rhomboé- 
drique.  Résumé  des  communications  du  Congrès  Géologique  d’Alger, 

1952,  p.  16. 


51  — 


A.  Sandrea.  Attaché  de  Recherches  au  C.N.R.Si  —  Sur  la  Nemite  et  sa 
position  dans  la  famille  des  laves  leucitiques.  C.  R.  Acad.  Sri., 
t.  234,  1952,  p.  1629-1631. 

—  et  E.  Jérémine  et  M.  Lelubre.  —  Sur  une  pegmatite  à  amazonite  du 

Tibesti.  Bull.  Soc.  Gêol.  de  France,  6e  sér.,  t.  I,  1951,  p.  243-250. 

—  Ch.  Delattre,  E.  Jérémine  (Mme),  P.  Laffitte  et  P.  Pruvost.  — - 

Révision  des  feuilles  de  Lannion,  Morlaix  et  Tréguier,  au  80.000e. 
Bull,  de  la  Carte  Géol.  de  France,  n°  232,  t.  49,  1951,  p.  39-60. 

J.  Goni.  —  Boursier  de  Recherches.  Étude  minéralogique  de  quelques 
argiles  de  l’Urugay.  Résumé  des  Communications  du  Congrès  Géolo¬ 
gique  d’Alger,  1952,  p.  166. 

P.  Pellas.  —  Sur  la  destruction  spontanée  des  réseaux  cristallins  des 
minéraux  radioactifs.  C.  R.  Acad.  Sri.,  t.  233,  p.  1369-1371,  26  nov. 
1951. 

—  Sur  la  transition  ordre-désordre  dans  les  réseaux  cristallins  des  miné¬ 

raux  radioactifs.  C.  R.  Acad.  Sri.,  t.  234,  p.  538-539,  28  janv.  1952. 

—  Sur  le  mécanisme  de  diffusion  de  l’hélium  dans  les  zircons.  C.  R.  Acad. 

Sri.,  t  235,  n°  19,  p.  1134-1136,  10  nov.  1952. 

Collections  reçues.  —  Les  acquisitions  de  la  collection  de  Minéralogie 
consistent  principalement  en  dons.  Dans  le  courant  de  l’année, 
70  échantillons  environ  ont  été  placés  dans  la  galerie. 

Parmi  les  séries  reçues,  nous  signalerons  :  Des  minéraux  du 
Maroc,  rapportés  par  M.  J.  Orcel  (cérusite  de  Mibladen,  vanadinite 
et  wulfénite  de  Taouz  ;  érythrite  cristallisée,  brannerite,  nickelite, 
chrysotile  de  Bou  Azzer,  coronadite  de  l’Imini,  molybdénite, 
scheelite,  pechblende  d’Azegour  ;  béryl,  mica,  phosphates  de  man¬ 
ganèse  des  pegmatites  de  la  région  des  Zenagas)  ;  des  minéraux 
d’uranium  français  donnés  par  MM.  J.  Orcel,  J.  Chervet,  J. 
Geffroy  et  Guillemin  (pechblende  de  la  Crouzille  (Haute- 
Vienne)  chalcolite,  parsonsite,  autunite  (cristal  de  dimensions 
exceptionnelles),  de  Lachaux  (Puy-de-Dôme),  renardite  de  Grury 
(Saône-et-Loire)  ;  un  très  gros  cristal  (35  kg.  environ)  de  columbo- 
tantalite  provenant  de  Malakialina  (Madagascar)  donnée  par 
M.  J.  Béiiier  ;  deux  curieux  silicates  phylliteux  à  faciès  papyracé, 
rapportés  du  Massif  Central  et  de  Corse  par  Mlle  Caillère  ; 
une  pépite  d’or  de  937  gr.  provenant  des  anciennes  exploitations 
de  Madagascar  (Mananjary)  acquise  grâce  à  un  crédit  spécial  du 
Ministère  de  l’Éducation  Nationale  ;  plusieurs  météorite',  ont  été 
acquises  par  voie  de  dons  ou  d’échanges,  ou  par  achat'-.  Ce  sont, 
notamment,  les  chutes  suivantes  :  Santa  Luzia,  Goias  (Brésil), 
Mézel  (Puy-de-Dôme),  Métiakyle  (Finlande),  Oubari  (Fezzan) 
(18  fragments  dont  l’un  de  2  kg.  150),  ces  derniers  donnés  par 
M.  F.  Lelubre.  La  collection  des  gites  minéraux  s’est  enrichie  de 
plusieurs  centaines  d’échantillons  de  minerais  métalliques,  princi¬ 
palement  des  minerais  de  fer  sédimentaires,  recueillis  par  Mlle  S. 
Caillère  et  M.  F.  Kraut,  et  d’une  série  d’argiles  provenant  de  la 
métropole  et  de  la  France  d’outre-mer,  en  grande  partie  rassemblée 
par  MUe  Caillère  et  M.  Hénin.  —  Le  classement  de  la  collection 


—  52  — 


pétrographique  a  été  poursuivi  au  laboratoire  par  Mme  Jéréminë, 
Mlle  Malycbeff  et  M.  Sandréa.  De  nombreuses  séries  de  roches 
y  ont  été  incorporées.  A  signaler  notamment  des  séries  de  roches 
de  Finlande  et  de  Suisse,  recueillies  par  M.  Sandréa,  et  une  série 
de  roches  du  Portugal,  rapportée  par  Mme  Jérémine  et  M.  Sandréa. 


Physique  appliquée. 

Y.  Le  Grand,  Professeur.  —  Sur  l’absorption  de  l’infrarouge  par  l’œil 
humain.  C.  R.  Ac.  Sc.,  t.  234,  p.  2228,  1952. 

—  A  propos  de  la  pénétration  de  la  lumière  dans  la  mer.  Ann.  de  Géophys., 

t.  8,  p.  105,  1952. 

—  La  transparence  des  Océans.  Scientia,  t.  46,  p.  7,  1952. 

—  La  photographie  des  reflets  sur  la  mer.  Bull.  Inst.  Océan.,  n°  1002, 

1952,  4  p. 

• —  Progrès  récents  des  techniques  microscopiques;  microscope  électro¬ 
nique.  Rev.  Doct.  en  Pharm.,  t.  40,  p.  108,  1951,  et  Pharmacie 
Française,  t.  56.  p.  67,  1952. 

• —  La  vision  du  point,  à  l’œil  nu  et  derrière  un  instrument.  Ciel  et  Terre , 
t.  68,  p.  1,  1952. 

— -  Les  problèmes  visuels  de  l’Armée.  Off.  de  Rés.,  t.  31,  p.  38,  1952. 

—  La  Vision.  Miroir  de  l’Optique,  t.  I,  p.  7,  1952. 

—  Aspect  général  des  réactions  physiologiques  et  psychologiquss  de 

l’Éclairage.  Synthèse  de  Semeiologie  et  Thérapeutique,  t.  21,  p.  3, 
1951. 

—  Vision  droite  ou  renversée  ?  Réfraction,  janv.  1952,  p.  5. 

—  La  formation  de  l’image  dans  l’oeil.  La  Nature,  n°  3202,  p.  42,  1952. 

—  L’accommodation-  Ibid.,  n°  3205,  p.  148. 

—  Les  défauts  de  l’œil  et  leur  correction.  Ibid.,  n°  3208,  p.  229. 

—  La  réponse  de  la  rétine  à  la  lumière.  Ibid.,  n°  3210,  p.  269. 

—  Les  déséquilibres  de  la  vision  binoculaire.  Ann.  d’Opt.  Oculaire,  t.  I, 

p.  108,  1952. 

—  Esiste  l’accomodazione  negativa  ?  Atti  d.  Fond.  G.  Ronchi,  t.  7, 

p.  277,  1952. 

—  Structures  et  explications  biologiques.  J.  de  Psych.  norm.  et  patholo¬ 

gique,  t.  45,  p.  5,  1952. 

—  Photographie  scientifique.  Science  et  vie,  n°  hors  série  (mars  1952), 

p.  76. 

—  Radioactivité  et  Biologie.  Conf.  Polytechniciennes,  17e  série,  déc.  1951, 

11  p. 

—  La  querelle  des  Unités.  Ibid.,  18e  série,  avril  1952,  13  p. 

— :  J.  Broc,  B.  Saint-Guily  et  J.  Chanu.  —  Introduction  à  l’éleetro- 
magnétisme  des  mers.  Ann.  Inst.  Océan.,  t.  27,  p.  235,  1952. 

Jean  Becquerel,  Professeur  honoraire,  Membre  de  l’Institut.  —  Pouvoir 
rotatoire  paramagnétique  du  fluosilicate  de  nickel  hexahydraté 
et  décomposition  de  l’état  fondamental  de  l’ion  Ni++.  Physica, 
t.  18,  p.  183,  1952. 


t 


—  53  — 


A.  Ivanoff,  Sous-Directeur.  —  Quelques  recherches  en  optique  ophtal¬ 
mique  effectuées  récemment  au  Muséum  National  d’Histoire  Natu¬ 
relle  de  Paris.  Trans.  of  the  Intern.  Optical  Congres S,  1951,  p.  144. 
— -  Hublot  pour  photographie  ou  cinématographie  sous-marine.  Photo- 
Cinéma,  n°  606,  p.  82,  1952. 

—  La  photographie  et  la  vision  sous-marines.  Off.  de  Rés.,  p.  50,  sept.- 

oct.  1952. 

—  Les  propriétés  optiques  du  cristallin.  Ann.  d’Opt.  Oculaire,  t.  I, 

p.  144,  1952. 

—  Les  aberrations  de  l’œil,  leur  rôle  dans  l’accommodation.  Ed.  de  la 

Rev.  d’Optique,  1952,  85  p. 

Paul  Becquehel,  Attaché  au  Muséum,  Correspondant  de  l’Institut.  —  La 
suspension  de  la  vie  aux  confins  du  zéro  absolu.  Scientia,  t.  46, 
p.  243,  1952. 

F.  Salomon,  Attachée  de  Recherches  du  C.  N.  R.  S.  —  Travaux  d’optique 
physiologique  du  laboratoire  de  Motaltawa.  Ann.  d’Optique  Ocu¬ 
laire,  t.  I,  p.  176,  1952. 

J.  Lenoble,  Attachée  de  Recherches  du  C.  N.  R.  S.  —  Mesures  prélimi¬ 
naires  par  enregistrement  spectrographique  de  l’ultraviolet  solaire 
à  Paris.  Ann.  de  Géophys.,  t.  8,  p.  65,  1952. 

—  Méthode  optique  pour  étudier  la  forme  d’une  surface  réfléchissante. 

Rev.  d’Optique,  t.  31,  p.  393,  1952. 

J.  Chanu,  Attaché  de  Recherches  du  C.  N.  R.  S.  —  Les  potentiels  thermo¬ 
chimiques.  Ann.  Inst.  Océan.,  t.  27,  p.  320,  1952. 


Chimie  appliquée  aux  corps  organiques. 

Ch.  Sannié,  Professeur.  - —  Sur  les  constituants  des  algues  des  Iles  Ker¬ 
guelen.  Bull.  Soc.  Chim.  Biol.,  t.  23,  p.  1341-1346,  1951. 

—  et  H.  Lapin.  —  Sur  quelques  dérivés  obtenus  à  partir  des  amino- 

nitro-phénols  1.2.3.  Acide  hydroxy  3  anthranilique  et  amide  hydro- 
xy-6  nitro-benzoïque.  Bull.  Soc.  Chim.,  L  19,  p.  369,  1952. 

—  Structure  des  sapogénines  stéroliques  et  chromatographie  de  partage 

sur  papier—C.  R.  Acad.  Sc.,  t.  235,  p.  581,  1952. 

• —  Recherches  sur  les  sapogénines  à  noyau  stérolique.  Identification  de 
ces  génines  sur  de  petites  quantités  de  plantes.  Bull.  Soc.  Chim. 
France,  1952,  p.  1080-1085. 

—  et  Zeev  Moloster.  — •  Recherche  sur  l’analyse  de  l’encre  des  documents 

manuscrits.  IL  Chromatographie  de  partage  sur  papier.  Revue  de 
Criminologie  et  de  Police  Scientifique,  t.  IV,  p.  154-167,  1952. 

■ —  et  H.  Sauvain.  —  Les  couleurs  des  fleurs  et  des  fruits.  Anthocyanes  et 
flavones.  Mémoires  Mus.  Hist.  Nat.,  Série  B,  Botanique,  tome  II, 
257  p.,  1952. 

M.  Frèrejacque,  Sous-Directeur.  —  Le  poison  digitalique  de  Menabea 
venenata  Bn.  C.  R.  Acad.  Sc.,  t.  234,  p.  1802,  1952. 

—  A  propos  de  l’activité  des  corps  digitaliques.  Ibid.,  p.  2639. 


—  54  — 


C.  Sosa-Bourdouil,  Assistant.  —  Remarques  sur  la  répartition  des  acides 
nucléiques  à  desoxy-pentose  dans  quelques  organes  reproducteurs 
des  végétaux.  C.  R.  Acad.  Sc.,  t.  234,  p.  1658,  1952. 

—  et  P.  Lecat.  —  Migration  des  phosphates  marqués  absorbés  par  les 

feuilles  aériennes.  Ibid.,  p.  2221. 

A.  Sosa  et  R.  Dupéron.  —  Sur  quelques  constituants  des  semences  de 
«  Raphanus  sativus  L  ».  C.  R.  Acad.  Sc.,  t.  235,  p.  82,  1952. 

—  et  C.  Sosa.  —  Étude  de  quelques  constituants  chimiques  du  pollen 

de  «  Corylus  avellana  L  ».  Ibid.,  p.  971. 

—  et  V.  Plouvier.  —  Recherches  sur  quelques  constituants  des  fleurs 

de  «  Forsythia  ».  Ibid.,  p.  1045. 

V.  Plouvier.  —  Sur  la  recherche  du  pinitol  chez  quelques  Conifères  et 
plantes  voisines.  C.  R.  Acad.  Sc.,  t.  234,  p.  362,  1952. 

—  Nouvelles  recherches  sur  le  mannitol  et  le  syringoside  de  quelques 

Oléacées.  Ibid.,  p.  1577. 

R.  Dupéron.  —  Les  glucides  des  semences  de  Crucifères.  C.  R.  Acad.  Sc., 

t.  235,  p.  1331,  1952. 

J.  Panouse.  —  Contribution  à  l’étude  des  o-dihydropyridines  et  des 
tétrahydro-1.2-5.6  pyridines  N-substituées.  Thèse  Doctorat  es- 
Sci.,  Paris,  1952. 

S.  Vertalier.  —  Utilisation  de  méthodes  de  synthèse  pour  l’obtention 

de  quelques  dérivés  du  naphtalène  disubstitué  en  position  1-3. 
Thèse  Doctorat  Université,  Paris,  1952. 

F.  Mathis.  — •  Recherches  nouvelles  sur  les  acides  hydroxamiques.  Thèse 
Doctorat  es-Sci.,  Paris,  1952. 

R.  Torossian.  —  Réduction  des  sels  d’alcoylquinoléiniums  et  isoquino- 
léiniums.  C.  R.  Acad.  Sci.,  t.  235,  p.  1312,  1952. 


Physiologie  générale. 

M.  Fontaine,  Professeur,  A.  Gorbman,  J.  Leloüp  et  M.  Olivereau.  — 
La  glande  thyroïde  de  la  Lamproie  marine  (Petromyzon  marinus 
L.)  lors  de  sa  montée  reproductrice.  Ann.  Endocrinologie,  1952, 
13,  p.  55. 

M.  Fontaine  et  J.  Leloup.  —  Iodémie  et  thyroxinémie  élevées  des  Pois¬ 
sons  Téléostéens  migrateurs  amphibiotiques.  IIe  Congrès  inter¬ 
national  de  Chimie  biologique,  Paris,  juillet  1952,  p.  53.  Ed. 
Declume,  Lons-le-Saulnier. 

M.  Fontaine  et  J.  Leloup.  —  L’iode  thyroïdien  du  jeune  Saumon  au 
cours  de  sa  smoltification.  C.  R.  Ac.  Sc.,  1952,  234,  p.  1479. 

M.  Fontaine,  J.  Leloup  et  M.  Olivereau.  —  La  fonction  thyroïdienne 
du  jeune  Saumon,  Salmo  salar  L.  (parr  et  smolt)  et  son  intervention 
possible  dans  la  migration  d’avalaison.  Arch.  Sc.  physiol.,  1952, 
6,  p.  83. 


—  55  — 


M.  Fontaine  et  R.  Vibert.  —  Contribution  à  l’étude  des  facteurs  guidant 
la  migration  fluviale  anadrome  du  Saumon  (Salmo  salar  L.). 
Bull.  Soc.  zool.  France,  1952,  77,  p.  310. 

M.  Fontaine  et  Wurtz.  —  Mise  au  repos  et  involution  de  la  glande 
thyroïde  par  thyroxinisation.  Bull.  Mus.  nat.  hist.  nat.,  1952, 
24,  p.  350. 

L.  Derouet.  —  Influence  des  variations  de  salinité  du  milieu  extérieur 

sur  des  Crustacés  cavernicoles  et  épigés.  I.  Étude  de  l’intensité  des 
échanges  respiratoires.  C.  R.  Ac.  Sc.,  1952,  234,  p.  473. 

—  Influence  des  variations  de  salinité  du  milieu  extérieur  sur  des  Crus¬ 

tacés  cavernicoles  et  épigés.  II.  Étude  des  teneurs  en  chlore  du 
milieu  intérieur  et  des  tissus.  C.  R.  Ac.  Sc.,  1952,  234,  p.  888. 

J.  Hatey.  —  Interrenal  des  Poissons  Téléostéens  et  acide  ascorbique.  C. 
R.  Soc.  Biol,  1952,  146,  p.  566. 

Fr.  Lachiver.  —  Cycle  annuel  de  l’iodémie  d’un  hibernant,  le  Lérot 
(Eliomys  quercinus).  C.  R.  Soc.  Biol.,  1952,  146,  p.  245. 

- —  Cycle  annuel  de  l’iode  thyroïdien  d’un  hibernant,  le  Lérot  (Eliomys 
quercinus).  J.  Physiol,  1952,  44,  p.  279. 

—  Etude  biochimique  de  la  fonction  thyroïdienne  d’un  hibernant,  la 

Marmotte  (Marmotta  marmotta).  77e  Congrès  des  Sociétés  savantes, 
1952,  p.  133.  Ed.  Gauthier  Villars,  Paris. 

J.  Leloup,  Assistant.  —  Fixation  du  radioiode  par  la  glande  thyroïde  de 
la  Lamproie  marine  (Petromyzon  marinus  marinus  L.)  lors  de  sa 
montée  reproductrice.  J.  Physiol.,  1952,  44,  p.  284. 

—  Fixation  sélective  du  radioiode  dans  la  chorde  dorsale  de  la  Lamproie 

marine.  C.  R.  Ac.  Sc.,  1952,  234,  p.  1315. 

—  Action  des  antithyroïdiens  sur  la  fixation  de  l’iode  et  la  synthèse  de  la 

thyroxine  dans  la  thyroïde  d’un  Sélacien  (Scyllium  canieula). 
Ibid.,  234,  p.  2485. 

—  Fixation  du  radioiode  dans  la  thyroïde  de  deux  Téléostéens  marins  : 

le  Congre  et  le  Muge.  C.  R.  Soc.  Biol.,  1952,  146,  p.  1014. 

—  Action  des  antithyroïdiens  sur  la  fixation  de  l’iode  radioactif  et  la 

synthèse  de  la  thyroxine  dans  le  thyroïde  de  deux  Téléostéens 
marins.  Ibid.,  146,  p.  1017. 

M.  Olivereau.  —  Action  de  divers  antithyroïdiens  sur  la  structure  histo¬ 

logique  de  la  thyroïde  de  quelques  Téléostéens  marins.  Bull.  Mus . 
Hist.  nat.,  1952,  24,  p.  235. 

—  Action  de  la  thiourée  et  du  thiouracile  sur  le  comportement  de  l’iode 

radioactif  dans  la  glande  thyroïde  de  deux  Téléostéens  marins. 
C.  R.  Soc.  Biol.,  1952,  146,  p.  248. 

- —  Action  de  divers  antithyroïdiens  sur  la  destinée  de  l’iode  radioactif 
dans  la  glande  thyroïde  d’un  Sélacien  (Scyllium  canieula  L.). 
Ibid.,  p.  569. 

—  Étude  histologique  et  autoradiographique  de  la  glande  thyroïde  de  la 

Lamproie  marine  (Petromyzon  marinus  marinus  L.).  Arch.  Anat. 
microsco.  et  morphol.  exper.,  1952,  41,  p.  1. 


—  56  — 


Entomologie  agricole  coloniale. 

P.  Vayssière,  Professeur.  —  Relations  entre  les  zones  désertiques  et  la 
pullulation  des  parasites  animaux  et  végétaux  des  plantes.  : — • 
Colloque  sur  la  Biologie  des  Déserts  chauds  et  froids.  Londres, 
septembre  1952. 

—  Au  sujet  de  la  protection  des  grains  contre  leurs  parasites.  —  La 

Meunerie  française,  n°  73,  p.  23-25,  1952. 

J.  Carayon,  Sous-Directeur.  - — •  Procédé  d’étude  anatomique  de  certains 
organes  internes  chez  les  Insectes  desséchés.  Feuille  des  Naturalistes, 
NS,  VI,  p.  89-93,  1951. 

—  Les  fécondations  hémocoeliennes  chez  les  Hémiptères  Nabidae  du 

genre  Alloeorhynchus.  C.  R.  Acad.  Sci.,  Fr.,  234,  p.  751-53. 

—  Les  fécondations  hémocoeliennes  chez  les  Hémiptères  Nabidae  du  genre 

Prostemma.  Ibid.,  234,  p.  1220-1222. 

—  Les  fécondations  hémocoeliennes  chez  Prostemma  guttula  (Hemtipt. 

Nabidae).  Ibid.,  234,  p.  1317-1319. 

- —  Existence,  chez  certains  Hémiptères  Anthocoridae,  d’un  organe  analogue 
à  l’organe  de  Ribaga.  Bull.  Muséum  Nat.  Hist.  nat.,  Paris,  2e  sér., 
XXIV,  1,  p.  89-97, 1952. 

—  Les  mécanismes  de  transmission  héréditaire  des  Endosymbiontes 

chez  les  Insectes.  Tijdschr.  voor  Entomol.,  XCV,  p.  111-140,  1952. 
J. -R.  Steffan,  Assistant.  —  Sur  trois  Brachymeria  Westw.  (Hym. 
Chalcididae )  parasites  de  Lépidoptères  africains.  Bull.  Muséum 
Nat.  Hist.  Nat.  Paris,  2e  sér.,  XXIII,  n°  6,  p.  624-629,  1951. 

—  Note  sur  les  espèces  européennes  et  nord -africaines  du  genre  Mono- 

dontomerus  Wo.;t\v.  (Hym.  T orimydae)  et  leurs  hôtes.  Ibid.,  XXIV, 
n°  3.  p.  288-293, 1952. 

—  Les  espèces  françaises  d ’ Hattichellinae  (Hym.  Chalcididae),  2e  partie. 

Feuille  des  Naturalistes,  VI,  nos  9-10,  p.  81-85,  1951. 

—  Les  espèces  françaises  du  genre  Perilampus  Matr.  (Hymn.  Perilam- 

pidae).  Bull.  Société  Entomol.  France,  p.  68-74,  1952. 

Achat  de  collection.  —  Le  laboratoire  s’est  enrichi  au  cours  de  l’année 
d’une  collection  très  importante  de  bois  attaqués  par  les  Insectes. 
—  Ces  échantillons  avaient  été  récoltés  et  préparés  par  l’abbé 
Pierre  (chanoine  Michel)  de  Moulins,  mort  en  1950,  à  l’âge  de 
84  ans.  —  Cette  collection  comprend  plusieurs  milliers  de  spécimens 
de  dégâts  de  Xylophages,  la  plupart  accompagnés  de  notes  bio¬ 
logiques  rédigées  par  le  récolteur. 


Laboratoire  maritime  de  Dinard. 

a)  Recherches  faites,  au  moins  en  partie,  au  Laboratoire  de  Dinard. 

E.  Fischer-Piette,  Directeur  du  Laboratoire.  - —  La  distribution  des 
Fucacées  sur  la  côte  Nord  d’Espagne  en  1949.  Bull.  Labor.  Marit. 
Dinard,  1952,  fasc.  XXXVII,  p.  1-13. 


i 


—  57 


A.  Franc,  Directeur-adjoint.  —  Notes  écologiques  et  anatomiques  sur 

Tritoruilia  (Ocinebrina)  aciculata  Lk.  (Moll.  Prosob.).  Bull.  Labor. 
Marit.  Dinard,  1952,  fasc.  XXXVI,  p.  31-34. 

—  Notes  écologiques  et  anatomiques  sur  Philbertia  purpurea  (Montagu) 

(Moll.  Cténob.).  Bull.  Mus.  Hist.  Nat.  Paris,  2e  sér.,  1952,  t.  XXIV, 
n°  3,  p.  302-305. 

—  La  répartition  du  zooplancton  dans  les  eaux  de  Dinard.  Bull.  Labor. 

Marit.  Dinard,  1952,  fasc.  XXXVII,  p.  37-47. 

J.  Gaillard,  Préparateur  à  l’École  Pratique  des  Hautes  Études.  —  Note 
sur  la  ponte  de  Gibbula  pennanXi  Philippi  (Gastéropode  Diotocarde). 
Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat.  Paris,  1952,  2e  sér.,  t.  XXIV,  n°  5, 
p.  474-476. 

J.  Augier  et  G.  Hoffmann.  —  Sucre  et  brome  dans  le  Polysiphonia 
fastigiata  (Roth)  Grev.  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  1952,  99,  1-3,  p.  80-82. 

B.  et  P.  Chauchard.  —  Action  de  l’histamine  sur  le  système  nerveux  des 

Pagures.  Bull.  Labor.  Marit.  Dinard,  1952,  fasc.  XXXVI,  p.  1-2. 

P.  Hagène. — -  Sur  l’adsorption  du  bleu  de  méthylène  par  le  substratum 
de  quelques  stations  de  Phanérogames  halophiles.  Bull.  Labor. 
Marit.  Dinard,  1952,  fasc.  XXXVII,  p.  30-37. 

R.  Lami.  —  A  propos  de  la  disparition  de  la  station  de  Lomentaria  rosea 
de  Saint-Enogat.  Bull.  Labor.  Marit.  Dinard,  1952,  fasc.  XXXVI, 
p.  19-20. 

R.  Lehoime.  —  Observations  sur  les  Diatomées  du  Phytoplancton  du 
district  maritime  de  Dinard.  Bull.  Labor.  Marit.  Dinard,  1952, 
fasc.  XXXVI,  p.  13-19. 

J.  Picard.  —  Note  sur  deux  espèces  de  Madréporaires  communes  à  la 
Manche  et  à  la  Méditerranée.  Bull.  Labor.  Marit.  Dinard,  1952, 
fasc.  XXXVI,  p.  5-7. 

b)  Travaux  effectués  avec  du  matériel  récolté  à  Dinard,  ou  avec  l’aide 
du  Laboratoire  de  Dinard. 

A.  A.  Aleem.  —  Sur  la  présence  de  Melanopsamma  tregoubovii  Ollivier 
(Pyrénomycète)  dans  la  Manche  occidentale  [Parasite  de  Dilophus 
fasciola  (Roth)  Howe] .  Bull.  Labor.  Marit.  Dinard,  1952, 
fasc.  XXXVI,  p.  21-24. 

L.  Arvy.  —  Quelques  particularités  histochimiques  d’un  Loxosome  fixé 
sur  Phascolion  strombi  Montagu  [Loxosoma  nitschei  (Vigelius)]. 
Bull.  Soc.  Zool.  France,  1952,  LXXVII,  2-3,  p.  229. 

—  Sur  deux  parasites  de  Phascolion  strombi  Montagu.  Bull.  Labor.  Marit. 

Dinard,  1952,  fasc.  XXXVI,  p.  7-13,  1  pl. 

—  et  M.  Gabe.  —  Particularités  histochimiques  du  tube  digestif  de  Phas¬ 

colion  strombi  Montagu.  Bull.  Labor.  Marit.  Dinard,  1952,  fas¬ 
cicule  XXXVI,  p.  24-31. 

- —  et  M.  Prenant.  —  Loxosoma  nitschei  Vigelius,  sur  les  Phascolions  de 
Dinard.  Bull.  Labor.  Marit.  Dinard,  1952,  fasc.  XXXVI,  p.  2-5, 
1  pl. 


—  58  — 


P.  H.  Fischer.  —  Observations  d’Écologie  littorale  au  cap  Saint- Jacques.. 
Bull  Labor.  Marit.  Dinard,  1952,  fasc.  XXXVII,  p.  28-30. 

M.  Gabe  et  M.  Prenant.  —  Particularités  histologiques  du  cartilage 
radulaire  des  Gastéropodes  Prosobranches.  Bull.  Soc.  Zool.  France, 
1952,  LXXVII,  2-3,  p.  236. 

—  Recherches  sur  la  gaine  radulaire  des  Mollusques.  5.  L’appareil  radu¬ 
laire  de  quelques  Opisthobranches  Céphalaspides.  Bull.  Labor. 
Marit.  Dinard,  1952,  fasc.  XXXVII,  p.  13-27,  2  pl. 


Agronomie  coloniale. 

Roland  Portères,  Professeur.  —  Aménagement  de  l’Économie  agricole  et 
rurale  au  Sénégal,  400  p.,  graph.  et  cartes.  —  Fasc.  1  :  Faits  d’Éco- 
nomie  agricole.  —  Fasc.  II  :  Techniques  agricoles.  — -  Fasc.  III  : 
Avant-projet  portant  Aménagement  de  l’Économie  agricole  et  rurale 
au  Sénégal.  Centre  Rech.  Agron.  Bambey  (Sénégal),  août  1952. 

—  Les  Successions  linéaires  dans  les  Agricultures  primitives  de  l’Afrique 

et  leur  signification.  — -  Sols  Africains,  II,  1,  janvier-avril  1952, 
p.  14-28  ;  II,  2,  juillet  1952,  p.  132-149. 

—  Les  Rizières  de  ruissellement  en  Casamance.  Rev.  Int.  Bot.  Appl.  et 

Agric.  trop.,  XXXII,  351-352,  1952,  p.  34-37. 

Jean-F.  Leroy,  Sous-Directeur.  — -  Débat  sur  Annamocarya.  Rev.  Int. 
Bot.  appl.  et  Agric.  trop.,  XXXII,  355-356,  1952,  p.  289-290., 

—  Les  Juglandicarya  de  l’Eocène  inférieur  et  V Annamocarya  actuel. 

Ibid.,  361-362,  p.  586-587. 

—  Salicaceae  in  Flore  de  Madagascar  et  des  Comores  (H.  Humbert),  7  p., 

1  pl.,  52e  Famille. 

- —  Myricaceae.  Ibid.,  11  p.,  1  pl.,  53e  Famille. 

—  Ulmaceae.  Ibid.,  18  p.,  2  pl.,  54e  Famille. 

—  Interventions  au  Colloque  international  sur  l’Évolution  et  la  Phylo¬ 

génie  chez  les  végétaux  in  L’année  Biologique,  3e  sér.,  28,  5-6,  p.  85, 
145,  205. 

Geneviève  Mimeur,  Assistante.  —  Sur  l’origine  phylétique  du  genre 
Eragrostis.  Bull.  Mus.  Hist.  Nat.,  2e  sér.,  t.  XXIV,  n°  4,  1952, 
p.  404-406. 

Roger  Sillans,  attaché  au  C.N.R.S.  —  Sur  quelques  plantes  ichtyo- 
toxiques  de  l’Afrique  centrale.  Ibid.,  p.  54-65. 

—  A  propos  de  Helichrysum  Humberti  R.  Sillans.  Notulae  systematicae,  14, 

1952,  p.  315-316. 

—  Matériaux  pour  la  Flore  de  l’Oubangui-Chari  (Urticacées).  Ibid., 

p.  317-321. 

—  Matériaux  pour  la  Flore  de  l’Oubangui-Chari  (Bignoniacées).  Ibid., 

p.  322-328. 

—  Contribution  à  l’étude  phytogéographique  des  savanes  du  Ilaut- 

Oubangui  (Note  préliminaire  sur  la  végétation  des  termitières 
géantes).  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  99,  1952,  p.  2-4. 


—  59  — 


—  Manilkara  Aubrevillei  (Sapotacées)  espèce  nouvelle  de  l’Oubangui- 

Chari.  Ibid.,  p.  42-43. 

— -  A  propos  de  la  déhiscence  des  capsules  chez  T isserantodendron  R.  Sil- 
lans.  Ibid.,  p.  173-174. 

—  Contribution  à  l’étude  phytogéographique  des  savanes  du  Haut- 

Oubangui  (Note  préliminaire  sur  la  végétation  de  quelques  forma¬ 
tions  rocheuses  du  NW  oubanguien).  Bull.  Mus.  Hist.  Nat.,  24, 
1952,  p.  382-391. 

—  Contribution  à  l’étude  phytogéographique  des  savanes  du  Haut- 

Oubangui  (de  l’importance  du  facteur  biotique).  Ibid.,  p.  478-484. 

—  et  R.  P.  Ch.  Tisserant.  —  Sur  quelques  Flacourtiacées  de  l’Oubqngui- 

Chari.  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  99,  1952. 

—  Scottellia  de  l’Oubangui-Chari.  Ibid. 

—  et  Aug.  Chevalier.  —  Sur  quatre  Droogmansia  de  l’Afrique  tropi¬ 

cale  au  NW  de  l’Equateur.  Rev.  Int.  Bot.  appl.  et  Agric.  trop., 
XXXII,  351-352,  1952,  p.  44-53. 

Auguste  Chevalier,  Professeur  honoraire.  —  Les  Palmiers  du  littoral 
atlantique  du  Sud  du  Maroc  et  les  Faux-Dattiers  des  palmeraies  de 
Marrakech,  de  Tiznit  et  du  Sous.  C.  R.  Acad.  Sc.,  t.  234,  p.  171- 
173,  et  Rev.  Int.  Bot.,  Appl.  Agric „  trop.,  XXXII,  p.  81-82. 

■ — -  Floraisons  automno-hivernales  et  préprintanières  au  Maroc  de  Novem¬ 
bre  1951  jusqu’au  15  février  1952.  Ibid.,  p.  1418-1421  et  Rev.  Int. 
Bot.  appl.  Agric.  trop.,  XXXII,  p.  180-183. 

- — -  Notice  nécrologique  sur  M.  Bernard  Lyot  (1897-1952),  astronome 
titulaire  de  l’Observatoire  de  Paris.  Ibid.,  p.  1501-1505. 

—  Les  causes  de  la  précocité  des  floraisons  automno-hivernales  au  Maroc, 

la  hâtivité  de  diverses  cultures  maraîchères  et  fruitières  et  l’appa¬ 
rition  de  quelques  champignons  en  plein  hiver  marocain.  Ibid., 
p.  1508-1510,  et  Rev.  Int.  Bot.  appl.  Agric.  trop.,  XXXII,  p.  183- 
186. 

—  D’où  viennent  les  Pommiers  à  bons  fruits  de  nos  jardins  et  de  nos 

vergers  ?  Ibid.,  p.  2126-2128. 

—  La  situation  des  cultures  fruitières  au  Maroc  en  1952.  Ibid.,  t.  235, 

p.  109-111  et  Rev.  Int.  Bot.  appl.  Agric.  trop.,  p.  480-482. 

—  L’abbé  Antoine  Le  Gendre  (1590-1665)  est-il  l’inventeur  de  la  culture 

des  arbres  fruitiers  en  espalier  ?  Ibid.,  p.  277-279. 

—  Les  mesures  à  prendre  pour  réagir  contre  la  décadence  de  la  culture 

du  Poivrier  en  Indochine  (au  Cambodge  et  dans  la  Cochinchine 
austro-occidentale).  Ibid.,  p.  993-995. 

Travaux  de  M.  Aug.  Chevalier  publiés  dans  la  Revue  Internationale  de 
Botanique  appliquée  et  d’ Agriculture  tropicale  en  1952,  t.  XXXII. 

—  De  quelques  Dioscorea  d’Afrique  Equatoriale  toxiques  dont  plusieurs 

variétés  sont  alimentaires,  p.  14-19,  1  pl. 

—  Une  oeuvre  scientifique  française  au  Maroc  d’aspect  grandiose  :  la 

domestication  de  l’Oum-er-Rebia  et  de  l’Oued  el  Abid  et  de  leurs 
affluents,  la  mise  en  valeur  de  vastes  territoires  dévastés  par  le 


—  60  — 


déboisement  suivi  d’érosion  et  la  lutte  contre  l’extension  de  l’ari¬ 
dité,  p.  78-80. 

—  L’œuvre  de  Navarro  de  Andrade  au  Brésil  et  le  problème  de  la  culture 

des  Eucalyptus  et  de  leur  utilisation  dans  les  pays  tropicaux, 
p.  83-84. 

* —  Travaux  français  sur  le  genre  Eucalyptus,  p.  105-112. 

—  Dr  Walter  Swingle  (1871-1952),  p.  203-204.  —  Nécrologie. 

—  Recherches  sur  les  Phoenix  africains,  p.  205-236,  1  pl. 

—  Le  centenaire  du  Poirier  Passe-Crassane  fêté  à  Rouen  en  octobre  1949, 

p.  273-277. 

—  Quelques  Podostémonacées  flottantes  utilisées  comme  légumes  en 

Afrique  tropicale,  p.  292-293. 

—  François  Gagnepain  (25  sept.  1866-25  janvier  1952),  p.  303-305.  — 

Nécrologie. 

—  Dr  P.  J.  Samuel  Cramer  (1879-1952),  p.  305-307.  —  Nécrologie. 

—  Rectifications  et  additions  à  notre  Note  d’avril  1952  :  Travaux  français 

sur  les  Eucalyptus.  —  Nouvelles  notes  sur  l 'Eucalyptus  favieri  de 
Cherbourg.  L ’E.  globulus  à  la  Côte  d’Azur.  Deux  publications 
françaises  sur  les  Eucalyptus.  Les  Eucalyptus  plantés  aux  environs 
de  Dakar  et  en  Guinée  française,  p.  356-360,  1  pl. 

- —  Les  origines  des  flores  prairiales  de  l’Europe  centrale  et  occidentale, 
p.  361-363. 

—  Sur  une  variété  spontanée  d’ Amandier  spéciale  à  l’Afrique  du  Nord 

et  les  hybrides  d’Amandier-Pêcher,  p.  385-387. 

• —  Les  transformations  récentes  de  la  culture  du  Cotonnier  dans  le  monde, 
p.  405-426. 

—  Points  de  vue  nouveaux  sur  l’amélioration  de  la  frutticulture  en 

France  aux  xvie  et  xvne  siècles  et  à  l’époque  actuelle,  p.  460-474. 

—  Les  cultures  fruitières  d’Algérie.  Etat  actuel.  Perspective  d’avenir 

(d’après  H.  Rebour),  p.  474-479. 

—  Les  Maladies  des  Agrumes  ou  Citrus,  p.  488-490. 

—  Vrais  et  faux  Pistachiers,  p.  491-494. 

- — ■  Deux  Composés  permettant  de  lutter  contre  V Imperata  et  empêchant 
la  dégradation  des  sols  tropicaux  qu’il  faudrait  introduire  rapide¬ 
ment  en  Afrique  noire,  p.  494-496. 

—  Réflexions  sur  l’avenir  de  la  culture  des  arbres  fruitiers  du  groupe  des 

Pomacées  et  sur  les  possibilités  de  leur  amélioration,  p.  533-547. 

» —  La  géographie  de  l’alimentation  d’après  Max  Sorre  et  d’autres  obser¬ 
vations  sur  ce  sujet,  p.  554-559. 

—  Les  Jujubiers  ou  Ziziphus  du  Sahara,  p.  574-577. 

—  et  R.  Siixans.  — ■  Sur  quatre  Droogmansia  de  l’Afrique  tropicale  au 

NW  de  l’Equateur,  p.  44-53. 

Muséologie. 


Georges  Bresse,  Chef  du  Service.  —  La  transition  entre  l’Enseignement 
du  Second  Degré  et  l’Enseignement  Supérieur  en  ce  qui  concerne 


61  — 


les  disciplines  des  Sciences  Naturelles.  Actualités  Scientifiques  et 
Industrielles.  1167.  Philosophie.  Congrès  International  des  Sciences, 
p.  107-118,  Hermann  édit.,  1952. 

— •  «  Le  vieux  mur  ».  L’ Information  Scientifique,  n°  1,  p.  23-31,  janvier- 
février  1952. 

Franck  Bourdieh,  Chef-adjoint.  —  Excursions  à  Chelles  et  à  Amiens. 
Congrès  préhistorique  de  France.  C.  R.  de  la  XIIIe  session,  Paris 
1950  [1952],  p.  64-66. 

- — -  Esquisse  stratigraphique  des  dépôts  à  industrie  paléolithique  des 
environs  d’Amiens  et  de  Chelles.  Ibid.,  p.  169-182,  2  fig. 

—  et  G.  Lemée.  —  Une  flore  pollinique  tempérée  inclue  dans  les  moraines 

dites  wurmiennes  d’Armoy  près  de  Thonon  (Haute-Savoie).  C.  R. 
Acad,  des  Sc.,  t.  230,  1950,  p.  2313-2314. 

—  Les  premiers  outils  humains  et  la  notion  de  forme  immatérielle.  Bull. 

Soc.  Préhist.  Française,  t.  48,  1951,  p.  478-479. 

- — •  Morphologie  et  pédologie,  à  propos  de  la  Bièvre-Valloire  (Bas-Dau¬ 
phiné).  Rev.  de  Géogr.  Alpine,  t.  50,  1952,  fasc.  3,  p.  457-461. 

—  Jean  Combier  et  Henri  Gauthier.  —  Présence  du  Renne  dans  des 

alluvions  antéwurmiennes  de  la  basse  vallée  de  l’Isère.  C.  R.  Acad, 
des  Sc.,  t.  235,  1952,  p.  514-516. 

- —  et  Georges  Depape.  —  La  flore  interglaciaire  à  Rhododendron  ponti- 
cum  L.  de  Barraux,  dans  la  vallée  de  l’Isère,  entre  Grenoble  et 
Chambéry.  Ibid.,  t.  235,  1952,  p.  1531-1533. 

—  et  Yves  François.  — •  Buffon  et  les  «  Encyclopédistes  ».  Rev.  d’Hist.  des 

Sciences,  t.  4,  1951,  fasc.  3-4,  p.  228-232. 

—  Principaux  aspects  de  la  vie  et  de  l’œuvre  de  Buffon.  Extr.  de  Buffon, 

Publications  Françaises,  Paris,  1952,  p.  15-86. 

—  Buffon  d’après  ses  portraits.  Ibid.,  p.  167-180. 

— •  et  Yves  François.  —  Lettres  inédites  de  Buffon.  Introduction  et 
notes.  Ibid.,  p.  181-224. 

—  Le  musée  régional,  but  et  plan  d’organisation.  Bull.  trim.  Ass.  Gén. 

des  Conservateurs  des  coll.  publiques  de  France,  n°  40,  juillet  1952, 

p.  1-2. 

Robert  P.  Charles,  Délégué  dans  les  fonctions  d’ Assistant.  —  Les  collines 
situées  à  l’Est  de  Pichauris  et  du  col  du  Terme.  Bull.  Muséum  Hist. 
Nat.  Marseille,  t.  X,  1950,  p.  45-48. 

— —  Le  Jurassique  de  la  vallée  de  Vauvenargues.  Ibid.,  p.  49-55,  fig. 

—  Précisions  sur  le  passage  du  Lias  au  Dogger  en  Basse  Provence  occiden¬ 

tale.  Ann.  Soc.  Sc.  Nat.  Toulon,  t.  III,  1950,  p.  106-07. 

—  Paléographie  des  mers  du  Dogger  en  Basse  Provence  occidentale. 

Bol.  Soc.  Geol.  Portugal,  t.  IX,  1951,  p.  145-60,  4  fig.,  2  tabl. 

— -  Les  sépultures  préhistoriques  de  Terrevaine,  près  de  la  Ciotat  (B.-du- 
Rh.).  Cahiers  Préhist.  Archéol.,  t.  I,  1952,  p.  29-61,  15  fig. 

—  Les  crânes  de  la  grotte  sépulcrale  de  Reillanne  (B. -A.).  Bull.  Soc. 

Préhist.  Franc.,  t.  XLIX,  1952,  p.  100-01. 

—  Observations  sur  une  sépulture  du  début  de  l’Enéolithique  près  de  la 

Palud  (B. -A.).  Ibid.,  p.  222-23. 


62  — 


- —  La  faune  pleistocène  de  la  grotte  du  Vallon  des  Cèdres,  massif  de  la 
Sainte-Baume  (Var).  Ibid.,  p.  294-95. 

—  La  faune  des  couches  paléolithiques  de  la  grotte  de  l’Adaouste  (B.-du- 

Rh.).  Ibid.,  p.  487-88. 

—  Observations  sur  les  ossements  humains  se  trouvant  dans  les  collec¬ 

tions  du  Musée  du  Duc  d’Orléans.  Ibid.,  p.  579-80. 

—  et  P.  L.  Maubeuge.  —  Les  Liogryphées  du  Jurassique  inférieur  de 

l’Est  du  Bassin  parisien.  Bull.  Soc.  Géol.  Fr.  (6),  t.  I,  1951, 
p.  333-650,  IV  pl.-texte,  4  fig. 

Jacques  Faublée,  Assistant.  —  Sources  de  la  littérature  malgache.  La 
Revue  Française,  4e  année,  n°  36,  p.  81-83. 

—  Origines  des  tribus  malgaches.  Encyclopédie  mensuelle  d’Outre-Mer, 

juin  1952,  p.  181-185. 

—  Analyses  et  compte-rendus.  Année  sociologique  1949-1950,  p.  275-279, 

285-286,  502-503. 

J.  M.  Remy,  Assistant.  —  Sur  les  Crabes  sub-fossiles  de  la  Nouvelle- 
Calédonie.  Bull.  Mus.,  2*  sér.,  t.  XXIV,  n°  1,  1952,  p.  114-117. 

—  Macraphthalmus  aquensis  A.  Milne  Edwards  et  Bracchi  1879  nom. 

nud,  son  stade  Mégalope.  Le  genre  Macraphthalmus  Latreille  1829. 
B.  S.  G.  F.  (6e  sér.),  t.  II,  fasc.  1-3,  1952,  p.  27-39. 

—  Le  Musée  des  Sciences  de  la  Terre.  Communication.  Congrès  Géologique 

International.  XIXe  session.  Alger,  1952. 

G.  Tendron,  Assistant. —  La  Photographie  des  aquariums.  Photo-Cinéma, 
n°  603,  32e  ann.,  janvier  1952,  p.  12-15. 

- —  M.  Deribère  et  Porchez.  —  La  photographie  documentaire  et  la 
protection.  L’Écho  des  Mines  et  de  la  Métallurgie,  n°  3439,  déc.  1951, 

p.  680-682. 

—  Petits  et  grands  formats.  Science  et  Vie,  n°  hors-série.  Photo-Cinéma- 

Optique,  p.  8-17. 

—  La  prise  de  vue.  —  Science  et  Vie,  n°  hors  série.  Photo-Cicéma-Optique, 

p.  18-26. 

—  Application  de  nouvelles  techniques  photographiques  à  la  Préhistoire. 

Congrès  Préhistorique  de  France.  C.  R.  de  la  XIIIe  session,  Paris, 
1950,  p.  572-576. 


Bibliothèque  centrale. 

—  Communication  en  1952  de  6.325  ouvrages  non  compris  les  ouvrages  de 

référence. 

—  Prêt  de  9.641  ouvrages  aux  laboratoires  du  Muséum,  à  l’Université, 

au  C.N.R.S.,  etc. 

—  Inscription  de  880  ouvrages  et  brochures. 

—  Inscription  de  92  nouveaux  périodiques,  dont  liste  suit  : 


—  63  — 


Périodiques  nouvellement  inscrits  en  1952. 

Acta  Botanica  Neerlandica  (Nederlandse  botanische  vereniging).  —  Ams¬ 
terdam,  1952— In-8°,  1  (1952)  — > .  Pr  90  B 

Acta  Endocrinologica  (A.  Westman).  —  Copenhagen,  1948  — In-8°. 

1  (1948) -> . .  Pr  2374 

Acta  Musei  Silesiae.  Sériés  A  :  Historia  naturalis.  —  Opava,  1951  — >. 

In-8°.  1951 .  Pr  2608 

Agronomia  Lusitana  (Estaçâo  agronomica  nacional.  Portugal).  —  Aleo- 

baça,  Lisbao,  1939— In-8°.  1  (1939)  — >- .  Pr  2600 

American  Anatomical  Memoirs.  —  Philadelphia,  1911— >.  In-4°.  3  (1 914)  — 

Pr  2443 

Anales  de  la  Academia  Chilena  de  Ciencias  Naturales.  —  Santiago.  In-4°. 

14  (1949— >■ .  Pr  3285 

Annales  de  V Amélioration  des  Plantes  (Annales  de  l’Institut  national  de  la 
recherche  agronomique.  Série  B).  —  Paris,  1951— In-8°. 

2  (1952) -> .  Pr  2097  A 

Annales  U niversitatis  Saraviensis  (Wissenschaften  —  Sciences).  —  Saar- 

brücken,  1952-^.  In-8°,  1952-> .  Pr  2440 

Annals  (The)  of  Applied  Biology  (Association  of  économie  biologists).  — 

London,  1914-^.  In-8°.  Vol.  6,  n°  4  (1920) .  Pr  2378 

Annuaire  Astronomique  et  Météorologique  Camille  Flammarion.  —  Paris, 
1865— k  In-12,  1918,  1930,  1933-1936,  1949,  1950..  Pr  4917 
Annual  Report  onthe  Geological  Survey  Department  (Nigeria).  —  Kaduna. 

In-8°.  1950-51 . . .  Pr  5143  B 

Annual  Review  of  Plant  Physiology.  —  Stanford,  1950— In-8°.  1  (1950)— >■ 

Pr  2502 

Association  pour  l’utilisation  et  la  diffusion  de  la  Documentation  (TJ.  D.  D.). 
—  Bulletin  d’information  scientifique  et  technique,  2,  3  (1950). 

Pr  5457 

—  Index  :  10— >  (s.  d.) .  Pr  5457  A 

—  Documents  sur  l’industrie  chimique  allemande  :  11  (s.  d.)  — >■ 

Pr  5457  B 

Beitràge  zur  Entomologie  (Deutsche  entomologisches  Institut,  Berlin, 
Friedrichshagen).  —  Berlin,  1951— >.  In-8°.  1  (1951)— >.  Pr  2601 

Bibliotheca  Biotheoretica  (Geschriften  van  de  J.  van  der  Hoeven-Stichling. 

Sériés  D) .  —  Leiden,  1941  In-8°.  5  (1950)  .  Pr  2305  A 

Biotypologie.  Bulletin  de  la  Société  de  biotypologie.  —  Paris,  1932— >. 
In-8°.  1  (1932-1933)  —  7  (1939),  n°  3,  10  (1949)  —  11  (1950). 

Pr  3281 

Breviora.  (Muséum  of  comparative  zoology).  —  Cambridge,  1952— >.  In-8°. 

1  (1952)  -> . . .  Pr  157  C 

Bulletin  d’information  de  l’Institut  National  pour  l’étude  agronomique  du 
Congo  Belge.  —  Bruxelles,  1952— In-8°.  1  (1952)— >..  Pr  2203  E 
Bulletin  d'informations  de  la  Direction  des  Bibliothèques  de  France.  —  Paris, 
1952  ->.  In-4°  ronéo.  1  (1952) -> .  Pr  5238 


64  — 


Bulletin  de  la  Société  entomologique  de  Mulhouse.  —  Mulhouse,  1952— 5-, 

In-8°.  1  (1952)— 5- .  Pr  2609 

Cahiers  (Les)  de  Chasse  et  de  Nature  (Tony  Burnand).  —  Paris,  1949—5-. 

In-12.  1  (1949)  -5- . . .  Pr  3280 

Cahiers  de  Préhistoire  et  d’ Archéologie,  publ.  par  les  Sections  françaises  de 
l’Institut  international  d’études  ligures.  —  [Bordighera] ,  1952—5-. 

In-8°.  1  (1952)  .  Pr  3240  B 

Centaurus.  International  magazine  of  the  history  of  science  and  medicine. 

—  Copenhagen,  1950->.  In-4°.  1  (1950-51)-> .  Pr  2435 

Comunicaciones  botanicas  del  Museo  de  Historia  Natural  de  Montevideo. 

—  Montevideo.  In-8°.  22  (1952)-> .  Pr  542  B 

Congrès  de  Stratigraphie  et  Géologie  du  Carbonifère.  3.  Heerlen.  ■ —  Compte 

rendu,  tome  I.  Maestricht,  1952.  In-4° .  Pr  1728 

Congrès  National  des  Sciences  [Belgique],  3.  Bruxelles.  —  [Mémoires]. — 

Liège,  1950.  In-4°,  1,  2,  6-8 .  Pr  5163 

Conseil  International  de  la  Chasse. 

—  lre  session  :  Paris,  1930. 

—  3e  session  :  Varsovie,  1934 .  Pr  5214 

Current  Science.  —  Bangalore,  1932-5-,  In-8°.  Vol.  21  (1952),  n°  10. 

-5-  Pr  1772 

Deutsche  zoologische  Zeitschrift.  —  Hanuover,  Berlin,  1950—5-.  In-8°. 

1  (1950) .  Pr  2602 

Doctoral  Dissertations  accepted  by  American  Universities  (Association  of 
research  libraries).  —  New  York.  1933-34—5-.  In-8°.  17  (1949-50)  — >. 

Pr  2444 


Faculdade  de  F  armada  e  Odonlologia  (Faculdade  de  Pelotas).  Bolelim.  — 

Pelotas,  1940-5-.  In-8°,  1-4  (1940-49) .  Pr  3284 

Folia  Clinica  et  Biologica  (Fundaçào  Andrea  et  Virginia  Matarazzo).  — - 

Sao  Paulo,  1929-5-,  In-8°.  16  (1949-50),  n°  2-> .  Pr  3279 

Géologie  (Staatliche  geologische  Kommission).  —  Berlin,  1952—4.  In-8°. 

1  (1952)  -5- .  Pr  2617 

FJIACHHK  ... — Annales  de  la  Faculté  forestière  (Université  de  Bel¬ 
grade).  —  Belgrade,  1950-5-.  In-8°.  1  (1950) .  Pr  3277 

Guide  to  Russian  Scientific  periodical  Literature  (Brookhaven  national 
laboratory).  - — -  Upton,  1948—5-.  In-4°.  Vol.  1  (1948)..  Pr  1729 
Institut  de  Géobiologie.  Pékin,  1940-5-.  In-4°.  5  (1941  )-13  (1945).  Pr  2437 
Institut  des  Hautes  Études  Marocaines.  Notes  et  documents.  - —  Paris. 

In-4°.  9  (1951) . .  Pr  5413 

Institutul  de  Cercetari  Agronomiçe  al  Romaniei.  Metode,  indrumari,  rapoarl  e, 

anchete.  —  Bucuresti.  In-8°.  8  (1932),  10  (1933) .  Pr  2295  A 

International  Commission  on  Zoological  Nomenclature. 

—  Opinions,  1910-5-,  In-8°.  1910-5-. . . .  Pr  2616 

—  Bulletin  of  zoological  nomenclature.  In-8°.  2  (1951)  — >  Pr2616  A 
H3BECTHH  ...  —  Bulletin  de  l’Institut  zoologique  de  l’Académie  bul¬ 
gare  des  Sciences. — ■  Sophia,  1951  — 5-.  In-8°.  1  (1951)  — 5-.  Pr  3276 

Japanese  Journal  of  Ichthyology.  (Japanese  society  of  ichthyologists).  - — 
Tokyo,  1950-5-,  In-8°.  1  (1950-51)  ->...  . . .  Pr  2613 


—  65  — 


Journal  of  Experimental  Botany  (Society  for  experimental  biology).  — - 

Oxford,  1950-».  In-8°.  1  (1950)-» .  Pr  2618 

Libri.  International  library  review  (J.  Anker).  — -  Copenhagen,  1950— ». 

In-4°.  1  (1950-51)  -» .  Pr  2436 

Mémoires  de  la  Société  des  Sciences  Naturelles  de  Tunisie.  —  Tunis,  1951— ». 

In-4°.  1  (1951)-» . , .  Pr  2339  A 

Memoirs  of  the  Hyogo  Prefectural  U niversity  of  Agriculture.  —  Sasayama, 

1950 - ».  In-8°.  1  (1950)—» .  Pr  2615 

Memorial  du  Service  d’exploitation  industrielle  des  Tabacs  et  des  allumettes . 

Série  B.  (Publications  de  l’Institut  expérimental  des  tabacs  de 
Bergerac).  — -  Palis,  1937—».  In-8°.  Tome  I  :  1  (1937),  2  (1945) 

Pr  2383  A 

Ministry  of  Coordination  ( Greece).  Subsurface  research  department.  — 
Athens,  1951— ».  In-4°. 

—  Geological  and  geophysical  research.  1951—»....  Pr  5415 

—  The  Geology  of  Greece.  —  1951  — » .  Pr  5415  A 

Miscellaneous  reports  of  the  research  Institute  for  natural  resources.  —  Tokyo. 

In-8°.  13  (1949)— .  Pr  2614 

Monografias  do  Instituto Butantan.  —  Sào  Paulo,  1951— ».  In-4°.  1  (1951)—». 

Pr  1063  D 

Muséum  Activities.  The  Chicago  Academy  of  Sciences.  —  Chicago,  1948—». 

In-8°.  1  (1948)-» . .  Pr  680  G 

Narodopisny  Vestnik  Ceskoslovansky.  - —  Praha,  1906  — ».  In-8°.  1  (1906) 

—  3(1908) .  Pr  3287 

New  (The)  Phytologist.  —  London,  1902—».  In-8°.  39  (1940)  — »  (lacunes). 

Pr  2441 

Oesterreichische  zoologische  Zeitschrift.  —  Wien,  1946— >.  In-8°.  1  (1946- 

48)  -».... . . .  Pr  2619 

Paleaobotanisi  (The).  (Birbal  Sahni institute  of  palaeobotany).  —  Lucknow, 

1952-».  In-4°.  1  (1952)  — . . .  Pr  2442 

Palaeontologia  Polonica.  —  Warszawa,  1929— ».  In-4°.  4  (1952)—»  Pr  1342  C 
Phytomorphology  (International  society  of  plant  morphologists) .  —  Delhi, 

1951  — ».  In-8°.  1  (1951)  -» .  Pr  2620 

Phyton.  Revista  internacional  de  botanica  experimental.  —  Buenos-Aires, 

1951 - ».  In-8».  1  (1951)-» .  Pr  2604 

Publicacoes  do  Museu  Mineralogico  e  Geologico  da  Universidade  de  Coimbra. 


Memorias  e  noticias.  —  Coimbra,  1921  — ».  In-8°,  2,  6,  8-22,  26-31. 

Pr  2621 

Becords  of  researches  in  the  Faculty  of  Agriculture,  University  of  Tokyo.  — 

Tokyo,  1952-».  In-8°.  1  (1952) .  Pr  921  A 

Bevista  Brasileira  de  Malariologia  [e  Doencas  Tropicais ]  (Servicio  nacional 
de  malaria).  —  Rio*  de  Janeiro,  1949—».  In-8°.  1  (1949)  — ».  Pr  2605 
Bevista  da  Faculdade  de  Ciencias  (Universidade  de  Lisboa).  2e  Sérié,  C  : 

Ciencias  naturais.  —  Lisboa,  1950—».  In-8°.  1  (1950).  Pr  2603 
Revista  de  Entomologia.  —  Sào  Paulo,  Rio  de  Janeiro,  1931-»-.  In-8°.  1 

(1931)  —  7  (1937)  (lacunes) . ' .  Pr  2399 

Ross  Allen’ s  Reptile  Institute.  — ■  Silver  Springs  (Florida). 

—  [Reprints] .  Pr  3278 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  1,  1953.  5 


—  66 


—  Spécial  publication.  1  (1950)  — » .  Pr  3278  A 

- —  Publications  of  the  research  division.  1,  n°  1  (1950).  Pr  3278B 
Royal  Society  of  New  South  Wales.  Monograph. — Sydney,  1950—».  In-8°. 

1  (1950)  -> .  Pr  469  A 

Serial  Titles  newly  received  (Library  of  Congress  Washington) .  —  Was¬ 
hington,  1951 -».  In-4°.l  (1951)—» .  Pr  1348  B 

Societas  Zoologica  Botanica  Fennica  «  Vanamo  ».  —  Suomalainen...  — 
Helsinki. 

—  Annales.  1920-1931 .  Pr  2398 

—  Annales  botanici.  1931—» . .  .  Pr  2398A 

—  Annales  zoologici.  1932— » .  Pr  2398  B 

—  Archivum.  1946—» . . .  Pr  2398  C 


Sols  Africains  (Bureau  international  des  sols).  —  Paris.  1951—».  In-4°. 


1  (1951)  -s- . .  Pr  5456 

—  Bulletin  bibliographique  mensuel.  1951  — » .  Pr  5456  A 

South  African  Muséum.  Guide  leaflet.  —  Cape  Town,  1950.—».  In-8°.  1 
(1950)-» .  Pr  679  B 


Taxon.  Official  news  bulletin  of  the  International  association  for  plant 
taxonomy  and  nomenclature.  —  Utrecht,  1951— ».  In-8°.  1  (1951)—». 

Pr  2606 

Thaïes.  Recueil  annuel  des  travaux  de  l’Institut  d’histoire  des  sciences  et 
des  techniques  de  l’Université  de  Paris.  —  Pari:,  1934—».  In-8°. 

1  (1934) -y .  Pr  2610 

Tohoku  Journal  of  A  gricullural  research  (Faculty  of  agriculture.  Tohoku 
University).  —  Sendai,  1950—».  In-8°.  1  (1950)— ».  ...  Pr  2612 

Tohoku  University.  Institute  of  Geology  and  Paleontology.  —  Sendai.  In-8°. 

—  Contributions.  40  (1951)  — » .  Pr  2611  A 

—  Short  papers.  1  (1950)—» .  Pr  2611 

Travaux  de  l’Institut  Scientifique  chérifien  (Société  des  Sciences  naturelles 

duMaroc).  —  Tanger,  1951  — ».  In-8°.  1  (1951) .  Pr  1060  E 

TPyflBI  ...  —  Bulletin  of  the  State  institute  of  agricultural  microbiology 
USSR.  —  Leningrad,  1926-*-.  In-4®.  5  (1933) ........  Pr  3275 

TPy,D[OBE  ...  —  Travaux  de  l’Institut  de  zoologie  (Académie  bulgare  des 

Sciences).  —  Sophia,  1950— ».  In-8°.  1  (1950)—» .  Pr  3276  A 

Unesco.  Science  Coopération  Office  for  South  Asia.  Bibliography  of  scientific 
publications  of  South  Asia.  —  Delhi,  1949— ».  In-4°.  1  (1949)— ». 

Pr  1289  O 


Union  Internationale  pour  la  Protection  de  la  Nature.  Bulletin  d’informa¬ 


tion.  —  Bruxelles,  1952-».  In-4®.  1  (1952)-» .  Pr  5146  B 

Union  of  South  Africa.  Department  of  Agriculture.  Division  of  Botany  and 
Plant  Pathology.  Botanical  survey  Memoir.  —  Pretoria.  In-8®. 

26(1951) . . .  Pr  1850  D 

Zeitschrift  fur  Zellforschung  und  Mikroskopische  Anatomie.  —  Berlin, 

1924-».  In-8®.  36  (1951-52)  -» . . .  Pr  2607 

Zoo.  L’ami  des  bêtes.  —  Paris,  1951—».  In-fol.  1  (1951)—»..  Pr  2607 
Zoo  Life  (Zoological  society  of  London).  —  London,  1946.  — ».  In-8®. 
1(1946)-» . .  Pr  175  E 


67  - 


COMMUNICATIONS 


Nouvelles  observations 
sur  Thrombicula  Le  Gaci  M.  André  (Acariens) 

Par  Marc  André. 


Dans  un  travail  précédent  {Bull.  Mus.,  2e  sér.,  XXII,  1950, 
p.  577)  nous  avons  signalé  la  présence  de  cette  larve  dans  la  région  de 
l’Oubangui-Chari  (A.  E.  F.).  Les  échantillons  ayant  permis  d’établir 
cette  espèce  avaient  été  recueillis,  par  M.  le  Médecin-Colonel  Le 
Gac,  sur  l’oreille  d’un  jeune  Chat  domestique  à  Bangui,  le  6  octo¬ 
bre  1950. 

Au  cours  de  recherches  ultérieures  le  Dr  Le  Gac  a  eu  l’occasion  de 
capturer  un  certain  nombre  de  petits  Mammifères  parasités  par  ce 
même  Acarien.  L’énumération  de  ces  divers  hôtes  et  le  relevé  des 
localités  dans  lesquelles  ceux-ci  ont  été  récoltés  apportera  une 
intéressante  contribution  à  la  connaissance  des  relations  pouvant 
être  établies  entre  la  répartition  géographique  des  parasites  et  la 
diffusion  des  cas  de  rickettsiase  signalés  sur  ce  même  territoire. 

Pendant  l’année  1951  nous  avons  pu  étudier  un  important  maté¬ 
riel  comprenant,  entre  autres  espèces,  de  nombreux  T.  Le  Gaci 
et  ces  observations  nous  permettent  d’apporter  des  précisions  nou¬ 
velles  sur  sa  distribution. 

Un  grand  nombre  de  représentants  de  cette  espèce  ont  été  recueillis  : 
sur  Mylomys  cunninghamei  alberti  à  Méré  (12-X),  Yaka  (22-X)  ; 
M’Baiki  (22-X),  Bangui  (24-X),  Boali  (XI),  Dekoa  (1-XII),  Fort 
Sibut  (2-XII),  Fort  de  Possel  (3-XII)  1950,  région  de  Boali  (14-IV), 
banlieue  de  Bangui  (22- III)  et  Batangafo  (5-V)  1951  ; 

sur  Lemniscomys  barbarus  striatus  à  Bossangoa  (15-X),  Fort 
Sibut  (2-XII)  1950  et  Boali  (14-IV)  1951  ; 

sur  Arvicanthis  niloticus  rufinus  à  Dekoa  (1-XII)  1950  ; 
sur  Taterillus  emini  à  Bossangoa  (15-X),  Boali  (22-XI),  Dekoa 
(1-XII)  et  Fort  Sibut  (2-XII)  1950  ; 
sur  Cenomys  hypoxanthus  hypoxanthus  à  Boali  (2-XII)  1950  ; 
sur  Felis  domestica  à  Bangui  (6  et  9-X)  1950  ; 
sur  Rats  indet.  à  Fort  de  Possel  (3-XII)  1950  ; 
un  certain  nombre  d’exemplaires  ont,  en  outre,  été  prélevés  sur 
Gallus  domesticus  à  Mongoumba  le  8  novembre  1950. 

Bullel'i  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  1,  1952. 


—  68  — 


D’autre  part  M.  le  Dr  M.  Wanson,  de  l’Institut  de  Médecine 
Tropicale  Prince  Léopold,  à  Anvers  (Belgique),  nous  a  fait  par¬ 
venir,  en  vue  de  leur  identification,  un  lot  de  Thrombicula  recueillis 
en  parasitisme  sur  Epimys  rattus  frugivorus  capturés  par  le  Dr  Va- 
phaudez  à  Libenge  (Congo  Belge)  en  décembre  1950.  Ces  larves 
appartenaient  à  deux  espèces  (T.  Le  Gaci  et  T.  Siceï)  et  se  trou¬ 
vaient  mêlées,  en  nombre  sensiblement  égal,  sur  chacun  des  Rats. 

Nous  avons  constaté  que  certains  hôtes  étaient,  comme  les  précé¬ 
dents,  parasités  simultanément  par  plusieurs  espèces  : 

Mylomys  c.  alberti  pouvait  être  attaqué  exclusivement  par  T. 
Le  Gaci  mais  quelques-uns  portaient,  en  outre  des  T.  Giroudi  ou 
bien  des  T.  Sicei  tandis  que  chez  d’autres  se  rencontraient,  à  la 
fois,  les  trois  espèces.  Sur  l’un  de  ces  Mylomys  nous  avons  prélevé,  en 
plus  du  T.  Le  Gaci,  quelques  échantillons  de  Schôngastiella  caeca 
M.  André  ; 

Lemniscomys  b.  striatus  était  aussi  parfois  parasité  également 
par  le  T.  Sicei  ; 

Arvicardhus  n.  rufinus  portait,  en  outre,  des  T.  Giroudi  et  sur 
Gallus  domesticus  étaient  fixés,  avec  T.  Le  Gaci,  une  certaine  quantité 
de  T.  Sicei. 

Ces  données  permettront  de  connaître  l’époque  la  plus  favorable 
(saison  des  pluies)  pour  la  recherche  des  larves  de  Thrombicula  et 
indiquent  les  principaux  rongeurs  sur  lesquels  peuvent  se  rencontrer 
les  parasites.  Dans  un  travail  publié  récemment  [Bull.  Soc.  Pathol, 
exot.,  44,  1951,  p.  545-549)  le  Dr  P.  Le  Gac  donne  d’ailleurs  de  pré¬ 
cieux  renseignements  sur  la  Prospection  et  la  capture  des  Acariens 
du  genre  Thrombicula  en  Oubangui-Chari. 


Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 


—  69  — 


Contributions  a  la  connaissance  des  Hydracariens 
des  Pyrénées  le  genre  Arrenurus  Dugès  1833 

Par  C.  (f )  et  E.  Angelier  1. 

Les  Hydracariens  du  genre  Arrenurus  Dugès  1833  étaient  peu 
connus  des  Pyrénées.  En  effet,  A.  Migot  [Bull.  Soc.  Zool.  Fr.,  1926, 
t.  51,  pp.  94-134)  cite  seulement  2  espèces  des  Pyrénées-Orientales 
et  des  Hautes-Pyrénées,  —  Arrenurus  zachariae  Koen.  1886,  recueillie 
par  R.  Despax  dans  une  mare  du  Massif  du  Néouvielle,  et  Arre¬ 
nurus  albator  (Müller)  1776,  capturée  au  barrage  de  la  Baillaurie, 
près  de  Banyuls-sur-Mer. 

Nos  recherches,  de  1947  à  1950,  ont  permis  de  faire  connaître 
28  autres  espèces  ou  variétés  du  genre  Arrenurus,  dans  les  seules 
Pyrénées  françaises.  Parmi  celles-ci,  2  espèces  sont  nouvelles  pour 
la  Science,  et  7  autres  nouvelles  pour  la  faune  française.  Elles  se 
répartissent  en  4  sous-genres  :  Arrenurus  s.  str.  Dugès  1833,  Megalu- 
racarus  Viets  1911,  Micruracarus  Yiets  1911  et  Truncaturus  Thor 
1900. 

Sous-genre  Arrenurus  s.  str.  Dugès  1833. 

1.  —  Arrenurus  (s.  str.)  pustulator  (Müller)  1776. 

Etang  del  Raeou  (station  139  2),  dans  le  Massif  de  Carlitte  (Pyrénées- 
Orientales).  Altitude  :  2.000  m.  11-9-1949. 

2.  —  Arrenurus  (s.  str.)  albator  (Müller)  1776. 

Barrage  de  la  Baillaurie  (station  11),  près  de  Banyuls-sur-Mer  (Pyr.- 
Or.).  Juin  1925  (A.  Migot  coll.)  ;  6-8-1948. 

Ruisseau  des  Abeilles  (station  13),  près  de  Banyuls-sur-Mer.  16-8-1948. 
—  Étang  de  Castillon  (station  757),  près  de  Tamos  (Landes).  29-8-1949 
et  31-8-1949. 

3.  —  Arrenurus  (s.  str.)  abbreviator  Berlese  1888. 

Lac  de  Lourdes  (station  516)  (Hautes-Pyrénées).  13-8-1949. 

1.  C.  Angelier  avait  consacré  aux  Hydracariens  des  Pyrénées  plusieurs  noter, 
de  1949  à  1951.  Elles  furent  publiées  par  le  Bulletin  du  Muséum  National  d’Histoire 
Naturelle)  1949  :  t.  21,  n°  1,  pp.  83-87  ;  t.  21,  n°  3,  pp.  538-362  ;  t.  21,  n°  6,  pp.  697- 
699.  —  1950  :  t.  22,  n°  1,  pp.  81-84  ;  t.  22,  n°  2,  pp.  232-237  ;  t.  22,  n°  3,  pp.  352-359) 
et  par  le  Bulletin  de  la  Société  d’ Histoire  Naturelle  de  Toulouse  (1951  :  t.  86,  pp.  73-79). 
J’ai  cru  bon  de  reprendre  l’étude  de  l’abondant  matériel  laissé  par  mon  père  à  sa  mort, 
le  27  juin  1951,  et  d’en  publier  les  résultats  sous  nos  deux  noms.  —  E.  Angelier. 

2.  Les  numéros  des  stations  donnés  entre  parenthèses  sont  ceux  d’un  fichier  sur 
les  stations  des  Pyrénées,  qui  sera  publié  ultérieurement. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  1,  1952. 


—  70  — 


Étang  de  Garros  (station  756)  et  étang  de  Castillon  (station  757),  près 
de  Tarnos  (Landes).  29-8-1949  et  31-8-1949. 

4.  —  Arrenurus  (s.  str.)  ornatus  George  1900.  Cette  espèce,  connue 
seulement  d’Irlande  et  d’ Écosse,  est  nouvelle  pour  la  faune  française. 

Barrage  de  la  Baillaurie  (station  11),  près  de  Banyuls-sur-Mer.  6-8-1948. 

—  Ruisseau  des  Abeilles  (station  13),  près  de  Banyuls-sur-Mer.  16-8-1948. 

—  Ruisseau  de  la  Ravaner  (station  21),  dans  le  Massif  des  Albères  (Pyré¬ 
nées-Orientales).  9-8-1948. 

5.  —  Arrenurus  (s.  str.)  compactus  Piersig  1894. 

Étang  de  la  Laquette  (station  536),  petite  mare  au-dessus  de  Barèges 
(Hautes-Pyrénées).  Altitude  :  1.700  m.  9-8-1949. 

6.  —  Arrenurus  (s.  str.)  cuspidator  (Müller)  1776. 

Lac  de  Lourdes  (station  516)  (Hautes-Pyrénées).  13-8-1949. 

7.  —  Arrenurus  (s.  str.)  batillifer  Koen.  1896. 

Lac  de  Lourdes  (station  516).  13-8-1949. 

8.  —  Arrenurus  (s.  str.)  claviger  Koen.  1885. 

Lac  de  Lourdes  (station  516).  13-8-1949. 

Étang  de  Castillon  (station  757),  près  de  Tarnos  (Landes).  29-8-1949 
et  31-8-1949. 

9.  —  Arrenurus  (s.  str.)  robustus  Koen.  1894. 

Lac  de  Lourdes  (station  516)  (Hautes-Pyrénées).  13-8-1949. 

Étang  de  Garros  (station  756),  près  de  Tarnos  (Landes).  29-8-1949. 

10.  —  Arrenurus  (s.  str.)  suecicus  Lundblad  1917.  Cette  espèce  est 
particulièrement  rare  ;  décrite  par  O.  Lundblad  ( Entorn .  Tidskr., 
1917,  pp.  154-173),  elle  n’a  été  retrouvée  que  par  K.  Viets,  en 
Espagne  (K.  Viets,  Arch.  Hydrobiol.,  1930,  t.  21,  p.  405).  Elle  est 
donc  nouvelle  pour  la  faune  française. 

Lac  de  Lourdes  (station  516).  13-8-1949. 

11.  —  Arrenurus  (s.  str.)  tricuspidator  (Müller)  1776. 

Étang  de  Castillon  (station  757),  près  de  Tarnos  (Landes).  29-8-1949. 

12.  —  Arrenurus  (s.  str.)  neumani  Piersig  1895. 

Lac  Pradeilles  (station  136),  dans  le  Massif  du  Carlitte  (Pyrénées-Orien¬ 
tales).  Altitude  :  1.950  m.  10-8-1949. 

Étang  del  Racou  (station  139),  dans  le  Massif  du  Carlitte.  11-9-1949. — 
Étang  de  la  Laquette  (station  536),  au-dessus  de  Barèges  (Hautes- 
Pyrénées).  9-8-1949. 

13.  —  Arrenurus  (s.  str.)  cuspidifer  Piers.  1896. 

Étang  de  Castillon  (station  757),  près  de.  Tarnos  (Landes).  29-8-1949 
et  31-8-1949. 

14.  —  Arrenurus  (s.  str.)  pyrenaeus  n.  sp.  (fig.  1  à  4). 

Cette  nouvelle  espèce  est  proche  d 'Arrenurus  cuspidifer  Piersig 


—  71 


1896,  par  son  pétiole  court.  Cependant,  les  cornes  de  l’appendice  sont 
plus  nettement  accusées. 

•Description  du  mâle.  —  Couleur  brun-rouge,  avec  des  taches  vert- 
olive.  C’est  une  des  plus  grosses  espèces  du  sous-genre  Arrenurus 
s.  str.,  puisque  la  longueur  du  mâle,  —  avec  le  pétiole,  —  atteint 
1.450  p  et  sa  largeur  980  p  (1.150  p  :  740  p  chez  Arrenurus  cuspidifer). 
Longueur  du  corps  sans  le  pétiole  :  1.370  p.  Distance  entre  les  soies 
entenniformes  :  335  p. 

Le  bord  antérieur  du  corps,  entre  les  soies  entenniformes,  est 
concave.  Les  bords  latéraux  sont  à  peu  près  parallèles  depuis  le  1/3 
antérieur  jusqu’au  1/3  postérieur  du  corps.  Les  cornes  de  l’appendice, 
très  divergentes,  sont  nettement  accusées,  comme  chez  Arrenurus 
neumani  Piersig  1895  ou  Arrenurus  radiatus  Piersig  1894. 

La  plaque  dorsale  de  la  carapace  a  une  longueur  de  890  p,  du  bord 
antérieur  à  la  base  de  l’insertion  du  pétiole,  et  sa  largeur  maxima  est 
de  625  p.  Elle  porte,  à  l’avant,  1  paire  de  soies  simples  et  1  paire  de 
soies  accompagnées  chacune  d’une  pore  glandulaire.  Au  centre, 
2  autres  soies,  avec  également  chacune  un  pore  glandjulaire,  sont 
insérées  sur  2  petits  mamelons  chitineux.  Vers  la  base  du  pétiole  se 
trouvent  encore  4  petits  mamelons  portant  chacun  une  soie  ;  2  d’entre 
eux  portent  en  outre  un  pore  glandulaire  (fig.  1). 

Le  pétiole  rappelle  celui  à! Arrenurus  cuspidifer  par  sa  forme 
peu  évasée  ;  sa  largeur  maxima  est  de  100  p  et  sa  largeur  minima 
de  80  p.  Il  mesure  205  p  de  long  sur  sa  face  ventrale  et  dépasse  de 
160  p  seulement  l’expansion  hyaline  basale. 

Longueur  de  l’organe  maxillaire  :  245  p  ;  hauteur  :  180  p.  Il 
ne  présente  aucun  caractère  susceptible  de  le  différencier  des  autres 
espèces  du  genre.  Longueur  de  la  mandibule  :  250  p  (onglet  compris)  ; 
hauteur  :  75  p  ;  onglet  :  120  p.  La  membrane  mandibulaire,  longue, 
se  termine  en  pointe.  Dimensions  des  articles  du  palpe,  en  p  : 


PI 

P  II 

P  III 

P  IV 

P  V 

Longueur  dorsale . 

45 

107 

85 

137 

80 

Longueur  ventrale . 

25 

53 

40 

95 

— 

Hauteur . 

53 

96 

102 

84 

Le  1er  article  (fig.  4)  porte  une  soie  pennée  sur  sa  face  dorsale. 
Le  2e  article  est  pourvu  à  sa  partie  interne  et  distale  d’une  soie 
plumeuse  et  d’une  soie  lisse,  près  de  la  face  dorsale  ;  sur  celle-ci  sont 
insérées  2  autres  soies  plumeuses.  Sur  la  face  interne  également, 
mais  près  du  bord  ventral  de  l’article,  se  trouvent  encore  3  soies 
plumeuses.  Sur  le  3e  article,  2  soies  plumeuses  seulement,  —  l’une 


—  72  — 


interne,  l’autre  externe,  vers  l’extrémité  distale  du  bord  dorsal. 
L’épine  ventrale  du  4e  article  est  courte  et  rigide. 

Longueur  de  l’aire  épimérale  :  840  jx  ;  largeur  maxima  (au  niv-eau 
des  épimères  4)  :  1.100  (x.  Les  épimères  antérieurs  n’atteignent  pas  le 
bord  frontal  du  corps.  Le  bord  interne  des  épimères  postérieurs  est 


Arrenurus  (s.  str.)  pyrenaeus  n.  sp.  —  1.  Face  dorsale.  —  2.  Face  ventrale.  — 

3.  Pétiole  (face  ventrale).  —  4.  Face  interne  du  palpe. 

légèrement  convexe  ;  ces  épimères  sont  très  rapprochés  l’un  de 
l’autre  (fig.  2),  sans  qu’il  y  ait  cependant  fusion. 

L’aire  génitale  a  une  largeur  de  600  jx.  Les  plaques  génitales  sont 
pourvues  de  nombreuses  petites  cupules,  et  sont  plus  finement 
chagrinées  que  les  épimères  ;  elles  n’atteignent  pas  les  bords  latéraux 
du  corps.  La  longueur  de  l’ouverture  génitale  est  de  100  [x. 


—  73  - 


Longueur  des  pattes  :  lre  paire  :  940  p.  ;  2e  paire  :  1.140  p  ;  3e  paire  : 
1.240  p  ;  4e  paire  :  1.290  p.  Elles  sont  donc  toutes  plus  courtes  que 
le  corps.  Les  3  premières  paires  portent  quelques  soies  longues  et 
rigides,  sur  les  2e,  3e,  4e  et  5e  articles  (particulièrement  abondantes 
sur  le  3e  article  des  pattes  3),  et  de  nombreuses  soies  courtes,  fines 
et  souples  sur  le  6e  article.  La  4e  paire  porte  des  soies  natatoires 
très  développées  et  nombreuses  sur  les  3e,  4e  et  5e  articles  ;  l’éperon 
chitineux  du  4e  article  est  pratiquement  inexistant. 

Il  résulte  de  cette  description  que  les  caractères  différentiels 
d’ Arrenurus  pyrenaeus  sont  les  suivants  : 

a)  Appendice  du  corps  à  cornes  très  développées  et  divergentes. 

b)  Pétiole  relativement  court  et  peu  évasé  à  son  extrémité  dis¬ 
tale. 

c)  Face  interne  du  2e  article  du  palpe  portant  3  soies  plumeuses 
vers  le  bord  ventral,  une  soie  plumeuse  et  une  soie  lisse  vers  le  bord 
dorsal. 

d)  Éperon  chitineux  du  4e  article  des  pattes  4  particulièrement 

réduit.  ' 

Provenance.  —  Lac  de  Lourdes  (station  516),  dans  les  Hautes- 
Pyrénées.  Altitude  :  400  m.  environ.  13-8-1949.  T  :  24°  C  ;  pH  :  7,2. 

15.  —  Arrenurus  (s.  str.)  securifer  Viets  1930.  Cette  espèce  est 
nouvelle  pour  la  faune  française  ;  elle  n’était  connue  que  de  la 
province  de  Madrid,  en  Espagne. 

Barrage  de  la  Baillaurie  (station  11),  près  de  Banyuls-sur-Mer.  6-8-1948. 
- —  Ruisseau  des  Abeilles  (station  13),  près  de  Banyuls-sur-Mer.  16-8-1948. 

—  Ruisseau  de  la  Ravaner,  dans  le  Massif  des  Albères  (station  21).  9-8- 

1948.  —  Lac  de  Lourdes  (station  516).  13-8-1949.  —  Étang  de  Castillon 
(station  757),  près  de  Tarnos  (Landes).  29-8-1949  et  31.8-1949). 

16.  —  Arrenurus  (s.  str.)  latus  Barrois  et  Moniez  1887. 

Barrage  de  la  Baillaurie  (station  11),  près  de  Banyuls-sur-Mer.  6-8-1948. 

Sous-genre  Megaluracarus  Viets  1911. 

17.  —  Arrenurus  (Megaluracarus)  zachariae  Kœnike  1886. 

Mare  au  sud  d’Orédon  (station  472),  dans  le  Massif  du  Néouvielle 

(Hautes-Pyrénées).  16-9-1924  (R.  Despax  coll. ) .  —  Les  Laquets  (sta¬ 
tion  476),  dans  le  Massif  du  Néouvielle.  Altitude  :  2.080  m.  30-7-1949. 

—  Rivière  de  Bétharram,  près  de  la  sortie  de  la  grotte  (station  514).  17-8- 

1949.  —  Rivière  de  Bétharram  (station  515),  en  aval  de  la  station  précé¬ 
dente  (Hautes-Pyrénées).  17-8-1949. 

18.  —  Arrenurus  (Megaluracarus)  conicus  Piersig  1894. 

Les  Laquets  (station  476)  dans  le  Massif  du  Néouvielle  (Hautes-Pyré¬ 
nées).  Altitude  :  2.080  m.  30-7-1949. 


19.  —  Arrenurus  (Megaluracarus)  cylindratm  Piersig  1896. 
Rivière  de  Bétharram  (station  515),  à  500  m.  en  aval  de  la  grotte 

(Hautes- Pyrénées).  17-8-1949. 

20.  — Arrenurus  (Megaluracarus)  globator  (Müller)  1776. 

Étang  de  la  Laquette  (station  536),  petite  mare  au-dessus  de  Barèges 
(Hautes-Pyrénées).  Altitude  :  1.700  m.  9-8-1949.  —  Lac  de  Lourdes  (sta¬ 
tion  516).  13  et  16-8-1949.  — •  Étang  de  Castillon  (station  757),  près  de 
Tarnos  (Landes).  29-8-1949. 

Sous-genre  Micruracarus  Viets  1911. 

21.  —  Arrenurus  ( Micruracarus )  forpicatus  Neum.  1880. 

Lac  Pradeilles  (station  136),  dans  le  Massif  du  Carlitte  (Pyrénées- 
Orientales).  Altitude  :  1.950  m.  10-9-1949. 

22.  —  Arrenurus  (Micruracarus)  sinuator  (Müller)  1776. 

Lac  de  Lourdes  (station  516),  dans  les  Hautes-Pyrénées.  13-8-1949. 

23.  —  Arrenurus  (Micruracarus)  sinuator  var.  commutatus  Viets 
1930. 

La  variété  commutatus  n’était  connue  que  d’Espagne  (province  de 
Valence)  ;  elle  est  nouvelle  pour  la  faune  française. 

Lac  de  Moriscot  (station  751),  près  de  Biarritz  (Basses-Pyrénées). 
27-8-1949.  — -  Tourbière  à  la  Négresse  (station  752)  près  de  Biarritz.  27-8- 
1949.  —  Étang  de  Castillon  (station  757),  près  de  Tarnos  (Landes).  29-8- 
1949.  —  Étang  de  Garros  (station  756),  près  de  Tarnos.  29-8-1949. 

24.  —  Arrenurus  (Micruracarus)  biscissus  Lebert  1879. 

Lac  de  Lourdes  (station  516).  13-8-1949.  —  Étang  de  Castillon  (sta¬ 
tion  757),  près  de  Tarnos  (Landes).  29-8-1949. 

25.  —  Arrenurus  (Micruracarus)  bipapillosus  Halbert  1911. 
Barrage  de  la  Baillaurie  (station  11),  près  de  Banyuls-sur-Mer.  6-8-1948. 

—  Ruisseau  des  Abeilles  (station  13),  près  de  Banyuls-sur-Mer.  16-8-1949. 

—  Ruisseau  de  la  Ravaner,  dans  le  Massif  des  Albères  (station  21).  9-8- 
1948. 

26.  —  Arrenurus  (Micruracarus)  walcanoffi  Viets  1926. 

Barrage  de  la  Baillaurie  (station  11),  près  de  Banyuls-sur-Mer.  6-8-1948. 

—  Ruisseau  des  Abeilles  (station  13).  16-8-1948.  —  Ruisseau  de  la  Rava¬ 
ner  (station  21).  9-8-1948.  Espèce  commune  dans  les  mares  des  lits  à  sec 
des  ruisseaux  du  Massif  des  Albères. 

27.  —  Arrenurus  (Micruracarus)  detruncatus  n.  sp. 

Cette  nouvelle  espèce  occupe  une  place  particulière  dans  le  sous- 
genre  Micruracarus,  tant  par  les  caractères  du  corps  et  des  palpes 
que  par  sa  petite  taille. 

Description  du  mâle.  —  Couleur  vert-bleu.  Longueur  :  580  p  ; 
largeur  :  600  p.  La  forme  générale  du  corps  est  presque  ronde,  tron- 


—  75  — 


quée  dans  sa  partie  postérieure  ;  l’espèce  est  par  conséquent  plus 
large  que  longue.  Distance  entre  les  soies  antenniformes  :  180  p. 

Le  front,  entre  les  soies  antenniformes,  est  droit.  La  plaque  dorsale 
de  la  carapace,  est  situé  à  une  distance  de  60  p  du  bord  dorsal  ;  sa 
largeur  maxima  est  de  400  p.  Elle  porte  2  soies  simples  à  l’avant, 
et  4  autres,  accompagnées  chacune  d’un  pore  glandulaire,  en  son 


Arrenurus  { Micruracarus )  detruncatus  n.  sp.  <$.  5.  Face  dorsale.  —  6.  Face  ventrale 
(placée  horizontalement).  —  7.  Face  dorsale  (l’animal  étant  incliné  vers  l’avant).  — 
8.  Face  interne  du  palpe. 


centre  et  vers  sa  partie  postérieure.  La  ligne  de  suture  entre  la  cara¬ 
pace  dorsale  et  le  corps  a  disparu  à  la  partie  postérieure  ;  à  l’emplace¬ 
ment  de  cette  ligne  se  trouvent  2  petits  mamelons  chitineux  portant 
chacun  une  longue  soie. 

L’appendice  caudal  est  peu  développé  ;  il  n’est  pas  visible  lorsque 
l’animal  est  en  position  normale,  c’est-à-dire  lorsque  la  face  ven- 


—  76  — 


traie  est  horizontale.  En  effet,  la  hauteur  de  celui-ci  est  beaucoup 
plus  grande  au  bord  postérieur  du  corps  qu’au  bord  antérieur,  par 
accroissement  de  la  cuirasse  dorsale.  L’appendice  caudal  est  par  con¬ 
séquent  tepoussé  en  position  ventrale  (fig.  6), et  n’est  visible  que 
lorsque  la  face  dorsale  est  placée  horizontalement  (fig.  5)  ou  inclinée 
vers  l’avant  (fig.  7).  Le  pétiole,  rudimentaire,  est  de  forme  ovale  et  se 
termine  en  pointe.  Le  nombre  et  la  disposition  des  soies  sur  cet 
appendice  caudal  ne  me  paraissent  pas  normaux  ;  ils  ne  sont  pas 
conformes  à  ce  que  nous  observons  habituellement  dans  le  genre 
Arrenurus.  Les  soies  bifides,  de  chaque  côté  de  la  fente  médiane 
de  l’appendice,  ne  sont  pas  insérées  sur  celui-ci  ;  elles  font  certaine¬ 
ment  partie  des  soies  situées  habituellement  sur  la  face  dorsale, 
vers  la  base  du  pétiole  (fig.  6  et  7). 

Longueur  de  l’organe  maxillaire  :  132  p  ;  hauteur  :  110  p.  Longueur 
de  la  mandibule  :  140  p  (onglet  compris)  ;  hauteur  :  43  p.  ;  onglet  : 
62  p.  Dimensions  des  articles  du  palpe,  en  p  : 


PI 

PII 

P  III 

P  IV 

P  V 

Longueur  dorsale . 

32 

80 

56 

78 

46 

Longueur  ventrale . 

18 

45 

29 

55 

— 

Hauteur . 

38 

60 

50 

47 

La  forme  du  palpe  est  assez  élancée.  Il  est  très  particulier  par  la 
structure  de  ses  soies.  Le  1er  article  porte  sur  sa  face  dorsale  une 
soie,  —  véritable  épine  — ,  plumeuse.  Le  2e  article  est  pourvu  de 
2  épines  plumeuses  sur  sa  face  dorsale  ;  une  autre  est  insérée  entre 
celles-ci,  mais  sur  la  face  interne  ;  2  épines,  plumeuses  également  , 
sont  situées  vers  le  bord  ventral  de  la  face  interne.  Les  2  épines  du 
3e  article  ont  la  même  structure  que  celles  des  1er  et  2°.  Le  5e  article 
est  relativement  Court. 

Longueur  de  l’aire  épimérale  :  380  p  ;  largeur  maxima  (au  niveau 
des  épimères  4)  :  600  p).  Les  épimères  antérieurs  dépassent  légèrement 
le  bord  frontal  du  corps.  Profondeur  du  sinus  maxillaire  :  110  p  ; 
largeur  maxima  :  160  p. 

L’aire  génitale  a  une  largeur  de  400  p.  L’ouverture  génitale  n’est 
pas  située  au  centre  des  plaques  de  cupules,  mais  un  peu  plus  bas 
que  celles-ci. 

Longueur  des  pattes  :  lre  paire  :  480  p  ;  2e  paire  :  610  p  ;  3e  paire  : 
650  p  ;  4e  paire  :  740  p.  En  dehors  de  la  lre  paire,  elles  sont  donc 
toutes  plus  longues  que  le  corps.  La  lre  paire  porte  1  soie  natatoire 
sur  le  4e  article  et  1  sur  le  5e  article.  Les  4e  et  5e  articles  de  la  2e  paire 
portent  chacun  2  soies  natatoires  ;  ceux  de  la  3e  paire,  5  à  7  soies 
chacun.  Sur  les  pattes  postérieures,  on  note  4  à  5  soies  natatoires 


—  11  — 


sur  le  3e  article  et  6  à  7  soies  sur  les  4e  et  5e  articles.  Le  4e  article  do 
ces  pattes  ne  porte  aucune  éperon  chitineux. 

Les  caractères  différentiels  à!  Arrenurus  detruncatus  sont  les 
suivants  : 

a)  Forme  du  corps  ronde,  tronquée  postérieurement,  plus  large 
que  longue. 

b )  Appendice  caudal  peu  développé  et  repoussé  vers  la  face 
ventrale. 

c)  Présence  de  2  soies  bifides  à  la  partie  postérieure  du  corps. 

d)  Présence  de  véritables  épines  plumeuses  sur  les  3  premiers 
articles  des  palpes,  au  lieu  des  soies  ordinaires. 

Provenance.  —  Ruisseau  des  Abeilles  (station  13),  près  de 
Banyuls-sur-Mer  (Pyrénées-Orientales).  16-8-1948.  —  Ruisseau  de 
la  Ravaner  (station  21),  dans  le  Massif  des  Albères  (Pyrénées-Orien¬ 
tales).  9-8-1948  et  4-7-1950. 

Sous-genre  Truncaturus  Thor  1900. 

28.  —  Arrenurus  (Truncaturus)  truncatellus  (Müller)  1776. 

Tourbière  à  la  Négresse  (station  752).  près  de  Biarritz  (Basses-Pyré¬ 
nées).  27-8-1949. 

Les  2  espèces  suivantes,  connues  seulement  par  les  femelles,  ne 
peuvent  être  classées  dans  aucun  sous-genre  (la  détermination  des 
sous-genres  ne  peut  en  effet  être  effectuée  qu’à  l’aide  des  caractères 
sexuels  secondaires  mâles). 

29.  —  Arrenurus  curvilaminatus  Viets  1930. 

Cette  espèce  n’était  connue  que  d’Espagne  ;  elle  est  nouvelle  pour 
la  faune  française. 

Ruisseau  des  Abeilles  (station  13),  près  de  Banyuls-sur-Mer  (Pyrénées- 
Orientales).  16-8-1948.  - —  Lac  de  Lourdes  (station  516).  13-8-1949. 

30.  —  Arrenurus  angulifer  Viets  1930. 

Comme  la  précédente,  c’est  une  espèce  connue  seulement  d’Es¬ 
pagne  et  par  conséquent  nouvelle  pour  la  faune  française. 

Lac  de  Lourdes  (station  516).  16-8-1949.  —  Tourbière  à  la  Négresse 
(station  752),  près  de  Biarritz  (Basses-Pyrénées).  27-8-1949. 

Remarques  générales  sur  le  genre  Arrenurus 
dans  les  Pyrénées. 

Le  genre  Arrenurus  vit  exclusivement  dans  les  eaux  stagnantes  ; 
seules  quelques  espèces  ( Arrenurus  cylindratus  Piers.,  par  exemple) 
tolèrent  les  eaux  fréquemment  renouvelées.  Pour  comprendre  la 
répartition  des  Arrenurus  dans  les  Pyrénées,  il  faut  tenir  compte  du 
fait  qu’il  n’y  a,  dans  ce  massif,  aucun  lac  ou  étang  de  moyenne 


—  78  — 


altitude.  Depuis  les  Pyrénées-Orientales,  le  premier  lac  rencontré 
est  celui  de  Lourdes  (surface  :  42  ha)  ;  par  son  altitude  et  sa  faune, 
c’est  un  lac  de  plaine.  Les  seuls  lacs  et  étangs  de  basse  altitude  des 
Pyrénées  se  trouvent  entre  Lourdes  et  l’Atlantique,  c’est-à-dire  dans 
les  Basses-Pyrénées  et  les  Landes.  Dans  les  Pyrénées-Orientales,  les 
seules  stations  à  Arrenurus  de  basse  altitude  sont  les  mares  sub¬ 
sistant,  en  été,  dans  le  lit  des  ruisseaux  du  Massif  des  Albères.  Tous 
les  autres  lacs  ou  étangs  sont  situés  au-dessus  de  1.600  m. 

1°  Le  genre  Arrenurus  dans  les  lacs  et  étangs  de  haute  altitude. 

Les  lacs  et  étangs  de  haute  altitude  étudiés  sont  situés  dans  le 
Massif  du  Carlitte  (Pyrénées-Orientales),  de  1.850  à  2.200  m.,  et 
dans  le  Massif  du  Néouvielle,  de  1.700  à  2.200  m.  Voici  la  liste  des 
espèces  capturées  dans  ces  2  massifs  : 

Carlitte  Néouvielle 


Arrenurus  pustulator  (Müll.) .  +  — 

Arrenurus  compaclus  Piers .  —  + 

Arrenurus  neumani  Piers .  -\-  -f- 

Arrenurus  zachariae  Koen .  —  + 

Arrenurus  conicus  Piers. . . .  - — -  -|- 

Arrenurus  globator  (Müll.) .  —  + 

Arrenurus  forpicatus  Neura . 


C.  Motas  ( Trav .  Lab.  Hydrobiol.  Piscic.  Univ.  Grenoble,  1928,. 
pp.  1-373)  signale  Arrenurus  conicus  et  A.  neumani  dans  des  lacs 
du  Massif  du  Taillefer  (Dauphiné),  entre  1.700  et  2.100  m.  Ce  sont 
des  espèces  relativement  sténothermes.  Il  en  est  de  même  à,' Arre¬ 
nurus  zachariae  Piers.  et  d’A.  cylindratus  Piers.  ;  cette  dernière 
espèce  n’a  pas  été  recueillie  en  altitude,  mais  dans  les  eaux  calmes 
et  fraîches  de  la  rivière  de  Bétharram,  à  la  sortie  de  la  grotte  du 
même  nom  (Hautes-Pyrénées).  Les  autres  espèces  capturées  dans  les 
Massifs  du  Carlitte  et  du  Néouvielle  sont  des  formes  de  plaine 
capables  de  supporter  des  eaux  relativement  froides.  Cependant,  si 
les  lacs  sont  bien  situés  à  une  même  altitude,  il  semble  que  les  espèces 
habitant  les  eaux  du  Carlitte  soient  beaucoup  plus  eurythermes  que 
celles  habitant  les  eaux  de  Néouvielle.  Arrenurus  forpicatus  Neum. 
est  une  forme  cosmopolite  ;  en  Savoie,  on  la  rencontre  dans  les  lacs 
et  étangs  de  basse  altitude  (lacs  S4-André  et  Clair,  près  de  Cham¬ 
béry).  Arrenurus  pustulator  est  également  une  espèce  très  eurytherme. 
Dans  le  Massif  de  Néouvielle,  la  mare  de  la  Laquette,  au-dessus  de 
Barèges,  a  un  aspect  particulier  ;  en  été,  la  température,  à  l’altitude 
de  1.700  m.,  atteint  jusqu’à  27°  C.  Aussi  ne  faut-il  pas  être 
étonné  d’y  rencontrer  Arrenurus  compactus  Piers.  et  Arrenurus 
globator  (Müll.),  qui  vivent  normalement  dans  les  eaux  de  basse 
altitude  ( A .  globator  a  été  aussi  recueilli  dans  le  lac  de  Lourdes  et 
dans  l’étang  de  Castillon). 


—  79  — 


2°  Le  genre  Arrenurus  dans  les  lacs  et  mares  de  basse  altitude. 

a)  Les  lacs  des  Basses-Pyrénées  et  des  Landes. 

Le  genre  Arrenurus  est  représenté  dans  ces  régions  à  la  fois  par 
des  espèces  cosmopolites  et  par  quelques  formes  connues  seulement 
d’Espagne,  comme  Arrenurus  securifer  Viets,  Arrenurus  sinuator 
commutatus  Viets,  Arrenurus  curvilaminatus  Viets  ou  Arrenurus 
angulifer  Viets.  L’apport  espagnol  est  d’ailleurs  moins  important 
que  ce  qu’on  pourrait  attendre,  car  il  n’y  a  pas  de  véritable  frontière 
géographique  entre  la  France  et  l’Espagne  dans  les  Basses-Pyré¬ 
nées. 

b)  Les  mares  des  Pyrénées-Orientales. 

Il  n’y  a  pas  de  mares  permanentes,  à  bass.e  altitude,  dans  les 
Pyrénées-Orientales.  Les  eaux  stagnâtes  du  Massif  des  Albères 
sont  constituées  par  des  mares  de  quelques  mètres  carrés  de  surface, 
dans  le  lit  des  torrents  à  sec  en  été.  Ce  ne  sont  pas  des  eaux  stagnantes 
permanentes,  et  leur  peuplement  par  le  genre  Arrenurus  n’a  lieu  que 
de  mai  à  octobre. 

Deux  espèces  paraissent  particulièrement  intéressantes  dans  cette 
région  :  Arrenurus  walcanofjî  Viets  et  A.  detruncatus  n.  sp.  La  pre¬ 
mière  est  connue  de  Boumanie  et  de  Bulgarie  ;  la  seconde  a  été 
retrouvée  récemment  en  Corse.  Il  semble  que  nous  ayons  affaire 
à  d’authentiques  représentants  d’une  faune  circum-méditerranéenne, 
caractéristique  des  mares  qui  subsistent  en  été  dans  les  torrents  du 
Midi  de  la  France  et  de  l’Europe  en  général. 

Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum  et  Laboratoire  Arago, 
Banyuls-sur-Mer  ( Pyrénées-Orientales ) . 


—  80  — 


A  Révision  of  tue  fur  Mites  Myobiidae  (Acarinaj 

(suite  et  fin). 

By  Charles  D.  Radford,  Hon.  D.  Sc.  F.  Z.  S. 

(Membre  correspondant  du  Muséum  d’Histoire  Naturelle,  Paris). 


Genus  FOLIOMYOBIA  gen.  nov. 

Differing  from  the  genus  Radfordia  in  possessing  broadly  foliate 
dorsal  spines.  Differing  from  the  genus  Ewinganct  gen.  nov.  in 
having  but  a  single  latéral  spine  I  on  each  side  of  capitulum.  Capi- 
tulum  symmetrical  ;  legs  I  equal,  without  terminal  claw.  Tarsus  II, 
III  and  IV  each  having  two  claws. 

Type  species  :  Myobia  chiropteralis  Michael,  1884. 

Foliomyobia  chiropteralis  (Michael,  1884). 

Myobia  chiropteralis  Michael,  1884  J.  Quekett  Micro.  Club,  2  :  (2),  I. 

The  male  dorsum  (fig.  128)  has  latéral  spines  I  broadly  foliate 
striated  ;  latéral  spines  II  broad  at  base,  tapering,  posterior  to 
coxae  II,  extending  almost  to  coxae  IV  ;  latéral  spines  III  longer 
than  preceding  spines,  narrower,  level  with  coxae  III,  reaching 
beyond  coxae  IV.  Sub-median  spines  I  minute,  level  with  latéral 
spines  I  ;  sub-median  spines  II  broad,  striated,  anterior  to  coxae  III  ; 
sub-median  spines  III  striated,  level  with  coxae  III  ;  sub-median 
spines  IV  long,  slender,  posterior  to  coxae  IV  ;  sub-median  spines  V 
similar  to  preceding  spines,  doser  to  posterior  edge  of  body.  Génital 
pore  anterior  to  coxae  III,  with  five  pairs  of  small  spines.  Pénis 
long,  tapering,  extending  from  behind  sub-median  spines  IV  to  génital 
pore. 

The  male  venter  (fig.  129)  has  two  pairs  of  small  spines  anterior 
to  coxae  II  ;  a  pair  of  spines  level  with  coxae  II  ;  anterior  to  coxae  III 
is  a  pair  of  long  spines  ;  between  coxae  III  and  IV  is  a  pair  of  long 
spines  ;  level  with  posterior  edge  of  coxae  III  is  a  pair  of  long  spines. 
Tarsus  II  with  two  short,  stout  claws  ;  tarsus  III  and  IV  each  with 
two  long  claws. 

The  female  dorsum  (fig.  130)  has  latéral  spines  I  broadly  foliate, 
anterior  to  coxae  II,  striated  ;  latéral  spines  II  broad  at  base, 
tapering,  posterior  to  coxae  II,  reaching  midway  between  coxae  III 
and  IV  ;  latéral  spines  III  posterior  to  coxae  II,  extending  to  pos- 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  1,  1953. 


82 


* 

terior  edge  of  coxae  IV.  Sub-median  spines  I  level  with  latéral 
spines  I,  foliate,  striated  ;  sub-median  spines  II  posterior  to  coxae  II, 
broader,  striated  ;  sub-median  spines  III  level  with  coxae  III, 
narrower  ;  sub-median  spines  IV  midway  between  coxae  III  and  IV, 
narrow,  striated  ;  sub-median  spines  V  posterior  to  coxae  IV,  narrow, 
striated  ;  sub-median  spines  VI,  VII  and  VIII  long,  slender,  pos¬ 
terior  to  sub-median  spines  V.  Three  pairs  of  small  spines  flank 
the  anus. 

The  female  venter  (fig.  131)  has  two  pairs  of  small  spines  anterior 
to  coxae  II  ;  third  pair  of  spines  level  with  coxae  II  ;  anterior  to 
coxae  III  is  a  pair  of  long  spines  ;  midway  between  coxae  III  and  IV 
is  a  pair  of  long  spines  ;  level  with  posterior  edge  of  coxae  IV  is  a 
pair  of  long  spines.  On  caudal  lobe  between  terminal  bristles  are 
two  pairs  of  small  spines.  Tarsus  II  with  two  short,  stout  claws  ; 
tarsus  III  and  IV  each  with  two  long  claws. 

Type  host  :  Lesser  horse-shoe  bat  ( Rhinolophus  hipposideros  Bech.) 

Type  locality  :  England. 

Measurements  :  $  0.4  mm  X  0.17  mm  ;  Ç  0.53  mm  X  0.2  mm. 

Foliomyobia  mystacinalis  (Radford,  1935). 

Myobia  mystacinalis  Radford,  1935  North  West  Nat.  Arbroath, 
p.  255. 

The  male  dorsum  (fig.  132)  has  latéral  spines  I  close  to  coxae  I, 
reaching  beyond  bases  of  latéral  spines  II,  striated,  foliate  ;  latéral 
spines  II  posterior  to  coxae  II,  narrower,  striated,  extending  to 
midway  between  coxae  III  and  IV  ;  latéral  spines  III  slender,  foliate, 
close  to  coxae  III,  reaching  beyond  coxae  IV.  Sub-median  spines  I 
level  with  posterior  edge  of  coxae  II,  reaching  coxae  III,  foliate, 
striated  ;  sub-median  spines  II  level  with  coxae  III,  not  reaching 
coxae  IV  ;  sub-median  spines  III  midway  between  coxae  III  and  IV, 
extending  beyond  coxae  IV.  Anterior  to  caudal  Lobe  are  three  pairs 
of  small,  simple  spines  arranged  in  two  diverging  rows.  Génital 
pore  level  with  coxae  III,  furnished  with  four  pairs  of  minute  spines. 
Pénis  long,  whip-like,  extending  from  coxae  IV  to  the  pore. 

The  male  venter  (fig.  133)  has  one  pair  of  minute  spines  anterior  to 
coxae  II  ;  a  pair  of  small  spines  level  with  coxae  II  ;  a  pair  of  long, 
stout  spines  midway  between  coxae  II  and  III  ;  posterior  to  coxae  III 
is  a  pair  of  long  spines  extending  to  coxae  IV  ;  level  with  coxae  IV 
is  a  pair  of  spines.  Tarsus  II  with  two  short,  stout  claws  ;  tarsus 
III  and  IV  each  with  two  long  claws. 

The  female  dorsum  (fig.  134)  has  latéral  spines  I  posterior  to  coxae 
I,  extending  to  midway  between  coxae  II  and  III,  striated,  broadly 
foliate;  latéral  spines  II  between  coxae  II  and  III,  long,  tapering, 
almost  reaching  coxae  IV,  foliate,  striated  ;  latéral  spines  III  close 


Foliomyobia  mysticinalis  (Radford,  1935). 

Fig.  132,  £  dorsum.  —  Fig.  133,  venter.  —  Fig.  134,  $  dorsura.  —  Fig.  135,  ?  venter. 


84  — 


to  posterior  edge  of  coxae  III,  extending-  well  beyond  coxae  IV, 
foliate,  striated.  Sub-median  spines  I  anterior  to  coxae  II,  foliate, 
striated  ;  sub-median  spines  II  posterior  to  coxae  II,  foliate,  stria¬ 
ted  ;  sub-median  spines  III  level  with  anterior  edge  of  coxae  III  ; 
sub-median  spines  IV  posterior  to  latéral  spines  III  ;  sub-median 
spines  V  level  with  coxae  IV  ;  sub-median  spines  VI  posterior  to 
coxae  IV.  Between  sub-median  spines  VI  and  terminal  bristles  are 
three  pairs  of  stout  spines  arranged  in  two  diverging  rows.  Génital 
pore  close  to  posterior  end  of  body,  furnished  with  four  pairs  of 
spines.  Close  to  posterior  end  of  body  are  two  long  spines. 

The  female  venter  (fig.  135)  has  a  pair  of  small  spines  posterior 
to  coxae  I  ;  a  pair  of  small  spines  level  with  anterior  edge  of  coxae  II  ; 
a  pair  of  long,  stout  spines  anterior  to  coxae  III,  flanked  laterally 
by  two  pairs  of  smaller  spines  ;  a  pair  of  long,  stout  spines  midway 
between  coxae  III  and  IV  ;  posterior  to  coxae  IV  is  a  pair  of  long, 
stout  spines,  flanked  laterally  by  a  pair  of  small  spines.  Level 
with  terminal  bristles  is  a  line  of  four  long,  simple  spines  ;  four 
small  spines  on  the  posterior  end  of  body.  On  the  venter  of  legs  I 
is  a  pair  of  broad,  lanceolate,  striated  processes  with  a  thumblike 
spur  situated  in  its  centre.  Tarsus  II  with  two  short,  stout  claws  ; 
tarsus  III  and  IV  each  with  two  long  claws. 

Type  host  :  Whiskered  bat  ( Myotis  mystacinus  Kuhl). 

Type  locality  :  Alderley,  Cheshire,  England.  October  24,  1931. 
Measurements  :  0.5  mm  X  0.15  mm  ;  Ç  0.58  mm  X  0.19  mm. 

Holotype  male,  allotype  female  in  the  collection  of  Harry  Britten, 
Esq.,  F.R.E.S.,  Manchester.  Paratypes  in  the  author’s  private 
collection. 

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—  86  — 


Description  d*un  nouveau  Palpigrade 
d- Afrique  occidentale  française 

Par  Paul  A.  Remy. 

Koenenia  hesperia  n.  sp. 

Zuenoula  (Côte  d’ivoire)  :  dans  de  la  terre  sous  savane,  1  Ç  adulte 
sans  flagelle,  longue  de  0,93  mm.,  1  individu  en  très  mauvais  état 
(opisthosoma  écrasé  et  déchiré),  sans  flagelle,  à  stade  et  sexe  non 
reconnus  ;  1er  mai  1951  (Maurice  Vuillaume  leg.). 

A.  Femelle  adulte. 

Prosoma.  —  Organe  frontal  médian  mal  vu  (caché  sous  un  appen¬ 
dice)  ;  de  chaque  côté,  un  organe  latéral  lancéolé,  4  fois  aussi  long  que 
large,  dont  l’extrémité  est  très  pointue  et  la  base  rétrécie  en  un 
pédoncule  à  bords  latéraux  légèrement  convexes.  Deuto-tritoster- 
num  pourvu  de  4  soies  :  3  antérieures,  insérées  sur  un  V  très  large¬ 
ment  ouvert  en  avant,  1  postérieure,  insérée  un  peu  en  arrière  de 
celle  qui  est  au  sommet  du  V. 

Chélioères  pourvues  de  9  dents  au  mors  fixe. 

Pédipalpes.  ti 1  =  50  ;  bta  I  =  16  ;  bta  II  =  20  ;  ta  I  =  12  ; 
ta  II  =  20  ;  ta  III  =  40. 

Pattes  I.  ti  =  55  ;  bta  I  +  bta  II  =  45  ;  bta  III  =  23  ;  bta  IV  = 
25  ;  ta  I  =  15  ;  ta  II  =  20  ;  ta  III  =  68.  La  soie  raide  du  basitarse  III 
est  égale  à  2  fois  le  bord  tergal  de  l’article  et  s’insère  tout  près  de 
l’extrémité  proximale  du  bord  sternal. 

Patte  IV.  bta  =  54  ;  ta  I  =  30  ;  ta  II  =  41.  La  soie  raide  du  basi¬ 
tarse  est  égale  à  1  fois  1/3  la  longueur  du  bord  tergal  de  l’article  et 
s’insère  tout  près  de  l’extrémité  proximale  de  ce  bord. 

Toutes  les  soies  de  la  hanche  des  pédipalpes  et  des  pattes  sont 
grêles,  coniques,  pubescentes: 

Opisthosoma.  —  Le  1er  volet  génital,  dont  le  bord  postérieur  de  la 
région  bien  chitinisée  présente  une  échancrure  large  et  profonde,  à 
fond  arrondi,  porte  11  paires  de  soies  :  7  sternales  et  4  distales,  les 
soies  sternales  d’une  même  paire  de  la  région  médiane  n’étant  pas 
toujours  insérées  exactement  en  face  l’une  de  l’autre. 

Le  2e  volet  génital  est  divisé  par  une  échancrure  médiane  en 
2  lobes  subtriangulaires  portant  chacun  3  soies  subégales  :  1  proxi 
male  externe  et  2  subapicales. 

1.  Abréviations  :  bta  =  basitarse  ;  ta  =  tarse  ;  ti  =  tibia. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  1,  1953. 


—  87  — 


Chacun  des  segments  opisthosomiens  IV,  V  et  VI  porte,  sur  la 
région  médio-sternale,  de  gros  poils  pubescents  (excréteurs  ?),  dis¬ 
posés  comme  suit.  Sur  le  segment  IV,  ces  poils,  au  nombre  de  5,  sont 
relativement  courts,  cylindro-coniques,  rectilignes,  insérés  à  faible 
distance  les  uns  des  autres  sur  un  arc  de  cercle  ouvert  en  arrière. 
Sur  le  segment  V,  il  y  en  a  encore  5  :  3  sont  insérés  les  uns  près  des 
autres  sur  une  droite  transversale  et  sont  tout  à  fait  semblables  à 
ceux  du  segment  IV  ;  les  2  autres,  insérés  en  arrière  des  3  précédents 


Fig.  1.  —  Koenenia  hesperia  n.  sp.  Ç  adulte.  —  A,  organe  latéral  gauche,  face  tergale  ; 
B,  premier  volet  génital,  face  sternale  ;  C,  portion  du  deuxième  volet  génital,  face 
sternale. 

et  plus  latéralement,  sont  subcylindriques,  arqués,  terminés  en 
pointe  et  plus  longs  (environ  5/3)  que  ceux-ci.  Sur  le  segment  VI, 
il  y  en  a  2  paires  av  a2,  semblables  aux  plus  grands  du  segment  V  ; 
ils  sont,  égaux  entre  eux  et  à  ces  derniers,  leur  longueur  étant  supé¬ 
rieure  à  l’écartement  des  ax,  qui  dépasse  légèrement  l’intervalle 
alai.  Le  groupe  de  poils  épais  de  chacun  des  segments  IV  à  VI  est 
flanqué,  à  droite  et  à  gauche,  de  soies  latéro-sternales  grêles,  coniques, 
disposées  sur  une  ligne  transversale  ;  il  y  a  3  de  telles  soies  de  chaque 
côté  au  segment  IV,  2  au  V  et  2  au  VI. 

Le  dernier  segment  opisthosomien  porte  8  soies. 


—  88  — 


B.  Deuxième  individu. 

L’organe  frontal  n’a  pu  être  bien  observé  ;  les  organes  latéraux 
sont  comme  chez  l’exemplaire  précédent  ;  de  même  les  pédipalpes, 
les  pattes  et  le  dernier  segment  opisthosomien. 


Fig.  2.  —  Koenenia  hesperia  n.  sp.  $  adulte.  Poils  sternaux  des  segments 
opisthosomiens  IV  à  VII. 


Affinités.  —  Cette  espèce  est  la  deuxième  Koenenia  d’Afrique 
noire  qui  a  été  nommée  spécifiquement 1  ;  elle  est  à  rapprocher  de 

1.  La  première  est  K.  Machadoi  Remy  ( Publ .  Cuit.  Comp.  Diam.  Angola,  7,  1950, 
pp.  123-1 28),  de  l’Angola. 


—  89  — 


K.  mirabilis  Grassi  d’Europe  méridionale,  du  Liban,  d’Afrique  du 
Nord  et  des  hauts-plateaux  malgaches,  et  de  K.  Berlesei  Silv.  d’Eu¬ 
rope  méridionale  et  d’Afrique  du  Nord  :  les  $  adultes  de  K.  hesperia, 
K.  mirabilis  et  K.  Berlesei  n’ont  qu’un  seul  organe  latéral  de  chaque 
côté  de  l’organe  frontal,  et  les  poils  épais  de  leur  4e  segment  opistho- 
somien  —  quand  ils  existent  (ils  manquent  chez  les  K.  mirabilis 
connues  du  Portugal)  —  sont  rassemblés  sur  une  faible  étendue.  Mais 
les  $  adultes  de  K.  hesperia  diffèrent  notablement  de  celles  des 
2  autres  espèces  par  la  répartition  des  poils  de  cette  catégorie  sur  le 
reste  de  l’opisthosoma  :  1°  chez  les  premières,  le  5e  segment  opistho- 
somien  porte  2  rangées  de  tels  poils  (une  de  3  courts,  une  de  2  longs), 
tandis  que  chez  celles  des  2  autres  formes,  il  est  dépourvu  de  ces 
phanères  ;  2°  chez  les  $  adultes  de  K.  hesperia,  les  poils  épais  du 
6e  segment  opisthosomien  sont  très  écartés  les  uns  des  autres,  alors 
que,  chez  celles  des  2  autres  espèces,  ils  sont  rassemblés  davantage, 
de  façon  à  constituer  un  râteau  transversal. 

Laboratoires  de  Zoologie  du  Muséum  et  de  la  L acuité  des  Sciences  de  Nancy. 


—  90  — 


Contribution  a  la  faune  des  Symphyles  de  Corse 
Par  MUe  Anne  Hinschberger. 


Lors  du  voyage  qu’il  fit  eu  Corse  en  août  et  septembre  1948,  le 
Professeur  P.  Remy  a  récolté  divers  micro-endogés,  entre  autres  des 
Symphyles.  Ceux-ci  font  l’objet  de  cette  étude.  Ils  proviennent  de 
52  stations  dont  38  dans  la  zone  méditerranéenne  (altitude  0  à 
200  m.),  13  dans  la  zone  du  Châtaignier  (200-300  m.)  et  1  dans  la 
zone  des  forêts.  Ces  récoltes  de  1948  comptent  445  individus  se 
répartissant  en  6  genres  et  9  espèces  dont  une  douteuse  ;  ces  genres 
et  7  de  ces  espèces  avaient  été  reconnus  par  Remy  (1945)  sur  du 
matériel  recueilli  par  lui  en  Corse  (12  stations  dans  la  zone  méditer¬ 
ranéenne,  5  dans  la  zone  du  Châtaignier,  13  dans  la  zone  des  forêts 
et  3  dans  la  zone  alpine)  du  23  juillet  au  4  septembre  1942' A 

Fam.  des  Scolopendrellidae. 

Geophilella  pyrenaica  Ribaut. 

Erbalunga  :  1  1.  à  8  pp.  Basse-Gravona  :  a)  pont  de  Cuttoli  1  ad.  Ç  ; 
6)  Canapajolo  2  1.  à  10  pp.,  1  1.  à  9  pp.,  1  1.  à  8  pp.  Propriano  :  cap  Lauroso 

1  1.  à  9  pp.  Sartène  :  Bas-Rizzanèse  1  ad.  ?,  1  I.  à  9  pp.  En  tout  9  ind. 
(2  ad.,  2  1.  à  10  pp.,  3  1.  à  9  pp.,  2  1.  à  8  pp.). 

Symphylellopsis  subnuda  Hansen. 

Marine  de  Sisco  2  ad.,  1  1.  à  9  pp.  Furiani  1 1.  à  9  pp.  Ghisonaccia  1  ad. 
Caldaniccia  1  ad.,  1  1.  à  10  pp.  Basse-Gravona  :  a)  pont  de  Cuttoli  2  1. 
à  10  pp.  ;  b)  Canapajolo  5  ad.,  2  1.  à  10  pp.,  2  1.  à  9  pp.,  1  1.  à  8  pp.  Cne 
de  Sari-di-Porto-Vecchio  :  o)  Solenzara  2  ad.,  3  1.  à  9  pp.  ;  b)  La  Penna 

2  1.  à  7  pp.  ;  c)  Togna  1  ad.  Santa-Maria-Figaniella  1  ad.  ?,  1  1.  à  10  pp. 
Viggianello  1  ad.  $.  Propriano  :  a)  près  du  bourg  5  ad.  (2  <J,  2  Ç,  1  s  ?), 
2  1.  à  10  pp.,  2  1.  à  9  pp.,  2  1.  à  7  pp.  ;  6)  cap  Lauroso  1  1.  à  9  pp.  ;  c)  Rena- 
Bianca  2  ad.  <J,  1  1.  à  11  pp.,  2  1.  à  10  pp.  Sartène  :  a)  près  de  la  ville  1  1. 
à  10  pp.,  2  1.  à  9  pp.  ;  6)  Bas-Rizzanèse  1  ad.  <?,  1  1.  à  10  pp.  Porto-Vecchio  : 
pont  de  Matonara  1  1.  à  9  pp.  Bonifacio  1  ad.  ?.  En  tout  54  ind.  (24  ad., 
1  1.  à  11  pp.,  12  1.  à  10  pp.,  12  1.  à  9  pp.,  1  1.  à  8  pp.,  4  1.  à  7  pp.). 

Scolopendrella  notacantha  Gervais. 

Poggia  (Cne  de  Luri)  1  1.  à  10  pp.,  1  1.  à  9  pp.  Barrettali  :  a)  Torre  2  ad.  ; 
b)  Conchiglio  1  ad.  Erbalunga  1  1.  à  9  pp.,  1  1.  à  8  pp.  Vezzani  1  ad.,  2  1. 

1.  Abréviations  :  ad  =  adulte  ;  cne  =  commune  ;  ind.  =  individu  ;  1.  à...  pp  =  larve 
à...  paires  de  pattes. 

L’ordre  des  stations  est  établi  d’après  leur  position  géographique,  en  allant  du  N. 
au  S.  et  de  l’O.  à  l’E. 

Bulletin  du  Muséum,  2*  série,  t.  XXV,  n°  1,  19ç3. 


—  91  — 


à  10  pp.  Basse-Gravona  :  a )  pont  de  Cuttoli  1  ad.  9,  1  1.  à  11  pp.  ;  b  Ponte 
Bonnelo  1  ad.  d  ;  c)  Canapajolo  10  ad.,  1  1.  à  11  pp.,  3  1.  à  10  pp.  ;  d)  Calda- 
niccia  2  ad.  Solenzara  :  a)  Fontanaccia  1  ad.  ;  b)  ravin  de  Minichino  1  ad.  ; 
c)  pont  de  Cannella  1  1.  à  10  pp.  Conca  1  ad.  Santa-Maria-Figaniella 
3  ad.  (2  d,  1  $),  2  1.  à  11  pp.,  3  1.  à  10  pp.  1  1.  à  9  pp.  Fozzano  1  ad.  d- 

1  1.  à  10  pp.  Propriano  :  a)  près  du  bourg  2  ad.  d,  2  1.  à  11  pp.  ;  b)  Manc- 
cino  1  ad.  9>  1  1.  à  10  pp.  ;  c)  Bartacce  1  ad.  d  ;  d)  Rena-Bianca  4  ad 
(3  d,  1  ?)•  1  1.  à  11  pp.,  1  1.  à  9  pp.  Sartène  :  a)  près  de  la  ville  4  ad.  (2  d, 

2  $)  ;  6)  Bas-Rizzanèse  9  ad.  (4  d,  5  $),  5  1.  à  11  pp.,  2  1.  à  10  pp.,  1  1.  à 

8  pp.,  1  1.  à  7  pp.  Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio  3  ad.,  3  1.  à  10  pp.,  1  1.  à 

9  pp.,  1  1.  à  8  pp.  En  tout  87  ind.  (48  ad.,  12  1.  à  11  pp.,  18  1.  à  10  pp.,  5  1.  à 
9  pp.,  3  1.  à  8  pp.,  1  1.  à  7  pp.). 

Symphylella  Isabellae  Grassi. 

Basse-Gravona  :  Canapajolo  1  ad.  Cne  de  Sari-di-Porto-Vecchio  : 
a)  Solenzara,  près  du  bourg  1  ad.  ;  b)  Solenzara,  ravin  de  Fonta¬ 
naccia  1  ad.  ;  c)  La  Penna  1  ad.  Fozzano  1  ad.  Ç.  Propriano  :  a)  ravin  de 
Manccino  1  ad.  9  ;  6)  près  du  Château  2  ad.  (1  d,  1  9).  Sartène  :  Bas- 
Rizzanèse  2  ad  (1  d,  1  Ç).  Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio  1  ad.  En  tout 
11  ind.,  tous  ad. 

Symphylella  vulgaris  Hansen. 

Poggio  (Cne  de  Luri)  1  1.  à  9  pp.  Barrettali  :  Conchiglio  1  ad.,  1  1.  à  10  pp., 
2  1.  à  9  pp.  Furiani  1  1.  à  10  pp.  Ponte-Leccia  4  ad.,  1  1.  à  9  pp.  Francardo 
2  ad.  Castiglione  1  1.  à  10  pp.,  2  1.  à  8  pp.  Popaja  1  1.  à  10  pp.  Vezzani 
1  1.  à  10  pp.  Pietroso  2  1.  à  10  pp.  Ghisonaccia  2  ad.  Bas-Fiumorbo  1  1. 
à  11  pp.  Caldaniccia  1  ad.,  1  1.  à  10  pp.,  3  1.  à  9  pp.,  1  1.  à  7  pp.  Pointe  de 
Porticcio  (golfe  d’Ajaccio)  1  ad.  d-  Basse-Gravona  :  Canapajolo  2  ad.,  1 1. 
à  11  pp.,  1  1.  à  10  pp.,  4  1.  à  9  pp.  Cne  de  Sari-di-Porto-Vecchio  :  a)  Solen¬ 
zara,  près  du  bourg  3  1.  à  10  pp  ;  6)  La  Penna  1  1.  à  9  pp.  ;  c)  pont  de 
Cannella  1  1.  à  9  pp.  Conca  1  1.  à  10  pp.,  1  1.  à  9  pp.  Santa-Maria-Figa¬ 
niella  2  ad.  (1  d,  1  $),  1  1.  à  11  pp.  Fozzano  1  ad.  $.  Propriano  :  a)  Manccino 

1  1.  à  10  pp.  ;  6)  Bartacce  1  ad.  Ç,  1  1.  à  10  pp.  ;  c)  près  du  Château  3  ad. 
(2  d,  1  ?),  1  1.  à  11  pp.,  1  1.  à  10  pp.,  2  1.  à  9  pp.,  41.  à  7  pp.  ;  d)  Rena- 
Bianca  1  1.  à  10  pp.,  1  1.  à  7  pp.  Viggianello  11  ad.  (5  d,  6  9),  6  1.  à  9  pp.,  1 1. 
à  7  pp.  Sartène  :  a)  jardins  d’Alsomi  1  ad.,  1  1.  à  10  pp.,  3  1.  à  9  pp  ;  6)  San- 
Damiano  2  ad.  (1  d,  1  9),  2  1.  à  10  pp.,  4  1,  à  9  pp.  ;  c)  Bas-Rizzanèse 

2  1.  à  10  pp.,  4  1.  à  9  pp.,  3  1.  à  8  pp.,  1  1.  à  7  pp.  Sainte-Lucie-de-Porto- 
Yecchio  2  ad.  Porto-Vecchio  :  a)  jardin  en  ville  2  ad.  ;  b)  pont  de  Matonara 

1  1.  à  9  pp.  Bonifacio  :  a)  jardin  au  N.  E.  du  port  4  ad.  (2  d,  2  9),  1  1.  à 
11  pp.,  1  1.  à  8  pp.  ;  6)  couvent  de  Saint-Julien  2  ad.  9  ;  c )  entre  ce  couvent 
et  Gurgazo  1  ad.  d,  1  h  à  9  pp.  En  tout  124  ind.  (46  ad.,  5  1.  à  11  pp.,  23  1. 
à  10  pp.,  36  1.  à  9  pp.,  6  1.  à  8  pp.,  8  1.  à  7  pp.). 

Symphylella  ?  elongata  Scheller. 

Bonifacio  :  entre  le  couvent  Saint-Julien  et  Gurgazo  1  1.  à  11  pp., 

2  1.  à  10  pp. 

Chez  ces  deux  spécimens,  les  bords  internes  des  processus  tergaux 
sont  dépourvus  de  soies  marginales.  Cette  particularité  est  présentée 


—  92  — 


par  Symphylella  elongata,  décrite  d’après  1  ad.  par  Scheller  (1952), 
tandis  que  chez  les  Symphylella  vulgaris  adultes  et  aux  stades  à  10 
et  11  pp.,  le  bord  interne  de  chacun  de  ces  processus  porte  1  ou 
2  soies.  Je  suis  tentée  de  considérer  ces  2  exemplaires  de  Bonifacio 
comme  des  S.  elongata  ;  mais,  comme  ils  ne  sont  pas  adultes,  il  m’est 
difficile  de  les  comparer  à  celui  de  Scheller.  Et  il  m’est  encore  plus 
difficile  de  les  placer  parmi  les  S.  vulgaris, 

\ 

Fam.  des  Scutigerellidae. 

Scutigerella  immaculata  Newport. 

Barrettali  :  Conchiglio  1  ad.,  1  1.  à  8  pp.  Erbalunga  2  ad.,  1  1.  à  10  pp., 
1  1.  à  9  pp.,  1  1.  à  8  pp.  Bastia  :  près  de  la  gare  1  ad.  <J,  2  1.  à  9  pp.  Furianï 
1  ad.,  1 1.  à  10  pp.  Castiglione  1  1.  à  8  pp.  Francardo  1  1.  à  10  pp.  Poggio-di- 
Ver.aco  2  ad.  Basse-Gravona  :  a)  pont  de  Cuttoli  1  1.  à  9  pp.  ;  b )  Ponte 
Bonnelo  1  ad.  d,  1  1.  à  10  pp.  ;  c)  Caldaniccia  1  ad.,  2  1.  à  10  pp.,  1  1.  à 
9  pp.,  1  1.  à  8  pp.  Pointe  de  Porticeio  (golfe  d’Ajaccio)  2  ad.  Ç.  Solenzara  : 
a)  Fontanaccia  1  1.  à  10  pp.  ;  b)  pont  de  Cannella  1  ad.,  2  1.  à  10  pp.  Santa- 
Maria-Figaniella  1  1.  à  11  pp.,  1  1.  à  10  pp.  Viggianello  12  ad.  (4  <J,  7  Ç,  1  s 

1  1.  à  11  pp.,  1  1.  à  10  pp.,  3  1.  à  9  pp.,  1 1.  à  7  pp.  Propriano  :  a)  Manccino 
1 1.  à  11  pp.,  1  1.  à  10  pp.  ;  b)  Bartacce  1  ad.  $,  1  1.  à  10  pp.,  1  1.  à  7  pp.  ; 

c)  près  du  Château  15  ad.  (7  i,8  $),  3  1.  à  11  pp.,  11.  à  10  pp.,  2  1.  à  9  pp.  ; 

d)  cap  Lauroso  2  ad.  Ç.  Sartène  :  a)  San-Damiano  2  ad.  $  ;  b)  Bas-Rizzanèse 

2  ad.  Ç,  2  1.  à  9  pp.  Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio  1  1.  à  10  pp.  Porto- 

Vecchio  :  a)  jardins  en  ville  1  ad.  Ç,  1  1.  à  9  pp.,  1  l.'à  7  pp.  ;  6)  pont  de 
Matonara  6  ad.  (1  3  Ç,  2  s  ?),  4  1.  à  9  pp.  Bonifacio  :  o)  jardin  à  la  Catena 

5  ad.  (4  $,  1  s?),  1  1.  à  11  pp.,  2  1.  à  10  pp.,  b)  jardins  au  N.  E.  du  port  7  ad. 
(6  Ç  1  s  ?),  4  1.  à  11  pp.,  3  1.  à  9  pp.  En  tout  123  ind.  (64  ad.,  19  1.  à  11  pp., 
16  1.  à  10  pp.,  18  1.  à  9  pp.,  4  1.  à  8  pp.,  2  1.  à  7  pp.) 

Scutigerella  nodicerca  Michelbacher. 

Forêt  de  Valdoniello  :  Popaja  2  ad.  Basse-Gravona  :  a)  pont  dev  Cuttoli 

1  ad.  d  ;  b)  Canapajolo  2  ad.,  3  1.  à  9  pp.  Solenzara  :  près  du  bourg  1  ad. 
Santa-Maria-Figaniella  1  1.  à  11  pp.,  1  1.  à  9  pp.  Propriano  :  près  du 
Château  1  1.  à  11  pp.,  1  1.  à  10  pp.,  1  1.  à  9  pp.  En  tout  14  ind.  dont  6  ad., 

2  1.  à  11  pp.,  1  1.  à  10  pp.,  5  1.  à  9  pp. 

Je  pense  qu’il  est  possible  de  distinguer  Sc.  nodicerca  de  Sc.  imma¬ 
culata  aux  mêmes  stades  :  les  exemplaires  de  Sc.  nodicerca  sont  plus 
grands  ;  chez  eux,  le  revêtement  pileux  est  moins  dense,  les  soies 
sont  plus  longues,  en  particulier  les  macrochètes  sont  plus  nettement 
différenciés  que  chez  les  spécimens  de  Sc.  immaculata.  Chez  Sc. 
nodicerca,  la  partie  du  tergite  qui  recouvre  partiellement  la  fossette 
supraanale  est  dépourvue  de  soies  (Michelbacher  1942  ;  Gisin  1951), 
mais  ce  caractère  ne  semble  pas  être  toujours  valable,  car  il  se 
retrouve  chez  des  animaux  que,  par  l’ensemble  de  leurs  autres  carac¬ 
tères,  je  considère  comme  étant  des  Sc.  immaculata  authentiques. 


—  93 


Hanseniella  nivea  Scopoli. 

Lano  1  1.  à  11  pp.  Poggio-di-Venaco  3  ad.,  1  1.  à  10  pp.  Vezzani  3  ad. 
Basse-Gravona  :  pont  de  Cuttoli  1  ad.  Ç.  Fozzano  1  ad.  Solenzara  :  au 
port  8  ad.  Propriano  :  a)  Manccino  4  ad.  (1  <J,  3  $)  ;  b)  près  du  Château 
1  1.  à  10  pp.,  1  1.  à  7  pp.  En  tout  24  ind.  (20  ad.,  1  1.  à  11  pp.,  2  1.  à  10  pp., 
1  1.  à  7  pp.). 

Cette  étude  confirme  dans  l’ensemble  les  conclusions  du  travail 
de  Remy  (1945)  :  les  Symphyles  les  plus  rares  en  Corse  semblent 
être  Geophilella  pyrenaica  et  Symphylella  Isabellae,  auxquels  il  faut 
ajouter  Scutigerella  nodicerca  ;  les  plus  répandus  sur  l’île  sont  Sym¬ 
phylella  vulgaris  et  Scutigerella  immaculata  ;  Scolopendrella  notacan- 
tha,  Symphylellopsis  subnuda  et  Hanseniella  nivea  occupent  une  posi¬ 
tion  intermédiaire. 

Je  n’ai  pu  reconnaître  le  sexe  que  chez  146  des  240  ad.  exami¬ 
nés  ;  ces  animaux  se  répartissent  comme  suit  : 


3 

¥ 

sexe  non  reconnu 

Geophilella  pyrenaica . 

— 

2 

— 

Symphylellopsis  subnuda..- 

5 

5 

14 

Scolopendrella  notacantha. .  . 

15 

9 

24 

Symphylella  Isabellae . 

2 

4 

5 

Symphylella  vulgaris . 

13 

13 

20 

Scutigerella  immaculata.  ... 

13 

38 

13 

Scutigerella  nodicerca. ..... 

1 

— 

4 

Hanseniella  nivea . 

2 

4 

14 

Total . 

71 

75 

94 

Chez  Scutigerella  immaculata,  le  nombre  des  <$  est  très  inférieur  à 
celui  des  $,  alors  que  c’est  l’inverse  chez  Scolopendrella  notocantha. 
Mais  ces  constatations  n’ont  rien  d’absolu,  étant  donné  le  petit 
nombre  d’exemplaires  dont  le  sexe  a  pu  être  reconnu. 

L’abondance  des  Symphyles  examinés  diminue  à  mesure  qu’on  se 
rapproche  des  pôles  ou  qu’on  s’élève.  Le  tableau  ci-après  montre 
qu’en  1948  comme  en  1942,  la  moyenne  horaire  des  captures  est 
plus  faible  dans  la  zone  du  Châtaignier  que  dans  la  zone  méditerra¬ 
néenne  ;  les  chasses  dans  la  zone  des  forêts  ont  été  trop  brèves 
(2  heures)  pour  qu’on  puisse  en  tenir  compte  ;  enfin,  je  n’ai  eu  aucun 
Symphyle  de  stations  de  la  zone  alpine. 

Il  est  possible  de  comparer  la  faune  symphylienne  de  Corse  à 
celle  du  Maroc  et  de  l’Algérie,  étudiée  par  Mlles  Aubry  et  Masson 
(1952  a  et  b).  Ces  deux  faunes  présentent  en  commun  une  prédomi¬ 
nance  de  Symphylella  vulgaris  et  Scutigerella  immaculata,  une 
abondance  moins  grande  de  Scolopendrella  notacantha,  Symphylel¬ 
lopsis  subnuda  et  Hanseniella  nivea  ;  néanmoins,  elles  sont  assez 
différentes  :  la  Geophilella  semble  plus  fréquente  en  Afrique  du  Nord  ; 


—  94 


Zone  méditerr. 

Zone  du 
Châtai. 

Zone  des 
forêts 

Total 

V  »  • 

N 

M 

N 

M 

N 

M 

Geophilella  pyrenaica . 

9 

0,15 

_ 

_ 

_ 

_ 

9 

Symphylellopsis  subnuda . 

46 

0,76 

8 

0,42 

1 

0,5 

54 

Scolopendrella  notacaniha . 

66 

1,1 

20 

1 

— 

—  ; 

86 

Symphylella  Isabellae . 

10 

0,16 

1 

0,05 

— 

—  i 

11 

Symphyl.  vulgaris . 

95 

1,57 

2,9 

1,52 

— 

— 

124 

Scutigerella  immaculata . 

112 

1,86 

11 

0,52 

— 

—  1 

123 

Scut.  nodicerca . 

11 

0,18 

2 

1,12 

2 

i 

14 

Hanseniella  nivea . 

15 

0,25 

9 

0,47 

— 

— 

24 

Total . 

364 

6,03 

80 

5,00 

3 

1,5 

445 

Nombre  total  d’espèces . 

Nombre  d’heures  de  chasse. .  . 

8 

60 

7 

19 

2 

2 

81 

N  =  nombre  d’individus  récotés.  M  ==  moyenne  horaire  de  captures. 


en  outre,  on  trouve  en  Algérie  et  au  Maroc  Scutigerella  armata 
Hansen  et  Scolopendrella  microcolpa  Muhr,  qui  semblent  manquer  en 
Corse,  alors  que  Symphylella  Isabellae,  présente  en  Corse,  n’a  pas  été 
signalée  en  Algérie  ni  au  Maroc. 

Laboratoires  de  Zoologie  du  Muséum  et  de  la  Faculté  des  Sciences  de  Nancy. 


BIBLIOGRAPHIE 

1952  a.  Aubry  (Janine)  et  Masson  (Colette).  —  Contribution  à  la  faune 
endogée  de  l’Algérie.  Symphyles.  Bull.  Mus.  nation.  Hist.  nal., 
n.  s.,  24,  p.  468-473. 

1952  b.  —  Contribution  à  la  faune  endogée  du  Maroc.  Symphyles.  Bull. 
Soc.  Sc.  nat.  Maroc  (à  l’impression). 

1951.  Gisin  (H.).  —  Sur  les  espèces  européennes  de  Scutigerella.  Vie  et 

Milieu.  Bull.  Labor.  Arago,  2,  p.  459-460. 

1942.  Michelbacher  (A.  E.).  —  A  synopsis  of  the  genus  Scutigerella. 

Ann.  entom.  Soc.  Amer.,  35,  p.  267-288. 

1945.  Remy  (P.).  —  Nouvelle  contribution  à  la  faune  des  Myriapodes  de 
Corse.  Mém.  Mus.  nation.  Hist.  Nat.,  n.  s.,  21,  p.  117-152. 

1952.  Scheller  (U.).  —  A  new  species  of  the  order  Symphyla  from  South 

Sweden.  Kungl.  Fysiogr.  Sàllskapets  i  Lund  Fôrhandl.,  22,  n°  12, 
p.  1-7. 


95 


Un  nouveau  Systelloderes  du  Venezuela 
[Hemiptera  HenicOcephlidae) 

Par  A.  Villiers. 

L’espèce  nouvelle  décrite  ci-dessous  a  été  collectée  au  cours  d’une 
excursion  effectuée  aux  environs  de  Caracas  à  l’issue  de  l’Assemblée 
générale  de  l’Union  Internationale  pour  la  Protection  de  la  Nature. 
Je  suis  particulièrement  heureux  de  pouvoir  la  dédier  à  l’actif 
secrétaire  général  de  l’U.I.P.N.,  M.  J.  P.  Harroy. 


Systelloderes  harroy i,  n.  sp.,  type.  —  1,  avant-corps,  vue  dorsale.  —  2,  tête,  vue  de  prof  . 

—  3,  patte  antérieure  gauche,  vue  par  la  face  interne. 

Systelloderes  harroyi,  n.  sp.  —  Type  :  un  exemplaire  de  la  Silla 
de  Caracas,  Junquitos  (2.000-2.200  m.),  capturé  sous  l’écorce  d’un 
arbre  mort,  en  compagnie  de  Coléoptères  Cossonidae  et  Staphylinidae, 
le  10  septembre  1952. 

Long.  3,75  mm.  Tête,  pronotum  scutellum  et  pattes  brun  jaunâtre, 
le  lobe  antérieur  de  la  tête  et  le  lobe  basilaire  du  pronotum  un  peu 
plus  foncés.  Elytres  brun  sombre. 

Tête  allongée  à  lobe  postérieur  beaucoup  plus  large  en  arrière 
qu’en  avant,  un  peu  plus  large  à  la  base  que  long  au  milieu.  Yeux 
assez  gros  mais  un  peu  moins  larges,  vus  de  dessus,  que  la  moitié 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  1,  1952. 


—  96  — 


de  l’espace  qui  les  sépare.  Ocelles  grands,  assez  écartés  l’un  de  l’autre. 
Antennes  courtes,  à  article  III  sensiblement  égal  à  l’article  II  en 
longueur  ;  celui-ci  deux  fois  aussi  long  que  l’article  I  ;  article  IV 
fusiforme,  un  peu  moins  long  que  l’article  III. 

Pronotum  un  peu  moins  long,  au  milieu,  que  large  à  la  base,  celle- 
ci  profondément  échancrée,  lobe  médian  large,  arrondi  latéralement, 
sillonné  longitudinalement  au  milieu,  lobe  postérieur  un  peu  plus 
large  que  le  médian. 

Pattes  antérieures  courtes  et  épaisses,  à  tibia  épais,  trois  fois  aussi 
long  que  large  ;  articulation  du  genou  peu  épaisse.  Elytres  n’attei¬ 
gnant  pas  l’extrémité  de  l’abdomen. 

Cette  espèce  se  distingue  aisément  de  S.  moschatus  Blanchard  et 
S.  spurculus  Stâl  par  sa  tête  à  lobe  postérieur  beaucoup  plus  large, 
de  S.  biceps  Say  par  sa  coloration  plus  foncée  et  le  lobe  postérieur 
du  pronotum  non  incisé  sur  la  ligne  médiane,  de  S.  tenuis  Jeannel 
par  sa  plus  grande  taille  et  de  S.  nitidus  Usinger  par  les  protibias 
moins  épais  et  la  taille  plus  grande. 

Institut  français  d'Afrique  noire ,  Dakar. 


I 


—  97 


Diplovres  Japygidês  de  Basse-Égypte 
Par  J.  Pages. 


A  ma  connaissance,  aucune  capture  de  Japygidé  égyptien  n’a  été 
publiée  jusqu’à  présent. 

M.  le  Pr.  H.  Priesner,  du  Ministère  de  l’ Agriculture  au  Caire,  a 
bien  récolté  à  Mersa-Matruh,  en  mars  1933,  un  Japyginé  que  F.  Sil- 
vestri  a  reconnu  être  une  jeune  Ç  de  Japyx  simplex  Verhoefï,  mais 
cette  détermination  est  restée  inédite.  Grâce  à  l’amabilité  de  M.  le 
Pr.  H.  Priesner,  qui  conserve  ce  spécimen  dans  sa  collection  per¬ 
sonnelle,  B.  Condé  a  pu  l’observer  et  faire  un  schéma  du  10e  uro- 
tergite  ;  celui-ci  porte  4  M1  sur  le  disque  ce  qui,  en  l’absence  de 
caractérise  la  variété  profusa  Silv.  de  J.  simplex  2. 

Au  cours  d’un  voyage  zoologique  en  Basse-Egypte,  B.  Condé,  a 
récolté  29  représentants  de  la  sous-famille  des  Parajapyginés  dans  le 
jardin  de  M.  Abd  E1-Mooty  à  Sawaleh,  village  à  5  km.  au  S.  de 
Fakus,  les  8,  9,  13  et  14  septembre  1949  ;  28  de  ces  Insectes  se 
tenaient  sous  des  pots  de  fleurs  plus  ou  moins  protégés  du  soleil, 
1  seul  était  sous  une  pierre  dans  une  rigole  à  sec. 

Tous  les  individus  récoltés  appartiennent  au  genre  Parajapyx 
et  se  répartissent  entre  3  formes  inédites  :  Parajapyx  (Parajapyx) 
condei  n.  sp.,  P.  ( Grassjapyx)  priesneri  n.  sp.,  P.  (G.)  chichinii 
n.  sp. 

1.  —  Parajapyx  (Parajapyx)  condei  n.  sp. 

24  ex.  sexe  ?  3,  longs  de  2.5  mm.  à  5  mm. 

La  description  est  basée  sur  1  Ç  st.  IV  longue  de  3,9  mm.  et  sur 
1  Ç  st.  V  de  5  mm. 

Tête.  —  Vertex  :  13  +  13  soies  de  toutes  tailles.  Pli  oral  :  4-5  soies 
longues  ou  assez  longues.  Antennes  typiques,  de  18  articles  assez  pileux. 
Labium,  maxilles  et  mandibules  typiques. 

1.  Abréviations  .  ■ —  ex.  =  exemplaire  (s)  ;  sexe  ?  =  sexe  et  stade  du  développe¬ 
ment  postembryonnaire  non  reconnus  ;  1.  =  larve  ;  st.  I,  st.  II  ;  =  stade  du  développe¬ 
ment  postembryonnaire  des  Parajapyginae  (Cf.  Pagés,  1952  a)  ;  M  v  =  macrochète  : 
s  =  soies  typiques  des  Parajapyginae  (Cf.  Pages,  1952  a)  ;  dlt  d2,  ...  =  dents  des 
cerques  des  Parajapyginae  (Cf.  Pages.  1952  à). 

2.  Cf.  Pages,  1952  b. 

3.  Ce  travail  est  commencé  depuis  1949  et  la  plus  grande  partie  du  matériel  a  été 
montée  ;  à  cette  époque  je  ne  savais  pas  reconnaître  le  sexe  des  Parajapyginae  et  ne 
puis  le  faire  avec  certitude  maintenant  sur  les  préparations. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  1,  1953. 


7 


—  98 


Thorax  1.  —  Face  tergale.  Pronotum  :  nulles.  —  Méso-  et  méta¬ 

llo  tum  typiques.  On  note  sur  le  scutum  de  chacun  de  ces  2  derniers  s  dé¬ 
rites  les  variations  suivantes  :  1°  les  s1,  s2,  s3  peuvent  n’être  présentes  que 
d’un  seul  côté  de  lai  ligne  médiane  ;  2°  3  +  3  soies  supplémentaires  très 
courtes,  certains  exemplaires  en  possèdent  une  4e,  présente  presque 
toujours  d’un  seul  côté  de  la  ligne  médiane. 

Face  sternale  2  identique  au  type,  sauf  en  ce  qui  concerne  les  aires  infra- 
coxales,  qui  possèdent  4-5  soies  au  lieu  de  3.  Notons  aussi  que  les  méros- 
ternites  des  méso-  et  métanotum  de  certains  spécimens  possèdent  une 
4e  soie  très  courte  au-dessus  de  la  soie  intermédiaire  typique. 

Pattes  peu  pileuses  ;  les  1  +  1  soies  apicales  sternales  des  tarses  sont 
simples,  droites,  aiguës,  ne  dépassant  pas  l’extrémité  distale  des  griffes. 

Abdomen.  —  Tergites.  Tergite  8  sans  M3  ;  tergite  10  sans  M1  ni  Mi  ; 
le  reste  de  la  chétotaxie  est  typique  ;  notons  cependant  que  les  s2  du 
10e  tergite  n’occupent  pas  toujours  leur  position  normale  :  chez  certains 
exemplaires,  en  effet,  elles  s’insèrent  plùs  près  des  M&  que  des  M3,  alors 
que  typiquement  elles  devraient  être  situées  à  égales  distances  de  cos 
phanères  ;  je  ne  sais  ce  que  signifie  cette  variation.  Les  soies  supplémen¬ 
taires  sont  au  nombre  de  :  1°  1  -j-  1  sur  le  tergite  1  ;  2°  3  4-  3  sur  les  ter¬ 
gites  2-7  ;  3°  3  +  1  +  3  sur  le  tergite  8  ;  4°  1  +-  1  sur  le  tergite  10. 

Les  tergites  8  et  9  sont  respectivement  1  fois  1/10  et  1  fois  4/5  aussi 
larges  que  longs  ;  le  10e  est  1  fois  11/25  aussi  long  que  large,  ses  bords 
latéraux  sont  légèrement  convexes  et  le  segment  a  sa  plus  grande  largeur 
un  peu  en  avant  de  son  milieu. 

Longueurs  relatives  des  segments  8  à  10  :  70-38-100. 

Acropyge  triangulaire,  à  bords  légèrement  convexes  ;  il  est  à  peu  près 
aussi  long  que  large  à  sa  base,  à  sommet  aigu  ;  face  tergale  pourvue  de 
2  paires  de  tubercules  plus  ou  moins  aigus. 

Sternite  1.  Préscutum  :  5  -j-  5  soies.  Scutum  :  10  +  10  M,  Ms  très  courts 
souvent  nuis  ;  1  -j-  1  s  (sjJ  ;  2-3  soies  paramédianes  chez  presque  tous  les 
exemplaires  ;  1  +  1  soies  supplémentaires  entre  M6  et  M7  et  6-8  -f-  6-8 
autres  en  avant  des  organes  subcoxaux  latéraux. 

Ceux-ci  occupent  environ  le  1/3  de  la  largeur  interstylaire  et  sont  très 
peu  saillants  ;  12-23  soies  glandulaires,  le  plus  souvent  16-17  :  elles  sont 
typiquement  unisériées  mais,  quand  elles  deviennent  assez  nombreuses 
(au  moins  18),  elles  tendent  à  former  2  rangées  transversales  très  irrégu¬ 
lières  ;  de  tailles  inégales,  les  2-3  situées  à  chaque  angle  de  l’organe,  égales 
aux  67/100  de  la  longueur  du  style  1,  les  autres  plus  petites,  valant  environ 
les  40/100  de  ce  style  ;  canal  glandulaire  un  peu  plus  long  que  la  soie 
correspondante,  terminé  par  un  réservoir  très  petit,  sphérique,  à  peine 
plus  gros  que  le  canal  ;  7,  rarement  8  ou  9  soies  sensorielles,  2  fois  aussi 

1.  J’ai  décrit  (1952  a)  la  chétotaxie  des  tergites  thoraciques  et  abdominaux  et  celle 
des  uroslernites  que  je  considère  comme  typique  du  genre  Parajapyx.  Je  me  contente¬ 
rai  désormais  d’indiquer  :  1°  les  M  ou  s  absents  et,  si  tous  ces  phanères  sont  présents, 
je  qualifierai  la  chétotaxie  de  typique  ;  2°  les  variations  observées  ;  3°  le  nombre  de 
soies  supplémentaires.  Les  figures  indiquent  les  longueurs  relatives  des  divers  pha¬ 
nères.  Pour  la  face  sternale  du  thorax,  j’admets  comme  typique  celle  que  j’ai  décrite 
chez  P.  (P.)  isabellae  Grassi  (Pagés.  1952  6.). 

2.  Chez  P.  (P.)  normandi  Pagés  le  présternite  du  proternum  porte  1  +  1  +  1  soies 
et  non  2  +  2. 


—  99  — 


longues  que  les  soies  glandulaires  les  plus  courtes  et  valant  les  80-83/100 
de  la  longueur  du  style  1. 

Sternites  2-7.  Préscutum  :  4  +  1  +  4  soies.  Scutum  :  12  +  12  M  ;  les  s 
ainsi  que  les  s  médianes  a  et  b  sont  absentes  ;  il  peut  y  avoir  2-3  soies 


Parajapyx  (Parajapyx)  condei  n.  sp.„  $  st.  III.  —  1.  Pronotum,  e  =  71  p..  —  2.  Mé- 
sonotum,  e  =  71  p,.  —  3.  Urotergite  1,6  =  71  p..  —  4.  Urotergites  7  à  10,  e  =  71  |x. 
—  5.  Acropyge,  e  =  22  jx.  —  6.  Cerque  droit,  e  =  71  [i.  —  7.  Détail  de  la  marge 
interne  du  cerque  droit,  e  =  22  [X.  —  8.  Détail  des  plaques  d’évaporation  et  des 
tubercules  du  cerque  droit,  e  =  31  |x.  —  9.  Urosternite  1,  e  =  71  jx.  —  10.  Organe 
subcoxal  latéral  gauche, V=  22  p,.  —  11.  Urosternite  2.  e  =  71  p..  — 12.  Hypopygc, 
e  =  22  p.. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  1,  1953. 


7* 


—  100  — 


supplémentaires  sur  chaque  moitié  d’un  sternite,  mais  elles  sont  extrême¬ 
ment  variables  et  jamais  symétriques  ;  quelques  exemplaires  ont  sur 
certains  sternites  une  très  courte  soie  médiane  supplémentaire,  pouvant 
être  homologuée  à  la  soie  b. 

Styles  assez  allongés,  aigus  ;  la  soie  recourbée  des  styles  1  à  3  égale  les  3/4 
de  la  soie  droite  typique. 

Vésicules  exsertiles  des  sternites  2  et  3  assez  petites,  rondes,  à  rebords 
nets. 

Hypopyge.  Ses  bords  latéraux  sont  légèrement  sinueux  ;  le  sinus  médian 
est  profond,  à  bords  divergents,  armés  de  dents  plus  ou  moins  aiguës, 
disposées  sur  2  rangées  superposées. 

Cerques.  —  Un  peu  plus  longs  que  les  9/10  (92/100),  de  la  partie  nor¬ 
malement  découverte  du  tergite  10,  à  peu  près  2  fois  1/3  aussi  longs  que 
larges  à  la  base,  leur  largeur  au  niveau  de  la  d3  vaut  les  30-32/100  de  leur 
longueur  ;  ils  sont  arqués  à  l’extrémité  distale  qui  est  aiguë  ;  sinus  assez 
profond  entre  d1  et  d2  ;  d1  très  forte,  en  crochet,  la  plus  grosse  de  toutes, 
d3  la  plus  petite,  tuberculiforme,  les  autres,  sensiblement  toutes  de  même 
taille,  aiguës,  à  sommet  dirigés  vers  la  base  du  cerque  ;  un  épaulement 
postérieur  aux  d3,  d4  et  d5  ;  un  minuscule  épaulement  antérieur  aux  d3  ; 
d3  plus  près  de  d3  que  de  d3,d3  plus  près  de  d4  que  de  d2,  d4  plus  près  de  d5 
que  de  d3  ;  intervalle  d3-d3  de  1/10  plus  grand  que  l’intervalle  d3-dt,  lui- 
même  de  2/9  plus  grand  que  l’intervalle  d3-d3. 

Plaques  d’évaporation  inégales  ;  une  grosse  située  tout  contre  la  soie  b, 
en  avant  de  la  ligne  joignant  cette  soie  à  la  soie  c  ;  8  à  13  petites  en  arrière 
de  la  grosse  ;  sur  le  territoire  limité  par  les  plaques,  la  d3  et  l’angle  basal 
interne  du  cerque,  il  y  a  un  certain  nombre  de  petits  tubercules  arrondis. 

Chétotaxie  typique  ;  la  soie  d  semble  être  toujours  absente. 

Partie  hyaline  basale  de  chaque  cerque  présentant  du  côté  interne 
1-3  tubercules  superposés. 

Affinités.  —  Cette  espèce  est  très  voisine  de  P.  (P.)  normandi 
Pagès  de  Tunisie  (le  Kef).  On  l’en  distinguera  aisément  en  faisant 
appel  à  la  chétotaxie  tergale  de  l’abdomen,  aux  organes  subcoxaux, 
ainsi  qu’à  la  forme  et  à  la  disposition  des  plaques  d’évaporation 
des  cerques. 

2.  —  Parajapyx  (Grassjapyx)  priesneri  n.  sp. 

2  $  st.  II,  longues  de  2,5  mm.  ;  1  1.  st.  I,  longue  de  2  mm. 

Tête.  —  Vertex  :  13  +  13  soies  de  toutes  tailles.  Pli  oral  :  4-5  soies 
assez  longues  ou  courtes.  Antennes  typiques,  de  18  articles  peu  pileux. 
Labium,  maxiles  et  mandibules  typiques. 

Thorax.  —  Face  tergale.  Pronotum  sans  .sq  ni  s3.  Métanotum  avec 
1  — |-  1  soies  sur  le  préscutum.  Le  reste  de  la  chétotaxie  est  typique. 

Face  sternale.  Préstemite  du  métanotum  avec  4+4  soies.  Plages 
médianes  des  sternites  des  méso-  et  métasternum  avec  2  +  1  +  2  soies,  la 
médiane  étant  postérieure.  Les  autres  sclérites  sont  typiques. 

Pattes  peu  pileuses  ;  les  1  +1  soies  apicales  sternales  des  tarses  simples^ 
aiguës,  atteignant  sensiblement  la  moitié  de  la  longueur  des  griffes. 


—  101  — 


Abdomen.  —  Tergites.  Tergite  1  sans  s3.  Tergites  2-7  sans  s3  ni  s4  ; 
un  exemplaire  présente  cependant  une  s3  très  courte  sur  la  moitié  droite 
du  tergite  3.  Tergite  8  sans  ni  s4.  Tergite  9  sans  s2.  Tergite  10  sans  Mlt 
et  s8.  Le  reste  de  la  chétotaxie  est  typique  ;  notons  cependant  que  sur 
les  tergites  2-7  :  1°  les  M6  sont  très  courts,  très  souvent  absents  sur  une 


Parajapyx  (Grassjapyx)  priesneri  n.  sp.,  $  st.  II.  —  13.  Protnoum,  e  =  100  jx.  — 
14.  Mésonotum,  e  =  100  jx.  —  15.  Urotergite  i,e  =  100  |x.  — 16.  Urotergites  7  à  10,  e 
=  100  p.  —  17.  Acropyge,  e  =  44  |x.  —  18.  Cerque  droit,  e  =  100  jx,  —  19.  Détail  de 
la  marge  interne  du  cerque  droit,  e  —  44  jx.  —  20.  Détail  des  plaques  d’évaporation, 
e  =  44  jx.  —  21.  Urosternite  1,  e  =  100  jx.  —  22.  Organe  subcoxal  latéral  gauche,  e 
=  44  {X.  —  23.  Urosternite  3,  e  =  100  jx.  —  24.  Hypopyge,  e  —  44  jx. 


—  102  — 


moitié  d’un  tergite  ou  même  des  2  ;  2°  les  paires  de  s4  et  s2  sont  rarement 
présentes  simultanément.  Les  soies  supplémentaires  sont  au  nombre  de  : 
1°  1  +  1  sur  le  tergite  8  ;  2°  1  +  1  sur  le  tergite  10. 

Les  tergites  8  et  9  sont  respectivement  1  fois  3/10  et  2  fois  1/2  aussi 
larges  que  longs  ;  le  10e  est  environ  1  fois  2/5  aussi  long  que  large. 

Longueurs  relatives  des  segments  8  à  10  :  68-36-100. 

Acropyge  triangulaire  à  bords  fortement  convexes,  à  sommet  aigu  ; 
face  tergale  avec  2  tubercules  situés  près  du  sommet. 

Sternite  1.  Préscutum  :  4  +  4  soies.  Scutum  :  Mg  nuis  ;  seule  la  s  mé¬ 
diane  b  est  présente  ;  5-6  +  5-6  soies  supplémentaires  en  avant  des  organes 
subcoxaux  latéraux. 

Ceux-ci  occupent  environ  le  1/3  de  la  largeur  interstylaire  et  sont  peu 
saillants  ;  7-9  soies  glandulaires  unisériées,  sensiblement  aussi  longues  que 
le  style  1  ;  l’appareil  glandulaire  n’a  pu  être  étudié  ;  5-6  soies  sensorielles 
légèrement  plus  longues  que  le  style  (21/19). 

Sternites  2-7.  Précutum  :  3  +  3  soies.  Scutum  :  Mi  nuis  ;  cependant 
une  $  présente  1  Mt  sur  la  moitié  droite  du  sternite  2  et  un  autre  sur  la 
moitié  gauche  du  sternite  7  ;  1  -)-  1  s  (s4),  une  s3  est  présente  sur  la  moitié 
gauche  du  sternite  2  de  la  ?  précédente. 

Styles  assez  allongés  ;  la  longueur  de  la  soie  recourbée  des  styles  1  à  3 
égale  celle  de  la  soie  droite  typique. 

Vésicules  exsertiles  des  sternites  2  et  3  assez  petites,  rondes,  à  rebords 
nets. 

Hypopyge.  Ses  bords  sont  légèrement  sinueux  ;  le  sinus  médian  est  assez 
profond,  large,  à  bords  divergents,  armés  de  3-4  dents  peu  aiguës. 

Cerques.  —  Environ  d’1/5  plus  courts  que  la  partie  normalement 
découverte  du  tergite  10  (16/19),  environ  2  fois  1/8  aussi  longs  que  larges 
à  la  base  (32/15),  assez  arqués  à  l’extrémité  distale  qui  est  aiguë  ;  la< 
plus  grosse  de  toutes,  d3  plus  grosse  que  d3,  d4  ou  d3,  ces  3  dernières  étant 
subégales  ;  toutes  les  d  possèdent  un  épaulement  postérieur,  celui  de  d3 
étant  insignifiant  ;  les  dv  d3  et  d4  ont  en  outre  un  épaulement  antérieur  ; 
toutes  les  d  ont  leur  sommet  dirigé  vers  la  base  des  cerques  ;  intervalle 
d1-d3  de  1/3  plus  grand  que  l’intervalle  d3-d3,  lui-même  légèrement  plus 
grand  (19/17)  que  l’intervalle  d3-dt  ;  celui-ci  à  son  tour  plus  de  1/5  plus 
grand  que  l’intervalle  d3-db. 

Plaques  d’évaporation,  subégales,  assez  petites  ;  il  y  en  a  une  seule  chez 
la  h,  3-4  chez  les  Ç. 

Chétotaxie  typique. 

Partie  hyaline  basale  avec  1-2  tubercules. 

Affinités.  —  Cette  espèce  est  facilement  reconnaissable  par  la 
forme  et  l’armature  de  ses  cerques.  Ceux-ci  la  rapprochent  du  groupe 
de  P.  (G.)  vinci guerranus  Silv.  de  Côte  d’ivoire  et  de  Guinée  et  de 
P.  [G.)  dundoanus  Pagés  d’Angola  ;  on  séparera  priesneri  de  ces  formes, 
par  :  1°  la  chétotaxie  tergale  ;  2°  l’acropyge  ;  3°  les  organes  sub¬ 
coxaux  latéraux  ;  4°  le  détail  de  l’armature  de  la  marge  interne  des. 
cerques. 


(à  suivre).. 


Floraisons  les  plus  intéressantes  observées 

DANS  LES  SERRES  DU  MUSÉUM  PENDANT  L'ANNÉE  1952  1 
Par  A.  Guillaumin  et  H.  Rose. 


Dicotylédones  : 


i 


Aldasorca  guttata  Guillaum. 
Anacampseros  Baeseckei  Dinter. 
Aylostera  deminuta  Backeb. 
Bégonia  caroliniaefolia  Regel. 
Clitoria  ternatea  L.  (Nlle  Calédonie, 
(Guillaumin  f.  189,  1951). 
Conophytum  ectypum  N.  E.  Br. 

—  piriforme  L.  Bolus. 

Dionaea  muscipula  Ellis. 

Echeveria  clavifolia  A.  Berger. 

—  Goldmanii  A.  Berger. 
Echinocereus  Ktlippelianus  Lieb- 

ner. 

Echinopsis  mirabilis  Spegazz. 
Euphorbia  Cooperi  N.  E.  Br. 

—  tubiglans  Marloth. 

—  valida  N.  E.  Br. 

Gibbaeum  pilosulum  N.  E.  Br. 

X  Graptoveria  calva  Gossot  ( Grap- 
tophyllum  arizonicum  X  Echeve¬ 
ria  pulvinata). 

Gymnocalycium  Bruchii  Hosseus. 

—  gibbosum  Pfeiffer. 

—  Spegazzinii  Britt.  et  Rose. 


Hamatocactus  setispinus  Britt.  et 
Rose. 

lxora  javanica  DC. 

Lithops  terricolor  N.  E.  Br. 

—  Ursulae  Oesterr. 

—  Vanzylii  L.  Bolus. 

Lobivia  Backebergii  Backeb. 

—  Hertrichiana  Backeb. 
Mamillaria  microhelia  Werd. 
Mediolobivia  aureifbra  Backeb. 

—  Mangei  Backeb. 

—  neo-haageana  Backeb. 
Monanthes  pallens  Christ. 
Ophthalmophyllum  Friedrichiae 

Dint.  et  Schwant. 

Pavonia  multiflora  S4.  Hil. 
Peperomia  rubescens  C.DC. 
Phyllocactus  strictus  Lem. 

Piper  metallicum  Hallier  f. 

Rebutia  senilis  Backb.  var.  Kraes- 
selrina  Rew. 

Rhipsalis  suarezana  Weber. 
Sarracenia  purpurea  L. 
Strombocactus  turbiniformis  Fric. 
Vohemaria  Meisseri  Buchenau. 


Monocotylédones  : 


Ancistrochilus  Rothschildianus  O’- 
Brien  (Guinée  française  :  Foulaya 
(I.  F.  A.  C.  f.  109,  1952). 
Angraecum  bilobum  Lindl. 


Anthurium  acutifolium  Engl. 

—  bogotense  Schott. 

—  scandens  Engl.  var.  violaceum 
Engl. 


1.  Les  floraisons  ayant  figuré  sur  les  listes  précédentes  ne  sont  pas  répétées,  sauf 
lorsqu’il  s’agit  de  plantes  d’importation  directe. 

Bulletin  du  Muséum,  28  série,  t.  XXV,  ne  1,  1953. 


—  104  — 


Bilbergia  ensifolia  Bak. 

Calathea  tubispatha  Hook. 

Cattleya  bicolor  Lindl.  Brésil  (Le- 
coufle  f.  214,  1951). 

Cattleya  intermedia  R.  Grah.  Brésil 
(Lecoufle  f.  214,  1951). 

Chamaedorea  lepidota  H.  Wendl. 

—  pumila  Wendl. 

Cirrhopetalum  slramineum  Teijsm. 
et  Binn. 

Cypripedium  X  Cloe  (Baron  Schroe- 
der  X  Mrs  Wm.  Mostyn)  Cowan 
1925. 

'  Cypripedium  spectabile  Salisb. 

Dendrobium  muricatum  Finet  var. 
mugnificum  Finet,  Nlle  Calédo¬ 
nie  (Guillaumin,  f.  62,  1951). 

Doritis  pulcherrima  Lindl. 

Epidendrum  difforme  Jacq.  Gua¬ 
deloupe  (donné  par  Sthélé, 
Guillaumin  f.  193,  1951). 

Epidendrum  nocturnum  Jacq. 
(donné  par  Sthélé,  Guilllau- 
min  f.  193,  1951). 

Eulophia  guineensis  Lindl.  var. 
purpurata  Reichb.  f.  Guinée 
française  (I.  F.  A.  C.,  f.  109, 
1952). 

f  Gastrorchis  Francoisii  Schltr.  Ma¬ 
dagascar  (Boiteau  f.  72,  1946). 

Jacquinella  globosa  Schltr.  Gua¬ 
deloupe  (donné  par  Stehlé, 
Guillaumin  f.  193,  1951). 

Jumellea  fragrans,  Madagascar 
(Institut  scientifique,  f.  166, 
1950). 

.  Jumellea  gracilipes  Schltr.  Mada¬ 


gascar  (Institut  scientifique 
f.  .166,  1950). 

Laelia  pumila  Reichb.  f.,  Brésil 
(Lecoufle  f.  214,  1951). 
Liparis  pulverulenta  Guillaum.  sp. 
nov.  Nlle  Calédonie  (Guillau¬ 
min  f.  139,  1951)  . 

Lislrostachys  caudata  Reichb.  f. 
Masdevallia  Reichenbachiana  En- 
dres. 

Miltonia  Clowesii  Lindl. 

Musa  Basjoo  Sieb.  et  Zucc. 
Od'ontoglossum  luteo-purpureum 
Lindl. 

—  Schlieperianum  Reichb.  f. 
Oncidium  varicosum  Lindl.  var. 

Rogersii  Reichb.  f.,  Brésil  (Le¬ 
coufle  f.  214,  1951). 

Phreatia  hypsorrhyrchos  Schltr.  N 116 
Calédonie  (Guillaumin  f.  153, 
1951. 

Pitcairnia  Palmeri  S.  Wats. 

—  punicea  Schiedw. 

Sansevieria  parva  N.  E.  Br.  Kenya 

(Guy  Babault  f.  166,  1949). 
Sophronitis  cemua  Lindl.  Brésil 
(Lecoufle  f.  214,  1951). 

Stelis  pygmaea  Cogn.  Guadeloupe 
(donné  par  Stehlé,  Guillaumin 
f.  193,  1951). 

Tillandsia  tricholepis  Bak. 

—  pulchella  Hook. 

—  sinuosa  L.  B.  Smith. 

—  streptocarpa  Bak. 

—  usneoides  L. 

Vriesa  imperialis  Morr.  ex.  Bak. 
non  Lem. 


—  105  — 


Diffusion  de  veau  de  percolation 

DANS  LES  SABLES  SAHARIENS 
Par  Jean-Marie  Turmel. 


C’est  en  effectuant  des  mesures  de  percolation,  relatées  dans  un 
précédent  article  1,  que  je  me  suis  aperçu  que  cette  méthode  d’humi¬ 
dification  des  sables  permettait  d’obtenir  en  dessous  du  cylindre  des 
masses  sableuses  humides  de  formes  bien  définies  qui,  grâce  à  leur 
structure  propre,  pouvaient  fournir  nombre  de  renseignements  sur 
la  structure  des  dunes.  En  effet  en  dessous  du  cylindre  (de  6  cm  de 
diamètre  enfoncé  de  5  cm)  on  trouve,  après  les  versements  relatifs 
aux  expériences  de  percolation,  une  masse  de  sable  humidifiée  de 
taille  et  de  forme  variable,  suivant  les  expériences,  et  présentant  des 
strates  qui  ainsi  figées  par  l’humidité  permettent  l’étude  de  la  struc¬ 
ture  de  ces  dunes. 

Dans  le  cas  le  plus  simple  c’est-à-dire  dans  le  cas  d’une  surface 
horizontale  avec  couches  internes  horizontales  on  trouve  une  masse 
sableuse  humide  ayant  la  forme  d’une  coupole  renversée,  d’une 
lentille  plus  ou  moins  surbaissée  dont  la  hauteur  est  légèrement 
inférieure  au  rayon  maximum.  D’autre  part  il  faut  remarquer 
l’existence  de  strates  plus  ou  moins  serrées  provoquant  des  indenta¬ 
tions  plus  ou  moins  accusées  dans  le  contour  général  de  la  lentille. 
Ces  masses  de  sable  qui  ne  sont  donc  pas  parfaitement  homogènes 
présentent  des  plans  de  clivage  très  nets.  Ces  surfaces  de  clivage 
séparant  des  masses  compactes  sont  dues  à  de  très  fines  couches  de 
sables  qui  ne  sont  pas  mouillées  autant  que  les  autres  et  présentent 
de  ce  fait  des  surfaces  de  moindre  cohésion. 

La  diffusion  de  l’eau  qui  se  fait  à  partir  de  la  surface  inférieure  du 
cylindre  de  percolation  s’effectue  donc  dans  ce  cas  d’une  manière 
parfaitement  régulière  dans  toutes  les  directions  mais,  en  profon¬ 
deur,  l’eau  rencontrant  la  succession  des  couches  alternées  parfaite¬ 
ment  horizontales,  il  en  résulte  un  certain  retard  par  rapport  à  la 
diffusion  horizontale,  malgré  la  pesanteur.  Ainsi  on  remarque  (cf. 
tableau  n°  2,  ligne  5)  que  les  hauteurs  des  lentilles  sont  ou  inférieures 
ou  au  plus  égales  au  rayon  des  lentilles  la  différence  étant  d’autant 
plus  marquée  que  la  taille  de  la  lentille  est  plus  grande,  c’est-à-dire 

1.  La  percolation  dans  les  sables.  —  IL  Recherches  préliminaires  dans  les  divers 
milieux  du  sahara  occidental.  Bull.  Mus.  Paris,  2e  sér.,  t.  XXIV,  p°  6,  pp.  608-615- 
4.  tabl  ,  1  fig.,  1952. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  1,  1953. 


—  106  — 


que  le  nombre  de  couches  que  doit  traverser  l’eau  augmente,  l’eau 
prenant  un  certain  «  retard  »  au  passage  de  chacune  des  couches. 

Des  mesures  d’humidité,  faites  par  prélèvements  en  tubes  scellés 
montrent,  comme  l’indique  le  tableau  suivant  (n°  1),  que  les  pour¬ 
centages  en  poids  sont  aux  environs  de  10  %  dans  la  partie  mouillée, 
très  différents  des  teneurs  en  eau  naturelles  relevées  avant  ces  expé¬ 
riences  et  juste  dans  les  mêmes  endroits.  Cependant  la  répartition  de 
l’eau  dans  ces  lentilles  n’est  pas  tout  à  fait  uniforme  ;  ainsi  les 
sables  contenus  dans  là  partie  inférieure  du  cylindre  et  ceux  qui  se 
trouvent  immédiatement  en-dessous  ont  des  valeurs  légèrement  plus 
fortes  que  dans  les  autres  parties  de  la  lentille  :  la  raison  en  est  bien 
simple  :  entourés  de  tous  côtés  par  des  sables  humides,  les  sables  du 
centre  de  la  lentille  se  ressuient  plus  lentement  que  les  autres  ;  il  est 
d’ailleurs  courant  de  voir,  lorsque  l’on  brise  une  de  ces  lentilles, 
les  sables  du  centre  très  imbibés  d’eau  (ces  sables  ont  tendance  à 
s’égoutter),  alors  qu’il  n’y  a  pas  trace  apparente  d’eau  libre  dans  les 
autres  parties  de  la  lentille.  Ces  résultats  sont  résumés  dans  le 
tableau  n°  1  ci-contre  : 

Tableau  n°  1. 


Teneur  en  eau  des  sables  à  différentes  profondeurs  avant  et  après 
leur  humidification  pour  trois  séries  d’expériences. 


N°  de  l’expérience 

52/3/18/1 

52/3/18/3 

52/3/18/2 

avant 

après 

avant 

après 

avant 

après 

dessous 

Surface  . 

0,1 

_ 

0,1 

n,i 

0,2 

_ 

_ 

En  profondeur  5  cm. .  . . 

0,2 

12,8 

—  • 

11,2 

— 

10,0 

— 

—  10  cm.  . . 

1,0 

10,5 

— 

9,3 

0,2 

— 

— 

—  15  cm.  .  . 

— 

'  -  s 

— 

— 

— 

— 

0,3 

—  20  cm  .  . . 

— 

— 

— 

— 

1,1 

— 

— 

—  40  cm  .  . . 

— 

— 

— 

— 

1,9 

— 

'  , - 

—  60  cm  .  . . 

— 

— 

— 

— 

1,9 

— 

— 

Bord  de  la  lentille . 

— 

— 

— 

8,0 

— 

7,0 

— 

Moyenne  de  l’humidité  dans  la  lentille  (8  valeurs) . . .  9,9 


Une  série  de  mesures  a  été  faite  pour  connaître  les  volumes  de 
sables  touchés  par  l’eau  suivant  le  nombre  de  versements.  C’est  ce 
qui  est  relaté  dans  le  tableau  n°  2  et  le  graphique  ci-contre  : 


t 


—  107  — 

Tableau  n0  2. 

Caractéristiques  des  masses  de  sable  mouillé  suivant 
les  volumes  d’eau  versé. 


Nb.  de  versement 

1 

2 

3 

4 

5 

6 

8 

9 

10 

15 

20 

Moy  enn 

Eau  versée . 

50 

100 

150 

200 

250 

300 

400 

450 

500 

750 

1.000 

Diamètre . 

12 

14 

16 

20 

22 

25 

27 

27 

31 

33 

Hauteur . 

5 

7 

8 

7 

8 

8 

8 

8,5 

10 

11,5 

Rapp.  Diaml/Haut.  . 

2,4 

2,0 

2,0 

2,8 

2,7 

3,1 

3,4 

3,2 

3,1 

2,9 

Volume  approché...  . 

140 

500 

826 

1.164 

1.540 

2.070 

2.640 

3.050 

3.280 

4.945 

6.440 

Poids  sable  sec . 

225 

800 

1.320 

1.860 

2.460 

3.310 

4.220 

4.880 

5.250 

7.910 

10.300 

j 

Pourcent  d’eau . 

18,2 

11,1 

10,2 

9,7 

9,3 

8,3 

8,6 

8,4 

8,7 

8,7 

8,8 

9,0* 

Rapport  vol.  sable 

sur  vol.  eau . 

2,8 

5,0 

5,5 

5,8 

6,0 

6,9 

6,6 

6,8 

6,5 

6,6 

6.4 

' 

6,3* 

*  Ces  valeurs  de  9,0  et  6,3  sont  obtenues  en  ne  tenant  pas  compte  des  résultats 
après  un  unique  versement,  l’eau  ne  se  répandant  pas  alors  à  l’extérieur  du  cylindre  ; 
en  tenant  compte  au  contraire  de  ces  valenrs  on  aurait  respectivement  9,9  et  5,9. 


Ces  résultats  montrent  que  le  phénomène  de  mouillabilité  des 
sables  peut  être  représenté  assez  vraisemblablement  par  une  droite 
dans  un  plan  coordonné  dont  les  ordonnées  correspondent  aux  volumes 
d’eau  versée  et  de  sable  mouillé  et  les  abscisses  au  nombre  de  verse¬ 
ments  effectués.  On  peut  conclure,  malgré  l’imprécision  de  ces  mesures 
que  le  volume  de  sable  touché  par  l’eau  est  égal  à  environ  six  fois  le 
volume  d’eau  versé  (6,3  comme  moyenne). 

D’autre  part  en  connaissant  le  poids  spécifique  du  sable  (800  gr 
pour  50f)  cm3),  on  peut  calculer  la  masse  de  sable  touchée  et  de  là  en 
déduire  le  pourcentage  d’humidité  en  poids  de  ces  sables  ainsi 
humectés.  On  trouve  pour  les  différents  versements  les  valeurs  con¬ 
signées  dans  le  tableau  n°  2  à  la  huitième  ligne  ;  si  l’on  compare  ces 
résultats  à  ceux  trouvés  expérimentalement  réunis  dans  le  tableau 
n°  1,  on  voit  qu’ils  sont  assez  semblables,  ce  qui  permet  de  conclure  à 
la  constance  du  phénomène  d’humidification  dans  ces  sables.  Cette 
teneur  en  eau  (très  voisine  de  9  %)  correspond  à  la  capacité  de 
rétention  de  ces  sols  (cf.  le  graphique). 

En  résumé  ces  premiers  résultats  montrent  donc  que  l’eau  ne 
diffuse  pas,  du  moins  au  début,  par  petites  quantités  dans  un  grand 
volume.  Au  contraire  elle  diffuse  rapidement  pour  occuper  un  volume 
de  sol  environ  6,5  fois  plus  grand  que  le  sien  en  donnant  des  pourcen¬ 
tages  en  poids,  dans  ces  sables  ainsi  mouillés,  autour  de  10  %.  La 
limite  entre  ces  deux  sables  (l’un  mouillé,  l’autre  sec,  est  toujours 
très  nettement  marquée  et  entre  deux  points  l’un  extérieur  et  l’autre 


intérieur  à  la  lentille,  distants  de  moins  de  1  cm,  on  trouve  régulière¬ 
ment  des  différences  de  7  %. 

Tous  ces  résultats  ont  été  obtenus  sur  des  structures  très  simples 
(cf.  dessin  n°  1)  mais  d’autres  formes  delentilles  se  présentent  suivant 
que  la  structure  des  dunes  est  plus  ou  moins  complexe.  Un  autre  cas 
assez  simple  est  celui  où  les  couches  au  lieu  d’être  horizontales  et 
parallèles  à  la  surface  sont  en  pente  plus  ou  moins  forte  et  sont 


'«1 


plus  ou  moins  serrées  (la  surface  du  sol  étant  encore  sensiblement 
horizontale).  Comme  dans  le  premier  cas  ces  masses  de  sable  ne  sont 
pas  parfaitement  homogènes  et  présentent  des  plans  de  clivage  très 
nets  ;  pour  ce  qui  est  de  leur  forme,  elle  est  ici  non  plus  celle  d’une 
demi-coupole  mais  celle  d’un  ellipsoide  de  révolution  presque  sphé¬ 
rique  dont  le  grand  axe  prolonge  celui  du  cylindre  ;  cet  ellipsoide 
possède  toutesfois  une  légère  dissymétrie,  une  petite  augmentation 
des  diamètres  du  côté  du  pendage  des  couches  comme  l’indique  le 
dessin  n°  2.  La  régularité  de  la  forme  extérieure  de  la  lentille  est 
surtout  fonction  du  rapprochement  des  couches  humides  et  sèches  ou 


—  109 


mieux  de  leur  peu  d’épaisseur  et  de  leur  régularité.  Cette  difformité 
dans  la  forme  même  de  cet  ellipsoide  confirme  bien  l’idée  du  «  retard.  » 
de  l’eau  de  diffusion  au  passage  dé  chacune  des  couches  ;  mais  il 
faut  remarquer  que  ce  retard  est  d’autant  plus  faible  que  les  couches 
sont  plus  fines.  Les  nombreuses  indentations  que  l’on  remarque  dans 
les  lentilles  à  couches  épaisses  (cf.  dessin  n°  3)  sont  provoquées  par  le 
même  phénomène  :  certaines  couches  diffusant  horizontalement 
mieux  les  unes  que  les  autres.  Ce  phénomène  est  encore  plus  accentué 
quand  on  est  en  présence  d’une  structure  complexe  et  que  plusieurs 


séries  de  couches  s’intersectionnent  :  les  sables  humidifiés  forment 
alors  des  masses  aux  formes  très  diverses  (cf.  dessin  n°  4)  qui 
soulignent  encore  s’il  en  était  nécessaire  le  pendage  des  différentes 
couches. 

Quelles  sont  les  raisons  de  ces  différences  de  vitesse  de  diffusion 
et  d’humidification  suivant  les  différentes  couches  ? 

Deux  hypothèses  viennent  à  l’esprit.  Ou  bien  l’on  est  en  présence 
de  deux  types  de  sables  (cela  est  parfois  vrai  sur  le  bord  des  ergs) 
ayant  des  différences  assez  sensibles  de  granulométrie  et  surtout  de 
mouillabilité  ou  bien  interviennent  soit  des  phénomènes  d’arrange¬ 
ment  des  grains  de  sable  les  uns  par  rapport  aux  autres,  soit  encore 
des  forces  électriques  dont  les  grains  seraient  chargés  différemment 
suivant  les  différentes  couches  de  sable,  soit  enfin  des  différences  de 
teneur  en  air  :  il  y  aurait  dans  ce  dernier  cas  des  «  bouchons  capil¬ 
laires  »  d’air  qui  alors  empêcheraient  la  diffusion.  Autant  d’hypo¬ 
thèses  que  l’on  ne  peut  qu’émettre  aujourd’hui  et  qu’il  faudra 
essayer  de  vérifier  un  jour  soit  par  l’expérience  en  maquette  au  labo¬ 
ratoire  soit  par  des  micromesures  in  situ. 

Laboratoire  de  Culture  du  Muséum. 


Le  Gérant  :  Marc  André. 


ABBEVILLE. 


IMPRIMERIE  F.  PAILLART. 


20-4-1953. 


RÈGLEMENT 


Le  Bulletin  du  Muséum  est  réservé  à  la  publication  des  travaux  faits 
dans  les  Laboratoires  ou  à  l’aide  des  Collections  du  Muséum  national 
d’Histoire  naturelle. 

Le  nombre  des  fascicules  sera  de  6  par  an. 

Chaque  auteur  ne  pourra  fournir  plus  d’une  1/2  feuille  (8  pages  d’im¬ 
pression)  par  fascicule  et  plus  de  2  feuilles  (32  pages)  pour  l’année.  Les 
auteurs  sont  par  conséquent  priés  dans  leur  intérêt  de  fournir  des  manus¬ 
crits  aussi  courts  que  possible  et  de  grouper  les  illustrations  de  manière 
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charge  des  auteurs  ;  ils  doivent  être  remis  en  même  temps  que  le  manuscrit, 
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suivant. 

Les  frais  de  corrections  supplémentaires  entraînés  par  les  remanie¬ 
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Il  ne  sera  envoyé  qu’une  seule  épreuve  aux  auteurs,  qui  sont  priés  de  la 
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Les  auteurs  reçoivent  gratuitement  25  tirés  à  part  de  leurs  articles.  Ils 
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mentaires  qu’ils  pourraient  désirer  (à  leurs  frais). 

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( Nouveaux  prix  pour  les  tirages  à  part  et  à  partir  du  Fascicule  n°  1  de  1950 ) 


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8  pages .  65  fr.  75  89  fr.  75 


Ces  prix  s’entendent  pour  des  extraits  tirés  en  même  temps  que  le 
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Les  commandes  dépassant  50  exemplaires  ne  pourront  être  acceptées 
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ÉDITIONS 


DU 

MUSÉUM  NA.TIONA.L  D’HISTOIRE  NATURELLE 

36,  RUE  GEOFFROY-SAINT- H  IL  AIRE  j  PARIS  Ve 


Archives  du  Muséum  national  d’Histoire  naturelle  (commencées  en  1802 
comme  Annales  du  Muséum  national  d'Hisloire  naturelle). 

Bulletin  du  Muséum  national  d’Histoire  naturelle  (commencé  en  1895). 
(Un  vol.  par  an,  abonnement  annuel  France,  1500  fr.,  Etranger,  2200  fr.). 

Mémoires  du  Muséum  national  d’Histoire  naturelle ,  nouvelle  série  com¬ 
mencée  en  1936.  (Sans  périodicité). 

Publications  du  Muséum  national  d’Histoire  naturelle.  (Sans  périodicité 
fixe  ;  paraît  depuis  1933). 

Index  Seminum  Horti  parisiensis.  (Laboratoire  de  Culture  ;  paraît 
depuis  1822  ;  échange). 

Notulæ  Systematicæ.  (Directeur,  M.  H.  Humbert,  Laboratoire  de  Phanéro- 
gamie  ;  paraît  depuis  1909  ;  abonnement  au  volume,  France,  600  fr.  ; 
Etranger,  900  fr.). 

Revue  française  d’ Entomologie.  (Directeur  M.  le  Dr  R.  Jeannel,  Laboratoire 
d’Entomologie  ;  paraît  depuis  1934  ;  abonnement  annuel,  France,  500  fr., 
Etranger,  600  fr.). 

Bulletin  du  Laboratoire  maritime  du  Muséum  national  d’Histoire  naturelle 
à  Dinard.  (Directeur  M.  E.  Fischer-Piette,  Laboratoire  maritime  de 
Dinard  ;  suite  du  même  Bulletin  à  Saint-Servan  ;  paraît  depuis  1928  ; 
prix  variable  par  fascicule). 

Bulletin  du  Musée  de  l'Homme.  (Place  du  Trocadéro  ;  paraît  depuis  1931  ; 
prix  du  numéro  :  5  fr.  ;  adressé  gratuitement  aux  Membres  de  la 
Société  des  Amis  du  Musée  de  l’Homme  :  Cotisation  annuelle,  30  fr.). 

Recueil  des  travaux  du  Laboratoire  de  physique  végétale.  (Laboratoire  de 
Chimie  ;  Section  de  Physique  végétale  ;  paraît  depuis  1927  ;  échange). 

Travaux  du  Laboratoire  d’Entomologie.  (Laboratoire  d’Entomologie  ;  paraît 
depuis  1934  ;  échange). 

Revue  de  Botanique  appliquée  et  d’ Agriculture  coloniale.  Directeur  :  M.  A. 
Chevalier,  Laboratoire  d’Agronomie  coloniale  ;  paraît  depuis  1921. 
Abonnement  annuel  :  1000  fr. 

Revue  Algologique.  (Directeur  M.  R.  Lami,  Laboratoire  de  Crypto¬ 
gamie  ;  paraît  depuis  1924  ;  abonnement,  France,  400  fr.,  Etranger 
600  fr.). 

Revue  Bryologique  et  Lichénologique.  (Directeur  Mme  Allorge,  Laboratoire 
de  Cryptogamie  ;  paraît  depuis  1874  ;  abonnement,  France,  600  fr., 
Etranger,  900  fr.). 

Revue  de  Mycologie  (anciennement  Annales  de  Cryptogamie  exotique ). 
(Directeur  M.  Roger  Heim,  Laboratoire  de  Chryptogamie.  Paraît  depuis 
1928  ;  abonnement  France  et  territoires  d’Outre-Mer,  500  fr.,  Etranger, 
800  fr. 

Mammalia,  Morphologie,  Riologie,  Systématique  des  Mammifères,  (Direc¬ 
teur  M.  Ed.  Dourdelle  ;  paraît  depuis  1936  ;  500  fr.  ;  Étranger,  900  fr.). 


ABBEVILLE. 


IMPRIMERIE  F.  PAILLART.  -  20-4-1953. 


Tome  XXV 


2°  Série 


MARS  1953 


SOMMAIRE 


Pages 

Communications  : 

Acli.  Urbain,  J.  Nouvel,  P.  Bullier  et  J.  Rinjard.  Rapport  sur  la  mortalité  et 
la  natalité  enregistrées  au  Parc  Zoologique  du  Bois  de  Vincennes  pendant 
l’année  1952 . . .  111 

R.  Saban.  Présence  de  l’ethmoïde  (os  planum)  dans  la  paroi  orbitaire  des 

Erinaceidae .  1  27 

J.  Berlioz.  Etude  d’une  collection  d’Oiseaux  du  Gabon .  130 

Y.  Plessis.  Méthode  pratique  et  peu  coûteuse  pour  constituer  une  collection 

de  Poissons,  Reptiles  et  Batraciens .  139 

Y.  Plessis.  Application  des  phénomènes  de  capillarité  à  l’élevage  de  petits 

animaux  marins .  140 

M.  Vachon.  Note  préliminaire  sur  les  Scorpions  collectés  au  Maroc  par  M.  J. 

Malhomme . ' .  144 

Ed.  Dresco.  Un  Opilion  nouveau  des  Monts  Cantabriques  (Espagne) .  147 

Marc  André.  Une  espèce  nouvelle  de  Leptus  (Acarien)  parasite  de  Scorpions.  150 

F.  Grandjean.  Observations  sur  les  Oribates  (25e  série) .  155 

A.  Milliers.  Types  déposés  au  Muséum  national  d’ilistoire  naturelle  par 

l’Institut  français  d’Al'rique  Noire  (4e  liste) . 163 

J.  Pagès.  Diploures  Japygidés  de  Basse-Egypte  (suite) .  169 

P.  Fauvel.  Sur  quelques  Annélides  Polychètes  d’Océanie . . .  173 

G.  Ranson  et  G.  Cherbonnier.  Appareil  génital  et  radules  de  trois  Planorbes 

africains  :  PL  gardei  Germain,  PI.  tilhoi  Germain,  Pl.  dallonii  Germain..  176 

R.  Saban.  Note  sur  un  Cardium  tuberculatum  Linné  (1758)  actuel  en  voie  de 

fossilisation .  181 

A.  Guillaumin.  Plantes  nouvelles,  rares  ou  critiques  des  serres  du  Muséum.  187 

A.  Guillaumin.  Notules  sur  quelques  Orchidées  d’Indochine  :  IV .  189 

N.  Grambast.  Sur  les  caractères  épidermiques  de  la  feuille  dans  le  genre  Sparat- 

tosyce  (Moracées) . 191 

M.  Pichon.  Additions  à  la  flore  de  l’A.  E.  F.  :  Apocynacées-Plumérioïdées. .  .  198 

M.  Pichon.  Id.  ;  Apoeynacées-Echitoïdées .  204 

R.  P.  Berhaut.  Essai  sur  les  Polycarpaea  annuels  de  l’A.  O.  F.  à  feuilles  linéaires.  206 

R.  IIoffstetter.  Caractères  dentaires  juvéniles  chez  les  Rhynchocéphales 

jurassiques,  Therctairus  et  Leptosaurus .  213 

A.  Loubière.  Les  frondes  odontoptéroïdes  du  carbonifère  et  du  terrain  per¬ 
mien .  221 

Ed.  Boureau.  Etude  paléoxylologique  du  Sahara  (XVIII).  —  Sur  un  Myrto- 
xylon  secretans  n.  gen.,  n.  sp.  des  couches  post-éocènes  d’In  Rhar  (Sahara 
Soudanais)  . - .  225 

R.  Furon.  Les  collections  géologiques  de  la  France  d’Outre-Mer  conservées  au 

Laboratoire  de  Géologie  du  Muséum .  231 

R.  Abrard.  Contribution  à  l’étude  hydrogéologique  du  Bassin  de  Paris. 

Troisième  supplément . 236 

L.  Feugueur  et  R.  Soyer,  liydrogéologie  du  Lutétien-Le  Vexin  (9e  note)..  245 

J.  Gsell.  Esquisse  géologique  de  la  bordure  orientale  de  la  cuvette  tchadienne.  253 


BULLETIN 

DU 

MUSÉUM  NATIONAL  D’HISTOIRE  NATURELLE 


ANNÉE  1953.  —  N°  2 


395®  RÉUNION  DES  NATURALISTES  DU  MUSÉUM 

5  mars  1953 


PRÉSIDENCE  DE  M.  LE  PROFESSEUR  C.  ARAMBOURG 


COMMUNICATIONS 


Rapport  sur  la  mortalité  et  la  natalité 

ENREGISTRÉES  AU  PARC  ZOOLOGIQUE  DU  BOIS  DE  VlNCENNES 
PENDANT  L'ANNÉE  1952. 

Par  Ach.  Urbain,  J.  Nouvel,  P.  Bullier  et  J.  Rinjard. 


A.  —  MORTALITÉ 

I.  —  Mammifères. 

L’effectif  du  Parc  Zoologique,  qui  était  de  563  têtes  le  1er  jan¬ 
vier  1952,  atteint  le  chiffre  de  571  au  31  décembre. 

Le  nombre  total  des  mammifères  morts  pendant  l’année,  est  de 
124,  dont  46  sujets  adultes,  20  sujets  récemment  incorporés  aux 
collections  (sur  un  total  de  63),  10  sujets  nés  au  Parc  et  âgés  de  1 
à  6  mois  (dont  2  sont  nés  en  1951  et  8  en  1952)  et  48  nouveau-nés 
ou  mort-nés. 

La  répartition  dans  le  temps  est  donnée  par  le  tableau  ci-des¬ 
sous  : 


Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


8 


112  — 


Janv. 

Fé«r. 

Mars 

Avril 

liai 

Juin 

Juil. 

Août 

Sept. 

<M. 

Not. 

Déc. 

Animaux  acclimatés. 

8 

Animaux  récemment 

importés . 

— 

1 

1 

— 

— 

— 

1 

.  2 

8 

6 

4 

J eunes  (de  1  à  6  mois) . 

— 

— 

— 

2 

— 

2 

4 

— 

— 

1 

— 

1 

Nouveau-nés  et  mort- 

nés . 

2 

5 

3 

4 

1 

7 

3 

1 

7 

5 

1  5 

2 

Totaux . 

6 

9 

6 

8 

4 

11 

12 

5 

14 

19 

15 

15 

Voici  la  liste  des  pertes  établies  selon  l’ordre  zoologique,  avec 
une  brève  mention  des  causes  de  mort. 


Ordre  des  Primates. 

Famille  des  Anthropoïdés. 

I  Gorille  ( Gorilla  gorilla  (Sav.  et  Wym.)),  arrivé  d’A.  E.  F.  depuis  un 

mois,  meurt,  cachectique,  avec  de  nombreuses  lésions  d’œsophagos- 
tomose  larvaire. 

II  Chimpanzés  ( Pan  troglodytes  (L.)),  parmi  lesquels  2  sujets  acclimatés, 

dont  un  mâle,  âgé  d’environ  12  ans,  qui  fit  une  chute  mortelle  en 
jouant  dans  sa  cage,  et  un  autre,  vivant  au  Parc  depuis  8  mois,  qui 
succomba  à  une  entérite  parasitaire  hémorragique,  et  à  l’autopsie 
duquel  on  découvrit  un  ascaris  et  de  très  nombreux  ankylostomidés 
identifiés  par  la  suite  au  Necator  americanus  (Stiles  1902).  Les 
9  autres  sujets,  très  récemment  importés,  succombèrent  à  des 
causes  diverses  :  6  d’entre  eux,  à  des  entérites  parasitaires  (  Strongy- 
loïdes  stercoralis,  Balantidium  coli),  un  à  une  entérite  de  cause  indé¬ 
terminée,  un  autre  à  une  péritonite,  et  le  dernier  à  une  pleuro¬ 
pneumonie. 

Famille  des  Hylobatidés. 

1  Gibbon  à  favoris  blancs  ( Hylobates  concolor  leucogenis  (Ogilby)),  né  au 
Parc,  meurt  à  l’âge  de  2  mois,  quelques  heures  après  un  violent 
orage. 


—  113  — 


Famille  des  Papioïdés. 

18  Babouins  (Papio  papio  (Des.)),  dont  4  sujets  acclimatés,  10  sujets 
récemment  importés,  2  jeunes  âgés  de  4  mois,  probablement  tués 
par  les  adultes,  et  2  nouveau-nés.  Une  tuberculose  généralisée,  une 
pleurésie,  une  entérite  aiguë  et  un  traumatisme  crânien,  sont  les 
causes  de  la  mort  des  4  premiers.  Les  10  sujets,  récemment  importés 
de  Guinée  Française,  ont  succombé  à  des  entérites  parasitaires. 

Famille  des  Cercopithécidés. 

1  Magot  ( Macaca  sylvanus  (L.)),  meurt  soudainement,  à  l’âge  de  5  mois, 
sans  cause  apparente. 


Ordre  des  Carnivores. 

Famille  des  Canidés. 

1  Loup  ( Canis  lupus  L.),  meurt  d’entérite  ictérohémorragique. 

1  Chacal  (Thos  aureus  anlhus  (F.  Cuvier)),  est  abattu  après  constatation 
d’une  fracture  incurable  du  maxillaire  inférieur. 

1  Renard  (Vulpes  vulpes  (L.)),  est  tué  par  lés  sujets  d’un  groupe  dans 

lequel  il  venait  d’être  introduit. 

Famille  des  Félidés. 

6  Lions  ( Felis  leo  L.)  :  deux  d’entre  eux,  nés  au  Parc,  meurent,  à  l’âge 
de  11  mois,  d’un  «  Typhus  »,  qui  n’a  pu  être  transmis  par  inoculation 
au  chat  domestique.  Les  quatre  autres,  abandonnés  par  leur  mère, 
meurent  en  quelques  jours. 

2  Tigres  (Felis  tigris  L.),  âgés  :  l’un  présente,  à  l’autopsie,  des  lésions 

d’entérite  chronique  et  l’autre  des  lésions  de  néphrite  et  de  tuber¬ 
culose  pulmonaire. 

4  Panthères  ( Felis  pardus  L.),  récemment  nées  au  Parc,  dont  trois  meurent 
dans  les  jours  qui  suivent  leur  naissance,  la  quatrième  se  dévelop¬ 
pant  jusqu’à  l’âge  de  2  mois. 

1  Puma  (Puma  concolor  (L.)),  vivant  au  Parc  depuis  11  ans,  présente,  à 
l’autopsie,  des  lésions  de  sclérose  du  foie  et  d’ascite  secondaire. 

Famille  des  Ursidés. 

1  Ours  brun  d’Europe  (Ursus  arctos  L.),  femelle,  âgée,  au  Parc  depuis 
1937  et  ayant  donné  de  nombreuses  portées,  succombe  à  une  néphrite 
.chronique. 

1  Ours  baribal  ( Euarctos  americanus  Pallas),  nouveau-né. 


Ordre  des  Pinnipèdes. 

Famille  des  Phocidés. 

1  Phôque  ( Phoca  vitulina  L.),  récemment  acquis  aux  Halles  Centrales, 
meurt  d’entérite. 


—  114 


Famille  des  Otariidés. 
1  Otarie  ( Otaria  jubata  Forster),  nouveau-née. 


Ordre  des  Ongulés. 

Sous-ordre  des  Pêrissodactyles. 

Famille  des  Equidés. 

1  Zèbre  de  Grévy  (Equus  grevyi  Oustalet),  déjà  âgé  lors  de  son  entrée 
au  Parc  en  1937,  succombe  à  une  congestion  intestinale  et  présente 
un  certain  degré  d’ossification  des  oreillettes. 


Sous-ordre  des  Artiodactyles. 

Famille  des  Hippopotamidés. 

1  Hippopotame  nain  du  Libéria  ( Chaeropsis  liberiensis  (Morton)),  né 

depuis  quelques  heures. 

Famille  des  Suidés. 

2  Sangliers  d’Europe  ( Sus  scrofa  L.),  nouveau-nés. 

4  Sangliers  d’Indochine  (Porcula  salviana  (Hodg.)),  dont  une  femelle 

qdulte  atteinte  de  paraplégie,  et  3  nouveau-nés. 

Famille  des  Booidési 

I  Buffle  de  l’Inde  ( Bubalus  bubalis  (L.)),  nouveau-né. 

5  Chèvres  naines  du  Sénégal  (espèce  domestique),  dont  4  nouveau-nées 

et  une  femelle  victime  d’une  dystocie. 

5  Mouflons  de  Corse  (Ovis  musimon  (Pallas)),  parmi  lesquels  une  femelle 
âgée,  atteinte  de  myocardite,  un  jeune  de  7  mois,  victime  d’un 
traumatisme  gangrèné,  deux  autres  jeunes,  âgés  de  2  et  3  mois,  qui 
meurent  d’entérite  et  un  mort-né. 

II  Mouflons  à  manchettes  ( Ammolragus  lervia  (Pallas)),  parmi  lesquels  il 

faut  signaler  7  cas  de  tuberculose,  et  la  mort  de  4  nouveau-nés. 

1  Nylgaut  ( Boselaphus  tragocamelus  (Pallas)),  mort-né. 

4  Oryx  algazelles  (Oryx  algazel  (Oken)),  victimes  d’une  infection  épidé¬ 

mique,  caractérisée  au  début  par  une  kérato-conjonctivite  suivie  de 
localisations  diverses. 

2  Cobs  de  Bulïon  (Adenota  Kob  (Erxleb.)),  dont  une  femelle  victime  d’une 

rupture  de  l’utérus  et  un  jeune,  de  2  mois,  atteint  de  congestion 
intestinale. 

5  Gazelles  de  l’Inde  (Antilope  cervicarpa  Pallas),  nées  au  Parc,  dont 

2  âgées  d’un  an,  présentant  des  lésions  de  rachitisme,  une  autre 
âgée  de  3  mois  meurt  sans  cause  apparente,  et  les  deux  dernières 
succombent  dans  les  jours  qui  suivent  leur  naissance. 


—  115  — 


1  Céphalophe  à  flancs  roux  ( Cephalophus  rufilatus  (Gray)),  succombe 
à  une  plaie  gangréneuse  du  membre  postérieur  gauche. 

Famille  des  Camélidés. 

1  Dromadaire  (Camelus  drompdarius  L.),  nouveau-né. 

4  Lamas  (Lama  g  lama  g  lama  L.),  dont  une  femelle  adulte,  victime  d’une 

fracture  de  l’humérus,  un  jeune  d’un  mois,  atteint  de  péricardite 
séro-fibrineuse,  et  2  nouveau-nés. 

Famille  des  Cervidés. 

1  Cerf  de  France  ( Cervus  elaphus  L.),  nouveau-né. 

3  Chevreuils  ( Capreolus  capreolus  (L.))  :  le  premier,  récemment  capturé, 
présente  des  lésions  de  myocardite,  le  second  meurt  cachectique,  et 
le  troisième  se  tue  accidentellement. 

5  Daims  ( Dama  dama  (L.)),  parmi  lesquels  une  femelle  tuée  par  un  mâle, 

une  autre  atteinte  de  néphrite  chronique,  et  3  nouveau-nés. 

2  Cerfs  axis  ( Axis  axis  (Erxleb.)),  âgés  de  24  heures. 

1  Cerf  pseudaxis  ( Sika  hortulorum  Swinhoë),  nouveau-né. 

5  Cerfs  d’Eld  ( Cervus  eldi  Guthrie),  dont  une  femelle  âgée  victime  d’une 
péritonite  traumatique,  3  nouveau-nés,  et  un  mort-né. 

1  Cerf  wapiti  (Cervus  canadensis  Erxleb.),  mort-né. 

Ordre  des  Rongeurs. 

Famille  des  Castoridès. 

1  Castor  du  Canada  ( Castor  canadensis  Kuhl.),  mâle,  vivant  au  Parc 

depuis  10  mois,  dont  le  cadavre  présente  des  lésions  de  septicémie. 

Ordre  des  Marsupiaux. 

Famille  des  Macropodidès. 

2  Kangourous  agiles  (Macropus  agilis  Gould)  :  l’un  présente,  à  l’autopsie, 

une  hépatite,  dont  la  nature  n’a  pu  être  précisée,  l’autre  une  nécrose 
au  niveau  de  la  prémolaire  inférieure  gauche  avec  abcédation  de  la 
région  sous-maxillaire. 

3  Wallabies  de  Bennett  ( Macropus  ruficollis  bennetti  (Wat.)),  dont  le 

premier  succombe  à  une  pleuropneumonie  sérofibrineuse  et  les  deux 
autres  à  des  abcès  fistuleux. 


Observations  sur  les  causes  de  la  mortalité. 

Ie  Maladies  à  virus  :  Aucun  cas  n’a  été  identifié  cette  année. 

2°  Maladies  microbiennes  :  Deux  cas  de  gangrène  ont  été  observés 
chez  un  mouflon  de  Corse  ( Ovis  musimon  (Pallas))  et  chez  un  cépha- 


—  116  — 

lophe  à  flancs  roux  ( Cephalophus  rufilatus  (Gray)).  La  «  maladie  de 
Schmorl  »  a  atteint  un  kangourou  agile  ( Macropus  agilis  Gould) 
et  2  kangourous  de  Bennett  ( Macropus  ruficollis  bennetti  (Wat.)). 

3°  La  tuberculose  a  été  constatée  à  l’autopsie  d’une  babouin 
(. Papio  papio  (Desm.)),  d’un  tigre  (Felis  tigris  L.),  et  de  sept  mou¬ 
flons  à  manchettes  ( Ammotragus  lervia  (Pallas)). 

4°  Les  maladies  parasitaires  sont  responsables,  cette  année,  d’une 
très  importante  mortalité  chez  les  primates  :  1  gorille  (  Gorilla  gorilla 


Lésions  anatomoto-pathologiques  1 


Nombre  de  cas. 


Maladies  à  virus . 

Maladies  microbiennes  (sauf  tuberculose) . 

Tuberculose . . 

Maladies  parasitaires . 

Maladies  de  la  nutrition  et  cachexies . 

Traumatismes  et  accidents  divers . 

Affections  de  l’appareil  locomoteur  (d’origine  non  trauma¬ 
tique)  . . . . 


Affections 
de  l’appareil 
digestif 


Estomac 
Intestin .. 

Foie . 

Péritoine 


Affections  j  _ 

,  ,,  ..  f  Poumon . 

de  1  appareil  ?  ... , 

.  .  .  1  Plevre .  .  . . 

respiratoire  J 

Affections  !  Endocarde . 

de  l’appareil  <  Myocarde . 

circulatoire  [  Péricrade . 

Affections  ) 

de  l’appareil  (  Rein  .  . . 

urinaire  ) 

Affections  ) 

de  l’appareil  (  Dystocie . . 

génital  ) 

Affections  ) 

du  système  >  Congestion  cérébrale 
nerveux  ) 

Affections  ) 

des  organes  >  Kérato-conjonctivite 


sensoriels  ] 

Accidents  de  l’acclimatement 
Cause  indéterminée  (adultes) 

Jeunes  et  nouveau-nés . 

Mort-nés . 


0 

5 

9 

18 

<8 

10 

0 

1 

13 

4 

4 

3 

2 

1 

3 

2 

3 


2 


1 


4 

0 

1 

39 

4 


1.  Certains  animaux,  porteurs  de  lésions  multiples,  figurent  sous  plusieurs  rubriques. 


117  — 


(Sav.  et  Wym.)),  7  chimpanzés  (Pan  trolgodytes  (L.)),.  et  10  babouins 
Papio  papio  (Desm.)),  presque  tous  récemment  importés. 

5°  Les  traumatismes  et  accidents  divers  sont  toujours  une  impor¬ 
tante  cause  de  mortalité  :  un  chimpanzé  (Pan  troglodytes  (L.))  adulte 
et  un  chevreuil  (Capreolus  capreolus  (L.))  se  blessent  mortellement, 
sans  que  nous  puissions  en  déterminer  la  cause.  Mais,  dans  la 
plupart  des  cas,  ces  accidents  sont  la  conséquence  de  rivalités 
sexuelles  :  un  babouin  ( Papio  papio  (Desm.)),  un  chacal  (Thos 
aureus  anthus  (F.  Cuvier)),  un  lama  (Lama  glama  glama  L.)  et  une 
biche  d’Eld  (Cervus  eldi  Guthrie)  ;  dans  d’autres  cas,  les  jeunes 
sont  les  victimes  de  ces  luttes,  auxquelles  ils  ne  prennent  cependant 
aucune  part  :  deux  babouins  (Papio  papio  (Desm.)),  un  mouflon 
de  Corse  (Ovis  musimon  (Pallas)),  un  mouflon  à  manchettes  (Ammotra- 
gus  lervia  (Pallas))  ;  d’autres  fois,  enfin,  ces  accidents  sont  la  consé¬ 
quence  de  la  défense  de  leur  territoire  par  les  animaux  qui  l’occupent  : 
un  renard  (Vulpes  vulpes  (L.)). 

Le  tableau  ci-dessus  résume  l’importance  relative  des  différentes 
causes  de  mortalité  enregistrées  pendant  l’année. 

t 

II.  —  Oiseaux. 

L’effectif,  qui  était  de  706  têtes  au  1er  janvier  1952,  atteint 
743  têtes  le  31  décembre. 

Le  nombre  total  des  morts,  pendant  l’année  1952,  est  de  98,  com¬ 
prenant  50  sujets  adultes  acclimatés,  10  sujets  récemment  incor- 


Janv. 

Kévr. 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

•lu  il. 

Août 

Sept. 

Oct. 

Nov. 

Déc. 

Animaux  acclimatés. 

4 

1 

2 

2 

8 

6 

2 

5 

2 

6 

8 

4 

Animaux  récemment 
importés . 

— 

2 

— 

— 

— 

— 

— 

1 

— 

1 

5 

1 

Animaux  de  1  à  6  mois. 

1 

1 

— 

— 

— 

— 

3 

1 

2 

— 

1 

— 

Sujets  nouvellement 
éclos . 

— 

— 

— 

6 

10 

7 

3 

3 

— 

— 

— 

— 

Totaux . 

5 

4 

2 

8 

18 

13 

| 

8 

10 

4 

7 

1 

14 

5 

—  118  — 


porés  à  nos  collections  (sur  un  total  de  81),  9  sujets  âgés  de  1  à  6  mois 
(dont  2  sont  nés  en  1951  et  7  en  1952)  et  29  nouvellement  éclos. 

La  répartition  mensuelle  de  la  mortalité  est  indiquée  par  le 
tableau  ci-dessus  : 

La  liste  des  oiseaux  morts  pendant  l’année  1952,  établie  selon 
l’ordre  zoologique  et  comportant  une  brève  mention  des  causes 
de  mort  est  la  suivante  : 


Ordre  des  Struthionifokmes. 

Famille  des  Struthionidés. 

2  Autruches  ( Struthio  ramelus  L.)  :  l’une  atteinte  d’entérite  hémorra¬ 
gique,  et  l’autre  victime  d’une  infection  gangréneuse  septicémique 
consécutive  à  des  traumatismes  du  cloaque. 

Famille  des  Rheidés. 

1  Nandou  gris  ( Rhea  americana  (L.)),  entré  au  Parc  en  1939,  meurt  d’enté¬ 
rite  hémorragique. 


Ordre  des  Sphénisciformes. 

Famille  des  Sphéniscidés. 

1  Manchot  papou  (Pygoscelis  papua  (F  ors  ter)),  meurt  après  15  mois  de 
captivité,  d’une  péricardite  exsudative. 

3  Gorfous  dorés  (Eudyples  chrysolophus  (Brandt)),  importés  des  Iles 
Kerguélen  au  mois  de  janvier  :  les  deux  premiers  meurent  dès  le 
mois  de  février  :  l’un  avec  des  lésions  congestives  des  organes 
internes,  l’autre  avec  des  lésions  d’entérite  aiguë,  le  troisième  est 
également  victime  d’une  entérite  aiguë,  dix  mois  après  son  arrivée. 


Ordre  des  Circoniiformes. 

Famille  des  Ardeidés. 

2  Hérons  cendrés  ( Ardea  cinerea  L.),  âgés,  meurent  cachectiques  ;  l’un 
d’eux  présente  une  arthrite  ankylosante  de  l’aile. 

1  Aigrette  garzette  (Egretta  garzetta  (L.)),  est  atteinte  de  tuberculose 
hépatique  nodulaire. 

1  Bihoreau  d’Europe  ( Nycticorax  nyclicorax  (L.)),  meurt  d’entérite. 

k 

Famille  des  T hreskiornithidés . 

2  Ibis  chauves  (Geronlicus  eremita  (L.)),  dont  l’un,  bien  acclimaté,  meurt 

d’entérite  aiguë,  l’autre,  récemment  capturé  au  Maroc,  est  victime 
d’un  accident  d’éjointage. 


—  119  — 


1  Ibis  sacré  ( Threskiornis  aethiopica  (Latham)),  vivant  au  Parc  depuis 

1935,  présente,  à  l’autopsie,  un  volumineux  abcès  de  la  rate. 

2  Ibis  roses  ( Guara  rubra  (L.) )  :  le  premier,  incorporé  et  bagué  en  1934, 

est  atteint  de  myocardite  chronique,  et  le  second,  récemment  acquis, 
succombe  à  un  accident  d’éjointage. 

3  Spatules  roses  ( Ajaja  ajaja  (L.)),  récemment  importées  :  deux  d’entre 

elles  meurent  d’entérite  aiguë,  la  troisième  de  néphrite. 

Famille  des  Ciconiidés. 

2  Cigognes  blanches  ( Ciconia  ciconia  (L.)),  dont  l’une,  née  dans  la  grande 

volière  et  âgée  de  2  mois,  se  tue  lors  de  ses  premiers  vols,  et  l’autre, 
âgée  d’un  mois,  est  trouvée  morte  sans  cause  apparente. 

1  Tantale  à  tête  blanche  (Ibis  leucocephalus  (Pennant)),  meurt  cachectique 
avec  une  myocardite  chronique. 

Famille  des  Phénicoptéridés . 

3  Flamants  du  Chili  (Phenicopterus  chilensis  Molina),  le  premier,  récem¬ 

ment  importé,  est  atteint  d’hépatite  et  de  péritonite,  le  second  meurt 
d’aspergillose  pulmonaire  et  le  troisième  d’entérite. 

Ordre  des  Ansériformes. 

Famille  des  Anatidés. 

7  Cygnes  sauvages  (Cygnus  cygnus  (L.)),  dont  un  sujet  âgé  de  2  ans,  qui 
meurt  cachectique  sans  lésions  particulières  et  6  jeunes  nouvelle¬ 
ment  éclos. 

1  Cygne  de  Bewiclc  (Cygnus  Bewickii  Yarrel),  vivant  au  Parc  depuis  1939, 
meurt  de  myocardite. 

3  Cygnes  muets  (Cygnus  olor  (Gmelin)),  dont  une  femelle  âgée,  qui  meurt 
de  péricardite  (dépôts  d’urates),  un  mâle,  né  au  Parc  en  1939,  qui  est 
victime  d’un  traumatisme  pénétrant  du  flanc  gauche,  et  un  sujet 
récemment  éclos. 

1  Cygne  noir  ( Chenopsis  atrata  (Latham)),  âgé  de  3  mois,  est  atteint  de 
rachitisme. 

1  Oie  armée  de  Gambie  { Plectropterus  gambensis  (L.)),  entrée  au  Parc 
en  1939,  est  trouvée  morte  sans  lésions  particulières. 

1  Oie  barrée  (Eulabeia  indica  (Latham))  est  tuée  par  une  cigogne  du  nid 
de  laquelle  elle  s’était  approchée. 

1  Oie  céréopse  (Cereopsis  Novae-Hollandiae  (Latham)),  âgée,  meurt  de 
sclérose  du  foie. 

1  Oie  d’Egypte  (Alopochen  aegyptiaca  (L.)),  âgée  de  3  mois,  dont  la 
cause  de  la  mort  reste  indéterminée. 

1  Oie  à  front  blanc  (Anser  albifrons  (Scopoli))),  entrée  au  Parc  en  1939, 
succombe  à  une  entérite  chronique. 

1  Oie  de  Guinée  ( Cygnopsis  cygnoïd  (L.)),  âgée,  présente  une  sclérose 
ancienne  du  foie. 


—  120  — 


1  Bernache  du  Canada  ( Branta  canadensis  (L.) ) ,  jeune,  meurt  de  para¬ 
plégie,  quelques  jours  après  l’éjointage. 

6  Bernaches  nonnettes  (Branta  leucopsis  (Bechst.)),  dont  un  sujet  âgé 
atteint  d’hépatite  chronique  et  5  sujets  nouvellement  éclos. 

1  Casarca  roux  (Casarca  ferruginea  (Pallas)  ) ,  victime  d’un  accident  de 
ponte. 

1  Dendrocygne  veuf  (Dendrocygna  viduata  (L.)),  succombe  à  une  hémor¬ 
ragie  interne  de  cause  indéterminée. 

15  Canards  sauvages  (Anas  platyrhynchos  L.),  nouvellement  éclos. 

1  Canard  peposaca  (Metopiana  peposaca  Vieillot),  alteint  de  myocardite- 

2  Canards  carolins  (Aix  sponsa  (L.)),  :  l’autopsie  du  premier  révèle  un 

abcès  froid  de  la  paroi  costale  et  une  hémorragie  périsplénique, 
l’autre  est  un  sujet  récemment  éclos. 

1  Canard  pilet  ( Anas  acuta  L.),  meurt  d’entérite  chronique.  ^ 

1  Canard  souchet  ( Spatula  clypeata  L.),  meurt  de  péritonite. 


Ordre  des  Gallifûrmes. 

Famille  des  Phasianidés. 

1  Faisan  à  collier  ( Phasianus  colchicus  L.),  meurt  de  tuberculose. 

4  Faisans  argentés  (Gennaeus  nycthemerus  (L.)),  parmi  lesquels  un  mâle 
très  âgé  meurt  de  sclérose  du  foie,  une  femelle  se  noie,  un  jeune, 
âgé  de  4  mois,  est  tué  par  un  jabiru  et  un  autre  meurt  à  l’âge  de 
3  semaines. 

1  Faisan  doré  ( Chrysolophus  pictus  L.),  mâle,  est  tué  par  d’autres  mâles. 

1  Perdrix  du  Maroc  ( Alectoris  barbara  (Bonn.)),  entrée  en  1937,  est  atteinte 

de  sclérose  du  foie. 

4  Paons  ordinaires  (Pavo  cristatus  L.),  parmi  lesquels  2  mâles  âgés,  qui 
meurent,  cachectiques,  avec  des  lésions  d’entérite  chronique,  1  femelle 
âgée,  qui  meurt  de  tuberculose  hépatique,  et  1  jeune,  âgé  de  3  mois, 
victime  d’une  hémorragie  après  éjointage. 

2  Paons  blancs  (Pavo  cristatus  L.,  var.  albà),  dont  un  adulte  mâle  porteur 

d’un  volumineux  abcès  du  foie  et  un  jeune  de  6  mois  mort  acciden¬ 
tellement. 

1  Pintade  (Numida  meleagris  (L.))  atteinte  de  tuberculose  nodulaire  du 
foie. 

Famille  des  Méléagridés. 

4  Dindons  sauvages  (Meleagris  gallopavo  L.),  dont  2  sujets  âgés,  qui  pré¬ 
sentent,  l’un  des  lésions  d’entérite  et  de  myocardite  chroniques, 
l’autre,  une  plaie  accidentelle  infectée,  et  2  sujets  jeunes,  l’un  tué 
accidentellement  à  5  mois  et  l’autre  qui  meurt  sans  cause  apparente 
à  2  mois. 

* 

Famille  des  Cracidés. 

1  Hocco  à  bec  de  rasoir  (Mitu  tomentosa  (Spix)),  entré  au  Parc  en  1934, 
meurt  de  tuberculose  hépatique. 


1 


121  — 


Ordre  des  Gruiformes. 

Famille  des  Gruidés. 

1  Grue  de  Numidie  (Anthropoïdes  virgo  (L.) ) ,  est  atteinte  d’entérite 
chronique. 

1  Grue  blanche  asiatique  (Grus  leucogeranus  Pallas),  vivant  au  Parc  depuis 
1936,  présente,  à  l’autopsie,  une  tumeur  du  foie. 

Famille  des  Rallidés. 

3  Poules  sultanes  de  Madagascar  (Porphirio  madagascariensis  (Latham)), 
meurent  quelques  semaines  après  leur  arrivée  au  Parc. 


Ordre  des  Charadriiformes. 

Famille  des  Laridés. 

1  Goéland  argenté  (Larus  argentatus  Pontop.)  meurt  d’une  entérite  aiguë. 
1  Mouette  rieuse  (Larus  ridibundus  T..)  est  tuée  par  une  cigogne  dont  elle 
avait  approché  le  nid. 

Ordre  des  Psittacidés. 

Famille  des  Psittacidés. 

1.  Perroquet  amazone  ( Amazona  amazonica  (L.)).  dont  la  mort  est  restée 
inexpliquée. 


Observations  sur  les  causes  de  la  mortalité. 

1°  Nous  n’avons  pas  constaté  cette  année  de  maladie  à  virus,  ni 
de  maladie  microbienne  autre  que  la  tuberculose. 

2°  La  tuberculose,  qui  n’avait  pas  été  observée  en  1950  et  en  1951, 
réapparaît  cette  année  ;  nous  en  relevons  plusieurs  cas  :  un  faisan  à 
collier  ( Phasianus  colchicus  L.),  1  aigrette  garzette  ( Egretta  gar- 
zetta  (L.)),  1  paon  ordinaire  (Pavo  cristatus  L.),  une  pintade  ( Numida 
meleagris  (L.))  et  1  hocco  à  bec  de  rasoir  ( Mitu  tomentosa  (Spix)). 

3°  Les  maladies  parasitaires  ne  sont  représentées  cette  année  que 
par  un  cas  d’aspergillose  pulmonaire  chez  un  flamant  du  Chili 
(. Phenicopterus  chilensis  Molina). 

4°  Les  affections  de  l’appareil  digestif,  particulièrement  celles  de 
l’intestin  et  du  foie,  sont  particulièrement  nombreuses  ;  elles  con¬ 
cernent,  pour  la  plupart,  des  sujets  âgés,  vivant  au  Parc  depuis  de 
nombreuses  années. 


—  122  — 


5°  Les  traumatismes  sont  en  général  la  conséquence  soit  de  com¬ 
bats  entre  sujets  de  même  espèce  :  autruche  ( Struthio  camelus  L.), 
cygne  muet  ( Cygnus  olor  (Gmelin)),  faisan  doré  ( Chrysolophus  pic- 
tus  L.),  jeune  dindon  sauvage  ( Meleagris  gallopavo  L.),  soit  entre  sujets 
d’espèces  différentes  :  oie  barrée  ( Eulabeia  indica  (Latham)),  faisan 
argenté  ( Gennaeus  nycthemerus  (L.)),  et  mouette  rieuse  ( Larus 
ridibundus  L.).  Les  accidents  ont  des  causes  diverses  :  capture, 
éjointage,  noyade,  premier  vol. 

Le  tableau  ci-dessous  résume  les  différentes  causes  de  mort  enre¬ 
gistrées  sur  les  oiseaux  du  Parc  Zoologique  pendant  l’année. 


Lésions  anatomo-pathologiques  1 

Nombre  de  cas. 

o 

0 

5 

1 

10 

17 

Affections  de  l’appareil  locomoteur  (d’origine  non  trauina- 

1 

Affections  l 

17 

8 

de  l’appareil  < 

1 

digestif.  ! 

Péritoine . 

3 

Affections  ) 
de  l’appareil  > 
respiratoire  ' 
Affections 

1 

5 

de  1  appareil  j 

1 

circulatoire 
Affections 
de  l’appareil 
urinaire 

1 

1 

3 

2 

31 

B.  —  NATALITÉ 

Le  nombre  des  naissances  qui  ont  eu  lieu,  au  Parc  Zoologique, 
pendant  l’année  1952,  est  :  de  151  mammifères,  dont  4  mort-nés, 


1.  Certains  animaux,  porteurs  de  lésions  multiples,  figurent  sous  plusieurs  rubriques. 


—  123  — 


et  de  89  oiseaux.  56  Mammifères  et  36  Oiseaux  sont  morts  avant 
l’âge  de  6  mois. 

La  répartition  mensuelle  de  ces  naissances  est  exprimée  dans  le 
tableau  ci-dessous  : 


Jant. 

féir. 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juil. 

Août 

Sept. 

Oct. 

Nor. 

Déc. 

Mammifères . 

8 

16 

24  ! 

11 

13 

20 

9 

10 

5 

Oiseaux.. . 

28 

34 

8 

18 

g 

1 

■ 

■ 

■ 

La  liste  de  ces  naissances,  établie  selon  l’ordre  zoologique,  est 
la  suivante. 


I.  —  Mammifères. 

Ordre  des  Primates. 

Famille  des  Hylobatidés. 

1  Gibbon  à  favoris  blancs  ( Hylobates  concolor  leucogenis  (Ogilby)). 

Famille  des  Papioïdés. 

6  Babouins  ( Papio  papio  {Desm.)). 

Famille  des  Cercopitliécidés. 

2  Magots  ( Macaca  sylvanus  (L.)). 

Ordre  des  Carnivores. 

Famille  des  Félidés. 

4  Lions  ( Félis  leo  L.). 

4  Panthères  ( Felis  pardus  L.). 

Famille  des  Hyénidés. 

1  Hyène  tachetée  ( Hyaena  crocuta  Erxleb.). 

Famille  des  Ursidés. 

1  Ours  brun  d’Europe  ( Ursus  arctos  L.). 

1  Ours  baribal  ( Euarctos  americanus  Pallas). 


* 


—  124  — 


Ordre  des  Pinnipèdes. 

Famille  des  Otariidés. 

1  Otarie  (Otaria  jubata  Forster). 

Ordre  des  Ongulés. 

Sous-ordre  des  Artiodactyles. 

Famille  des  Hippopotamidés. 

1  Hippopotame  nain. du  Liberia  (Chaeropsis  liberiensis  (Morton)). 

Famille  des  Suidés. 

6  Sangliers  d’Europe  (Sus  scrofa  L.). 

14  Sangliers  d’Indochine  ( Porcula  salviana  Hodgs.). 

Famille  des  Bovidés. 

4  Buffles  de  l’Inde  (Bubalus  bubalis  (L.)). 

1  Yack  (Poephagus  grunniens  (L.)). 

1  Bison  d’Amérique  ( Bison  bison  (L.)). 

22  Chèvres  naines  du  Sénégal  (espèce  domestique). 

15  Mouflons  de  Corse  ( Ovis  musimon  (Pallas)),  dont  un  mort-né. 

7  Mouflons  à  manchettes  (Ammotragus  lervia  (Pallas)). 

6  Nylgauts  ( Boselaphus  tragocamelus  Pallas),  dont  un  mort-né. 
1  Cob  de  Bufïon  ( Adenota  cob  (Erxleb.)). 

1  Cob  onctueux  ( Kobus  defassa  (Rüpp)). 

10  Gazelles  cervicapres  de  l’Inde  (Antilope  cervicapra  Pallas). 

i 

Famille  des  Giraffidés. 

1  Girafe  (Giraffa  camelopardalis  (L.)). 

Famille  des  Camélidés. 

2  Dromadaires  (Camelus  dromedarius  L.). 

5  Lamas  (Lama  glama  glama  L.). 

2  Guanacos  (Lama  glama  huanacus  Molina). 

Famille  des  Cervidés , 

3  Cerfs  de  France  (Cervus  elaphus  L.). 

9  Daims  (Dama  dama  (L.)). 

4  Cerfs  axis  (Axis  axis  (Erxleb.)). 

2  Cerfs  pseudaxis  ( Cervus  hortulorum  Swinhoë). 

2  Cerfs  cochon  (Hyelaphus  porcinus  (Zimm.)). 

1  Cerf  rusa  (Cervus  unicolor  Kerr.). 

7  Cerfs  d’Eld  ( Cervus  eldi  Guthrie),  dont  un  mort-né. 

.1  Cerf  wapiti  ,( Cervus  cadanensis  Erxleb.). 


125  — 


Ordre  des  Marsupiaux. 

Famille  des  Macropodidés. 

1  Kangourou  agile  ( Macropus  agilis  Gould). 

1  Wallabie  de  Bennett  (Macropus  ruficolis  bennetti  (Wat.)). 

II.  —  Oiseaux. 

Ordre  des  Sphénisciformes. 

Famille  des  Sphéniscidés. 

1  Manchot  du  Cap  ( Spheniscus  demersus  (L.)). 


Ordre  des  Pélécaniformes. 

Famille  des  Phalacrocoracidés. 
3  Cormorans  (Phalacrocorax  carbo  L.). 

Ordre  des  Ciconiiformes. 

Famille  des  Ciconiidés. 

7  Cigognes  blanches  (Ciconia  ciconia  (L.)). 

Ordre  des  Ansériformes. 

Famille  des  Anatidés. 

6  Cygnes  sauvages  (Cygnus  cygnus  (L.)). 

1  Cygne  muet  ( Cygnus  olor  (Gmelin)). 

1  Oie  d’Egypte  ( Alopochen  aegyptiaca  (L.)). 

3  Bernaches  du  Canada  (Branta  canadensis  (L.)). 

8  Bernaches  nonnettes  (Branta  leucopsis  (Bechst.)). 
39  Canards-  sauvages  (Anas  platyrhynchos  L.). 

1  Canard  carolin  (Aix  sponsa,  (L.)). 


Ordre  des  Galliformes. 

Famille  des  Phasianidés. 

8  Faisans  argentés  (Gennaeus  nyclhemerus  (L.)). 
7  Paons  ordinaires  ( Pavo  cristatus  L.). 

Famille  des  Méléagridés. 
2  Dindons  sauvages  ( Meleagris  gaüopavo  L.). 


—  126 


Ordre  des  Charadriiformes. 

Famille  des  Laridés. 

2  Goélands  argentés  ( Larus  argentatus  Pontop.). 

Parmi  ces  naissances,  remarquons  celles  des  magots  observées 
dans  un  groupe  de  12  sujets  vivant  à  l’extérieur  toute  l’année, '  celle 
d’une  hyène  tachetée'  qui  s’est  normalement  développée,  et  d’une 
façon  générale  celles  des  ruminants,  chez  lesquels  le  taux  de  la 
natalité  est  plus  élevé  que  pour  les  autres  groupes  zoologiques. 

Cette  différence  est  encore  plus  accusée  lorsque  l’on  considère  la 
mortalité  des  jeunes  âgés  de  moins  de  6  mois. 

En  résumé  :  L’année  1952  se  traduit  par  un  équilibre  dè  l’effectif 
des  mammifères,  dont  le  taux  de  mortalité,  un  peu  plus  élevé  de 
décembre  à  mars  que  pendant  le  reste  de  l’année,  est  inférieur  à  la 
moyenne  des  10  années  précédentes.  La  tuberculose,  qui  était  en 
nette  régression,  réapparaît  cette  année,  principalement  sur  notre 
troupeau  de  mouflons  à  manchettes. 

L’effectif  des  oiseaux,  en  sensible  augmentation  sur  celui  de 
l’an  dernier,  accuse  un  maximum  de  mortalité,  comme  chaque 
année,  de  mars  à  juin,  et  un  minimum  marqué,  en  septembre.  Ces 
variations  saisonnières,  constantes,  sont  peut-être  en  relation  avec 
celles  de  l’activité  génitale,  dont  témoigne  la  répartition  dans  le 
temps  des  éclosions.  La  mortalité  moyenne  est  sensiblement  égale 
à  celle  des  dix  années  précédentes. 

La  tuberculose  est  également  réapparue  dans  cette  classe,  mais  de 
nombreuses  morts  doivent  être  attribuées  à  des  lésions  chroniques 
du  cœur,  du  foie  ou  de  l’intestin,  observées  sur  des  sujets  âgés. 

Les  naissances,  un  peu  moins  nombreuses  que  les  années  précé¬ 
dentes,  contribuent  sensiblement  à  l’accroissement  des  effectifs, 
malgré  l’importance  toujours  grande  de  la  mortalité  en  bas  âge. 

Laboratoire  d’ Ethologie  des  Animaux  Sauvages  du  Muséum. 


—  127  — 


Présence  de  L’Ethmoïde  (os  planum) 

DANS  LA  PAROI  ORRITAIRE  DES  ERINACE1DAE. 
Par  Roger  Saban: 


Lors  d’une  récente  étude  sur  la  paroi  interne  de  l’orbite  des 
Insectivores,  nous  avons  été  frappés  par  la  présence  d’une  pièce 
osseuse  jamais  identifiée  par  les  auteurs.  Cette  pièce  se  rencontre 
plus  ou  moins  développée  sur  la  majorité  des  individus  examinés 
soit  85  %  des  cas  sur  27  Erinaceus,  7  Hylomys,  2  Neotetracus.  Elle 
se  place  toujours  au-dessus  du  trou  palatin,  entourée  par  le  frontal, 
le  maxillaire  et  l’orbito-sphénoïde. 


Fig.  1.  —  Schéma  de  la  paroi  interne  de  l’orbite  à* Erinaceus  europaeus  L.  X  2  AB, 
trace  de  la  coupe  frontale.  —  1,  lacrymal.  —  2,  frontal.  —  3,  maxillaire  supérieur. 
4,  ethmoïde  (os  planum).  —  5,  orbito-sphénoïde.  —  6,  palatin.  —  7,  pariétal.  — 
alisphénoïde.  —  9.  temporal. 


Chez  le  Hérisson  ( Erinaceus  europaeus  L.)  nous  avons  disséqué 
la  paroi  orbitaire  pour  contrôler  la  position  et  l’appartenance  de  l’os 
mentionné  ci-dessus.  Pour  cela  nous  avons  pratiqué  une  coupe 
frontale  A  B  au  niveau  du  trou  palatin,  passant  à  quelques  milli¬ 
mètres  en  arrière  de  la  limite  postérieure  de  l’os  en  question.  Ensuite 
nous  avons  dégagé  cet  os  de  ses  voisins  avec  lesquels  il  était  au 
contact  en  enlevant  une  de  leur  partie  qui  venaient  le  recouvrir 
légèrement  comme  une  écaille. 

Le  dessin  de  la  paroi  orbitaire  offrait  avant  la  préparation  (fig.  1)  : 

Rulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


9 


—  128  — 


— •  En  avant,  un  large  contact  maxillo-frontal,  ces  deux  os  étant  égale¬ 
ment  en  connexion  avec  le  lacrymal. 

—  A  la  partie  inférieure,  une  participation  réduite  du  palatin. 

—  En  arrière,  un  large  contact  fronto-orbito-sphénoïde  ;  mais  entre  le 

maxillaire  et  l’orbito-sphénoïde,  en  avant  de  ce  dernier  se  situe  un  os 
intermédiaire  ayant  une  plus  ou  moins  grande  surface  suivant  les  indivi¬ 
dus.  On  peut  penser  qu’il  vient  de  l’intérieur  des  fosses  nasales  car  tous 
les  os  qui  l’environnent  le' recouvre  partiellement  (frontal,  maxillaire, 
orbito-sphénoïde) .  4 

La  coupe  frontale  que  nous  reproduisons  en  perspective  cavalière 
(fig.  2)  nous  montre  les  connexions  de  cet  os  avec  les  éléments 


Fig.  2.  —  Perspective  cavalière  de  la  coupe  frontale  pratiquée  sur  AB  (Erinacçus 
europaeus  L.)  X  5.  .  —  1,  lacrymal.  —  2,  frontal.  —  3,  maxillaire  supérieur.  — 
4,  ethmoïde  (os  planum).  —  5,  bulle  ethmoïdale.  —  6,  ethmoïde  (lame  criblée). 

Le  grisé  indique  le  plan  de  la  coupe  frontale  AB. 


osseux  internes.  Il  correspond  à  la  lame  papyracée  (os  planum)  qui 
descend  latéralement  de  la  lame  criblée  de  F  ethmoïde  et  se  retourne 
à  sa  partie  inférieure  pour  constituer  la  bulle  ethmoïdale.  Cet  os 
planum  est  recouvert  à  sa  partie  supérieure  par  le  frontal,  à  sa  partie 
antérieure  et  inférieure  par  le  maxillaire,  à  sa  partie  postérieure  par 
l’orbito-sphénoïde  que  nous  avons  enlevé  ici  pour  donner  plus  de 
clarté  à  la  figure. 


—  130  — 


Étude  d'une  Collection  D’Oiseaux  du  Gaêon 
par  J.  Berlioz. 

PROFESSEUR  AU  MUSÉUM 


Les  collections  ornithologiques  du  Muséum  de  Paris  n’ont  cessé, 
depuis  quelques  années,  de  s’enrichir  d’une  documentation  précieuse 
concernant  le  Gabon,  grâce  aux  envois  de  MM.  Malbrani,  Maclat- 
chy  et  Rougeot,  respectivement  Associé  et  Correspondants  du 
Muséum.  Ce  dernier,  M.  Rougeot,  a  pu,  autant  que  le  lui  permettent 
du  moins  ses  fonctions  d’ Administrateur  de  la  France  d’Outre-Mer, 
envoyer  encore  au  Muséum  quelques  fruits  de  ses  patientes  investi¬ 
gations  d’une  année  —  novembre  1951  à  novembre  1952  —  réunis 
cette  fois  dans  le  district  côtier  du  Mayumbe,  tant  à  Mavumba 
même,  sur  la  côte  atlantique,  que  surtout  à  Tchibanga,  dans  l’in¬ 
térieur.  Il  a  accompagné  ces  envois  de  quelque  documentation 
manuscrite,  dont  malheureusement,  par  suite  d’une  inadvertance 
de  la  poste,  une  partie  est  restée  inutilisable,  d’où  les  imprécisions 
relatives  à  certains  des  spécimens  mentionnés  ci-après,  dont  l’en¬ 
semble  constitue  l’essentiel  de  cette  nouvelle  collection  envoyée 
par  lui. 

La  faune  du  Mayumbe  apparaît  assez  différente  de  celle  de  la 
région  d’Oyem  (nord  du  Gabon)  où  s’étaient  poursuivies  les  précé¬ 
dentes  recherches  de  M.  Rougeot  :  son  caractère  est  incontestable¬ 
ment  moins  typiquement  sylvicole,  et  cela  se  conçoit  aisément,  en 
raison  de  la  situation  géographique  du  Mayumbe  en  bordure  sud- 
ouest  de  la  grande  aire  forestière  Cameroun-Gabon-Congo,  le  long 
de  laquelle  apparaissent  déjà  de  nombreux  types  de  savane  ou  de 
brousse.  Ceux-ci  y  représentent  essentiellement  un  élément  de  popu¬ 
lation  d’Angola,  de  Rhodésie  et  d’Afrique  austro-orientale  qui, 
joint  à  l’avifaune  forestière  proprement  dite,  donne  à  l’ensemble 
un  caractère  de  dualité  assez  original. 

Charadriiformes. 

Charadrius  marginatus  Mechowi  (Cab.),  Ç  ad.,  Mayumba,  27  décembre 
1951. 

Charadrius  hiaticula  L.,  <?  ad.,  Mayumba,  16  novembre  51. 

Tringa  nebularia  (Günn.),  $  ad.,  Panga,  31  octobre  51. 

Crocethia  alba  (Pall.),  ad.,  Mayumba,  26  septembre  51. 

Erolia  minuta  (Leisl.),  o  ad.,  Mayumba,  13  décembre  51. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


—  131  — 


La  première  de  ces  espèces  représente  une  forme  sédentaire  en 
Afrique,  au  sujet  de  laquelle  il  n’y  a  pas  lieu  de  discuter  ici  les 
récentes  controverses  de  nomenclature  auxquelles  elle  a  donné 
lieu.  Les  quatre  autres  sont  des  hivernants  nichant  dans  les  régions 
boréales  et  arctiques,  dont  on  peut  remarquer  que  le  Sanderling, 
Crocethia  alla,  confirmant  bien  des  observations  antérieures  (cette 
espèce  arrive  régulièrement  en  août  sur  les  côtes  du  Golfe  de  Guinée) 
offre  l’exemple  d’une  migration  automnale  précoce. 

Galliformes. 

Guttera  plum.  plumifera  (Cass.),  2  spéc.  subad.,  Tchibanga,  août  52. 

Cette  forme,  si  caractérisée,  de  Pintade  huppée  paraît  être  la  plus 
typique  de  cette  région  forestière  du  Congo.  M.  Rougeot  en  avait 
déjà  récolté  des  adultes  et  des  poussins. 

■Strigiformes. 

Bubo  leucostictus  Hartl.,  d  ad.,  rivière  Moukalaba  (Tchibanga),  17  sep¬ 
tembre  52. 

Espèce  strictement  forestière  et  essentiellement  insectivore, 
encore  rare  dans  les  musées.  C’est  le  premier  spécimen  qui  figure 
dans  la  collection  du  Muséum  de  Paris. 

CUCULIFORMES. 

Clamator  jacobinus  (Bodd.),  <?  subad.,  Mayumba,  31  décembre  51. 

Spécimen  qui,  par  les  couleurs  impures  de  son  plumage,  semble 
représenter  le  stade  subadulte  de  la  forme  typique  de  l’espèce. 

Centropus  ?  Anselli  Sharpe,  pull,  (en  duvet),  Mayumba,  16  janvier  52. 

Piciformes. 

Dendropicos  Lafr.  Lafresnayei  (Malh.),  a  ad.,  Tchibanga,  1er  juin  52. 

Jynx  ruficollis  Rougeoti  Berlioz,  <J  ad.  (type)  et  imm.,  Tchibanga, 
2  juillet  et  26  août  52. 

Ces  Oiseaux,  dont  la  description  et  l’étude  systématique  ont  été 
tout  récemment  publiées  (J.  Berlioz,  L'Ois,  et  Rev.  fr.  Orn.,  1953, 
p.  66),  se  rencontrent  en  savane,  non  en  forêt.  L’examen  dn  contenu 
stomacal  de  l’immature  n’a  révélé  que  des  fourmis.  —  Il  est  assez 
curieux  de  constater  que,  chez  cette  espèce  de  Torcol,  largement 
répandue,  depuis  le  Cameroun  et  l’Abyssinie  jusqu’en  Afrique  du 
sud,  dans  toutes  les  zones  de  savane  entourant  la  grande  forêt 
congolaise,  ce  sont  précisément  les  deux  populations  les  plus  occi¬ 
dentales  habitant,  de  part  et  d’autre,  au  nord  et  au  sud  de  cette 


i 


—  132  - 


forêt  (Cameroun  et  Gabon  méridional)  qui  présentent  les  deux  pôles 
extrêmes  de  différenciation  morphologique  intraspécifique. 

Buccanodon  D.  Duchaillui  (Cass.),  3  ad.,  Niali  (Tchibanga),  21  avril  51. 

Lybius  min.  minor  (Cuv.)  ad.,  Tchibanga,  août  52. 

Gymnobucco  calvus  major  Neum.,  $  ad.  forêt  de  la  Moukalaba,  30  août  52. 

Ce  spécimen  est  très  semblable  d’aspect  et  de  longueur  d’aile  à 
un  autre  envoyé  d’Oyem,  lors  d’un  précédent  séjour,  par  M.  Rou¬ 
geot,  ainsi  qu’à  un  spécimen  de  Mimongo,  et  doit  donc  être  rapporté 
à  la  même  sous-espèce.  Par  comparaison,  trois  spécimens  de  Lan- 
dana  (Bas-Congo)  paraissent  un  peu  plus  petits  et  très  légèrement 
plus  pâles  (G.  calvus  congicus  Chap.). 

Caprimulgiformes. 

Caprimulgus  europaeus  L.  ?  subsp.,  2  ÇÇ  ad.  (en  mue),  Mayumba, 
14  décembre  51  et  1er  janvier  52. 

Ces  deux  Oiseaux  sont  en  pleine  mue  des  ailes,  ce  qui  rend  dou¬ 
teuse  leur  identification  subspécifique.  Quelle  que  soit  celle-ci,  il  con¬ 
vient  de  noter  qu’il  s’agit  là  d’Oiseaux  hivernants,  nicheurs 
dans  des  contrées  beaucoup  plus  septentrionales  et  effectuant  donc 
leur  mue  annuelle  en  hivernage. 

Caprimulgus  Fossei  Fossei  Hartl.,  Mayumba  :  2  33-  ad.  (en  mue), 
14  décembre  51  ;  3  ad.  (mue  achevée),  1er  janvier  52  ;  ?  juv.  ou  Ç  (mue 
achevée),  29  décembre  51  ;  1  juv.  (mue  achevée),  6  janvier  52. 

Cette  petite  série  de  spécimens  est  assez  démonstrative  des  diffé¬ 
rents  plumages  observables  chez  cette  espèce  d’Engoulevent,  qui 
paraît  être  la  plus  commune  dans  la  région.  Elle  paraît  y  effectuer 
sa  mue  en  décembre. 


CoRACIADIFORMES. 

Coracias  garrulus  L.,  3  imm.,  Mayumba,  9  janvier  52. 

Ce  migrateur  bien  connu  de  la  région  méditerranéenne  a  été 
signalé,  en  hiver,  dans  toutes  les  régions  de  l’Afrique,  sauf  dans  les 
grandes  aires  forestières,  qu’il  paraît  éviter.  Il  est  toutefois  peu 
commun  vers  la  côte  du  Cameroun  et  du  Gabon. 

Alcedo  quadribrachys  Guentheri  Sh.,  1  imm.,  Mayumba,  8  janvier  52. 

Halcyon  badia  badia  J.  et  E.  Verr.,  $  ad.,  rivière  Moukalaba,  17  sep¬ 
tembre  52. 

Meliltophagus  bullockoides  (Sm.),  2  ad.,  Tchibanga,  14  mars  52 
(en  mue),  25  mai  52. 

Cette  espèce  de  Guêpier,  répandue  en  Afrique  australe,  paraît 
atteindre  sa  limite  nord-ouest  de  dispersion  dans  les  savanes  du 


—  133  — 


Gabon  et  du  Congo.  Ce  n’est  pas  non  plus  une  espèce  sylvicole, 
contrairement  aux  deux  Alcédinidés  précédents,  qui  sont,  eux, 
typiques  du  biotope  forestier. 

Passeriformes. 

Muscicapidés. 

Alseonax  jlavipes  Bâtes,  <J  et  2  ad.  (sexe  indéterminé),  N’Denguelila, 
24  juillet  et  août  52. 

Ce  très  petit  Gobe-mouche,  assez  peu  connu  et  si  bien  caractérisé 
par  la  couleur  jaune  des  pattes,  est  un  strict  habitant  de  la  forêt 
dense  Cameroun-Congo. 

Stizorhina  Fras.  Fraseri  (Strickl.) ,  1  ad.,  sans  renseign.,  août  52. 

Fraseria  ocr.  ocreata  (Strickl.),  1  ad.,  sans  rens.,  août  52. 

Tchitrea  tricolor  Neumanni  Stres.,  S  ad.,  sans  rens.,  août  52. 

Erannornis  longicauda  Loandae  Sel.  et  Pr.,  ad.,  Tchibanga,  août  52. 

T  urdidés. 

Myrmecocichla  nigra  (Vieilli),  Ç  ad.,  Tchibanga,  8  juin  52. 

Cossypha  Heuglini  subrufescens  Boc.,  3  ad.,  Tchibanga,  28  juillet  52. 

L’un  et  l’autre  de  ces  Turdidés  sont  des  espèces  de  savane,  non 
de  forêt,  et  largement  répandues  en  Afrique  orientale  et  centrale. 
Mais  tandis  que  la  première  atteint  vers  le  Nord-Ouest  jusqu’au 
Cameroun,  la  seconde,  plus  spécialement  australe,  ne  dépasse  pas 
vers  le  Nord-Ouest  les  limites  que  semble  lui  opposer  la  forêt  gabo¬ 
naise. 

Sylviidés. 

Cisticola  natalensis  Strangei  Fras.,  3  juv.,  Tchibanga,  4  mai  52. 

Cisticola  erythr.  erythrops  (Hartl.),  ad.  et  $  ad.,  Bayadi  (Tchibanga), 
septembre  et  octobre  52. 

Prinia  superciliosa  melanorhxjncha  Jard.  et  Fr.,  $  ad.,  Mayumba, 
30  décembre  51. 

Prinia  leucop.  leucopogon  (Cab.),  3  ad.,  Mayumba,  13  janvier  52. 

Timaliidés. 

Turdoides  Jardinei  hyposlictus  (Cab.  et  Rchw.),  1  ad.  (en  mue),  et  $  ad., 
'Ichibanga,  août  52. 

Le  contenu  stomacal  de  l’un  de  ces  spécimens  a  révélé  des  fourmis 
noires.  —  Voici  encore  le  cas  d’un  Oiseau  typiquement  de  savane  et 
connu  surtout  de  l’Angola  :  il  n’a  pas  encore  été  signalé  souvent 
dans  la  région  qui  nous  occupe  (Gabon  méridional)  et  peut-être  son 
extension  y  est-elle  assez  récente,  suivant  la  diminution  de  la  forêt. 


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Malacocincla  ruf.  rufipennis  (Sharpe) ,  d  et  ?  ad.,  forêt  de  la  Moukalaba, 
30  août  52  ;  1  ad.,  Tchibanga  (en  forêt),  14  octobre  52. 

Malacocincla  fulv.  fuloescens  (Cass.),  ad.,  Tcbibanga,  14  octobre  52. 

Contrairement  au  Turdoides  précédent,  ces  deux  espèces  sont 
strictement  des  habitants  de  la  forêt  primitive  et  leur  similitude 
d’aspect  et  de  caractères  avec  leurs  homologues  indo-malais,  —  qui 
a  induit  très  justement  J.  Delacour  [L'Ois,  et  Rev.  fr.  Orn.,  1946, 
p.  22)  à  les  réunir  congénériquement,  —  est  assez  significative  de 
l’homogénéité  de  l’avifaune  forestière  dans  l’Ancien  Monde. 

Pycnonotidés. 

Cette  famille  de  Passeriformés  est,  comme  l’on  peut  s’y  attendre 
d’Oiseaux  si  volontiers  sylvicoles,  particulièrement  bien  représentée 
dans  cette  collection  du  Gabon.  La  plupart  de  ces  Oiseaux  passent 
pour  de  bons  chanteurs,  et  M.  Rougeot  signale  que  l’un  d’eux, 
Baeopogon  indicator,  possède,  entre  autres,  un  chant  très  mélodieux. 

Bleda  eximia  notata  (Cass.),  2  ad.,  Tchibanga  (en  forêt),  août  et  15  octo¬ 
bre  52. 

Trichophorus  chlor.  chloronotus  Cass.,  d  ad.,  N’Denguelila,  4  juillet  52. 

Trichophorus  cal.  calurus  Cass.,  2  d  d  et  $  ad.,  N’Goumbou,  décembre  51  ; 
Moukalaba,  13  avril  et  30  août  52  ;  1  ad.,  août  52. 

Pyrrhurus  simplex  (Hartl.),  ad.,  sans  rens.,  août  52. 

Pyrrhurus  flavicollis  soror  (Neum.),  $  ad.,  Tchibanga,  août  52. 

Phyllastrephus  icterinus  (Bp.),  d¥  ad.,  N’Goumbou,  20  décembre  51  ; 
2  ad.,  Tchibanga,  août  et  octobre  52. 

Cette  espèce  paraît  être,  avec  le  Trichophorus  calurus  cité  ci- 
dessus,  le  Bulbul  le  plus  répandu  dans  la  région. 

Phyllastrephus  Cabanisi  (Sh.),  2  dd  ad.,  N’Denguelila,  24  juillet  52 
et  Tchibanga  (en  forêt),  15  octobre  52. 

Beaucoup  moins  fréquente  que  la  précédente,  cette  espèce  lui 
ressemble  étonnamment,  mais  avec  des  proportions  visiblement 
plus  fortes. 

Baeopogon  ind.  indicator  (J.  et  E.  Yerr.),  ad.,  forêt  de  la  Moukalaba, 
30  août  52. 

Andropadus  g rac.  gracilis  Cab.,  ad.,  sans  rens.,  août  52. 

Neolestes  torquatus  Cab.,  d?  ad.,  Tchibanga,  août  52. 

Suivant  les  suggestions  de  J.  P.  Chapin,  spécialiste  bien  connu  de 
la  faune  congolaise,  cet  Oiseau,  un  peu  intermédiaire  d’aspect  aux 
Laniidés  (parmi  lesquels  on  le  rangeait  autrefois)  et  aux  Pycno¬ 
notidés,  est  rangé  ici  avec  ces  derniers.  Ce  Bulbul  un  peu  aberrant 
possède  d’ailleurs  une  distribution  géographique  curieuse  :  il  n’est 


—  135  — 


pas  sylvicole,  contrairement  à  tous  les  précédents,  mais  est  stricte¬ 
ment  cantonné,  selon  Chapin,  dans  la  zone  de  savane  qui  longe 
immédiatement  au  sud  tout  la  grande  forêt  congolaise,  depuis 
l’Atlantique  jusqu’au  Kassaï. 

Campephagidés. 

Coracina  azurea  (Cass.),  ?  et  $?  ad.,  Tchibanga  (en  forêt),  15  octo¬ 
bre  52. 

Ce  bel  Oiseau  est  l’un  des  Passereaux  les  plus  strictement  carac¬ 
téristiques,  mais  aussi  l’un  des  moins  fréquents,  de  toutes  les  zones 
de  grande  forêt  qui  entourent  le  golfe  de  Guinée,  du  Sierra-Leone 
au  Congo.  Sa  couleur  bleue  le  distingue  aisément  de  tous  les  autres 
Campephagidés  et  même  de  tous  les  autres  Passereaux  africains  de 
sa  taille,  mais  ses  caractères  structurels  sont  si  voisins  de  ceux  des 
Coracina,  qu’il  ne  me  paraît  pas  utile  de  conserver  pour  lui  le  nom 
générique  de  Cyanograucalus,  proposé  par  Hartlaub  en  1861  et 
maintenu  par  plusieurs  auteurs  modernes.  Les  spécimens  mentionnés 
ici  ont  été  obtenus  par  M.  Rougeot  au  milieu  d’une  compagnie  de 
Bulbuls. 

Laniidés. 

Nicalor  chloris  chloris  (Val.)',  S  ad.,  N’Denguelila,  16  août  52. 

Cette  Pie-Grièche,  bien  connue  dans  les  régions  boisées  du  pour¬ 
tour  du  Golfe  de  Guinée,  a  une  distribution  sensiblement  parallèle 
à  celle  du  Coracina  précédent,  bien  que  moins  strictement  limitée  à 
la  grande  forêt  :  elle  ne  dépasse  guère  en  tout  cas  vers  le  Sud  la 
région  qui  nous  occupe  ici. 

Paridés. 

Parus  niger  insignis  Cab.,  $  ad.,  Tchibanga,  4  juin  52. 

Voici  encore  l’exemple  d’une  espèce  largement  répandue  dans  les 
régions  de  savane  et  même  demi-arides  entourant  toute  la  grande 
aire  forestière  africaine,  du  Sénégal  au  Cap,  sans  pénétrer  vrai¬ 
ment  en  forêt.  L’espèce  est  relativement  stable  dans  ses  caractères 
morphologiques  et  les  différences  raciales  indiquées  par  les  auteurs, 
basées  surtout  sur  la  taille  et  l’accentuation  plus  ou  moins  prononcée 
des  liserés  blancs  sur  les  rémiges  primaires  et  les  rectrices  externes, 
ne  sont  pas  toujours  valables.  Ce  spécimen  de  Tchibanga  est  pour¬ 
tant  typique,  semble-t-il,  de  la  forme  insignis  considérée  comme 
habitant  le  bassin  inférieur  du  Congo  et  l’Angola. 


—  136  — 


HirundinicLés. 

Ilirundo  lucida  angolensis  Boc.,  $  ad.,  Tchibanga,  15  mai  52. 

Ce  spécimen  doit  être  rapporté  incontestablement  à  la  forme 
angolensis,  tandis  qu’un  spécimen  de  Brazzaville  dans  la  collection 
du  Muséum  représente  la  forme  lucida  Verr.  L’existence  de  ces  deux 
formes  en  des  localités  relativement  pas  très  éloignées  l’une  de  l’autre 
tendrait  apparemment  à  confirmer  l’opinion  généralement  admise 
jusqu’à  maintenant,  à  savoir  qu’il  s’agirait  là  de  deux  espèces  dis¬ 
tinctes.  Mais,  à  mon  avis,  cette  opinion  n’est  guère  soutenable  : 
1°  les  deux  formes  sont  extrêmement  voisines  l’une  de  l’autre, 
angolensis  ne  différant  guère  de  lucida  que  par  le  dessous  du  corps  et 
les  sous-alaires  largement  teintés  de  gris-brun  ;  —  2°  elles  occupent 
dans  l’ensemble  des  territoires  différents,  lucida  dans  le  nord,  ango¬ 
lensis  dans  le  sud  et  l’est,  et  jamais  encore  elles  n’ont  été  signalées 
avec  certitude  comme  nichant  dans  les  mêmes  localités  ;  —  3°  des 
intermédiaires  entre  elles  ont  été  mentionnés,  précisément  dans  le 
moyen  bassin  du  Congo,  d’où  Reichenow  a  décrit,  sous  le  nom 
d’H.  lucida  subalaris,  une  forme  faisant  le  passage  à  angolensis. 
Dans  ces  conditions,  je  considère  plus  rationnel  de  les  réunir  en  une 
seule  entité  spécifique,  étroitement  alliée  d’ailleurs  à  notre  Hiron¬ 
delle  rustique  bien  connue,  qu’elle  paraît  remplacer  comme  nidifi- 
catrice  habituelle  dans  toute  l’Afrique  tropicale. 

Psalidoprocne  Petiti  Sh.  et  Bouv.,  ad.,  sans  rens.,  août  52. 

Pseudochelidon  eurystomina  Hartl.,  Yeyena  (Nyanga),  2  $  $  ad.,  29  octo¬ 
bre  51  ;  2  c?<?  ad.,  8  octobre  52. 

Les  particularités  biologiques  de  ce  curieux  Oiseau,  typiquement 
congolais,  sont  encore  très  imparfaitement  connues.  Il  effectue 
certainement  des  migrations  locales  importantes,  et  les  dates  de 
capture  des  spécimens  cités  ici  —  pratiquement  les  mêmes  à  un  an 
de  distance  —  confirment  bien  qu’il  n’apparaît  au  Mayumbe  qu’en 
octobre  ;  il  s’y  fixe  temporairement  en  nombre,  mais  jamais  encore 
sa  nidification  n’y  a  été  observée  à  aucun  moment  de  l’année.  D’après 
les  excellentes  recherches  du  Dr  H.  Schouteden  et  du  Dr  J.  Chapin, 
cette  nidification  ne  serait  encore  connue  avec  certitude  que  le 
long  du  cours  moyen  du  Congo,  à  l’époque  des  basses  eaux.  C’est 
pourtant  au  Gabon  qu’ont  été  obtenus  les  premiers  spécimens  qui 
furent  connus  de  cette  espèce  (décrite  par  Hartlaub  en  1861), 
restée  longtemps  d’une  extrême  rareté  et  dont  la  position  systéma¬ 
tique  est  encore  assez  douteuse. 


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N  ectariniidés . 

Cinnyris  venustus  Falkensteini  Fisch.  et  Rchvv. ,  3  33  ad.,  Tchibanga, 
8  ruai,  juin  et  août  52. 

Ces  spécimens,  intensément  pigmentés,  sont  absolument  iden¬ 
tiques  à  leurs  homologues  de  même  espèce  provenant  d’Afrique 
orientale,  et  la  prétendue  race  Kuanzae,  décrite  par  Reichenow 
d’Angola,  ne  me  paraît  donc  pas  séparable  de  Falkensteini. 

Cinnyris  Bouvieri  Shell.,  Tchibanga  :  3  33  ad.,  25  mai,  juin  et  septem¬ 
bre  52  ;  3  (plumage  de  transition),  juin  52. 

Cyanomitra  olivacea  Ragazzii  (Salv.),  3  33  ad.,  Pointe  Banda,  8  février 
52  ;  Tchibanga,  10  mai  et  août  52. 

Anthreptes  Longuemarei  (Less.),  subsp.  ?,  $  ad.,  Tchibanga,  8  mai  52. 

Plusieurs  sous-espèces  ont  été  proposées  pour  cette  espèce,  mais 
la  plupart  d’entre  elles  si  mal  définies  qu’il  conviendrait,  si  l’on 
pouvait  disposer  d’un  matériel  abondant,  d’en  faire  une  révision 
critique  sérieuse. 

Alaudidés. 

Mirafra  Fischeri  Zombae  Og.-Gr.,  2  <Jcî  ad.,  Tchibanga,  2  et  8  juin  52. 

Fringillidés. 

Serinus.  capistratus  (Finsch),  3  ad.  (nicheur),  Tchibanga,  22  avril  52. 

Cette  petite  espèce,  bien  caractérisée,  de  Fringille,  offre  sur  tout 
le  pourtour  méridional  et  oriental  de  la  grande  forêt  congolaise  une 
distribution  assez  comparable  à  celle  du  Neolestes  torquatus  (Pycno- 
notidés),  cité  ci-dessus.  Elle  est  assez  bien  connue  actuellement  dans 
toute  la  région  méridionale  du  Gabon  et  du  Congo,  ainsi  que  le 
mentionnent  MM.  Malbrant  et  Maclatchy  dans  leur  récent 
ouvrage  ( Faune  de  l’Equ.  afr.  franç.,  t.  I,  1949,  p.  423),  et  même 
comme  un  Oiseau  plutôt  familier.  Mais,  si  l’on  considère  la  précarité 
des  informations  la  concernant  antérieurement  dans  cette  région, 
on  peut  supposer  qu’il  y  a  là  une  extension  tout  récente  de  son 
habitat  préalable,  comme  il  en  existe  d’autres  exemples  parmi  les 
Oiseaux  du  même  type  (p.  ex.  le  Serinus  canaria  serinus  en  Europe 
occidentale  et  le  Sycalis  luteola  dans  les  Petites  Antilles).  Des  indica¬ 
tions  de  M.  Rougeot,  il  ressort  que  cet  Oiseau  niche  en  avril  (pleine 
saison  des  pluies)  à  Tchibanga. 

Plocéidés. 

Ploceus  aurantius  (Vieill.),  2  <?<?;?  ad.,  Mayumba,  30  décembre  51 
et  7  janvier  52. 


—  138 


Malimbus  mal.  malimbicus  (Daud.),  $  ad.,  N’Denguelila  (en  forêt), 
16  août  52. 

Euplectes  afra  (Gm.),  S  ad.  (en  plumage  de  noces),  Tchibanga,  25  mai 
1952. 

Euplectes  ardens  concolor  (Cass.),  <J  ad.  (en  plumage  de  noces),  Tchi¬ 
banga,  25  avril  52. 

Spermestes  fringilloïdes  (Lafr.),  ad.,  N’Denguelila,  1er  mai  52. 

Ce  curieux  Gros-bec,  qui  passe  pour  n’être  commun  nulle  part 
en  Afrique,  y  a  pourtant  une  très  vaste  dispersion,  mais  très  spora¬ 
dique,  tant  au  Nord  qu’au  Sud  de  l’Equateur.  Comme  sans  doute 
pour  tant  d’autres  petits  Passereaux  granivores  du  même  groupe,  les 
fluctuations  actuelles  de  son  habitat  sont-elles  dictées  dans  une 
large  mesure  par  un  facteur  essentiellement  humain  :  l’extension  et 
les  fluctuations  de  certaines  cultures  vivrières  (cet  Oiseau  passe 
pour  être  friand  de  riz).  Il  a  déjà  été  signalé  au  Gabon,  mais  semble 
pour  l’instant  y  être  incontestablement  rare. 

Lagonosticta  rubricata  ?  congica  Sharpe,  <?  ad.,  Tchibanga,  4  mai  52. 

La  systématique  des  espèces  de  Plocéidés  réunies  dans  le  genre 
Lagonosticta  a  été  si  inconsidérément  embrouillée  par  certains  auteurs 
qu’il  faudrait  de  longues  séries  comparatives  des  diverses  formes 
décrites  pour  en  tenter  une  révision  critique,  les  populations  locales 
de  ces  petits  Astrilds  n’offrant  souvent  que  des  différences  de  teintes 
peu  perceptibles,  parfois  même  chez  un  seul  des  deux  sexes.  Il  se 
pourrait  que  le  spécimen  mentionné  ici  soit  référable  à  la  prétendue 
race  Ansorgei  Neum.,  d’Angola,  mais  en  l’absence  de  spécimens 
topotypiques,  il  est  impossible  de  se  prononcer  :  d’ailleurs  il  n’est 
même  nullement  certain  que  ces  diverses  appellations  proposées 
soient  valables  et  il  est  probable  qu’une  révision  sérieuse  y  apporte¬ 
rait  des  changements  sensibles. 

Estrilda  astrild  rubriventris  Vieill.,  <?  ad.,  Mayumba,  février  1952. 

Ce  spécimen,  très  intensément  pigmenté  de  rouge,  est  typique  de 
cette  race,  si  strictement  localisée  dans  le  Gabon  méridional  et  le 
Bas-Congo,  d’une  espèce  très  largement  répandue  en  Afrique. 


—  139  — 


Méthode  pratique  et  peu  coûteuse 

POUR  CONSTITUER  UNE  COLLECTION  DE  POISSONS,  REPTILES 

et  Batraciens. 

Par  Yves  Plessis. 


Le  prix  prohibitif  de  la  verrerie  pour  collections  et  la  difficulté 
d’utiliser  ce  matériel  encombrant,  lourd  et  fragile  sur  le  terrain 
exigent  de  reviser  notre  technique  actuelle  de  conservation.  L’arrivée 
récente  sur  le  marché  de  nombreux  produits  plastiques  particulière¬ 
ment  stables  permet  de  résoudre  ce  problème.  Le  polyéthylène,  qui 
se  présente  sous  forme  d’une  pellicule  transparente,  souple,  légère  et 
résistante,  convient  parfaitement  pour  fabriquer  des  sacs  pouvant 
contenir  liquide  fixateur  et  pièce  de  collection  h  II  faut  toutefois 
éviter  une  exposition  trop  prolongée  au  soleil  tropical  qui  la  rendrait 
un  peu  cassante. 

Deux  types  de  sacs  me  semblent  susceptibles  d’une  large  utilisa¬ 
tion  :  Le  sachet  entièrement  soudé  à  la  presse  convient  pour  collec¬ 
tions,  matériel  d’étude  pour  le  laboratoire  et  l’enseignement  ;  c’est 
l’emballage  de  plus  en  plus  utilisé  pour  les  produits  domestiques  et 
certaines  denrées  alimentaires  2. 

En  mission  on  se  servira  de  sacs  préfabriqués,  de  différentes  tailles. 
Pour  les  fermer,  il  suffit  de  tortiller  l’ouverture  et  de  la  sertir  avec 
du  fil  de  laiton  ;  il  ne  reste  plus  qu’à  souder  l’extrémité  libre  du 
tortillon  à  la  flamme  d’une  allumette  ou  d’un  briquet. 

Ce  matériel  convient  pour  la  conservation  d’un  grand  nombre  de 
Poissons  et  Reptiles,  pour  les  Batraciens  et  un  grand  nombre  d’in¬ 
vertébrés.  Il  est  toutefois  contre-indiqué  pour  les  grosses  pièces 
portant  des  épines,  à  moins  d’envelopper  au  préalable  ces  échantil¬ 
lons  (en  mission)  d’une  bande  de  gaz  ou  de  toile. 

Soulignons  que  la  mise  en  sachet  réalise  un  gain  de  temps  considé¬ 
rable  par  rapport  aux  anciennes  techniques. 

Le  polyéthylène  qui  ne  remplace  pas  le  verre  dans  tous  les  cas,  a 
sur  lui  l’avantage  de  permettre  directement  mesurations  et  examens 
au  binoculaire.  Il  est  probable  que  la  fabrication  de  nouvelles 
matières  plastiques  permette  un  jour  de  résoudre  complètement 
ce  problème  qui  nous  occupe. 

Laboratoire  des  Pêches  et  Productions  coloniales  du  Muséum. 

1.  Je  remercie  très  vivement  M.  Jacquez,  directeur  de  la  S.  I.  E.  F.  A.  M.  pour  les 
conseils  et  l’aide  matériel  qu’il  m’a  prodigués. 

2.  Pour  l’emballage  du  poisson,  voir  :  La  Pêche  Maritime ,  15  mai  1951,  p.  208  et 
décembre  1952,  p.  623. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  r°  2,  1953. 


—  140 


Application  des  phénomènes  de  capillarité 
A  L’ÉLEVAGE  DE  PETITS  ANIMAUX  MARINS. 

Par  Yves  Plessis. 


La  recherche  d’une  meilleure  circulation  dans  nos  bacs  d’élevage 
nous  a  amené  à  créer  pour  ceux-ci  un  siphon  automatique  très  simple 
que  nous  décrivons. 

Un  tube  capillaire  coudé  en  siphon  s’amorce  de  lui-même  lorsque, 


1  2 

Fig.  1.  —  Siphon  capillaire.  —  1,  bord  interne  du  bac  ;  2,  partie  du  siphon  un  peu 
étranglée  avec  courbure  forte  ;  3,  courbure  faible  ;  4,  partie  évasée  destinée  à  empê¬ 
cher  la  formation  de  la  goutte  pendante. 

Fig.  2.  —  Siphon  simple  intermittent,  à  amorçage  automatique,  pour  bac  à  «  marées  ». 
—  1,  niveau  de  l’eau  à  «  marée  basse  »  .  2,  niveau  de  l’eau  à  <'  marée  haute  *  ;  3,  partie 
antérieure  du  siphon  (gros  diamètre  permettant  le  désamorçage)  ;  4.  partie  capillaire 
du  siphon  ;  5,  partie  évasée  destinée  à  empêcher  la  formation  d’une  goutte  pen¬ 
dante. 


placé  sur  un  récipient,  le  niveau  de  l’eau  se  trouve  à  proximité  de  sa 
courbure.  Si  le  débit  de  cet  appareil  est  supérieur  à  l’arrivée  dans 
le  bac,  il  ne  se  désamorce  pas  :  une  continuité  de  bulles  d’air  et  de 
gouttes  d’eau  régularise  le  débit  (fig.  1).  L’ouverture  supérieure  du 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


—  141  — 


siphon  «  suce  »  la  surface  de  l’eau  et  en  aspire  toutes  les  poussières. 
Un  tel  dispositif  permet  de  garder  constamment  propre  la  surface 
de  l’eau. 

Si  la  partie  supérieure  du  siphon  n’est  pas  capillaire,  celui-ci  se 
désamorce  de  lui-même  et  le  niveau  du  bac  varie  de  2)  à  1)  sur  la 
figure  2.  Un  bac  équipé  de  ce  dernier  appareil  peut  recevoir  verticale- 


Fig.  3.  —  Schéma  général.  —  1,  arrivée  de  l’eau  ;  1',  arrivée  de  l’air  ;  2,  réserve  (par 
rapport  au  bac  d  élevage)  ;  3,  bac  d’élevage  ;  4,  canne  de  verre  ;  5,  tubes  contenant 
les  animaux  en  expérience  ;  6,  siphon  intermittant. 


ment  des  petits  tubes  d’élevage  dont  les  deux  extrémités  libres  sont 
fermées  par  un  tamis  de  nylon  fixé  par  une  bague  de  vinyl  (fig.  3). 
A  chaque  «  marée  »,  le  liquide  se  renouvelle  dans  les  tubes  et  les 
petits  animaux  isolés  dans  ceux-ci  reçoivent  un  apport  d’eau  aussi 
grand  que  s’ils  étaient  en  liberté  dans  le  bac. 

La  figure  3  montre  un  montage  réalisé  dans  notre  aquarium  ;  les 


Eig.  4.  —  Siphon  double  intermittent,  à  amorçage  automatique  pour  bac  à  s  marées  ». 
—  1,  niveau  de  l’eau  à  marée  basse  ;  2,  niveau  de  l’eau  à  marée  haute  ;  3,  gros  siphon  ; 
4,  petit  siphon,  capillaire  ;  5,  bague  de  vinyl  ;  6,  léger  étranglement  surmonté  d’un 
tortillon  de  vinyl  destiné  à  faciliter  l'amorçage.  Noter  que  le  départ  de  3  est  plus 
haut  que  le  départ  de  4. 

Fig.  5.  —  Exhausteur  double.  —  1,  premier  exhausteur  ;  2,  deuxième  exhausteur  ; 
3,  arrivée  d’air  comprimé  ;  4,  réserve  d  eau  de  mer  ;  5,  colonne  de  relai. 

a,  b,  c,  d,  e,  différents  niveaux  d’eau  ;  ab  =  30  cm  ;  bc  =  80  cm  ;  cd  =*  70  cm  ; 
ce  =  190  cm. 


-  143  — 


tubes  d’élevage  ont  1  cm.  5  de  diamètre  et  4  à  5  cm.  de  haut.  Le 
siphon  automatique  est  un  peu  différents  de  la  figure  2  et  d’un  débit 
plus  grand.  Notons  qu’il  est  possible  de  placer  dans  le  bac  des  tubes 
d’élevage  beaucoup  plus  longs  pour  que  leur  partie  supérieure,  alors 
sans  tamis,  dépasse  toujours  le  niveau  de  l’eau. 

Enfin  nous  décrivons  ici  deux  instruments  susceptibles  d’être 
utilisés  dans  le  montage  précédent. 

La  figure  4  représente  un  siphon  ordinaire  amorcé  par  un  siphon 
capillaire. 

La  figure  5  représente  un  exhausteur  double  :  il  peut  être  utilisé 
dans  le  cas  où  une  très  grande  différence  de  niveau  existe  entre  la 
réserve  d’eau  et  le  bac  supérieur  dans  un  aquarium  à  circulation 
fermée.  Un  premier  exhausteur  monte  l’eau  dans  une  colonne  d’où 
part  un  deuxième  exhausteur.  Avec  une  profondeur  d’eau  dans  le 
bac  de  départ  de  30  cm.,  on  peut,  par  ce  moyen,  élever  le  liquide 
à  3  m.,  avec  un  débit  moyen  de  4  litre-heure.  Les  tubes  employés 
sont  respectivement  de  2-4  mm.  pour  l’air,  6-8  mm.  pour  l’eau,  et 
28-30  mm.  pour  la  colonne.  Les  deux  exhausteurs  ont  un  débit  qui 
se  régularise  très  vite.  Si  le  niveau  d’eau  dans  la  colonne  dépasse  le 
sommet  du  premier  exhausteur,  celui-ci  ralentit  de  lui-même.  Dans 
cet  appareil,  la  pression  de  l’air  est  inférieure  à  80  gr. 

Tous  ces  montages  ont  été  expérimentés  dans  le  laboratoire  des 
Pêches  Coloniales.  Ils  ne  s’appliquent  pas  à  de  grandes  installations 
mais  sont  d’un  emploi  pratique  pour  le  chercheur. 

Laboratoire  des  Pêches  et  Productions  Coloniales  du  Muséum . 


Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


10 


—  144  — 


NOTE  PRÉLIMINAIRE  SUR  LES  SCORPIONS 
COLLECTÉS  AU  MAROC  PAR  M.  J.  MALHOMME, 

Correspondant  du  Muséum. 

Par  Max  Vachon. 

I 

Répartition  en  mosaïque  des  territoires  sous-spécifiques  ; 

GRADIENTS  MORPHOLOGIQUES  ET  GÉOGRAPHIQUES. 

Depuis  près  de  quatre  années,  notre  infatigable  ami  J.  Mal¬ 
homme,  de  Marrakech,  collecte  méthodiquement  les  Scorpions 
marocains.  Chaque  station  de  capture,  précisée  géographiquement 
par  deux  coordonnées,  est  facilement  repérable  sur  une  carte  au 
1/500.000  et  tous  les  renseignements  possibles  sont  notés  :  géolo¬ 
giques,  pédologiques,  végétation  et  biotope  en  général.  Ainsi, 
d’importants  documents  s’accumulent  et  il  ne  fait  aucun  doute  que 
de  telles  récoltes  nous  permettront  dans  un  avenir  prochain,  non 
seulement  de  dresser  une  carte  précise  de  la  répartition  des  espèces, 
mais  surtout  'celle  des  formes  infra-spécifiques  :  sous-espèces, 
variétés,  etc.,  chez  les  deux  espèces  très  répandues  :  Buthus  occitanus 
(Am.)  et  Scorpio  maurus  L.  D’ores  et  déjà,  l’étude  d’ensemble  des 
314  stations  et  de  plus  de  mille  spécimens  de  tous  âges,  pose  d’em¬ 
blée,  à  notre  attention,  le  problème  des  gradients  morphologiques 
et  géographiques  au  sein  d’une  même  espèce.  Nous  avons  la  certitude 
que  l’examen  détaillé  de  ce  riche  matériel  va  nous  permettre  d’utili¬ 
ser,  de  préciser  ces  notions  et  celle  des  clines  en  systématique  des 
Scorpions. 

Cette  note  préliminaire,  dont  l’un  des  buts  est  d’exprimer  notre 
reconnaissance  à  notre  ami  et  collecteur,  nous  permet  encore  une 
fois  d’attirer  l’attention  sur  le  fait  que  chez  Buthus  occitanus  tout 
autant  que  chez  Scorpio  maurus,  les  variations  morphologiques  qui 
sont  à  la  base  des  distinctions  des  sous-espèces  et  des  variétés,  ne 
sont  pas  désordonnées  mais  graduées.  Dans  le  domaine  habité 
par  l’espèce  existent  des  territoires  plus  restreints,  juxtaposés,  en 
mosaïque,  pour  lesquels  chaque  forme  a  ses  caractères  particuliers. 
Mais  en  chacun  de  ces  territoires,  c’est  dans  une  sorte  de  centre,  une 
région,  en  général  limitée,  que  la  dite  forme  possède,  au  maximum, 
ses  caractères  propres.  Si  donc  l’on  considère  et  compare  entre  elles 
les  formes  de  deux  territoires  mais  prises  en  ces  régions,  en  ces 
centres,  on  peut  très  facilement  les  distinguer.  Mais  dans  chaque 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


I 


—  145  - 

territoire,  les  caractères  particuliers  de  ces  deux  formes,  accusent 
des  variations  amenant  leur  atténuation  vers  la  frontière  commune 
de  ces  deux  territoires.  C’est  pourquoi  près  des  frontières  limitant 
deux  territoires  sous-spécifiquement  très  reconnaissables  par  leurs 
spécimens  centraux,  la  distinction  des  formes  s’avère  plus  difficile, 
les  caractères  différentiels  s’atténuant  ou  même  s’interpénétrant. 
Notre  travail  a  donc  consisté,  d’une  part,  à  déterminer,  pour  une 
espèce  donnée,  les  divers  centres  où  sont  très  nettement  caractérisées 
les  formes  infra-spécifiques  :  sous-espèces,  variétés...  et,  d’autre 
part,  de  rechercher  les  gradients  de  variations  tant  morphologiques 
que  géographiques  ;  c’est  de  l’ensemble  des  résultats  fournis  par 
cette  recherche  actuelle  et  future  que  les  modalités  de  la  répartition 
actuelle  des  Scorpions  marocains  pourront,  à  notre  sens,  être  pré¬ 
cisées.  Et  dans  cette  recherche,  les  documents  paléogéographiques, 
écologiques,  géologiques  sont  de  grande  valeur. 

II 

Butheoloïdes  maroccanus  Hirst  :  nouvelles  stations  de  capture  ; 

EXISTENCE  DE  (J  FAIBLES  ET  DE  (J  FORTS. 

Un  des  résultats  les  plus  frappants  des  recherches  de  M.  J.  Mal¬ 
homme  est  la  capture  du  très  rare  petit  Scorpion  :  Butheloïdes 
maroccanus  dont  nous  avons  publié  la  révision  en  1948  ( Arch .  Inst. 
Pasteur  Algérie,  t.  26,  n°  2,  p.  192-9)  et  en  1952  ( Publ .  Inst.  Pasteur 
Algérie,  p.  101  —  9).  Cette  espèce  est  de  très  petite  taille  puisque 
l’adulte  ne  dépasse  pas  2,5  cm.,  elle  est  très  rare  et  la  découverte, 
en  4  années,  de  15  spécimens  en  est  la  preuve.  Le  seul  spécimen  connu 
avant  1938,  le  type  <§,  provenait  d’Amismiz  et  est  déposé  au  British 
Muséum.  Le  domaine  habité  par  ce  petit  Scorpion  est  plus  étendu 
qu’on  aurait  pu  le  croire  et,  actuellement,  à  la  suite  des  captures  de 
M.  J.  Malhomme,  de  1949  à  1953  (stations  11,  37,  74,  85,  205,  213, 
231,  245)  de  Mr.  le  Colonel  Kocher  en  1946,  de  M.  L.  Berland  et 
de  moi-même,  en  1938,  englobe  et  même  dépasse  vers  l’ouest  et  vers 
l’est  toute  la  chaîne  du  Djebilet,  au  nord  de  Marrakech,  la  vallée  de 
l’oued  Tensift  et  au  sud  les  flancs  septentrionaux  du  Haut-Atlas. 
Nous  reviendrons  d’ailleurs  plus  tard  sur  la  répartition  de  cette 
remarquable  espèce  que  nous  avons  trouvée  en  haute  altitude  même, 
au  Tizi’n’Test  (2.100  m.)  et  dont  la  localisation  précise  fait  l’objet 
de  recherches  suivies  de  la  part  de  M.  J.  Malhomme. 

L’étude  des  spécimens  en  notre  possession  confirme  ce  que  nous 
proposions  lors  de  nos  précédentes  révisions  :  Anoplobuthus  parvus 
Caporiacco  1932  est  bien  synonyme  de  Butheloïdes  maroccanus 
Hirst  1925  et  le  genre  Anoplobuthus  et  sa  seule  espèce,  parvus 
doivent  être  rayées  de  la  faune  marocaine.  Les  caractères  observés 


sur  les  spécimens  nouvellement  capturés  n’apportent  aucune  modi¬ 
fication  importante  à  nos  descriptions.  Tout  au  plus,  il  nous  faut 
souligner  combien  il  est  difficile  de  reconnaître  les  sexes  chez  ce 
petit  Scorpion.  Le  nombre  des  dents  des  peignes  est  plus  variable 
que  nous  ne  l’avions  noté  en  1948  :  il  va  de  13  à  16  chez  la  Ç,  et  chez 
le  (J  de  15  à  17  ;  ce  nombre  ne  permet  donc  aucune  certitude  dans  le 
diagnostic  des  sexes  bien  que  chez  le  les  lames  du  peigne  soient 
plus  élancées  que  chez  la  Ç.  Pour  être  sûr,  il  faut  alors  disséquer 
les  spécimens  et  constater  la  présence  ou  l’absence  des  organes 
paraxiaux  particuliers  aux  <$  adultes  ;  les  crochets  copulateurs, 
situés  dans  la  chambre  génitale  du  sont  très  difficiles  à  voir  par 
suite  de  la  taille  de  l’animal. 

Les  3  $  étudiés  (ce  qui  porte  à  4  le  nombre  des  connus)  possèdent 
un  organe  paraxial  conforme  à  celui  décrit  dans  nos  travaux  de 
révision,  mais  cette  recherche  nous  a  montré  que  l’état  de  maturité 
sexuelle  (que  confirment  les  organes  paraxiaux  complètement  déve¬ 
loppés  et  fonctionnels)  existe  chez  des  <§  dont  la  taille  peut  être  très 
différente  ;  le  (J  de  la  station  213  mesure  par  exemple,  1,7  cm.  alors 
que  celui  de  la  station  37  a  2,4  cm.,  le  <§  de  la  station  11  est  inter¬ 
médiaire  et  mesure  2,1  cm.  Et  cependant  chez  tous  ces  <3*,  les  lobes 
de  l’organe  paraxial,  servant  au  moulage  des  spermatophores,  ont 
les  mêmes  dimensions  et  sont  donc  identiques  en  taille.  Nous  devons 
donc  souligner  encore  une  fois  l’interdépendance  entre  la  croissance 
du  corps  et  celle  de  l’organe  génital.  Nous  avons  déjà  signalé  et 
étudié  plus  en  détail  ce  fait  chez  Buthotus  alticola  (Poe.)  (travail  et 
impression  :  Vidensk.  Medd.  Damk.  nat.  Forenh .)  et  chez  Buthus 
occitanus  (Am.)  ( Bull .  Mus.  nat.  Hist.  nat.,  1951,  t.  23,  p.  621)  et 
l’on  peut,  dans  une  certaine  mesure,  parler  de  $  forts  et  de  <$ 
faibles.  Cette  dysharmonie,  en  un  même  sexe,  de  deux  croissances 
normalement  couplées  n’est  pas  spéciale  aux  Scorpions,  ni  aux 
Invertébrés  et  le  fait  a  déjà  souvent  été  signalé.  Rappelons  simple¬ 
ment,  à  propos  des  Arachnides,  que  L.  Fage  [Ann.  Soc.  entom.  Fr., 
1944-46,  t,  113,  p.  77)  a  insisté,  chez  Sarax  Davidovi  et  déjà  en  1939 
(Bull.  Soc.  entom.  Fr.,  t.  44,  p.  155)  chez  Charinus  seychellarum 
(Amblypyges)  sur  la  présence  de  forts  et  de  $  faibles,  ces  derniers 
ayant  même  conservé  des  caractères  Ç. 

L’indépendance  de  la  croissance  germinale  et  de  la  croissance 
somatique  est,  pour  le  systématicien,  une  notion  fort  importante  et 
qu’il  ne  peut  négliger,  les  différences  entre  adultes  d’une  même 
espèce,  pouvant  dans  bien  des  cas,  être  le  résultat  de  cette  disjonc¬ 
tion  inhabituelle  de  deux  croissances  normalement  isochrones, 
ce  qui  aboutit,  en  fait,  à  l’existence  de  <$  (ou  de  Ç)  morphologique¬ 
ment  différents. 


Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 


Un  Opilion  nouveau  des  Monts  Cantabriques  (Espagne). 
Par  Ed.  Dresco. 


Au  cours  d’une  exploration  biospéologique  dans  les  Monts  Canta¬ 
briques,  avec  mes  collègues  et  amis  Mlle  Derouet  et  J.  Nègre, 
nous  avons  chassé  en  surface  dans  les  Picos  de  Europa.  Je  donne 
ci-dessous  la  description  d’un  opilion  nouveau  que  nous  avons 
capturé. 


Dicranopalpus  cantabricus  sp.  nov. 

Fig.  1,  2,  3,  4.  —  Type  :  (J  Puertos  de  Aliva,  prov.  de  Santander, 
Espagne.  —  Date  de  capture  :  12  et  13  août  1952. 

Matériel  étudié,  2  de  la  station  ci-dessus. 

S.  —  Abdomen,  long.  2,85  mm.  ;  larg.  2,1  mm.  Dessus  fauve  testacé  à  la 
partie  céphalique  avec  de  petites  taches  peu  marquées  ;  en  arrière  du 
mamelon  une  tache  brune  triangulaire,  et  sur  l’abdomen  une  tache  brune 
le  couvrant  en  arrière  dans  toute  sa  largeur,  garnie  de  points  blancs,  et 
rétrécie  en  avant  (fig.  1).  Abdomen  en-dessous  fauve  testacé,  ainsi  que  les 
hanches.  —  Mamelon  inerme,  canaliculé,  grisâtre,  rembruni  à  l’arrière,  vu 
en  dessus  plus  large  que  long.  —  Chélicères  testacées,  garnies  de  crins 
espacés,  doigts  noirs.  —  Patte-mâchoire  testacée  ;  fémur  légèrement 
courbe  muni  d’une  apophyse  basale  un  peu  plus  courte  que  le  diamètre 
de  l’article  ;  patella  munie  d’une  apophyse  interne  droite  et  divergente 
n’atteignant  pas  le  milieu  du  tibia  ;  tibia  cylindrique  avec  une  petite 
apophyse  interne  apicale  ;  tarse  courbe  légèrement  renflé  en  massue  à 
l’extrémité  ;  fémur  avec  des  granulations  piligères  infères  ;  patella  et  tibia 
munis  de  crins  espacés  ;  tarses  avec  des  crins  espacés  et  une  fine  pilosité 
apprimée.  Hanches  des  pattes  fauve  testacé.  —  Pattes  ambulatoires 
longues  et  fines,  fauve  testacé,  concolores,  chaque  article  légèrement 
obscurci  vers  l’apex,  les  tarses  rembrunis  sur  toute  leur  longueur  ;  tarses 
très  longs  multiârticulés. 

Longueur  des  pattes,  du  fémur  au  tarse  : 


I. 

4,8 

1,5 

5 

15  =  26,3  mm. 

IL 

9, 

1,5 

9 

27,6  ==  47 

III. 

5 

1,2 

5,4 

17,4  =  29 

IV. 

7,8 

1.5 

6,6 

22,5  =  38,4 

Patte-mâchoire  :  1,5  0,5  1,35  1,5  —  4,8  mm. 

Longueur  de  l’apophyse  de  la  p.  m.  :  0,5  mm. 

Pénis  long,  renflé  à  la  base  (fig.  3),  acuminé  cylindrique  dans  la  partie 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


148 


distale,  renflé  à  l’apex  avec  un  style  sinueux  ;  à  la  base  du  style  se  trouvent 


2  cornes  chitinisées  cintrées  et  divergentes  (fig.  4). 

Le  tableau  que  j’ai  donné  (1,  p.  337)  devient  : 

2)  apophyse  patellaire  arrivant  au  milieu  du  tibia .  2  bis 

2  bis)  apophyse  fémorale  basale  infère  de  la  p.  m.  en  léger  tubercule  ; 
fémur,  patella  et  une  partie  du  tibia  de  la  p.  m.  noirs .  D.  larvatus  ? 


Apophyse  fémorale  d°.  presque  aussi  longue  que  le  diamètre  de  l’article  ; 
articles  de  la  p.  m.  fauve  testacé .  D.  cantabricus  n.  sp. 


Dicranopalpus  cantabricus  sp.  nov.  — - 1  S-  Abdomen,  vue  en  dessus.  —  2.  o-  Patella  et 
tibia  de  la  p.  m.  droite,  vue  en  dessus.  3.  Pénis,  X  35.  — •  4.  cf.  Extrémité  du 
pénis,  X  320.  —  5.  Juv.  Patte-mâchoire  droite,  vue  en  dessus.  —  6.  Juv.  Fémur  droit 
vue  en  dessous  et  vue  latérale  externe. 


Le  matériel  rapporté  comprend  : 

1°  2  (J  et  1  juv.  capturés  au-dessus  du  refuge  (ait.  1.715  m.)  des 
Puertos  de  Aliva,  au  cours  d’une  excursion  à  los  Pozos  (ait.  1.895  m.), 
au  delà  du  Col  Horcadina  de  Covarrobres  (ait.  1.900  m.),  Je  ne  puis 
préciser  le  point  exact  de  capture,  mais  on  peut  situer  l’altitude 
vers  1.850  m.  Les  puertos  de  Aliva  se  trouvent  à  l’extrémité  ouest 


—  149 


de  la  prov.  de  Santander,  mais  très  près  de  la  rencontre  des  trois 
provinces  de  Santander,  d’Oviedo  et  de  Leon. 

2°  1  juv.,  capturé  au  cours  de  tamisages  dans  la  région  du  lago 
de  Enol  (1.160  m.),  Asturias,  prov.  d’Oviedo.  (15-VIII-52). 

L’examen  des  jeunes  apporte  les  précisions  suivantes  :  adbomen 
blanchâtre  parsemé  de  taches  blanc  nacré  ;  mamelon  oculaire  bleuté, 
yeux  noirs  ;  pattes  blanches.  —  Patte-mâchoire  blanche  ;  fémur 
courbe  avec  une  série  d’épines  infères  robustes,- en  ligne,  et  quatre 
épines  semblables  sur  la  face  interne  dans  la  moitié  apicale  ;  les 
mêmes  épines  se  rencontrent  sur  la  patella  et  le  tibia,  seul  le  tarse  en 
est  dépourvu  ;  tibia  muni  d’une  apophyse  interne  sub-apicale  nette¬ 
ment  marquée  ;  tarse  renflé  en  forme  de  massue  (fig.  5  et  6). 

La  $  de  cette  espèce  est  inconnue. 

Les  affinités  de  cette  nouvelle  espèce  peuvent  être  précisées  comme 
suit  : 

a)  le  (J  de  D.  martini  n’étant  pas  décrit,  et  la  $  de  D.  cantabricus 
étant  inconnue,  les  juv.  de  D.  cantabricus  se  distinguent  par  leur 
p.  m.  dont  le  fémur,  fortement  courbé,  est  garni  d’épines  très 
robustes  (fig.  5,  6). 

b)  D.  cantabricus,  aux  pattes  non  annelées,  diffère  de  D.  gasteinen- 
sis,  par  son  apophyse  patellaire  n’atteignant  pas  la  moitié  de  la 
longueur  tibiale,  et  de  D.  larvatus  par  on  apophyse  fémorale  basale 
infère  de  la  p.  m.  et  par  sa  palte-mâchoire  fauve. 

c)  le  D.  fraternus  Szalay,  dont  le  sexe  n’est  pas  précisé  a  son  apo¬ 
physe  patellaire  beaucoup  plus  longue,  et  se  rapproche,  par  ce 
caractère,  de  D.  gasteinensis  (3). 

d)  les  autres  espèces,  pyrenaeus  et  insignipalpis,  ont  les  pattes 
annelées. 


Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 


BIBLIOGRAPHIE 

1.  Ed.  Dresco.  Remarques  sur  le  genre  Dicranopalpus  Dol.  et  descrip¬ 
tion  de  deux  espèces  nouvelles.  Bull.  Mus.,  2e  sér.,  t.  XX,  n°  4,  1948. 

2.  Voir  Bibliographie  de  la  note  ci-dessus. 

3.  L.  Szalay.  Eine  neue  Opilionide  :  Dicranopalpus  fraternus  n.  sp.  Ento- 
mol.  Tidskr.  Arg.  71.  Hâfte  1,  28-5-1950. 


—  150  — 


Une  espèce  nouvelle  de  Leptus  (Acarien) 

PARASITE  DE  SCORPIONS. 

„  Par  Marc  André. 


En  examinant  un  certain  nombre  de  Scorpions  ( Buthus  occitanus 

L. )  recueillis  en  juillet  1951  à  Banyuls-sur-Mer  (Pyr.-Orient.), 

M.  J.  Théodorides  remarqua  la  présence  de  nombreuses  larves 
de  Thrombidions  fixées  en  parasitisme  sur  ces  Buthus. 

Nous  avons  déjà  signalé,  pour  la  première  fois,  en  1943  {Bull. 
Muséum,  2e  sér.,  XV,  p.  293)  la  présence  d’une  espèce  de  Thrombi- 
culidae  ( Acomatacarus  paradoxus  M.  André)  au  stade  larvaire,  parasi¬ 
tant  quatre  exemplaires  de  Buthus  gibbosus  Brulé  recueillis  dans 
file  Gavdos  (Sud  de  l’ Ile  de  Crête).  La  présence  de  Thrombiculidae 
sur  des  Scorpions  était  exceptionnelle  car  les  représentants  de  cette 
famille  se  rencontrent  généralement  sur  des  Vertébrés. 

Les  échantillons  obligeamment  communiqués  par  M.  Théodo¬ 
rides  appartiennent  à  la  famille  des  Thrombidiidae  et  se  rattachent 
au  genre  Leptus  Latreille,  1795  (=  Achorolophus  Berlese  1891). 

Par  l’ensemble  de  leurs  caractères  ces  larves  sont  voisines  du  L. 
ignotus  Oudemans,  1903  =  phalangii  (De  Geer),  1778  ;  elles  s’en 
distinguent  cependant  par  d’importantes  différences  qui  me  per¬ 
mettent  de  les  considérer  comme  appartenant  à  une  espèce  nouvelle 
dont  je  donne  la  description  ci-dessous. 

Leptus  pyrenaeus  n.  sp. 

La  taille  des  individus  est  extrêmement  variable  selon  leur  état 
de  replétion  et  peut  atteindre,  chez  les  exemplaires  gorgés  de  nourri¬ 
ture  le  triple  des  dimensions  primitives.  Chez  le  plus  petit  des  échan¬ 
tillons  (qui  n’était  pas  à  jeun)  de  cette  nouvelle  espèce,  l’idiosoma 
atteint  une  longueur  de  410  p,  et  une  largeur  de  270  p. 

Face  dorsale  (fig.  1).  —  La  région  dorsale  antérieure  du  thorax 
présente  un  bouclier  unique,  à  surface  poreuse,  dont  l’aspect  (fig.  3) 
est  assez  semblable  à  celui  du  L.  sieversi  figuré  par  Oudemans 
(1912,  Zool.  Jahrb.,  Larven  von  Thrombidiidae  und  Erythraeidae, 
p.  171,  (fig.  A2,  3).  Plus  large  que  haut,  sa  forme  générale  rappelle 
celle  d’un  triangle  à  sommet  dirigé  vers  l’arrière  et  à  angles  large¬ 
ment  émoussés.  Le  bord  intérieur,  le  plus  long,  est  sinueux  et,  par 
une  double  bande  chitineuse,  limite  une  aréa  médiane  dans  laquelle 

Bulletin  du  Muséum,  2°  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


—  153  — 


s’insèrent  deux  soies  sensorielles  ;  les  bords  latéraux  convergent 
rapidement  vers  l’arrière  et  après  un  tracé  concave  se  renflent 
légèrement  jusqu’à  l’extrémité  postérieure  constituant  une  pointe 
largement  arrondie.  Ce  scutum  donne  insertion  à  quatre  fort  poils 
barbulés,  longs  de  25  [X,  dont  chaque  paire  est  située  aux  angles 


Leptus  pyrenaeus  M.  André. 

F  ig.  3.  —  Bouclier  dorsal.  —  Fig.  4.  —  Palpe  maxillaire. 


antéro-latéraux.  De  plus,  il  porte  deux  paires  de  soies  pseudo- 
stigmatiques  munies  de  fines  barbulés  dans  leur  moitié  distale  ; 
les  postérieures  sont  plus  longues  (53  jx)  que  les  antérieures  qui  ne 
dépassent  pas  30  fx. 

De  chaque  côté  du  propodosoma  (thorax)  se  trouve  un  œil.  La 
face  dorsale  de  l’idiosoma  est  recouverte  de  nombreux  poils  épais, 
barbulés,  dont  la  taille  croît  progressivement  de  l’avant  vers  l’arrière 
du  tronc  ;  les  antérieurs  ne  dépassent  pas  60  jx  alors  que  la  longueur 
des  postérieurs  atteint  100  à  110  jx. 


—  154  — 


Face  ventrale  (fig.  2).  —  Toutes  les  coxae,  ou  épimères,  sont  nette¬ 
ment  séparées  les  unes  des  autres  ;  chacune  d’elles  porte  un  poil 
barbulé  long  de  80  p  (II  et  III)  à  110  p  (I).  Entre  les  coxae  I  et  entre 
les  coxae  II  on  observe  une  paire  de  poils  barbulés.  Dans  l’espace 
compris  entre  les  coxae  II  et  III  s’insèrent  deux  rangées  de  8  poils 
également  barbulés.  Depuis  la  hauteur  des  coxae  III  jusqu’au  bord 
postérieur  du  corps  prennent  naissance  de  nombreux  poils  semblables 
aux  précédents. 

Pièces  buccales.  —  L’hypostome  porte,  près  de  son  extrémité 
antérieure,  une  paire  de  longues  soies  simples. 

Les  palpes  maxillaires  (fig.  4)  sont  droits  ;  le  fémur  est  épais  (70  p) 
long  de  150  p  et  orné  d’un  fort  poil  (120p)  barbulé.  L’article  suivant 
(génual)  est  exceptionnellement  muni,  chez  tous  les  exemplaires,  de 
deux  poils  barbulés  dont  l’antérieur,  dorsal,  atteint  43  p  et  l’autre, 
latéral,  environ  20  p.  L’avant-dernier  article  (tibia)  présente  : 
1°  dorsalement  deux  poils  dont  le  postérieur  (20  p),  trapu,  presque 
conique,  est  muni  de  fortes  barbulés  et  l’antérieur,  plus  long  (30  p)  et 
plus  grêle  est  aussi  barbulé  ;  2°  latéralement  on  observe  (de  chaque 
côté)  une  soie  lisse  pointue.  Ce  tibia  se  termine  par  une  forte  griffe 
simple,  seulement  courbée  près  de  son  extrémité  distale. 

Le  dernier  article  (tarse)  constitue  un  petit  appendice  papilli- 
forme  cylindrique  (non  renflé)  pourvu,  à  son  sommet,  d’une  forte 
soie  lisse  et  pointue  et,  sur  la  face  dorsale,  de  deux  soies  grêles  et 
glabres  ;  à  sa  face  ventrale  s’insèrent  trois  fines  épines  aigües. 

Cette  espèce  est  représentée  par  de  nombreux  exemplaires  recueillis 
sur  plusieurs  Buthus  occitanus  L.  capturés,  à  Banyuls-sur-Mer 
(Pyrénées-Orientales),  en  juillet  1951. 

Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 


155  — 


Observations  sur  les  Oribates  (25e  série). 

Par  F.  Grandjean. 

I.  —  Sur  le  genre  Oribella  Berl.  et  deux  nouveaux  genres, 
Pantelozetes  et  Thyrisoma. 

Le  type  du  genre  Oribella  Berl.  1908  (2,  p.  9)  est  Notaspis  pecti- 
nata  Mich.,  c’est-à-dire  l’Acarien  que  Berlese,  en  1908,  appelait 
Notaspis  pectinata  Mich. 

Cet  Acarien,  nous  le  trouvons  dans  VA.  M.  S.  (fasc.  LXI,  n°  8, 
1892),  figuré  et  décrit  sous  le  nom  de  Belba  pectinata  (Mich.)  Berl. 
et  nous  constatons  qu’il  est  très  différent  du  Notaspis  pectinata  de 
Michael.  Il  a  les  caractères  d’un  Oppia  à  sensillus  rameux.  Le  nom 
générique  Oribella  n’a  donc  pas  le  sens,  ou  plutôt  les  sens  qui  lui 
sont  attribués  par  divers  auteurs,  notamment  par  Willmann 
1931  (16,  p.  133  et  134,  fig.  153  à  157)  et  par  les  Acarologues  qui 
ont  adopté  la  nomenclature  de  Willmann. 

Les  espèces  qui  sont  mises,  par  ces  auteurs,  dans  le  genre  Oribella, 
se  divisent  en  2  groupes.  Je  propose  d’appeler  ces  groupes  les  genres 
Pantelozetes  et  Thyrisoma,  les  types  de  ces  nouveaux  genres  étant  : 

1°  Pour  Pantelozetes  le  Xenillus  paolii  d’OuDEMANS  1917  (13, 
p.  38  à  41,  fig.  67  à  76),  Oribate  commun  en  Europe  occidentale  et 
facilement  reconnaissable,  sans  aucune  ambiguïté,  par  sa  descrip¬ 
tion  et  les  figures. 

2°  Pour  Thyrisoma  le  Notaspis  lanceolata  de  Michael  1888  (11, 
p.  398  et  399,  pl.  XXXII,  fig.  12  à  15),  espèce  commune  aussi  en 
Europe  occidentale  et  bien  définie  par  Michael. 

Est-il  possible  d’éviter  la  création  de  ces  2  genres  ? 

Certainement  non  pour  Thyrisoma,  car  P.  paolii  se  distingue  au 
premier  coup  d’œil  par  son  apodème  et  sa  bordure  épimérique  3, 
lesquels  sont  bien  développés  et  traversent  orthogonalement,  à 
bonne  distance  devant  l’ouverture  génitale,  le  plan  de  symétrie,  ce 
qui  est  rare  chez  les  Oribates  supérieurs,  tandis  que  l’apodème  et  la 
bordure  3  sont  absents  chez  Th.  lanceolata.  On  ne  peut  donner  à 
cette  différence  un  simple  rang  spécifique.  Les  nymphes,  en  outre, 
ne  se  ressemblent  pas.  Celle  de  P.  paolii,  figurée  par  Tuxen  (15, 
p.  328,  fig.  5  et  6),  a  sur  l’hysterosoma  des  sclérites  colorés,  à  limites 
franches1,  tandis  que  celle  de  Th.  lanceolata  est  d’un  autre  aspect, 

1.  J’ai  observé  moi-même  des  nymphes  semblables  associées  dans  plusieurs  récoltes 
à  des  adultes  de  Pantelozetes. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


—  156  — 


sans  sclérite  apparent.  Je  décrirai  plus  tard  ces  nymphes  et  aussi 
des  adultes  des  genres  Pantelozetes  et  Thyrisoma,  pour  montrer  qu’il 
y  a  entre  ces  genres,  à  toutes  les  stases,  des  différences  nombreuses 
qui  s’ajoutent  à  celles  signalées  plus  haut. 

Mais -pourrait-on  conserver  le  genre  Oribella  en  lui  donnant  le  sens 
que  je  donne  à  Pantelozetes  afin  de  n’avoir  pas  à  introduire  dans  la 
nomenclature  un  terme  nouveau  ? 

Non,  puisque  Berlese  nous  a  fait  savoir,  en  1892,  ce  qu’il  appelle 
Notaspis  pectinata,  et  qu’entre  1892  et  1908  (date  de  la  création 
à’ Oribella)  nous  n’avons  pas  la  preuve,  clairement  mentionnée,  qu’il 
ait  changé  d’avis.  Pendant  cette  période  Berlese  n’a  cité  pectinata 
qu’une  fois,  en  1904  (1,  p.  274),  pour  dire,  à  propos  d’une  comparai¬ 
son  à  Dameosoma  corrugatum,  que  D.  pectinata  Mich.  a  un  sensillus 
très  long,  à  peine  épaissi,  orné  de  quelques  barbules,  ce  qui  s’ap¬ 
plique  au  pectinata  de  l’A.  M.  S.  comme  au  vrai  pectinata. 

Remarquons  que  Berlese,  en  1904,  rapporte  implicitement 
pectinata  au  genre  Dameosoma  puisqu’il  l’appelle  D.  pectinata.  Il 
l’avait  en  effet  déjà  rapporté  au  sous-genre  Dameosoma,  ex  Belba, 
en  1892  ( A .  M.  S.,  fasc.  LXIII,  n°  3).  Or  le  type  du  sous-genre  (ou  du 
genre)  Dameosoma  est  un  Oppia  au  sens  d’Oppia  nitens  Koch  et 
Dameosoma  Berl.  est  par  conséquent  synonyme  d’Oppia  Koch. 
Nous  voyons  de  nouveau  que  le  pectinata  de  Berlese  est  un  Oppia . 

Les  auteurs  qui  attribuent  comme  type,  au  genre  Oribella,  le 
pectinata  de  Michael,  jugent  selon  la  lettre.  C’est,  en  effet,  pectinata 
Mich.  qui  est  désigné,  sans  commentaire,  dans  YElenco.  Mon  opinion 
est  qu’il  faut  juger,  dans  ce  cas  et  tous  les  autres  analogues,  selon 
l’esprit.  Je  me  suis  expliqué  déjà  sur  ce  sujet  (6,  p.  81  à  83).  Juger 
selon  la  lettre  est  quelquefois  plus  simple  mais  est  contraire  au  sens 
commun.  Si  on  le  faisait  pour  Oribella  il  faudrait  le  faire  toujours. 
Que  de  bouleversements  en  résulteraient  pour  la  nomenclature  ! 

On  ne  serait  même  pas  tout  à  fait  sûr,  à  ce  prix,  d’avoir  un  bon 
genre  Oribella  car  un  mystère  plane  sur  le  Notaspis  pectinata  de 
Michael.  D’après  la  figure  2  de  1888  (11,  pl.  XXXII)  il  appartient 
au  même  genre  que  paolii,  c’est-à-dire  au  genre  Pantelozetes,  mais 
sa  nymphe  (l.  c.,  fig.  3)  diffère  totalement  de  celle  de  P.  paolii. 
Michael  nous  dit  qu’il  a  obtenu  cette  nymphe  par  élevage.  S’il  n’a 
pas  fait  d’erreur,  ni  Tuxen,  comme  cela  se  peut-il  ? 

Dans  une  discussion  relative  à  la  validité  du  genre  Cymbaere- 
maeus  j’ai  fait  intervenir,  pour  ne  rien  changer  à  la  nomenclature, 
bien  que  les  Règles  fussent  manifestement  violées,  un  principe 
supérieur  d’accord  unanime  (7,  p.  194).  Pour  ne  pas  être  discrité, 
ni  discutable,  l’accord  doit  être  à  la  fois  selon  la  lettre  et  selon  l’esprit. 
Le  cas  du  genre  Oribella,  malheureusement,  n’a  rien  de  commun 
avec  celui  du  genre  Cymbaeremaeus.  Pour  lui  les  désaccords  entre 
auteurs  sont  nombreux,  les  uns  venant  de  la  mauvaise  définition 


—  157  — 


initiale  de  Berlese  (les  Oribella,  d’après  Y Elenco  1908,  sont  des 
sortes  d ’Oribatula  monodactyles  !)  et  les  autres  de  la  bizarre  intro¬ 
duction,  dans  le  genre  Oribella,  du  Notaspis  castaneus  d’HERMANN 
et  du  Xenillus  clypeator  de  Robineau-Desvoidy.  Voici  quelques 
opinions  : 

Berlese  1918  :  Liebstadia  Oud.  1913  est  synonyme  d 'Oribella 
Berl.  1908. 

V itzthum  1921  :  Oribella  Berl.  1908  est  synonyme  de  Liebstadia 
Oud.  1906. 

V itzthum  1926  :  Oribella  est  synonyme  de  Xenillus  Rob.-Desv. 
1839. 

Oudemans  1931  :  Banksinoma  Oud.  1930  est  synonyme  d ’ Ori¬ 
bella. 

A  ces  opinions,  qu’il  me  semble  inutile  de  discuter,  et  dont  le 
moins  qu’on  puisse  dire  est  qu’elles  ne  donnent  pas  une  idée  claire 
du  g.  Oribella,  j’ajoute  la  mienne  :  Oribella  est  un  genre  non  valable, 
synonyme  d ’Oppia,  ou  une  coupure  valable,  non  encore  définie,  qui 
serait  très  voisine  d  ’Oppia  ;  les  espèces  désignées  par  Oribella  dans 
Willmann  1931  ne  sont  pas  des  Oribella  ;  il  faut  les  répartir  entre 
les  deux  genres  nouveaux  Pantelozetes  et  Thyrisoma. 

II.  Pseudotritia  duplicata  nov.  nom. 

C’est  avec  un  peu  d’hésitation  que  je  propose  ce  nouveau  nom  pour 
désigner  Y Hoplophora  ardua  Koch  selon  Michael,  car  plus  d’un 
auteur  a  remarqué  les  fortes  différences  entre  Yardua  de  Michael 
et  celui  de  Koch  1  et  aucun  d’eux  n’a  cependant  donné,  à  ma  con¬ 
naissance,  un  nom  nouveau  à  Yardua  de  Michael.  Or  cet  ardua, 
c’est-à-dire  maintenant  Pseudotritia  duplicata,  est  une  espèce  com¬ 
mune  et  importante. 

Elle  se  reconnaît  immédiatement  à  la  double  carène  latérale  de  son 
aspis.  Les  deux  carènes  partent  de  la  bothridie,  de  chaque  côté,  et 
se  dirigent  en  avant.  Elles  atteignent  sensiblement  le  bord  de 
l’aspis.  Elles  sont  voisines,  mais  bien  séparées,  un  peu  plus  écartées 
l’une  de  l’autre  en  avant  qu’en  arrière. 

Il  est  facile  de  relever,  entre  ardua  et  duplicata,  d’autres  différences 
morphologiques,  ou  de  chaetotaxie,  notamment  dans  la  région 
ventrale.  Le  sensillus  est  plus  long.  Je  publierai  plus  tard  des  dessins 
pour  montrer  ces  différences. 

Une  autre  sorte  de  différence  concerne  la  cuticule  et  son  change- 

1.  Jacot,  par  exemple,  à  qui  j’ai  envoyé,  en  1928,  des  exemplaires  de  Ps.  duplicata 
provenant  du  bois  de  Satory,  fait  remarquer  en  1936,  à  propos  des  Phthiracaridés  de 
Koch  qu’il  a  récoltés  aux  environs  de  Regensburg,  que  Ps.  ardua  ne  doit  pas  être 
confondu  avec  une  espèce  sans  dénomination  qui  a  une  carène  double,  habitant  l’Eu¬ 
rope  occidentale  et  figurée  en  partie  par  Michael  (8,  p.  184). 


—  158  — 


ment  avec  l’âge.  Examiné  en  lumière  réfléchie  un  jeune  1  de  dupli¬ 
cata  est  lisse,  brillant,  de  couleur  claire  et  à  demi  transparent,  comme 
un  jeune  d ’ardua,  mais  plus  tard  il  change  beaucoup  d’aspect.  Il 
devient  terne,  opaque  et  plus  rouge.  Sa  surface  est  alors  enduite 
d’une  matière  grise  très  finement  granuleuse,  poussiéreuse,  et  elle 
semble  corrodée.  Elle  est  couverte  de  lignes  courtes,  contournées, 
enchevêtrées  les  unes  dans  les  autres,  irrégulièrement  distribuées, 
plus  accentuées  sur  les  flancs  du  notogaster.  A  la  surface  de  l’aspis, 
d’autre  part,  chez  beaucoup  d’individus,  pourvu  qu’ils  ne  soient  pas 
trop  jeunes,  ni  trop  vieux,  on  voit  une  réticulation  franche,  à  mailles 
polygonales,  de  nature  cérotégumentaire. 

Le  cérotégument  est  exsudé,  à  travers  la  cuticule,  postérieurement 
à  l’éclosion.  C’est  pour  cela  qu’on  ne  voit  aucune  réticulation  sur 
les  individus  très  jeunes.  Les  côtés  des  polygones  représentent,  comme 
dans  tous  les  cas  analogues,  les  limites  des  cellules  hypodermiques  et 
ils  sont  en  relief  parce  que  l’exsudation  est  un  peu  plus  forte  en  face 
des  limites  qu’en  face  des  cellules.  Le  relief  n’est  d’ailleurs  pas  consi¬ 
dérable  et  il  faut  un  peu  d’attention  pour  bien  voir  les  mailles. 
Il  vaut  mieux  grossir  assez  fortement  et  observer  par  transparence. 
Le  faible  grossissement  habituel  de  l’examen  par  réflexion  (X  60  à 
X  70)  ne  suffit  généralement  pas. 

La  matière  grise  et  terne  qui  couvre  l’animal  quand  il  n’est  plus 
jeune  est  aussi  du  cérotégument,  un  cérotégument  d’une  autre  sorte 
car  il  ne  forme  pas  des  dessins  polygonaux.  Il  n’est  pas  épais,  mais  il 
cache  ou  détruit  la  réticulation.  A  cause  d’elle  un  viéil  adulte  de 
duplicata  paraît  toujours  sale. 

Pour  les  observations  qui  précèdent  je  me  suis  servi  d’exemplaires 
récoltés  aux  environs  de  Paris,  dans  les  bois  qu’explora  Nicolet 
(Meudon,  Satory,  Fausses  Reposes,  etc.).  Sur  les  nombreux  prélève¬ 
ments  de  litière  que  j’ai  fait  dans  ces  bois,  entre  1925  et  1931,  pour 
étudier  la  faune  de  Nicolet,  17  contenaient  duplicata  ou  ardua. 
Leur  triage  m’a  donné  240  duplicata  répartis  entre  15  des  prélève¬ 
ments  et  42  ardua  répartis  entre  les  2  autres.  Duplicata  domine  donc 
ardua  de  beaucoup.  Dans  le  bois  de  Satory  tous  les  Pseudotritia 
étaient  des  duplicata. 

La  plus  grande  fréquence  de  duplicata  dans  les  bois  de  Nicolet 
nous  apporte  un  argument  supplémentaire  et  de  grande  valeur 
pour  dire  que  Y Hoplophora  stricula  de  Nicolet  (12,  p.  472, 
pl.  XXXIII  (10),  fig.  5)  est  duplicata.  Je  m’étais  toujours  demandé 
pourquoi  Nicolet  avait  dessiné  une  réticulation  sur  l’animal 
qu’il  appelle  Hoplophora  stricula.  Je  crois  maintenant  qu’il  a  observé 
Ps.  duplicata,  qu’il  a  réellement  vu  la  réticulation  sur  l’aspis  de 
son  exemplaire  et  qu’il  l’a  mise  aussi,  sur  son  dessin,  à  l’hysterosoma, 

1.  Je  ne  parle  que  des  adultes.  Jeune  signifie  récemment  éclos. 


parce  qu’il  a  pris  pour  la  même  réticulation  les  lignes  vagues  et 
contournées  qui  couvrent  la  surface  dorsale  et  latérale  des  vieux 
individus.  Nicolet  avait  en  main  de  vieux  individus  puisqu’il  dit 
que  l’animal  est  «  fortement  granulé  ».  Il  avait  en  main  un  Pseudo¬ 
tritia  puisqu’il  dit  que  l’animal  est  «  très  comprimé  ».  Dans  les  bois 
des  environs  de  Paris  je  n’ai  trouvé  aucun  Oribotritia  et  seulement 
3  espèces  de  Pseudotritia,  qui  sont  duplicata,  ardua  et  minimus. 
Minimus  est  exclu  par  sa  taille.  Ardua  l’est  par  sa  moindre  fréquence, 
par  la  description  et  par  la  figure  de  Nicolet. 

Nicolet  est  donc  le  premier  auteur  qui  ait  observé  certaine¬ 
ment  Pseudotritia  duplicata.  Il  l’a  malheureusement  désigné  par 
un  nom  qui  n’est  pas  valable. 

Michael  aussi  a  trouvé  duplicata,  à  Epping  Forest,  et  il  l’a  bien 
décrit  sous  le  nom  d ’ Hoplophora  ardua  (11,  p.  564  à  566  ;  pl.  LI, 
fig.  8  à  15).  Sur  un  seul  point  je  ne  suis  pas  d’accord  avec  Michael. 
La  griffe  de  duplicata  n’est  pas  tridactyle  à  toutes  les  pattes.  Elle 
ne  l’est  qu’aux  pattes  II,  III  et  IV.  Elle  est  seulement  bidactyle 
à  I,  par  absence  de  l’ongle  latéral  para,  exactement  comme  aux 
exemplaires  d ’ ardua  que  l’on  trouve  aux  environs  de  Paris. 

Ps.  duplicata  a  les  mêmes  mœurs  que  P  s .  ardua.  Il  est  très  com¬ 
mun  en  France,  non  seulement  dans  le  bassin  de  Paris  mais  dans  le 
Nord  et  à  l’Ouest  (en  Bretagne).  A  Strasbourg  il  est  plus  rare  et  dans 
le  Périgord  également.  En  Corse  je  l’ai  trouvé  fréquemment  dans 
les  montagnes  (Vizzavona,  Zicavo,  Zonza).  Nous  savons  par  Michael 
qu’il  existe,  en  Angleterre.  A  cela  se  borne,  pour  le  moment,  notre 
savoir  sur  son  extension  géographique. 

III.  Sur  le  type  du  genre  Peloptulus. 

Au  sous-genre  Peloptulus,  devenu  plus  tard  un  genre,  Berlese 
assigne  pour  type,  en  1908  (2,  p.  7),  Pelops  phaeonotus  Koch. 

Le  Pelops  phaeonotus  de  Koch,  selon  Berlese,  est  décrit  et  figuré 
dans  Y  A.  M.  S.  (fasc.  XXXV,  n°  3,  1887).  C’est  un  Acarien  extrême¬ 
ment  singulier  car  il  a  des  ptéromorphes  de  Peloptulus  (de  ce  que 
nous  appelons  et  devons  appeler  Peloptulus )  et  .des  poils  inter¬ 
lamellaires  de  Pelops. 

Oudemans  avait  remarqué  cela  en  1929  (14,  p.  452).  Il  en  avait 
conclu  que,  sauf  erreur  grave  de  la  part  de  Berlese,  ce  phaeonotus 
n’est  pas  un  Peloptulus  et  n’est  pas  non  plus  le  Pelops  phaeonotus 
de  Koch.  Il  avait  changé  le  nom  d’espèce  en  berlesei,  selon  la  cou¬ 
tume,  mais  gardé  Peloptulus  pour  nom  de  genre,  ce  qui  n’était  pas 
logique. 

Le  Peloptulus  berlesei  d’OuDEMANS  étant  un  Peloptulus  à  poils 
interlamellaires  de  Pelops,  la  première  question  qu’il  faille  résoudre 
est  de  savoir  si  un  tel  animal  existe  ou  non. 


Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


11 


-  160  — 


Rien  ne  s’oppose  à  ce  qu’il  existe  et  je  l’ai  cherché  longtemps.  Je 
ne  l’ai  pas  trouvé  et  aucun  Acarologue  ne  l’a  signalé,  mais  il  est 
peut-être  rarissime  ?  S’il  existe,  le  genre  Peloptulus,  dont  il  est  le 
type,  n’est  pas  ce  que  nous  croyons.  S’il  n’existe  pas  nous  devons 
savoir  quelle  erreur  Berlese  a  faite. 

Berlese  a  certainement  cru  voir  dans  Y  A.  M.  S.,  à  son  Pelops 
phaeonotus,  le  même  poil  interlamellaire  qu’aux  autres  Pelops.  Il 
décrit  ce  poil  sous  le  nom  de  seta  adcessoria.  «  Setae  adcessoriae  late 
subulatae,  hyaline,  laeves  »,  dit  le  texte.  Aux  autres  Pelops  de  Y  A. 
M.  S.  le  poil  interlamellaire  est  appelé  aussi  seta  adcessoria  (ou 
accessoria ).  Sur  les  figures  de  phaeonotus  Berlese  dessine  ce  poil 
exactement  comme  s’il  s’agissait  d’un  vrai  Pelops.  Il  le  représente 
même  à  part.  Nous  voyons  que  c’est  un  large  poil,  lancéolé,  avec 
une  nervure  au  milieu,  entouré  à  sa  base  par  une  ligne  circulaire 
(ovale)  qui  représente  son  insertion  dans  la  cuticule.  Tout  est  là 
pour  nous  démontrer  que  ce  poil  existe.  Et  cependant  il  n’existe 
pas  ! 

L’erreur  de  Berlese  s’explique  très  bien  mais  je  ne  l’ai  comprise 
que  tout  récemment.  Berlese  a  pris  pour  un  poil  une  partie  de  la 
lamelle,  celle  qui  est  en  surplomb,  du  côté  antiaxial.  Cette  partie 
est  claire  parce  que  la  lamelle  n’est  pas  épaisse  et  qu’on  la  voit 
horizontalement  quand  l’Acarien  est  dorsal.  Sa  forme,  chez  l’espèce 
commune,  celle  qui  est  appelée  phaenotus  par  les  auteurs,  est  lan¬ 
céolée,  tout  à  fait  semblable,  par  un  curieux  hasard,  à  un  poil  inter¬ 
lamellaire  de  Pelops,  et  sa  dimension  est  la  même  !  Bien  entendu  elle 
n’est  pas  terminée  en  arrière  comme  un  poil  et  si  Berlese  l’a  dessi¬ 
née  ainsi,  c’est  par  un  effet  d’entraînement  (il  venait  sans  doute  de 
dessiner  un  vrai  Pelops).  Du  côté  paraxial  une  bande  brusquement 
très  foncée  succède  à  la  partie  claire.  La  bande  foncée  est  la  partie 
proximale  de  la  lamelle,  celle  d’enracinement.  Le  poil  lamellaire 
est  implanté  dans  la  partie  sombre,  en  avant. 

Donc  nous  pouvons  conserver  au  genre  Peloptulus,  sans  faire 
intervenir  le  principe  d’accord  unanime,  le  sens  qui  lui  est  attribué 
par  tous  les  Oribatologues.  La  seule  question  qui  subsiste  est  de 
savoir  si  le  phaeonotus  de  Y  A.  M.  S.  est  ou  non  celui  de  Koch.  Elle 
n’a  guère  d’importance  maintenant  et  elle  sera  facile  à  résoudre 
puisque  nous  connaissons  la  forme  de  la  partie  surplombante  de  la 
lamelle,  chez  le  phaeonotus  de  Y  A.  M.  S. 

IV.  Tritegeus  bisulcatus  nov.  nom. 

Xenillus  tegeocranus  (Herm.)  est  une  espèce  très  variable.  Nicolet 
l’a  décrite  deux  fois,  sous  les  noms  de  Cepheus  vulgaris  et  de  Cepheus 
bifidatus  (12,  p.  445  et  446  ;  pl.  XXX  (7),  fig.  8  et  10).  Les  exem¬ 
plaires  bifidatus  ont  des  lamelles  plus  écartées  l’une  de  l’autre,  en 


—  161  — 


avant,  mais  on  trouve,  entre  eux  et  les  exemplaires  vulgaris,  à 
lamelles  plus  rapprochées,  tous  les  intermédiaires.  Pour  voir  cela 
il  suffit  de  récolter,  dans  les  bois  de  Nicolet,  à  divers  endroits,  des 
exemplaires  assez  nombreux  de  tegeocranus.  Les  exemplaires  bifi- 
datus  ne  sont  pas  rares. 

Michael  a  eu  tort  en  1880  (9,  p.  187),  puis  en  1884  (10,  p.  290 
à  292,  pl.  XVI,  fig.  8),  d’appeler  Cepheus  bifidatus  Nie.  un  autre 
Acarien,  celui  qui  est  devenu  plus  tard  le  type  du  genre  Tritegeus. 
Que  l’erreur  de  Michael  n’ait  pas  été  relevée  et  corrigée,  et  que  cet 
autre  Acarien  soit  encore  appelé  Tritegeus  bifidatus  (Nie.)  est  pour 
moi  tout  à  fait  incompréhensible,  car  si  Nicolet  a  mal  décrit  son 
bifidatus  il  l’a  représenté  suffisamment  bien  pour  que  nous  n’ayons 
aucune  peine  à  le  reconnaître  et  il  ne  ressemble  pas  au  bifidatus  de 
Michael.  Remarquons,  par  exemple,  sur  la  figure  10  de  Nicolet, 
parmi  plusieurs  autres  caractères  probants,  celui  des  deux  bandes 
blanches,  symétriques,  un  peu  en  S,  du  propodosoma,  et  le  trait  noir 
qui  sépare  chacune  d’elles  en  2  parties,  longitudinalement.  Chez 
X.  tegeocranus  on  a  en  effet,  de  chaque  côté  du  propodosoma,  2  bandes 
claires,  d’un  blanc  jaunâtre,  presque  parallèles,  qui  sont  la  lamelle 
et  le  tutorium.  Le  contraste  entre  ces  bandes  et  le  reste  du  corps  est 
grand  quand  l’individu  est  sombre,  presque  noir.  Xenillus  est  le 
seul  genre,  à  ma  connaissance,  où  les  deux  tecta  précités  se  pré¬ 
sentent  de  cette  manière,  et  avec  ce  coloris.  Le  bifidatus  de  Michael 
ne  montre  rien  d’analogue. 

C’est  Berlese,  en  1913,  qui  a  créé  le  genre  Tritegeus  en  lui  choisis¬ 
sant  pour  type  Cepheus  bifidatus  Nie  (3,  p.  92),  mais  il  a  heureuse¬ 
ment  fait  connaître,  la  même  année,  dans  l’ Acarotheca  (4,  p.  169 
et  170,  figure),  qu’il  appelle  bifidatus  Nie.  le  bifidatus  de  Michael, 
de  sorte  que  le  genre  Tritegeus  reste  bien  défini  et  garde  le  sens 
avec  lequel  il  est  accepté  par  tous  les  Acarologues. 

Le  nom  d’espèce  bifidatus,  au  contraire,  ne  peut  être  maintenu. 
Il  tombe  sous  le  coup  des  articles  35  et  36  des  Règles.  Le  Cepheus 
bifidatus  de  Nicolet  et  le  Cepheus  bifidatus  de  Michael  sont  deux 
Acariens  homonymes.  La  désignation  bifidatus  doit  disparaître  au 
sens  de  Michael  et  il  n’est  même  pas  permis  de  la  garder  dans  le 
le  genre  Tritegeus. 

Je  propose,  puisqu’il  en  est  ainsi,  de  remplacer  bifidatus  Mich. 
par  bisulcatus  et  par  conséquent  d’appeler  Tritegeus  bisulcatus  le 
Cepheus  bifidatus  de  Michael. 

Pouvait-on  l’appeler  Tritegeus  bifidatus  (Mich.)  malgré  les 
Règles,  en  faisant  appel  au  principe  d’accord  unanime  ?  Je  ne  le 
crois  pas,  parce  que  l’accord  s’est  fait  sur  l’appellation  Tritegeus 
bifidatus  (Nie.),  qui  signifie  autre  chose,  et  surtout  parce  que  le 
principe  d’accord  unanime  doit  être  réservé  à  des  cas  où  l’applica¬ 
tion  des  Règles  a  des  conséquences  difficilement  tolérables.  Pour 


—  162  — 


Cymbaeremaeus,  par  exemple,  si  nous  n’appliquions  pas  le  principe 
il  nous  faudrait  garder  le  nom  de  genre  Cymbaeremaeus  en  lui  don¬ 
nant  un  sens  nouveau,  celui  attribué  depuis  1910  au  genre  Scaphere- 
maeus.  Ici  le  genre  Tritegeus  conserve  son  sens  et  sa  validité,  et  c’est 
l’essentiel.  Changer  bifidatus  en  bisulcatus  n’est  pas  très  gênant. 
Par  bisulcatus  je  fais  allusion  aux  deux  sillons  symétriques  du 
notogaster  le  long  desquels  des  poils  dorsaux  sont  implantés. 

En  France  T.  bisulcatus  est  surtout  un  Acarien  des  montagnes 
(Vosges,  Massif  Central,  Alpes).  Je  l’ai  trouvé  aussi  en  plaine, 
communément,  dans  le  Nord  (forêt  de  Crécy,  Somme)  et  dans 
l’Ouest  (Bretagne).  Il  est  rare  aux  environs  de  Paris  où  je  n’en  ai 
capturé  jusqu’ici  que  2  individus,  au  bois  de  Meudon. 

Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 


'  / 

TRAVAUX  CITÉS 

1  Berlese  (A.).  —  Acari  nuovi  II  (Redia,  t.  1,  p.  258  à  280,  1904). 

2.  Id.  —  Elenco  di  generi  e  specie  nuove  di  Acari  (Redia,  t.  5,  p.  1  à  15, 

1908). 

3.  Id.  —  Acari  nuovi  VII-VIII  (Redia,  t.  9,  p.  77  à  111,  1913). 

4.  Id.  —  Acarotheca  italica,  fasc.  I  et  II.  Firenze,  1913. 

5.  Id.  —  Acari,  Myriopoda  et  Scorpiones  hucusque  in  Italia  reperta. 

Indici.  Firenze,  1920. 

6.  Grandjean  (F.).  —  Observations  sur  les  Acariens.  10e  série  (Bull. 

Mus.  Hist.  Nat.  Paris,  2e  série,  t.  19,  p.  76  à  83,  1947). 

7.  Id.  —  Observations  sur  les  Oribates.  24e  série  (Bull.  Mus.  Hist.  Nat. 

Paris,  2e  série,  t.  24,  p.  187  à  194,  1952). 

8.  Jacot  (A.  P.).  —  Les  Phthiracaridae  de  Cari  Ludwig  Koch  (Revue 

suisse  Zool.,  t.  43,  p.  161  à  187,  1936). 

9  Michael  (A.  D.).  —  A  further  Contribution  to  the  Knowledge  of 
British  Oribatidae.  II  (Journ.  Royal  Microsc.  Soc.,  2e  série,  t.  3, 
p.  177,  à  201,  1880). 

10.  Id.  —  British  Oribatidae  I.  Ray  Society.  London,  1884. 

11.  Id.  —  British  Oribatidae  IL  Ray  Society.  London,  1888. 

12.  Nicolet  (H.).  —  Histoire  naturelle  des  Acariens  qui  se  trouvent  aux 

environs  de  Paris  (Arch.  Mus.  Hist.  Nat.  Paris,  t.  7,  p.  381  à  482, 
1855). 

13.  Oudemass  (A.  C.).  Notizen  über  Acari,  25.  Reihe  (Arch.  Naturg., 

t.  82  A,  p.  1  à  84,  1916  [1917]). 

14.  Id.  —  Acarologische  AaUteekeningen  XCVII  (Eut.  Ber.,  t.  7,  p.  448 

à  455,  1929). 

15.  Tuxen  (S.  L.).- —  Diezeitliche  und  râumliche  Verteilung  der  Oribatiden 

Fauna  bei  Maelifell,  Nord-Island  (Ent.  Medd.,  XXIII,  Jubilaeums- 
bind,  p.  321  à  336, 1943). 

16.  Willmann  (C.).  —  Moosmilben,  in  Dahl  (Tierw.  Deutschland,  22. 

V,  p.  79  à  200,  1931). 


—  163  — 


Types  déposés  au  Muséum  national  D’Histoire  naturelle 
par  l’Institut  français  d'Afrique  noire  (4®  liste). 

Par  André  Villiers. 


Dans  trois  listes  précédentes  1  nous  avons  énuméré  318  types  de 
Plantes  ou  d’ Animaux  déposés  au  Muséum.  La  présente  liste  énumère 
170  types  déposés  au  cours  des  deux  dernières  années  ;  c’est  donc  un 
total  de  488  types  qui  a  été  versé  aux  collections  nationales  par 
l’Institut  français  d’Afrique  noire  de  Dakar. 

Odonata. 

Enallagma  sudanicum  Fraser.  —  Sénégal  :  MBao. 

Enallagma  ifanicum  Fraser.  —  Sénégal  :  Sangalkam. 

Brachythemis  villiersi  Fraser.  —  Soudan  français  :  Markala. 
Trithemis  longistigma  Fraser.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 

Coleoptera. 

Fam.  Lycidae  : 

Lycus  ( Acantholycus )  miokoensis  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 

Lycus  ( Acantholycus )  mokanus  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 

Lycus  subgibbulus  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 

Lycus  subopacus  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 

Lycus  ( Lopholycus )  dekeyseri  Pic.  - —  Fernando-Poo  :  Mioko. 

Lycus  ( Haplolycus )  lepesmei  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Moka, 

Adoceta  longipenrtis  Pic.  — r  Fernando-Poo  :  Moka. 

Stadenus  villiersi  Pic.  — -  Fernando-Poo  :  Mioko. 

Stadenus  villiersi  var.  diversicollis  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Mioko. 
Cautires  sulcicollis  var.  miokoensis  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Mioko. 
Cautères  certus  var.  nigroapicalis  Pic.  —  Sénégal  :  Sébikotane. 
Cautires  nigrocollis  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 

Fam.  Cantharididae  : 

Silidius  miokoensis  Pic.  • — -  Fernando-Poo  :  Moka. 

Fam.  Meloidae  : 

Ceroctis  corynoides  var.  trinotata  Pic.  —  Algérie  :  Biskra. 

Actenodia  peringueyi  var.  biseptemmaculata  Pic.  —  Transvaal  :  Univuma. 

1.  Voir  :  lrB  liste  :  Bull.  Muséum  (2),  XX,  n°  3,  1948,  p.  260-262  ;  2e  liste  :  Bull. 
Muséum  (2),  XXI,  n°  6,  1949,  p.  700-706  ;  3e  liste  :  Bull.  Muséum  (2),  XXIII,  n°  4, 
1951,  p.  342-346. 

Bulletin  du  Muséum,  26  série,  t.  XXV,  r.°  2,  1953. 


—  164  — 


Mylabris  tenebrosa  var.  septemnola  Pic.  —  Algérie  :  Biskra. 

Mylabris  tenebrosa  var.  oberthuri  Pic.  —  Algérie  :  Bou  Saada. 

Mylabris  variabilis  var.  lambaesis  Pic.  —  Algérie  :  Lambèze. 

Fam.  Tenebrionidae  : 

Cimipsa  ventricosa  Gridei.li.  —  Mauritanie  :  Hamdoun. 

Fam.  Alleculidae  : 

Synallecula  mauritanica  Pic.  —  Mauritanie  :  Hamdoun. 

Fam.  Lagriidae  : 

Xenogena  robusta  Pic.  —  Côte  d’ivoire  :  Yapo. 

Xenogena  rufimembris  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Basile. 

Derolagria  bicolor  Pic.  —  Guinée  française  :  Mont  Nimba. 

Derolagria  nigricolor  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Mioko. 

Lopholagria  ( Mokalagria )  angustata  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 

Fam.  Aderidae  : 

Aderus  ( Agacinosia )  nigrosignatus  Pic.  —  Sénégal  :  Sangalkam. 

Aderus  (?  Mixaderus )  senegalensis  Pic.  —  Sénégal  :  Sangalkam. 

Fam.  Antiiicidae  : 

Mecynotarsus  punctatus  Pic.  —  Mauritanie  :  Hamdoun. 

Anthicus  relatus  var.  mauritanicus  Pic.  — •  Mauritanie  :  Hamdoun. 
Anthicus  villiersi  Pic.  —  Sénégal  :  Sangalkam. 

Endomia  trinotata  Pic.  —  Mauritanie  :  Hamdoun. 

Endomia  trinotata  var.  obliterata  Pic.  ■ — ■  Mauritanie  :  Molomhar. 

Fam.  Rhipiphoridae  : 

Macrosiagon  villiersi  Pic.  - —  Sénégal  :  Sébikotane. 

Macrosiagon  cafjra  var.  fahraeusi  Pic.  —  Natal. 

Fam.  Cleridae  : 

Thriocera  pectoralis  ab.  bohemani  Hintz.  —  Natal. 

Thriocera  bifasciata  Hintz.  —  Afrique  du  Sud. 

Thriocera  atricolor  Pic.  —  Afrique  australe  :  Dumbrody. 

Opetiopalpus  humeralis  var.  rufipes  Hintz.  —  Usambara. 

Ceratopocus  bicolor  Hintz.  —  Afrique  australe. 

Gyponyx  junodi  Pic.  —  Transvaal  :  Shilouvane. 

Gyponyx  dekeyseri  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Mioko. 

Tenerus  infratestaceus  var.  holasi  Pic.  —  Guinée  française  :  Mont 
'Nimba. 

Falsocorynetes  luteonotatus  Pic  .  —  Kwei. 

Microstigmatium  viridenotatum  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Mioko. 

Fam.  Malachidae  : 

Sphinginopalpus  latithorax  Pic.  —  Sénégal  :  ' Malika. 

Apalochrus  minimus  Pic.  —  Dahomey  :  Zagnanado. 

Fam.  Buprestidae  : 

Discoderes  villiersi  Descarpentries.  —  Dahomey  :  Atakora. 
Sjoestedtins  atakorensis  Descarpentries.  —  Dahomey  :  Atakora. 
Trachys  villiersi  Descarpentries  —  Togo  :  Tohoun. 


Fam.  Anobiidae. 

Lasiodernia  elongatum  Pic.  —  Mauritanie  :  Molomhar. 

Fam.  Cerambycidae  : 

Xystrocera  trivittata  var.  dahomeyensis  Lepesme.  —  Dahomey  :  Bassila. 
P aracalybistum  villiersi  Lepesme.  —  Dahomey  :  Zagnanado. 

Philomeces  phrosynoides  Lepesme.  - —  Dahomey  :  Abomey. 

Tragon  silaceoides  Lepesme.  —  Dahomey  :  Forêt  de  Kétou. 

Corus  monodi  Lepesme  et  Breuning.  —  Fernando-Poo  :  JMoka. 
Pterolophia  basileensis  Lepesme  et  Breuning.  —  Fernando-Poo  : 
Basile. 

Liopus  villiersi  Lepesme  et  Breuning.  —  Fernando-Poo  :  Mioko. 
Glenea  sylvioides  Lepesme  et  Breuning.  —  Fernando-Poo  :  Mioko. 
Glenea  quinquelineala  subsp.  nigrotofemorata  Lepesme  et  Breuning. — 
Fernando-Poo  :  Moka. 

Obereopsis  auriceps  Lepesme  et  Breuning.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 
Oberopsis  linearis  subsp.  aureopubens  Lepesme  et  Breuning.  —  Fer¬ 
nando-Poo  :  Moka. 

Neonitocris  mangenoti  Lepesme  et  Breuning.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 
Neonitocris  mangenoti  var.  obscurior  Lepesme  et  Breuning.  —  Fer¬ 
nando-Poo  :  Moka. 

Nitocris  major  subsp.  nigrotibialis  Lepesme  et  Breuning.  —  Fernando- 
Poo  :  Moka. 

Nupserha  homeyeri  subsp.  insulana  Lepesme  et  Breuning.  —  Fer¬ 
nando-Poo  :  Mioko. 

Nupserha  laterifuga  var.  nigrijrons  Lepesme  et  Breuning.  —  Fernando- 
Poo  :  Moka. 

Fam.  Chrysomelidae  : 

Lema  mercieri  Pic.  —  Dahomey  :  Zagnanado. 

Hapsidolema  rufiventris  Pic.  —  Dahomey  :  Atakora. 

Hapsidolema  testaceiceps  Pic.  —  Dahomey  :  Atakora. 

Macrolopha  variabilis  var.  bicoloripes  Pic.  —  Dahomey  :  forêt  de 
Kétou. 

Cryptocephalus  andrei  Pic.  —  Sénégal  :  Sébikotane. 

Cryptocephalus  simplex  var.  linealipes  Pic.  —  Togo  :  Aldejo. 
Cryptocephalus  mokaensis  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 

Caenobius  luteoposticalis  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Mioko. 

Caenobius  obscuripes  var.  miokoensis  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Mioko. 
Peploptera  latefasciata  Pic.  —  Dahomey  :  Natitingou. 

Clytradoma  militaris  var.  juncta  Pic.  - — ■  Dahomey  :  Natitingou. 

Clytra  annulipes  Pic.  —  Dahomey  :  Bassila. 

Cyaniris  sibuti  var.  villiersi  Pic.  —  Dahomey  :  Zagnanado. 
Anguleumolpus  grandis  Pic.  —  Cameroun  :  Johann- Albrechts-Hôhe. 
Pagria  ruficeps  var.  obscurior  Pic.  — -  Dahomey  :  Abomey. 

Pagria  dahomeyensis  Pic.  —  Dahomey  :  Abomey. 

Pagria  brevenotata  Pic.  —  Dahomey  :  Abomey. 

Pseudocolaspis  irregularis  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Mioko. 
Pseudocolapsis  villiersi  Pic.  - —  Sénégal  :  Sangalkam. 


166  — 


Colasposoma  favareli  var.  auratohumeralis  Pic.  —  Cameroun  :  Johann- 
Albrechts-Hôhe. 

Colasposoma  purpureicolor  Pic.  —  Dahomey  :  Zagnanado. 

Colasposoma  holasi  Pic.  —  Guinée  française  :  Mont  Nimba. 
Colasposoma  dentaticolle  Pic.  —  Fernado-Poo  :  Mioko. 

Thysbina  caerulea  Pic.  —  Togo  :  Tohoun. 

Thysbina  camerounensis  Pic.  —  Cameroun  :  Edéa. 

Dermoxanthus  ruficolor  Pic.  —  Cameroun  :  Johann- Albreclits-Hôhe. 
Syagrus  holasi  Pic.  —  Guinée  française  :  Mont  Nimba. 

Paraivongius  viridescens  Pic.  —  Togo  :  Aledjo. 

Paraivongius  viridescens  var.  pallidior  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 
Paraivongius  mimicus  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Mioko. 

Paraivongius  diversicolor  Pic.  —  Fernand-Poo  :  Mioko. 

Micromenius  concolor  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 

Menius  nitidissimus  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 

Microsyagrus  trinotatus  Pic.  —  Dahomey  :  Atakora. 

Microsyagrus  trinotatus  var.  lineatus  Pic.  —  Dahomey  :  Atakora. 
Microsyagrus  trinotatus  var.  dahomeyensis  Pic.  —  Dahomey'  Atakora. 
Microsyagrus  annulipes  Pic.  —  Dahomey  :  Atakora. 

Microsyagrus  cribricollis  Pic.  —  Dahomey  :  Atakora. 

Microsyagrus  notatus  Pic.  —  Dahomey  :  Atakora. 

Microsyagrus  unicolor  Pic.  —  Dahomey  :  Atakora. 

Microsyagrus  unicolor  var.  reductus  Pic.  —  Dahomey  :  Atakora. 
Microeurydemus  pallidus  Pic.  ■ —  Dahomey  :  Atakora. 

Casmena  elongata  Pic.  —  Guinée  française  :  Mont  Nimba. 

Casmena  camerunensis  Pic.  —  Cameroun. 

Casmena  camerunensis  var.  inobscurus  Pic.  —  Cameroun. 

Dicolectes  atripes  Pic.  —  Fernando-Poo  :  Basile. 

Fam.  Staphylinidae  : 

Bledius  incertus  Cameron.  —  Mauritanie  :  Terjit. 

Trogophloeus  nigripes  Cameron.  —  Sénégal  :  Sangalkam. 

Stenus  5  — carinatus  Cameron.  —  Dahomey  :  Zagnanado. 

Oedichirus  villiersi  Cameron.  —  Sénégal  :  Joal. 

Philonthus  sudanensis  Cameron.  —  Mauritanie  :  Atar. 

Lithocharis  villiersi  Cameron.  —  Guinée  française  :  Mont  Nimba. 
Acylophorus  brevipennis  Cameron.  —  F’ernando-Poo  :  Mioko. 

I .eucoparyphus  floralis  Cameron.  —  Sénégal  :  Diourbel. 

Myrmecopora  g  rata  Cameron.  —  Mauritanie  :  Terjit. 

Atheta  ( Polychara )  villiersi  Cameron.  —  Dahomey  :  Atakora. 

Zyras  ( Trachydonia )  villiersi  Cameron.  —  Togo  :  Klouto. 

Zyras  ( Trachydonia. )  ex cellens  Cameron.  —  Dahomey  :  Bassila. 

Zyras  (Parophthalmonià)  bidens  Cameron.  —  Dahomey  :  Atakora. 

Fam.  Hydrophilidae  : 

Coelosloma  injuratus  Balfour-Browne.  —  Dahomey  :  Atakora. 
Coelostoma  scgne  Balfour-Browne.  —  Dahomey  :  Zagnanado. 
Coelosloma  optatus  Balfour-Browne.  —  Dahomey  :  Atakora. 
Helochares  ( Hydrobiticus )  sufflxvus  Balfour-Browne.  —  Togo  : 
Tohoun. 


f 


—  167  — 


Helochares  (Hydrobaticus)  scitulus  Balfour-Browne.  —  Dahomey  : 
Bassila. 

Helochares  ( Hydrobaticus )  aracus  Balfour-Browne.  —  Mauritanie  : 
Hamdoun. 

Helochares  ( Hydrobaticus )  lutulentus  Balfour-Browne.  —  Mauritanie  : 
Kédia  d’Idjil. 

Enochrus  ( Methydrus )  meracus  Balfour-Browne.  —  Dahomey  : 
Zagnanado. 

Berosus  ( Enoplurus )  crassus  Balfour-Browne.  —  Dahomey  :  Bassila. 
Fam.  Carabidae  : 

Abacetus  villiersi  Stranf.o.  —  Dahomey  :  Atakora. 

Brachytachys  villiersi  Basilewsky.  —  Sénégal  :  Diourbel. 

Stenocallida  villiersi  Basliewsky.  —  Fernando-Poo  :  Mioko. 

Fam.  Dytiscidae  : 

Yola  bertrandi  Guignot.  —  Mauritanie  :  Molomhar. 

Aglymbus  scutatus  Guignot.  —  Dahomey  :  Atakora. 

Herophydrus  sudanensis  Guignot.  — -  Soudan  français  :  Diafarabé. 
Copelatus  inuber  Guignot.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 

Copelatus  fernandensis  Guignot.  —  Fernando-Poo  :  Moka. 

Hymenoptera. 

Fam.  Argidae  : 

Arge  microps  Pasteels.  —  Côte  d’ivoire  :  Mont  Tonkoui. 

Arge  villiersi,  Pasteels.  — -  Dahomey  :  Atakora. 

Fam.  Icheumonidae. 

Celor  villiersi  Benoit.  —  Niger  :  Agadez. 

Cremaslus  chopardi  Benoit.  —  Niger  :  Air. 

Fam.  Formicidae  : 

Euponera  ( Xiphophelta )  picea  Bernard.  —  Guinée  française  :  Mont 
Nimba. 

Euponera  ( Xiphopella )  villiersi  Bernard  .  —  Guinée  française  :  Mont 
Nimba. 

Panera  ( Hypoponera )  villiersi  Bernard.  —  Guinée  française  :  Mont 
Nimba. 

Cerapachys  villiersi  Bernard.  —  Guinée  française  :  Mont  Nimba. 
Aenictus  villiersi  Bernard.  —  Guinée  française  :  Mont  Nimba. 
Cremaiogaster  chopardi  Bernard.  —  Niger  :  Air. 

N imbamyrma  villiersi  Bernard.  —  Guinée  française  :  Mont  Nimba. 
Tetramorium  humerosum  race  musicola  Bernard.  —  Guinée  française  : 
Mont  Nimba. 

Strumigenys  petiolata  Bernard.  —  Guinée  française  :  Mont  Nimba. 


Hemiptera. 


Fam.  Membracidae  : 

Otinotus  albescens  Capener.  —  Sénégal  :  Niakhar. 

Otinotus  spatulatus  Capener.  —  Sénégal  :  Rufisque. 

Oxyrhachis  senegalensis  Capener.  —  Sénégal  :  Mbao. 
Acanthophyes  risbeci  Capener.  —  Sénégal  :  Mbambey. 
Acanthophyes  maculipennis  Capener.  —  Niger  :  Agadez. 
Trioceps  tenuosus  Capener.  —  Guinée  française  :  Mont  Nimba. 
Y aponolus  villiersi  Capener.  —  Côte  d’ivoire  :  Yapo. 

Fam.  Henicocephalidae  : 

Systelloderes  harroyi  Villiers.  —  Vénézuéla  :  Silla  de  Caracas. 

Myriapoda. 

Graphidostreptus  lugubris  villiersi  Schubart.  —  Niger  :  Aïr. 


Institut  Français  d' Afrique-noire  à  Dakar. 


Diploures  Japygidês  de  Basse-Égypte  (Suite) 
Par  J.  Pages. 


3.  —  Pârajapyx  (Gràssjapyx)  chichinii  n.  sp. 

1  $  st.  III,  longue  de  2,5  mm.  ;  1 1.  st.  I,  longue  de  1,9  mm. 

Tête.  —  Vertex  :  16  +  16  soies  de  toutes  tailles.  Pli  oral  :  5  soies. 
Antennes  typiques,  de  18  articles  peu  pileux.  Labium,  maxilles  et  mandi¬ 
bules  typiques. 

Thorax  L  —  Face  iergale.  Pronotum  sans  sv  Le  reste  de  la  chétotaxie 
est  typique. 

Face  sternale.  La  chétotaxie  est  typique  sauf  pour  la  plage  médiane 
du  mésosternum  qui  ne  possède  qu’une  soie  médiane  (la  postérieure)  au 
lieu  de  2. 

Pattes  peu  pileuses  ;  les  1  +  1  soies  sternales  apicales  des  tarses  simples, 
aiguës,  sinueuses,  atteignant  à  peine  l’extrémité  distale  des  griffes. 

Abdomen.  —  Tergites.  Tergite  1  sans  s3  ;  tergites  2-7  sans  s2  ni  s4  ; 
tergite  8  sans  M6,  s,  et  s4  ;  tergite  10  sans  M1 ,  Mi  et  s4.  On  note  les  varia¬ 
tions  suivantes  :  1°  sur  le  tergite  1  il  n’existe  que  la  s2  droite  et  il  y  a 

1  soie  supplémentaire  entre  s5  et  s3  sur  la  moitié  gauche  ;  2°  aux  ter¬ 
gites  2-7,  les  s3  ne  sont  souvent  présentes  que  d’un  seul  côté  de  la  ligne 
médiane  et  il  y  a  1  +1  soies  supplémentaires. 

Les  8e  et  9e  tergites  sont  respectivement  1  fois  1/3  et  2  fois  1/4  aussi 
larges  que  longs  ;  le  tergite  10  est  près  de  1  fois  1/2  aussi  long  que  large. 

Longueurs  relatives  des  segments  8  à  10  :  61-34-100. 

Acropyge  triangulaire,  à  bords  rectilignes,  sans  ornementation,  à  sommet 
brusquement  acuminé  et  terminé  par  un  petit  appendice  cylindrique. 

Sternite  1  :  Ms  nuis  ;  seule  la  s  médiane  b  est  présente  ;  5-6  -j-  5-6  soies 
supplémentaires  en  avant  des  organes  subcoxaux  latéraux. 

Ceux-ci  occupent  un  peu  moins  du  1/3  de  la  largeur  interstylaire  et  sont 
légèrement  saillants  ;  18-20  soies  glandulaires  égales  en  moyenne  aux  105/100 
de  la  longueur  du  style  1  ;  l’appareil  glandulaire  n’a  pu  être  observé  ; 
4-5  soies  sensorielles  égales  au  3/4  de  la  longueur  moyenne  des  soies  glan¬ 
dulaires  et  aux  79/100  de  celle  du  style  1. 

Sternites  2  à  7.  Préscutum  :  4  +  1  -f-  4  soies.  Scutum  :  M i  nulles  ; 

2  +  2  s  (s3  et  s4).  On  note  les  variations  suivantes  :  1°  sur  le  préscutum 
du  sternite  2  la  soie  médiane  et  les  1  +  1  subexternes  manquent  ;  2°  les 
s3  manquent  sur  la  moitié  gauche  du  sternitfe  6  et  des  2  côtés  du  7e. 

Styles  assez  petits,  aigus  ;  la  soie  recourbée  des  styles  1  à  3  presque  aussi 
longue  que  la  soie  droite  typique. 

1.  Seules  les  variations  chétotaxiques  de  la  $  sont  indiquées  ici  ;  celle  de  la  1. 
sont  données  plus  loin. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


t 


—  170  — 

Vésicules  exsertiles  des  sternites  2  et  3  assez  petites,  rondes,  à  rebords 
assez  nets. 

Hypopyge.  Ses  bords  latéraux  sont  fortement  sinueux  ;  le  sinus  médian 


Parajapyx  ( Grassjapyx)  chichinii  n.  sp.,  ?  st.  III.  —  25.  Pronotum,  e  =  100  jx.  — 
26.  Mésonotum,  e  =  100  jx.  —  27.  Urotergite  1,  e  =  100  jx.  —  28.  Urotergites  7  à  10, 
e  =  100  jx.  —  29.  Acropyge,  e  =  44  p.  —  30.  Cerque  droit,  e  =  100  p.  et  détail  des 
plaques  d’évaporation,  e  =  44  jx.  —  31.  Détail  de  la  marge  interne  du  cerque 
droit  e  =  44  jx.  —  32.  Urosternite  1,  e  =  100  jx.  —  33.  Organe  subcoxal  latéral 
droit,  e  =  44  jx.  —  34.  Urosternite  3,  e  =  100  jx.  —  35.  Hypopyge,  e  =  44  jx.  — 
36.  Spermathèque,  e  =  44  jx. 


I 


—  171  — 


est  profond,  en  demi-cercle,  ses  bords  sont  pourvus  d’un  petit  nombre  de 
forts  tubercules. 

Cerques.  - —  Aussi  longs  que  les  2/3  de  la  partie  normalement  découverte 
du  tergite  10,  environ  1  fois  3/4  aussi  longs  que  larges  à  la  base  ;  dx  la  plus 
grosse  de  toutes,  d3,  d4  et  ds  subégales  et  plus  grosses  que  la  d2  ;  dx  d3 
et  d4  avec  un  léger  épaulement  postérieur  ;  da  avec  en  outre  un  petit 
épaulement  antérieur  ;  les  intervalles  d2-ds  et  da-dt  sont  égaux  et  d’en¬ 
viron  1/7  plps  petits  que  l’intervalle  dx-d2  et  de  2/5  plus  grands  que  l’in¬ 
tervalle  d4-d5. 

Plaques  d’ évaporation  égales,  minuscules,  au  nombre  de  4-6  par  cerque. 

Chètotaxie.  Les  soies  d  et  e  sont  absentes. 

Je  n’ai  pu  distinguer  s’il  existait  des  tubercules  sur  la  partie  hyaline 
basale  des  cerques. 

Variations.  —  La  1.  que  je  rapporte  à  cette  espèce  surtout  à 
cause  de  la  structure  de  ses  organes  subcoxaux  et  de  la  chètotaxie 
de  ses  cerques,  présente  par  rapport  à  la  chètotaxie  de  la  Ç  de  très 
importantes  variations  que  j’indique  brièvement  ici. 

Thorax.  —  Face  tergale.  Pronotum  :  sans  ss.  • — -  Méso  et  métanotum. 
Préscutum  :  1  -f-  1  soies,  ce  qui  est  un  caractère  commun  à  toutes  les 
larves  st.  I.  Scutum  :  sans  M2  ni  s2. 

Face  sternale..  Les  mérosternites  n’ont  que  2  soies.  Les  préstemites 
des  méso-  et  métasternites  ont  3  -(-  3  soies.  Tous  les  autres  sclérites  comme 
ceux  de  la  $. 

Abdomen.  —  Tergite  1.  Préscutum  1  — f-  1  soies.  Scutum  :  M2,  Ma 
et  s2  absènts.  - — •  Tergites  2  à  7.  Préscutum  :  1  soie  médiane.  Scutum  : 
M-,  M6  et  s3  manquent.  - —  Tergite  8  sans  s2  ni  s5.  —  Tergite  10  sans  sr 

Sternite  1  sans  M2  ni  M4.  — -  Sternites  2  à  7  sans  M4  ni  s4  ;  par  contre  les 
s2  sont  présentes. 

Les  organes  subcoxaux  latéraux  ont  14-15  soies  glandulaires  égales  aux 
107/100  de  la  longueur  du  style  1  et  4-5  soies  sensorielles  égales  aux 
80/100  du  même  style. 

Cerques.  —  Ils  sont  aussi  longs  que  les  63/100  de  la  partie  normalement 
découverte  du  tergite  10,  et  1  fois  1/2  aussi  longs  que  larges  à  la  base.  Leur 
armature  est  identique  à  celle  de  la  $. 

Affinités.  —  Très  voisine  de  P.  (G.)  grassianus  f.  typ.  Silv.  du 
Mexique  et  de  sa  var.  robustior  Silv.  de  Floride,  chichinii  s’en  séparera 
aisément  par  :  1°  la  structure  de  ses  organes  subcoxaux  latéraux  ; 
2e  ses  plaques  d’évaporation  toutes  égales,  alors  qu’il  y  en  a  une 
grosse  et  des  petites  dans  le  groupe  grassianus. 


Conclusions. 

Les  exemplaires  étudiés  ci-dessus  ayant  été  récoltés  dans  un  jardin 
on  peut  se  demander  dans  quelle  mesure  ils  appartiennent  à  la  faune 
égyptienne  autochtone. 


Parajapyx  (Parajapyx)  condei  n.  sp.  peut  être  considéré  comme 
endémique  et  propre  à  l’Égypte.  Il  est  très  proche  de  P.  (P.)  normandi 
Pages  de  Tunisie  et  se  place  au  voisinage  de  P.  (P.)  isabellae  Grassi 
répandu  sur  tout  le  pourtour  de  la  Méditerranée.  Il  représente,  avec 
Japyx  simplex  var.  profusa  Silv.  l’élément  méditerranéen. 

Les  2  autres  espèces  appartiennent  au  sous-genre  Grassjapyx  dont 
la  présence  en  Basse-Égypte  pourrait  être  due  à  une  introduction. 
Celui-ci  n’avait  pas  encore  été  signalé  de  la  région  méditerranéenne 
alors  qu’il  est  représenté  par  de  nombreuses  espèces  dans  tout  le 
reste  de  l’Afrique,  de  la  Guinée  au  Cap  de  Bonne  Espérance. 
P.  (G.)  priesneri  n.  sp.  et  P.  (G.)  chichinii  n.  sp.  seraient  donc  des  élé¬ 
ments  éthiopiens  et,  comme  chez  d’autres  groupes  d’Arthropodes 
des  espèces  appartenant  incontestablement  à  la  faune  éthiopienne, 
ont  été  reconnues,  il  est  très  possible  que  ces  2  Parajapyx,  ou  tout 
au  moins  l’un  d’eux,  soient  autochtones. 

BIBLIOGRAPHIE 

Pages  (J.),  1952  a.  —  Parajapyginae  (Insecta,  Entotrophi,  Japygidae) 
de  l’Angola.  (Publ.  cuit.  Comp.  Diam.  Angola,  XIII,  p.  53-95). 

Pages  (J.),  1952  b.  —  Contribution  à  l’étude  des  Japygidae  (Insecta, 
Entotrophi)  d’Algérie  et  de  Tunisie.  (Bull.  Soc.  zool.  Fr.,  LXXVII, 
p.  125-148). 


Laboratoire  de  Zoologie  générale  de  la  Faculté  des  Sciences  de  Nancy. 


—  173  — 


Sur  quelques  Annêlides  Polychètes  d'Océanie. 

Par  Pierre  Fauvel. 

Ces  Polychètes  ont  été  recueillies  par  M.  Gilbert  Ranson  au  cours 
d’une  mission  en  Océanie,  principalement  dans  les  conditions 
suivantes  : 

«  En  cassant  les  coraux  fossiles  au  pied  de  la  petite  falaise  de  Hikueru, 
aux  Tuamotu.  Cette  bordure  est  découverte  par  la  marée,  très  faible,  de 
0  m.  60  environ,  pendant  quelques  heures  par  jour. 

Des  Géphyriens  et  des  Cirripèdes  y  perforent  le  roc  corallien  au  point 
d’en  faire  une  pierre  facilement  brisée  par  la  mer  ensuite.  » 

Quelques  autres  Polychètes  ont  été  récoltées  à  Tahiti. 

Amphinomidae. 

Eurythoë  complanata  (Parlas). 

Tahiti.  —  Deux  gros  individus,  7  plus  ou  moins  entiers,  enroulés, 
et  un  moyen  entier,  en  très  bon  état,  à  soies  dorsales  blanc-albâtre, 
raides,  en  faisceaux  serrés.  A  son  extrémité  postérieure,  ce  spécimen, 
long  de  50  mm.,  large  de  10  mm.,  soies  comprises,  porte  un  petit 
cône  de  5  segments  sétigères  régénérés. 

Hikueru.  — -  Deux  petits  individus,  dont  l’un,  long  de  20  mm., 
présente  une  région  antérieure  régénérée,  plus  étroite,  longue  de 
5  mm.,  comprenant  une  quinzaine  de  segments  sétigères. 

Aphroditidae. 

Iphione  muricata  (Savigny). 

Tahiti.  —  Trois  d’entre  elles,  entières,  portent  encore,  en  tout  ou 
en  partie,  leurs  élytres  caractéristiques  rouge-orange.  Une  qua¬ 
trième,  plus  petite,  a  perdu  presque  toutes  ses  élytres.  Les  soies  et 
les  élytres  sont  typiques. 

Lepidonotus  (Thormora)  Jukesi  Baird. 

Tahiti.  —  Deux  individus.  L’un  avec  élytres  foncées,  presque 
npires,  avec  une  tache  latérale  claire,  l’autre,  ayant  perdu  ses 
élytres.  Le  dos  porte  des  bandes  transversales  foncées. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


Cette  espèce  est  caractérisée  par  ses  soies  dorsales  de  deux  sortes  : 
les  unes  courtes,  arquées,  fortes,  épineuses,  les  autres  très  fines, 
lisses,  et  légèrement  hastées.  Les  soies  ventrales  sont  unidentées. 

Hihueru.  —  Un  fragment  antérieur  reconnaissable  à  ses  soies. 

Hesionidae. 

Hesione  pantherina  Risso. 

Tahiti.  —  Trois  spécimens,  longs  de  30  mm.,  environ,  dont  l’un 
a  la  trompe  dévaginée.  Deux  sont  encore  tigrés  de  nombreuses 
taches  brun-foncé,  tandis  que  sur  le  troisième  les  taches  moins  nom¬ 
breuses,  plus  grandes  et  plus  pâles,  forment  deux  rangées  trans¬ 
versales  sur  chaque  segment.  Une  fois  de  plus  nous  constatons  donc 
la  variété  de  coloration,  si  fréquente  chez  cette  espèce,  et  son  peu 
d’importance. 

Syllidae. 

Syllis  arnica  Quatrefages. 

Syllis  aesthetica  Saint-Joseph  1887. 

Hikueru.  —  Cet  unique  petit  Syllidien  est  entier.  Le  proventricule 
en  barillet  s’étend  sur  quatre  segments  environ.  Les  cirres  dorsaux 
monilif ormeS,  alternants,  ont  9-10  et  15-16  articles.  Les  serpes  des 
soies  sont  unidentées.  Dans  les  régions  moyenne  et  postérieure,  les 
parapodes  portent  une,  parfois  deux,  soies  beaucoup  plus  grosses  et 
paraissant  simples.  Ce  sont,  en  réalité,  de  grosses  soies  composées 
qui  perdent  précocement  leur  serpe  très  caduque.  La  pointe  des 
acicules  est  renflée  en  bouton. 

Ce  petit  spécimen  ne  diffère  de  ceux  de  la  Manche  et  de  l’Atlan¬ 
tique  que  par  ses  cirres  un  peu  plus  courts.  Question  de  taille  (?). 

Cette  espèce  semble  nouvelle  pour  le  Pacifique. 

Distribution.  — '  Manche,  Atlantique,  Méditerranée.  Océanie. 

Syllis  variegata  Grube. 

Hihueru.  —  Ces  quatre  petits  Syllidiens  sont  complètement 
décolorés.  Cette  espèce,  cosmopolite  et  si  variable,  est  très  voisine 
des  S.  proliféra  Krohn  et  S.  hyalina  Grubè. 

* 

Nereidae. 

Pseudonereis  gallapagensis  Kinberg. 

Hikueru.  —  Cette  espèce  est  représentée  par  plusieurs  centaines 
d’individus  de  toutes  les  tailles.  Tous  sont  atoques  et  quelques- 
uns  seulement  ont  la  trompe  dévaginée. 


175  — 


Le  groupe  I  de  la  trompe  n’a  généralement  qu’un  seul  paragnathe, 
rarement  deux.  Les  groupes  II,  III,  IV  portent  plusieurs  rangs  serrés 
de  petits  paragnathes  pectinés  ;  VI  =  de  chaque  côté,  un  para¬ 
gnathe  coupant  ;  les  groupes  VII-VIII  portent  des  denticules  alter¬ 
nativement  coniques  et  coupants  disposés  sur  un  ou  deux  rangs. 
Normalement,  le  groupe  V  porte  trois  paragnathes  disposés  en 
triangle  mais,  assez  souvent,  il  n’en  reste  qu’un  ou  deux,  un  gros 
en  avant  et  un  petit  à  droite  ou  à  gauche. 

Dans  la  région  postérieure,  la  languette  supérieure  de  la  rame 
dorsale  est  très  allongée  et  porte  le  cirre  presque  à  son  extrémité. 

•  Eunicidae. 

Lysidice  collaris  Grube. 

Hikueru.  —  Environ  une  cinquantaine  de  petits  spécimens  entiers 
ou  en  fragments.  La  plupart  sont  décolorés.  Un  certain  nombre, 
cependant,  portent  encore  deux  colliers  bruns  sur  les  deux  premiers 
sétigères.  Sur  ceux  qui  sont  encore  en  bon  état,  les  yeux  sont  nette¬ 
ment  en  forme  de  croissant.  C’est  à  peu  près  le  seul  caractère  qui 
distingue  cette  espèce  de  la  Lysidice  Ninetta  Audouin  et  Milne- 
Edwards  de  nos  côtes.  Sur  les  individus  macérés,  les  yeux  sont 
décomposés  en  petits  granules  pigmentaires  diffus. 

Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 


Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


12 


—  176  — 


Appareil  génital  et  radules  de  trois  Planorbes 

AFRICAINS  ;  PL.  GARDEI  GERMAIN,  PL.  TlLHOI  GERMAIN, 

Pl.  Dallonii  Germain. 

Par  Gilbert  Ranson  et  Gustave  Cherbonnier. 


Grâce  aux  récoltes  du  Docteur  Gaud  de  Rabat  et  du  Docteur 
Vermeil  de  Tunis,  que  nous  remercions  vivement,  nous  pouvons 
faire  connaître  l’appareil  génital  de  ces  petites  espèces  de  Planorbes 
africains.  Nous  nous  contentons  de  signaler  quelques  particula¬ 
rités  de  cet  appareil  et  de  figurer  les  radules.  Il  n’est  pas  possible, 
pour  l’instant,  de  discuter  de  leur  place  dans  la  classification  zoolo¬ 
gique  des  Planorbes.  Il  n’existe  pas  encore  assez  de  documents  de 
cet  ordre. 

Planorbis  gardei  Germain. 

Ce  Planorbe  a  été  décrit  en  1909  et  figuré  en  1911  par  Germain. 

Le  canal  spermatique  est  relativement  gros.  Il  n’y  a  pas  de  canal 
prostatique  spécial.  La  prostate  est  constituée  par  4  diverticules 
simples  dont  un  très  petit.  Ils  ont  la  forme  de  petits  boudins  à 
extrémités  arrondies,  non  subdivisées. 

L’oviducte  et  la  glande  nidamentaire  se  poursuivent  sans  diffé¬ 
renciation  microscopique  spéciale. 

Les  échantillons  décrits  par  Germain  proviennent  du  Tchad.  Les 
nôtres  ont  été  récoltés  par  le  Docteur  Vermeil  dans  le  Tassili  des 
Azdjer  au  nord  du  Sahara  français. 

Planorbis  tilhoi  Germain. 

Cette  espèce  a  été  décrite  en  1911  et  figurée  en  1916  par  Germain. 

Le  canal  spermatique  est  étroit.  Il  n’y  a  pas  de  canal  prostatique 
spécial.  Les  diverticules  prostatiques  sont  simples,  non  subdivisés 
à  leurs  sommets. 

L’oviducte  et  la  glande  nidamentaire  se  poursuivent  sans  diffé¬ 
renciation  macroscopique  spéciale. 

Les  échantillons  décrits  par  Germain  proviennent  de  la  région  du 
Tchad.  Les  nôtres  également  ;  ils  ont  été  récoltés  par  le  Docteur 
Gaud  à  Fort-Foureau. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


—  177  — 


Fig.  1.  —  Planorbis  gardei  Germain  (Dr  Vermeil,  Tassili  des  Azdjer).  —  A  :  échelle  1  : 
1  mm.  ;  B  :  échelle  2  :  1  mm.  ;  C  :  échelle  3  :  10  jx.  —  A  :  Appareil  génital  mâle  et 
femelle  ;  B  :  Détails  du  carrefour  en  position  normale  et  retourné  sur  la  droite  ; 
C  :  Dents  de  la  radula. 


Planorbis  dallonii  Germain. 


Cette  espèce  a  été  décrite  et  figurée  en  1935  par  Germain. 

Il  n’y  a  pas  de  canal  prostatique  spécial.  Il  existe  un  seul  tronc 
prostatique  se  subdivisant  en  3  branches  dont  1  plus  grande.  Néan- 


Fig.  2.  —  Planorbis  tilhoi  Germain  (Dr  Gaud,  Fort-Foureau).  —  A  :  échelle  1  : 1  mm.  ; 
B  et  C  :  échelle  2  :  1  mm.  ;  D  :  échelle  3  :  10  [X.  —  A  :  Appareil  génital  complet  ; 
B  :  Carrefour  en  position  normale  et  retourné  sur  la  gauche  ;  C  :  Prostate  grossie  ; 
D  :  Dents  de  la  raduia. 


moins,  cette  prostate  n’est  pas  du  type  à  diverticules  subdivisés  à 
leur  sommet. 

L’oviducte  et  la  glande  nidamentaire  se  poursuivent  sans  diffé¬ 
renciation  macroscopique  spéciale. 

Les  échantillons  décrits  par  Germain  proviennent  du  Tibesti. 
Les  nôtres  ont  été  récoltés  par  le  Docteur  Vermeil  dans  la  région 
de  Brak,  au  Fezzan. 


179  — 


Fig.  3.  — Planorbus  dallonii  Germain  (Dr  Vermeil,  Région  de  Brah).  —  A  :  échelle  1  : 
1  mm.  ;  B.:  échelle  2‘:  1  mm.  ;  C  :  échelle  3  : 10  p..  A  :  Appareil  génital  mâle  et  femelle  ; 
B  :  Détails  du  carrefour  ;  C  :  Dents  de  la  radula. 

Légende  commune  aux  trois  figures 

cd  :  canal  déférent  ;  ch  :  canal  hermaphrodite  ;  es  :  canal  spermatique  ;  dch  :  carrefour  ; 
ga  :  glande  à  albumine  ;  gh  :  glande  hermaphrodite  ;  gn  :  glande  nidamentaire  ; 
l  :  dent  médiane  de  la  radula  et  les  dents  suivantes  ;  o/  :  orifice  femelle  ;  om  :  orifice 
mâle  ;  ov  :  oviducte  ;  p  :  pénis  ;  pc  :  poche  copulatrice  ;  pp  :  prépuce  ;  pr  :  prostatei 
ut  :  utérus  ;  vs  :  vésicule  séminale. 

Laboratoire  de  Malacologie  du  Muséum. 


BIBLIOGRAPHIE. 

Germain  L.  —  Mollusques  nouveaux  du  Soudan  français  recueillis  par 
M.  G.  Garde.  Bull.  Mus.  Nat.  hist.  nat.,  1909,  p.  475. 


Etude  sur  les  mollusques  terrestres  et  fluviatiles  recueillis  au  cours  de 
la  mission  de  délimitation  du  Niger-Tchad  (Mission  Tilho).  Docu¬ 
ments  scientifiques  de  la  Mission  Tilho,  t.  II,  Paris,  Imprimerie 
Nationale,  1911,  p.  192,  pl.  I.,  fig.  33-34-35. 

Mollusques  nouveaux  de  la  région  du  Tchad  et  de  l’Est  Africain.  Bull. 
Mus.  Nat.  hist.  nat.,  1911,  p.  134. 

Seconde  notice  malacologique  (Mission  Tilho).  Documents  scienti¬ 
fiques  de  la  Mission  Tilho,  t.  III,  1916,  p.  299,  pl.  I,  fig.  1,  2  et  9. 

Mollusques  fluviatiles  du  Tibesti.  Mission  au  Tibesti  (1930-31)  dirigée 
par  M.  Dalloni.  Mém.  Acad.  Sc.  Institut  de  France,  t.  62,  1935, 
p.  8,  fig.  4-5-6. 


—  181  — 


Note  sur  un  Cardium  tuberculatum  Linné  (1758)  actuel 

EN  VOIE  DE  FOSSILISATION. 

Par  Roger  Saban. 

Introduction  :  Ce  Cardium  de  grande  taille  représente  la  majeure 
partie  d’un  agglomérat  de  coquilles  et  de  sable  liés  très  solidement 
à  un  morceau  de  tôle  par  un  ciment  ferrugineux.  Il  a  été  trouvé  sur 
la  plage  d’Arromanches  (Calvados).  L’agglomératioh  de  tout  ce 
matériel  est  récente,  et  s’est  effectuée  sur  les  tôles  provenant  de 
navires  ou  pontons  coulés  lors  du  débarquement  allié  en  1944.  Après 
l’enlèvement  de  ces  épaves  certains  fragments,  dont  fait  partie 
l’échantillon  que  nous  allons  étudier,  ont  été  rejetés  à  la  côte. 
D’autres  observations  du  même  ordre  sont  connues.  Citons  simple¬ 
ment  les  suivantes  :  M.  Dreyfus  (communication  orale)  a  découvert 
datant  de  la  même  époque  sur  la  plage  de  Palavas  (Montpellier) 
un  agglomérat  semblable  formé  par  des  fils  de  fer  barbelés,  du  sable 
et  des  coquilles  avec  un  ciment  ferrugineux. 

Un  autre  exemple  d’agglomération  ultra-rapide,  toujours  avec 
ciment  ferrugineux  nous  a  été  fourni  par  MM.  Thorai.  et  Roger. 
Des  galets  et  graviers  provenant  d’un  sondage  effectué  dans  le  lit 
du  Rhône  se  sont  trouvés,  en  l’espace  d’un  mois  ou  deux,  consolidés 
en  un  grès  ferrugineux  dans  la  caisse  où  ils  avaient  été  entassés. 
Et  ceci  dans  un  milieu  non  marin. 

Description  de  l’ échantillon.  —  Le  morceau  de  tôle,  légèrement 
bombé  sur  lequel  s’est  fixé  cet  agglomérat  avait  4  mm.  d’épaisseur. 
Par  immersion  prolongée  dans  l’eau  de  mer  cette  tôle  a  subi  une 
forte  oxydation  et  s’est  transformée  en  une  épaisse  couche  de  rouille. 
Du  sable,  de  nombreuses  coquilles  de  petites  dimensions  et  une 
valve  de  gros  Cardium  tuberculatum  de  52  mm.  de  diamètre  umbono- 
palléal,  se  sont  collés  contre  la  paroi  en  cours  de  transformation. 
Petit  à  petit  l’encroûtement  s’est  fait  autour  des  coquilles  et  les  a 
englobées  partiellement  ou  intégralement  suivant  leur  taille.  Le 
Cardium  est  très  fortement  soudé  à  la  tôle  et  fait  entièrement  corps 
avec  elle.  L’ensemble  a  une  couleur  ferrugineuse  due  au  milieu  très 
riche  en  oxydes  de  fer  hydratés.  Le  côté  interne  de  la  plaque  de  tôle 
devait  être  à  l’abri  de  l’eau  car  il  reste  lisse,  à  peine  attaqué. 

Coupes.  - —  Étude  macroscopique.  —  Une  coupe  longitudinale 
(umbono-palléale)  pratiquée  au  milieu  du  Cardium  nous  montre 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


—  182 


un  remplissage  de  petites  coquilles  et  de  sable  fortement  amalgamés 
donnant  ainsi  l’apparence  d’une  lumachelle. 

Sous  le  Cardium  l’épaisseur  du  métal  est  devenue  presque  nulle 
tandis  qu’aux  extrémités  de  l’échantillon,  elle  reste  appréciable 
surtout  aux  endroits  où  il  n’y  a  pas  eu  de  dépôt  de  matériel  (coquilles, 
sable). 

Il  semble  donc  que  les  phénomènes  chimiques  se  soient  principale¬ 
ment  produits  sous  l’action  du  calcaire  d’apport  (coquilles)  dans  un 
milieu  riche  en  oxyde  de  fer. 


Fig.  1.  Fig.  2.  Fig.  3. 


Fig.  1.  —  Cardium  tuberculatum  L.  actuel. 

Fig.  2.  —  Cardium  tuberculatum  L.  du  Pliocène  d’Italie. 

Fig.  3.  —  Cardium  tuberculatum  L.  (échantillon  d’Arromanches).  —  Le  schéma  ci- 
contre  indique  la  position  des  coupes  microscopiques  observées  sur  la  lame  mince. 


Le  ciment  qui  englobe  les  débris  de  coquilles  et  les  grains  de  sable 
forme  un  grès  d’une  grande  dureté;  Dans  l’épaisseur  de  la  coupe, 
il  est  gris  fonte  et  rouge  à  sa  surface  par  suite  de  l’oxydation. 

Étude  microscopique.  — -  Nous  avons  effectué  une  lame  mince  sui¬ 
vant  la  coupe  longitudinale  du  Cardium  précédent,  ainsi  que  des 
lames  minces  de  comparaison  sur  des  coupes  analogues  d’un  Cardium 
tuberculatum  L.  du  Pliocène  d’Italie  et  d’un  Cardium  tuberculatum  L., 
actuel  de  référence. 

L’examen  de  ces  lames  a  été  fait  au  microscope  avec  un  grossisse- 


—  183  — 


ment  de  380  dans  la  région  de  la  coupe  montrant  la  succession  des 
couches  la  plus  complète,  c’est-à-dire  aux  environs  du  bord  palléal. 

a)  Cardium  tuberculatum  Linné  (1758)  actuel  de  référence  :  De 
l’extérieur  vers  l’intérieur  de  la  coquille,  nous  avons  les  trois  couches 
constituant  le  test  :  couche  externe  lamelleuse,  couche  médiane 
striée  et  couche  interne  prismatique  (fig.  1). 

La  couche  lamelleuse  formée  de  fibres  très  fines  disposées  en  écailles 
imbriquées  les  unes  sur  les  autres  précède  une  couche  de  fibres  très 
fines  (couche  striée)  également  entrecroisées.  Cette  deuxième 
couche  constitue  la  majeure  partie  de  l’épaisseur  du  test.  La  direc¬ 
tion  principale  des  fibres  de  cette  seconde  couche,  d’abord  tangente 
à  la  couche  externe,  se  redresse  de  plus  en  plus  pour  devenir  per¬ 
pendiculaire  au  bord  interne  de  la  coquille.  En  même  temps  ces 
fibres  s’amenuisent  jusqu’à  devenir  imperceptibles  lorsqu’on 
approche  de  la  couche  prismatique.  Cette  dernière  couche  a  une 
structure  très  différente  des  deux  précédentes  et  se  trouve  ainsi  très 
nettement  séparée  de  la  couche  striée,  les  fibres  ont  l’aspect  de 
cellules  prismatiques  bien  individualisées. 

Dans  l’ensemble  la  structure  du  Cardium  actuel  est  très  fine. 

b)  Cardium  tuberculatum  Linné  (1758)  (Pliocène,  Italie).  —  La 
coupe  pratiquée  exactement  dans  la  même  région  que  sur  le  Cardium 
précédent  (fig.  2)  révèle  les  trois  zones,  constituant  le  test,  vues 
précédemment. 

La  couche  externe,  avec  ses  écailles  bien  développées,  est  consti¬ 
tuée  par  des  fibres  fines.  A  celle-ci  se  superpose  une  couche  striée  ou 
entrecroisée.  Mais  ici  nous  observons  une  structure  différente  de 
l’actuel.  Les  fibres  sont  énormément  dilatées.  Tangentes  comme 
chez  .l’actuel  à  la  couche  externe,  elles  se  redressent  vers  le  milieu  de 
la  couche  et  augmentent  de  diamètre  pour  s’amincir  ensuite  lors¬ 
qu’elles  se  rapprochent  de  la  couche  prismatique.  Aux  environs  de 
celle-ci,  nous  observons  une  zone  diffuse  a  structure  granuleuse, 
sans  direction  propre.  Au-dessous  de  cette  couche,  la  couche  prisma¬ 
tique  ne  semble  pas  avoir  subi  de  modifications. 

Les  phénomènes  de  diagenèse  semblent  s’être  opérés  dans  la 
couche  striée  exclusivement,  car  seule  cette  dernière  présente  des 
modifications  de  structure. 

L’ensemble  de  la  coupe  montre  donc  un  épaisissement  de  la  struc¬ 
ture  fibreuse  par  suite  de  la  fossilisation. 

c)  Cardium  tuberculatum  Linné  (1758)  (échantillon  d’Arroman- 
■ches).  —  Nous  retrouvons  les  trois  couches  constituant  le  test 
(fig.  3). 

La  couche  externe  a  subi  dans  ce  Cardium  une  transformation 
assez  poussée  par  suite  de  la  présence  de  nombreux  amas  de  Fer 
dans  cette  région.  Ces  amas  sont  plus  ou  moins  denticulés,  en  blocs 


lenticulaires,  béaucoup  plus  gros  à  la  périphérie  qu’à  l’intérieur  de 
la  coupe.  Il  semble  que  la  partie  la  plus  externe  de  la  couche  lamel- 
leuse  ait  subi  le  maximum  de  modifications.  Les  écailles  n’aboutis¬ 
sent  pas  au  bord  externe  de  la  coquille  ;  leurs  fibres  sont  assez  fines. 

Ensuite  vient  la  couche  striée  avec  ses  fibres  entrecroisées.  Leur 
structure,  comme  dans  le  Cardium  pliocène,  est  dilatée  dans  le 
milieu  de  la  couche  et  va  en  s’amincissant  vers  la  couche  prisma¬ 
tique.  Aux  abords  de  celle-ci,  nous  retrouvons  la  zone  diffuse  à 
structure  granuleuse,  mais  cette  dernière  n’est  pas  continue  et  forme 


Fig.  4.  —  Variations  de  la  structure  du  Cardium  tuberculatum  L.  (échantillon  d’Arro- 
manches).  —  Le  schéma  ci-contre  indique  la  position  des  coupes  microscopiques 
sur  la  coupe  umbono-palléale  de  la  valve  du  Cardium. 


des  bandes  superposées  séparées  les  unes  des  autres  par  des  fibres 
fines.  Une  de  ces  bandes,  la  plus  interne,  se  trouve  située  dans  la 
couche  prismatique  dont  la  structure  est  ainsi  interrompue. 

En  dehors  de  cette  dernière  bande  à  structure  diffuse,  la  couche 
prismatique  ne  semble  pas  avoir  subi  de  modification. 

Dans  l’ensemble  la  coupe  offre  une  structure  de  grosses  fibres. 

D’autre  part  nous  avons  observé  une  variation  de  structure  du 
test  en  parcourant  la  lame  de  la  région  la  plus  rapprochée  du  sommet 
vers  le  bord  palléal.  En  juxtaposant  les  coupes  prises  dans  trois 
endroits  différents  de  la  lame  mince  :  région  la  plus  proche  du  cro- 


—  185  — 


chet,  région  médiane  de  la  lame  mince  et  région  du  bord  palléal  ; 
nous  observons  une  variation  continue  dans  la  structure  du  test 
s’opérant  essentiellement  sur  la  couche  striée  (fig.  4). 

La  région  du  bord  palléal  a  été  décrite  ci-dessus  et  montre  une 
structure  de  grosses  fibres  dans  la  couche  striée,  suivie  d’une  zone 
diffuse  formant  des  bandes  avec  des  fibres  fines  intercalaires.  Dans 
la  région  médiane  de  la  lame  mince,  nous  retrouvons  la  couche  de 
grosses  fibres  mais  la  zone  diffuse  à  structure  granuleuse  s’est  ampli¬ 
fiée  et  les  fibres  fines  intercalaires  ont  disparu,  remplacée  par  une 
unique  zone  diffuse  à  structure  granuleuse.  Ce  phénomène  s’est 
accentué  dans  la  partie  la  plus  proche  du  crochet  où  la  couche  striée 
est  presque  complètement  invisible.  Seules  les  fibres  les  plus  voisines 
de  la  couche  externe  subsistent  encore,  tout  le  reste  et  formé  par 
une  zone  diffuse  contenant  de  gros  granules.  Vers  la  couche  externe, 
les  granules  de  plus  en  plus  fins  et  très  serrés  semblent  avoir  conservé 
l’orientation  des  fibres. 

Il  est  difficile  de  dire  si  l’on/a  affaire  à  un  phénomène  de  dissolu¬ 
tion  secondaire  ou  à  des  fibres  en  voie  de  transformation.  Les  deux 
points  à  retenir  sont  :  la  présence  de  fibres  dilatés  dans  la  couche 
striée  vers  le  bord  libre  et  la  dissociation  de  ces  mêmes  fibres  lorsque 
l’on  se  rapproche  du  crochet. 

Conclusions. 

Il  semble  en  faisant  des  rapprochements  avec  les  coquilles  de 
référence  actuelle  et  fossile  que  ce  Cardium  soit  en  voie  de  fossilisa¬ 
tion  bien  que  les  observations  n’aient  porté  que  sur  un  individu 
dans  chaque  cas.  Nous  constatons  une  identité  de  structure  entre  le 
Cardium  pliocène  et  notre  échantillon  par  la  présence  de  grosses 
fibres  dans  la  couche  striée.  Nous  avons  d’autre  part  une  variation 
dans  la  structure  de  notre  échantillon  d’un  bord  à  l’autre  de  la  lame 
mince  examinée,  avec  une  zone  de  dissociation  des  fibres  très  étendue. 
Ce  phénomène  ne  se  rencontre  sur  aucune  des  coquilles  témoins. 

Cette  transformation  s’est  opérée  rapidement,  en  l’espace  de 
quelques  années  dans  un  milieu  extrêmement  riche  en  oxydes,  facili¬ 
tant  sans  aucun  doute  la  diagénèse.  Nous  sommes  donc  en  présence 
de  conditions  tout  à  fait  particulières  propres  à  activer  la  fossilisa¬ 
tion. 

Nous  pouvons  citer  d’autres  exemples  de  fossilisation  rapide. 
Avias  1  a  trouvé  en  Nouvelle  Calédonie  dans  des  marais  exondés, 
des  nodules  bleu  foncé,  très  durs,  témoins  d’une  zone  de  vase  bleue 
en  voie  de  pétrification.  Ces  nodules  contiennent  d’abondants 

1.  Avias  (J.).  -Note  préliminaire  sur  quelques  phénomènes  actuel  ou  subactuels  de 
petrogenèse  et  autres,  dans  les  marais  côtiers  de  Moindon  et  de  Canala  (Nouvelle 
Calédonie).  —  Thèse.  C.  R.  som.  Soc.  Géol.  Fr.,  1949,  n°  13,  p.  227-280. 


—  186  — 


restes  animaux  en  particulier  des  carapaces  de  crabes  complètement 
fossilisées  et  des  végétaux  dont  la  décomposition  a  pu  faciliter  et 
même  provoquer  la  transformation.  Ces  crabes  sont  des  espèces 
actuelles  et  leur  association  avec  des  restes  de  végétaux  non  encore 
fossilisés,  fait  penser  à  des  phénomènes  assez  récents. 

Un  autre  exemple  frappant  est  celui  d’une  Area  qui  se  trouve  dans 
les  collections  du  Laboratoire  de  Paléontologie  du  Muséum.  Cette 
Area  ramenée  lors  d’un  sondage  effectué  dans  le  canal  de  Suez,  est 
transformée  en  deux  cristaux  de  gypse  maclés.  Elle  est  complète¬ 
ment  épigénisée,  il  n’en  reste  absolument  rien  et  l’on  voit  apparaître 
à  la  surface  du  cristal  de  gypse,  l’ornementation  externe  dans  tous 
ses  détails.  Ici  aussi  le  phénomène  de  fossilisation  a  dû  être  très 
rapide  en  rapport  avec  la  cristallisation  du  gypse. 

Les  exemples  fournis  ci-dessus  donnent  l’idée  d’un  mode  de  fossili¬ 
sation  très  rapide,  en  relation  avec  les  conditions  particulières  de 
milieux  (richesse  en  sels  de  fer,  en  matières  organiques  et  en  sub¬ 
stances  salines,  etc.)  qui  seraient  à  analyser  de  façon  précise. 

Dans  d’autres  cas,  plus  répandus  très  vraisemblablement,  les 
restes  fossiles  enfouis  dans  le  sédiment  à  l’abri  de  l’oxygène,  subis¬ 
sent  des  transformations  lentes,  progressives,  jusqu’à  un  certain 
stade  de  fossilisation  et  de  stabilité.  Le  Cardium  du  Pliocène,  cité 
plus  haut,  correspond  probablement  à  un  tel  processus.  Il  est  certain 
qu’au  cours  des  transformations  diagénétiques  ultérieures,  le  fossile 
pourrait  subir  un  nouveau  stade  de  transformation. 

En  somme  nous  imaginons  deux  processus  assurant  la  conserva¬ 
tion  des  restes  d’organisme  :  l’un  très  rapide  correspondant  à  des 
conditions  particulièrement  favorables,  l’autre  lent,  agissant  dans 
des  conditions  normales.  Evidemment  le  premier  se  prête  beaucoup 
mieux  à  des  observations  actuelles. 


Laboratoires  d’ Anatomie  Comparée  et  de  Paléontologie  du  Muséum. 


—  187  — 


Plantes  nouvelles,  rares  ou  critiques 

DES  SERRES  DU  MUSÉUM 
Par  A.  Guillaumin. 

PROFESSEUR  AU  MUSF.UM 


124.  — -  Philodendron  Leichtlinii. 

Depuis  1934  existe  dans  les  collections  du  Muséum  une  Aracée 
donnée  par  Dutrie  (f.  325,  1934)  sous  le  nom  de  Philodendron  Leicht¬ 
linii. 

Ce  binôme  figure  sur  des  Catalogues  de  Van  Houtte  postérieurs 
à  1929,  notamment  dans  celui  de  1932,  mais  sans  diagnose.  Dans  le 
Bon  Jardinier,  151e  édition  (1947),  p.  1648,  J.  Chantrier  le  décrit 
ainsi  : 

I 

«  Leichtlinii  Hort.  Amér.  cent.  Tige  grêle,  sarment.  Fils,  de  forme  ellip¬ 
tique,  convexes,  d’un  beau  vert  émeraude  mat,  largement  perforées  comme 
à  l’emporte-pièce  de  chaque  côté  de  la  nervure  médiane  jusqu’auprès  de 
la  périphérie.  » 

Bien  que  la  plante  n’ait  pas  fleuri,  ses  feuilles  correspondent  très 
exactement  à  la  figure  qu’Engler  ( Pflanzenreich  IV,  23,  B,  fig.  41) 
donne  des  variétés  du  Monstera  pertusa  de  Vriese  =  Dracontium  per- 
tusurn  L.  =  Monstera  Lechleriana  Schott.  On  peut  se  demander  si 
Leichtlinii  ne  serait  pas  une  déformation  de  Lechleriana  s’appli¬ 
quant  à  une  forme  jeune  de  M.  pertusa,  Les  horticulteurs  modernes 
ayant  pensé  à  leur  collègue  Leichtlin  plutôt  qu’au  botaniste  wur- 
temburgeois  Lechler  mot  à  Guayaquil  en  1856  ? 

125.  —  Aloe  x  panormitana  Guillaum.  hybr.  nov. 

Breviter  caulescens  (10  cm)  ;  folia  circa  15,  dense  rosulata,  patentia, 
apice  recurvata,  deltoideo-lanceolata.  circa  20-25  cm.  X  6-8  cm.,  supra 
plana  sed  apicem  versus  uno  latere  quant  aliud  proximiore  carinata  et  spar- 
sissime  brevissimeque  aculeata,  subtus  vix  convexa,  1  cm.  crassa,  succo  haud 
flavescente,  laete  viridia,  maculis  paucis,  albis,  oblongis,  sparsis,  marginibus 
aculeis  albis,  2  mm.  longis,  circa  8  mm.  distantibus.  Inflorescentia  65  cm. 
alla,  erecta,  racemose  furcata,  pedunculo  circa  20  cm.  longo,  basi  compresso, 
nudo,  ramis  35-40  cm,  longis,  bracteis  vacuis  lanceolatis  1,5-3  cm.  longis, 
cuspidatis,  membranaceis,  brunneis  e  basi  vestitis,  pedicellis  braclea  2 -plo 
longioribus  [ad  2  cm.  longis),  erectis,  perigonio  2,5  cm.  longo,  basi  dilute 
roseo,  apice  viride,  cylindrico,  basi  rotundato  et  haud  stipitato,  segmentis 
usque  ad  medium  connatis,  staminibus  valde  includis,  ovarium  obtusum, 
stylo  exserlo. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


—  188  — 


Reçu  en  graines  du  Jardin  botanique  de  Palerme  (f.  134,  1933) 
rsous  le  nom  d ’Aloe  brevifolia  var.  serra. 

Est  vraisemblablement  un  hybride  entre  cette  espèce  et  une  plante 
du  §  Saponariae  ;  rappelle  en  effet  VA.  brevifolia  par  ses  bractées, 
ses  fleurs  et  l’aspect  de  la  grappe  mais  en  diffère  tout  à  fait  par  ses 
feuilles  éparsements  maculées  qui  font  penser  plutôt  à  celles  de  Y  A. 
zebrina  Bak.  Les  dents  des  bords  des  feuilles  ressemblent  plus  à 
celles  de  1L4.  brevifolia  que  de  Y  A.  zebrina,  toutefois  les  plantes 
provenant  du  même  semis  présentent  des  dents  marginales  des 
feuilles  brunes  et  non  blanches. 


—  189  — 


Notules  sur  quelques  Orchidées  d’Indochine  :  iv. 
Par  A.  Guillaumin. 

PROFESSEUR  AU  MUSÉUM 


Dendrobium  Wattii  Reichb.  f. 

Hooker  fils  en  décrivant  (Bot.  Mag.  t.  6715)  cette  plante  comme 
variété  du  D.  carinijerum  d’après  un  échantillon  récolté  au  Manipur 
{Watt  ii0  5944)  dit  que  les  fleurs  apparaissent  sur  les  tiges  défeuillées 
et  les  figure  blanches  avec  quelques  raies  rouges  sur  le  labelle. 

Reichenbach  fils  (Gard.  Chron.,  1888,  II,  p.  725)  en  en  faisant  une 
espèce  distincte  d’après  les  fleurs  récoltées  en  Haute-Birmanie  par 
Micholitz  pour  le  compte  de  Sander  et  des  échantillons  plus  complets 
provenant  des  serres  de  Sir  T.  Lawrence  dit  aussi  que  les  fleurs  spnt 
blanches  mais  avec  un  labelle  à  disque  jaune  et  précise  qu’elles  appa¬ 
raissent  sur  les  tiges  défeuillées,  ce  que  répète  Krânzlin  ( Pflanzen - 
reich,  IV,  50,  II  »,  21,  p.  92. 

Nicholson,  traduction  Mottet  (Dict.  Hort.,  II,  p.  187)  dit  que  le 
labelle  est  rubanné  de  jaune. 

Veitch  (Man.  Orchid.  PI.  I,  Dendrob.,  p.  27)  n’indique  pas  si  les 
fleurs  se  trouvent  sur  les  tiges  feuillées  ou  non  mais  dit  qu’elles  sont 
blanches  avec  le  labelle  en  partie  jaune. 

Hooker  fils  (Fl.  brit.  India,  V,  p.  721),  dit  que  les  fleurs  sont 
portées  par  les  tiges  défeuillées  et  sont  blanches  avec  disque  du 
labelle  jaune. 

Gagnepain  (Fl.  Indochine,  VI,  p.  244)  d’après  un  échantillon 
récolté  en  Annam,  à  Dalat  (Evrard  906),  ne  dit  pas  si  les  fleurs  se 
trouvent  sur  les  tiges  feuillées  ou  non  et  pourtant,  sur  l’échantillon 
d’herbier,  elles  sont  à  l’extrémité  de  tiges  feuillées  ;  suivant  le  col¬ 
lecteur,  les  fleurs  seraient  jaunes. 

Un  autre  échantillon  d’herbier  déterminé  aussi  par  Gagnepain, 
mais  inédit,  récolté  au  Laos  :  sur  la  piste  de  Phong  saly  'à  Laï  chau, 
entre  Pou  den  dinh  et  Phinh  ha  (Poilane  25.892)  a  aussi  les  fleurs 
sur  les  tiges  feuillées  et  elles  sont  —  d’après  le  collecteur  —  blanches 
à  labelle  crème  marqué  d’andrinople. 

La  plante  provenant  de  l’ Annam  :  Dalat  :  station  Mauline  (Paul 
Maurand,  Directeur  des  Recherches  forestières  du  Centre  des 
Recherches  scientifiques  et  techniques  de  Saigon,  n°  23,  f.  183, 
1952),  qui  vient  de  fleurir  dans  les  serres  du  Muséum,  présente,  à 
l’extrémité  d’une  tige  feuillée,  une  fleur  unique,  à  labelle  en  dessus, 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


—  190  — 


dont  les  sépales  dorés  forment  un  menton  paraissant  rougeâtre  par 
transparence  ;  les  pétales  sont  jaunes  très  pâle  ;  le  labelle  est  de 
même  teinte  mais  les  7  crêtes  à  laciniations  papilleuses  et  les  ner¬ 
vures  tango  donnent  en  dessous,  par  transparence,  une  teinte  rose 
terne  ;  la  colonne  est  uniformément  rose.  Ces  coloris  rappellent  tout 
à  fait  ceux  du  D.  carinijerum  Reichb.  f.  var.  lateritia  Reichb.  f.  et 
du  D.  Williamsonii  Day  et  Reichb.  f. 

Le  D.  Watii  est  mentionné  comme  existant  dans  les  serres  de 
Kew  sur  le  Kew  hand  List,  Orchids,  lre  édition  (1896)  mais  ne  figure 
plus  sur  la  2e  édition  (1904). 

iSaccolabium  albo-lineatum  Teijsm.  et  Rinn. 

Des  échantillons  fleuris  récoltés  sur  des  arbres  d’avenue  à  Saigon 
et  envoyés  par  M.  Paul  Maurand  (f.  18,  1953)  permettent  de  complé¬ 
ter  la  description  de  cette  espèce  qui  n’était  connue  que  par  le  type 
récolté  au  Siam,  sans  précision  de  localité  par  Teijsmann  (cfr.  Fl. 
Indochine,  VI,  p.  502). 

Inflorescences  longues  de  20  cm.  environ,  à  10  fleurs  environ,  sépales 
ovales  (12  mm.  X  7  mm.),  obtus,  ponctués  de  violet  pâle,  pétales  plus 
étroits  (5  mm.),  colorés  de  même,  labelle  long  de  15  mm.,  en  dessus  violet 
rayé  de  blanc,  plus  foncé  en  avant,  presque  blanc  à  la  base,  émarginé  à 
l’extrémité  avec,  au  milieu,  une  petite  languette  carrée  (1  mm.),  redressée, 
en  dessous  violet  non  rayé  en  avant  avec  une  collosité  jaune  au  milieu  se 
prolongeant  en  arrière  par  2  côtes  rejoignant  les  bords  et  entourant  une 
partie  losangique  blanche,  éperon  long  de  8  mm.,  très  comprimé  latérale¬ 
ment,  blanc,  en  dessous  droit  et  prolongeant  le  labelle,  en  dessus  en 
1/2  cercle. 


191  — 


Sur  les  caractères  épidermiques  de  la  feuille 
dans  le  genre  Sparattosyce  (Moracées). 

Par  Nicole  Grambast. 


Le  genre  Sparattosyce  Bureau  ( Moraceae ,  Artocarpoideae,  Ficeae), 
endémique  de  la  Nouvelle-Calédonie,  est  proche  des  Ficus,  mais 
s’en  distingue  nettement  dans  l’organisation  florale,  en  particulier 
par  la  rupture  des  réceptacles  mâles  et  femelles  étalés  dans  un  plan 
à  maturité.  Bureau  (1869,  p.  379-381,  pl.  6)  a  décrit  le  genre  com¬ 
prenant  alors  une  seule  espèce  :  Sparattosyce  dioica.  Notre  étude  porte 
sur  des  échantillons  de  l’herbier  du  Muséum  national  d’ Histoire 
naturelle,  de  provenances  diverses  : 

I.  Forêts  au-dessus  de  Téné,  près  Bourail —  Balansa  —  1011  a  (compris 
dans  les  types  utilisés  par  Bureau  1869). 

II.  Colline  près  Païta  (forêt)  —  R.  Sclilechter  —  14.997. 

III.  Route  de  la  Foa  à  Canala  - —  Le  Rat  —  2.820. 

IV.  Rivière  des  Pirogues  —  C.  T.  White  —  2.235. 

Les  feuilles,  ovales  ou  elliptiques,  plus  ou  moins  allongées  suivant 
les  cas,  ont  une  nervation  analogue  à  celle  que  l’on  rencontre  en 
général  chez  les  Ficus,  dessinant  de  larges  mailles  refermées  avant 
d’atteindre  le  bord  de  la  feuille  (type  brochiodrome  de  Von  Ettings- 
hausen,  1861). 

Le  genre  Sparattosyce  comprend  une  deuxième  espèce,  mentionnée 
sans  nom  dans  le  prodrome  de  De  Candolle  par  Bureau  (1873, 
XVII,  p.  288)  lui-même,  mais  récoltée  postérieurement  (1871) ^  à 
son  premier  travail.  L’espèce,  restée  inédite  jusqu’à  la  description 
de  M.  A.  Guillaumin  (1943),  est  le  Sparattosyce  Balansae  A.  Richter 
ex-Guillaumin.  C’est  un  fragment  du  type  que  nous  avons  pu  étu¬ 
dier  (herbier  du  Muséum  —  Forêt  au-dessus  de  Balade  —  Balansa  — 
3.234)  ;  cette  forme  semble  d’ailleurs  beaucoup  plus  rare  en  Nouvelle- 
Calédonie  que  la  première. 

Les  feuilles  très  proches  des  précédentes  (fig.  D)  diffèrent  cepen¬ 
dant  par  le  contour  lobé  de  la  base  de  chaque  côté  du  pétiole  et  par 
la  face  inférieure  d’aspect  tout  à  fait  glabre.  Il  faut  noter  que 
d’après  la  description  de  Bureau  (1869)  les  feuilles  du  S.  dioica 
pourraient  perdre  leur  pilosité. 

Renner  (1907)  a  donné,  dans  son  étude  systématique  de  la  feuille 
des  Artocarpoideae,  les  principaux  caractères  anatomiques  du 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


13 


Planche  :  Sparattosyce  dioica.  —  A  :  Feuille,  nervation,  —  B  :  Epiderme  supérieur 
(à  droite,  cellules  ondulées  au  voisinage  d’une  nervure  ;  à  gauche,  cellules  poly¬ 
gonales  de  l’aréole).  — -  C  :  Epiderme  inférieur  (on  remarque  un  lithocyste  et  des 
bases  ou  insertions  de  poils  arrachés). 

S.  Balansae.  —  D  :  Feuille,  nervation.  —  E  :  Epiderme  supérieur  (à  droite,  début 
d’une  nervure).  —  F  :  Epiderme  inférieur. 


—  193  — 


Sparattosyce  dioica  sans  s’intéresser  toutefois  aux  stomates  et  sans 
fournir  d’illustration. 

• 

I.  Les  cellules  épidermiques.  —  Chez  Sparattosyce  dioica,  l’épi¬ 
derme  supérieur  (fig.  B)  est  composé  de  cellules  polygonales  assez 
régulières  et  de  cellules  à  parois  plus  ou  moins  ondulées  situées  au- 
dessus  des  nervures  et  de  part  et  d’autre  de  celles-ci,  parfois  sur  une 
assez  grande  largeur  ;  dans  ce  dernier  cas,  les  cellules  polygonales 
sont  limitées  au  centre  des  aréoles.  Elles  sont  en  général  de  petite 
taille  (10-18  p.  X  13-30  p.  en  moyenne  —  échantillon  I),  parfois  plus 
grandes  (15-25  p  X  25-35  p  en  moyenne  —  IV)  L 

A  la  face  inférieure  on  distingue  au  niveau  des  nervures  d’étroites 
bandes  de  cellules  allongées,  avec  de  chaque  côté  des  cellules  plus 
courtes  à  parois  légèrement  ondulées  ;  au  milieu  de  ce  réseau,  dans 
les  aréoles  très  riches  en  stomates,  les  cellules,  plus  ou  moins  polygo¬ 
nales,  assez  petites  (8-15  p  X  16-24  p  en  moyenne),  sont  séparées 
par  des  méats  souvent  bien  développés  (fig.  C). 

Chez  S.  Balansae,  toutes  les  cellules  de  l’épiderme  supérieur  ont 
des  parois  nettement  sinueuses  (fig.  E)  ;  dans  les  aréoles,  elles  sont 
légèrement  plus  grandes  en  moyenne  que  chez  l’espèce  précédente 
(18-30  p  X  24-45  p)  ;  sur  les  nervures,  elles  sont  plus  petites  et 
tendent  vers  une  forme  rectangulaire. 

Dans  l’épiderme  inférieur  les  cellules,  allongées  sur  les  nervures, 
polygonales  à  parois  épaisses  dans  les  aréoles,  sont  un  peu  plus 
grandes  que  chez  S.  dioica  (10-20  p  X  20-30  p  )(fig.  F). 

Les  lithocystes  qui  se  traduisent  en  vue  superficielle  par  de  larges 
contours  arrondis  souvent  surmontés  d’une  pointe,  sont  nombreux 
à  la  face  inférieure  des  deux  espèces. 

Il  n’y  a  pas  d’hypoderme. 

II.  Les  stomates.  —  Les  stomates  sont  limités  à  la  face  inférieure 
de  la  feuille.  Ils  appartiennent  au  type  anomocytique 1  2  ou  renoncu- 
lacée  3,  c’est-à-dire  qu’ils  sont  «  entourés  de  plusieurs  cellules  épider¬ 
miques  disposées  sans  ordre  »,  en  général  au  nombre  de  5  à  7.  Le 
matériel  dont  nous  disposions  ne  nous  a  pas  permis  de  faire  pour 
l’instant  une  étude  du  développement. 

Une  coupe  transversale  de  feuille  de  S.  dioica  (fig.  G,  b)  nous  montre 
à  la  face  inférieure,  de  nombreux  stomates  situés  au  niveau  de  la 
surface  foliaire  ;  ils  présentent  des  becs  externes  et  internes  cutinisés 
à  peu  près  d’égale  importance.  Entre  les  deux  cellules  de  bordure, 
lorsque  la  fente  n’est  plus  nette,  on  aperçoit  une  tache  foncée,  plus 
ou  moins  elliptique,  qui  correspondrait  à  des  épaisissements  au 

1.  Nous  donnons  ces  mesures  prises  sur  les  échantillons  types  étudiés,  mais  ces 
données  quantitatives  sont,  on  le  sait,  sujettes  à  des  variations  sensibles. 

2.  Défini  par  Metcalfe  et  Chalk  (1950),  I,  p.  xiv-xv. 

3.  Défini  par  Vesque  (1889).  p.  lxiii-lxiv. 


—  194  — 


niveau  de  la  jonction  de  ces  deux  cellules.  En  vue  superficielle,  en 
effet,  dès  les  plus  faibles  grossissements,  les  stomates  apparaissent 
munis  de  gros  nodules  arrondis  colorés  en  rose  vif  par  la  safranine, 
donnant  un  aspect  particulier  à  l’ensemble  de  l’épiderme  inférieur 
du  S.  dioica.  Dans  l’échantillon  IV,  sur  des  feuilles  jeunes,  petites, 
les  épaisissements  sont  elliptiques,  beaucoup  moins  marqués. 


Fig.  G.  —  Sparattosyce  dioica.  —  a)  détail  d’un  stomate  en  vue  superficielle  dans  les 
plans  successifs  1,  2,  3  marqués  sur  la  coupe  ;  b)  coupe  transversale  de  la  face  infé-  - 
rieure  de  la  feuille. 


Si  l’on  observe  au  microscope,  en  faisant  varier  la  mise  au  point, 
dans  des  plans  successifs  allant  de  l’extérieur  vers  l’intérieur  de 
l’organe,  on  obtient  les  images  l-2r3  (fig.  G,  a)  qui  correspondent  aux 
niveaux  marqués  dans  la  coupe  : 

1.  Dans  le  plan  superficiel,  on  a  seulement  une  ouverture  lenti¬ 
culaire  étroite,  limitée  par  les  becs  externes  rapprochés  (en  pointillé, 
le  contour  des  cellules  stomatiques  sous-jacentes  non  visibles  ici). 

2.  Puis  apparaissent  les  deux  cellules  de  bordure  (dimensions 
moyennes  :  17-18  p.  X  18-20  p.)  entourées  des  cellules  de  l’épiderme 
inférieur  à  méats.  Les  nodules  sont  nets  à  ce  niveau  où  ils  occupent 
toute  la  largeur  du  contact  entre  les  deux  cellules  stomatiques.  Au 
centre  se  trouve  le  contour  de  l’antichambre  1  bordée  par  les  arêtes 


1.  Terminologie  de  Van  Tieghem  (1891),  I,  p.  610. 


—  195  — 


colorées  en  rose  par  la  safranine  qui  la  limitent  ;  au  milieu  enfin,  la 
fente,  étroite  et  brillante. 

3.  Plus  profondément  encore,  le  contour  de  l’arrière-chambre 
se  présente  comme  une  ellipse  nette  aboutissant  de  part  et  d’autre 
des  épaisissements  du  plan  2,  encore  bien  discernables  ici.  La  partie 
basale  des  cellules  épidermiques  qui  entourent  la  chambre  sous- 
stomatique,  recouvre  les  cellules  de  bordure  sous-jacentes  (elles  ne 
sont  plus  visibles  à  ce  niveau)  ;  ceci  se  constate  aisément  sur  la  coupe 
où  la  lumière  des  cellules  superficielles,  à  paroi  externe  très  épaisse, 
se  prolonge  au-dessus  des  cellules  stomatiques. 

Chez  Sparattosyce  Balansae,  les  stomates  ont  une  structure  tout 
à  fait  analogue,  avec  des  nodules  légèrement  moins  développés, 
un  peu  plus  étirés  en  longueur. 

Des  épaississements  aussi  marqués  de  la  paroi  des  cellules  stoma¬ 
tiques  peuvent  se  retrouver  dans  des  espèces  de  Dicotylédones  assez 
éloignées  ;  mais  dans  le  genre  voisin  Ficus  sur  une  trentaine  d’es¬ 
pèces  examinées,  prises  dans  les  différentes  sections  du  genre,  nous 
ne  les  avons  pas  observés  et  ils  n’ont  pas,  semble-t-il,  été  signalés  par 
d’autres  auteurs. 

Ils  ne  correspondent  sans  doute  pas  à  un  caractère  spécial,  mais  à 
l’exagération  d’épaississements  que  l’on  rencontre  fréquemment  à 
la  jonction  des  cellules  stomatiques,  sous  forme  de  petits  points 
plus  ou  moins  prononcés,  dans  de  nombreuses  espèces  et  en  parti¬ 
culier  dans  certains  Ficus  (par  ex.  F.  Vogeliana). 

III.  Les  poils.  —  Renner  (1907)  a  signalé  le  caractère  particulier 
de  ces  «  glandes  »  en  forme  de  poils  ramifiés,  très  irréguliers,  qui 
constituent  un  fin  feutrage  brun  à  la  face  inférieure  des  feuilles 
séchées  du  Sparattosyce  dioica.  Ceux-ci  se  détachent  facilement  et 
il  n’est  pas  possible  de  les  observer  sur  des  préparations  superfi¬ 
cielles  ou  des  coupes,  mais  nous  avons  pu  les  étudier  après  arrache¬ 
ment  par  une  couche  de  vernis  déposée  à  la  face  inférieure  des 
feuilles. 

Quelques-uns  parmi  ces  poils  ont  une  structure  régulière  et  sont 
composés  d’un  pied  allongé  incolore,  unicellulaire,  et  d’une  tête 
colorée  en  brun  foncé,  comprenant  un  petit  nombre  de  cellules 
(4  à  6)  (fig.  H,  1  et  2).  Mais  le  plus  souvent,  ils  sont  ramifiés  dans 
toutes  les  directions,  plus  ou  moins  enchevêtrés  et  difficiles  à 
examiner  isolément.  Ils  dérivent  apparemment  de  la  forme  simple 
par  prolifération  des  cellules  de  la  tête  ;  on  peut  en  effet  reconnaître 
en  général  le  pied  incolore  et  la  tête  brun-foncé  dont  un  certain 
nombre  de  cellules  se  prolongent  par  de  longues  expansions,  colorées 
en  brun  clair,  donnant  des  figures  très  variées  (par  ex.  3  et  4,  fig.  H 
parmi  les  moins  compliqués).  D’après  Renner  (1907),  ces  poils 
glandulaires  sont  remplis  de  tanins. 


—  196  — 


La  densité  du  revêtement  de  la  face  inférieure  varie  suivant  les 
feuilles  examinées  ;  les  poils  sont  particulièrement  nombreux,  enche¬ 
vêtrés  et  de  coloration  foncée,  dans  les  échantillons  III  (route  de  la 
Foa  à  Canala)  et  IV  (rivière  des  Pirogues  —  jeunes  feuilles).  Ces 
différences  peuvent  être  liées  aux  conditions  du  milieu  ou  plus 
simplement  à  l’âge  des  organes  (IV). 

A  la  face  supérieure  du  S.  dioica  il  y  a,  disséminés  çà  et  là,  des 
poils  de  nature  analogue  mais  toujours  moins  longuement  ramifiés  ; 
dans  les  préparations  leurs  insertions  ou  leurs  bases  sont  seules 
visibles  au  milieu  des  cellules  de  l’épiderme  supérieur  (fig.  B). 


Fig.  H.  —  Sparatlosyce  dioica,  poils  tannifères  de  la  face  inférieure  de  la  feuille. 

Renner  considérait  la  présence  des  poils  ramifiés  comme  un 
caractère  différentiel  entre  les  genres  Sparattosyce  et  Ficus.  Mais 
chez  Sparattosyce  Balansae  dont  nous  avons  étudié  l’échantillon 
type,  on  ne  peut  les  retrouver,  du  moins  sur  des  feuilles  développées. 
De  façon  sporadique,  sur  les  nervures  de  certains  échantillons,  on 
remarque  des  poils  unicellulaires  droits  ou  arqués,  aigus,  pas  très 
longs  (30  p,  70  p).  Pour  Renner  (1907)  cependant  les  poils  ordi¬ 
naires  manquent  totalement. 

S.  Balansae  d’autre  part  présente,  à  la  face  inférieure,  de  courts 
poils  pluricellulaires  (fig.  F)  de  forme  régulière,  tout  à  fait  sem¬ 
blables  à  ceux  que  l’on  rencontre  chez  de  nombreux  Ficus.  L’épi¬ 
derme  supérieur  ne  porte  pas  de  poils. 

Conclusion.  —  Le  genre  Sparattosyce  présente  typiquement  des 
épaississements  de  la  paroi  des  cellules  stomatiques.  Des  caractères 
épidermiques  très  sensibles  permettent  d’autre  part  de  différencier 
les  deux  espèces  :  chez  S.  dioica,  de  beaucoup  la  plus  fréquente,  la 
feuille  porte  à  la  face  inférieure  de  longs  poils  tannifères  ramifiés  ; 


—  197  — 


dans  l’épiderme  supérieur,  les  cellules  sont  polygonales  au  moins 
dans  la  partie  centrale  des  aréoles.  S.  Balansae  possède  au  contraire 
des  poils  pluricellulaires  courts  ;  les  épaisissements  nodulaires  sont 
légèrement  moins  marqués  ;  les  cellules  de  l’épiderme  supérieur  sont 
toujours  nettement  sinueuses. 

La  structure  épidermique  des  Sparattosyce  se  rapproche  de  celle 
des  Ficus,  surtout  par  la  présence  des  cystolithes  ;  d’autre  part, 
les  poils  pluricellulaires  de  l’épiderme  inférieur  du  S.  Balansae  sont 
tout  à  fait  analogues  à  ceux  des  Ficus.  Mais  les  caractères  des 
stomates  et  des  poils  ramifiés  donnent  au  Sparattosyce  une  physio¬ 
nomie  particulière  et  apportent  un  fait  de  plus  à  l’appui  de  la  dis¬ 
tinction  de  ce  genre  et  du  genre  Ficus.  Ils  montrent  encore  le  rôle 
que  peuvent  jouer  en  systématique  les  caractères  épidermiques  dont 
la  répartition  dans  les  diverses  espèces  de  Dicotylédones  est  trop 
peu  connue. 

Laboratoires  d' Anatomie  comparée  des  Végétaux  vivants  et  fossiles  du 
Muséum  et  de  Biologie  Végétale  de  la  Sorbonne. 


BIBLIOGRAPHIE 

Bureau  E. —  1869  —  Morées  et  Artocarpées  de  la  Nouvelle-Calédonie. 
Ann.  Sc.  Nat.,  5e  série,  11,  p.  364-382. 

—  1873  —  in  De  Candolle,  Prodromus  systematis  naturalis  regni 

vegetabilis,  17,  1,  p.  286-88  (Artocarpeae). 

Engler  A.  et  Prantl  K.  —  1894  —  Die  natürlichen  Pflanzenfamilien. 

Leipzig  (Moraceae,  t.  III,  1,  p.  66-93). 

Ettingshausen  C.  von.  — 1861 .  —  Die  Blattskelette  der  Dikotyledonen  — 
Wien. 

Guillaumin  A.  — -  1943  —  Matériaux  pour  la  Flore  de  la  Nouvelle  Calé¬ 
donie,  LXXV.  Notes  sur  les  Moracées.  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  90,  1-6, 
p.  33-35. 

Metcalfe  C.  R.  et  Chalk  L.  —  1950  —  Anatomy  of  the  Dicotylédones. 
Oxford. 

Renner  O.  —  1907  —  Anatomie  und  systematik  der  Artoearpeen  und 
Conocephaleen,  Engler  Bot.  Jahrb.,  39,  p.  319-448. 

Soleredeh  H.  —  1898  —  Systematisohe  Anatomie  der  Dikotyledonen. 
Stuttgart. 

—  1908,  id.,  Ergânzungsband. 

Van  Tieghem  P.  —  1891  —  Traité  de  Botanique  (2e  édition).  Paris. 
Vesuue  J.  - —  1889  —  De  l’emploi  des  caractères  anatomiques  dans  la 
classification  des  végétaux.  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  36,  p.  xli-lxxvii. 


—  198 


Additions  a  la  Flore  de  l'A.  E.  F.  .- 
Apocynacées-Plumérioïdêes. 

Par  M.  Pichon. 


Sauf  erreur,  les  espèces  dont  voici  la  liste  sont  signalées  pour 
la  première  fois  soit  dans  l’ensemble  de  l’Afrique  Equatoriale  Fran¬ 
çaise,  soit  au  moins  dans  un  des  territoires  de  cet  ensemble  :  Ouban- 
gui-Chari,  Gabon  ou  Congo  Français. 

Le  manque  de  place  nous  oblige  à  abréger  les  synonymies  :  les 
références  sont  omises,  ainsi  que  les  variantes  orthographiques  et 
les  noms  d’herbier  inédits. 

Les  espèces  des  genres  Landolphia,  Carpodinus  et  Clitandra  sont 
données  sous  leurs  noms  génériques  habituels.  Nous  montrerons 
prochainement  que  ces  genres  ne  peuvent  être  conservés  dans  leur 
état  actuel,  et  des  combinaisons  nouvelles  seront  alors  établies.  Une 
copieuse  synonymie  nouvelle  est  donnée  dès  aujourd’hui. 

Les  échantillons  d’A.  E.  F.  mentionnés  sont  ceux  de  l’herbier  du 
Muséum  et  de  l’herbier  Chevalier.  Nous  sommes  heureux  de  remer¬ 
cier  ici  le  Professeur  Chevalier  de  nous  avoir  très  aimablement 
autorisé  à  étudier  ses  riches  matériaux. 

Abréviations  :  b.  j.,  b.  m.,  b.  a.  =  boutons  jeunes,  moyens,  âgés  ; 
fl.  =  fleurs  ;  fr.  j.  =  fruits  jeunes  ;  fr.  =  fruits  ;  gr.  =  graines 
isolées  ;  st.  =  stérile,  sans  fleurs  ni  fruits  ;  vern.  =  nom  verna¬ 
culaire  ;  s.  n.  =  sans  numéi  o. 

Landolphia  landolphioides  (Hall,  f.)  A.  Chev.  —  Clitandra 
landolphioides  Hall.  f.  —  Carpodinus  landolphioides  (Hall,  f.)  Stapf. 
—  Landolphia  Dawei  Stapf.  —  L.  Dawei  var.  multinervis  A.  Chev. 

Oubangui-Chari  :  le  Chari,  sans  précision,  vern.  «  pindi  »,  Martin  s.  n. 
(b.  m.)  ;  Boukoko,  forêt,  vern.  «  malomboma  »  et  «  mokangakanga  » 
(lissongo),  Tisserant  Carp.-50  (1-3-1949  ;  fr.),  Carp.-79  (26-11-1951  ;  fr.)  ; 
Yalinga,  haute  futaie,  Le  Testu  2597  (28-3-1921  ;  fl.),  3825  (4-4-1922  ; 
fl.  et  gr.). 

Gabon  :  Mimvoul,  Le  Testu  9063  (28-3-1933;  b.  m.). 

Nouveau  pour  l’A.  E.  F.  Répartition  :  Nigéria  du  Sud,  Cameroun, 
Congo  belge,  Ouganda. 

Landolphia  Dewevrei  Stapf.  —  L.  subterranea  A.  Chev.  var. 
Johnstoni  A.  Chev.  —  Clitandra  brazzavillensis  A.  Chev.,  nom.  nud. 

Oubangui-Chari  :  Boukoko,  forêt,  vern.  «  mokangakanga  »  (lissongo), 
Tisserant  26  (18-7-1947  ;  fl.),  170  (27-8-1947  ;  fl.),  399  (24-10-1947  ;  fl.). 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


199 


Nouveau  pour  l’Oubangui.  Répartition  :  Nigéria  du  Sud,  Came¬ 
roun  anglais,  Cameroun  français  1,  Gabon,  Congo  français,  Congo 
belge. 

Landolphia  subterranea  A.  Chev.  (non  Ch.  Lemaire,  nom.  alter¬ 
nat.).  —  L.  Claessensi  De  Wild. 

Congo  français  :  de  Renéville  à  Mbamou,  Chevalier  27636  (3-8-1912  ; 
st.). 

Nouveau  pour  l’A.  E.  F.  Répartition  :  Congo  belge,  Angola. 

Landolphia  ochracea  K.  Sch.  ex  Hall,  f.,  var.  ochracea. 

Oubangui-Chari  :  Boukoko,  forêt,  vern.  «  mboka  »  (lissongo),  Tisserant 
354  (15-10-1947,  b.  a.  et  fr.  j.  ;  —  5-6-1948,  st.). 

Gabon  :  entre  Pounga  et  Piti-Masango,  Le  Testu  5260  (27-2-1925  ;  fl.)  ; 
Divindé,  Le  Testu  5909  (10-4-1926  ;  fl.)  ;  Woredoubu,  vern.  «  avoum  » 
(pahouin),  Périquet  (leg.  Guyomarc’h )  55  (26-3- . )  ;  st.). 

Nouveau  pour  FA.  E.  F.  Répartition  :  Nigéria  du  Sud,  Cameroun, 
Congo  belge,  Angola  (Cabinda). 

Landolphia  ochracea  K.  Sch.  ex  Hall,  f.,  var.  glabrata  Hall, 
f.  —  L.  ochracea  var.  breviflora  De  Wild. 

Gabon  :  sans  précision,  vern.  «  avoum  »  (pahouin),  Arsandeau  s.  n.  (st.)  ; 
haut  bassin  de  l’Ivindo,  vern.  «  okôm  »,  Cottes  7  (st.)  ;  environs  de  Libre¬ 
ville,  à  20  lieues  au  NW  du  Gabon,  Klaine  1657  (st.). 

Nouveau  pour  l’A.  E.  F.  Répartition  :  Cameroun  2,  Congo  belge. 

Landolphia  stipulosa  S.  Moore  ex  Wernh. 

Gabon  :  Lastoursville,  Le  Testu  7253  (27-4-1929  ;  b.  a.),  7347  bis  (20-5- 
1929  ;  b.  a.)  ;  Fouramwanga,  Le  Testu  6396  (19-2-1927  ;  b.  a.). 

Nouveau  pour  FA.  E.  F.  Répartition  :  Nigéria  du  Sud,  Cameroun  3. 

Carpodinus  Bruneelii  De  Wild. 

Gabon  :  Lastoursville,  Le  Testu  7963  (11-3-1930  ;  fl.)  ;  Loubagny,  Le 
Testu  6464  (31-3-1927  ;  fl.)  ;  monts  Moughyama,  près  de  Kembélé,  Le 
Testu  5231  (22-2-1925  ;  b.  a.)  ;  Mandji-Batchangui,  Le  Testu  6528  (28-6- 
1927  ;  fl.). 

Nouveau  pour  l’A.  E.  F.  Répartition  :  Congo  belge. 

Carpodinus  violaceus  K.  Sch.  ex  Hall.  f.  —  C.  Bequaerti  De 
Wild. 

1.  Où  il  est  nouveau  :  Tchang,  vern.  «  maiko  »,  Jacques-Félix  5210  (1938/1939  ;  fl.). 

2.  Où  il  est  nouveau  :  Nlohé,  vern.  «  ahom  »  et  «  avom  »  (yaoundé),  Hédin.  1867 
(2-11-1927;  st.),  1880-a  (4-11-1927  ;  st.)  ;  Djoum,  vern.  «  akom  »  (boulou),  Hédin 
1100  (17-5-1927  ;  st.). 

3.  Où  il  est  nouveau  :  Vimidi,  vern.  «  avom  »  (yaoundé),  Hédin  s.  n.  (23-1-1928  ; 
st.  avec  gr.). 


—  200  — 


Congo  français  :  Renéville  et  environs,  Chevalier  27506  (31-7-1912  ; 
st.j. 

Nouveau  pour  le  Congo  français.  Répartition  :  Nigéria  du  Sud, 
Cameroun,  Gabon,  Congo  belge.' 

Carpodinus  glaber  Pierre,  nom.  nud.  ;  Pierre  ex  Stapf,  cum 
descr.  («  glabra  »).  —  C.  leptantha  Stapf,  non  K.  Sch. 

Congo  français  :  de  Brazzaville  à  Saint-Joseph-du-Nkoué,  Chevalier 
27317  bis  (29/30-7-1912  ;  st.). 

Nouveau  pour  le  Congo  français.  Répartition  :  Cameroun  fran¬ 
çais  1,  Gabon,  Congo  belge. 

Carpodinus  Foretianus  Pierre,  nom.  nud.  ;  Pierre  ex  Jum., 
cum  descr.  («  Foretiana  »).  —  C.  Klaineana  Pierre,  nom.  nud.  — 
C.  rufonervis  Pierre,  nom.  nud.  —  C.  Klainii  Pierre,  nom.  nud.  — 
C.  Klainei  Pierre  ex  Stapf.  —  C.  rufinervis  Pierre  ex  Stapf.  — 
C.  Eetveldeana  De  Wild.  —  C.  verticïllata  De  Wild.  —  C.  Sassan- 
drae  A.  Chev. 

Oubangui-Chari  :  Yalinga,  Le  Testu  4211  (5-10-1922  ;  b.  a.),  4290 
(7-11-1922  ;  fl.)  ;  Boukoko,  forêt,  vern.  «mboka»  (lissongo),  Tisserant  190 
(3-9-1947  ;  fl.). 

Nouveau  pour  l’Oubangui.  Répartition  :  Libéria  2 3,  Côte  d’ivoire, 
Nigéria  du  Sud,  Cameroun  s,  Gabon,  Congo  français,  Congo  belge, 
Angola  (Cabinda). 

Carpodinus  Jumellei  Pierre,  nom.  nud.  ;  Pierre  ex  Jum.,  cum 
descr.  —  C.  fulva  Pierre,  nom.  nud.  ;  Pierre  ex  Hall,  f.,  cum  descr. 
—  C.  Gentïlii  De  Wild.  —  C.  globulifera  K.  Sch.  —  C.  alnifolia  A. 
Chev.,  nom.  nud. 

Oubangui-Chari  :  Boukoko,  forêt,  vern.  «  molo-moto-mondo  »  (lissongo, 
liane)  et  «  masenza  »  (lissongo,  fruit),  Tisserant  1178  (7-10-1948  ;  b.  a.), 
Carp.-66  (24-4-1951  ;  fr.). 

Nouveau  pour  l’Oubangui.  Répartition  :  Cameroun  français, 
Gabon,  Congo  français,  Congo  Belge. 

Clitandra  cymulosa  Benth.  —  C.  orientalis  K.  Sch.  —  C. 
Gilletii  De  Wild.  —  Carpodinus  cymulosa  (Benth.)  Stapf.  ■ — ■  Clitan¬ 
dra  Arnoldiana  De  Wild.  —  C.  Nzunde  De  Wild.  —  C.  elastica 
A.  Chev.  —  C.  Arnoldiana  var.  Sereti  De  Wild.  • —  Landolphia  con- 
gensis  A.  Chev.,  nom.  nud.  —  Clitandra  occidentalis  A.  Chev.,  in 
syn. 

1.  Où  il  est  nouveau  :  Djoum,  vern.  «  janese  »,  «  meyong  »  et  «  yanguessa  »  (boulou), 
Hédin  1101  (17-5-1927  ;  st.). 

2.  Où  il  est  nouveau  :  Greenville,  Sim  31  bis  (1904  ;  st.). 

3.  Où  il  est  nouveau  :  de  Meiganga  à  Bétaré,  Jacques-Félix  4513  (7-1939  ;  fr.). 


—  201  — 


Oubangui-Chari  :  Boukoko,  forêt,  vern.  «  kenya  »,  «  kete  »,  «  keya  »  et 
«  mokangakanga  »  (lissongo),  Tisserant  1  (12-7-1947  ;  fl.),  36  (19-6-1948, 
st.;  —  22-7-1947;  fl.),  636  (22-1-1948  ;  fl.),  891  (24-4-1948;  fr.  j.). 

Nouveau  pour  l’Oubangui.  Répartition  :  Guinée  française,  Sierra 
Leone,  Libéria1,  Côte  d’ivoire,  Côte  de  l’Or,  Dahomey,  Nigéria, 
Cameroun,  Gabon,  Congo  français,  Congo  belge,  Angola,  Ouganda, 
Tanganyika. 

Clitanda  Staudtii  Stapf.  —  C.  Sereti  De  Wild. 

Gabon  :  Bilengué,  Le  Testu  5487  (17-9-1925  ;  fl.). 

Nouveau  pour  l’A.  E.  F.  Répartition  :  Cameroun  anglais,  Came¬ 
roun  français  2,  Congo  belge. 

Clitandra  Lacourtiana  De  Wild.  — -  C.  Kabulu  De  Wild. 

Oubangui-Chari  :  Boukoko,  forêt,  vern.  «  holo-holo  »,  «  lengenapise  », 
«  lengepete  »,  «  malomboma  »  et  «  mokangakanga  »  (lissongo),  Tisserant  65 
(30-7-1947  ;  fl.),  284  (27-9-1947  ;  fl.)  363  (18-10-1947  ;  il.),  2215  (7-9-1951  ; 
b.  a.  et  fr.),  Sillans  1609  (6-10-1949  ;  fl.). 

Gabon  :  Minguembé,  Le  Testu  8055  (27-4-1930  ;  fl.). 

Nouveau  pour  l’A.  E.  F.  Répartition  :  Congo  belge. 

Clitandra  robustior  K.  Sch.  —  Landolphia  Preussii  K.  Sch. 
ex  Dew.  —  Carpodinus  myriantha  K.  Sch.  —  Clitandra  myriantha 
(K.  Sch.)  K.  Sch.  ex  Pierre. 

Gabon  :  Oyem,  Le  Testu  9190  (10-7-1933  ;  fl.)  ;  pays  Echira,  lieux 
humides,  vern.  «  noyengo  »,  Klaine  s.  n.  (6-1895  ;  fl.)  ;  Guidouma,  Le  Testu 
5471  (28-6-1925  ;  fl.)  ;  Piti-Masango,  Le  Testu  5951  (12-6-1926  ;  fl.)  ; 
Livindé-Batchangui,  Le  Testu  6531  (29-6-1927  ;  fl.)  ;  rivière  Setté, 
Dybowski  72  (2-2-1894  ;  st.). 

Congo  français  :  Mbamou,  Chevalier  27660  bis  (3/4-8-1912  ;  st.). 

Nouveau  pour  l’A.  E.  F.  Répartition  :  Cameroun,  Congo  belge, 
Angola. 

Clitandra  MaNnii  Stapf.  —  Carpodinus  incerta  K.  Sch.  — -  C. 
exserens  K.  Sch.  —  C.  Mannii  (Stapf)  K.  Sch.  — •  C.  laxiflora 
K.  Sch.  — Aphanostylis  Mannii  (Stapf)  Pierre.  — -A.  exserens  (K.  Sch.) 
Pierre.  - —  A.  laxiflora  (K.  Sch.)  Pierre.  —  Clitandra  laxiflora 
(K.  Sch.)  Hall.  f.  —  C.  Gentilii  De  Wild.  • — -  Carpodinus  cymulosa 
fa.  laxiflora  (K.  Sch.)  A.  Chev.  - — -  Clitandra  cymulosa  fa.  laxiflora 
{K.  Sch.)  A.  Chev. 

Congo  français  :  près  de  Renéville,  Chevalier  27430  (31-7-1912  ;  fr.  j.). 

Nouveau  pour  le  Congo  français.  Répartition  :  Guinée  portu- 

1.  Où  il  est  nouveau  :  Peahtah,  forêt  primitive,  Linder  900  (5-10-1926  ;  fl.). 

2.  Où  il  est  nouveau  :  Bipindi,  Zenker  550  (4-1914  ;  fl.). 


—  202  — 


gaise,  Guinée  française,  Sierra  Leone,  Côte  d’ivoire,  Togo,  Daho¬ 
mey  1,  Nigeria  du  Sud  2,  Cameroun,  Gabon,  Oubangui-Chari,  Congo 
belge,  Angola  (Cabinda). 

Vahadenia  Laurentii  (De  Wild.)  Stapf.  —  Landolphia  Laurentii 
De  Wild.  —  L.  Laurentii  var.  grandiflora  De  Wild.  —  Vahadenia 
Laurentii  var.  grandiflora  (De  Wild.)  De  Wild. —  V.  Laurentii  fa. 
obtusifolia  De  Wild.  — •  V.  Talbotii  Wernh. 

Oubangui-Chari  :  Boukoko,  forêt,  vern.  «  isoi  »  (lissongo  des  Babingas), 
Tisserant  2372  (20-2-1952  ;  b.  j.),  2397  (26-3-1952  ;  fr.  j.). 

Gabon  :  Lastoursville,  Le  Testa  7309  (9-5-1929  ;  fl.)  ;  Tchibanga,  Le 
Testu  1862  (15-11-1914  ;  fl.)  ;  Issala,  Le  Testu  1647  (28-10-1910  ;  fl.). 

Nouveau  pour  FOubangui  et  le  Gabon.  A  été  confondu  au  Gabon 
avec  V.  Caillei  (A.  Chev.)  Stapf  ex  Hutch.  et  Dalz.  De  même  en 
Nigéria  du  Sud,  où  il  est  nouveau  3.  A  été  confondu  au  Cameroun, 
où  il  est  également  nouveau 4,  avec  Landolphia  lucida  K.  Sch. 
Répartition  :  Congo  français,  Congo  belge. 

Ancylobothrys  pyriformis  Pierre.  —  A.  robusta  Pierre.  — 
Landolphia  robusta  (Pierre).  —  L.  pyriformis  (Pierre)  Stapf.  — 
Aphanostylis  robusta  (Pierre)  Th.  et  H.  Dur.  —  Pacouria  robusta 
(Pierre)  M.  Pichon.  —  P.  pyriformis  (Pierre)  M.  Pichon. 

Oubangui-Chari  :  Boukoko,  forêt,  vern.  «  malomboma  »  et  «  mboka  » 
(lissongo),  Tisserant  554  (20-12-1947  ;  fl.),  2123  (6-6-1951  ;  fr.  j.),  2293 
(22-11-1951  ;  fl.). 

Congo  français  :  entre  Bolcoïo  et  Mouenda,  vern.  «  m’vouma  »,  Arsan- 
deau  s.  n.  (st.) .  1 

Nouveau  pour  FOubangui  et  le  Congo  français.  Répartition  : 
Gabon,  Congo  belge. 

Cylixdropsis  parvifolia  Pierre.  —  Carpodinus  parvifolia  Pierre, 
in  syn.  —  Clitandra  parvifolia  (Pierre)  Stapf.  - —  C.  Talbotii  Wernh. 

Oubangui-Chari  :  Yalinga,  Le  Testu  4713  (4-5-1923  ;  b.  a.)  ;  Boukoko, 
forêt,  vern.  «  fembe  »  (lissongo),  Tisserant  637  (22-1-1948  ;  fl.). 

Nouveau  pour  FOubangui.  Répartition  :  Nigéria  du  Sud,  Gabon, 
Congo  belge,  Angola  (Cabinda). 

Cyclocotyla  congolensis  Stapf. 

Oubangui-Chari  :  Boukoko,  forêt,  vern.  «  holo-holo  »  et  «  molo-kalabe  » 


1.  Ou  il  est  nouveau  :  réserve  de  Boltoutou,  Chevalier  22873  (28-7-1910  ;  st.)  ;  entre 
Sakété  et  Pédjilé,  Chevalier  22910  (1-2-1910  ;  st.). 

2.  Où  il  est  nouveau  :  Bénin  City,  Chevalier  (leg.  Unwin)  s.  n.  (=  Unwin  9  ;  1905  ; 
st.). 

3.  Oban,  Talbot  1634  (fl.). 

4.  Bipindi,  forêt  vierge,  Zenker  2459-a  (1902  ;  fr.). 


—  203 


(lissongo),  Tisserant  287  (29-9-1947  ;  fl.),  1355  (27-1-1949  ;  fl.),  2170 
(3-7-1951  ;  fr.). 

Congo  français  :  entre  Bokoïo  et  Mouenda,  vern.  «  ikou  »,  Arsandeau  s.  n. 
(st.) . 

Nouveau  pour  l’A.  E.  F.  Répartition  :  Cameroun  x,  Congo  belge. 

Tabernaemontana  durissima  Stapf.  —  Conopharyngia  durissima 
(Stapf)  Stapf. 

Congo  français  :  rives  de  la  Sangha,  Pobéguin  65  (2-1920  ;  fl.)  ;  Landana, 
Duparquet  s.  n.  (1876  ;  b.  m.). 

Nouveau  pour  le  Congo  français.  Répartition  :  Sierre  Leone, 
Libéria,  Côte  d’ivoire,  Côte  de  l’Or,  Nigéria  du  Sud,  Cameroun, 
Gabon,  Oubangui  2,  Congo  belge  3. 

Tabernanthe  Iboga  H.  Bn.  —  T.  albiflorcC  Stapf. 

Oubangui-Chari  :  Boukoko,  sous-bois,  Tisserant  2141  (1,6-6-1951,  fr.  ; 
—  20-7-1951,  fl.  et  fr.  j.). 

Nouveau  pour  l’Oubangui.  Répartition  :  Gabon,  Congo  belge. 

VoACANGA  ScHWEINFURTHII  Stapf,  Var.  ScHWEINFURTHII.  -  V. 

glaberrima  Wernh.  —  V.  Bequaerti  De  Wild.  ?  — ■  V.  Schweinfurthii 
var.  typica  M.  Pichon. 

Oubangui-Chari  :  Boukoko,  forêt,  vern.  «  molo-lolo  »  (lissongo),  Tisse¬ 
rant  773  (16-3-1948  ;  fl.). 

Nouveau  pour  l’Oubangui.  Répartition  :  Gabon,  Congo  français, 
Congo  belge. 

Pycnobotrya  nitida  Benth.  —  P.  multiflora  K.  Sch.  ex  Stapf. 

Oubangui-Chari  :  forêt  de  Mbaïki,  vern.  «  kalabe  »  (lissongo),  Tisserant 
3743  (3-1945  ;  fl.)  ;  Boukoko,  forêt,  vern.  «  kalabe  »  (lissongo),  Tisserant  895 
(24-4-1948;  fr.  j.),  1003  (22-6-1948  ;  fr.),  1225  (5-11-1948;  fl.),  1399 
(12-3-1949  ;  fl.),  1985  (15-1-1951  ;  fl.). 

Nouveau  pour  l’Oubangui.  Répartition  :  Cameroun  français, 
Gabon,  Congo  belge. 

Laboratoire  de  Phanérogamie  du  Muséum. 

1.  Où  il  est  nouveau  :  Bipindi,  forêt  vierge,  Zenker  2983  (1904  ;  fl.). 

2.  Signalé  à  Bangui  par  Chevalier  [Sudania,  II  (1914),  n°  11040],  mais  omis  par  le 
P.  Tisserant  [Cat.  Fl.  Oub.-Ch.  ;  in  Mém.  Inst.  Et.  Centrafr.,  II  (1950)  ]  qui  l’a  pour¬ 
tant  récolté  :  Boukoko,  forêt,  vern.  «  lolo»  (lissongo),  Tisserant  182  (18-8-1947  ;  fl.), 
266  (1-9-1947  ;  fl.). 

3.  La  présence  en  Oubangui  de  T.  penduliflora  K.  Sch.  [ Conopharyngia  penduliflora 
(K.  Sch.)  Stapf],  signalée  avec  doute  par  le  P.  Tisserant  ( loc .  cit .,  22),  se  confirme  : 
Boukoko,  forêt,  vern.  «  molo-lolo  »  (lissongo),  Tisserant  505  (2-1 2-1947  ;  fl.),  773  et 
Carp.-19  (15-5-1948;  fr.),  1308  (30-12-1948;  fl.),  1689  (20-3-1950;  fr.). 


—  204  — 


Additions  a  la  Flore  de  l’A.  E.  F.  ; 
Apocynacées-Échitoi'dées. 

Par  M.  Pichon. 


Cette  liste  fait  suite  à  celle  des  Plumérioïdées  donnée  quelques 
pages  plus  haut. 

Pleioceras  Zenkeri  Stapf. 

Gabon  :  Oyem,  Le  Testu  9475  (2-2-1934  ;  fl.). 

Nouveau  pour  l’A.  E.  F.  Répartition  :  Nigéria  du  Sud,  Cameroun. 

Alafia  Schumannii  Stapf.  —  Holalafia  Schumannii  (Stapf) 
Woodson. 

Oubangui-Chari  :  Boukoko,  forêt,  Tisserant  1388  (24-2-1949  ;  fl.) . 

Nouveau  pour  l’Oubangui.  Répartition  :  Côte  d’ivoire,  Nigéria 
du  Sud,  Cameroun,  Gabon,  Congo  belge. 

Alafia  grandis  Stapf.  —  T abernaemontana  erythrophthalma  K. 
Sch.  ex  Stapf. 

Oubangui-Chari  :  forêt  de  Mbaïki,  vern.  «  fotibi  »  (lissongo),  Tisserant 
3742  (3-1945  ;  fl.)  ;  Boukoko,  forêt,  vern.  «  fotibi  »  et  «  molo-mboka  » 
(lissongo),  Tisserant  390  (23-10-1947;  fl.),  559  (20-12-1947;  fl.),  1928 
30-10-1950;  fr.). 

Nouveau  pour  l’A.  E.  F.  Répartition  :  Cameroun  français. 

Baissea  axillaris  (Benth.)  Hua.  —  Zygodia  axillaris  Benth. 

Oubangui-Chari  :  à  60  km.  au  S  de  Bria,  forêt  de  plateau,  Tisserant 
2451  (12-3-1928  ;  fl.). 

Congo  français  :  Kitabi,  Lecomte  B-81  (12-1893  ;  fl.),  B-181  (12-1893  ; 
b.  j.). 

Nouveau  pour  l’A.  E.  F.  Répartition  ;  Dahomey 1,  Nigéria  du 
Sud,  Cameroun,  Congo  belge,  Angola. 

Baissea  ogowensis  Hua. 

Oubangui-Chari  ou  Congo  français  :  forêt  de  Baïki-Boubangui,  Boganga 
et  confluent  Oubangui-Congo,  Fidao  s.  n.  (12-1916  ;  fl.). 

Congo  français  :  Kitabi,  Lecomte  s.  n.  (fr.). 

1.  Où  il  est  nouveau  :  Dogba,  bords  de  l’Ouémé,  terrain  argileux  humide,  Le  Testu 
233  (5-1-1902  ;  fl.  et  fr.). 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  ne  2,  1953. 


—  205  — 


Nouveau  pour  le  Congo  français  et,  avec  doute,  pour  l’Oubangui. 
Répartition  :  Gabon. 

Baissea  leonensis  Benth. 

Oubangui-Chari  :  Boukoko,  forêt,  vern.  «  mombwendu  »  (lissongo), 
Tisserant  311  (4-10-1947,  fl.  ;  —  17-10-1947,  fr.  j.  ;  —  20-10-1947,  fr.). 

Nouveau  pour  l’Oubangui.  Répartition  :  Guinée  française,  Sierra 
Leone,  Libéria,  Côte  de  l’Or,  Nigéria  du  Sud,  Cameroun  *,  Gabon  2. 

Motandra  Lujaei  De  Wild.  et  Dur. 

Gabon  :  Mimvoul,  vern.  «  singôlo  »,  Cottes  s.  n.  (30-8-1906  ;  fl.). 

Nouveau  pour  l’A.  E.  F.  Répartition  :  Congo  belge. 

Oncinotis  campanulata  K.  Sch.  —  O.  glandulosa  Stapf. 

Oubangui-Chari  :  Boukoko,  forêt,  vern.  «  molo-tiki  »  (lissongo),  Tisse¬ 
rant  184  (1-9-1947  ;  fl.),  444  (6-11-1947  ;  fr.  j.  ;  détermination  douteuse), 
915  (13-5-1948  ;  fl.),  1072  (10-8-1948  ;  fl.),  Carp.-20  (31-5-1948  ;  fr.), 
Carp.-62  (12-1950;  fr.). 

Nouveau  pour  l’Oubangui.  Répartition  :  Guinée  française,  Côte 
de  l’Or,  Nigéria,  Cameroun,  Gabon,  Congo  belge. 

Oncinotis  hirta  Oliv. 

Oubangui-Chari  :  Mbaïki,  près  de  la  mission,  dans  les  buissons,  Tisse¬ 
rant  3783  (3-7-1947  ;  fl.)  ;  Boukoko,  forêt  claire,  vern.  «  wali-tiki  »  (lis¬ 
songo),  Tisserant  317  (6-10-1947  ;  fl.). 

Nouveau  pour  l’Oubangui.  Répartition  :  Gabon,  Congo  français, 
Congo  belge,  Angola  3. 

Laboratoire  de  Phanérogamie  du  Muséum. 

1.  Où  il  est  nouveau  :  Bipindi,  forêt  vierge,  Zenker  3674  (1908  ;  fl.). 

2.  11  existe  dans  l’Oubangui  au  moins  deux  autres  espèces  de  Baissea ,  que,  faute  de 
matériel  de  comparaison,  nous  n’avons  pu  déterminer  avec  certitude.  L’une  ressemble 
beaucoup  à  B.  caudiloba  Stapf  [Boukoko,  bord  de  forêt,  Tisserant  1180  (7-10-1948  ; 
fr.  j.),  1423  (31-3-1949  ;  fl.),  2099  (9-5-1951  ;  fr.  j.)],  l’autre  à  B.  Welwitschii  (H.  Bn.) 
Stapf  ex  Hiern  [Boukoko,  bord  de  forêt,  Tisserant  533  (7-10-1948  ;  fr.  j.)]. 

3.  La  présence  en  Oubangui  de  Y  O.  gracilis  Stapf,  signalée  avec  doute  par  le  P. 
Tisserant  [Cat.  Fl.  Oub.-Ch.  ;  in  Mém.  Inst.  Et.  Centrafr.,  II  (1950),  22],  se  confirme  : 
Boukoko,  forêt  claire,  vern.  «  molo-bilibo  »,  Tisserant  788  (19-3-1948)  ;  fl.) 

Il  existe  encore  en  Oubangui  un  autre  Oncinotis ,  seul  de  son  espèce  dans  l’herbier 
du  Muséum,  et  qui  semble  cadrer  parfaitement  avec  la  diagnose  de  l’O.  obovata  De 
Wild.,  du  Congo  belge  :  Boukoko  bord  de  forêt,  Tisserant  376  (16-10-1947  ;  fl.). 


—  206  — 


Essai  sur  les  Polycarpaea  annuels  de  vA.  O.  F. 
a  feuilles  linéaires. 

Par  le  R.  P.  Berhaut. 


La  question  des  Pylocarpaea  est  très  délicate  :  si  on  essaie  d’en 
faire  des  groupes,  on  est  obligé  de  se  baser  à  chaque  fois  sur  des 
caractères  différents.  Il  est  cependant  certain  qu’il  y  a  plusieurs 
espèces  distinctes,  à  caractères  constants,  même  quand  les  espèces 
apparemment  voisines  se  trouvent  dans  le  même  milieu  naturel.  Il 
ne  serait  pas  juste  d’en  faire,  pour  tous  les  cas,  une  série  de  variétés 
dépendant  de  la  même  espèce.  On  assiste  peut-être  à  une  mutation 
et  à  une  fixation  de  certaines  espèces. 

Prenons  comme  premier  point  de  départ  la  couleur.  Il  y  a  des 
espèces  roux-ferrugineux  et  des  espèces  argentées. 

A.  - —  Espèces  roux-ferrugineux  : 

1°  Polycarpaea  djalonis  A.  Chev.  (=  P.  Corymbosa  Hutch.  et 
Chev.,  non  Lamarck  ;  =  P.  holliensis  Chev.). 

Le  Professeur  Chevalier  (I,  p.  311)  a  eu  raison  de  séparer  cette 
espèce  qui  était  considérée  jusqu’ici  comme  une  variété  du  P. 
corymbosa  Lam.  Elle  en  diffère  bien.  C’est  une  petite  plante  diffuse,  à 
rameaux  filiformes,  à  fleurs  rouge- flamme  plus  ou  moins  agglomérées 
au  sommet  des  dernières  ramifications.  Les  sépales  ferrugineux  sont 
courts,  1  mm.  5  environ,  glabres,  à  sommet  cunéiforme  ou  acuminé  ; 
les  anthères  sont  ovales,  les  pétales  suboblongs.  On  trouve  cette 
espèce  sur  les  dalles  latériques  de  l’A.  O.  F. 

Les  sépales  sont  plus  ou  moins  aigus  ou  acuminés,  la  pubescence 
plus  ou  moins  dense  sur  les  tiges,  mais  il  ne  semble  pas  possible  de 
la  séparer,  avec  le  Prof.  Chevalier,  en  3  espèces  distinctes,  djalonis, 
corymbosa,  et  holliensis. 

(Chev.  2708,  6139,  6426  ;  Pobéguin  323,  2031  ;  Tisserant  247  ; 
Berhaut  1282,  1928,  1946). 

2°  Polycarpaea  darbandensis  A.  Chev.  Cette  espèce  se  distingue 
de  la  précédente  par  ses  sépales  deux  fois  plus  longs,  2  mm.  5.  à 
3  mm.,  les  pétales  oblongs,  profondément  échancrés  au  sommet,  les 
anthères  orbiculaires,  le  port  plus  trapu,  la  rosette  radicale  de  feuilles 
obovales  presque  persistante.  Jusqu’ici  cette  espèce  n’est  connue 
que  de  l’Oubangui  (Chev.  6645,  6645  bis  ;  Tiss.  1603). 

Le  P.  corymbosa  Lam.  peut  avoir  un  aspect  rufescent,  mais  la 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


—  207  — 


forme  typica  en  corymbe  diffus,  existe  peu  en  A.  O.  F.  On  la  recon¬ 
naîtrait  à  ses  sépales  longs  de  2  mm.  5  à  3  mm.  ;  ses  anthères  orbi- 
culaires  arrivant  au  sommet  des  pétales,  ses  pétales  courts,  arrondis. 

B.  —  Espèces  argentées  (parfois  le  sommet  des  sépales  rufescent)  : 

I.  —  Espèces  à  sépales  villeux  ou  pubescents  :  il  en  existe  deux, 
à  sépales  blanc-argenté  : 

3°  Polycarpaea  eriantlia  Hochst.  Cette  espèce  est  admise  par  tous 
les  auteurs  récents  (I,  p.  312  ;  2,  p.  112  ;  3,  p.  144).  C’est  une  petite 
plante  haute  de  5  à  15  cm.,  souvent  très  ramifiée,  en  corymbe 
formant  une  calotte  plus  large  que  haute  dont  les  bords  retombent 
parfois  jusqu’à  terre.  Les  sépales  longs  de  2  mm.  5  à  3  mm.  5,  à 
sommet  acuminé,  sont  villeux  extérieurement  ;  les  anthères  sont 
orbiculaires,  les  pétales  arrondis.  Au  Sénégal,  à  peu  près  le  même 
habitat  que  le  P.  djalonis  (Heudelot  135  ;  Pob.  459  ;  Chev.  2707, 
24907  ;  Tiss.  248  ;  Berh.  1283,  1937.) 

4°  Polycarpaea  Pobeguini  sp.  nov.  Cette  espèce  qui  fréquente 
également  les  dalles  latéritiques  semble  plus  rare.  J’en  ai  un  exem¬ 
plaire  du  Sénégal,  les  autres  du  Muséum  de  Paris  ont  été  récoltés 
en  Guinée  par  Pobéguin.  Plante  haute  de  10  à  20  cm.,  parfois 
très  ramifiée.  Les  sépales  pubescents  sont  cunéiformes  et  courts, 
1  mm.  à  1  mm.  5  ;  les  anthères  presqu’orbiculaires,  le  filet  à  peine 
plus  long  (Pob.  2030  ;  Berh.  526).  Je  ne  l’ai  trouvée  signalée  nulle 
part.  En  voici  la  description  : 

Herba  annua.  Caules  15-25  cm.  longi,  lineares,  puberuli,  erecti  vel 
dichotomo-dijjusi,  internodis  1-2  cm.  longis.  Folia  linearia,  1-2  cm.  longa, 
1-2  mm.  lata,  glabraf  vel  sublus  vix  puberula  ;  stipulis  scariosis  leviter 
carinatis.  Inflorescentiae  argenteae  glomerulose  congestaé  in  summitatibus 
ramulorum.  Flores  minimi,  sepalis pubescentibus,  ovalibus,  apice  acuminato, 
1  mm.  5.  longis;  bracteis  similibus  ;  petalis  oblongis  apice  rotundo  vel 
leviter  emarginato,  vix  1  mm.  longis  ;  staminibus  petalorum  dimidium 
aequantibus  vel  parum  superantibus  ;  antheris  ovatis  minimis  paulo  fila- 
mentis  inferioribus.  Ovarium  immaturum  globulosum,  stigmate  breviter 
stipitato. 

IL  —  Espèces  argentées  à  sépales  glabres  (parfois  tiquetés  de  roux 
ou  sommet  rufescent)  : 

Dans  ce  groupe  se  trouvent  les  espèces  corymbosa  Lam.,  glabrifolia 
DC.,  linearifolia  DC,  grandiflora  Chev.  stellata  DC  et  gamopetala  (?). 

On  peut  d’abord  éliminer  le  P.  grandiflora,  issu  du  P.  corymbosa 
var.  grandiflora  Pax,  mais  basé  sur  des  données  inexactes.  Pax 
(4,  p.  589)  lui  attribue  des  sépales  longs  de  5  mm.  à  5  mm.  5.  J’ai 
pu  examiner  au  Muséum  de  Paris  trois  des  exemplaires  cités  par 
Pax  :  Schimper  149,  Schweinfurth  2366  et  Drège,  sans  n°,  donné 
comme  P.  stricta  E.  M.  Dans  ces  spécimens,  les  sépales  ne  dépassent 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


14 


—  208  — 


pas  3  mm.  1/4  :  il  y  a  loin  de  là  à  5  mm.  ou  5  mm.  5  ;  Pax  a  dû  y 
ajouter  les  bractées  des  pédicelles.  Les  numéros  cités  appartiennent 
nettement  au  P.  corymbosa  Lam.  et  coïncident  exactement  avec  le 
dessin  de  Wight  (5,  pl.  712  et  n°  712)  qui  dit  au  début  de  l’ouvrage  : 
«  Entre  cette  (plante)  et  le  P.  spadicea  (=  corymbosa )  je  n’ai  pas 
réussi  à  trouver  un  bon  caractère  distinctif.  »  . 

Pour  ceux  qui  restent,  on  peut  en  faire  deux  catégories  : 

—  Inflorescences  en  capitules  terminaux  globuleux,  sphériques  ou 
hémisphériques. 

—  Inflorescences  en  corymbes  plus  ou  moins  diffus,  ou  en  capi¬ 
tules  anguleux,  irréguliers. 

1°  Capitules  sphériques  ou  hémispîiériques  (ayant  un  peu  l’appa¬ 
rence  du  Bouton  d’argent,  ou  Achillea  Ptarmica)  : 

a)  Sépales  ne  dépassant  pas  3  mm.  5  de  long  : 

5°  Polycarpaea  linearifolia  DC.  Les  sépales  ne  dépassent  pas 
3  mm.  de  long,  le  sommet  cunéiforme  est  rarement  acuminé.  (La 
description  et  le  dessin  d’HuTCHiNSON  (2,  fig.  40)  viennent  d’une 
confusion  avec  l’espèce  suivante).  Les  pétales  sont  oblongs  attei¬ 
gnant  à  peu  près  la  moitié  des  sépales  (parfois  le  sommet  est  replié 
dans  les  plantes  sèches)  ;  les  anthères  sont  oblongues,  le  sommet 
arrivant  à  mi-pétale,  les  filets  courts,  une  fois  et  demie  environ  la 
longueur  de  l’anthère  ;  les  feuilles  linéaires  sont  généralement  vil¬ 
leuses  dessous  (Perr.  690  ;  Chev.  2340,  23064  ;  Trochain  273,  286, 
687,  852;  Berh.  (581,  1933,  1951). 

6°  Polycarpaea  corymbosa  Lam.  var.  pseudolinearifolia  var.  nov. 
(=  glabrifolia  DC.  partim).  Le  P.  corymbosa  Lam.,  très  variable  de 
port,  va  jusqu’à  imiter  parfaitement  l’aspect  extérieur  du  P.  linea¬ 
rifolia.  Mimétisme  végétal  ?  C’est  ce  qui  a  porté  quelques  auteurs  à 
penser  que  les  P.  Linearifolia  et  glabrifolia  de  DC.  étaient  une  seule 
et  même  espèce.  Richard  le  premier,  dans  sa  Flore  d’Abyssinie 
(6,  p.  303)  dit  :  «  Les  deux  espèces  nommées  P.  glabrifolia  et  P.  linea¬ 
rifolia  ne  me  paraissent  pas  devoir  être  distinguées  l’une  de  l’autre. 
En  effet  la  seule  différence  qu’on  signale  entre  elles  consiste  spéciale¬ 
ment  dans  les  feuilles  qui  seraient  glabres  dans  la  première  et  pubes- 
centes  dans  la  seconde  ».  Oliver  (7,  p.  146),  après  avoir  cité  des 
récoltes  de  P.  linearifolia  provenant  du  Sénégal  et  de  l’Abyssinie, 
ajoute  en  remarque  :  «  Probablement  une  variété  globuleuse  du  P. 
corymbosa  ».  La  remarque  de  Richard  et  d’OLivER  est  juste  pour  les 
exemplaires  d’Abyssinie  mais  non  pour  tous  ceux  du  Sénégal, 
comme  nous  allons  le  voir. 

Pax  (4,  p.  591)  dit,  qu’ayant  eu  en  mains  un  matériel  considé¬ 
rable,  il  a  pu  juger  qu’il  n’y  avait  aucune  différence  entre  le  P. 
linearifolia  et  le  P.  glabrifolia.  Le  matériel  à  sa  disposition  était 
peut-être  important,  mais  provenant  surtout  d’Abyssinie,  d’après 


—  209 


les  numéros  cités.  Or,  quoique  tous  ces  numéros  d’Abyssinie  présents 
au  Muséum  de  Paris  soient  déterminés  linearifolia  depuis  1839, 
tous  sans  exception  sont  des  glabrifolia.  Un  seul  numéro  cité  par 
Pax  est  un  linearifolia,  c’est  Barter  559,  récolté  en  Nigeria. 

D’après  les  exemplaires  présents  au  Muséum  de  Paris,  l’aire  du 
P.  linearifolia  serait  la  suivante  :  Mauritanie,  Sénégal,  Soudan, 
Guinée,  Togo,  Dahomey,  Nigeria,  Niger  :  donc  l’A.  O.  F.  propre¬ 
ment  dire. 

Voici  un  tableau  comparé  des  caractères  spécifiques  de  ces  deux 
espèces  : 


P.  corymb.  var.  Pseudolinearifolia. 

Anthères  orbiculaires,  petites,  arri¬ 
vant  à  peu  près  au  sommet  des 
pétales. 

Filet  3-4  fois  la  longueur  de  l’an¬ 
thère. 

Pétales  courts,  arrondis  ou  ovales. 

Sépales  à  sommet  souvent  rufes- 
cent  ou  tiquetés  de  roux, 

Sommet  des  sépales  généralement 
acuminé,  presque  sétacé. 

Lorsque  les  sépales  sont  blancs  ils 
ont  presque  toujours  un  aspect 
luisant  moiré. 

Feuilles  généralement  glabres  des¬ 
sous. 


P.  linearifolia. 

Anthères  oblongues  arrivant  à  mi- 
pétales. 

Filet  1  fois  1/2  à  2  fois  la  longueur 
de  l’anthère. 

Pétales  oblongs,  la  moitié  des 
sépales. 

Sépales  jamais  rufescents. 

Sommet  des  sépales  généralement 
cunéiforme. 

Sépales  généralement  blanc  mat. 

Feuilles  généralement  villeuses  des¬ 
sous. 


Il  n’est  donc  pas  juste  de  dire  que  la  principale  différence  réside 
dans  les  feuilles. 

Avec  un  peu  d’habitude  on  distingue  les  deux  espèces  presqu’à 
coup  sûr  au  premier  coup  d’œil  ;  une  inspection  des  anthères  et  des 
pétales  donne  la  certitude. 

De  Candolle  donne  un  dessin  de  ces  deux  espèces  (8,  pl.  V  et  VI)  : 
le  capitule  du  glabrifolia  est  flou,  le  détail  de  la  fleur  est  bien  ;  les 
pétales  du  linearifolia  sont  bien  marqués,  les  anthères  manquent  de 
longueur.  Thonner  (9,  pl.  46)  veut  donner  un  dessin  du  linearifolia, 
mais  le  détail  de  la  fleur  indique  un  glabrifolia  ;  de  même  Hut- 
chinson  (2,  fig.  40)  donne  un  bon  dessin  du  glabrifolia  et  non  lineari¬ 
folia  :  ce  qui  fait  que  l’observation  de  Balle  sur  le  P.  linearifolia 
n’est  pas  exacte  (3,  p.  148),  cette  observation  étant  basée  sur  le 
dessin  d’HuTCHiNsoN. 

P.  corymbosa  Lam.  var.  pseudolinearifolia,  var.  nov. 

A  typo  differt  inflorescentiis  hemisphericis  vel  globosis,  omnino  similibus 
his  P.  linearifoliae.  Ab.  hac  differt  petalis  brevibus  rotundis  vel  ovalibus, 


—  210  — 


filamentis  lorigioribus,  antheris  minimis  orbicularibus ,  necnon  sepalis 
lucescentibus  acumine  acutiore  vel  setaceo  saepe  rufescente. 

(Heud.  225  ;  Talmy  21  ;  Wailly  4434,  4436,  5231  ;  Chev.  in  Herb. 
Miss,  et  Biog.  Acr.  316,  586,  106  ;  Troch.  332,  4867  ;  Berh.  530. 
Tous  les  spécimens  d’Abyssinie  à  tête  globuleuse. 

b)  Sépales  atteignant  5  mm.  5  de  long  : 

7°  Polyearpaea  gamopetala  (sp.  nov.  ?).  Cette  plante  n’est 
certainement  pas  indigène  au  Sénégal,  tout  au  plus  pourrait-elle 
provenir  d’un  jardin.  Si  je  la  mentionne  c’est  parce  qu’elle  se  trouve 
au  Muséum  collée  sur  une  feuille,  avec  un  P.  glabrifolia  du  Sénégal 
(Perr.  687)  et  porte  l’étiquette  :  «  P.  linearifolia  ?  DC,  Sénégal  ?  Ex- 
herb.  DC.  Herb.  Moquin-Tandon.  » 

Je  pensai  d’abord  au  grandiflora  de  Pax,  car  ici  les  sépales  ont 
vraiment  5  mm.  de  long.  L’examen  des  spécimens  cités  par  Pax 
me  détrompa.  L’analyse  de  la  fleur  révèle  une  corolle  gamopétale, 
avec  étamines  soudées  jusqu’au  sommet,  style  très  long  dépassant 
les  sépales.  L’espèce  rentre  donc  dans  la  section  «  Planchonla  »  qui 
ne  se  trouve  guère  représentée  qu’en  Australie.  (10,  p.  154).  N’ayant 
pu  trouver  quoi  que  ce  soit  qui  s’y  rapporte  ni  dans  l’Herbier  du 
Muséum,  ni  dans  les  Flores  d’Australie,  je  la  décris  à  tout  hasard  : 
elle  pourra  être  reconnue  par  les  spécialistes  de  ces  régions  et  je 
serais  heureux  d’en  avoir  des  nouvelles.  (Voir  à  la  fin  de  l’article). 

2)  Inflorescences  en  corymbes  plus  ou  moins  lâches,  en  racèmes, 
ou  en  capitules  anguleux,  irréguliers. 

8°  Polyearpaea  corymbosa  Lam.  Cette  espèce  (ainsi  que  ses  deux 
variétés  glabrifolia  et  pseudolinearifolia)  a  les  sépales  longs  de 
2  mm.  5  à  3  mm.  (3  mm.  5  au  plus)  leur  sommet  généralement 
acuminé-sétacé,  à  tendance  souvent  rufescente  ;  les  pétales  sont 
courts,  arrondis,  les  anthères  petites,  orbiculaires,  le  filet  3-4  fois 
la  longueur  de  l’anthère.  La  forme  typique  de  Ceylan,  décrite  par 
Lamarck,  est  en  corymbe  plus  ou  moins  diffus  et  étalé,  plus  ou 
moins  souple  ou  rigide  (5,  pl.  712).  C’est  plutôt  la  forme  rigide  que 
nous  avons  en  A.  O.  F.  (Chev.  6531  bis),  mais  surtout  les  variétés 
suivantes  : 

a)  P.  corymbosa  var.  pseudolinearifolia  (voir  plus  haut,  n°  6)  ; 

b)  P.  corymbosa  var.  glabrifolia  DC.  nov.  comb.  (=  P.  glabrifolia 
DC.  partira.;  —  P.  corymbosa  Lam.  var.  contracta  Balle).  La  descrip¬ 
tion  de  De  Candolle  (11,  p.  374)  indique  une  inflorescence  agglo¬ 
mérée,  capitée,  mais  son  dessin  (8,  pl.  5)  laisse  entrevoir  un  glomé- 
rule  divisé  :  il  s’agirait  donc  des  corymbes  denses,  anguleux,  à  base 
en  forme  d’Y.  Evidemment  le  terme  de  glabrifolia  correspond  mal  à 
ce  caractère,  mais  le  nom  de  De  Candolle  a  priorité.  A  part  la 


—  211  — 


forme  de  l’inflorescence,  on  ne  peut  trouver  aucun  caractère  floral 
qui  la  distingue  du  corymbosa  Lam.,  et  on  trouve  toutes  les  transi¬ 
tions  d’inflorescences  jusqu’au  corymbe  lâche.  On  ne  peut  donc 
en  faire  qu’une  variété  : 

A  typo  differt  inflorescentüs  congestis,  1-2  cm.  latis,  angulatis. 
(Perr.  687,  353  ;  Pob.  557  ;  Tiss.  708  ;  Chev.  33910,  6597,  42792, 
Berh.  1943,  1284,  1935). 

Ces  deux  variétés  appartiennent  nettement  au  P.  corymbosa  par 
.  leur  fleur  et  leur  tendance  souvent  rufescente.  Mais  je  ne  pense  pas 
qu’il  soit  utile  de  nommer  d’autres  formes  intermédiaires,  sinon  il 
faudrait  presque  donner  un  nom  à  chaque  individu. 

9°  Polycarpaea  linearifolia  DC.  var.  racemosà  var.  nov.  Cette 
plante  que  j’ai  récoltée  au  Sénégal  a  tous  les  caractères  floraux  du 
linearifolia,  à  part  l’inflorescence  qui  est  en  racèmeë  dressés,  axil¬ 
laires  ou  terminaux  avec  quelques  glomérules  axilaires  corymbi- 
formes,  pauciflores  : 

A  typo  differt  inflorescentüs  elongatis,  racemis  axillaribus  vel 
terminalibus,  cymis  subsessilibus  subtrifloris,  haud  globosis  (Berh.  529). 

10.  - —  Polycarpaea  stellata  DC.  (=  P.  corymbosa  Lam.  var.  effusa 
Hutch.).  Il  en  existe  deux  exemplaires  au  Muséum  de  Paris,  l’un  du 
Dahomey  (Chev.  25120),  l’autre  de  Nigéria  (Barter808).  Ce  dernier 
avait  d’abord  été  déterminé  correctement  par  Kew.  ;  c’est  par 
erreur  qu’HuTCHiNSON  l’a  classé  dans  les  corymbosa.  Les  sépales 
sont  glabres,  longs  de  2  mm.  à  peine,  sommet  en  coin,  une  macule 
pourpre  à  la  base  dorsale  ;  les  pétales  oblongs  ont  le  sommet  plus  ou 
moins  cunéiforme  et  atteignent  les  2/3  des  sépales,  les  anthères  sont 
ovales  ou  ovalo-oblongues,  à  filet  court.  Cette  espèce  a  le  port  du 
P.  eriantha  dont  les  caractères  floraux  la  séparent. 

M.  Baehni,  Directeur  du  Conservatoire  et  Jardin  Botaniques  de 
Genève,  a  eu  l’obligeance  de  me  communiquer  2  fleurs  prélevées 
sur  l’échantillon  de  Thonning  (Guinée)  d’après  lequel  a  été  décrit  le 
stellata.  Les  caractères  sont  les  mêmes  :  pétales  oblongs  (un  peu 
ratatinés),  anthères  oblongues,  sépales  glabres  avec  macule  dorsale 
moins  forte. 

En  Mauritanie  on  peut  trouver  3  autres  espèces  dont  les  sépales 
ne  sont  scarieux  que  sur  la  marge.  Ce  sont  les  Polycarpaea  nivea 
(Aït)  Webb.  ;  P.  repens  (Forsk.)  Asch.  et  Schw.  (=  Corrigiola  repens 
Forsk.  =  P.  fragilis  Del.)  ;  et  le  P.  prostrata  Decne  (=  alsine  pros- 
tata  Forsk.  =  Robbairea  prostata  (Forsk.)  Boiss.  =  Polycarpon 
prostratum  Pax)  (12,  p.  310).  Dans  la  Flore  du  Congo  Belge  (3, 
p.  148)  c’est  par  erreur  que  le  Polycarpon  prostratum  Pax  est  donné 
comme  synonyme  de  Polycarpon  depressum  (L.)  Rohrb.  (=  P.  Loe- 
flingii  Benth.). 

En  terminant  je  dirai  comme  Oliver  :  J’ai  consacré  un  temps 


—  212  — 


considérable  aux  espèces  de  l’Afrique  tropicale,  et  cependant  je 
ne  prétends  pas  avoir  donné  une  solution  définitive.  Puissè-je  y  avoir 
apporté  un  peu  de  lumière. 

P.  gamopetala  (sp.  nov.  ?) 

Herba  annua  (?)  Caules  1-7  e  basi  enascenles,  simplices,  glabri,  lineares, 
erecti,  8-20  cm.  longi,  internodis  1-3  cm.  longis.  Folia  glabra,  radicalia  oblan- 
ceolata  vel  spathulata ,  5-15  mm.  longa,  3-6  mm.  lata,  gradatim  in  petiolum 
altenuata,  apice  obtuso  ;  caulinia  linearia,  5-12  mm.  longa,  1  mm.  lata, 
subulata,  stipulis  scariosis,  acuminatis,  apice  setaceo.  Inflorescêntiae 
globoso-capitatae  usque  ad  2  cm.  5  latae.  pedicellis  occultis,  bracteis  griseo- 
argenteis,  marginibus  laciniatis.  Sepala  glabra,  griseo  argentea,  lanceolata, 
5-5mm.5  longa,  apice  vix  acuto,  linea  rufescente  dorsaliler  ornata,  incons- 
picue  carinata.  Corolla  gamopetala,  3  mm.  5-4  mm.  longa,  quinque  petalis 
altius  inter  se  connexis,  apicibus  tantum  distinctis  cum  staminibus  alternan- 
tibus  ;  filamentis  corollae  adnexis,  apice  libero  ;  antheris  usque  ad  1  mm., 
summitatem  corollae  aequantibus  vel  vix  superantibus.  Ovarium  oblongum 
3  mm,  3  —  valvatum,  stylo  longissimo  coronatum  usque  ad  summum  sepa- 
lorum  attingente,  stigmate  breviter  trifido.  Semina  5-7,  ovalia,  minute 
rugoso-punctata,  basi  cuneata. 

Laboratoire  de  Phanérogamie  du  Muséum. 

INDEX  BIBLIOGRAPHIQUE 

1.  —  Chevalier  (A.),  Flore  vivante  de  l’A.  O.  F.  (1938),  p.  307  à  314. 

2.  —  Hutciiinson  et  Dalziel,  Flora  of  West  Tropical  Africa  (1928) 

1  p.  112-113. 

3.  —  Balle,  in  Flore  du  Congo  Belge  (1951),  II,  p.  140  à  148. 

4.  —  Pax,  in  Engler,  Botanische  Jahrbücher  (1893),  XVII,  p.  589  à  592. 

5.  —  Wight,  Icônes  Plantarum  Indiae  orientalis  (1843),  II,  pl.  712  et 

Explanation  of  Plates  n°  712. 

6.  —  Richard,  Tentamen  Florae  Abyssinicae  (1843),  1,  p.  303. 

7.  —  Oliver,  in  Flora  of  Tropical  Africa  (1868),  1,  p.  146. 

8.  —  De  Candolle,  Collection  de  Mémoires,  4e  Mémoire  sur  les  Parony- 

chiées,  pl.  V.  et  VI. 

9.  —  Thonner,  Die  Blütenpflanzen  Afrikas  (1918),  pl.  46. 

10.  —  Bentham  et  Hooker,  Généra  Plantarum  (1867),  p.  154. 

11.  —  De  Candolle,  Prodromes  (1828),  III,  p.  374. 

12.  —  Pax  et  Hoffmann,  in  Natürliche  Pflanzenfamilien  16°  (1934), 

p.  310. 


213  — 


Caractères  dentaires  juvéniles  chez  des  Rynchocéphales 

JURASSIQUES,  TlIERETAIRUS  ET  LEPTOSAURUS. 

Par  Robert  Hoffstetter. 

Au  cours  de  la  vie  embryonnaire  et  juvénile,  la  dentition  des 
Rhynchocéphales  subit  d’importants  changements,  qui  n’ont  pas 
été  pris  en  considération  par  les  paléontologistes.  Il  en  est  résulté 
quelques  erreurs,  qui  ont  conduit  à  la  création  d’espèces  et  de 
genres  dont  les  caractères  «  diagnosiques  »  sont  en  réalité  des  traits 
juvéniles.  Il  est  donc  utile  de  rappeler  les  données  acquises  sur 
Sphenodon  pour  en  tirer  quelques  enseignements  en  Paléontologie. 
L’interprétation  des  faits  nécessite  en  outre  la  connaissance  de  la 
théorie  de  Bolk  sur  la  distichodontie  des  Reptiles. 

L’idée  fondamentale  de  Bolk  (1912),  critiquée  par  Adloff,  mais 
corrigée  et  défendue  par  Woerdeman  (1919-21),  est  que  la  dentition 
des  Reptiles  est  double,  même  lorsque  les  dents  sont  apparemment 
disposées  en  une  seule  fde.  Pour  la  qualifier,  les  auteurs  utilisent  le 
terme  «  distichisch  »,  que  l’on  peut  traduire  distique,  ou  mieux  dis- 
tichodonte.  Dans  cette  conception,  la  dentition,  sur  un  os  déter¬ 
miné,  comprend  2  files  parallèles  (2  odontostichos),  l’une  un  peu 
plus  labiale  (exostichos),  l’autre  un  peu  plus  linguale  (endostichos)  ; 
leurs  éléments  respectifs  sont  décalés  longitudinalement,  de  sorte 
qu’une  dent  d’un  odontostichos  se  trouve  en  face  d’un  intervalle 
de  l’autre.  Dans  chaque  file,  les  dents  se  forment  d’abord  en  avant, 
puis-  la  série  progresse  vers  l’arrière.  Des  dents  de  remplacement 
interviennent  ;  leur  développement  s’effectue  d’avant  en  arrière 
pour  chaque  file  ;  mais,  dans  un  espace  donné,  le  remplacement 
intéresse  successivement  l’un  ou  l’autre  des  deux  odontostichos. 

La  distichodontie  est  évidente  chez  un  jeune  Sphenodon,  où  les 
2  odontostichos  sont  formés  par  des  dents  de  tailles  différentes, 
grosses  dans  une  file  et  petites  dans  l’autre  ;  mais  les  deux  séries, 
bien  décalées  transversalement,  sont  si  proches  qu’on  pourrait  croire 
à  une  seule  file  d’éléments  alternativement  gross  et  petits.  Chez 
beaucoup  de  Reptiles,  les  dents  des  2  odontostichos  sont  sensible¬ 
ment  de  même  taille,  et  les  éléments  de  l’un  se  logent  dans  les 
intervalles  de  l’autre,  simulant  une  série  unique  ;  cependant,  la 
distichodontie  originelle  est  décelable  par  l’alternance  du  rempla¬ 
cement  des  dents  :  dans  un  espace  et  à  un  moment  donnés,  ce 
sont  par  exemple  les  dents  d’ordre  impair  qui  sont  fonctionnelles, 
tandis  que  les  dents  d’ordre  pair  sont  en  cours  de  remplacement  ; 

Bulletin  du  Muséum,  2°  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


—  214  — 


mais  la  régularité  du  phénomène  n’est  pas  sensible  sur  toute  la 
longueur  de  la  série. 

A.  —  Sphenodon  punciatus  Gray  1831.  Faune  actuelle  de  la 
Nouvelle-Zélande.  Le  développement  et  la  succession  des  dents  de 
Sphenodon  sont  connus  grâce  aux  travaux  de  Howes  et  Swinner- 
ton  (1901)  et  surtout  de  Harrison  (1901,  1902)  ;  Woerdeman 
(1921),  suivi  par  Wettstein  (1931),  en  a  corrigé  l’interprétation.  Il 
subsiste  quelques  contradictions  et  imprécisions  dans  la  connais¬ 
sance  détaillée  des  faits,  mais  les  lignes  générales  sont  assez  bien 
établies. 

Chez  l’adulte,  les  os  dentigères  sont  les  prémaxillaires,  maxillaires, 
palatins,  dentaires,  et  éventuellement  prévomers.  Plusieurs  denti¬ 
tions  se  succèdent  (polyphyodontie,  classique  chez  les  Reptiles).  Mais 
ici,  on  note  un  gros  retard  dans  l’apparition  de  certains  éléments, 
de  sorte  que  diverses  phases  se  chevauchent  dans  le  temps.  On  peut 
cependant  reconnaître  3  termes  dans  la  succession  :  1°  une  dentition 
embryonnaire  (plusieurs  selon  Woerdeman),  qui  subit  une  résorp¬ 
tion  sans  avoir  été  fonctionnelle  ;  2°  une  dentition  fonctionnelle 
fondamentale,  double  en  avant  et  simple  en  arrière,  qui  apparaît 
durant  la  dernière  phase  de  l’incubation  et  poursuit  son  développe¬ 
ment  jusqu’à  l’âge  subadulte  ;  et  3°  des  dents  de  remplacement, 
limitées  à  la  partie  antérieure  des  séries,  et  qui  se  mettent  en  place 
durant  l’adolescence. 

1°  Dentitions  embryonnaires  abortives  (I  de  Harrison).  La  vie 
embryonnaire  de  Sphenodon  dure  13  mois.  Dès  le  3e  mois  de  l’in¬ 
cubation,  apparaissent  des  germes  dentaires,  formés  immédiate¬ 
ment  sous  l’épiderme.  Selon  Harrison  (1902),  on  en  compte,  de 
chaque  côté,  9  à  la  mâchoire  supérieure,  1  au  palatin  et  8  à  la  mandi¬ 
bule.  Woerdeman  y  reconnaît  déjà  une  disposition  distichodonte, 
les  éléments  d’ordre  pair  étant  plus  précoces  et  plus  externes  que 
les  impairs  (fig.  1  a).  Ces  organes  n’acquièrent  pas  de  rapports  avec 
les  pièces  osseuses  ;  ils  se  résorbent  avant  l’éclosion.  Harrison 
(1902)  y  voit  le  souvenir  d’un  état  ancestral  où  l’éclosion  aurait  eu 
lieu  après  4  mois  d’incubation,  et  cette  vue  semble  confirmée  par 
l’acquisition,  déjà  réalisée  à  ce  stade,  de  la  «  dent  de  l’œuf  »  (ou  plus 
exactement,  dans  ce  cas,  d’une  «  callosité  de  l’œuf  »  =  Eischwiele), 
et  d’une  livrée  particulière  qui  devait  être  celle  du  jeune,  mais  qui 
se  modifiera  chez  l’animal  actuel,  avant  son  éclosion  «  retardée  ». 
Cette  hypothèse,  intéressante  du  point  de  vue  paléontologique, 
suppose  l’existence  de  Rhynchocéphales  fossiles  dont  les  jeunes 
seraient  munis  de  cette  première  dentition  à  l’état  fonctionnel.  Elle 
a  cependant  beaucoup  perdu  de  sa  force,  depuis  que  divers  auteurs 
ont  mis  en  évidence  la  présence  de  dentitions  abortives  chez  tous  les 
Reptiles  actuels,  sauf  les  Tortues.  Pour  Woerdeman,  il  s’agirait 


—  215  — 


de  rudiments  de  dents  formées  superficiellement  par  la  muqueuse  ; 
ces  dents  auraient  été  fonctionnelles  chez  les  ancêtres  des  Reptiles, 
mais  il  faut  sans  doute  entendre  que  ce  stade  correspond  à  un  état 
pré-reptilien.  Notons  enfin  que,  selon  Woerdeman,  au  moins  2  séries 
de  dents  abortives  dégénéreraient  avant  l’éclosion. 


O 

O 


®  dents  abortives 
o°o°  série  distiobodonte 
ooo  série  monosticbodonte 
•  dents  remplacées 


Fig.  1.  —  Schéma  des  dentitions  successives  supérieures  (^4)  et  inférieures"^#)  de 
Sphenodon.  —  a  :  4e  mois  d’incubation.  —  b  :  à  la  fin  de  l’incubation.  —  c  :  peu 
après  l’éclosion.  —  d  :  adulte. 


2°  Dentitions  fonctionnelles  fondamentales  (II  et  III  de  Harri- 
son).  Pendant  que  dégénèrent  les  dents  abortives,  la  crête  dentaire 
operculisée  forme  des  dents  qui  vont  s’insérer  sur  les  os  et  consti¬ 
tuer  la  première  série  fonctionnelle,  avec  une  éruption  déjà  avancée 
au  moment  de  l’éclosion.  Il  s’agit  d’une  dentition  distichodonte, 
dont  les  2  odontostichos  se  distinguent  par  la  taille  de  leurs  éléments 
et  aussi  par  leur  insertion.  Sur  le  maxillaire,  la  position  des  petites 


—  216  — 


dents  est  plus  interne  (linguale)  que  celle  des  grosses.  La  disposition 
inverse  s’observe  sur  le  palatin  d’après  Woerdeman.  Pour  les  autres 
os,  je  ne  puis  suivre  la  généralisation  de  cet  auteur,  qui  leur  attri¬ 
bue  la  même  disposition  qu’au  maxillaire.  En  fait,  sur  le  prémaxil¬ 
laire,  la  dent  moyenne  est  une  petite  dent  ;  elle  apparaît  plus  tôt 
et  en  position  plus  labiale  que  les  deux  autres  (Howes  et  Swinner- 
ton  1901,  Harrison  1901).  Pour  la  mandibule,  les  pièces  adultes 
montrent  les  petites  dents  un  peu  plus  externes  que  les  autres 
(observations  personnelles).  Les  deux  odontostichos  de  cette  denti¬ 
tion  apparaissent  presque  simultanément  :  selon  Harrison,  les 
petites  dents  sont  plus  précoces  et  forment  la  dentition  II  ;  les 
grandes,  plus  tardives,  forment  la  dentition  III  ;  au  contraire, 
Woerdeman  considère  cette  dernière  comme  la  plus  ancienne,  en 
s’appuyant  il  est  vrai  sur  des  arguments  théoriques. 

Vers  la  fin  de  l’incubation,  la  dentition  correspondrait  à  la  for¬ 
mule  de  la  fig.  1  b,  établie  d’après  les  indications  de  Harrison. 
Mais  cette  double  série  s’accroît  rapidement  et  atteint  au  total,  peu 
après  l’éclosion  (fig.  1  c),  3  dents  sur  le  prémaxillaire,  10  sur  le 
maxillaire,  6  sur  le  palatin  et  16  sur  le  dentaire.  Jusqu’à  l’âge  sub¬ 
adulte,  ces  séries  continuent  à  s’accroître  vers  l’arrière  sur  les 
3  derniers  éléments  osseux.  C’est  la  série  de  grosses  dents  qui  est 
responsable  de  cet  allongement.  Au  contraire,  l’accroissement  des 
files  de  petites  dents,  dont  les  éléments  apparaissent  dans  les  inter¬ 
valles  des  grosses  dents,  est  plus  discret  :  nul  dans  la  mandibule,  très 
restreint  sur  le  palatin  et  plus  marqué  sur  le  maxillaire.  Il  en  résulte 
que,  à  l’arrière  des  trois  os,  subsiste  une  série  sensiblement  uni¬ 
forme  de  grosses  dents  (série  monostichodonte).  Enfin,  c’est  aussi 
durant  la  période  juvénile  que  le  prévomer  acquiert,  chez  certains 
individus,  1  ou  2  dents,  dont  l’homologie  avec  les  précédentes  est 
difficile  à  établir. 

3°  Chute  et  remplacement  des  dents  (dentitions  IV  et  V  de  Harri¬ 
son).  Pendant  que  la  série  fondamentale  se  développe  vers  l’arrière, 
on  observe  en  avant  l’usure,  la  chute  et  le  remplacement  de  certains 
éléments.  Selon  Harrison,  une  série  de  remplacement  (dentition  IV) 
affecte  les  dents  2  et  3  du  prémaxillaire,  la  «  canine  »  et  les  «  inci¬ 
sives  »  de  la  mandibule,  la  lre  dent  palatine  et  les  4  dents  anté¬ 
rieures  du  maxillaire.  Une  seconde  série  (V  de  Harrison)  n’intéresse 
plus  que  le  prémaxillaire  et  les  2  premières  dents  du  maxillaire. 

Quelques  points  obscurs  subsistent.  Les  avis  sont  partagés  sur 
le  nombre  des  composants  de  l’incisive  complexe  portée  par  le 
prémaxillaire  adulte.  On  y  observe  au  moins  2  éléments,  longtemps 
séparés  par  une  profonde  encoche.  Mais  le  premier  porte  deux  cus- 
pides  latérales,  d’origine  secondaire  pour  Harrison,  tandis  que 
Woerdeman  les  considère  comme  deux  dents  indépendante. s 

Par  ailleurs,  on  ne  peut  passer  de  l’état  c  à  l’état  d  de  la  figure  1 


—  217  — 


sans  admettre  que  certaines  dents  antérieures  des  séries  disticho- 
dontes  tombent  sans  être  remplacées,  notamment  dans  la  région 
mandibulaire  qui  suit  la  canine. 

Les  faits  rapportés  ci-dessus  (compliqués  par  lé  chevauchement 
chronologique  déjà  signalé)  indiquent  que  les  dentitions  de  rem¬ 
placement  sont  en  voie  de  réduction  chez  Sphenodon  (cas  général  chez 
les  Reptiles  aqrodontes)  ;  elles  ont  pu  affecter,  chez  des  formes 
fossiles,  une  partie  plus  longue  des  séries  dentaires. 

Les  diverses  dents  fonctionnelles  se  soudent  à  l’os  par  la  base  de 
leur  couronne,  et  acquièrent  ainsi  un  caractère  acrodonte.  Certains 
éléments  voisins  (série  distichodonte  de  la  mandibule  d’après 
Harrison)  présentent  une  véritable  concrescence,  c’est-à-dire  une 
réunion  de  leurs  couronnes.  D’autres  (prémaxillaire)  sont  réunies  en 
une  seule  pièce  par  une  formation  osseuse.  Enfin,  une  grande  surface 
des  os  dentigères  est  mise  à  nu  par  le  retrait  de  l’épithélium,  et  se 
protège  par  une  couche  osseuse  compacte,  qui  perd  finalement  ses 
ostéoblastes  et  acquiert  l’aspect  de  l’émail. 

Les  grands  traits  de  cette  dentition  définitive  sont  schématisés  dans 
la  figure  1  d,  établie  d’après  un  adulte  encore  jeune,  où  l’usure,  peu 
intense,  a  respecté  les  divers  éléments  de  la  dentition.  L’examen 
d’animaux  plus  âgés  montre  que  le  palatin  et  le  maxillaire  peuvent 
acquérir  encore  chacun  une  petite  dent  intermédiaire,  mais  cette 
acquisition  s’accompagne  de  la  disparition  par  usure  de  certains 
éléments  plus  antérieurs. 

B.  —  Theretairus  antiquus  Simpson  1926.  Jurassique  supérieur 
du  Wyoming.  La  présence  d’un  Rhynchocéphale  terrestre,  et  plus 
précisément  d’un  Sphénodontidé,  dans  le  Jurassique  supérieur 
nord-américain,  a  été  établie  par  Gilmore  (1909),  qui  a  créé  pour 
lui  le  nom  de  Opisthias  rarus.  Le  type  est  un  dentaire  subadulte, 
très  proche  de  Sphenodon,  trouvé  dans  la  formation  Morrison.  En 
1926,  Simpson  signale,  du  même  gisement,  8  mandibules  et 
2  maxillaires  incomplets,  dont  l’un  indique  une  taille  comparable  à 
celle  de  S.  punctatus. 

Dans  la  même  récolte,  Simpson  sépare  un  dentaire  plus  petit, 
muni  d’une  dentition  différente,  sous  le  nom  de  Theretairus  antiquus. 
Or,  d’après  les  observations  précédentes,  ce  dentaire  appartient  à 
un  jeune  animal.  En  arrière  de  la  canine,  une  longue  série  disti¬ 
chodonte  comprend  6  grandes  dents  séparées  par  5  petites.  Plus  en 
arrière,  la  série  de  grosses  dents  se  prolonge  par  2  éléments  et  un  3e 
en  cours  d’éruption.  C’est  approximativement  l’état  de  la  dentition 
mandibulaire  d’un  jeune  Sphenodon  de  17-18  cm.  de  long.  La  canine, 
par  sa  puissance,  indique  qu’elle  vient  d’être  remplacée.  Il  en  est 
apparemment  de  même  de  la  2e  incisive.  On  ne  peut  rien  dire  de  la 
lre,  qui  n’est  pas  conservée. 


.  ,,  ) 

—  218  — 

Theretairus  antiquus  est  donc  un  jeune  Sphénodontidé.  Le  fait 
qu’il  ait  été  trouvé  dans  le  même  gisement  que  Opisthias  rarus 
conduit  à  le  rattacher  à  cette  espèce,  dont  il  ne  diffère  que  par  ses 
traits  juvéniles.  Il  y  a  donc  lieu  de  faire  tomber  en  synonymie  les 
noms,  générique  et  spécifique,  proposés  par  Simpson. 

Mais  il  convient  de  souligner  l’intérêt  du  reste  fossile  décrit  par 
cet  auteur.  Il  renforce  l’interprétation  donnée  à  la  forme  nord- 
américaine,  en  révélant  des  caractères  dentaires  juvéniles  très 
proches  de  ceux  de  Sphenodon.  De  ce  fait,  Opisthias  (=  Theretairus ) 
apparaît  comme  le  plus  proche  parent  connu  de  la  forme  actuelle. 
Les  différences  sont  minimes  :  la  lre  incisive,  probablement  rem¬ 
placée  tardivement,  reste  isolée  au  lieu  de  se  souder  en  une  crête 
avec  la  seconde  ;  il  semble  au  contraire  que  la  canine  soit  remplacée 


Fig.  2.  —  Schéma  de  dentitions  juvéniles  chez  des  Rhynchocéphales  jurassiques.  — 
A  :  Dentition  inférieure  de  Theretairus ,  d’après  la  fig.  de  Simpson.  —  B  :  Dentition 
supérieure  de  Leptosaurus.  — a)  d’après  la  fig.  de  Goldfuss.  —  b)  d’après  la  fig.  de 
Meyer. 

très  tôt  et  qu’elle  s’use  rapidement,  de  sorte  qu’elle  n’apparaît  plus 
chez  l’adulte.  Il  est  cependant  probable  que  la  connaissance  plus 
complète  du  crâne  révélerait  d’autres  différences,  qu’on  peut  attendre 
d’après  la  position  stratigraphique  du  fossile. 

C.  —  Leptosaurus  neptunius  (Goldfuss  1831).  Jurassique  supé¬ 
rieur  de  Franconie.  Un  petit  Reptile  fossile  de  Monheim  a  été 
décrit  et  figuré  par  Goldfuss  (1831,  p.  115-117,  pl.  XI,  fig.  2  A-B), 
sous  le  nom  de  Lacerta  neptunia.  Fitzinger  (1837,  p.  185)  a  créé 
pour  lui  le  genre  Leptosaurus.  En  1847,  Meyer  rattache  l’espèce  à 
son  genre  Homoeosaurus,  et  il  en  donne  (1860,  p.  105-106,  pl.  XII, 
fig.  3  et  pl.  XVI,  fig.  1-4)  une  nouvelle  description,  sous  le  nom 
de  Homoeosaurus  neptunius.  C’est  sous  ce  nom  que  le  citent  la  plu¬ 
part  des  auteurs.  Cependant,  dès  1885,  Ammon  l’interprète  comme 
un  jeune  Homoeosaurus  Maximiliani  Meyer,  et  semble  suivi  par 
Broili  (1925).  Enfin  Huene,  (1952,  p.  196)  exprime  une  opinion 
différente  sous  la  forme  suivante  :  «  Homoeosaurus  »  neptunius  gehôrt 


/ 


—  219 


sicher  nicht  zu  Homoeosaurus ,  wenn  die  Praemaxilla  lange  Zâhne 
enthâlt,  vielleicht  ist  er  auch  kein  Rhynchocephale. 

Le  type  n’est  connu  que  par  les  descriptions  de  Goldfuss  et  de 
Meyer.  Le  fossile  est  de  petite  taille  et  correspond  à  un  jeune  (état 
de  l’ossification  du  carpe,  du  tarse,  des  ceintures  et  des  épiphyses). 
Dans  l’ensemble,  ses  caractères  concordent  avec  ceux  A’Homoeo- 
saurus,  dont  il  diffère  essentiellement  par  sa  dentition. 

En  avant  du  crâne,  4  dents  coniques  assez  grosses  appartiennent  à 
la  mâchoire  supérieure  d’après  Goldfuss  et  aussi  Wagner  (1852, 
p.  681),  alors  que  Meyer  les  attribue  à  la  mandibule.  D’après  les 
figures,  il  s’agit  de  dents  prémaxillaires,  comme  les  a  interprétées 
Huene  (1952,  p.  193).  Meyer  signale  en  outre,  entre  ces  grosses 
dents,  des  dents  minuscules,  visibles  sur  sa  figure  1,  pl.  XVI,  et 
situées  en  position  plus  externe  (fig.  2  Bb).  L’une  d’elles  occupe 
une  position  médiane  et  paraît  impaire.  Les  deux  prémaxillaires  de 
Leptosaurus  porteraient  donc  7  dents  au  total,  4  grosses  et  3  petites. 
La  seule  différence  avec  un  jeune  Sphenodon  serait  la  présence  d’une 
petite  dent  impaire,  laquelle  est  connue  chez  de  nombreux  Reptiles 
et  pourrait  avoir  été  perdue  par  Sphenodon.  On  doit  en  conclure  que 
la  dentition  prémaxillaire  de  Leptosaurus,  loin  de  l’écarter  des 
Rhynchocéphales  comme  l’a  cru  Huene,  concorde  avec  la  dentition 
juvénile  de  ces  derniers,  de  la  même  façon  que  concorde  la  dentition 
définitive  prémaxillaire  des  Homoeosaurus  (Broih  1925,  p.  85 
et  pl.  II,  fig.  1)  avec  celle  de  Sphenodon  adulte. 

Les  dents  du  maxillaire,  acrodontes,  forment  une  série  croissante 
vers  l’arrière,  Les  plus  antérieures,  très  fines,  n’auraient  pas  toutes 
été  dégagées  de  la  gangue  (Meyer  1860).  Les  3  pièces  postérieures 
sont  munies,  selon  Meyer,  d’un  talon  postéro-interne.  On  remarquera 
que  cette  série  maxillaire  s’accorde  avec  celle  d’un  jeune  Sphenodon 
si  l’on  supppose  1°  que  les  talons  postéro-internes  sont  en  réalité  de 
petites  dents  indépendantes  (ce  qui  apparaît  dans  la  fig.  2  R  de 
Goldfuss  en  ce  qui  concerne  la  dernière  :  voir  notre  fig.  2  Ba ),  et 
2°  que  les  petites  dents  de  la  partie  antérieure  sont  encore  engagées 
dans  la  gangue.  Il  n’est  cependant  pas  impossible  que  la  dentition 
juvénile  du  fossile  ait  présenté  quelques  différences  avec  le  genre 
actuel,  en  particulier  une  concrescence  entre  chaque  grosse  dent 
et  la  petite  qui  l’accompagne,  sans  qu’on  puisse  trouver  là  un  argu¬ 
ment  décisif  pour  écarter  des  Rhyncocéphales  la  forme  jurassique. 

En  résumé,  rien  ne  s’oppose  à  considérer  L.  neptunius  comme  un 
jeune  Rhynchocéphale,  dont  le  maxillaire  ne  porte  que  la  série 
distichodonte  et  dont  les  dents  prémaxillaires  sont  encore  séparées. 

Le  niveau  et  le  gisement  du  fossile,  comme  aussi  l’ensemble  de  ses 
caractères  étudiables,  conduisent  à  le  rapprocher  du  genre  Homoeo¬ 
saurus.  La  longueur  relative  de  ses  membres  empêche  de  l’attribuer 
aux  espèces  à' Homoeosaurus  à  pattes  courtes  ( pulchellus  Zittel, 


—  220 


brevipes  Zittel  non  Meyer,  digitatellus  Grier)  qui  ont  été  décrites  dans 
le  calcaire  lithographique  de  Franconie.  Il  faut  également  écarter 
«  Homoeosaurus  »  macrodactylus  Wagner  dont  la  dentition  est  toute 
différente  et  qui  (je  suis  sur  ce  point  parfaitement  d’accord  avec 
F.  von  Huene)  n’est  pas  un  Rhynchocéphale.  Il  s’ensuit  que 
Leptosaurus  neptunius  doit  être  un  jeune  Homoeosaurus  Maximiliani, 
comme  l’avait  supposé  Ammon. 

La  reconnaissance  formelle  de  cette  double  synonymie,  générique 
et  spécifique,  conduirait  à  attribuer  la  priorité  à  Leptosaurus  Fit- 
zinger  1837  sur  Homoeosaurus  Meyer  1847,  et  à  neptunius  Goldfuss 
1831  sur  Maximiliani  Meyer  1847.  Cependant  l’identité  admise  ici, 
pour  infiniment  probable  qu’elle  soit,  n’est  pas  rigoureusement 
démontrée.  D’autre  part,  il  y  a  intérêt  à  conserver  de  préférence  — 
au  moins  en  Paléontologie  —  les  noms  basés  sur  des  types  adultes 
ou  subadultes,  qui  permettent  l’établissement  d’une  diagnose  valable. 
En  conséquence,  je  préfère  conserver  le  nom  classique,  Homoeosaurus 
Maximiliani  Meyer,  pour  désigner  le  fossile  de  Franconie,  en  souli¬ 
gnant  que,  selon  toute  probabilité,  le  nom  de  Leptosaurus  neptunius 
(Goldfuss)  désigne  la  même  forme  à  l’état  juvénile. 

Laboratoire  de  Paléontologie  du  Muséum. 

TRAVAUX  CITÉS 

Ammon  (L.  von),  1885.  —  Abh.  k.  bayer.  Akad.  Wiss.,  2.  Kl.,  15,  p.  499. 
Bolk  (L.),  1912.  —  Verh.  Anat.  Ges.  (Suppl.  Anat.  Anz.),  1912,  p.  58. 
Broili  (F.),  1925.  —  Sitz.  bay.  Ak.  Wiss.,  m.-nat.  Abt.,  1925,  p.  81. 
Fitzinger  (L.  J.),  1839.  —  Ann.  wien.  Mus.  Nat.  2,  p.  171. 

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—  221  — 


Les  frondes  odontoptéroïdes  du  carbonifère 

ET  DU  TERRAIN  PERMIEN. 

Par  A.  Loubière. 

PROFESSEUR  AU  MUSÉUM 

Les  Odontopteris  comprennent  les  frondes  filicoïdes  de  grande 
taille,  irrégulièrement  ramifiées  et  souvent  dyssymétriques,  à 
pinnules  attachées  au  rachis  suivant  toute  leur  base,  au  lieu  d’être 
fixées  par  un  seul  point  ou  du  moins  par  une  faible  partie  de  leur 
largeur  comme  les  folioles  des  Nevropteris.  Ces  pinnules,  dont  la 
consistance  est  moindre  que  celle  de  ces  dernières,  sont  aiguës  ou 
obtuses,  légèrement  contractées  en  avant,  décurrentes  vers  le  bas, 
confluentes  et  en  partie  soudées  au  sommet  des  pennes.  La  nervure 
médiane  est  d’ordinaire  presque  nulle  ou  peu  importante,  quelque¬ 
fois  cependant  assez  accentuée  et  prédominante  se  divisant  en  ner¬ 
vures  fines  avant  d’atteindre  l’extrémité  des  limbes.  Les  nervures 
secondaires,  plus  ou  moins  arquées  et  plusieurs  fois  dichotomes,  sont 
issues  en  totalité  ou  en  partie  directement  du  rachis  ;  chez  les  lobes 
névroptéroïdes,  au  contraire,  elles  partent  latéralement  d’une  ner¬ 
vure  médiane  ou  rayonnent  du  point  d’attache. 

Le  genre  Odontopteris  Brongniart,  propre  à  l’époque  houillère  et 
au  terrain  permien,  est  caractérisé  par  des  pinnules  adhérentes  au 
rachis  par  toute  leur  base,  tantôt  ogivales,  comme  chez  1  ’O.  Brardi, 
parcourues  par  des  nervures  équivalentes  entre  elles  et  toutes  issues 
directement  du  rachis,  sans  nervure  médiane  visible,  tantôt  arron¬ 
dies,  comme  chez  1  ’O.  obtusa,  pourvues  d’une  nervure  principale 
émettant  des  nervures  secondaires,  les  inférieures  naissant  directe¬ 
ment  du  rachis.  Dans  chaque  penne,  la  foliole  basilaire  a  une  forme 
très  différente  des  pinnules  normales  :  elle  est  le  plus  souvent  bilobée, 
comme  chez  les  Mariopteris,  ou  même  palmatilobée,  ce  qui  n’a  pas 
lieu  chez  les  frondes  névroptéroïdes. 

On  a  rangé  tantôt  dans  les  Nevropteris,  tantôt  dans  les  Odontopteris 
un  certain  nombre  d’espèces  chez  lesquelles  on  trouve  sur  un  même 
fragment  de  fronde,  aussi  bien  des  pinnules  névroptéroïdes,  placées 
à  la  partie  inférieure  des  pennes,  et  des  folioles  odontoptéroïdes, 
occupant  les  régions  moyenne  et  supérieure,  de  telle  sorte  qu’il  y  a 
ainsi  passage  d’une  forme  à  l’autre. 

Cette  subdivision  n’est  autre,  on  le  voit,  que  celle  que  Weiss  1 

1.  Weiss  :  Zeitschr.  d.  deutsch.  geol.  Gesellsch.,  XXII,  p.  858  (Studien  über  Odonto- 
pteriden). 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série*  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


222  — 


avait  proposée  en  1869  lorsqu’il  avait  distingué  dans  le  genre  Odon- 
topteris  deux  groupes  ou  sous-genres  distincts,  fondés  sur  les  carac¬ 
tères  de  la  nervation.  Dans  le  premier,  qu’il  a  désigné  sous  le  nom  de 
Xenopteris,  la  nervure  médiane  est  nulle  ou  fort  peu  importante  ; 
dans  le  second,  nommé  par  lui  Mixoneura,  les  folioles  ont  une  nervure 
médiane  très  nette  de  laquelle  part  un  bon  nombre  de  nervures 
secondaires. 

Mais  les  Xenopteris  comprennent  également,  outre  les  types  à 
limbes  pointus,  comme  les  O.  Brardi,  O.  genuina,  plusieurs  espèces  à 
lobes  obtus,  comme  YO.  Duponti,  et  celle-ci  entre  autres  semble, 
avec  ses  pinnules  basilaires  munies  d’une  nervure  médiane  nettement 
accentuée,  tandis  que  les  suivantes  en  sont  dépourvues,  former 
entre  les  deux  groupes  un  lien  si  étroit  qu’il  est  préférable  de  ne  pas 
les  séparer  et  de  conserver  le  genre  Odontopteris  dans  son  sens 
primitif,  sans  y  établir  de  subdivision. 

Les  frondes  odontoptéroïdes  atteignaient,  comme  celles,  plus 
régulières  des  Alethopteris,  de  grandes  dimensions,  et  il  semble 
qu’elles  devaient  partir  directement  du  sol,  formant  des  touffes  plus 
ou  moins  serrées  L  Sur  les  espèces  les  plus  complètement  connues 
du  genre  Odontopteris,  on  constate  presque  toujours  une  dyssymétrie 
frappante  dans  la  disposition  des  pennes  de  la  fronde.  Le  plus  sou¬ 
vent  en  effet  le  rachis  commun  était  bifurqué  un  certain  nombre  de 
fois,  et  penné  seulement  sur  ses  dernières  divisions,  lesquelles  por¬ 
taient  dans  chaque  bifurcation,  du  côté  interne,  des  pennes  simple¬ 
ment  pinnées,  et  du  côté  externe,  des  pennes  bipinnées.  Entre  ces 
dernières,  enfin,  se  trouvaient  intercalées  d’autres  pennes  de  petite 
taille,  pinnées  une  seule  fois.  Vers  leur  sommet,  les  branches  de 
chaque  dichotomie  possédaient  exclusivement  à  droite  et  à  gauche 
des  pennes  simplement  pinnées. 

Généralement,  au-dessous  de  ces  régions  feuillées,  venaient  s’in 
sérer  sur  le  rachis,  sans  régularité  apparente,  de  grandes  folioles 
simples,  sessiles  ou  subsessiles,  à  contour  orbiculaire  ou  réniforme, 
à  bord  entier  ou  parfois  lacéré  ou  frangé,  à  nervures  nombreuses, 
toutes  égales,  plus  ou  moins  arquées,  rayonnant  à  partir  du  point 
d’attache  et  se  divisant  plusieurs  fois  par  dichotomie  sous  des  angles 
aigus. 

D’après  les  observations  faites  aux  différents  niveaux  de  la  série 
anthracolithique,  il  semble  résulter  que  toutes  ces  expansions  folia¬ 
cées,  qui  constituent  le  genre  Cyclopteris  Brongniart,  étaient  fixées 
sur  le  rachis  principal  des  frondes  odontoptéroïdes  ou  névropté- 
roïdes.  C’est  ainsi  que  le  Cyclopteris  trichomanoides  accompagne  YO. 
Reichianci,  le  Cycl.  macilenta  paraît  se  rattacher  à  YO.  osmundœ- 


1.  Grand’Eury  :  Flore  carbonifère  du  département  de  la  Loire,  p.  127,  tab.  B. 


223  — 


formls  et  aussi  au  N  evropteris  cordata,  le  Cycl.  illiciformis  représente 
les  folioles  stipales  de  1  ’O.  Brardi,  etc. 

Mais  comme  on  trouve  les  feuilles  cycloptéroïdes  le  plus  souvent 
isolées,  il  n’est  guère  possible  de  reconnaître  de  quelle  espèce  elles 
proviennent  et  même  de  quel  genre  faisait  partie  la  plante  dont  elles 
dépendaient.  Voilà  pourquoi  on  est  obligé  de  les  classer  sous  un  nom 
générique  spécial  qui  s’applique  aussi  bien  aux  feuilles  stipales 
d ’Odontopteris  qu’à  celles  de  N evropteris,  puisque  rien  ne  permet  de 
les  différencier  les  unes  des  autres. 

En  raison  du  peu  de  fixité  des  caractères  de  forme  et  de  dimension, 
la  délimitation  des  espèces  dans  le  genre  Cyclopteris  est  fort  -délicate. 
On  a  constaté  en  effet  que,  sur  un  seul  et  même  rachis  *,  les  feuilles 
stipales  pouvaient  être  tantôt  en  cœur  à  la  base,  tantôt  rétrécies  et 
presque  en  coin,  affectant  alors  une  forme  en  éventail.  Mais  la 
nervation  reste  la  même  et  c’est,  semble-t-il,  le  caractère  le  plus 
sûr  pour  la  distinction  des  espèces. 

Granu’Eury  2  a  signalé  depuis  longtemps  les  Odontopteris  comme 
ayant  eu  des  pétioles  du  type  Myeloxylon,  de  constitution  semblable  à 
à  ceux  des  N evropteris  et  des  Alethopteris,  de  sorte  qu’il  n’est  pas 
douteux  que  ces  trois  genres  appartiennent  à  un  même  groupe  naturel. 
D’autre  part,  les  recherches  qu’il  a  faites  sur  le  mode  de  fructifica¬ 
tion  des  Ptéridospermes  l’ont  amené  à  rapporter  à  1  ’O.  Reichiana 
Gutbier,  que  l’on  trouve  en  abondance  dans  les  couches  moyennes 
de  Saint-Etienne,  de  petites  graines  ornées  de  12  ou  de  24  ailes  très 
délicates  et  pour  lesquelles  il  a  établi  le  genre  Odontopterocarpus  3. 

De  notre  côté,  nous  avons  été  conduit  à  reconnaître  comme  ayant 
dû  appartenir  à  YO.  obtusa  Brongniart,  provenant  du  Stéphanien 
inférieur  de  Carmaux,  d’autres  graines  oblongues,  à  symétrie 
radiaire,  marquées  extérieurement  de  six  ailes  longitudinales,  minces, 
égales,  allant  du  micropyle  à  la  chalaze,  et  auxquelles  nous  avons 
attribué  la  dénomination  spécifique  d’ Odontopterocarpus  oblongus  4. 
Cette  nouvelle  découverte  est  ainsi  venue  confirmer  la  nature  p'éri- 
dospermique  des  frondes  odontoptéroïdes. 

Le  genre  Odontopteris  apparaît  dans  les  couches  supérieures  du 
Westphalien  et  atteint  son  complet  développement  dans  le  Stépha¬ 
nien  ;  il  s’éteint  progressivement  dans  le  Permien.  Parmi  les  Odontop¬ 
teris  les  plus  répandus  dans  ces  deux  derniers  étages,  on  peut  citer 
notamment  les  espèces  suivantes  : 

1.  Roehl  :  Palaæontographica,  xvm,  pl.  XVII. 

2.  Loc.  cit.,  p.  130. 

3.  Grand’Eury  :  Sur  les  graines  des  Névroptéridées  (C.  R.  Acad.  Sc.,  t.  GXXXIX, 
p.  25  ;  p.  785,  1904).  —  Sur  les  inflorescences  des  fougères  à  graines  du  Culm  et  du 
terrain  houiller  (Ibid.,  t.  CXLIII,  p.  761,  1906). 

4.  Loubière  :  Sur  les  graines  et  les  feuilles  stipales  associées  à  1 ’Odontopteris  obtusa 
Brongniart  dans  le  terrain  carbonifère  de  Carmaux  [Rev.  Gén.  de  Botanique,  t.  42, 
p.  321,  1930). 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n0-  2,  1953. 


15 


Stéphanien. 


O.  Brardi,  O.  alpina,  O.  intermedia,  O.  crenulata,  0.  Reichiana  (O.  Boeh- 
mii,  O.  dentata),  O.  minor,  O.  subcrenulata  (O.  obtusiloba,  Neuropteris 
lingulata,  O.  Stiehleriana,  O.  Sternbergi,  O.  appendiculata) ,  O.  osmundoe- 
formis,  (O.  Schlotheimi,  O.  Britannica) ,  O.  genuina,  0.  Duponti,  O.  obtusa, 
O.  neuropteroides  (O.  gleichenioides,  Neuropteris  Grangeri),  O.  Coemansi, 
O.  auriculata  (Neuropteris  auriculata,  0  Dufresnoyi,  Neuropteris  Dufres- 
noyi),  O.  lingulata,  etc. 

Permien. 

O.  catadroma,  O.  Qualeni  ( Neuropteris  Qualeni,  Pecopteris  Wangenheimii ) , 
O.  osmundœformis,  O.  minor,  O.  subcrenulata,  O.  auriculata,  O.  Gæpperti, 
O.  obtusa,  O.  crassineruia,  O.  Brongniarti,  O.  strictineruia,  O.  cristata, 
O.  Neesiana,  O.  stipitata,  O.  incequalis,  O.  permiensis,  etc. 

Si  l’on  passe  maintenant  en  revue  les  espèces  qui  viennent  d’être 
énumérées,  on  reconnaît  que  certaines  d’entre  elles  sont  communes 
à  la  fois  au  Stéphanien  et  au  Permien  ;  d’autres,  au  contraire,  sont 
localisées  dans  le  terrain  stéphanien,  ou  sont  spéciales  aux  couches 
permiennes. 

En  résumé,  les  Odontopteris,  dont  les  frondes  filicoïdes  offraient 
un  mode  de  division  et  un  port  si  particuliers,  viennent  prendre 
place  parmi  les  Ptéridospermes.  Le  genre  Odontopteris,  propre  à  la 
végétation  de  la  période  Anthracolithique,  a  entièrement  disparu  ; 
il  ne  se  trouve,  ni  dans  les  flores  postérieures  à  cette  période,  ni  dans 
celle  de  l’époque  actuelle,  aucun  type  de  Fougères  qui  s’y  rattache 
directement.  Et  si  certains  auteurs  signalent  des  Odontopteris  dans 
les  formations  jurassiques,  c’est,  assurément,  à  la  suite  d’une  fausse 
interprétation  générique. 


—  225  — 


Étude  paléoxylologique  du  Sahara  (xviii).  —  Sun  un 

MYRTOXYLON  SECRETANS  N.  GEN.,  N.  SP.  DES  COUCHES  POST- 

éocènes  d'In  Rhar  (Sahara  Soudanais). 

Par  Edouard  Boureau. 

SOUS-DIRECTEUR  AU  MUSÉUM 


Le  bois  fossile  qui  fait  l’objet  de  cette  nouvelle  Note  a  été  décou¬ 
vert  à  35  km.  à  l’W.  S.  W.  d’In  Rhar,  sur  la  rive  occidentale  de 
Tilemsi,  au  Nord  de  Gao,  dans  le  Sahara  soudanais,  par  18°  13'00”  de 
latitude  Nord  et  0°  1’  30”  de  longitude  E.  Il  nous  a  été  communiqué 
par  M.  André  Cornet  que  nous  remercions. 

Ce  bloc  silicifié  reposait,  en  surface,  sur  les  «  Grès  du  Moyen  Niger  », 
postérieurs  à  l’Eocène  marin.  Son  origine  stratigraphique  restait 
néanmoins  imprécisée.  L’étude  anatomique  qui  suit,  montre  qu’il 
s’agit  d’un  bois  Tertiaire  ou  plus  récent  s’éloignant  nettement 
des  éléments  fossiles  caractéristiques  des  couches  du  «  Continental 
intercalaire  »  dont  il  aurait  pu  provenir  par  transport. 

Collection  A.  Cornet,  n°  FI. 


MYRTACEAE 

Myrtoxylon  secretans  n.  gen.,  n.  sp. 

(pl.  I,  fig.  1,  2  et  3). 

I.  Étude  anatomique. 

L’échantillon  se  présente  comme  un  bloc  silicifié,  extrêmement 
dur,  ramifié,  de  16  cm.  X  10  cm.  X  7  cm.,  de  couleur  extérieure 
brun-  jaune  et  à  section  grise. 

C’est  un  bois  hétéroxylé  d’ Angiosperme  dont  le  zonage  d’accroisse¬ 
ment  est  généralement  peu  marqué,  si  on  se  base  sur  la  grandeur 
des  pores.  Toutefois,  certaines  régions  concentriques  ont  une  moindre 
densité  de  vaisseaux  et  les  zones  annuelles  sont  parfois  séparées  par 
des  régions  assez  larges  (1  mm.  5)  qui  en  sont  dépourvues. 


Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


1.  Vaisseaux. 


Ils  sont  diffus,  montrant  quelquefois,  en  coupe  transversale,  une 
disposition  oblique  et  espacée  des  pores. 

a.  Taille  et  forme.  Ils  sont  très  légèrement  elliptiques,  presque 
toujours  circulaires  en  coupe  transversale. 

Leur  taille  est  très  inégale.  Le  diamètre  transversal  tangentiel 
(Tg)  va  de  100p.  à  160  p,  et  le  diamètre  transversal  radial  (Rd)  de 
160p.  à  270  p.  Les  principales  dimensions  observées  sont  les  sui¬ 
vantes  (Tg  X  Rd)  :  160  p  X  270  p  ;  135  p  X  216  p  ;  108  p  X  162  p... 

Les  vaisseaux  sont  donc  principalement  de  taille  moyenne,  leur 
diamètre  tangentiel  étant  compris  entre  100  et  200  p,  mais  ils 
peuvent  être  accompagnés  de  plus  petits  éléments  (50  p  X  80  p). 
Lés  pores  sont  surtout  solitaires  ou  encore  groupés  par  files  radiales 
de  2  vaisseaux  accolés  (12  %). 

b.  Abondance.  On  en  compte  de  5  à  8  au  mm2  transversal.  Ils 
sont  donc  rares. 

c.  Aspect  longitudinal  des  éléments  de  vaisseaux.  Les  éléments  de 
vaisseaux  ont  un  trajet  rectiligne.  Leur  paroi  latérale  est  couverte 
de  ponctuations  aréolées  soit  opposées  soit  alternées.  Leur  diamètre 
est  de  5  p  et  elles  sont  polyédriques,  sans  contact  les  unes  avec  les 
autres.  On  en  compte  25  dans  une  surface  de  1.000  p2. 

d.  Perforation  terminale.  Elle  est  simple. 

e.  Contenus  vasculaires.  Quelques  vaisseaux  dispersés  montrent 
un  contenu  brun-sombre,  comparable  à  celui  des  canaux  secréteurs 
par  sa  couleur,  mais  le  plus  souvent,  ils  en  sont  dépourvus  dans 
l’échantillon. 

2.  Parenchyme  ligneux. 

Les  parties  bien  conservées  de  l’échantillon  montrent  un  paren¬ 
chyme  principalement  indépendant  des  pores,  soit  diffus,  soit  sous 
forme  de  chaînettes  unicellulaires,  soit  encore  sous  forme  de  bandes 
courtes  peu  épaisses  de  2  ou  3  cellules,  visibles  surtout  au  voisinage 
des  canaux  secréteurs  où  elles  deviennent  plus  importantes  encore. 
Les  cellules  du  parenchyme  se  distinguent  des  fibres,  dans  un  bois 
intact,  par  leur  paroi  mince  et  leur  contenu  clair  qui  contraste  avec 
celui  des  fibres  sombres.  Ces  chaînettes  ou  bandes  ne  sont  pas 
parallèles,  mais  souvent  disposées  obliquement,  présentant  ainsi 
entre  elles,  des  anastomoses  désordonnées  fréquentes. 

En  d’autres  points,  l’altération  du  bois  semble  avoir  commencé 
par  le  parenchyme  dont  les  cellules  devenues  sombres,  apparaissent 
groupées  en  bandes  concentriques  plus  épaisses  (pl.  I,  fig.  1). 


—  227  — 


3.  Rayons. 

Ils  sont  soit  unisériés,  soit  2-  et  3-  sériés,  homogènes,  du  type  I  de 
Kribs,  disposés  en  chicane.  On  en  compte  14  en  moyenne  au  mm 
horizontal  tangentiel. 

Le  nombre  de  cellules  des  rayons  placées  verticalement  est  égale¬ 
ment  variable  : 

— -  rayons  1-sériés  :  9,  10,  11...  25  cellules. 

—  rayons  2-sériés  :  7  cellules. 

—  rayons  3-sériés  :  17,  27...  cellules. 

Des  rayons  peu  élevés  2-sériés  peuvent  être  prolongés  par  des 
marges  1-sériées  très  développées. 

Dimensions  :  Diamètre  moyen  tangentiel  des  cellules  couchées  iso- 
diamétriques  23  p-25  p.  Longueur  radiale  :  27-30  p.  Epaisseur  de  la 
paroi  des  cellules  couchées  :  5  p. 

4.  Fibres  trachéides. 

En  coupe  transversale,  elles  apparaissent  arrondies  et  polygonales, 
séparées  par  de  très  petits  méats.  Diamètre  transversal  :  16  p.  Son 
ouverture  a  une  grandeur  variable  :  quelquefois  ponctiforme  ou 
assez  grande,  5  p.  La  paroi  est  en  général  très  épaisse. 

Les  parois  des  fibres  du  bois  sont  couvertes  de  ponctuations 
aérolées,  circulaires  dont  les  centres  sont  distants  de  5  p  environ. 
Elles  sont  très  fines.  Diamètre  des  ponctuations  2  p  environ.  Elles 
sont  placées  en  double  ou  triple  files  sur  la  paroi  tangentielle  des 
trachéides  où  elles  semblent  plus  nombreuses  que  sur  la  paroi 
radiale.  Elles  sont  toujours  équidistantes. 

5.  Canaux  secréteurs. 

Les  lames  minces  transyersales  sont  traversées  par  des  files 
parallèles  de  canaux  secréteurs  d’origine  traumatique.  Ils  se  dis¬ 
tinguent  nettement  des  vaisseaux  par  leur  contenu  toujours  sombre, 
leur  plus  grande  taille,  leur  forme  plus  allongée  radialement  ainsi 
que  par  leur  alignement  caractéristique. 

Leur  diamètre  transversal  est  inégal  dans  une  même  file.  On  a 
mesuré  successivement  (Tg  X  Rd)  : 

174  p  X  435  p  ;  105  p  X  280  p...  et  à  l’autre  extrémité  de  la  file, 
dans  une  même  lame  mince,  140  p  X  260  p. 

Ces  canaux  se  rejoignent  par  des  anastomoses  fréquentes.  Ils 
atteignent  alors  au  point  de  rencontre  des  diamètres  transversaux 
plus  importants  :  435  p  X  435  p... 

Le  contenu  sombre  apparaît,  à  un  fort  grossissement,  sous  la 
forme  de  petits  granules  sphériques. 


II.  Affinités. 


Il  s’agit  d’un  bois  de  Dicotylédone,  pourvu,  comme  c’est  presque 
toujours  le  cas,  de  vaisseaux  vrais  qui  en  font  une  espèce  hétéro- 
xylée. 

La  présence  de  canaux  secréteurs  verticaux  d’origine  traumatique 
constitue  un  excellent  caractère  qui  limite  considérablement  les 
recherches.  Dans  l’état  actuel  de  nos  connaissances  des  bois  de 
Dicotylédones,  les  familles  dont  les  espèces  actuelles  ont  montré  ce 
caractère,  sont  les  suivantes  : 


1.  Ampelidaceae. 

2.  Bombacaceae. 

3.  Borraginaceae. 

4.  Burseraceae. 

5.  Caesalpiniaceae. 

6.  Combretaceae. 

7.  Eleagnaceae. 

8.  Elaeocarpaceae. 

9.  Euphorbiaceae. 


10.  Hamamelidaceae. 

11.  Lecythidaceae. 

12.  Malvaceae. 

13.  Meliaceae. 

14.  Mimosaceae. 

15.  Moringaceae. 

16.  Myrtaceae. 

17.  Papilionaceae. 


18.  Proteaceae. 

19.  Rosaceae. 

20.  Rutaceae. 

21.  Sapindaceae. 

22.  Simarubaceae. 

23.  Sterculiaceae. 

24.  Styracaceae. 

25.  V ochysiaceae. 


La  présence  de  rayons  du  type  Homogène  I  de  Kribs,  permet 
d’éliminer  les  familles  suivantes  dont  les  espèces  à  canaux  verticaux 
traumatiques  ont  des  rayons  d’un  autre  type  :  1,  2,  3,  4,  7,  8,  9,  10, 
12, 18, 19,  21,  23,  24. 

La  présence  de  ponctuations  aréolées  sur  des  fibres  trachéides  non 
septées  permet  d’éliminer  les  familles  suivantes  dont  les  espèces  à 
canaux  secréteurs  verticaux  traumatiques  contiennent  toujours  des 
fibres  simpliciponctuées  :  1,  3,  4,  5,  6,  8,  9,  11,  12,  14,  15,  17,  21,  23. 

Les  familles  restantes  sont  donc  les  suivantes  : 


13,  Meliaceae  16.  Myrtaceae  20.  Rutaceae  22.  Simarubaceae  25.  Vo¬ 
chysiaceae  (V  ochysia) . 


C’est  plus  spécialement  à  la  famille  des  Myrtaceae  que  nous 
croyons  devoir  rapporter  notre  échantillon  en  raison  du  grand 
nombre  de  caractères  communs  avec  les  divers  genres  de  cette 
famille,  tels  qu’ils  apparaissent  dans  l’ouvrage  de  Metcalfe  et 
de  Chalk  1  : 

a.  Vaisseaux  solitaires  de  taille  moyenne  accompagnés  de  petits  vais¬ 

seaux. 

b.  Densité  de  vaisseaux  allant  de  5  à  8  au  mm2. 

c.  Parenchyme  surtout  diffus,  en  chaînettes  (apotrachéal). 

d.  Fibres  trachéides  avec  ponctuations  aréolées  plus  nombreuses  sur  la 

paroi  tangentielle  que  sur  la  paroi  radiale. 


1.  Metcalfe  C.  R.  et  L.  Chalk.  Anatamy  of  the  Dicotyledons.  2  vol.  Cf.  p.  620. 


BULLETIN  DU  MUSÉUM 


Planche  I 


Cl.  G.  Tendron 


Publié  avec  le  concours  C.  N.  R.  S. 


—  229  — 


« 


e.  Rayons  homogènes  du  type  I  de  Kribs  1. 

f.  Canaux  secréteurs  verticaux  d’origine  traumatique. 

g.  Bandes  ligneuses  concentriques  sans  vaisseaux  en  fin  d’anneau  d’ac- 

crôissement. 

Il  s’apparente  au  Careya  sphaerica  Roxb  2  par  sa  coupe  tangen- 
tielle,  mais  sa  coupe  transversale  diffère.  Il  se  rapproche  davantage 
des  Eugenia  (E.  resinosa  Gagnep.,  E.  tinctoria  Gagnep.)  à  la  fois  par 
les  coupes  transversales  et  tangentielles.  Il  n’est  pas  sans  rappeler 
le  Melaleuca  Leucadendron,  mais  il  semble  plus  abondamment  pourvu 
de  rayons  plurisériés. 

Certains  Eugenia  ( E .  condensata  Baker)  3  possèdent  des  rayons 
hétérogènes,  et  leur  coupe  transversale  contient  un  plus  grand 
nombre  de  pores  multiples. 

Les  Eucalyptus  diffèrent  assez  nettement  par  la  structure  des 
rayons,  pourvus  d’un  plus  grand  nombre  de  séries  dans  l’échantillon 
fossile.  Ils  sont  surtout  1-sériés  de  façon  typique,  mais  peuvent  être 
2-sériés  et  plus  rarement  3-sériés  ( E .  Dalrympleana)  4. 

La  flore  de  Myrtacées  africaines  actuelles,  géographiquement 
voisine  du  gisement  qui  a  donné  cet  échantillon  fossile,  est  essentielle¬ 
ment  constituée  par  Eugenia  et  Syzygium.  Les  caractères  de  l’échan¬ 
tillon  fossile  rappellent  les  plans  ligneux  de  la  famille  des  Myrtaceae 
dans  son  ensemble,  mais  il  est  difficile  de  l’assimiler  exactement  à 
un  genre  actuel  plus  précis.  Il  s’agit  vraisemblablement  d’une  espèce 
disparue  ou  non  décrite. 

Les  bois  fossiles  de  Myrtaceae  déjà  décrits  sont  peu  nombreux. 
Tous  appartiennent  aux  couches  tertiaires  ou  plus  récentes. 

E.  Warren  5  a  décrit  un  bois  tertiaire  ou  pléistocène  du  Natal,  en 
Afrique  du  Sud,  riche  en  parenchyme  et  qu’il  a  rapproché  de  Y  Eu¬ 
genia  cordata  Lacos. 

A.  Loubière  6  a  décrit  en  1933,  un  bois  de  Madagascar,  Euge- 
niaites  princeps  Loub.  en  le  comparant  à  Eugenia  condensata  Baker. 

1.  Kribs  D.  A.  —  1935.  —  Salient  fines  of  structural  specializatiou  in  the  wood  rays 
of  dicotyledons.  Bot.  Gaz.  96,  pp.  547-557,  1935. 

2.  Lecomte  H.  —  1926.  —  Les  bois  d’Indochine.  Agence  économique  de  l’Indochine. 
Cf.  pp.  liv  à  LVI. 

3.  Lecomte  H.  —  1922.  —  Les  bois  de  la  forêt  d’Analamazaotra.  Librairie  maritime 
et  coloniale.  Cf.  p.  43. 

4.  Welch  M.  B.  —  1924.  —  Note  on  the  structure  of  some  Eucalyptus  woods.  J. 
Proc.  Soc.  New  South  Wales,  pp.  169-176,  1924. 

1926.  —  The  wood  structure  of  certain  Eucalypts  belonging  chiefly  to  the  «  ash  » 
group.  Proc.  Roy.  Soc.  New  South  Wales ,  pp.  147-166,  pl.  IX-XII.  — 1926. 

5.  Warren  E.  —  1912.  —  On  some  specimens  of  fossil  woods  in  the  Natal  Muséum. 
Ann.  Natal  Mus.,  2-3,  345-380,  1912. 

6.  Loubière  A.  —  1933.  —  Sur  l’anatomie  comparée  et  l’âge  relatif  d’un  bois  fossile 
de  Dicotylédone  trouvé  dans  une  formation  éruptive  de  Nosy-Mitsio  (Madagascar) 
Bull.  Soc.  Géol.  Fr.,  5,  3, 1933. 


—  230  — 


R.  Krausel  1  a  pensé  devoir  lui  donner  une  autre  appellation, 
générique. 

F.  Chapman  2  a  décrit  un  bois  tertiaire  d’Australie  comparable 
aux  Eucalyptus  et  plus  spécialement  à  E.  melliodora. 

Malgré  certains  points  communs,  notre  spécimen  est  différent 
et  demande  à  être  distingué  spécifiquement.  Nous  le  désignons  sous 
le  nom  de  genre  de  Myrtoxylon,  pour  rappeler  ses  affinités,  accom¬ 
pagné  du  nom  d’espèce  de  secretans  pour  donner  son  caractère  le 
plus  important. 


III.  Diagnose. 

Myrtoxylon  secretans  n.  gen.,  n.  sp.  —  Vaisseaux  diffus  ou  en  dispo¬ 
sition  oblique  lâche,  subcirculaires,  de  taille  moyenne,  rares,  couvert  de 
ponctuations  aréolées,  opposées  ou  alternées,  en  nombre  de  25  pour  1.000  p2, 
à  perforations  simples. 

Parenchyme  peu  net,  surtout  indépendant  des  pores,  diffus  ou  sous  forme 
de  chaînettes  unicellulaires,  ou  en  courtes  bandes  peu  épaissies,  plus  impor¬ 
tantes  au  voisinage  des  canaux  secréteurs. 

Rayons  homogènes  du  type  I  de  Kribs.  Cellules  couchées  de  27-30  y.  X 
23-25  p,  X  23-25  p  avec  une  membrane  d’épaisseur  5  p. 

Fibres  trachéides  à  ponctuations  aréolées  plus  nombreuses  sur  les  parois 
tangentielles  que  sur  les  parois  radiales. 

Canaux  secréteurs  verticaux  d’origine  traumatique  à  contenu  sombre, 
alignés  en  fin  d’anneau  d’accroissement,  de  grandeur  inégale. 

Laboratoire  d’ Anatomie  comparée  des  végétaux  vivants  et  fossiles  du  Muséum. 

1.  Krausel  R.  —  1939.  - —  Ergebnisse  d.  Forschungsreisen  Prof.  E.  Stromers  in 
d.  Wüsten  Agyptens  IV.  Die  fossilen  Agyptens.  Abhandl.  Bayer  Akad.  d.  Wissenschaft. 
Math.  —  Naturw.  Abt.,  N,  F.,  Heft  47,  1939. 

2.  Chapman  F.  —  1918.  - —  On  the  âge  of  the  Bairasdale  with  a  note  on  the  included 
fossil  wood.  Proc.  r.  soc.  Victoria,  n.  s.,  31, 166-175,  1918. 


—  231  — 


Les  collections  géologiques  de  la  France  d’Outre-mer 

CONSERVÉES  AU  LABORATOIRE  DE  GÉOLOGIE  DU  MUSÉUM. 

Par  Raymond  Furon. 

Les  collections  de  la  France  d’Outre-Mer  conservées  au  Labora¬ 
toire  de  Géologie  du  Muséum  représentent  une  masse  considérable 
de  matériaux  qui  sont  venus  s’accumuler  depuis  plus  d’un  siècle. 
Ces  matériaux  sont  naturellement  de  valeur  très  inégale  et  leur 
intérêt  scientifique  a  varié  avec  le  temps. 

Comme  l’indique  son  nom  :  Muséum,  notre  Etablissement  n’est 
pas  un  Musée  dépositaire  de  dons  et  legs,  mais  un  Institut  national 
de  Recherches  scientifiques  où  l’on  étudie  des  matériaux  constituant 
une  collection. 

C’est  dans  cet  esprit  que  j’ai  remanié  et  réorganisé  les  collections 
géologiques  provenant  de  la  France  d’Outre-Mer. 

Organisation. 

Les  collections  géologiques  de  la  France  d’Outre-mer  sont  mainte¬ 
nant  rangées  de  la  manière  suivante  : 

1°  une  collection-type,  au  Laboratoire,  comportant  100  tiroirs  d’échan¬ 
tillons  représentant  les  divers  types  de  roches  et  de  fossiles,  par  ordre 
stratigraphique  dans  chaque  région. 

2°  une  exposition  permanente  à  la  Galerie  (120  vitrines  d’échantillons 
accompagnées  de  cartes  et  de  photographies). 

3°  des  réserves,  comprenant  toutes  les  collections  triées  et  groupées  par 
région. 

Au  Laboratoire,  un  fiehier  établi  et  tenu  à  jour,  permet  de  retrou¬ 
ver  immédiatement  les  matériaux  recherchés. 

La  consultation  de  ces  collections  nous  montre  le  rôle  important 
joué  par  le  Muséum  dans  la  connaissance  géologique  de  la  France 
d’Outre-Mer. 

Collections  historiques. 

Dès  le  début  de  la  reconnaissance  de  ces  pays  exotiques,  bien 
avant  leur  occupation  parfois,  des  voyageurs  ont  envoyé  leurs 
récoltes  au  Muséum  et  c’est  une  véritable  histoire  de  la  conquête 
scientifique  que  nous  avons  sous  les  yeux.  Nous  y  voyons  les  noms 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


—  232  — 


devenus  historiques  d’explorateurs  comme  Jacques  et  Savorgnan 
de  Brazza  envoyant  des  roches  du  Congo  et  du  Gabon  en  1880  ; 
de  marins  comme  Raffenel  (Soudan  et  Sénégal,  1850)  ;  de  mili¬ 
taires  comme  le  capitaine  Archinard  ou  les  colonels  Moll  et 
Tilho  ;  de  religieux  comme  Mgr  Léveillé  (de  Pondichéry)  ;  etc. 
On  y  trouve  encore  le  souvenir  des  grandes  expéditions  maritimes 
de  la  Bonite,  de  Y  Astrolabe,  de  la  Zélée  et  de  tant  d’autres. 

La  plus  ancienne  des  collections,  cataloguée  sous  le  signe  4  E  est 
celle  qui  fut  recueillie  à  Pondichéry  en  1829  par  des  officiers  de  la 
frégate  La  Chevrette. 

Nous  relevons  ensuite  :  1833.  Antilles,  collection  Guyon  (n  34)  ; 
1834.  Roches  et  fossiles  de  Madagascar,  collections  Bernier  et 
Goudot  (n  47  et  48)  1835.  Roches  d’Algérie,  collection  Milne- 
Edwards  (  n  86)  ;  1837  :  Roches  de  Guyane,  collection  de  Mme  Ri- 
voire,  sage-femme  (Et  117)  ;  1839.  Roches  de  Tahiti  (collection 
Dupetit-Thouars  (7  Q)  ;  1841.  Roches  des  Antilles,  collection  de 
Mme  Rivoire  (EJ  170)  ;  1843.  Roches  et  fossiles  de  Pondichéry, 
collection  Fontanier  (Et  176)  ;  1847.  Roches  de  Nouvelle-Calédonie, 
collection  de  Mgr  Douarre  (  Et  299),  etc. 

Collections  du  XXe  siècle. 

Les  collections  recueillies  au  xxe  'siècle  ont  été  généralement 
récoltées  avec  plus  de  soin  et  plus  de  précision.  Nous  y  retrouvons  des 
noms  familiers  au  Muséum  :  A.  Lacroix  (roches  éruptives  de  Mada¬ 
gascar  et  de  nombreuses  autres  régions)  ;  A.  Chevalier  (roches  et 
fossiles  d’Afrique  occidentale  et  équatoriale)  ;  Th.  Monod  (roches  et 
fossiles  du  Sahara)  ;  E.  Aubert  de  La  Rüe  (roches  et  fossiles  de 
l’Afrique,  de  l’Amérique  et  de  l’Océanie). 

Je  crois  devoir  donner  ici  quelques  indications  sur  la  nature  et 
l’ampleur  de  certaines  collections,  afin  de  signaler  leur  existence  aux 
usagers  éventuels.  On  cherche  trop  souvent  où  trouver  une  collec¬ 
tion-type,  ou  bien  encore  où  peuvent  se  trouver  les  matériaux  de  tel 
spécialiste  ou  de  telle  mission.  Malheureusement,  les  matériaux 
géologiques  de  la  France  d’Outre-mer  sont  inégalement  répartis 
entre  le  Muséum  (Géologie,  Paléontologie  et  Minéralogie),  la  Sor¬ 
bonne  et  l’École  des  Mines,  ce  qui  nécessite  parfois  des  recherches 
difficiles. 

Afrique  du  Nord. 

Collection  générale.  —  La  collection  générale  est  loin  d’être  com¬ 
plète. 

Collections  régionales.  —  Deux  importantes  collections  anciennes  : 
Renou,  1842  (12  A)  et  Salomon,  1860  (12  R).  Ensuite  :  St.  Meu- 


—  233  — 


nier  (17  K.  Phosphates  et  minerais  de  Tunisie),  Bédé  (17  N. 
Quaternaire  d’Algérie  et  de  Tunisie),  R.  Laffitte  (49-2.  Aurès). 

Afrique  Occidentale  et  Sahara. 

Collection  générale.  —  Une  bonne  collection  générale  couvre  toute 
la  série  stratigraphique  de  T  A.  O.  F.  :  Précambrien,  Conglomérat 
fluvio-glaciaire  situé  à  la  base  du  Cambrien,  Cambrien  à  Stromato- 
lithes  de  Mauritanie,  Soudan  et  Haute- Volta,  Ordovicien  de  Mauri¬ 
tanie,  du  Soudan  et  de  la  Guinée,  Gothlandien  à  Graptolithes  de 
Mauritanie  et  de  Guinée,  Dévonien,  Carbonifère  du  Soudan  (Tao- 
déni),  Continental  intercalaire  à  Bois  silicifiés  et  dents  de  Poissons, 
Crétacé  marin  (Cénomanien,  Turonien,  Sénonien  et  Danien  du 
Soudan  oriental  et  du  Niger),  Eocène  marin  du  Sénégal,  du  Soudan 
oriental,  du  Niger  et  du  Togo,  grès  et  argiles  du  Continental  post- 
éocène,  série  importante  de  latérites,  faunes  quaternaires  continen¬ 
tales. 

Collections  régionales.  —  Nous  citerons  ici  les  principales  collec¬ 
tions  régionales. 

Sahara  occidental  :  Th.  Monod  (42-2). 

Sahara  central  :  Chudeau  et  Villatte  (23-9). 

Sahara  oriental  :  voir  A.E.F. 

Sénégal  :  Friry  (17  X),  Dollot  (15  Z),  F.  Tessier  (49-1). 

Mauritanie  :  Chudeau  (19  S),  Furon  (32-1),  Monod  (42-2). 

Soudan  :  Desplagnes  (d  2000  et  19  F),  H.  Hubert  (19  G), 
Furon  (32-1),  Monod  (42-2),  A.  Chevalier  (32-6). 

Niger  :  Mission  Moll  (18  J),  Mission  Tilho  et  Garde  (19  U), 
A.  Chevalier  (32-6). 

Dahomey  :  H.  Hubert  (19  G). 

Togo  :  Kouriatchy  (47-1). 

Guinée  :  A.  Chevalier  (16  Z),  A.  Lacroix  (16  L),  Sinclair 
(24-14),  Chautard  (19  R),  R.  Furon  (42-1), 

Côte  d’ivoire  :  A.  Chevalier  (16  Z),  H.  Hubert  (19  G). 

Afrique  Équatoriale. 

Collection  générale.  —  La  collection  générale  couvre  la  série 
stratigraphique  :  Précambrien  du  Congo  et  du  Gabon,  Tillite  de  base 
du  Primaire,  Série  schisto-calcaire  (Cambrien-Silurien  ?),  Série 
sehisto-gréseuse  (Dévonien  ?),  grès  sublittoraux  (Crétacé  inférieur), 
Grès  polymorphes  du  Congo,  Crétacé  marin  du  Gabon  et  du  Congo, 
série  importante  de  latérites. 


i 


—  234 


Collections  régionales  : 

Gabon  :  R.  Furon  (31-1),  Devigne  (50-4). 

Congo  :  Fourneau  et  Lenfant  (16  U),  Aubert  de  La  Rüe 
(37-6),  Babet  (47-2).  . 

Oubangui  :  A.  ChevALiER  (16  Z),  V.  Babet  (47-1). 

Tchad  :  A.  Chevalier  (16  Z). 

Sahara  oriental  (Ouada'i,  Darfour,  Tibesti)  :  Mission  Tilho  (20  B), 
L4  Grossard  (24-18),  A.  Chevalier  et  C4  Ogier  (32-6),  Mission 
Dalloni  (47-3). 

Collections  historiques  :  Savorgnan  de  Brazza  (  n  1268),  Jacques 
de  Brazza  (  n  1538),  Barrat  (16  C). 


Côte  des  Somalis. 

Coll.  E.  Aubert  de  La  Rüe  (Roches  éruptives  et  Mollusques 
quaternaires)  (38-6). 

Madagascar. 

Collection  générale.  —  La  série  est  incomplète. 

Collections  régionales.  —  A,  Lacroix  (16  L)  (roches  éruptives)  ; 
Colcanap  (19-E)  ;  Decary  (23-7)  ;  A.  Lenoble  (34-5)  ;  Mme  E. 
Basse  de  Menorval  (49-3)  (Crétacé  supérieur  du  SW). 


Réunion. 

Collection  A.  Lacroix  (16  L)  et  37-1. 

Iles  Kerguelen. 

Collections  Rallier  du  Baty  (d  2153)  et  E.  Aubert  de  La  Rüe 
(50-1). 

Inde  Française. 

Fossiles  du  Crétacé  supérieur  (Coll.  Fontanier,  1843,  n  227), 
Eocène  à  Assilines  et  Orthophragmines,  Bois  silicifiés  post-éocènes. 

Indochine. 

Collection  générale.  —  Très  incomplète. 

Collections  régionales.  — -  Margheriti  (25-5),  Fromaget  (27-6  et 
30-4),  E.  Patte  (37-2,  fossiles  du  Primaire).  Dupuis  et  Guyon  de 
Pontouraude  (n  1602  et  1615,  végétaux  du  Trias). 


—  235  — 


Saint-Pierre  et  Miquelon. 

Collection  E.  Aubert  de  La  Rüe  (36-7  et  41-1). 

Antilles. 

Collection  A.  Lacroix  (25-2,  Montagne  Pelée). 

Guyane. 

Collection  E.  Aubert  de  La  Rüe  (1951). 

Nouvelle  Calédonie. 

Collection  générale.  ■ — -  Très  incomplète. 

Collections  :  Piroutet  (21-10,  très  petite  collection,  sans  rapport 
avec  la  grande  collection  Piroutet  dont  on  ignore  le  sort).  E. 
Aubert  de  La  Rüe  (36-8). 

Nouvelles  Hébrides. 

Collection  E.  Aubert  de  La  Rüe  (Roches  éruptives,  Tertiaire  et 
Quaternaire  (51-3). 

Terre  Adélie. 

Collection  Tchernia  (51-1). 

Telles  sont  les  principales  collections  géologiques  de  la  France 
d’Outre-Mer  conservées  au  Laboratoire  de  Géologie  du  Muséum. 
On  voit  que,  malgré  leur  importance,  elles  ne  représentent  qu’une 
faible  partie  de  ce  que  serait  une  collection  complète.  En  l’absence 
de  tout  organisme  de  commandement  et  de  coordination,  les  collec¬ 
tions  recueillies  par  trois  générations  de  chercheurs  ne  sont  groupées 
dans  aucun  établissement.  Plusieurs  ont  été  perdues,  d’autres  ont 
été  détruites  comme  celles  du  Service  Géologique  de  l’Indochine  à 
Hanoï. 

Il  serait  souhaitable,  tant  au  point  de  vue  historique  que  scienti¬ 
fique,  de  voir  groupées  des  collections  complètes  des  territoires  de 
la  France  d’Outre-Mer. 


Laboratoire  de  Géologie  du  Muséum. 


—  236  — 


Contribution  a  l'étude  hydrogéologique 

DU  BASSIN  DE  PARIS. 

Troisième  Supplément  1. 

Par  R.  Abrard. 

PROFESSEUR  AU  MUSÉUM 


Cher. 


Blancafort.  —  Forage  de  la  commune  exécuté  en  1950  par  les 
Fils  de  Lefèvre  Frères  de  Quiévrecliain,  à  la  cote  180  environ. 


Conglomérat  résiduaire  à  grands  éléments 

de  silex. . . . . . . 

Glaise  blanche  sèche  avec  cailloux.  .  . 
Tuffeau  avec  cailloux  à  la  partie  supé¬ 
rieure  . 

Marne  grise  puis  marne  blanche  avec 

silex . . 

Marnes  à  Ostracées  cénomaniennes . 

J  -2  §  /  Calcaires  gris  avec  passages  mar- 

S  £  o  )  neux  et  silex . 

a  a  ®  !  Marnes  grisâtres  au  sommet, 

^  S  ■§  V  glauconieuses  à  la  base . 

Sables  de  la  Puisaye,  ligniteux  à  la  base  avec 
plaquettes  gréseuses  et  màrcasite . 


de  0,00  à  11,80  sur  11,80 


11,80 

14,00 

2,20 

14,00 

20,80 

6,80 

20,80 

22,60 

22,60 

50,50 

1,80 

27,90 

50,50 

81,75 

31,25 

81,75 

144,50 

62,75 

144,50 

160,00 

15,50 

L’eau,  rencontrée  à  154  m.  de  profondeur  remonte  à  58  m. 
A  19  m3  h.  le  niveau  dynamique  s’établit  à  66  m.  Pas  d’entraîne¬ 
ment  de  sable  ;  dispositif  fdtrant  annulaire  de  99  m.  à  153  m.  80. 

Villequiers.  —  Un  forage  exécuté  par  Portet  en  1927  dans  la 
propriété  du  comte  de  Scoraille,  à  la  cote  215  environ,  a  une  profon¬ 
deur  de  155  m.  avec  un  diamètre  au  fond  de  360  mm.  La  coupe  de 
détail  relevée  par  le  foreur  montre  une  alternance  plus  ou  moins 
régulière  de  calcaires  gris  et  de  marnes  compactes  dans  laquelle  on 
ne  peut  établir  la  limite  des  assises.  Il  semble  que  leur  presque 
totalité  doit  être  attribuée  au  Bathonien,  mais  il  est  possible  qu’à  la 
partie  supérieure,  il  y  ait  du  Callovien  et  qu’à  la  base  des  marnes 
de  7  m.  50  d’épaisseur  soient  à  rapporter  au  Bajocien  supérieur. 
Débit  pratiquement  nul. 


1.  Voir  Annales  des  Mines,  t.  XI,  5e  livr.,  p.  437-480  ;  6e  livr.,  p.  537-609,  1937.  — 
T.  XII,  1™  livr.,  p.  3-35, 1938.  —  T.  XV,  6e  livr.,  p.  135-167,  1939. 

Bulletin  du  Muséum,  29  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


—  237  — 


Oise. 

Bornel.  —  Puits  exécuté  en  1951  par  Huillet  et  fils  pour  un 
syndicat  de  communes,  dans  la  vallée  de  l’Esches,  à  la  cote  60. 


Argile  tourbeuse  ...  ; .  de  0,*00  à  0,80  sur  0,80 

Tourbe .  0,80  1,20  0,40 

Alluvions  tourbeuses . 1,20  2,00  0,80 

Alluvions  à  grands  éléments .  2,00  5,00  3,00 

Craie  ébouleuse  avec  nombreux  silex .  5,00  7,60  2,60 

Craie  compacte . .  7,60  fond  du  puits 


Diamètre,  2  m.  Débit  en  1951,  260  m3  h.  fourni  par  les  alluvions 
récentes  et  la  partie  supérieure  de  la  craie.  Niveau  statique  à  1  m. 
de  profondeur.  Niveaux  dynamiques  :  5  m.  à  120  m8  h.  ;  5  m.  50  à 


150  m3  h.  ;  6  m.  à  220  m.3  h.  ;  6 

m.  20  à  260 

m3  h.  en 

1951. 

Noyon.  —  Puits  de  la  ville  exécuté  en  1950  dans 

la  vallée 

de  la 

Verse  au  lieudit  «  l’Isle-Adam  », 

à  la  cote  40. 

Remblais . 

.  de 

0,00  à 

1,00  sur 

1,00 

Terre  végétale. . 

1,00 

2,70 

1,70 

Tourbe  terreuse . 

2,70 

3,70 

1,00 

Sable  des  alluvions  récentes . 

3,70 

4,20 

0,50 

Tourbe  . 

4,20 

7,75 

3,55 

Sables  de  Bracheux . 

7,75 

16,00 

8,25 

Craie . 

16,00 

27,10 

11,10 

Au  fond  du  puits,  trois  galeries  eq  direction  du  SSE,  du  NNE  et 
de  l’ESE,  longues  respectivement  de  10  m.  10,  9  m.  25  et  5  m.  05. 
Débit  en  octobre  1950,'  200  m3  h.  fourni  par  les  circulations  diacla- 
siennes  de  la  craie,  les  eaux  des  nappes  superficielles  étant  éliminées. 


Seine-et-Marne. 


Champs-sur-Marne.  —  Forage  communal  exécuté  en  1950  à  la 
cote  43. 

Terre  végétale  sableuse .  de  0,00  à  0,40  sur  0,40 

Alluvions  sableuse  et  graveleuses .  0,40  9,00  8,60 

Marnes  du  gypse .  9,00  17,00  8,00 

Calcaire  de  Saint-Ouen .  17,00  27,50  10,50 

Sables  de  Beauchamp  avec  argile  à  la  base.  27,50  36,00  18,50 

Calcaire  grossier .  36,00  65,00  29,00 

Sparnacien  argilo-sableux . .  65,00  66,00  1,00 


Diamètre  intérieur,  780  mm.  au  sol,  450  mm.  au  fond. 

Niveau  statique  à  5  m.  25  de  profondeur.  A  30  m3  h.,  niveau  dyna 
mique  à  7  m.  10  et  à  80  m3  h.,  à  9  m.  40  en  avril  1950.  Eau  limpide 
à  30  m3  h.,  un  peu  de  sable  à  80  m3  h. 


—  238  — 


La  Chapelle-Saint-Sulpice.  —  Forage  communal  à  la  cote  140. 


Terre  végétale .  de 

0,00  à 

0,50  sur 

0,50 

Calcaire  de  Champigny . 

0,50 

21,00 

20,50 

Calcaires  pouvant  être  attribués  au  Barto- 
nien  et  au  Lutétien . 

21,00 

43,00 

22,00 

Marne  crayeuse  blanche . 

43,00 

49,15 

6,15 

Marne  sableuse  grisâtre . 

49,15 

55,05 

5,90 

Sable  argileux,  très  ténu,  grisâtre . 

55,05 

68,20 

13,15 

Argile  sableuse,  puis  argile  grise  avec  petit 
gravier  aquifère . 

68,20 

75,40 

7,20 

Les  quatre  assises  inférieures  représentent  le  Sparnacien.  Avant- 
puits  de'  16  m.  sur  1  m.  50  de  diamètre.  Diamètre  au  fond  du  forage 
280  mm.  Niveau  statique  de  l’eau  à  32  m.  Niveau  statique  le  plus 
bas,  39  m.  t  pas  de  renseignements  sur  le  débit  qui  est  fourni  par  le 
gravier  inférieur. 

Échouboulains.  —  Puits  de  la  «  Maison  des  Ailes  »,  exécuté  par 
M.  Morin  à  la  cote  125  environ. 


Terre  végétale  et  limon . 

Calcaire  de  Brie,  Sannoisien  supérieur 
Marnes  vertes,  Sannoisien  inférieur.  .  . 
Calcaire  de  Champigny . 


0,00  à 

2,50  sur 

2,50 

2,50 

10,00 

7,50 

10,00 

16,00 

6,00 

16,00 

34,40 

18,40 

Niveau  statique  à  30  m.  de  profondeur  ;  débit  peu  important  pro¬ 
venant  du  calcaire  de  Brie,  en  juin  1947  ;  on  envisageait  le  prolonge¬ 
ment  par  forage  jusqu’à  la  nappe  sparnacienne,  qui  doit  être  ren¬ 
contrée  à  80-90  m. 


Réau-Villaroche.  —  Forage  de  la  S.N.E.C.M.A.  exécuté  en  1951- 
1952  par  Forages  et  Matériel  à  la  cote  85  environ. 


Terre  végétale . 

Limon  des  plateaux. .  . . 

Formations  de  la  Brie.  Sannoisien  supérieur. 

Marnes  vertes.  Sannoisien  inférieur . 

Calcaire  de  Champigny . 

Marnes  et  calcaires  marneux  bartoniens  et 
et  lutétiens . 


0,00  à 

0,50 

sur  0,50 

0,50 

1,90 

1,40 

1,90 

14,00 

12,10 

14,00 

24,50 

10,50 

24,50 

59,10 

34,60 

59,10 

70,10 

11,00 

Débit,  70  m3  h.  fourni  par  les  diaclases  du  calcaire  de  Champigny. 
Un  premier  forage  profond  de  60  m.  25  et  dont  la  coupe  est  pratique¬ 
ment  identique,  a  un  débit  de  35  m3  h.  également  fourni  par  le 
calcaire  de  Champigny. 

Sàmois.  —  Forage  communal  exécuté  en  1921-1922,  à  la  cote 
93,80. 

Sables  de  Fontainebleau .  de  0,00  à  10,00  sur  10,00 

Calcaire  de  Brie  supérieur .  10,00  à  13,80  3,80 


—  239 


Marne  verte. . . 

13,80 

17,25 

3,45 

Calcaire  de  Brie  inférieur. . . 

.17,25 

20,50 

3,25 

Marne  verte  avec  calcaire  tendre . 

20,50 

29,20 

8,70 

Calcaire  de  Champigny.  . . 

29,20 

51,70 

22,50 

Calcaire  bartonien . 

51,70 

63,60 

11,90 

Sparnacien  formé  surtout  de  marnes  et 
d’argiles . 

63,60 

72,68 

9,08 

Diamètre  au  fond,  202  mm.  Niveau  statique  à  51 

m.  15. 

Venues 

d’eau  dans  le  Sparnacien  à  64  m.  et  à  68  m.  50. 

La  présence  d’une  intercalation  de  marnes  vertes  dans  le  calcaire 
de  Brie  a  déjà  été  signalé  à  Avon  1. 

Tousson.  —  Puits  foré  communal  exécuté  en  1906-1907  à  la 
cote  120. 


Terre  végétale. . 

2,00 

sur  2,00 

Calcaire  de  Beauce . 

.  2,00 

20,00 

18,00 

Sables  de  Fontainebleau . 

.  20,00 

66,30 

46,30 

Calcaire  de  Brie . 

.  46,30 

48,30 

2,00 

Marne  blanchâtre . 

.  48,30 

52,50 

4,20 

Calcaire  très  dur . 

.  52,50 

fond 

de  forage 

Niveau  statique  de  l’eau  à  55  m.  de  profondeur.  Niveau  dynamique 
à  63  m.  50  pour  un  débit  de  8  m3  h. 


Seine-et-Oise. 

Auffargis.  —  Forage  communal  exécuté  par  Brochot  en  1928  à 
la  cote  160  environ. 


Terre  végétale  . . . .  de  0,00  à  2,50  sur  2,50 

Sables  de  Fontainebleau .  2,50  56,80  54,30 

Marnes  vertes .  56,80  70,00  13,20 

Calcaires  de  Champigny  et  de  Saint-Ouen..  .  70,00  96,00  26,00 

Sparnacien .  96,00  120,00  24,00 

Craie  sénonienne .  120,00  127,00  7,00 


Le  Sparnacien  presque  entièrement  argileux  présente  des  débris 
de  Mollusques  entre  104  et  110  m.  et  une  assise  de  silex  et  gravier 
entre  114  et  117  m.  Tubage  de  330  mm.  au  départ  et  de  160  mm. 
à  la  base. 

Cehnay-la- Ville.  —  Forage  communal  exécuté  en  1928,  à  la 


cote  175. 

Limon  et  terrains  remaniés . 

.  de  0,00  à 

14,80 

sur  14,80 

Argiles  à  meulières  de  Beauce . 

.  14,80 

26,50 

11,70 

Sables  de  Fontainebleau . 

.  26,50 

60,30 

33,80 

Marnes  vertes . 

.  60,30 

70,50 

10,20 

1.  Bull.  Muséum,  p.  126-129,  1952. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953.  16 


—  240  — 


Calcaire  de  Champigny . 

.  70,50 

105,00 

34,50 

Sparnacien  sableux . 

.  105,00 

108,00 

3,00 

Sparnacien  argileux  et  marneux . 

.  108,00 

124,00 

16,00 

Craie  blanche  à  silex . 

.  124,00 

127,75 

3,75 

Tubage  de  280  mm.  de  diamètre 

au  départ  et  de 

120  mm. 

au  fond. 

Débit  calculé  de  5  m3  111  à  6  m3  300  à,  l’heure  en  octobre  1928. 
Remontées  de  sable  gris  en  1930.  Ensablé  et  abandonné. 

Eaubonne.  —  Forage  de  l’Hôpital  général  exécuté  par  Brochot  à  la 
cote  55  environ. 

Sables  de  Marines .  de  0,00  à  15,00  sur  15,00 

Calcaire  de  Saint-Ouen .  15,00  23,70  8,70 

Sables  de  Beauchamp .  23,70  28,30  4,60 

Niveau  statique  à  18  m.  Niveau  dynamique  à  24  m.  au  débit  de 
20  m3  h.  en  février  1950.  Degré  hydrotimétrique  6°,  paraît  faible, 
à  vérifier. 


Gonesse.  —  Forage  de  la  Société  Française  de  Distribution  d’Eau, 
exécuté  par  Portet  en  1926,  à  la  cote  45. 


Terre  végétale  et  remblai . 

.  de  0,00 

à  2,10  sur 

2,10 

Tuf . 

2,10 

2,80 

0,70 

Tourbe  et  argile  tourbeuse . 

2,80 

9,20 

6,40 

Sables  de  Beauchamp  avec  galets  roulés.  .  . 

9,20 

12,20 

3,00 

Calcaire  grossier, . 

12,20 

42,80 

30,60 

Sables  cuisiens  et  sparnaciens. . . 

42,80 

60,00 

17,20 

lre  nappe  artésienne  dans  le  Calcaire 

grossier  à 

22  m.  50  de 

pro- 

fondeur  ;  8  m3  h.  ;  2e  nappe  artésienne  dans  le  Calcaire  grossier  à 
24  m.  50  ;  36  m3  h.  ;  3e  nappe  artésienne  dans  les  sables  inférieurs 
entre  42,80  et  45  m.  ;  42  m3  h.  à  1  m.  50  au-dessus  du  sol  ;  titre 
hydrotimétrique  de  l’eau,  42°. 


Goussainville.  —  I.  Forage  Savouret  à  la  cote  55. 


Terre  végétale  et  tourbe . 

4,00  sur 

4,00 

Calcaire  grossier  supérieur . 

.  4,00 

19,00 

15,00 

Calcaire  grossier  moyen . 

.  19,00 

27,50 

8,50 

Calcaire  grossier  inférieur . 

.  27,50 

34,00 

6,50 

Sables  de  Cuise  et  Sparnacien . 

.  34,00 

49,00 

15,00 

Chiffres  modifiés  en  ce  qui  concerne  la  cote  des  sables  de  Cuise 
donnée  comme  16. 

lre  nappe  artésienne  remontant  à  la  surface  à  la  cote  42  dans  le 
Calcaire  grossier  supérieur. 

2e  nappe  artésienne  à  la  cote  36,  à  la  base  du  Calcaire  grossier 
supérieur  ;  2  m3  h.  400. 

3e  nappe  artésienne  à  la  cote  30,  dans  le  Calcaire  grossier  moyen  ; 
66  m3  h. 


241  — 


II.  Puits  de  la  Sucrerie  à  la  cote  85. 


Calcaire  de  Saint-Ouen . 

7,00  sur 

7,00 

Sables  de  Beauchamp . 

.  7,00 

21,00 

14,00 

Calcaire  grossier  supérieur . 

.  21,00 

39,00 

18,00 

Calcaire  grossier  moyen . .  .  .  .  . 

.  39,00 

49,00 

10,00 

Calcaire  grossier  inférieur . 

.  49,00 

49,00 

10,00 

Calcaire  grossier  inférieur . 

.  49,00 

56,00 

7,00 

Tête  des  sables  de  Cuise . 

.  à  56,00 

Débit  50  m3  h.  Une  nappe  artésienne  a  été  rencontrée  dans  le 
Calcaire  grossier  supérieur  à  la  cote  58. 


III.  Forage  de  l’Association  du 
Noues,  à  la  cote  92,  exécuté  en  1934. 

lotissement  de 

la  Grange-des- 

Terre  végétale . 

.  de  0,00  à 

3,00  sur 

3,00 

Calcaire  de  Saint-Ouen . 

.  3,00 

14,30 

11,30 

Sables  de  Beauchamp . 

.  14,30 

25,60 

11,30 

Calcaire  grossier  supérieur . 

.  25,60 

43,60 

18,00 

Calcaire  grossier  moyen . 

.  43,60 

53,10 

9,50 

Calcaire  grossier  inférieur . 

Sables  de  Cuise  et  Sparnacien  avec 

.  53,10 

argiles 

60,60 

7,50 

variées . 

.  60,60 

72,00 

11,40 

Avant-puits  de  32  m.  L’eau  remonte  à  30  m.  du  sol.  Ensablé  et 
abandonné.  Diamètre  de  l’avant-puits  1  m.  20  ;  du  forage,  550  mm. 

IV.  Puits  de  la  Ferme  du  lotissement  de  la  Grange-des-Noues,  à 
la  cote  92.  Diamètre  1  m.  20.  Profond  de  33  m.  50  y  compris  un 
forage  de  2  m.  20.  Pénètre  de  5  m.  dans  le  Calcaire  grossier  après 
avoir  traversé  11  m.  50  de  Calcaire  de  Saint-Ouen  et  la  même 
épaisseur  de  sables  de  Beauchamp.  Une  galerie  de  3  m.  environ 
dans  le  Calcaire  grossier.  Nappe  à  la  cote  62,40.  Débit  5  à  6  m3  h. 

V.  Puits  de  Beau-Site,  lotissement  de  la  Grange-des-Noues,  à  la 
cote  102.  Traverse  le  Calcaire  de  Saint-Ouen  et  les  sables  de  Beau- 
champ,  11  m.  50  environ  pour  chaque  formation.  Profondeur 
37  m.  80  après  approfondissement  dans  le  Calcaire  grossier  supérieur. 
Débit  20  m3  h.  environ. 


Mériel.  —  Forage  de  la  Société  Française  de  Distribution 
d’Eau,  exécuté  en  1933,  à  la  cote  25. 


Terre  végétale . 

de  0,00  £ 

i  0,50 

sur  0,50 

Alluvions  à  l’état  de  sables  argileux . 

0,50 

4,50 

4,00 

Alluvions  graveleuses  de  l’Oise . 

4,50 

13,00 

8,50 

Sables  de  Cuise  et  sables  sparnaciens . 

13,00 

37,00 

24,00 

Argile  sparnacienne  avec  Mollusques . 

37,00 

39,00 

2,00 

Argile  sparnacienne  bleue . 

39,00 

43,00 

4,00 

Argile  sparnacienne  jaune . 

43,00 

48,00 

5,00 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n° 

2,  1953. 

16* 

—  242 


Marne  compacte  avec  banc  de  calcaire .  48,00  54,00  6,00 

Craie  blanche  à  silex .  54,00  78,50  24,50 

Craie  grise  à  silex .  78,50  151,50  73,00 


Eau  ascendante,  niveau  statique  à  6  m.  du  sol.  ^Niveau  dynamique 
à  50  m.  pour  un  débit  de  20  m3  h.  Titre  hydrotimétrique  de  l’eau,  70°. 

IL  Puits  de  la  Société  Française  de  Distribution  d’Eau,  en  1951, 
à  40  m.  de  la  berge  de  l’Oise,  à  la  cote  26,40. 


Terre  végétale . 

.  .  .  .  de  0,00 

à  0,80  sur 

0,80 

Alluvions  sèches . . 

0,80 

1,65 

0,85 

Alluvions  à  petits  éléments . 

....  1,65 

6,15 

4,50 

Alluvions  sableuses  et  graveleuses . 

_  6,15 

9,15 

3,00 

Sables  de  Cuise . 

_  9,15 

12,15 

3,00 

Sables  rapportés  au  Sparnacien . 

. . . .  12,15 

16,05 

3,90 

Avant-puits  cimenté  et  étanche  jusqu’à  6  m.  75  ;  système  filtrant 
de  8  m.  05  à  9  m.  15  et  dans  les  sables  inférieurs.  Niveau  statique  à 
3  m.  25  du  sol.  Niv.  dyn.  à  3  m.  90  pour  un  pompage  à  92  m3  h.  et 
à  13  m.  87  pour  un  pompage  à  104  m3  h.  Pas  de  germes  suspects, 
titre  hydrotimétrique  de  l’eau,  44  0  5. 


Rambouillet.  —  Puits  foré  exécuté  pour  la  ville  par  Lippmann, 
à  la  cote  140.  • 


Terre  végétale.. . 

Marne  blanche . 

Tourbe . 

Alluvions,  sable  et  silex. .  .  . 
Sables  de  Fontainebleau.  .  . 

Calcaire  grossier . 

Sparnacien,  marne  blanche 


0,00  i 

i  1,80 

sur  1,80 

1,80 

2,50 

0,70 

2,50 

2,80 

0,30 

2,80 

6,24 

3,44 

6,24 

42,71 

36,47 

42,71 

46,42 

3,71 

46,42 

47,16 

0,74 

L’eau  remontait  à  0  m.  15  du  sol,  à  la  cote  139,85. 


Rueil-Malmaison.  —  La  Société  Lyonnaise  des  Eaux  et  de 
l’Eclairage  a  fait  exécuter  en  1948,  six  forages  principaux  en  deux 
alignements  perpendiculaires  au  lieudit  «  les  Martinets  ».  Leur 
profondeur  varie  de  31  à  45  m.  avec  un  diamètre  de  0  m.  450  et 
avant-puits  de  1  m.  02  de  diamètre  jusqu’au  contact  des  alluvions 
et  de  la  craie  qui  est  rencontrée  vers  11  m.  50  à  12  m.  La  nappe 
alluviale  est  éliminée.  Voici  les  coupes  de  deux  de  ces  forages. 


I.  Forage  n°  II  à  l’usine  des  Martinets,  à  la  cote  25,20. 


Terre  végétale.. . . . 

Argile  beige  ...  . . 

Alluvions  graveleuses  et  sableuses  jaunes .  . 
Craie  fissurée . 


de  0,00 

à  1,50 

sur  1,50 

1,50 

2,50 

1,00 

2,50 

11,70 

9,20 

11,70 

35,00 

24,30 

243  — 


IL  Forage  n°  II  à  la  Station  des  Cantorum,  à  la  cote  25  environ. 


Terre  végétale .  de  0,00 

Alluvions  graveleuses  et  sableuses  jaunes..  0,40 

Alluvions  sableuses  jaunes . 4,00 

Alluvions  graveleuses  et  sableuses  jaunes..  5,50 

Craie  fissurée .  11,80 

Bancs  de  silex  à  35  et  à  38  m. 


à  0,40  sur  0,40 


4,00 

5,50 

11,80 

40,00 


3,60 

1,50 

6,30 

38,20 


Craie  très  aquifère  dans  tous  les  forages  ;  eau  ascendante  avec 
niveau  statique  entre  4  m.  et  4  m.  50  au-dessous  du  sol.  En  pompant 
à  200  m3  h.  le  niveau  dynamique  s’établit  à  1  m.  90  au-dessous  du 
plan  statique.  Eau  de  qualité  satisfaisante  avec  45  germes  banaux  au 
cm3.  Titre  hydrot.  42°,  d’après  analyse  de  l’i 

Survilliers.  —  Puits  communal  exécuté 

Terre  végétale  et  limon, . 

Sables  de  Beauchamp . 

Calcaire  grossier . . 

Sables  de  Cuise  et  Sparnacien. . . 

Ensablé,  débit  3  m3  h.  en  1951. 

II.  Distillerie,  1er  forage  à  la  cote  120. 

Calcaire  grossier .  de  0,00  à  35,00  sur  35,00 

Sables  de  Cuise  et  Sparnacien .  35,00  72,70  37,70 

Ensablé,  débit  ancien  22  m3  h. 


eau  du  forage  n° 

4. 

en  1911 

à  la  cote  123. 

0,00  à 

3,00  sur 

3,00 

3,00 

7,95 

4,95 

7,95 

38,50 

30,55 

38,50 

55,60 

17,10 

III.  Distillerie,  2e  forage  à  la  cote  120. 


Sables  de  Beauchamp .  . 

à  3,50 

sur  3,50 

Calcaire  grossier . 

.  3,50 

35,50 

32,00 

Sables  de  Cuise . 

.  35,50 

47,00 

11,50 

Sparnacien . 

.  47,00 

61,00 

14,00 

Deux  nappes,  l’une 

dans  les  Sables  de  Cuise,  l’autre  dans  le  Spar- 

nacien,  séparées  par  une  assise  argileuse  entre  49  et  55  m.  Débit 
total,  16  à  22  m3  h. 


IV.  Cartoucherie  Française, 

1er  forage  à  la  cote 

151. 

Terre  végétale  et  limon . 

.  de  0,00 

à  6,50 

sur  6,50 

Marnes  du  gypse . 

.  6,50 

15,50 

9,00 

Calcaire  de  Saint-Ouen . 

.  15,50 

27,20 

11,70 

Sables  de  Beauchamp . 

. ...' .  27,20 

40,90 

13,70 

Calcaire  grossier . 

. .  40,90 

72,20 

31,30 

Sables  de  Cuise . 

.  72,20 

84,95 

12,75 

Sparnacien . 

.  84,95 

160,90 

75,95 

Le  Sparnacien  formé  de  sables  et  d’argiles  présente  une  assise  de 


244  — 


calcaire  blanc  entre  111  m.  62  et  118  m.  67  et  une  argile  bleue 
schisteuse  entre  128  et  155  m. 

Ensablé,  débit  ancien  25  m3  h. 

V.  Cartoucherie  Française,  2e  forage  à  la  cote  151. 


Terre  végétale  et  limon . 

à  5,00 

sur  5,00 

Marnes  du  gypse . 

.  5,00 

17,40 

12,40 

Calcaire  de  Saint-Ouen . 

.  17,40 

28,90 

11,50 

Sables  de  Beauchamp . 

.  28,90 

38,10 

9,20 

Calcaire  grossier . 

.  38,10 

72,00 

33,90 

Sables  de  Cuise . 

.  72,00 

79,00 

7,00 

Sparnacien . 

.  79,00 

109,00 

30,00 

Une  nappe  dans  les  Sables  de  Cuise  et  une  dans  le  Sparnacien, 
séparées  par  une  couche  d’argile  noire  comprise  entre  79  m.  et 
86  m.  75.  Calcaire  crayeux  blanc  au  fond  du  forage.  Débit  total 
22  m3  h. 

Deux  autres  forages  de  la  Cartoucherie  Française  ont  été  publiés 
par  G.  F.  Dollfus  1  et  par  R.  Soyer 1  2. 

Le  Thillay.  —  Forage  à  la  cote  54,60. 


Terre  végétale . . 

de  0,00 

à  1,50 

sur  1,50 

Calcaire  grossier  supérieur . 

1,50 

13,50 

12,00 

Calcaire  grossier  moyen . 

13,50 

21,50 

8,00 

Calcaire  grossier  inférieur . . . 

21,50 

25,60 

4,10 

Sables  de  Cuise . 

25,60 

30,10 

4,50 

Sparnacien  marno-sableux  et  ligniteux  avec 
grès  à  la  partie  supérieure . 

30,10 

46,00 

15,90 

1.  Bull.  Serv.  Carte  Géol.  France ,  t.  XXII,  n°  133,  p.  28-29,  1911-1912. 

2.  Ibid.,  t.  XLVII,  n°  226,  p.  28-29,  1949. 


Hydrogéologie  du  Lutétien  —  Le  Vexin 

(9e  note). 


Par  L.  Feugueur  et  R.  Soyer. 


Au  nord-ouest  de  l’ Ile  de  France,  dans  le  quadrilatère  compris 
entre  l’Oise,  la  Seine,  l’Epte  et  le  pays  de  Thelle,  un  grand  massif 
lutétien  isolé  par  les  vallées  profondes  des  grands  cours  d’eau  occupe 
le  Vexin  français,  l’Arthies  et  la  partie  orientale  du  Vexin  normand. 

Le  Lutétien  est  bien  développé  dans  cette  région,  où  il  présente 
ses  quatre  termes  habituels.  Vers  le  nord,  le  niveau  supérieur  des 
Marnes  et  Caillasses  a  une  épaisseur  plus  réduite  tandis  que  la  terme, 
inférieur  :  le  Calcaire  grossier  inférieur  atteint  une  puissance  notable  : 
plus  de  15  m.  Vers  le  sud,  où  le  Lutétien  a  encore  26  m.  d’épaisseur, 
l’accroissement  des  assises  supérieures  compense  l’amincissement 
des  calcaires  inférieurs  glauconieux. 

Les  calcaires  forment  un  encorbellement  au-dessus  du  substratum 
cuisien,  dans  le  sud,  l’ouest  et  le  nord  du  Vexin,  et  le  contact  des 
étages  s’opère  bien  au-dessus  du  plan  hydrostatique  général.  Dans 
l’est,  sous  l’influence  du  synclinal  de  la  Seine,  qui  emprunte  la  vallée 
de  la  Viosne  et  traverse  le  Vexin  suivant  son  grand  axe,  le  Lutétien 
est  abaissé,  et  sa  base  disparaît  au-dessous  des  alluvions  entre 
Pontoise  et  Carrières  sous  Poissy. 

L’horizon  panisélien,  que  l’on  croyait  autrefois  généralisé  à  la 
base,  dans  le  nord  du  Vexin,  ne  paraît  pas  s’étendre  jusqu’à  Cor- 
meilles  en  Vexin  et  n’est  connu  avec  certitude  qu’à  Ronquerolles  1. 

Entre  le  Vexin  français  et  l’Arthies,  l’influence  puissante  de 
l’anticlinal  de  Vigny  fait  réapparaître  une  longue  et  étroite  bande 
de  craie  campanienne  dans  la  vallée  de  l’Aubette. 

L’abaissement  du  Calcaire  grossier  inférieur  est  insuffisant  toute¬ 
fois  pour  qu’une  communication  avec  les  autres  massifs  lutétiens 
s’effectue  sous  le  lit  des  cours  d’eau,  dont  les  alluvions  Reposent  sur 
un  substratum  cuisien  ou  sparnacien  à  Pontoise,  Saint-Ouen-1’ Au¬ 
mône,  et  dans  les  méandres  d’Achères,  de  Carrières-sous-Poissy 
et  Meulan. 

Le  Lutétien  du  Vexin  et  ses  dépendances  forme  ainsi  une  unité 
hydrogéologique  bien  individualisée,  et  sans  aucune  communication 
avec  l’intérieur  de  l’ Ile  de  France. 

Les  Marnes  et  Caillasses  sont  plus  ou  moins  décapées  à  la  péri¬ 
phérie  du  massif,  mais  sur  les  deux  versants  de  la  Viosne  un  recou- 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


246  — 


vrement  épais  de  sédiments  bartoniens  que  surmontent  parfois  des 
dépôts  oligocènes  constituant  des  buttes  élevées  (B.  de  Marines,  de 
Rosne,  de  Grisy-les-Plâtres,  de  Cormeilles,  etc.),  fornte  une  couver¬ 
ture  protectrice  occupant  environ  la  moitié  de  la  superficie  de  cette 
région. 

Puits  et  forages.  '  ' 

Quelques  puits  et  forages  ont  été  exécutés,  avec  plus  ou  moins  de 
succès,  dans  quelques  localités  du  Vexin. 


I.  Vexin  Français. 

Vallée  et  rive  droite  de  la  Viosne. 


1.  Pontoise.  —  Forage  dans  le  Jardin  de  la  ville,  par  R.  Brochot 
en  1930-31. 


Sol  vers  +  60. 

Lutétien  sur  33  m.,  de  +  50  à  -j-  17. 


Pas  d’eau  signalée. 

Dans  un  autre  puits  de  la  ville,  le  contact  Cuisien- Lutétien  se 
ferait  à  la  cote  +  31  (I,  p.  35). 


2.  Osny.  —  Deux  puits  communaux  ont  été  récemment  forés 

(I,  P.  35). 

Puits  n°  1.  —  Sol  vers  +  50. 

Lutétien  (C.G.I)  sur  11  m.  85  de  +  50,00  à  -f-  38,15. 

Le  puits  est  prolongé  par  un  forage  de  10  m.  dans  les  sables 
cuisiens. 

L’eau  provient  de  cavités  et  fissures  aquifères  ouvertes  à  la  base 
du  C.  G.  I.  compact,  qu’aucun  niveau  argileux  ne  sépare  du  Cuisien. 
N. S.  :  +  39,34  (en  1949)  ;  N.P  :  +  38,15  ;  D.H.  :  10  m3. 

Nota.  —  Le  niveau  statique  se  tenait  à  la  cote  -f-  40  en  1935. 
Puits  n°  2.  —  Implanté  à  50  m.  du  premier: 

Deux  galeries  ont  été  poussées  à  la  base  des  calcaires  ;  cependant 
le  forage  n’a  pas  rencontré  d’eau  ;  des  dépôts  stalagmitiques  indiquent 
toutefois  que  des  circulations  s’y  effectuaient  récemment  encore. 

3.  Hf.rouville.  —  Forage  communal  au  lieu-dit  :  la  Croix 
Blanche,  en  1950. 

Sol  à  +  103. 

Lutétien  sur  29  m.  60,  de  +  70,50  à  +  40,90. 

Les  sables  cuisiens  ont  été  touchés  à  62  m.  10  de  profondeur. 

Le  C.G.I.  a  été  capté  entre  60  m.  et  62  m.  10. 

N. S  :  +  51,60  N.P.  :  +  42,40  D.H  :  8,2  m3. 


247  — 


4.  Cormeilles-en-Vexin.  —  Forage  communal  par  Lefèvre 
Frères  en  1932-33  (2,  p.  336). 

Sol  à  +  146,66. 

Lutétien  :  31  m.  45,  de  +  86,31  à  +  54,86. 

La  base  du  Lutétien  aquifère  est  constituée  par  une  argile  verdâtre 
sableuse  ;  la  tète  des  sables  cuisiens  n’a  pas  été  atteinte. 

Les  caractéristiques  de  cet  ouvrage  ont  varié  rapidement  : 

1933  N. S  :  +  74,31  N.P  :  +  64,16  D.H.  :  10  m3. 

1934  +  72,31  +  59,16  6,7 

Dans  le  forage  du  Château  de  Cormeilles,  exécuté  par  Vincent 
et  Cie  (2,  p.  335),  la  base  argileuse  du  Lutétien  ayant  été  perforée, 
l’eau  s’est  échappée  dans  les  sables  cuisiens. 


4  bis.  Entre  Cormeilles-en-Vexin  et  Ableiges,  deux  forages 
pour  absorption  d’eau  appartenant  à  une  sucrerie  atteindraient  le 
Lutétien.  Débit  d’absorption  inconnu. 

5.  Fremecourt.  —  Puits  exécuté  par  la  S.P.I.  en  1946  au  lieu  dit  : 
la  Remise,  pour  le  compte  de  la  commune  (3,  p.  207). 

Sol  à  +  166. 

Lutétien  supérieur  sur  17  m.  10  de  +  92,30  à  +  75,20. 

M.C.  :  11,30  92,30  à  81,00 

C.G.S.  :  4,30  81,00  76,70 

C.G.M.  :  1,50  76,70  75,20 


—  248  — 


L’eau  est  maintenue  en  pression  sous  le  Banc  Vert  par  un  recouvre¬ 
ment  argileux  (base  à  +  77,70). 

N.S.  :  +  87,50  puis  +  77,30  ;  N.P.  :  +75,55  ;  DH.  +  36  puis 
26  m3. 

6.  Marines.  —  Forage  communal  par  Portet  et  Bernard  en  1904 
(2,  p.  341). 


Sol  à  +  136. 


Lutétien 

:  37  m. 

08  de  + 

92,50  à  55,42. 

M.C.  : 

8,03 

92,50 

à  84,47 

C.G.S.  : 

5,33 

84,47 

79,14 

C.G.M.  : 

10,11 

79,14 

69,00 

C.G.I.  : 

13,13 

69,00 

55,87 

Le  forage  a  montré  des  fluctuations  intéressantes  du  plan  d’eau  au 
cours  de  son  approfondissement  : 


C.G.S. 

:  à  la  cote 

79,14 

N.  S.  passant  à 

+  87,16 

C.G.M. 

:  d° 

73,91 

d° 

87,65 

d° 

69,38 

d° 

86,65 

C.G.I. 

:  d° 

66,48 

d° 

86,85 

d° 

62,33 

d° 

86,75 

Cet  ouvrage  capte  les  eaux  du  Cuisien. 


7.  Marines.  —  Forage  à  la  maison  du  Garde,  dans  le  Bois  des 
Epinettes,  par  la  Société  Forages  et  Matériel,  en  1946. 

Sol  à  +  110. 

S.d.B.  :  +  110,  à  102,50 
M.C.  :  102,50  99,00 

C.G.  :  99,00  79,04. 

N.S.  :  +  81,60.  —  Débit  faible  mais  suffisant  pour  alimenter  la 
maison. 

8.  Chars.  —  Puis  communal  par  le  Génie  Rural  (2,  p.  332). 

Sol  à  81,93. 

Lutétien  :  sur  21  m.  25,  de  +  80,18  à  +  58,93. 

C.G.S.  :  sur  4,25  80,18  à  75,93 

C.G.M.  :  9,25  75,93  66,68 

C.G.I.  :  7,75  66,68  58,93 

Il  existerait  une  nappe  libre  à  +  66,68,  donnant  un  peu  d’eau. 
La  nappe  ascendante  exploitée  se  tient  dans  les  sables  cuisiens. 


—  249 


IL  —  Vallée  de  Sausseron  et  nord  du  Vexin. 

9.  Theuville.  —  Laiterie  de  M.  Ferrier  en  1920  (2,  p.  346). 

Sol  à  +  80. 

C.G.M.  décapé  sous  les  alluvions. 

C.G.I.  percé  sur  14  m.  20,  de  +  73,70  à  +  59,50. 

N.S.  :  +  77,90  N.P.  +  77,25  D.H.  :  5,2  m3 

N. S  :  +  77,  90  ;  NP.  :  +  77,25  D.H.  :  5,2  m3. 

10.  Monnevillé.  —  Forage  communal  par  la  S.P.I.  en  1946-47 
(4  p.  327). 

Sol  à  +  150,50 

Lutétien  :  34  m.  40  de  +  131,70  à  +  97,30. 

Pas  d’eau  ;  la  nappe  est  dans  les  sables  de  Cuise. 

11.  Lierville.  —  Forage  au  Boulleaume  par  E.  Lippmann 
(2  p.  340). 

Sol  à  +  120.  . 

Ludien,  Bartonien  et  Lutétien  sur  54  m.  45  (4-  120  à  +  65,55). 

Pas  d’eau  dans  le  Lutétien. 

12.  Hadancourt-le-Hatjt-Clocher.  —  Puits  exécuté  par  l’En¬ 
treprise  Huillet  et  la  S.P.I.  (5). 

Sol  à  +  110. 

Bartonien  puis  Lutétien  sur  41  m.  50  de  +  110,00  à  +  68,50. 

Le  Lutétien  est  sec  ;  l’eau  est  en  pression  sous  la  Glauconie  et  les 
bancs  gréseux  de  la  base. 


III.  Rive  gauche  de  la  Viosne  et  Arthies. 


13.  Puiseux-P ontoise.  —  Forage  exécuté  à  la  Distillerie  Tho- 
massin  par  Portet  et  Bernard  en  1903  (2  p.  344). 


Lutétient  sur  28  m.  82, 


M.C. 

:  9,29 

76,86 

C.G.S.. 

:  5,95 

67,57 

C.G.M. 

:  5,26 

61,62 

C.G.I. 

:  8,32 

56,36 

Pas 

d’eau 

signalée, 

Sol  à  +  100. 
le  +  76,86  à  +  48,04. 
à  67,57 
61,62 
56,36 
48,04 

mais  les  Caillasses 


paraissent  absorbantes. 


250  — 


14.  2e  forage  exécuté  en  1934  par  l’entreprise  Meurisse. 


Sol  à  +  106. 


M.C. 

9,30 

81,85 

à  72,55 

C.G.S. 

4,05 

72,55 

68,50 

C.G.M. 

10,40 

68,50 

58,10 

C.G.I. 

7,10 

58,10 

51,00 

Eau  dans  le  Cj 

US.  à 

+  68,50 

N.S. 

+  70,  80 

d° 

C.G 

.M. 

64,35 

d° 

70,44 

Non  captée  à  cause  de  sa  minéralisation  élevée. 

15.  Evecquemont.  —  Lutétien  :  29  m.  75,  de  -f-  81,55  à  +  51,80. 
Pas  d’eau. 

16.  Vaux.  —  Lutétien  reconnu  sur  17  m.  93.  Pas  d’eau  signalée 
(coupe  Michelot,  2  p.  351). 

17.  Aincourt.  —  Le  forage  profond  du  Sanatorium  de  la  Bucaille 
n’a  pas  rencontré  d’eau  dans  les  assises  du  Lutétien,  épais  de  26  m. 
(+  118  à  +  92). 

18.  Banthelu.  —  Forage  à  la  Distillerie  de  Plessis  le  Vineux  par 

Chartiez  (4  p.  326).  * 

Sol  à  +  157. 

Bartonien  et  Lutétien  sur  46  m.  70. 

Sommet  du  Lutétien  vers  +  140. 

Sommet  du  Cuisien  vers  +  110. 

Pas  d’eau  dans  le  Lutétien. 


Les  sources. 

Plusieurs  sources  notables  ont  été  signalées  à  la  périphérie  du 
Vexin  et  dans  la  vallée  de  la  Viosne.  Certaines  ont  un  débit  justifiant 
leur  captage. 

Osny.  —  Les  eaux  de  la  source  de  Busagny,  débitant  300  m3  par 
jour,  ont  été  captées  dès  le  xvne  siècle  pour  l’alimentation  en  eau 
de  la  ville  de  Pontoise.  Elles  sortent  du  Lutétien  supérieur  (6  p. 
1005  —  7). 

Santeuil  et  Brignancourt.  —  Ces  sources  apparaissent  au 
contact  du  Cuisien  et  du  Lutétien  ;  leur  eau  est  assez  minéralisée. 

Un  captage  pratiqué  entre  Santeuil  et  Us  débite  10m3  heure. 
L’eau  émerge  à  la  cote  -f-  62. 

Vaureal.  —  Source  au  contact  Cuisien-Lutétien. 


—  251  — 


Magny-en-Vexin.  - — ■  Une  source,  apparaissant  près  de  la  ville 
dans  le  Lutétien  supérieur,  fournit  un  débit  horaire  assez  impor¬ 
tant  :  5  à  7  ms. 

Le  tableau  ci-dessous  résume  les  caractéristiques  bydrogéologiques 
fournis  par  les  forages  du  Vexin. 


N» 

Localité 

Date 

Formation 

Cote  du 
toit  de  la 
nappe 

Niveau 

statiqus 

Artésia- 

nismeenm. 

Misé  en 
charge  en  K. 

D.H. 

Observations 

2 

Osny  n°  I 

1949 

C.G.I. 

+  43,50 

+  39,34 

_ 

10 

Nappe  libre 

3 

Hérouville 

1950 

Lut. 

43 

51,40 

8,40 

0,840 

8,2 

ascendante 

4 

CoRMEILLES 

1933 

Lut. 

86,31 

72,31 

— 

— 

6,7 

un  peu  ascendante 

5 

Fremecourt 

1946 

C.G.M. 

76,70 

77,30 

0,60 

0,060 

26- 

-  lég*  ascendant 

6 

Marines 

1904 

C.G.S. 

84,47 

87,16 

2,69 

0,269 

?  ; 

C.G.M. 

79,14 

87,65 

8,51 

0,851 

? 

ascendante 

C.G.I. 

69,00 

86,75 

17,75 

1,775 

?  : 

i 

7 

Marines 

1946 

C.G.I. 

99,00 

81,60 

— 

— 

faibl 

e  nappe  libre 

8 

Chars 

? 

C.G.I. 

66,68 

66,68 

. - 

— 

faible  d° 

9 

Theuville 

1920 

C.G.I.  . 

73,70 

77,90 

4,20 

0,420 

5,2 

ascendante 

10 

Monneville 

1947 

C.G. 

131,70 

— 

— 

— 

— 

pas  d’eau 

il 

Lierville 

? 

C.G. 

96  env. 

— 

— 

— 

— 

pas  d’eau 

12 

Hadancourt 

? 

C.G. 

100  env. 

— 

— 

— 

— 

pas  d’eau 

13 

Puiseux 

1903 

C.G. 

76,86 

— 

— 

— 

— 

? 

14 

D° 

1934 

C.G.S. 

68,50 

70,80 

2,30 

0,230 

?  ; 

l  légèrement  ascen- 

C.G.M. 

64,35 

70,44 

6,09 

0,609 

?  ' 

!  dante 

15 

Evecquemont 

? 

Lut. 

81,55 

— 

—  ; 

— 

— 

pas  d’eau 

16 

Vaux 

? 

M.C.  et.  C.G.S. 

? 

— 

— 

— 

— 

pas  d’eau 

17 

Aincourt 

1932 

Lut. 

118 

— 

— 

— 

— 

pas  d’eau 

18 

Banthelu 

? 

Lut. 

140 

“ 

pas  d’eau 

Il  ressort  de  ce  tableau  que  la  zone  lutétienne  aquifère  est  con¬ 
finée  à  la  région  circonscrite  par  les  localités  d’HÉROUviLLE,  Osny, 
Cormeilles-en-Vexin,  Frémecourt,  Marines,  Chars,  Theu- 
ville  et  Puiseux  ;  la  limite  de  la  zone  artésienne  passant  entre 
Chars  et  Marines  correspond  à  la  partie  du  Yexin  déprimée  par  le 
passage  du  synclinal  de  la  Seine,  et  presque  entièrement  munie 
d’une  couverture  post-lutétienne. 

La  zone  d’alimentation  périphérique  se  tient  à  des  cotes  élevées, 
déterminées  parla  courbe  de  niveau  de  110  m.  pour  le  toit  du  Lutétien, 
au-dessous  de  laquelle  les  eaux  commencent  à  s’accumuler  en  pro¬ 
fondeur.  Elles  ne  sont  ascendantes  qu’à  partir  d’une  zone  située  au- 
dessous  de  la  cote  80  au  nord  de  la  Viosne,  et  90  au  sud  de  cette 
rivière.  Le  plongement  rapide  des  assises  vers  le  sud-est,  en  direction 
de  la  vallée  de  la  Seine,  détermine  entre  Yauréal  et  Carrières-sous- 
Poissy,  une  série  de  sources  d’affleurement  dont  certaines,  corres¬ 
pondant  à  des  écoulements  privilégiés,  ont  seules  un  débit  notable, 
les  autres  formant  une  ligne  de  suintements  plus  ou  moins  continue 
-dont  le  débit  est  absorbé  par  les  éboulis  ou  les  alluvions. 

Il  en  est  de  même  dans  l’ouest,  notamment  vers  Magny-en- 


—  252  — 


Vexin,  où  quelques  sources  apparaissent  au-dessus  du  Cuisien. 

Comme  dans  le  système  aquifère  continu  de  l’intérieur  de  File  de 
France,  situé  à  l’est  et  au  sud  du  Vexin,  c’est  le  Calcaire  Grossier 
Inférieur  qui  se  révèle  la  formation  la  plus  aquifère.  Toutefois,  les 
débits  que  l’on  en  peut  obtenir  sont  toujours  limités,  en  raison  de  la 
faible  extension  de  l’impluvium,  et  des  nombreuses  causes  de  déper¬ 
dition  provoquées  par  le  synclinal  de  la  Seine  au  milieu  de  la  nappe 
aquifère,  le  lit  de  la  Viosne  tranchant  profondément  les  couches 
lutétiennes  et  atteignant  même  le  Cuisien,  qui  apparaît  en  fenêtre, 
entre  Santeuil  et  Brignancourt. 

Laboratoire  de  Géologie  du  Muséum. 


BIBLIOGRAPHIE 

1.  L.  Feugueur.  —  Feuille  de  Pontoise  au  50.000e.  B.  S.  C.  G.  F.,  n°  232, 

t,  XLIC,  1951,  p.  35. 

2.  P.  Lemoine,  R.  Humery  et  R.  Soyer.  —  Liste  des  sondages  effectués 

dans  l’Ile  de  France,  in  R.  Lemoine  ■ —  L’Ile  de  France,  ch.  1er,  1 
Vexin  Français.  Mém.  M us.  Hist.  Nat.  —  Nlle  série,  t.  5,  fasc.  2, 
1937,  p.  267. 

3.  L.  Feugueur.  —  Sur  la  géologie  de  la  Butte  Frémécourt,  à  Cormeille- 

en-Vexin.  B.  M.  H.  N.  (2),  t.  XX,  n°  2,  1948,  p.  207. 

4.  L.  Feuguêur.  - —  Sur  l’Eocène  inférieur  au  N.-O.  du  Bassin  de  Paris 

et  aux  environs  de  Dieppe.  B.  M.  H.  N.  (2),  t.  XXI,  1949,  p.  321. 

5.  L.  Feugueur.  —  Sur  le  Bartonien  d’Hadancourt  le-Haut-Clocher. 

B.  H.  M.  N.  (2),  t.  XXII,  1950,  p.  639. 

6.  E.  Imbeaux.  —  Annuaire  des  distributions  d’eaux.  1  vol.  in-8°,  Dunod, 

Paris,  1931,  p.  1005. 

7.  G.  Hebant.  —  L’alimentation  en  eau  de  Pontoise.  L'Eau  (38e),  n°  1, 

déc.  1951,  p.  187. 


I 


—  253 


Esquisse  géologique  de  la  bordure  orientale 

DE  LA  CUVETTE  TCHADIENNE. 
par  Jacques  Gsell. 


Introduction  1.  —  La  zone  orientale  du  bassin  du  Tchad  s’étend 
des  confins  du  Tibesti,  au  Nord,  à  la  dorsale  cristalline  de  l’Oubangui. 
Elle  comprend  le  Borkou,  l’Ennedi,  au  Nord-Est,  l’Ouaddaï,  à 
l’Ouest. 

La  constitution  géologique  de  ces  régions  est  encore  très  peu 
connue.  De  vastes  entablements  gréseux  masquent  au  Nord  et  au 
Nord-Est  le  socle  cristallin.  La  découverte  de  points  fossilifères, 
rares  et  très  éloignés  les  uns  des  autres,  y  ont  fait  reconnaître  diverses 
Séries.  L’Ouaddaï  est,  au  contraire,  largement  métamorphique,  et 
les  grès  n’affleurent  plus  que  sous  forme  de  lambeaux.  Denaeyer  et 
Carrier,  après  avoir  étudié  les  matériaux  de  la  mission  de  délimita¬ 
tion  de  l’Afrique  Equatoriale  Française  et  du  Soudan-Anglo- 
Egyptien,  ont  apporté,  en  1924,  les  premières  données  scientifiques 
de  base  (2  et  3).  Ayant  entrepris  l’étude  de  la  bordure  orientale  du 
bassin  du  Tchad  par  la  région  du  Ouaddaï,  du  12e  au  14e  parallèle, 
au  cours  des  années  1951  et  1952,  il  m’est  possible  de  dresser  som¬ 
mairement  l’échelle  stratigraphique  du  socle  cristallin  et  de  préciser 
la  chronologie  des  lambeaux  gréseux  du  Ouaddaï. 

I.  Le  socle  cristallin.  —  Le  socle  cristallin  comprend  :  a)  Un  Com¬ 
plexe  de  Base  très  métamorphique  ;  b)  Une  Série  faiblement  méta¬ 
morphique,  en  discordance,  que  j’appellerai  Série  de  Goz-Beïda  ; 
c)  Un  pluton  intrusif. 

A)  Le  Complexe  de  Base.  —  Il  groupe  des  orthogneiss  et  surtout  des 
roches  métamorphiques  d’origine  para.  La  gamme  métamorphique 
d’origine  sédimentaire  est  étendue  des  migmatites  aux  ectinites  : 
(anatexites,  embrèchites,  diadysites  ;  gneiss,  cipolins,  quartzites, 
micaschites)  4.  Les  quartzites  sont  recristallisés,  vitreux,  compacts, 
pouvant  ressembler,  à  s’y  méprendre,  à  du  quartz  filonien.  Citons 
un  quartzite  à  grenats  et  tourmaline  si  abondante  que  la  roche  offre 
de  fines  zébrures  parallèles  de  ce  minéral  alternant  avec  de  fins  lits 
de  quartz. 

1.  Je  tiens  à  exprimer  toute  ma  gratitude  à  M.  le  Professeur  R.  Furon  pour  l’excel¬ 
lent  accueil  qu’il  a  bien  voulu  me  réserver  au  Muséum  National  d’Histoire  naturelle. 

2.  M.  Denaeyer  et  Carrier.  Les  principaux  résultats  géologiques  et  lithologiques 
de  la  mission  de  délimitation  Ouaddaï-Darfour.  C.  R.  Ac.  Sc.,  t.  178,  p.  1197.  1924. 

3.  Denaeyer.  L’Ouaddaï  Oriental  et  les  régions  voisines.  B.  S.  G.  F.  (4),  t.  24.  1924. 

4.  J.  Jung  et  M.  Roques.  Introduction  à  l’étude  zonéographique  des  formations 
cristallophylliennes.  B.  S.  C.  G.  F.,  n°  235,  t.  50,  1952. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  2,  1953. 


254  — 


—  255  — 


Le  front  d’imprégnation  des  migmatites  atteint  la  zone  des 
micaschistes  supérieurs  à  muscovite. 

Le  Complexe  de  Base  est  affecté,  en  général,  d’une  textonique  à 
faibles  ondulations  d’anticlinaux  et  de  synclinaux,  parfois  déjetés. 
Les  embrèchites  sont  très  souvent  horizontales  ou  subhorizontales. 
Les  lignes  tectoniques  s’orientent  Nord-Nord-Est-Sud-Sud-Ouest, 
de  20  à  40°,  mais,  on  relève  aussi  des  directions  Nord-Ouest-Sud-Est 
et  même  Nord-Sud,  que  l’on  ne  rencontre  pas  dans  la  Série  supérieure. 

B)  Série  de  Goz-Be'ida.  —  Elle  ne  s’étend  guère  au-dessus  du 
13e  parallèle.  Ce  sont  des  phyllades,  schistes,  grès  quartzites,  quart- 
zites,  qui  dessinent  des  alignements  de  collines  dirigées  Nord-Est-Sud- 
Ouest,  formant  dans  le  relief  des  chaînons  facilement  repérables. 

Les  quartzites  sont  gris  ou  de  teinte  claire,  souvent  schisteux, 
différents  des  quartzites  du  Complexe  de  Base  très  recristallisés. 

La  Série  est  faiblement  plissée.  Les  pendages  ne  dépassent  pas  en 
moyenne  30°.  A  la  sortie  du  poste  de  Goz-Beïda  (long.  21°  15  ; 
lat.  10°  13),  de  la  route  qiu  se  dirige  au  Sud-Ouest  vers  le  poste 
d’Am  Dam,  les  ondulations  en  anticlinaux  et  synclinaux  sont  très 
visibles  sur  les  versants  abrupts  des  collines.  Certains  échantillons 
sont  plissotés  à  l’échelle  du  centimètre,  alors  qu’ils  proviennent  de 
zones  à  faible  tectonique.  Des  phénomènes  de  tension  ont  agi  au 
sein  de  la  roche  au  cours  du  métamorphisme. 

La  discordance  sur  le  Complexe  de  Base  est  matérialisée  par  des 
changements  de  directions  au  Nord  de  Goz-Beïda  et  par  un  conglo¬ 
mérat  de  base  trouvé  localement  à  l’Hadjer  Kotofak  (long.  21°  18  ; 
lat.  12°  18),  qui  n’a  livré  que  des  galets  ellipsoïdaux  de  quartzite 
atteignant  dix  centimètres  de  grand  axe. 

C)  Le  Pluton  Intrusif.  —  Les  granités  du  Complexe  de  Base,  anté¬ 
rieurs  au  métamorphisme,  ont  été  recristallisés  et  transformés  en 
orthogneiss. 

On  est  arrivé  à  distinguer  dans  l’Ouest  Africain  (*  et1  2),  deux  grandes 
catégories  de  batholites  :  des  batholites  concordants  intrusifs  anciens  ; 
des  batholites  discordants  calco-alcalins  et  alcalins.  Le  granité  ancien 
«  dont  le  contact  avec  les  terrains  encaissants  est  généralement 
intrusif,  mais  concordant  dans  l’ensemble  »,  offre  des  textures 
variables,  non  orientées  ou  migmatitiques.  Les  structures  typiques 
de  ce  granité  sont  engrenées,  à  cloisons  et  en  mortier.  Dans  cette 
dernière,  des  phénoblastes  brisés  de  quartz,  de  feldspaths,  sont 
séparés  par  une  pâte  fine  cataclastique. 

1.  M.  Roques.  Le  Précambrien  de  l’Afrique  Occidentale  Française.  C.  R.  B.  S.  G.  F., 
p.  352, 1948  et  B.  S.  G.  F.  (5),  1. 18, 1948. 

2.  M.  Roques  et  M.  Chaput.  Structure  des  granités  d’Afrique  en  relation  avec  leur 
gisement.  Lab.  de  Géol.  et  minêr.  Fac.  Sc.  Clermont-Ferrand.  Documentation,  1951, 
n°  8. 


—  256 


Les  granités  calco-alcalins,  à  structure  grenue  ou  microgrenue, 
ont  leurs  plagioclases  automorphes.  Un  faciès  fréquent  est  le  faciès 
porphyroïde. 

Les  caractères  propres  aux  granités  anciens  et  aux  granités  récents 
calco-alcalins  et  alcalins  ont  été  retrouvés  au  Ouaddaï.  Les  batholites 
récents  sont  plus  étendus.  A  proximité  du  village  de  Fongousso 
(long.  22°  10,  lat.  12°  15),  le  granité  porphyroïde  calco-alcalin  émet 
des  filonnets  d’aplite  en  discordance  dans  la  Série  de  Goz-Beïda. 

Ces  granités,  pris  dans  des  zones  de  dislocation,  ont  donné  des 
mylonites  que  l’on  peut  suivre  sur  plusieurs  kilomètres  aux  Hadjers 
Koudri,  Toumtouma,  Guéraï  (long.  22°,  lat.  13°  15). 

Les  roches  neutres  ou  basiques  n’ont  point  d’extension  notable. 

Le  socle  cristallin  est  recouvert  par  des  lambeaux  gréseux  horizon¬ 
taux, 

II.  Les  lambeaux  gréseux  du  Ouaddaï  ou  grès  du  Massalit. 

Les  grès  du  Ouaddaï,  reconnus  entre  le  12e  et  le  14e  parallèle,  sont 
au  nombre  de  huit  lambeaux,  alignés  Nord-Sud,  suivant  grossière¬ 
ment  la  frontière  avec  le  Soudan-Anglo-Egyptien.  Le  plus  étendu 
est  celui  d’Adré  (long.  22°  12,  lat.  13°  28),  d’une  superficie  de  près 
de  mille  six  cents  kilomètres  carrés.  Ils  constituent  les  grès  du  Massalit 
proprement  dits.  L’examen  de  la  carte  annexe  permet  de  constater 
qu’ils  se  situent  à  égale  distance  des  vastes  entablements  gréseux  du 
Borkou  et  de'l’Ennedi,  au  Nord,  de  ceux  du  Soudan- Anglo-Égyptien, 
à  l’Est,  et  du  plateau  gréseux  de  Mouka-Ouadda-N’Délé  au  Sud. 

A)  Historique.  —  Quelques  points  fossilifères  ont  permis  de  recon¬ 
naître  au  Borkou,  Erdi  Ma,  Ennedi,  les  Séries  suivantes  :  a)  Goth- 
landien  marin  de  la  Série  des  Tassilis  1  ;  b)  Carbonifère  inférieur  ou 
Continental  post-tassilien,  à  Lycopodiales  arborescentes,  à  Défirou  2, 
et  au  Djebel  Ouenat.3  ;  c)  Continental  intercalaire  à  Weichselia, 
Frenelopsis,  Dadoxylon,  au  Nord,  Tibesti,  Ennedi,  et  à  l’Est  d’El 
Fasher,  à  environ  soixante-quinze  kilomètres,  au  Djebel  Dirrah  4. 

La  plus  grande  incertitude  régnait  sur  la  chronologie  des  lambeaux 
gréseux  du  Ouaddaï,  non  fossilifères. 

Pour  la  première  fois,  en  1911,  P.  LeMoiNE  en  fait  mention, 
d’après  les  renseignements  du  Capitaine  Arnaud  5  :  «  Sur  une  péné- 

1.  P.  H.  Fritel.  Végétaux  paléozoïques  et  organismes  problématiques  de  l’Ouaddaï. 
B.  S.  G.  F.  (4),  1925,  t.  25,  p.  33-48. 

2.  P.  Corsin.  Flore  dinantienne  de  Défirou.  Arch.  Muséum  nat.  Hist.  nat.,  (6),  1934, 
t.  II,  p.  147-155. 

3.  A.  Menchikoff.  Observations  géologiques  faites  au  cours  de  l’expédition  de  S. 
S.  le  Prince  Kemal-El-Dine  Hussein  dans  le  désert  de  Lybie  [1925-1926).  C.  R.  Ac.  Sc., 
1926,  t.  183,  p.  1047. 

4.  Edwards.  Fossil  plants  from  the  Nubian  Sandstone  of  Eastern  Darfour.  Quar- 
terly  Journal  Geol .  Soc.  London,  1926,  p.  94. 

5.  P.  Lemoine.  Données  géologiques  sur  le  Ouaddaï  et  les  pays  limitrophes,  d’après 
les  renseignements  du  Cpne  Arnaud.  Extrait  du  Bull.  Comité  Afrique  française ,  août 
1911  et  A.  F.  A.S.,  Dijon,  1911. 


257  — 


plaine  archéenne  s’élèveraient  des  plateaux  gréseux  pouvant  appar¬ 
tenir  au  Dévonien  ». 

Le  capitaine  Arnaud,  en  1912,  insiste  sur  la  différence  qui  existe 
entre  les  grès  du  Massalit  et  ceux  de  l’Ennedi 1 2  :  «  Les  grès  argileux 
du  Massalit  n’ont  pas  le  même  aspect,  ni  la  même  consistance,  ils 
ressemblent  davantage  aux  dépôts  arénacés  attribués  au  Crétacé, 
entre  le  Niger  et  Zinder  ». 

La  carte  de  l’Afrique  Équatoriale  Française  d’Erasme  Loir, 
en  1913,  attribue  au  Crétacé  supérieur  les  grès  du  Massalit. 

En  1924,  M.  Denaeyer  ( op .  cit.)  estime  que  les  grès  du  Massalit  ne 
seraient  que  les  lambeaux  témoins,  au  Sud,  de  la  Série  paléozoïque 
largement  respectée  par  l’érosion  au  Nord.  Il  suivait,  en  les  confir¬ 
mant,  les  opinions  plus  réservées  de  Lacroix  et  Tilho  2  :  «  Il  est 
possible  que  les  grès  du  Ouaddaï  et  du  Massalit  appartiennent,  au 
moins  en  partie,  à  la  même  Série  (Silurien)  ». 

Les  cartes  récentes  de  l’Afrique  Équatoriale  Française,  assignent 
un  âge  silurien  problématique  aux  grès  de  Ouaddaï.  Mais,  cette 
manière  de  voir  n’a  pas  toujours  été  partagée.  M.  R.  Furon3, 
dès  1947,  pense  que  la  zone  inférieure  des  dépôts  continentaux  de 
l’Afrique  Équatoriale  Française  se  rattache  au  Continental  inter¬ 
calaire  de  l’Ouest  Africain. 

Effectivement,  les  observations  nouvelles  précisent  le  rattache¬ 
ment  des  grès  du  Ouaddaï  au  Continental  intercalaire. 

B )  Position  topographique.  —  Les  grès  du  Ouaddaï  ne  dominent  pas 
le  paysage.  Ils  ont  rempli  les  dépressions  d’ une  topographie  ancienne, 
dont  les  points  élevés  émergent  sous  forme  d’inselbergs. 

Le  lambeau  gréseux  d’Adré  se  trouve  en  contrebas  du  plateau 
cristallin  de  N’Dia  Faura,  sans  qu’il  soit  nécessaire  de  faire  inter¬ 
venir  une  tectonique  d’effondrement.  De  même,  les  embréchites 
du  Complexe  de  Base,  horizontales  ou  à  faible  pendage,  dominent 
avec  les  Hadjers  Taré,  (1135  m.),  et  Alboss,  (1109  m.),  le  lambeau 
gréseux  de  Koloï  à  la  cote  de  650  m.,  (long.  22e  10,  lat.  12°  30). 
L’Iladjer  Kamareigne  (long.  21°  48,  lat.  12°  41),  s’élève  exception¬ 
nellement  à  1040  m.,  totalisant  150  m.  de  puissance. 

En  outre,  il  existe  un  placage  de  grès  et  de  conglomérat  de  base,  à 
mi-pente  du  versant  oriental  des  quartzites  du  Complexe  de  Base 
de  l’Hadjer  Gourgnes  (long.  21°  48,  lat.  13°  04). 

Les  grès  du  Ouaddaï  sont,  par  leur  position,  identiques  aux  grès 
de  Nubie  qui  occupent  les  creux  d’une  topographie  ancienne. 


1.  Cpne  Arnaud.  Le  Ouaddaï  et  ses  confins  sahariens.  Dépêche  coloniale  illustrée , 
15  août  1912,  p.  181. 

2.  A.  Lacroix  et  J.  Tilho.  Esquisse  géologique  du  Tibesti,  du  Borkou,  de  l’Erdi  et 
de  l’Ennedi.  —  Les  formations  sédimentaires.  C.  R.  Ac.  Sc.,  1919,  t.  168,  p.  1169. 

3.  R.  Furon.  Géologie  et  ressources  minérales  de  l’Afrique  Equatoriale  français 
Rev.  Génér.  Sciences  Pures  et  Àppl.,  1947,  t.  54,  n°  6,  pp.  129-133. 


—  258  — 


C)  Origine  des  grès.  ■ —  J’ai  comparé  les  grès  du  Ouaddaï  avec  les 
grès  primaires,  les  grès  du  Continental  intercalaire  et  les  grès  du 
plateau  de  Mouka-Ouadda-N’Délé,  conservée  dans  les  collections 
du  Muséum  National  d’ Histoire  naturelle. 

La  plupart  des  grains  de  quartz  constituant  les  grès  du  Ouaddaï  et 
du  plateau  de  Mouka-Ouadda-N’Délé,  dépolis  et  mats,  attestent 
une  origine  éolienne,  alors  que  les  grains  des  grès  du  Silurien,  polis 
et  brillants,  sont  d’origine  marine. 

D)  Lithologie  des  grès.  —  La  puissance  des  grès  du  Ouaddaï  varie 
de  quelques  dizaines  de  mètres  à  cent  cinquante  mètres  (Hadjer 
Kamareigne).  Presque  tous  les  lambeaux  se  terminent  par  des  cuestas 
arkosiques. 

Le  conglomérat  apparaît  toujours  à  la  base.  Il  ne  renferme  que  des 
galets  de  quartz  fîlonien  ou  de  quartzite,  laiteux  ou  hyalin,  réunis 
par  un  ciment  gréseux  et  ferruginéux,  compact  ou  friable. 

Il  ne  semble  pas  qu’il  y  ait  de  stratigraphie  possible  dans  la  for¬ 
mation  gréseuse  proprement  dite.  La  roche,  blanche,  grise,  plus 
généralement  ocre,  est  feldspathique.  Les  grains  sont  de  dimension 
rarement  supérieure  au  millimètre,  mal  cimentés,  ils  donnent  une 
roche  peu  cohérente.  Cependant,  en  bordure  du  lambeau  d’Abilelaï 
(long.  22°,  lat.  12°),  repose  directement  sur  le  socle,  un  grès  quart¬ 
zite  blanc,  faiblement  conglomératique,  qui  fait  place  vers  le  centre 
du  lambeau  au  faciès  gréseux  ordinaire. 

Par  endroits,  l’abondance  de  phyllites  donne  des  grès  schisteux. 
Des  bancs  d’argilites  compactes,  brun  rouge,  parfois  bicolores  par  la 
présence  de  bandes  blanches,  sont  intercalés. 

Une  cuirasse  de  latérite  pisolithique,  indiquant  une  ancienne  sur¬ 
face  de  pénéplénation  à  1040  m.,  couronne  le  sommet  de  l’ Hadjer 
Kamareigne.  Cette  même  latérite  se  retrouverait  plus  au  Nord,  à 
l’ Hadjer  Terbokokoulé,  suivant  l’indication  d’un  échantillon  des 
collections  du  Muséum,  mais,  je  n’ai  pas  eu  l’occasion  de  vérifier 
sa  position. 

Les  faciès  gréseux  du  Primaire  de  l’Ennedi  ne  ressemblent  pas  aux 
faciès  gréseux  du  Ouaddaï.  Le  grès  primaire  est,  en  général,  non 
feldspathique,  induré,  gris  foncé. 

Les  grès  du  Ouaddaï  vont,  au  contraire,  rejoindre  par  leurs 
caractères  les  grès  du  Continental  intercalaire,  dont  la  description 
qu’en  fait  Edwards,  au  Soudan- Anglo-Egyptien,  leur  est  appli¬ 
cable. 

De  plus,  les  grès  du  Ouaddaï  sont  identiques  aux  grès  du  plateau 
de  Mouka-Ouadda-N’Délé  où  l’on  retrouve  les  mêmes  argilites  et 
la  même  latérite  pisolithique.  Or,  les  grès  du  plateau  de  Mouka- 
Ouadda-N’Délé  ont  été  attribués,  sans  certitude,  à  la  Série 


du  Karroo,  dont  ils  formeraient  un  lambeau  septentrional  1. 

Au  Musée  du  Congo  Belge,  à  Tervuren,  grâce  à  l’obligeance  de 
MM.  L.  Cahen  et  J.  Lepehsonne,  j’ai  pu  comparer  les  grès  du 
Massalit  et  de  N’ Délé  avec  ceux  du  Karroo  du  Congo  Belge.  Les  séries 
lithologiques  sont  différentes.  En  particulier,  les  argilites,  très  abon¬ 
dantes  dans  la  Série  moyenne  du  Lualaba  et  dans  la  Série  supérieure 
de  Kwango,  sont  gréseuses  et  ne  rappellent  en  rien  les  argilites  com¬ 
pactes,  brun-rougeâtre,  peu  fréquentes  des  grés  de  N’Délé  et  du 
Ouaddaï.  Par  ailleurs,  le  Lualaba,  duquel  se  rapprocheraient  le 
plus  certains  faciès  gréseux  ne  donnent  jamais  de  relief  en  cuesta. 

La  présence  de  diamants  dans  le  conglomérat  de  base  du  Kwango 
et  dans  celui  des  grès  à  N’Délé,  ne  préjuge  pas  de  l’âge  de  ces  deux 
formations.  Elle  indique  seulement  qu’il  est  postérieur  à  celui  de  la 
roche  mère  du  diamant.  Les  grès  du  Ouaddaï  peuvent  être  diamanti¬ 
fères,  si  le  diamant  est  déjà  contenu  dans  le  socle,  à  proximité. 

La  position  topographique,  l’origine  et  la  lithologie  des  grès  du 
Ouaddaï  et  des  grès  du  plateau  de  Mouka-Ouadda-N’Délé  en  font 
une  même  formation  :  le  Continental  intercalaire  qui  affleure  au 
Soudan  Anglo-Égyptien. 

Conclusion.  —  La  structure  géologique  de  la  bordure  orientale  de 
la  cuvette  tchadienne  montre  une  ancienne  pénéplaine  constituée 
de  granités  et  de  sédiments  précambriens  métamorphiques,  plissés  et 
arasés.  Sur  cette  vieille  plate-forme  se  sont  déposés  des  sédiments 
gréseux  horizontaux,  primaires  au  Nord,  dans  l’Ennedi,  du  Conti¬ 
nental  intercalaire,  à  l’Ouest,  au  Ouaddaï. 

Cette  structure  est  l’image  de  la  structure  plus  générale  de  l’Ouest 
Africain  et  du  Sahara  :  Le  Complexe  de  Base  métamorphique  de 
l’Ouaddaï  peut  être  assimilé  au  Dahomeyen,  défini  en  Afrique  Occi¬ 
dentale  Française,  ou  au  Suggarien  du  Sahara.  La  Série  faiblement 
métamorphique  de  Goz-Beïda,  intrudée  par  des  batholites  calco- 
alealins,  est  analogue  à  l’Ataeorien-Birrimien  de  l’Afrique  Occiden¬ 
tale  Française,  ou  au  Pharusien  du  Sahara. 

Le  Précambrien  est  surmonté  par  les  lambeaux  gréseux  discor¬ 
dants,  horizontaux,  du  Continental  intercalaire.  L’extension  de 
cette  formation  aux  grès  du  plateau  de  Mouka-Ouadda-N’Délé 
atteste  que  le  bassin  du  Tchad  est  une  unité  indépendante  du  bassin 
du  Congo. 

Laboratoire  de  Géologie  du  Muséum. 

1.  M.  Nicklès.  Les  formations  du  Karroo  en  Afrique  Equatoriale  Française. 
Symposium  sur  les  séries  de  Gondwana,  publié  par  le  19e  Congrès  Géol.  Internat Alger 
1952.  —  Carte  géologique  de  l’A.  E.  F. 

Le  Gérant  :  Marc  André. 


ABBEVILLE.  -  IMPRIMERIE  F.  PAILLART. 


30-6-1953. 


RÈGLEMENT 


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dans  les  Laboratoires  ou  à  l’aide  des  Collections  du  Muséum  national 
d’Histoire  naturelle. 

Le  nombre  des  fascicules  sera  de  G  par  an. 

Chaque  auteur  ne  pourra  fournir  plus  d’une  1/2  feuille  (8  pages  d’im¬ 
pression)  par  fascicule  et  plus  de  2  feuilles  (32  pages)  pour  l’année.  Les 
auteurs  sont  par  conséquent  priés  dans  leur  intérêt  de  fournir  des  manus¬ 
crits  aussi  courts  que  possible  et  de  grouper  les  illustrations  de  manière 
à  occuper  la  place  minima. 

Les  clichés  des  figures  accompagnant  les  communications  sont  à  la 
charge  des  auteurs  ;  ils  doivent  être  remis  en  même  temps  que  le  manuscrit, 
avant  la  séance  ;  faute  de  quoi  la  publication  sera  renvoyée  au  Bulletin 
suivant. 

Les  frais  de  corrections  supplémentaires  entraînés  par  les  remanie¬ 
ments  ou  par  l'état  des  manuscrits  seront  à  la  charge  des  auteurs. 

Il  ne  sera  envoyé  qu 'une  seule  épreuve  aux  auteurs,  qui  sont  priés  de  la 
retourner  dans  les  quatre  jours.  Passé  ce  délai,  l’article  sera  ajourné  à  un 
numéro  ultérieur. 

Les  auteurs  reçoivent  gratuitement  25  tirés  à  part  de  leurs  articles.  Ils 
sont  priés  d’incrire  sur  leur  manuscrit  le  nombre  des  tirés  à  part  supplé¬ 
mentaires  qu’ils  pourraient  désirer  (à  leurs  frais). 

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EDITIONS 


DU 

MUSÉUM  NATIONAL  D’HISTOIRE  NATURELLE 

36,  RUE  GEOFFROY"  SAINT- H  IL  AIRE  j  PARIS  Ve 


Archives  du  Muséum  national  d’ Histoire  naturelle  (commencées  en  1802 
comme  Annales  du  Muséum  national  d’Iiistoire  naturelle). 

Bulletin  du  Muséum  national  d' Histoire  naturelle  (commencé  en  1895). 
(Un  vol.  par  an,  abonnement  annuel  France,  1500  fr.,  Etranger,  2200  fr.). 

Mémoires  du  Muséum  national  d’ Histoire  naturelle,  nouvelle  série  com¬ 
mencée  en  1936.  (Sans  périodicité). 

Publications  du  Muséum  national  d'Histoire  naturelle.  (Sans  périodicité 
fixe  ;  paraît  depuis  1933). 

Index  Seminum  Ilorli  parisiensis.  (Laboratoire  de  Culture  ;  paraît 
depuis  1822  ;  échange). 

Notulæ  Systemalicæ.  (Directeur,  M.  H.  Humbert,  Laboratoire  de  Plianéro- 
gamie  ;  paraît  depuis  1909  ;  abonnement  au  volume,  France,  600  fr.  ; 
Etranger,  900  fr.). 

Revue  française  d’ Entomologie.  (Directeur  M.  le  Dr  R.  Jeannel,  Laboratoire 
d’Entomologie  ;  paraît  depuis  1934  ;  abonnement  annuel,  France,  500  fr., 
Etranger,  600  fr.). 

Bulletin  du  Laboratoire  maritime  du  Muséum  national  d’Histoire  naturelle 
à  Dinard.  (Directeur  M.  E.  Fischer-Piette,  Laboratoire  maritime  de 
Dinard  ;  suite  du  même  Bulletin  à  Saint-Servan  ;  paraît  depuis  1928  ; 
prix  variable  par  fascicule). 

Bulletin  du  Musée  de  l’Homme.  (Place  du  Trocadéro  ;  paraît  depuis  1931  ; 
adressé  gratuitement  aux  Membres  de  la  Société  des  Amis  du  Musée 
de  l’Homme). 

Recueil  des  travaux  du  Laboratoire  de  physique  végétale.  (Laboratoire  de 
Chimie;  Section  de  Physique  végétale;  paraît  depuis  1927  ;  échange). 

Travaux  du  Laboratoire  d’Entomologie.  (Laboratoire  d’Entomologie  ;  paraît 
depuis  1934  ;  échange). 

Revue  de  Botanique  appliquée  et  d’ Agriculture  coloniale.  Directeur  ;  M.  A. 
Chevalier,  Laboratoire  d’Agronomie  coloniale  ;  paraît  depuis  1921. 
Abonnement  annuel  :  1000  fr. 

Revue  Algologique.  (Directeur  M.  R.  Lami,  Laboratoire  de  Crypto¬ 
gamie  ;  paraît  depuis  1924  ;  abonnement,  France,  400  fr.,  Etranger 
600  fr.). 

Revue  Bryologique  et  Lichénologique.  (Directeur  Mme  Allorge,  Laboratoire 
de  Cryptogamie  ;  paraît  depuis  1874  ;  abonnement,  France,  600  fr., 
Etranger,  900  fr.). 

Revue  de  Mycologie  (anciennement  Annales  de  Cryptogamie  exotique). 
(Directeur  M.  Roger  Heim,  Laboratoire  de  Cryptogamie.  Paraît  depuis 
1928  ;  abonnement  France  et  territoires  d’Outre-Mer,  1400  fr.,  Etranger, 
2000  fr. 

Mammalia,  Morphologie,  Biologie,  Systématique  des  Mammifères,  (Direc¬ 
teur  M.  Ed.  Bourdelle  ;  paraît  depuis  1936  ;  500  fr.  ;  Étranger,  900  fr.). 


ABBEVILLE. 


IMPRIMERIE  F.  PAILLART. 


30-6-1953. 


Tome  XXV 


2"  Série 


MAI  1953 


SOMMAIRE 


Pages 

Communications  : 

E.  Aubert  de  la  Rüe.  Notes  sur  une  ascension  du  Kilimandjaro  (février  1953).  261 
J.  Dorst.  Étude  d’une  collection  de  Chiroptères  du  Rio  Ucayali,  Pérou....  269 

J.  Anthony.  Ébauche  de  dispositif  compresseur  de  la  glande  venimeuse  chez 

un  Serpent  opisthoglyphe  de  l’Amérique  du  Sud,  Tomodon  dorsatus  D.  et  B.  272 

A.  Vandel.  La  classification  de  la  famille  des  Trichoniscidae  (Crustacés  ;  Iso- 

podes  terrestres) .  276 

M.  André:.  Nouvelles  observations  sur  Penthaleus  major  (Dugès),  (Acarinu) .  .  279 

M.  André.  Tanaupodus  passimpilosus  Berlese  1910,  Thrombidion  peu  connu 

et  nouveau  pour  la  faune  française .  283 

F.  Grand  jean.  Observations  sur  les  Oribates  (26e  série) . .  286 

M.  Vachon.  Commentaires  à  propos  de  la  distinction  des  stades  et  des  phases 

du  développement  chez  les  Araignées .  294 

G.  Colas.  Acquisition  de  la  collection  René  Oberthür  par  le  Muséum .  298 

P.  Lepesme  et  St.  Breuning.  Coléoptères  Cerambycides  récoltés  dans  le  Paci¬ 
fique  par  P.  Lepesme  (Mars-Avril  1950) .  301 

P.  Fauvel.  Une  petite  collection  d’Annélides  Polychètes  des  îles  Kerguélen.  .  307 

A.  Tixier-Durivaült.  Sur  quelques  Alcyoniidés  de  Tahiti  et  des  Iles  Fidji.  311 

C.  Levi.  Description  de  Plakortis  nigra  nov.  sp.  et  remarques  sur  les  Plakinidae 

(Demosponges) .  320 

A.  Guillaumin.  Plantes  nouvelles,  rares  ou  critiques  des  serres  du  Muséum 

(Notules  sur  quelques-  Orchidées  d’Indochine,  V) .  329 

A.  Guillaumin.  Une  Araliacée  énigmatique  :  le  Schefflera  Stelzeriana  Hort. .  .  .  332 

C.  Ginieis.  Contribution  à  l’étude  anatomique  des  plantules  de  Palmiers  (V  ): 

Les  apex  de  la  plantule  à' Archontophœnix  Cunninghamiana  W.  et  Dr .  334 

A.  Camus.  Sous-genre  et  espèces  nouvelles  de  Graminées  malgaches .  342 

R.  Hoffstetter.  Les  Sauriens  Anté-crétacés .  345 

E.  Boureau.  Étude  paléoxylologique  du  Sahara  (XIX)  :  Leguminoxylon 

ersanense  n.  sp.  bois  fossile  des  collines  d’Ersane  (Sahara  soudanais) ....  353 


BULLETIN 


DU 

MUSÉUM  NATIONAL  D’HISTOIRE  NATURELLE 


ANNÉE  1953.  —  N°  3. 


396e  RÉUNION  DES  NATURALISTES  DU  MUSÉUM 

7  mai  1953 


PRÉSIDENCE  DE  M.  LE  PROFESSEUR  J.  BERLIOZ 


COMMUNICATIONS 


Notes  sur  une  ascension  du  Kilimandjaro  (février  1953) 
Par  E.  Aubert  de  La  Rüe. 

Après  avoir  visité  il  y  a  quelques  années  certains  des  grands  vol¬ 
cans  du  Mexique  et  les  Andes  de  l’Ecuador,  il  m’a  semblé  intéressant 
de  profiter  d’un  récent  séjour  en  Afrique  orientale  pour  entreprendre 
l’ascension  du  Kilimandjaro.  Elle  m’a  permis  de  comparer  les  types 
de  végétation  et  les  phénomènes  glaéiaires  des  hautes  montagnes 
tropicales  américaines  avec  ceux  du  plus  haut  sommet  d’Afrique. 
Quittant  Nairobi  pour  rejoindre  Marangu,  distant  de  450  km. 
par  la  route  en  contournant  par  l’Ouest  le  volcan  Meru,  une  semaine 
m’a  été  nécessaire  pour  accomplir  cette  excursion.  Elle  ne  présente 
pas  de  difficultés  particulières,  sauf  les  effets  de  l’altitude  et  un  froid 
vif  en  approchant  du  sommet.  Marangu,  au  Tanganyika,  sur  les 
pentes  inférieures  méridionales  du  Kilimandjaro,  est  le  terminus 
de  la  route  et  le  point  de  départ  habituel  de  l’ascension. 

On  aborde  les  premières  pentes  du  Kilimandjaro  à  partir  d’Himo, 
à  900  m.  d’altitude,  localité  qui  est  située  encore  dans  la  plaine, 
couverte  ici  d’une  brousse  épineuse  avec  Baobabs  et  Euphorbes 
candélabres.  Le  début  de  la  montée,  douce  et  régulière,  se  fait  parmi 
de  grandes  plantations  de  Sisal,  auxquelles  succèdent  bientôt  des 
cultures  indigènes,  établies  aux  dépens  de  la  forêt.  Mais  les  arbres 
demeurent  nombreux,  ombrageant  des  plantations  de  Caféiers  et 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953.  17 


—  262  — 

de  Bananiers  très  morcelées,  s’étageant  sur  un  millier  de  mètres 
d’altitude.  Marangu,  centre  indigène  fort  disséminé,  se  trouve  parmi 
celles-ci  à  la  cote  1.400  environ.  Il  est  aisé  de  recruter  dans  ce  dis¬ 
trict  très  peuplé  les  quelques  Noirs  indispensables  pour  réaliser 
l’ascension.  Quatre  étapes  sont  nécessaires  pour  parvenir  au  sommet 
du  Kibo,  proche  de  6.000  m.,  point  culminant  du  massif  du  Kili¬ 
mandjaro  et  éloigné  d’une  cinquantaine  de  kilomètres  en  tenant 
compte  des  détours  du  sentier.  Deux  jours  suffisent  pour  le  retour. 
Cela  représente  donc  en  tout  près  d’une  centaine  de  kilomètres  de 
marche  et  une  montée  d’environ  4.500  m.  Trois  refuges  du  Club 
de  Montagne  Est  Africain  jalonnent  le  parcours.  Jusqu’au  second 
l’eau  et  le  bois  ne  manquent  pas,  mais  l’un  et  l’autre  font  totalement 
défaut  au  troisième,  installé  à  4.700  m. 

Février  est  un  mois  favorable  pour  faire  cette  ascension,  que  la 
saison  des  pluies  et  le  mauvais  temps  rendent  à  peu  près  impossible 
quelques  semaines  plus  tard. 

A  Marangu,  le  matin  du  départ,  la  température  est  de  19°  à  7  h. 
Une  première  étape  doit  nous  conduire  à  Bismarck  Hut,  abri  datant 
de  l’époque  où  les  Allemands  administraient  le  Tanganyika.  Elle 
est  facile  et  ombragée  et  montre  des  aspects  de  paysage  divers.  Au 
début,  c’est  une  végétation  de  caractère  toujours  très  tropical, 
exception  faite  des  grands  Conifères  plantés  un  peu  partout  le  long 
du  sentier.  Celui-ci  serpente  parmi  des  plantations  qu’entourent 
souvent  des  murettes  de  lave.  De  multiples  petites  rigoles  d’irri¬ 
gation  répartissent  tour  à  tour,  entre  chaque  propriétaire,  l’eau  des 
torrents  issus  des  hauteurs,  d’un  faible  débit  en  ce  moment  et  captés 
à  la  limite  supérieure  de  ce  secteur  très  habité.  Le  sentier  ne  traverse 
pourtant  aucun  village,  l’habitat  demeurant  dispersé,  mais  côtoie 
fréquemment  des  cases  de  branchages  et  de  torchis  et  d’autres  qui 
ne  sont  en  quelque  sorte  qu’une  grande  toiture  de  feuillage,  en  forme 
d’obus,  représentant  sans  doute  le  type  local  primitif. 

Alors  que  dans  les  Andes  de  l’Ecuador,  auxquelles  correspond 
par  sa  position  le  massif  du  Kilimandjaro,  les  derniers  établissements 
humains  s’élèvent  à  près  de  4.000  m.,  ils  cessent  déjà  ici  complète¬ 
ment  vers  1.800  m.  C’est  à  cette  altitude,  en  effet,  que  l’on  quitte 
les  dernières  habitations  et  cultures,  pour  pénétrer  dans  la  forêt. 
Plus  haut,  la  montagne  est  complètement  déserte  et  ne  connaît 
aucune  vie  pastorale.  Cette  limite  inférieure  de  la  forêt  n’a  rien  de 
naturel,  car  avant  d’être  éliminée  par  l’homme,  elle  descendait 
jusqu’au  pied  de  la  montagne,  rejoignant  les  steppes  des  plaines. 

Le  caractère  très  humide  de  cette  forêt  d’altitude  indique  qu’elle 
reçoit  à  certaines  époques  d’abondantes  précipitations.  Les  arbres, 
moyennement  élevés,  tortueux,  sont  couverts  de  Lianes  et  chargés 
de  longues  Mousses,  ainsi  que  de  Fougères  épiphytes.  Aucun  Pal¬ 
mier  n’est  visible.  Un  tapis  de  Sélaginelles  s’étend  sur  le  sol.  A  partir 


-  263  — 


d’environ  2.100  m.  cette  forêt  est  fréquemment  interrompue  par  de 
petites  clairières  où  poussent  de  grandes  Gleichenia.  Au-dessus  de 
2.300  m.  sa  physionomie  se  modifie  graduellement.  Les  Mousses 
pendant  aux  branches  des  arbres  sont  remplacées  par  des  Usnées 
et  des  Bruyères  arborescentes  apparaissent,  qui  finissent  bientôt 
par  former  des  peuplements  très  homogènes  et  denses,  avec  un  sous- 
bois  formé  principalement  de  Lycopodes.  Les  clairières  se  multi¬ 
plient  à  mesure  que  l’on  s’élève.  Des  feux  de  forêt  récents  viennent 
de  ravager  plusieurs  de  ces  boisements  de  Bruyères,  extrêmement 
secs  en  ce  moment. 

On  m’avait  mis  en  garde  à  Nairobi  contre  l’inconvénient  d’in¬ 
sectes  piqueurs.  En  dehors  de  véritables  essaims  de  mouches  entraî¬ 
nés  depuis  l’étage  inférieur  habité,  seuls  des  Taons,  d’ailleurs  très 
harcelants,  se  montrent  incommodants.  En  dehors  des  Oiseaux, 
qu’on  entend  plus  qu’on  ne  les  voit,  la  zone  forestière  traversée 
donne  l’impression  d’être  pauvre  en  animaux.  Vers  2.400  m.  j’ai 
noté  des  traces  récentes  d’Éléphants,  mais  sans  en  voir  aucun.  Je 
signalerai  simplement  la  présence  d’un  petit  Caméléon,  capturé 
sur  un  buisson  d’une  clairière,  vers  2.600  m.  et  qui  est  maintenant 
au  Vivarium  du  Jardin  des  Plantes. 

Une  clairière,  plus  importante  que  les  autres,  couverte  de  prairies 
très  fleuries,  précède  Bismarck  Ifut,  construite  à  l’orée  d’un  autre 
lambeau  de  forêt.  Les  arbres  isolés  de  ces  prairies  indiquent  qu’elles 
aussi  ont  été  conquises  autrefois  par  l’Homme  sur  la  forêt,  car  nous 
ne  sommes  pas  encore  ici  à  l’étage  des  prairies  naturelles.  Le  refuge 
est  à  2.700  m.  d’altitude.  En  fin  d’après-midi  la  température  est 
de  15°,  celle  d’un  ruisseau  sortant  de  la  forêt  étant  de  12°.  Sans  le 
voile  bleuté  de  la  brume  sèche  qui  estompe  les  lointains,  la  vue  serait 
très  belle  d’ici  sur  les  plaines  parsemées  de  montagnes  qui  s’étendent 
au  Sud-Est  du  Kilimandjaro.  De  nombreux  petits  cônes  volcaniques 
rompent  la  régularité  des  pentes  inférieures  et  bordent  le  pied  de 
celui-ci.  Quant  au  sommet,  il  est  invisible  de  ce  premier  campement. 

La  seconde  journée  s’annonce  aussi  belle  que  la  première,  assez 
fraîche  au  lever  du  jour  (9°),  tandis  qu’une  abondante  rosée  détrempé 
les  prairies.  Il  semble  qu’à  l’altitude  où  nous  sommes,  nous  nous 
trouvons  déjà  au-dessus  de  la  zone  où  l’alizé  se  fait  sentir  en  cette 
saison.  Dans  les  steppes  surchauffées  traversées  pour  atteindre  le 
pied  du  Kilimandjaro,  de  même  qu’à  Marangu  et  pendant  la  montée 
en  forêt,  il  soufflait  avec  force,  cassant  même  des  branches  d’arbres, 
tombées  sur  le  sentier  en  plusieurs  points.  Plus  haut,  et  même  jus¬ 
qu’au  sommet,  sauf  de  légères  risées  par  moments,  nous  trouverons 
un  temps  splendide  et  parfaitement  calme  pendant  tout  le  trajet, 
contrastant  avec  le  vent  très  fort  des  plaines. 

La  seconde  étape  débute  par  une  rude  montée  à  travers  une  forêt 
grandiose  et  humide,  curieuse  avec  ses  longues  touffes  d’Usnées. 


Le  sous-bois  est  touffu,  avec  de  belles  Fougères  et  de  grandes  Cypé- 
racées  signalant  des  suintements  d’eau.  La  lave  affleure  en  quelques 
endroits,  sans  présenter  le  moindre  signe  de  latéritisation.  Vers  le 
haut,  la  forêt  passe  une  fois  de  plus  à  de  grands  boisements  de 
Bruyères,  semblables  à  ceux  déjà  traversés  plus  bas,  avec  leur 
habituel  tapis  de  Lycopodes.  Nous  sortons  définitivement  de  ceux-ci 
vers  2.900  m.,  altitude  marquant  approximativement  la  limite 
supérieure  de  la  forêt  sur  le  versant  méridional  du  Kilimandjaro. 
Le  haut  du  massif  apparaît  dès  lors  entièrement.  Au  loin  dans  le 
Nord-Ouest,  encore  distant  d’une  vingtaine  de  kilomètres  à  vol 
•d’oiseau,  surgit  le  cône  tronqué,  massif  et  régulier,  un  peu  convexe, 
du  Kibo,  frangé  de  glace  au  sommet  (5.963  m.).  Plus  proche  se  dresse 
le  Mawenzi,  sommet  oriental,  moins  élevé  (5.353  m.)  mais  plus  élancé. 
C’est  un  pic  rocheux  très  dentelé,  limité  par  de  hauts  escarpements 
de  lave  rougeâtre,  libres  de  glace,  mais  conservant  quelques  névés. 

Il  nous  faut  longer  pendant  plusieurs  heures  le  pied  du  Mawenzi, 
en  montant  désormais  très  progressivement  à  travers  de  vastes  prai¬ 
ries  naturelles,  ponctuées  de  grosses  touffes  d’immortelles  jaune-vif 
au  feuillage  argenté.  Très  communes,  celles-ci  se  suivent  jusque 
vers  4.000  m.,  associées  plus  haut  à  d’autres  espèces  d’immortelles. 
Bien  que  ce  soit  la  saison  sèche,  les  plantes  en  fleurs  sont  nombreuses. 
Il  y  a  même  là  quelques  Orchidées  roses.  Ces  prairies,  aux  hautes 
herbes  beiges  et  drues,  sont  parsemées  pendant  un  certain  temps 
encore  par  des  Bruyères  hautes  de  7  à  8  m.,  isolées  ou  en  bosquets, 
toujours  revêtues  d’Usnées.  Mais  ces  derniers  arbres  se  raréfient 
bientôt  et  disparaissent  un  peu  au-dessus  de  3.000  m. 

Le  sentier  contourne  quelques  petits  cônes  de  scories  basaltiques, 
autour  desquels  le  sol  est  jonché  de  cristaux  d’augite.  Dans  ces 
prairies,  la  vie  animale  apparente  se  limite  à  de  petits  Lézards  et 
à  de  minuscules  Rongeurs.  Quelques  Simulies  tournent  autour  de 
nous  lors  des  haltes.  Peu  à  peu  les  prairies  cèdent  la  place  à  une 
sorte  de  lande  formée  de  plantes  buissonnantes  hautes  de  2  à  3  m., 
plus  courtes  à  mesure  que  l’on  monte.  Insensiblement  la  composi¬ 
tion  de  cette  lande,  entrecoupée  de  grandes  herbes,  se  modifie  avec 
l’apparition  de  plantes  nouvelles.  Vers  3.500  m.  ce  sont  les  premières 
Lobélias  fleuries,  longs  fuseaux  bleus  de  la  taille  d’un  homme.  Il  faut 
traverser  ensuite  plusieurs  torrents  provenant  du  Mawenzi,  peu  pro¬ 
fondément  incisés  dans  la  lave.  La  végétation  est  plus  exubérante 
dans  les  vallonnements  humides  qu’ils  suivent  et  c’est  dans  l’un 
d’eux,  vers  3.600  m.,  que  j’observe  les  premiers  Séneçons.  Les  sur¬ 
faces  rocheuses,  rares  jusqu’à  présent,  se  multiplient,  incrustées 
de  Lichens.  Les  pentes  montrent  peu  à  peu  une  configuration  plus 
accidentée.  Le  soleil  est  brûlant,  mais  la  température  agréable 
(à  10  h.  :  14°1  à  3.200  m.  ;  à  11  h.  15  :  18°, 1  à  3.600  m.).  Dans  le 
courant  de  la  matinée,  comme  chaque  jour,  de  petits  cumulus  se 


—  265  — 


forment  autour  des  deux  sommets,  dissimulant  bientôt  tout  le  haut 
du  Kibo.  Peters  Hut,  terme  de  la  seconde  étape,  est  située  à  3.800  m. 
sur  les  pentes  sud  du  massif,  en  face  de  l’échancrure  s’ouvrant  entre 
les  deux  sommets  du  Kilimandjaro.  Nous  pouvons  apercevoir  de 
là  Moshi,  entouré  de  cultures,  le  principal  centre  de  colonisation 
de  la  région  du  Kilimandjaro,  à  quelque  3.000  m.  plus  bas. 

La  végétation  caractéristique  des  hautes  montagnes  africaines 
se  présente  dans  toute  sa  magnificence  autour  de  Kibo  Hut  et  un 
peu  au-dessus,  jusque  vers  4.000  m.  b  .Cette  altitude  est  celle  qu’at¬ 
teignent  autour  de  Mexico  les  forêts  de  Pins  et  dans  la  Cordillère 
des  Andes,  près  de  Quito,  il  y  a  par  endroits  encore  des  arbres  à 
ce  niveau,  mais  ici  rien  de  tel.  Nous  avons  quitté  les  derniers  arbres 
véritables,  des  Bruyères,  à  3.200  m.  La  végétation  revêt  ici  des 
aspects  variés.  Tantôt  c’est  une  lande  buissonnante,  où  dominent 
les  Philippia,  qui  ne  dépassent  guère  4.000  m.,  tantôt  de  grandes 
prairies  beiges  qui  rappellent  étonnamment  les  paramos  andins. 
Ailleurs  c’est  un  mélange  des  deux  formations,  avec  une  profusion 
d’immortelles  et  dans  les  lieux  les  plus  humides,  au  sol  tourbeux, 
des  peuplements  de  grands  Séneçons,  assez  différents  les  uns  des 
autres  et  représentés  par  diverses  espèces.  Ils  ont  de  3  à  5  m.  Les 
plus  nombreux  ont  un  tronc  unique,  mais  d’autres  sont  ramifiés. 
Ils  forment  par  places  des  peuplements  très  denses,  dans  les  ravins 
principalement.  Des  Lobélias,  mais  en  petit  nombre,  les  accom¬ 
pagnent,  recherchant  également  les  prairies  marécageuses. 

Dans  l’ensemble,  cette  végétation,  bien  qu’assez  courte  en  dehors 
des  Lobélias  et  des  Séneçons,  et  également  des  derniers  buissons  de 
Philippia  qui  peuvent  atteindre  1  m.  50,  est  très  touffue.  L’abondance 
des  Immortelles  entre  3.600  et  4.100  m.  lui  communique  souvent 
un  ton  argenté.  Les  Insectes  sont  encore  assez  nombreux,  représentés 
par  des  vols  de  petits  Moucherons,  des  Sauterelles  et  divers  Coléop¬ 
tères.  Les  seuls  Oiseaux  aperçus  se  limitent  à  deux  rapaces  station¬ 
nant  autour  du  campement. 

Une  brume  froide  et  humide  s’étend  par  moments  sur  la  région, 
quand  des  nuages  glissent  le  long  des  pentes,  faisant  brusquement 
tomber  la  température  de  plusieurs  degrés.  Le  thermomètre  indique 
à  18  h.  7°.  La  nuit,  comme  les  soirs  précédents,  dissipe  tous  les 
nuages  et  sous  le  ciel  très  étoilé  le  rayonnement  est  intense  à  cette 
altitude,  s’accompagnant  en  cette  saison  de  gelées  quotidiennes. 
Le  lendemain  matin  ( —  0°5  à  6  h.  45).  Les  abords  du  refuge  sont 
hérissés  de  pipekrakes.  Ces  fines  aiguilles  de  glace,  longues  de  3 
à  4  cm.  s’observent  partout  où  le  sol  est  nu  entre  les  plantes.  Ces 
gelées  nocturnes  se  font  sentir  jusque  vers  l’altitude  de  3.500  m. 

La  troisième  étape,  pour  gagner  les  pentes  inférieures  du  Kibo, 

1.  Des  spécimens  de  cette  flore  ont  été  récoltés  et  remis  au  Laboratoire  de  Phané- 
rogamie. 


266 


n’offre  pas  plus  que  les  précédentes  la  moindre  difficulté.  Elle  est 
simplement  un  peu  pénible,  l’effet  de  l’altitude  commençant  à  se 
faire  sentir.  Quelques  prairies  marécageuses,  un  peu  après  le  départ, 
montrent  des  flaques  recouvertes  d’une  mince  couche  de  glace. 
Avant  4.000  m.  ont  disparu  les  dernières  Lobélias,  mais  des  Séneçons 
forment  encore  plusieurs  beaux  peuplements,  les  derniers  d’entre 
eux  se  hissant  jusque  vers  4.200,  à  peu  près  à  la  limite  supérieure 
de  la  végétation  qui  disparaît  ici  au  moins  300  m.  plus  bas  que  dans 
les  Andes  sous  la  même  latitude.  Progressivement  les  plantes  dimi¬ 
nuent  de  taille  et  se  tapissent  au  sol.  Nous  cheminons  maintenant 
parmi  des  pentes  franchement  plus  accidentées  et  rocheuses.  D’an¬ 
ciennes  coulées  de  lave  très  feldspathique  présentent  encore  leur 
surface  cordée,  mais  ont  été  polies  par  endroits  par  les  anciens  gla¬ 
ciers  et  montrent  des  stries  dirigées  vers  le  Sud.  La  morphologie 
glaciaire  de  toute  cette  région  est  typique,  avec  des  niches  et  des 
cirques  bien  conservés.  Disparus  du  Mawenzi  et  retirés  aujourd’hui 
au  sommet  du  Kibo,  sauf  sur  les  pentes  ouest  et  sud  de  ce  volcan, 
où  certains  descendent  encore  au-dessous  de  5.000  m.,  ils  ont  laissé 
au  S.-E.  des  traces  manifestes  de  leur  ancienne  extension  jusque 
vers  3.700  m. 

A  4.300  m.  nous  atteignons  le  vaste  ensellement  séparant  le 
Kibo  du  Mawenzi,  auquel  nous  tournons  dès  lors  le  dos  pour  nous 
rapprocher  du  sommet  principal.  Une  plaine  parfaitement  nue  et 
remarquablement  unie  nous  y  conduit.  Elle  se  relève  imperceptible¬ 
ment  jusqu’au  pied  du  cône  dont  la  hauteur  propre  est  d’environ 
1.500  m.  La  végétation,  à  peu  près  inexistante,  se  limite  à  de  rares 
touffes  de  Graminées  et  à  des  Composées  étalées  sur  le  sol.  Très  sec 
en  ce  moment,  celui-ci  doit  être  parfois  détrempé  lors  des  pluies 
ou  à  la  fonte  des  neiges,  à  en  juger  par  les  limons  abandonnés  par 
les  torrents  temporaires  descendant  des  barrancos  du  Kibo  et  qui 
viennent  se  perdre  dans  cette  plaine.  Grâce  aux  effets  quotidiens 
du  gel  et  du  dégel,  des  phénomènes  de  cryoturbation,  reproduisant 
en  plus  modestes  ceux  des  régions  circum-polaires,  ont  donné  lieu 
à  la  formation  de  sols  polygonaux  tout  à  fait  caractéristiques,  accom¬ 
pagnés,  là  où  la  pente  s’accentue,  de  sols  très  régulièrement 
striés. 

En  approchant  du  pied  du  Kibo  l’uniformité  de  cette  plaine  est 
rompue  par  la  présence  de  nombreux  blocs  erratiques  et  de  dépôts 
morainiques. 

Kibo  Hut,  le  dernier  campement  est  à  4.700  m.,  dans  un  des 
ravinements  inférieurs  du  Kibo.  C’est  à  cette  altitude  que  nous 
trouvons  les  premières  taches  de  neige,  peu  de  chose  et  tout  ce  qui 
subsiste  de  la  dernière  chute,  sans  doute  déjà  ancienne.  A  en  juger 
par  l’aspect  de  la  face  orientale  du  Kibo,  que  j’ai  en  face  de  moi 
et  qui  est  la  plus  facile  pour  escalader  ce  sommet,  la  limite  des  neiges 


267 


persistantes  est  très  élevée,  se  situant  vers  5.750  m.  1.  En  fait,  nous 
atteindrons  le  rebord  du  cratère,  à  une  altitude  proche  de  celle-ci, 
sans  être  contraints  de  marcher  un  seul  instant  sur  de  la  neige, 
pouvant  facilement  éviter  les  flaques  subsistant  çà  et  là,  transfor¬ 
mées  pour  la  plupart  en  glace. 

En  cherchant  bien  autour  de  Kibo  Hut,  je  parviens  à  découvrir 
sur  les  pentes  rocailleuses  quelques  toutes  dernières  petites  touffes 
de  Graminée  et  de  Tussilage.  Tandis  qu’il  faisait  3°8  dans  le  cou¬ 
rant  de  l’après-midi,  il  regèle  déjà  à  partir  de  17  h. 

Les  porteurs,  qui  en  plus  des  vivres  et  des  couvertures  ont  amené 
jusqu’ici  une  provision  de  bois  et  d’eau,  nous  attendrons  à  Kibo 
Hut,  pendant  que  ma  femme  et  moi,  accompagnés  d’un  seul  d’entre 
eux,  tenterons  de  gagner  le  sommet. 

Vue  d’en  bas,  la  montée  finale  n’a  rien  d’impressionnant,  si  ce 
n’est  la  raideur  de  la  pente  vers  le  haut  du  volcan.  Ce  parcours  doit 
être  fait  de  nuit  pour  arriver  au  jour  et  n’être  pas  surpris  par  les 
nuages  au  sommet. 

C’est  à  1  h.  30,  cinq  heures  avant  le  lever  du  soleil,  que  nous 
nous  mettons  donc  en  route  le  quatrième  jour,  éclairés  par  un  der¬ 
nier  quartier  de  lune  et  une  lampe  à  pétrole.  Il  fait  alors  —  3°, 
un  temps  parfaitement  calme  et  pas  un  nuage,  bien  que  l’on  aperçoive 
de  lointains  éclairs  au  S.-W.  Tout  va  bien  les  deux  premières  heures,, 
jusqu’à  5.000  m.,  mais  ensuite  la  montée  devient  laborieuse  du  fait 
de  l’altitude  et  de  la  nature  inconsistante  du  terrain.  Très  inclinées,, 
les  pentes  sont  formées  de  sable  et  de  graviers  volcaniques  qui 
paraissent  résulter  davantage  de  l’effritement  de  laves  compactes 
que  de  projections.  Ces  matériaux  meubles,  mêlés  à  de  plus  gros 
blocs,  s’éboulent  continuellement  sous  vos  pas.  Pour  éviter,  dans 
l’obscurité,  de  s’engager  dans  des  escarpements  de  lave,  qui  sur¬ 
gissent  de  part  et  d’autre,  il  nous  faut  monter  tout  droit,  mais  avec 
de  constants  arrêts.  Aucune  brise  ne  souffle,  mais  un  imperceptible 
courant  d’air  glacé  glisse  du  sommet  et  le  froid  nous  engourdit. 
A  5.400  m.,  avant  le  jour,  mon  thermomètre  indique  —  10°.  Le 
soleil  est  déjà  haut,  lorsque  nous  parvenons  au  sommet  du  cratère, 
à  Gillmans  Point,  à  près  de  5.800  m.  Vis-à-vis,  le  Mawenzi  nous 
présente  de  belles  niches  glaciaires,  mais  vides.  Les  détails  de  son 
sommet  sont  extrêmement  nets,  car  il  émerge  du  voile  de  brume 
sèche  qui  s’élève  en  une  nappe  très  régulière  jusqu’à  5.000  m. 
Ce  voile  est  gênant  pour  distinguer  les  détails  de  la  plaine  aride  qui 
entoure  le  Kilimandjaro. 

Le  rebord  le  plus  élevé  du  cratère,  le  Kaiser  Wilhelm  Peak,  proche 
de  6.000  m.,  se  trouve  plus  au  S.-W.  et  forme  un  rempart  dominant 
d’environ  200  m.  le  fond  de  celui-ci.  Sans  chercher  à  l’atteindre, 

1.  Elle  se  tient  à  un  niveau  inférieur  sur  les  autres  faces,  descendant  vers  5.300  m. 
à  l’Ouest. 


268  — 


ce  qui  à  cette  altitude  demanderait  certainement  encore  2  heures 
de  marche,  apparemment  sans  grande  difficulté,  mais  avec  la  pro¬ 
babilité  de  voir  les  nuages  s’amonceler  avant  d’y  parvenir,  nous 
nous  bornons  à  escalader  une  arête  rocheuse  où  sont  bien  visibles 
les  très  beaux  rhombenporphyres  qui  forment  le  haut  du  volcan. 
Ils  sont  remarquablement  riches  en  gros  cristaux  gris  clair  d’anor- 
those,  libérés  en  grand  nombre  par  endroits  par  la  désagrégation 
de  la  lave.  De  cet  escarpement  situé  à  un  peu  plus  de  5.800  m., 
la  vue  est  grandiose  sur  le  cratère  éteint  couronnant  le  Kibo.  Peu 
profond  et  facilement  accessible,  il  a  près  de  2  km.  500  de  diamètre 
et  présente  une  configuration  assez  accidentée,  avec  un  cratère 
d’explosion  emboîté  dans  sa  partie  nord.  Une  enceinte  irrégulière, 
ébréchée  en  plusieurs  points,  entoure  le  grand  cratère  terminal, 
partiellement  libre  de  glace  et  même  de  neige  actuellement,  bien 
que  celle-ci  le  blanchisse  à  peu  près  entièrement  d’ordinaire. 

Une  calotte  de  glace  coiffe  partiellement  le  haut  du  Kibo,  surtout 
développée  dans  la  partie  nord  du  cratère,  qui  n’est  souillée  par 
aucun  débris  morainique.  La  fusion  de  cette  calotte,  sous  l’effet 
du  soleil  équatorial,  lui  communique  une  surface  extrêmement 
irrégulière,  ce  type  d’ablation  aboutissant  à  la  formation  d’une 
multitude  de  petits  piliers  verticaux  ( penintentes )  typiques  des  gla¬ 
ciers  tropicaux.  La  perméabilité  des  laves  sous-jacentes  fait  que  les 
eaux  de  fonte  s’infiltrent  aussitôt,  sans  donner  naissance  au  moindre 
torrent  permanent  sur  les  pentes  du  cône,  du  moins  à  l’Est.  Débor¬ 
dant  sur  les  pentes  externes,  la  calotte  du  Kibo  dessine  sur  celles-ci 
une  suite  de  festons  inégalement  développés,  qui  alimentent  plu¬ 
sieurs  langues  glaciaires  très  crevassées  et  bien  individualisées.  Elles 
s’abaissent  sur  les  versants  sud  et  ouest  de  la  montagne  jusque 
vers  4.700  m.,  mais  font  défaut  du  côté  oriental. 


Laboratoire  de  Géologie  du  Muséum. 


—  269 


Étude  d'une  collection  de  Chiroptères 
du  Rio  Ucayali,  Pérou 

Par  Jean  Dorst. 


Le  Muséum  a  récemment  acquis  une  petite  collection  de  Mammi¬ 
fères  collectés  dans  la  région  du  Rio  Ucayali,  dans  l’Est  du  Pérou, 
et  plus  spécialement  dans  la  région  de  Pucallpa.  Il  nous  a  paru 
intéressant  de  signaler  les  Chiroptères  faisant  partie  de  cette  collec¬ 
tion,  en  complément  de  l’importante  liste  des  Mammifères  ayant 
fait  l’objet  d’un  travail  récent  de  C.  C.  Sanborn  (J.  Mamm.,  30, 1949, 
277-288). 

D’une  manière  générale,  la  faune  de  la  région  de  Pucallpa,  située 
sur  le  versant  oriental  des  Andes,  est  nettement  amazonienne.  C’est 
une  faune  forestière,  comme  l’atteste  la  présence  parmi  les  espèces 
collectées  de  types  propres  à  ce  biotope.  Les  Chauves-souris  signalées 
ont  pour  la  plupart  une  vaste  distribution  dans  la  région  néo-tro¬ 
picale  h 

Emballonuridés. 

Saccopteryx  bilineata  (Temm.). 

3  spécimens  :  1  £  Pucallpa,  mai  1951  ;  2  ÇÇ  juillet  1951,  mars  1952. 

Long,  avant-bras  2  :  46,  5-48,  5. 

Cette  espèce  caractérisée  par  sa  grande  taille,  sa  coloration  foncée 
sur  laquelle  tranchent  deux  raies  blanches,  peuple  une  vaste  étendue 
en  Amérique  du  Sud,  allant  depuis  le  Sud  du  Mexique  jusqu’au 
Brésil. 

Saccopteryx  leptura  (Schreber). 

4  spécimens  :  2  ££  Pucallpa,  juin  1951,  mars  1952  ;  2  Pucallpa, 
août  1951,  mars  1952. 

Long,  avant-bras  :  37,  2-39,  5. 

Cette  espèce,  répandue  depuis  Panama  jusqu’au  S.  W.  du  Pérou 
et  au  N.-E.  du  Brésil,  n’est  connue  du  Pérou  que  de  Bellavista, 

1.  Parmi  les  Mammifères  appartenant  à  d’autres  groupes  que  les  Chiroptères, 
signalons  en  particulier  le  Cyclopes  didactylus  (L.),  curieux  Edenté  Xénarthro  dont  la 
distribution  s’étend  à  travers  tout  le  massif  forestier  sud-américain.  La  détermination 
subspécifique  de  ce  sujet  présente  quelque  difficulté  ;  il  semble  avoir  quelque  parenté 
avec  la  forme  eva  Ths,  décrite  du  N.  W.  de  l’Ecuador. 

Parmi  les  Mammifères  plus  ubiquistes,  faisons  mention  de  spécimens  de  Raltus 
rattus  (L.),  déjà  signalé  dans  la  région  par  Sanborn,  mais  qui  pas  encore  trouvé 
jusqu’ici  à  Pucallpa  même  d’où  proviennent  nos  sujets. 

2.  En  mm. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


—  270 


dans  la  partie  orientale,  et  dans  la  région  de  Pucallpa  (Yarinacocha, 
Sanborn). 

Peropteryx  m.  macrotis  (Wagner). 

2  spéciniens  :  1  Pucallpa,  mars  1952  ;  1  Ç  Pucallpa,  mars  1952. 
Long,  avant-bras  :  46,  2-47,  6. 

Cette  Chauve-souris,  répandue  en  Amérique  depuis  le  Guatemala 
jusqu’au  Matto  Grosso,  est  connue  au  Pérou  à  Matchu-Picchu, 
S.  Pérou,  et  dans  la  région  de  l’Ucayali  (nos  spécimens  constituent 
le  troisième  record  pour  cette  région). 

Noctilionidés. 

Noctilio  albiventer  Spix. 

5  spécimens  :  3  Pucallpa,  mars  1950,  mai  1951,  avril  1952  ; 
2  ÇÇ  Pucallpa,  novembre  1950,  juillet  1951. 

Long,  avant-bras  :  66-69. 

Cette  espèce,  qui  se  distingue  très  aisément  de  son  congénère 
Noctilio  leporinus  par  une  taille  inférieure  et  surtout  par  un  pied 
plus  réduit  par  rapport  à  la  taille  de  l’animal  (le  pied  est  énorme 
chez  leporinus). 

La  coloration  des  parties  supérieures  est  assez  variable  :  deux 
des  individus  de  la  série  sont  brun  roux  foncé,  un  peu  plus  clair  sur 
la  tête  et  la  nuque,  avec  le  dessous  du  corps  nettement  plus  clair, 
surtout  sur  le  haut  de  la  poitrine.  Les  trois  autres  sont  nettement 
plus  foncés,  notamment  sur  les  épaules  et  le  dos  qui  sont  brun  foncé 
mêlé  de  roussâtre. 

Phyllostomidés. 

Tonatia  amblyotis  (Wagner). 

6  spécimens  :  1  <$  Pucallpa,  novembre  1950  ;  5  $Ç  Pucallpa, 
novembre  1950,  Chanchamayo,  juillet  1949. 

Long,  avant-bras  :  52-53,  5. 

Cette  espèce  se  distingue  de  ses  proches  par  ses  grandes  oreilles 
et  la  conformation  de  son  crâne  qui  présente  une  notable  constriction 
post-orbitaire.  La  série  est  très  homogène  et  ressemble  en  tous  points 
à  une  série  provenant  d’Ecuador,  si  ce  n’est  que  les  animaux  péru¬ 
viens  sont  très  légèrement  plus  petits  (avant-bras  :  52-53  au  lieu 
de  54-56).  Mais  cette  différence  minime  n’a  bien  entendu  aucune 
signification  systématique.  Cette  espèce  ne  présente  d’ailleurs  aucune 
variation  géographique. 

Phyllostoma  hastalum  (Pall.). 

5  spécimens  :  3  Pucallpa,  novembre  1950,  janvier,  août  1951  ; 
2  Pucallpa,  novembre  1950. 

Long,  avant-bras  :  82-88,  5. 


271  — 


Cette  espèce  de  grande  taille  signalée  notamment  au  Brésil,  en 
Bolivie  et  au  Pérou,  est  propre  aux  régions  boisées  qu’elle  ne  quitte 
pas  et  où  elle  mène  une  vie  arboricole. 

Quatre  des  individus  de  notre  série  ont  une  coloration  brun  noi¬ 
râtre  foncé,  plus  claire  sur  le  dessous  du  corps  ;  le  quatrième  individu 
est  au  contraire  marron,  avec  même  une  teinte  roussâtre  sur  le 
dessous  du  corps.  Comme  chez  de  nombreuses  espèces  de  Chauves- 
souris,  il  existe  chez  cette  espèce  un  dimorphisme  de  coloration  que 
l’on  observe  parmi  les  individus  d’une  même  localité. 

Carollia  perspicillata  (L.) 

(=  Hemiderma  brevicauda  (Wied)). 

1  spécimen  :  Pucallpa,  décembre  1951. 

Long,  avant-bras  :  42. 

Desmodontidés. 

Desmodus  rotundus  (E.  Geoffroy  St  Hilaire). 

1  spécimen  :  Pucallpa,  janvier  1952. 

Long,  avant-bras  :  57. 

Vespertilionidés. 

Myotis  n.  nigricans  (Max.). 

3  spécimens  :  1  $  Pucallpa,  mars  1951  ;  2  ÇÇ  Pucallpa,  mars, 
juin  1951. 

Long,  avant-bras  :  34,5. 

Myotis  albescens  (E.  Geoffroy). 

1  spécimen  :  $  Pucallpa,  décembre  1950. 

Long,  avant-bras  :  33,8. 

Eptesicus  sp. 

1  spécimen  :  Ç  octobre  1951,  Pucallpa. 

La  systématique  des  Eptesicus  néo-tropicaux  n’est  pas  pleinement 
satisfaisante  à  l’heure  actuelle.  Comme  nous  manquons  de  matériel 
de  comparaison,  nous  préférons  ne  pas  donner  de  nom  spécifique 
à  ce  sujet  dont  la  coloration  est  brun  noirâtre  sur  les  parties  supé¬ 
rieures,  plus  clair  sur  le  dessous  du  corps  (terminaison  beige  clair 
des  poils). 

Molossidés. 

Molossus  obscurus  (E.  Geoffroy). 

1  spécimen  :  Pucallpa,  septembre  1951. 

Long,  avant-bras  :  41,6. 


Laboratoire  de  Zoologie  (Mammifères  et  Oiseaux )  du  Muséum. 


—  272  — 


Ébauche  de  dispositif  compresseur  de  la  glande  venimeuse 
chez  un  Serpent  opisthoglyphe  de  e Amérique  du  Sud, 
Tomodon  dorsatus  D.  et  B. 

Par  J.  Anthony. 


Chez  les  Serpents  venimeux  les  plus  évolués,  Protéroglyphes  et 
Solénoglyphes,  certaines  libres  du  muscle  temporal  antérieur,  au 
lieu  de  descendre  directement  du  crâne  à  la  mandibule  comme  chez 
les  Serpents  inférieurs,  entourent,  à  mi-chemin,  le  pôle  postérieur 
de  la  glande  venimeuse,  de  sorte  que  leur  contraction  au  moment 
de  la  morsure  facilite  l’excrétion  du  venin.  Les  Protéroglyphes  pos¬ 
sèdent  habituellement  (Hydrophidés,  Elapinés,  Najinés)  un  temporal 
antérieur  transversalement  divisé  en  deux  parties.  Toutes  ses  fibres 
supérieures,  nées  du  post-frontal  et  de  la  crête  pariétale,  se  terminent 
à  la  face  interne  et  autour  de  l’extrémité  postérieure  de  la  capsule 
glandulaire.  Et  c’est  également  de  la  capsule  que  se  dégagent  les 
fibres  inférieures,  pour  se  rendre  à  la  face  externe  de  la  mandibule, 
au  niveau  de  la  portion  moyenne  de  l’articulaire.  La  glande  se  place 
en  somme  comme  un  «  relai  »  (M.  Phisalix)  sur  le  trajet  du  muscle. 
Le  temporal  antérieur  des  Solénoglyphes  (notamment  la  Vipère 
aspic  et  les  Crotalidés),  chez  qui  l’ensemble  de  l’appareil  venimeux 
atteint  son  plus  haut  degré  de  perfection,  se  présente  différemment. 
Une  partie  de  ses  fibres  —  les  plus  postérieures  pour  M.  Phisalix  ; 
les  plus  antérieures  pour  G.  Haas  —  conservent  une  disposition 
primitive  et  vont  de  la  crête  pariétale  à  l’articulaire,  en  croisant  la 
face  interne  de  la  glande.  Les  autres  perdent  leurs  insertions  cr⬠
niennes.  Elles  les  reportent  sur  la  face  externe  de  la  glande,  à  son 
extrémité  antérieure.  De  là,  elles  se  portent  presque  horizontalement 
en  arrière,  cravatent  le  pôle  postérieur  de  la  glande,  passent  à  la  face 
profonde  du  faisceau  précédent  et  se  terminent  en  avant  de  lui  sur 
l’articulaire.  Elles  jouent  un  rôle  particulièrement  efficace  dans 
l’évacuation  du  venin. 

On  admet  classiquement  que  les  Opisthoglyphes  n’offrent  pas 
de  remaniements  musculaires  de  ce  genre.  Leur  temporal  antérieur, 
identique  à  celui  des  Boïdés  et  des  Colubridés  les  moins  avancés  en 
organisation,  dessine  un  arc  simple,  déprimé  en  regard  de  l’angle 
de  la  bouche.  Pourtant,  en  étudiant  l’appareil  de  la  morsure  de 
Tomodon  dorsatus,  nous  avons  relevé  une  exception  à  la  règle,  sur 
un  seul  exemplaire  du  reste  et  uniquement  du  côté  droit.  Cet  aspect 
atypique  se  présentait  de  la  manière  suivante  : 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


273 


Vue  latérale  droite  des  muscles  temporaux  et  de  leurs  rapports  chez  Tomodon  dorsa- 
tus  D.  et  B.  —  En  haut,  aspect  habituel.  En  bas,  disposition  exceptionnelle. 
1,  temporal  antérieur  ;  1',  son  faisceau  anormal  ;  2,  temporal  moyen  ;  3,  temporal 
postérieur  ;  4,  digastriques  ;  5,  cervico-squamosal  ;  6,  ligament  postérieur  de  la 
glande  venimeuse  ;  7,  glande  temporale  antérieure  ;  8,  glande  de  Harder  ;  9,  glande 
venimeuse  ;  10,  glande  labiale  supérieure.  G.  N.  X  5  environ. 


274  - 


La  majorité  des  fibres  reproduisaient  exactement  la  disposition 
que  l’on  observe  pour  la  totalité  des  muscles  dans  les  formes  Opistho- 
glyphes  en  général.  A  partir  de  leurs  insertions  crâniennes,  elles 
descendaient  à  la  face  superficielle  de  la  glande  de  Harder,  puis  à 
la  face  profonde  de  la  glande  venimeuse,  pour  gagner  ensuite  l’arti¬ 
culaire.  Mais  un  peu  au-dessus  du  bord  supérieur  de  la  glande  veni¬ 
meuse,  les  fibres  les  plus  antérieures,  représentant  environ  le  quart 
de  la  masse  musculaire  entière,  se  détachaient  des  autres,  croisaient 
superficiellement  la  moitié  supérieure  de  la  glande  et  venaient  se 
terminer  à  la  face  profonde  de  la  peau,  immédiatement  en  avant 
des  insertions  cutanées  du  «  ligament  postérieur  de  la  glande  veni¬ 
meuse  ».  Ainsi  prise  entre  les  deux  faisceaux  la  glande  doit  se  trouver 
comprimée  lors  de  la  contraction  du  muscle. 

Nous  nous  trouvons  donc  en  présence  d’une  variation  individuelle 
réalisant  un  progrès  morphologique  normalement  inconnu  chez  les 
Opisthoglyphes  et  qui  s’affirmera  seulement  dans  les  types  ultimes 
de  la  série  ophidienne.  Il  nous  paraît  utile  d’ajouter  que  par  d’autres 
propriétés  anatomiques,  constantes  celles-là,  Tomodon  dorsatus  se 
situe  hiérarchiquement  à  une  place  privilégiée  parmi  les  Opistho- 
glyghes.  Nous  faisons  allusion  à  la  brièveté  remarquable  de  ses 
maxillaires  supérieurs,  à  la  longueur  exceptionnelle  de  ses  crochets 
venimeux,  à  l’aspect  rudimentaire  et  au  nombre  réduit  —  quatre 
ou  cinq  —  de  ses  dents  maxillaires  non  venimeuses.  Il  serait  inté¬ 
ressant  de  pouvoir  contrôler  si  d’autres  Opisthoglyphes  à  maxillaires 
très  courts,  tels  que  Miodon  D.  et  le  rarissime  Aproterodon  V.  sont 
capables  d’une  différenciation  similaire  de  leur  muscle  temporal 
antérieur.  Nous  n’y  manquerons  pas  à  l’occasion. 

Nous  n’avons  relevé  dans  la  littérature  aucune  observation  rappe¬ 
lant  la  nôtre.  Radovanovic  (1935)  a  bien  décrit  autrefois,  chez 
un  Naja,  des  fibres  du  temporal  antérieur  croisant  la  face  externe 
de  la  glande  venimeuse.  Mais  ces  fibres  appartenaient  à  la  partie 
postérieure  du  muscle  et  se  rendaient,  du  reste,  à  la  mandibule. 
Nous  pensons  en  réalité  que  le  temporal  antérieur  de  notre  Tomodon 
dorsatus  anormal  ne  saurait  être  rapproché,  ni  du  type  protéroglyphe, 
ni  du  type  solénoglyphe.  Il  s’agit  d’une  spécialisation  beaucoup 
moins  poussée,  mais  qui  n’annonce  en  rien  l’un  ou  l’autre  de  ces 
deux  états. 

Laboratoire  d,' Anatomie  Comparée  du.  Muséum. 

INDICATIONS  BIBLIOGRAPHIQUES 

Haas  (G.),  1930  a.  —  Ueber  die  Kaumuskulatur  und  die  Schadelmechanik 
einiger  Wühlschlangen.  Zool.  Jahrb.  ( anat .),  52  :  95-218,  74  fig. 
—  1930  b.  —  Ueber  die  Schadelmechanik  und  die  Kiefermuskulatur 
einiger,  Proteroglypha.  Zcol.  Jahrb.  (anat.),  52  :  347-404,  38  fig. 


—  275  — 


—  1938.  —  A  Note  on  the  Origin  of  Solenoglyph  Snakes.  Copeia,  2, 
73-78,  8  fig. 

Phisalix  (M.),  1922.  —  Animaux  venimeux  et  venins.  Vol.  II,  Paris, 
Masson  et  Cie,  xii-864  p.,  521  fig.,  17  pl. 

Radowanowitsch  (M.),  1935.  —  Anatomische  Studien  am  Schlangen- 
kopf.  Jena.  Zeitschr.  Naturw.,  69,  321-422,  83  fig.,  pl.  5. 

Vanzolini  (P.  E.),  1947.  —  Sobre  um  novo  género  e  espécie  de  Colu- 
brideo  opistoglifo,  Aproterodon  clementei.  Papeis  avulsos  Départ. 
Zool.  Sao  Paulo,  8,  n°  14,  181-187,  4  fig. 


—  276  — 


La  classification  de  la  famille  des  Trichoniscidae 
(Crustacés  :  Isopodes  terrestres) 

Par  A.  Vandel. 

CORRESPONDANT  DU  MUSÉUM 


La  famille  des  Trichoniscidae  s’est  enrichie,  en  ces  dernières 
années,  de  très  nombreux  genres  et  espèces  dont  l’exacte  classifi¬ 
cation  représente  une  tâche  délicate.  Je  n’envisagerai,  pour  l’ins¬ 
tant,  que  la  sous-famille  des  Trichoniscinae.  J’ai  déjà  proposé,  à 
plusieurs  reprises  (Vandel,  1943,  p.  81;  1946  a,  p.  53;  1946  b, 
p.  147  ;  1950,  p.  188)  une  classification  de  cette  sous-famille  ;  mais 
il  convient  de  la  constamment  améliorer  et  compléter.  La  connais¬ 
sance  que  j’ai  acquise  de  quelques  types  américains  me  permet 
de  modifier  mes  premiers  essais  et  de  répartir  les  Trichoniscinae 
en  trois  tribus  correspondant  aux  trois  stades  d’évolution  du  pléo- 
pode  1  mâle. 


Première  Tribu. 

Cette  première  tribu  se  caractérise  de  la  façon  suivante  :  exopodite 
du  pléopode  1  mâle  lobé  ou  fendu  à  son  extrémité  ;  endopodite 
du  même  appendice  unisegmenté,  soit  petit  et  ovoïde  (Protricho- 
niscus),  soit  plus  généralement  en  forme  de  lame  allongée,  mais 
toujours  dépourvu  de  tige  terminale. 

C’est  un  groupe  primitif,  ancien,  à  répartition  mésogéenne,  s’éten¬ 
dant  du  Caucause  à  la  côte  américaine  du  Pacifique.  Il  comprend 
les  quatre  genres  :  Protrichoniscus  Arcangeli,  Finaloniscus  Brian, 
Escualdoniscus  Vandel  et  Caucasonethes  Verhoeff  ;  il  se  pourrait 
que  deux  genres  encore  incomplètement  connus,  Brackenridgia 
Ulrich  et  Cylindroniscus  Arcangeli  appartiennent  à  cette  tribu. 

Deuxième  Tribu. 

Cette  tribu  est  caractérisée  par  la  constitution  de  l’endopodite 
du  pléopode  1  mâle  qui  se  termine  par  une  tige  plumeuse,  ou  plus 
rarement  par  un  bâtonnet  représentant  la  première  ébauche  de 
l’appareil  paracopulateur  (cette  différenciation  s’est  produite  à  plu¬ 
sieurs  reprises,  dans  des  lignées  parallèles).  Cette  tribu,  la  plus  riche 
en  genres  et  en  espèces,  se  divise  en  cinq  légions. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


277 


Légion  I.  — •  Ce  groupe  correspond  à  un  ensemble  de  formes  pri¬ 
mitives  chez  lesquelles  le  premier  et  le  second  pléopodes  mâles  ont 
conservé  des  formes  simples,  ne  présentant  jamais  de  différenciations 
très  poussées.  Les  représentants  de  cette  Légion  se  rattachent  à 
ceux  de  la  première  Tribu  ;  par  ailleurs,  ils  ont  probablement  donné 
naissance,  en  suivant  des  voies  divergentes,  aux  représentants  des 
Légions  suivantes. 

Cette  Légion  comprend  les  genres  suivants  :  Spelaeonéthes  Verhoefï, 
Libanonethes  Vandel,  Protonethes  Absolon  et  Strouhal,-  Alpioniscus 
Racovitza  (y  compris  le  sous-genre  Illyrionethes  Verhoefï)  et  A e go- 
ne  thés  Frankenberger.  Le  genre  Titanethes  Schiôdte  qui  se  rattache 
aux  formes  précédentes  s’en  distingue  par  le  fait  que  la  tige  de  l’en- 
dopodite  du  pléopode  1  mâle  s’est  transformée  en  un  bâtonnet. 

Légion  IL  — •  Ce  groupe  est  caractérisé  par  le  fait  que  l’exopodite  ♦ 
du  pléopode  1  mâle  est  muni  de  2  —  ou  plus  rarement  de  3  —  tiges 
ciliées.  Ce  groupe,  à  dispersion  de  type  atlantique,  est  propre  à  l’Eu¬ 
rope  occidentale.  Il  renferme  trois  genres  qui  correspondent  à  trois 
types  d’évolution  différents  :  Trichoniscoides  Sars,  correspondant 
au  type  primitif  ;  M etatrichoniscoides  Vandel,  très  voisin  du  précé¬ 
dent,  mais  dont  l’endopodite  du  premier  pléopode  mâle  se  termine 
par  un  bâtonnet  ;  Scotoniscus  Racovitza,  caractérisé  par  l’exopodite  du 
premier  pléopode  mâle  muni  de  trois  tiges  ciliées,  et  par  l’endopodite 
du  second  pléopode  terminé  par  un  organe  très  complexe  et  évasé. 
Cette  Légion  a  fait  F objet  d’une  révision  récente  (Vanoel,  1952). 

Dans  toutes  les  autres  Légions,  l’exopodite  du  premier  pléopode 
mâle  ne  porte  qu’une  seule  tige  ou  pas  de  tige. 

Légion  III.  —  Ce  groupe  est  caractérisé  par  la  différenciation 
fort  complexe  de  l’endopodite  du  pléopode  2  mâle  qui  s’évase  en 
entonnoir  (évolution  parallèle  à  celle  de  Scotoniscus).  Cette  légion 
ne  renferme  que  le  genre  Hyloniscus  Verhoefï,  à  répartition  sud- 
orientale  et  balkanique. 

Légion  IV.  —  Cette  Légion  est  caractérisée  par  les  formes  très 
particulières,  et  souvent  fort  complexes,  qu’acquiert  l’exopodite  du 
premier  pléopode  mâle.  Cette  Légion  renferme  un  groupe  balkanique 
( Balkanoniscus  Verhoefï  et  Bureschia  Verhoefï)  et  un  groupe  d’ori¬ 
gine  tyrrhénienne  ( N esiotoniscus  Racovitza,  Catalauniscus  Vandel, 
Bergamoniscus  Brian  et  Vandel,  Oritoniscus  Racovitza  et  Phyma- 
toniscus  Racovitza).  Les  deux  genres  Balkanoniscus  et  N esiotoniscus 
paraissent  voisins  l’un  de  l’autre.  Dans  le  genre  Murgeoniscus 
Arcangeli,  la  tige  de  l’endopodite  du  premier  pléopode  mâle  se  trans¬ 
forme  en  bâtonnet,  (comme  chez  Titanethes  et  M  etatrichoniscoides). 

Légion  V.  —  L’endopodite  du  premier  pléopode  mâle  se  termine 
par  une  tige  dont  les  poils  agglomérés  constituent  une  palette  ovoïde. 

Bulletin  du  Muséum.,  2e  série,  t.  XXV,  n”  3,  1953. 


18 


—  278  — 


Cette  Légion  ne  renferme  que  le  genre  Androniscus  Verhoeff,  d’ori¬ 
gine  alpine. 

Troisième  Tribu. 

Cette  Tribu  renferme  les  Trichoniscinae  les  plus  évolués  chez 
lesquels  l’endopodite  du  premier  pléopode  mâle  est  transformé  en 
un  véritable  organe  paracopulateur.  Les  représentants  de  cette 
Tribu  annoncent  le  type  structural  qui  sera  réalisé  dans  la  sous- 
famille  des  Haplophthalminae. 

Cette  Tribu  comprend  un  groupe  propre  aux  régions  intéressées 
par  les  plissements  alpins  (T richoniscus  Brandt,  Turkonethes  Verhoeff 
et  Stylohylea  Verhoeff)  et  un  groupe  à  répartition  atlantique  ( Mik - 
toniscus  Kesselyak). 

BIBLIOGRAPHIE 

Vandel  (A.).  —  1943.  —  Essai  sur  l’origine,  l’évolution  et  la  classifica¬ 
tion  des  Oniscoidea  (Isopodes  Terrestres).  Bull.  biol.  France.  Bel¬ 
gique  Suppl.  XXX,  136  p.  ;  77  fig. 

Vandel  (A.).  —  1946  a.  —  Espèces  françaises,  nouvelles  ou  peu  connues, 
de  Trichoniscidae  (Isopodes  Terrestres)  (Deuxième  Partie).  Bull. 
Soc.  Zool.  France.  LXXI,  pp.  53-72  ;  21  fig. 

Vandel  (A.).  —  1946  b.  — -  Crustacés  Isopodes  terrestres  (Oniscoidea) 
épigés  et  cavernicoles  du  Portugal.  Étude  des  récoltes  de  M.  A.  de 
Barros  Machado.  Anaïs  Facult.  Cienc.  Porto,  XXX,  pp.  135-427  ; 
158  fig. 


—  279  — 


Nouvelles  observations 
sur  Penthaleus  major  (Dugès)  (Acarina) 

Par  Marc  André. 


Les  représentants  de  cette  espèce  n’ont  été  trouvés,  pendant 
longtemps,  que  dans  les  lieux  humides,  parmi  les  mousses  ou  sous 
les  pierres  sur  la  terre  nue.  Ce  n’est  qu’en  1908  que  l’Acarien  appa¬ 
rut,  pour  la  première  fois  en  nombre  immense,  dans  les  cultures 
de  Pois  ( Pisurn  sativum  L.)  de  la  presqu’île  de  Gien,  près  d’Hyères 
(Var),  causant  une  véritable  invasion  (déjà  signalée  deux  ans  aupa¬ 
ravant,  mais  avec  des  proportions  beaucoup  moindres)  qui  dévasta 
les  semis  de  ces  primeurs. 

Dans  un  travail  précédent  (1932,  p.  284),  nous  avons  signalé 
l’importance  des  dommages,  parfois  considérables,  provoqués  en 
France  par  ce  parasite  phytophage,  décrit  et  figuré  l’espèce  qui  était 
jusqu’alors  fort  mal  connue,  et  donné  une  mise  au  point  de  l’ensemble 
des  observations  publiées  par  différents  auteurs. 

Le  but  de  la  présente  note  est  de  faire  connaître  la  répartition 
géographique  actuelle  du  P.  major  et  d’indiquer  les  nouvelles  obser¬ 
vations  que  nous  avons  eu  l’occasion  d’effectuer  au  cours  de  ces 
dernières  années. 

W.  W.  Froggatt  (1921,  p.  33)  décrivait,  sous  le  nom  de  N  oto¬ 
phallus  bicolor  une  espèce  d’Acarien  attaquant  les  plantations 
d’ Avoine  (Avenu  sativa  L.)  en  Nouvelle-Galles  du  Sud.  Plus  tard 
H.  Womersley  (1933,  p.  108)  signalait  cette  même  forme  dans  la 
région  de  Cape  Town,  en  Afrique  du  Sud,  ainsi  que  dans  certains 
états  d’Australie.  Ce  dernier  auteur  donnait  une  nouvelle  description 
et  des  figures  détaillées  de  l’espèce,  reprenait  le  nom  générique  de 
Penthaleus  et  admettait  que  P.  bicolor  (Frog.)  devait,  sans  doute, 
être  synonyme  de  P.  major  (Dugès). 

Depuis  cette  époque  nous  avons,  avec  Womersley,  fait  un  échange 
de  collections  et  comparé  entre  eux  les  exemplaires  d’Afrique  du 
Sud,  d’Australie  et  de  France.  Ces  examens  nous  ont  prouvé  qu’il 
n’y  avait  aucune  différence  morphologique  entre  P.  bicolor  (Frog.) 
et  l’espèce  européenne,  P.  major  (Dugès)  L 

D’autre  part,  selon  E.  W.  Baker  (1936,  p.  421),  Notophallus 

1.  H.  Womersley  (1933)  signale  la  présence  de  cette  même  espèce  en  Afrique  du 
Sud,  dans  la  région  de  Cape  Town. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  u°  3,  1953. 


—  280  — 


dorsalis  Banks,  1902  et  N.  viridis  Banks  1917  doivent  également 
être  considérés  comme  synonymes  de  Penthaleus  major  (Dugès). 

Selon  G.  R.  Wallace  (1940,  p.  431)  ce  phytophage  se  rencontre 
dans  toutes  les  parties  Est  de  la  Nouvelle  Galles  du  Sud  et  Smith 
l’a  signalé  également  dans  le  Queensland  du  Sud  ;  de  nombreuses 
observations  indiquent  que  cette  invasion  prend  les  proportions 
d’un  véritable  fléau,  principalement  à  Victoria,  Nouvelle  Galles 
du  Sud,  Queensland  et  Tasmanie.  L’espèce  n’est  pas  originaire 
d’Australie,  sa  présence  résulte  d’une  introduction  accidentelle  et 
elle  est  rapidement  devenue,  dans  de  nombreuses  régions  agricoles 
d’Australie,  responsable  de  pertes  importantes  dans  les  pâturages 
et  les  cultures  fourragères. 

En  Amérique,  G.  F.  Knowlton  (1947,  p.  755)  signale  des  dégâts 
sensibles  provoqués,  dans  l’état  de  l’U.tah,  par  cette  même  espèce 
s’attaquant  alors  (en  mars-avril)  aux  champs  de  Blé  ( Triticum  sati- 
vum  Lam.).  E.  O.  Essig  (1939,  p.  507)  et  R.  E.  Campbell  (1941, 
p.  312),  dénoncent  cet  Acarien  comme  une  calamité  en  Californie  ; 
dans  cette  contrée  il  détruit  les  Pois  et  se  nourrit  également  sur  le 
Trèfle,  l’Avoine,  la  Moutarde  sauvage  et  le  Lupin. 

E.  W.  Baker  (1946,  p.  421)  l’accuse  de  causer  de  sérieux  dommages 
au  Blé  dans  certaines  contrées  du  Texas  et  on  l’a  trouvé,  de  plus, 
en  Arizona  et  dans  l’Oklahoma  sur  le  Blé  et  l’Orge. 

P.  major  a  été  rencontré  également  au  Japon  (J.  Tamura,  1940, 
p.  2280),  dans  la  région  d’Ibaragi. 

Depuis  1932,  cette  espèce  nous  a  été  signalée  à  nouveau,  en  France, 
dans  le  département  du  Var  où  elle  occasionnait  encore,  en  1936, 
des  dommages  importants  dans  la  région  d’Hyères,  parmi  les  cul¬ 
tures  de  Pois  ;  Tannée  suivante  (1937)  nous  avons  reçu  des  échan¬ 
tillons  des  environs  de  Perpignan  (Pyrénées-Orientales)  où  l’Acarien 
s’attaquait  aux  légumes  et  plus  particulièrement  aux  salades  ;  cette 
même  année  quelques  dégâts  étaient  également  observés  dans  la 
région  de  Narbonne  (Aude)  parmi  les  cultures  de  primeurs. 

Par  contre  P.  major  nous  fut,  pour  la  première  fois,  signalé  dans 
un  champ  d’avoine  en  février  1946.  Il  occasionna  des  pertes  consi¬ 
dérables  dans  le  département  de  l’Aude  et,  l’année  suivante  nous 
avons  pu  observer  de  sérieux  dommages  dans  un  champ  d’avoine 
du  département  de  l’Hérault. 

Jusqu’ici  l’espèce  ne  s’était  pas  encore  manifestée  en  Afrique  du 
Nord.  En  1939  nous  en  avons  reçu  de  nombreux  échantillons  pro¬ 
venant  de  Zemmora  (département  d’Oran)  où  des  dégâts  assez  sérieux 
avaient  été  constatés  dans  les  emblavures. 

En  1950,  M.  P.  Frézal,  du  Service  de  la  Protection  des  Végétaux 


—  281 


à  Alger;  nous  a  communiqué  des  exemplaires  de  cette  même  espèce 
récoltés  sur  des  feuilles  de  Blé  à  Zeraghana,  à  40  km.  à  l’Ouest  de 
Constantine  ;  dans  cette  localité  les  Penthaleus  furent  observés  pour 
la  première  fois  le  20  mars  1950  au  stade  de  début  de  la  montaison. 
Cette  fois  l’importance  de  l’attaque  fut  négligeable  et  la  présence 
des  parasites  n’entraînait  aucun  dépérissement  appréciable  de  la 
plante  hôte  (Blé  dur,  variété  locale  Bidi  17). 

D’autre  part,  cette  année  même,  M.  Frézal  vient  de  me  soumettre 
un  lot  du  même  parasite,  capturé  sur  des  surfaces  importantes  et 
causant  des  pertes  très  sensibles  sur  des  Céréales  de  la  région  d’Aïn- 
Kerma  (Algérie). 

Cette  nouvelle  invasion  apparut  le  28  mars  sur  la  même  variété 
(Blé  dur,  bidi  17)  au  stade  de  la  montaison  et  détermina  un 
brusque  jaunissement  des  touffes.  Les  taches  furent  observées  par 
plaques  de  quelques  mètres  carrés  réparties  sur  une  superficie  de 
4  hectares.  Les  Acariens  se  présentaient  en  nombre  considérable 
sur  chaque  pied  et,  par  endroits,  plusieurs  centaines  recouvraient 
le  feuillage.  Le  développement  extrêmement  rapide  des  dégâts  a 
motivé  un  traitement  au  parathion  qui  a  enrayé  complètement 
l’attaque. 

Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 


INDEX  BIBLIOGRAPHIQUE 


Les  références  concernant  les  publications  antérieures  à  1932 
se  trouveront  dans  la  note  que  nous  avons  publiée,  à 
cette  époque,  dans  le  Bulletin  du  Muséum. 

1932.  André  (M.).  —  Note  sur  un  Acarien  ( Penthaleus  major  Dugès) 
nuisible  aux  plantes  potagères.  Bull.  Mus.  nat.  Hist.  nat.,  2e  s.,  IV, 
pp.  284-291,  fig.  1-8. 

1946.  Baker  (E.  W.).  —  New  species  of  North  and  Central  American 
mites  of  the  family  Penthaleidae  (Acarina).  Journ.  Washington 
Acad.  Sci.,  t.  36,  pp.  421-425. 

1941.  Campbell  (R.  E.),  —  Further  notes  on  the  blue  oat  or  pea  mite, 
Penthaleus  major  (Dugès),  in  California.  Bull.  Dept.  Agric.  Calif., 
t.  30,  pp.  312-314. 

1939.  Essig  (E.  O.).  —  The  Blue  Oat  or  Pea  Mite,  Penthaleus  major 
(Dugès)  in  California.  Bull.  Dept.  Agric.  Sacramento  Cal.,  t.  28, 
pp.  507-508,  1  fig. 

1921.  Froggatt  (W.  W.).  - — •  The  Blue  Oat  Mite  ( Notophallus  bicolor, 
ri.  sp.) .  Agric.  Gaz.  Sydney,  t.  32,  pp.  33-34,  figs. 

1947.  Knowlton  (G.  F.).  —  Blue  oat  Mite  damage  to  Wheat  in  Utah. 
Journ.  Econ.  Ent.,  t.  40,  pp.  754-755. 

1949.  Middlekau  (W.  W.)  et  Pritchard  (A.  E.).  —  Field  tests  to  control 


—  282 


the  mite  Penthaleus  major.  J.  Econ.  Ent.  Menasha,  Wis.,  t.  42, 
p.  852. 

1940.  Tamura  (I.).  — -  Control  experiments  with  Penthaleus  haematopus 
Koch,  which  occured  in  Ibaragi  Préfecture.  Agric.  Hort.  Tokyo, 
t.  15,  pp.  2280-2286,  5  fig.  (en  japonais). 

1940.  Wallace  (C.  R.).  Red  Legged  earth  mites.  Their  occurence  and 

control  in  New  South  Wales.  Agric.  Gaz.  N.  S.  W.,  t.  51,  pp.  431- 
433,  2  fig. 

1933.  Womersley  (H.).  —  On  some  Acarina  from  Australia  and  South 
Africa.  Trans.  Roy.  Soc.  South  Australia,  t.  57,  pp.  108-112. 

1935.  Womersley  (H.).  —  On  the  name  of  the  “  Rlue  oat  Mite  ”  of  Aus¬ 
tralia.  Bull.  Entom.  Res.,  t.  26,  p.  163. 

1941.  Womersley  (H.).  —  The  Red-legged  Earth-Mites  (Acarina,  Pentha- 
leidae)  of  Australia.  Tram.  Roy.  Soc.  South  Austr.,  t.  65,  pp.  292-294. 


—  283 


TaNAUPODUS  PASSIMPILOSUS  BeRLESE  1910, 
Thrombidion  peu  connu  et  nouveau 

POUR  LA  FAUNE  FRANÇAISE 
Par  Marc  André. 


A.  Berlese  a  créé  en  1910,  sous  le  nom  de  passimpilosus,  une 
nouvelle  espèce  de  Tanaupodus  représentée  par  un  seul  échantillon 
recueilli  dans  les  mousses  à  Bevagna  (Ombrie).  Ultérieurement  cette 
même  forme  fut  retrouvée  en  Suisse,  à  Salvatore  et  Col  de  Chaude 
(1900  m.),  puis  J.  Cooreman  découvre,  le  26-V-1939,  une  unique 
femelle  aux  environs  de  Hockai  (Belgique).  Enfin  Z.  Feider  assimile 
à  cette  espèce  un  exemplaire  trouvé  dans  une  touffe  de  Vaccinum 
vitis  idaea,  le  15-viii-1948,  à  Muntele  Ceahlàu  (Boumanie).  C.  Will- 
mann  signale  la  capture  d’un  autre  individu,  le  29-vi-1912,  dans  la 
région  de  Bjelasnica  (sud  de  la  Bosnie). 

Au  cours  de  recherches  effectuées  dans  les  Pyrénées-Orientales 
F.  Grandjean  découvrit  à  Collioures  (mai  1935)  parmi  des  débris 
végétaux,  sous  des  Cystes,  près  de  la  mer,  un  exemplaire  femelle 
(ovigère)  de  cette  même  espèce.  Cet  individu  constitue  le  premier 
représentant  de  l’espèce  trouvé  en  France. 

J.  Cooreman  et  Z.  Feider  donnent  une  excellente  description 
des  individus  qu’ils  ont  étudié  mais  nous  croyons  cependant  utile 
de  signaler,  dans  cette  note,  les  principaux  caractères  présentés  par 
l’échantillon  que  M.  F.  Grandjean  nous  a  obligeamment  commu¬ 
niqué. 

i 

Tanaupodus  passimpilosus  Berlese. 

1910  Berlese,  Brevi  diagnosi,  Redia,  VI,  2,  p.  354  ;  1912  Trombidiidae, 
Redia,  VIII,  1,  p.  34,  fig.  10  ;  1928  Viets,  Zur  Mikrofauna  einer  Quelle 
auf  der  Insel  Herdlabei  Bergen  (Norwegen),  in  :  Bergens  Mus.  Aarbok, 
nr.  5,  p.  15  ;  1929  ViTzb-HUM,  in  :  Tierw.  Mitteleur.,  V.  3,  p.  vu,  63  ; 
1941  Willmann,  Die  Acari  der  Hôhlen  der  Balkanhalbinsel,  in  :  Stud. 
Karstforsch.  Hohlenk.,  Biol.,  ser.  8,  p.  60  ;  1943  Cooreman,  Note  sur 
la  faune  des  Hautes-Fagnes  en  Belgique,  XII,  Acariens  (Trombidiformes), 
Bull.  Mus.  Roy.  Hist.  nat.  Belgique,  XIX,  p.  10,  pl.  III,  fig.  1  ;  1950 
Feider,  Câteva  Trombidiidae  noi  §i  rare,  An.  Acad.  Repub.  pop.  Romane, 
III,  p.  5,  pl.  II,  fig.  10-20. 

L’idiosoma  atteint  une  longueur  de  960  p  ;  sa  largeur  est  de  520  p. 

L’hystérosoma  renferme  quatre  œufs  dont  le  diamètre  est  de  140  p. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


Il  est  de  forme  subcylindrique,  mais  largement  arrondi  à  son  extré¬ 
mité  postérieure.  Le  bord  antérieur  est  nettement  marqué  par  un 
sillon  qui  le  sépare  du  propodosoma.  Les  bords  latéraux  ne  sont  pas 
rentrés  en  arrière  des  épaules,  de  sorte  que  celles-ci  se  montrent  assez 
peu  saillantes. 

La  face  dorsale  de  l’hystérosoma  est  recouverte  d’une  pilosité 
consistant  en  nombreux  poils  simples,  spiniformes,  relativement 
courts  et  couchés  vers  l’arrière.  Chacun  d’eux  s’insère  sur  une 
excroissance  cuticulaire  constituant  un  petit  scutum  saillant,  ellip- 


Tanaupodus  passimpilosus  Berlese. 

1,  face  dorsale  ;  2,  tibia  et  tarse  I  3,  tibia  et  tarse  du  palpe  ;  4,  poil  dorsal. 

tique,  de  forme  assez  irrégulière  ;  leur  diamètre  est  d’environ  12  u. 

La  dimension  des  poils  est  variable  :  dans  la  région  antérieure 
ils  ne  dépassent  pas  15  y  et  augmentent  graduellement  de  longueur 
jusqu’à  atteindre  25  u  au  bord  postérieur  de  l’abdomen. 

La  face  ventrale  est  entièrement  recouverte  de  poils  semblables 
aux  dorsaux  mais  de  moindre  longueur. 

Sur  la  face  dorsale  du  propodosoma  les  poils,  de  même  type  que 
ceux  de  l’hystérosoma,  sont  moins  denses.  On  distingue  en  outre, 
près  des  bords  latéraux,  de  chaque  côté,  à  peu  près  à  mi-hauteur 
du  propodosoma,  deux  yeux  sessiles.  La  crête  métopique  est  linéaire, 
bifurquée  à  son  extrémité  postérieure  ;  sa  longueur  atteint  170  |x. 


—  285  — 


Les  soies  pseudostigmatiques,  insérées  un  peu  en  arrière  du  milieu 
de  la  crête,  sont  lisses  :  leur  longueur  est  de  85  |x. 

Les  pattes  se  présentent  dans  l’ordre  de  grandeur  suivant  : 

IV-I-III-II. 

Chez  celles  de  la  première  paire  (longues  de  520  u),  le  tarse  est 
légèrement  claviforme,  à  bord  supérieur  presque  rectiligne  et  à 
Lord  inférieur  légèrement  convexe  ;  sa  longueur  (195  jx)  est  égale 
à  deux  fois  et  demie  (2,6)  sa  largeur  (75  (x).  Le  tibia  est  sensiblement 
plus  court  que  le  tarse  et,  bien  que  rétréci  dans  sa  partie  postérieure, 
présente  un  aspect  assez  robuste,  puisque  sa  largeur  égale  presque 
■celle  du  tarse  ;  sa  longueur  est  de  120  jx.  Les  pattes  de  la  deuxième 
paire  sont  les  plus  courtes,  leur  longueur  ne  dépasse  pas  260  jx  alors 
que  les  pattes  III  et  IV  atteignent  respectivement  380  [x  et  580  [x. 
La  cuticule  est  caractéristique  ;  elle  forme  un  réseau  réticulé  consti¬ 
tué  de  mailles  polygonales  présentant  un  aspect  assez  régulier.  Les 
pattes  sont,  en  outre,  recouvertes  de  fins  poils  lisses. 

Les  palpes  sont  relativement  courts  (145  ;x)  et  épais  (45  jx).  Le 
quatrième  article  (tibia),  très  caractéristique,  présente,  insérée  près 
de  la  base  de  la  griffe  terminale,  une  très  forte  épine  à  pointe  émous¬ 
sée  qui  naît  au  bord  dorsal.  Sur  la  face  interne  du  même  article  ,  on 
distingue  cinq  poils  lisses.  L’ongle  terminal  est  court  et  trapu. 
Le  cinquième  article,  constitué  par  un  appendice  papilliforme  (ten¬ 
tacule),  est  court,  beaucoup  plus  large  à  sa  base  qu’au  sommet  et 
revêtu  de  huit  poils  lisses,  spinifôrmes. 

Habitat.  ■ — -  Cette  espèce,  signalée  pour  la  première  fois  par  Ber- 
lese  en  Italie,  est  nouvelle  pour  la  faune  française  et  peut  être  consi¬ 
dérée  comme  extrêmement  rare.  Sa  répartition  semble  s’étendre  de 
l’Italie  à  la  Belgique,  en  passant  par  la  France  et  la  Suisse  ;  elle  a 
■été  retrouvée,  toujours  exceptionnellement,  en  Europe  centrale 
{Roumanie  et  Bosnie). 

Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 


I 


286  — 


Observations  sur  les  Oribates  ( 26 «  série) 
Par  F.  Grandjean. 


I.  —  Le  notogaster  de  Tegoribates  latirostris  et  ses  trachées. 

Évolution  trachéenne  des  aires  poreuses  gastronotiques.  —  On  sait 
par  Berlese  que  des  Oribates  supérieurs  ont  sur  leur  notogaster, 
à  la  stase  adulte,  8  aires  poreuses  dont  les  emplacements  ne  varient 
pas,  ou  guère.  Sur  certains  d’entre  eux,  par  exemple  dans  le  genre 
Galumna,  ces  aires  poreuses  existent  déjà  aux  stases  immatures. 

On  sait  aussi  que  les  8  aires  poreuses  peuvent  être  remplacées 
par  8  saccules.  Les  saccules  se  sont  formés  par  invagination  des  aires 
poreuses  et,  ils  occupent  les  mêmes  places.  Ils  sont  pleins  d’air,  ou 
du  moins  d’un  gaz,  et  communiquent  librement  avec  l’atmosphère. 
Leur  paroi  chitineuse,  qui  prolonge  la  cuticule  et  la  représente  en 
totalité,  est  plus  mince  que  celle-ci  et  elle  est  traversée  de  canaux 
plus  fins  que  ceux  des  aires  poreuses. 

Les  saccules  ordinaires,  les  plus  communs  de  beaucoup,  sont  ses- 
siles,  c’est-à-dire  attachés  directement  à  la  paroi  du  notogaster, 
du  côté  interne.  S’ils  ont  un  orifice  très  petit,  relativement  à  leur 
taille,  ils  sont  plus  évolués,  plus  spécialisés  que  s’ils  sont  largement 
ouverts. 

Ils  se  sont  éloignés  davantage  de  la  condition  primitive  lorsqu’ils 
ne  sont  plus  sessiles.  Ce  cas  exceptionnel  est  celui  d ’Haplozetes 
vindobonensis  et  de  quelques  autres  Oribates  supérieurs.  Le  saccule 
a  la  forme  d’un  ballon  à  paroi  très  mince  et  à  long  col  (2,  p.  246  à  248  ; 
fig.  IA,  2B).  De  tels  saccules  sont  intéressants  parce  qu’ils  font 
penser  à  des  trachées  qui  seraient  très  petites  et  qui  auraient  un  gros 
renflement  terminal.  Le  col  du  ballon  serait  la  préfiguration  d’une 
trachée.  Les  aires  poreuses  gastronotiques  seraient  capables,  par 
conséquent,  de  dépasser  le  stade  sacculaire  dans  une  évolution  qui 
les  rapprocherait  des  trachées.  Elles  auraient,  comme  les  aires 
poreuses  des  pattes,  une  fonction  respiratoire  1. 

Lorsque  j’ai  fait  cette  hypothèse,  à  propos  d ’H.  vindobonensis, 
en  1936,  il  restait  à  trouver,  pour  la  justifier  complètement,  des 
Oribates  ayant  à  leur  notogaster  des  trachées,  en  guise  d’aires 

d.  Le  rôle  respiratoire  des  aires  poreuses  des  pattes  est  démontré  par  la  transfor¬ 
mation  de  ces  aires  poreuses  en  trachées  dans  le  genre  Scutovertex ,  à  tous  les  fémurs 
et  aux  trochanters  III  et  IV  (3,  p.  164  à  167  ;  fig.  3).  Je  rappelle  aussi  leur  trans¬ 
formation  en  saccules  et  en  brachytrachées  (1,  p.  114  à  117  ;  fig.  5,  8A,  10,  13). 

Bulletin  du  Muséum,  ze  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


poreuses  ou  de  saccules.  Depuis  cette  époque  je  cherche  de  tels 
Oribates  et  le  hasard  vient  de  me  favoriser  car  Tegoribates  latirostris, 
un  Oribate  que  l’on  pouvait  croire  bien  connu,  car  il  a  été  fréquem¬ 
ment  signalé  en  Europe  centrale  et  septentrionale,  a  en  effet  des 
trachées  gastronotiques. 

Trachées  gastronotiques  de  T.  latirostris.  —  La  figure  IA  montre 
ces  trachées,  au  nombre  de  8.  Elles  occupent  les  places  où  l’on  s’at¬ 
tend  à  trouver  8  aires  poreuses,  ou  8  saccules.  Ce  ne  sont  pas  de  très 
longues  et  belles  trachées  et  on  ne  risque  pas  de  les  confondre  avec 
celles  du  système  acétabulaire.  Ce  sont  cependant  de  vraies  trachées, 
car  elles  sont  très  fines  comparativement  à  leurs  longueurs  (fig.  1  B, 
IC,  1D,  1F)  et  elles  sont  souples. 

Elles  ne  sont  pas  faciles  à  étudier,  à  cause  de  la  coloration  intense 
de  la  cuticule.  Il  faut  cuire  l’animal  dans  l’acide  lactique  et  enlever 
son  notogaster,  puis  examiner  celui-ci  à  part. 

Une  autre  difficulté  vient  des  poils.  Chaque  trachée  débouche 
près  d’un  poil  et  son  orifice,  son  stigmate,  qui  est  minuscule,  se 
projette  sur  l’alvéole  du  poil,  ou  à  son  voisinage  immédiat.  Or,  chez 
T.  latirostris,  les  poils  gastronotiques  sont  très  petits  mais  ils  ont 
de  très  grands  et  bizarres  alvéoles.  Les  contours  de  ceux-ci,  forte¬ 
ment  soulignés  par  des  ombres  de  réflexion  totale,  sont  très  gênants. 

Tous  les  alvéoles  ont  la  même  structure,  mais  choisissons,  pour 
les  décrire,  un  poil  près  duquel  ne  débouche  aucune  trachée,  le  poil  ta 
par  exemple  (fig.  1E).  L’alvéole  est  à  deux  loges,  une  grande  et  une 
petite.  La  grande  loge  est  sous  le  poil  et  occupe  à  peu  près  la  moitié 
de  l’épaisseur  de  la  cuticule.  Elle  est  bosselée,  lobée,  de  forme  variable 
quand  on  passe  d’un  poil  à  l’autre  ou  d’un  individu  à  l’autre.  Elle 
communique  par  un  étranglement  avec  la  petite  loge  et  c’est  du  fond 
de  la  petite  loge  que  part  le  canal  du  poil,  lequel  s’ouvre  en  e,  à  la 
face  interne  de  la  cuticule.  La  petite  loge,  avec  le  canal,  fait  penser 
à  une  cornue  qu’on  aurait  accolée  latéralement,  l’ouverture  en  bas, 
à  la  grande  loge.  L’étranglement  entre  les  deux  loges  ne  part  jamais 
du  fond  de  la  grande  loge,  mais  de  sa  paroi  latérale,  en  haut.  La  racine 
du  poil  est  dans  la  petite  loge. 

Cette  structure  une  fois  comprise,  on  fait  plus  facilement  la  part, 
s’il  s’agit  d’un  des  poils  te,  rs,  r2  ou  r1;  près  desquels  débouchent 
les  trachées,  de  ce  qui  appartient  au  poil  et  de  ce  qui  appartient  à 
la  trachée  (fig.  IB,  IC,  1D,  1F).  On  constate  que  les  trachées  sont 
indépendantes  des  alvéoles,  car,  en  lumière  très  convergente  et  à 
fort  grossissement,  on  peut  suivre  à  travers  la  cuticule,  depuis  le 
point  s,  à  la  face  interne,  jusqu’au  stigmate  proprement  dit  st, 
à  la  face  externe,  la  lumière  de  la  trachée.  Au  point  s  la  cuticule  est 
un  peu  déprimée.  Elle  est  différenciée  car  on  voyait  là,  très  nette¬ 
ment,  pour  la  trachée  Ga,  une  sorte  d’anneau  (fig.  IB,  1F). 


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La  présence  de  cet  anneau  nous  rappelle  que  la  lumière  de  la 
trachée,  le  fin  canal  qui  traverse  la  cuticule,  n’est  pas  un  pore  au 
sens  qu’a  le  mot  «  pore  »  lorsqu’on  parle  d’aires  poreuses.  Ce  canal 


Fig.  1.  —  Tegoribates  latirostris  (Koch),  exemplaire  des  environs  de  Strasbourg.  — 
A  (X  185),  notogaster  séparé,  vu  dorsalement,  les  ptéromorphes  enlevés.  —  B 
B  (X  985),  id.,  la  trachée  Ga  et  le  poil  te,  plus  grossis.  —  C  (X  742),  id.,  trachée  G2 
et  poil  r2.  —  D  (X  742),  id.,  autre  exemplaire  (la  trachée  G2  est  anormale)  — 
E  (X  985),  id.,  poil  ta.  —  F  (X  742),  coupe  du  tégument  près  du  poil  te  et  de  la 
trachée  Ga  ;  un  fragment  du  notogaster  a  été  découpé  et  il  est  examiné  sur  sa  tranche. 
—  Sur  les  figures  A,  B,  C  et  D  les  trachées  sont  dessinées  en  trait  plein  bien  qu’elles 
soient  vues  par  transparence. 


traverse  la  cuticule  de  part  en  part,  et  sa  paroi,  puisqu’elle  s’est 
formée  par  une  invagination  venant  de  l’extérieur,  est  logiquement 
tapissée  par  l’épiostracum  jusqu’en  s. 

Sur  la  figure  1F  j’ai  supposé  qu’au  niveau  supérieur  de  la  coupe 
optique,  celui  du  canal  trachéen,  le  canal  était  vu  directement. 


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Le  contour  de  l’alvéole  est  au-dessous,  en  pointillé.  La  petite  loge 
est  partiellement  cachée  par  la  grande,  ainsi  que  le  canal  du  poil. 
La  ligne  e,  line  et  en  trait  plein,  est  une  limite  entre  des  chitines 
différentes.  Je  ne  garantis  pas  son  exactitude  car  elle  est  d’obser¬ 
vation  difficile.  Elle  n’a  d’ailleurs  certainement  pas  un  tracé  cons¬ 
tant. 

Je  désigne  les  quatre  paires  de  trachées  par  Ga,  Gx,  G3,  G3.  Ces 
notations  correspondent  par  homologie  à  celles  des  saccules  (Sa, 
Sv  S 2,  S3)  et  des  aires  poreuses  (Aa,  Av  A2,  Aa).  Les  trachées  ont 
toutes  la  même  taille  et  sont  simples  (le  cas  de  la  figure  1D  est 
exceptionnel),  sans  renflement  terminal.  Sur  les  figures  IC  et  1F 
elles  sont  projetées  en  vraie  longueur,  sensiblement.  Sur  les  autres 
figures  elles  sont  plus  ou  moins  en  raccourci. 

A  leur  surface  les  trachées  sont  fortement  granuleuses,  l’épaisseur 
de  leur  paroi  variant  beaucoup  d’un  point  à  l’autre.  Les  minima 
d’épaisseur  correspondent  vraisemblablement  à  des  pores  mais  je 
n’ai  pas  vu  ceux-ci  nettement. 

Différant  en  cela  du  col  des  saccules  dans  le  type  Haplozetes  et 
de  la  plupart  des  brachytrachées  que  j’ai  décrites  autrefois  (1), 
les  trachées  gastronotiques  de  T.  latirostris  ne  sont  pas  raides  et 
cassantes.  Avec  une  aiguille  j’ai  pu  déformer  considérablement  la 
trachée  Ga,  sans  la  briser.  Ensuite  j’ai  aplati  au  fond  de  la  prépa¬ 
ration,  contre  le  verre  du  porte-objet,  la  face  interne  en  bas,  le  frag¬ 
ment  de  cuticule  qui  m’a  servi  à  faire  la  figure  1F.  Relevé  après 
ce  traitement  et  remis  sur  la  tranche,  ce  fragment  portait  la  trachée 
Ga  comme  auparavant.  Celle-ci,  bien  qu’elle  fût  libre  et  flottât 
dans  l’acide  lactique,  avait  même  repris  sa  position  première.  La 
trachée  Ga,  et  les  autres  aussi,  est  donc  souple  et  élastique. 

Le  même  hasard  évolutif,  4  fois  répété,  aurait-il  rapproché  d’un 
poil  chacun  des  stigmates  ?  C’est  peu  probable.  Il  vaut  mieux  croire 
à  une  adaptation  de  sens  utilitaire.  Les  poils  protègent  les  stigmates. 
On  peut  objecter  qu’ils  sont  bien  petits  pour  jouer  ce  rôle.  Une 
réponse  à  cette  objection  est  que  les  stigmates  sont  encore  plus  petits 
et  que  les  poils  sont  peut-être  très  sensibles,  leurs  alvéoles  étant 
grands  et  de  forme  très  élaborée. 

Ptéromorphes.  —  La  figure  IA  représente  le  notogaster  sans  les 
ptéromorphes.  Ceux-ci,  après  cuisson  dans  l’acide  lactique,  se 
détachent  très  facilement.  Entre  les  points  a  et  b  ils  ont  une  très 
belle  charnière,  complètement  descléritisée,  de  sorte  qu’ils  sont 
très  mobiles. 

On  voit  très  bien  les  muscles  qui  servent  au  rabattement  des 
ptéromorphes.  Ils  s’insèrent  sur  le  notogaster,  à  la  surface  interne 
de  celui-ci,  dans  une  région  qui  va  des  poils  te  et  ti  jusqu’au  voisi¬ 
nage  de  la  fissure  im.  La  limite  paraxiale  des  insertions  est  une 


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ligne  à  indentations  aiguës  disposées  en  éventail.  Je  l’ai  représentée 
sur  la  figure  IA  en  pointillé.  Des  insertions  de  ce  type  sont  spéciales 
aux  Oribates  qui  ont  des  ptéromorphes  à  charnière. 

A  l’autre  bout,  les  muscles  rabatteurs  des  ptéromorphes  sont 
fixés  par  de  forts  tendons  à  la  paroi  proximale  inférieure  des  ptéro¬ 
morphes,  en  face  d’une  partie  seulement  de  la  charnière. 

Cette  structure  suggère  que  les  ptéromorphes  des  Oribates  pour¬ 
raient  devenir  des  ailes.  Il  suffirait  qu’ils  soient  plus  grands  et  plus 
minces,  plus  souples,  à  charnière  plus  courte  et  qu’ils  aient  des 
muscles  releveurs  agissant  directement  sur  eux.  L’absence  de  muscles 
releveurs  est  le  principal  obstacle  à  la  réalisation  évolutive  d’Ori- 
bates  volants.  Pour  le  reste,  les  Galumnidae  ont  déjà  fait  beaucoup 
de  chemin  dans  cette  voie,  bien  que  leurs  ptéromorphes  soient  encore 
strictement,  comme  ceux  des  autres  Oribates,  des  tecta  protecteurs 
des  pattes. 

Tache  claire.  —  La  tache  claire  L  (fig.  IA)  est  bien  limitée.  C’est 
une  lentille  (une  lenticule)  qui  ne  fait  pas  saillie  à  l’extérieur.  Elle 
n’est  bombée  qu’à  sa  face  interne.  Le  tégument  y  est  plus  épais 
que  dans  le  reste  du  notogaster  et  il  y  est  fortement  différencié, 
non  seulement  par  sa  très  faible  coloration,  mais  par  des  «  stries  » 
rectilignes,  serrées,  qui  le  traversent  orthogonalement.  Pour  bien 
voir  ces  stries  il  faut  couper  la  lenticule  et  la  regarder  sur  la  tranche. 
Les  stries  ne  ressemblent  pas  du  tout  à  celles  des  aires  poreuses. 
Elles  sont  beaucoup  plus  fines.  Sur  la  figure  IA  l’avant  du  notogas¬ 
ter  est  penché  et  les  stries  ne  se  projettent  pas  suivant  des  points. 
Elles  sont  vues  obliquement,  sous  l’apparence  de  lignes  parallèles 
interrompues. 

Les  taches  claires  que  de  nombreux  Oribates  supérieurs  ont  à  leur 
notogaster,  en  avant,  et  les  lenticules,  bombées  sur  une  seule  face, 
ou  sur  les  deux,  qui  sont  des  taches  claires  perfectionnées,  ne  sont 
certainement  pas  des  organes  respiratoires.  On  les  a  comparées  à 
des  yeux  mais  je  n’ai  jamais  vu,  sous  elles,  aucune  trace  de  pigment. 

Autres  caractères.  —  Le  nombre  des  poils  gastronotiques  étant  20 
et  leur  disposition  comparable  à  celle  de  Dometorina,  j’ai  mis  à  ces 
poils,  sur  les  figures,  la  notation  Dometorina. 

La  lyrifissure  ia  est  sous  le  ptéromorphe.  Les  autres  lyrifissures 
sont  dessinées,  sauf  ip.  La  glande  latéro-abdominale  n’est  représen¬ 
tée  que  par  son  orifice  gla. 

Le  notogaster  est  largement  bordé,  en  arrière  et  latéralement,  par 
un  tectum  qui  n’est  pas  visible  dans  l’orientation  dorsale. 

Sur  la  figure  1F,  accessoirement,  j’ai  représenté  le  tendon  qui  est 
fixé  au  notogaster  au  point  p.x  de  la  figure  IA.  C’est  un  tendon  nor¬ 
mal  des  Oribates  supérieurs.  La  manière  dont  il  part  de  la  cuticule, 
•en  pj,  n’était  pas  observable  dans  ma  préparation. 


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II.  — •  Dameobelba  minutissimus 
et  ses  poils  hélicoïdaux  d’adhérence  aux  exuvies. 

Parvenu  à  la  stase  adulte,  un  Belbidé  se  débarrasse  ou  non  des 
exuvies  1  qu’il  portait  aux  stases  nymphales.  Dameobelba  minutissi¬ 
mus  garde  ses  exuvies,  de  sorte  qu’il  en  a  4.  Le  paquet  d’exuvies, 
assez  plat  dorsalement,  très  embrassant  en  arrière,  n’adhère  en 
aucun  point  à  la  cuticule  gastronotique.  Il  n’est  fixé  qu’en  avant, 
et  d’une  façon  très  curieuse,  par  des  poils  différenciés. 

Ces  poils  sont  ceux  des  paires  cx  et  e2.  Comparés  aux  autres  poils 
du  notogaster  ils  sont  énormes  (fig.  2B)  et  ils  seraient  quatre  fois 
plus  longs  s’ils  n’étaient  pas  enroulés  sur  eux-mêmes,  en  hélice. 
L’enroulement  est  très  beau  (fig.  2D)  et  consiste  toujours  en  3  spires 
montantes.  A  l’extrémité  de  la  spire  la  plus  haute  le  poil  s’amincit 
assez  brusquement.  Sa  surface  est  lisse,  aussi  bien  sur  la  tige  que 
dans  la  spire. 

Les  poils  hélicoïdaux  cq  et  c2  sont  remarquables  aussi  par  le  déve¬ 
loppement  de  leur  actinochitine.  Ils  ont  une  couche  isotrope  super¬ 
ficielle,  naturellement,  comme  tous  les  poils,  mais  si  peu  importante 
qu’on  ne  la  voit  pas.  Tout  le  poil  paraît  biréfringent  jusqu’à  l’extré¬ 
mité  distale  et  comme  il  est  plein  et  épais,  il  est  très  brillant  entre 
niçois.  Il  s’éclaire  en  totalité  dans  l’orientation  latérale,  comme  sur 
la  figure  2D,  quand  on  le  met  à  45°  du  polariseur  et  de  l’analyseur. 

Sur  la  figure  2A  j’ai  représenté  3  des  4  poils  hélicoïdaux,  vus 
par  transparence  à  travers  les  exuvies.  Ils  touchent  l’exuvie  trito- 
nymphale  par  la  surface  de  la  troisième  spire  (la  plus  haute)  et  c’est 
le  long  de  cette  spire  qu’ils  adhèrent  à  l’exuvie.  Au  contact  je  n’ai 
vu  aucune  matière  ni  aucune  forme  spéciale  qui  expliqueraient 
l’adhérence.  Je  suppose  que  les  poils  hélicoïdaux,  lorsqu’ils  ont 
grandi  au  cours  de  la  mue  et  sont  entrés  en  contact  avec  la  peau  de 
la  tritonymphe,  se  sont  soudés  superficiellement  à  cette  peau. 

L’adhérence  est  forte  et  elle  se  conserve  bien  dans  l’alcool.  Pourvu 
que  l’animal  n’ait  pas  été  chauffé  dans  l’acide  lactique  on  peut  écar¬ 
ter  notablement  l’exuvie  du  notogaster  sans  la  rendre  libre.  Si  on 
fait  cela  en  regardant  les  poils  tq  et  c2  on  voit  leurs  spires  se  desserrer 
comme  celles  d’un  ressort  à  boudin  sur  lequel  on  tire.  Si  on  lâche 
à  temps  l’exuvie  elle  se  rabat  sur  le  notogaster,  les  spires  se  serrant 
de  nouveau  pour  revenir  à  leur  position  initiale.  Les  spires  sont 
donc  résistantes  et  élastiques.  C’est  l’actinochitine  qui  leur  donne 
ces  qualités. 

Si  l’on  va  trop  loin,  les  spires  subissent  des  déformations  perma- 


1.  J’appelle  ici  exuvie  le  morceau  dorsal  de  peau  de  nymphe  ou  de  larve  qui  est 
découpé  à  chaque  mue  par  la  ligne  S  de  déhiscence  circumgastrique.  On  pourrait 
appeler  ce  morceau  le  scalp  exuvial  ou  plus  simplement  le  scalp. 


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nentes  et  l’exuvie  est  finalement  arrachée.  Il  en  reste  ordinairement 
des  lambeaux  accrochés  aux  spires. 

Ces  étonnants  ressorts  ont-ils  une  utilité?  Je  crois  qu’ils  en  ont 


Fig.  2.  —  Dameobelba  minutissimus  (Sellnick),  exemplaire  des  environs  de  Paris. 
—  A  (  X  368),  dorsal,  avec  les  exuvies  ;  un  morceau  de  celles-ci  a  été  enlevé,  à  gauche, 
dans  la  région  humérale  ;  les  seuls  poils  exuviaux  figurés  sont  ceux  vus  directement  ; 
aux  poils  larvaires  et  nymphaux  la  partie  non  actinochitineuse  est  omise,  sauf  sur 
l’exuvie  larvaire  pour  clt  c2,  da,  dm  et  dp,  à  droite,  et  sur  l’exuvie  protonymphale 
pour  c1  et  c2,  à  droite  également  ;  le  poil  c2  adulte,  du  côté  gauche,  est  brisé  près  de 
sa  base.  —  B  (X  342),  notogaster  de  l’adulte,  vu  séparément  dans  l’orientation 
dorsale,  sans  les  exuvies.  —  C  (X  342),  le  même,  vu  de  derrière.  —  D  (X  1420) y 
le  poil  c2  plus  grossi,  latéral. 

une  car  ils  donnent  de  la  souplesse  à  la  liaison  du  corps  et  des  exu¬ 
vies.  En  terrain  accidenté  les  exuvies  sont  parfois  gênantes.  L’animal 
a  un  intérêt  certain,  lorsqu’il  veut  passer  entre  des  obstacles,  ou 


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sous  quelque  chose,  à  ce  qu’elles  ne  soient  pas  fixées  rigidement 
sur  son  dos.  Une  autre  raison  de  leur  utilité  est  sensitive.  L’animal 
est  averti  par  ses  poils  c1  c2  (vraisemblablement  sensibles,  comme  les 
autres  poils)  d’une  limite  aux  efforts  qu’il  lui  est  permis  de  faire, 
quand  il  franchit  un  passage  difficile,  s’il  ne  veut  pas  risquer  d’arra¬ 
cher  ses  exuvies. 

La  transformation  des  poils  c1  c2  en  ressorts  d’adhérence  est  un 
phénomène  évolutif  particulier  à  la  stase  adulte.  Chez  les  nymphes, 
les  poils  cq  et  c2  sont  semblables  aux  autres  poils  et  l’adhérence 
aux  exuvies  est  assurée  par  les  cornicules  dorsales  habituelles. 
La  figure  2A  fait  voir  par  transparence  en  h,  k2  et  k3  les  restes  exu- 
viaux  des  3  cornicules,  portées  par  la  proto-  (Aq),  la  deuto-  ( k2 )  et 
la  tritonymphe  ( k3 ). 

Les  limites  des  exuvies  ne  sont  pas  aussi  faciles  à  voir  sur  l’animal 
que  sur  la  figure  2A.  Elles  sont  en  réalité  à  peine  discernables. 
J’ai  dû,  pour  les  dessiner  sûrement,  les  détacher  l’une  après  l’autre. 

A  cette  occasion  j’ai  vérifié  les  règles  que  j’ai  énoncées  autrefois 
pour  les  Oribates  à  nymphes  couvertes  et  quadridéficientes.  Les 
poils  da,  dm  et  dp  de  la  larve  disparaissent  à  la  stase  protonymphale. 
Une  exuvie  larvaire  a  18  poils.  Une  quelconque  des  3  exuvies  nym- 
phales  a  aussi  18  poils,  disposés  autrement  qu’à  la  stase  larvaire. 
Si  tous  les  poils  des  exuvies  étaient  représentés  on  en  compterait  72. 

Le  poil  cs  de  la  larve  et  des  3  nymphes  disparaît  à  la  stase  adulte, 
de  sorte  que  le  notogaster  adulte  a  22  poils.  Il  en  est  ainsi  chez  tous 
les  Belbidés.  Les  notations  sont  mises,  sur  les  figures,  dans  le  sys¬ 
tème  unidéficient.  La  différenciation  des  poils  <q  et  c2  n’a  rien  changé 
à  la  chaetotaxie. 

Parlant  des  exuvies  de  D.  minutissimus,  Sellnick  a  fait  remar¬ 
quer,  en  1928,  qu’elles  sont  attachées  au  bord  antérieur  de  l’hyste- 
rosoma  par  des  rubans  spiraux  (spiralbândern)  et  qu’il  est  difficile 
de  les  en  détacher  (4,  p.  ix  32).  Mes  observations  confirment  donc 
les  siennes,  mais  il  faut  ajouter  que  les  rubans  spiraux  sont  les 
4  poils  antérieurs  du  notogaster  et  que  la  spécialisation  de  ces  poils 
est  particulière  à  la  stase  adulte,  bien  que  les  nymphes  portent  aussi 
des  exuvies. 

Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 

TRAVAUX  CITÉS 

1.  Grandjean  (F.).  —  Les  organes  respiratoires  secondaires  des  Oribates 

(Ann.  Soc.  Entom.  France ,  t.  103,  p.  109  à  146,  1934). 

2.  Id.  —  Observations  sur  les  Oribates,  10e  série  (Bull.  Mus.  Hist.  nat. 

Paris,  2e  série,  t.  8,  p.  246  à  253,  1936). 

3.  Id.  —  Observations  sur  les  Oribates,  14e  série  (Bull.  Mus.  Hist.  nat. 

Paris,  2e  série,  t.  12,  p.  161  à  169,  1940). 

4.  Sellnick  (M.) .  —  Hornmilben  (Tierw.  Mitteleuropas,  III.  4.  p.  ix  1 

à  ix  42,  1928). 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953.  19 


—  294 


Commentaires  a  propos  de  la  distinction  des  stades  et 

DES  PHASES  DU  DÉVELOPPEMENT  POST-EMBRYONNAIRE  CHEZ 

les  Araignées. 

Par  Max  Vachon. 


Les  travaux  traitant  du  développement  post-embryonnaire  des 
Araignées  sont  nombreux  et  les  divers  auteurs  utilisant  soit  la  mor¬ 
phologie,  soit  la  biologie  ou  même  les  données  de  la  croissance, 
décrivent  souvent  les  mêmes  formes  sous  des  noms  différents  : 
jeunes,  nymphes,  stades  incomplets...,  etc.  Parmi  tous  ces  travaux, 
deux,  à  notre  avis,  font  date,  ceux  de  P.  Bonnet  (1930)  et 
A.  Holm  (1940)  1  parce  qu’ils  ont  à  leur  publication  fait  le  point 
de  la  question  des  diverses  étapes  du  développement.  C’est  en 
partant  de  ces  deux  importants  mémoires  que  nous  avons  entrepris, 
depuis  plus  de  dix  ans,  l’élevage  d’ Araignées  afin  de  compléter 
les  données  fournies  par  ces  auteurs  et  de  comparer  le  dévelop¬ 
pement  de  ces  animaux  à  celui  des  autres  Arachnides  et  des 
Arthropodes  à  développement  discontinu.  La  note  suivante  résume 
une  partie  de  nos  conclusions,  lesquelles  feront  l’objet  d’un  mémoire 
ultérieur  plus  important. 

Les  stades  et  les  stases. 

Le  critère  qui  permet  la  division  du  développement  en  étapes 
successives  est  très  précis,  c’est  celui  de  la  mue  au  cours  de  laquelle 
le  phénomène  le  plus  frappant  est  le  rejet  d’une  cuticule.  Et  si, 
avec  A.  Holm,  nous  admettons  que  le  rejet  de  la  cuticule  blasto- 
dermique,  laquelle  porte  la  dent  d’éclosion,  est  une  véritable  mue, 
nous  avons  en  moyenne  chez  une  Agelenidae  commune  :  Coelotes 
terrestris  (Wid.)  constaté  11  mues  et  donc  12  étapes  qui  correspondent 
au  maximum  possible  dë  périodes  dont  on  peut,  grâce  aux  mues, 
diviser  le  développement.  Ces  étapes,  les  plus  courtes,  sont  appelées 
stades,  terme  courant  dont  il  nous  faut  cependant  souligner  le  sens  : 
celui  de  ne  s’ appliquer  qu'à  une  durée  :  le  stade  est  donc,  au  cours 

DU  DÉVELOPPEMENT,  LE  TEMPS  QUI  SÉPARE  DEUX  REJETS  DE  CUTI¬ 
CULE,  DEUX  MUES  CONSÉCUTIVES. 

Le  terme  de  stade  étant  défini,  le  nombre  des  stades  précisé  chez 

1.  Bonnet  (P.),  Bull.  Soc.  Hist.  nat.  Toulouse  (1930),  t.  39,  fasc.  2,  p.  237-700. 
Holm  (A.),  Zool.  Bidr.  Uppsala  (1940),  t.  19,  p.  1-214. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


295 


cette  Araignée,  il  importait,  à  notre  avis,  de  désigner  l’animal  qui 
vit  durant  chaque  stade  et  que  l’on  peut  décrire,  figurer  et  dont  les 
caractéristiques  morphologiques,  physiologiques,  doivent  être  inven¬ 
toriées.  Nous  utilisons  un  terme  créé  en  Acarologie  par  F.  Grand- 
jean  1,  celui  de  stase.  La  stase  est  l’animal  qui  ne  vit  qu’un  stade 
et  dont  la  vie  débute  par  une  mue  et  se  termine  par  une  autre.  Les 
termes  de  stades  et  de  stases  sont  très  généraux  dans  leur  définition 
et  s’appliquent  à  n’importe  quelle  forme  et  à  n’importe  quelle  durée 
du  développement  pourvu  que  toutes  deux  débutent  et  se  terminent 
par  une  mue.  Chez  Coelotes  terrestris,  nous  dirons  donc  que  le  déve¬ 
loppement  s’accomplit  en  12  stades  et  voit  l’apparition  de  12  stases 
successives.  \ 

Les  phases  :  larvaire,  nymphaire  et  adulte. 

Les  diverses  mues  qui  jalonnent  le  développement,  bien  que  cor¬ 
respondant  toutes  à  un  même  phénomène  pour  l’ensemble  de 
l’animal  :  rejet  d’une  cuticule,  n’ont  cependant  point  la  même  valeur. 
La  3e  mue,  par  exemple,  agit  sur  une  stase  immobile,  sans  organes 
sensoriels,  sans  filières,  ne  se  nourrissant  pas  ;  elle  transforme  cet 
organisme  en  une  stase  mobile  qui  capture  ses  proies,  se  nourrit, 
file,  a  de  nombreux  organes  des  sens  ;  cette  mue  amène,  à  vrai  dire, 
une  métamorphose.  Par  contre,  la  4e  mue  (et  les  suivantes  jusqu’à 
la  10e)  n’apporte,  dans  la  morphologie  de  la  stase,  que  peu  de  modi¬ 
fications  et  cela  fait  que  toutes  ces  petites  Araignées  se  ressemblent 
beaucoup  mais  diffèrent  nettement  de  la  3e  stase.  Il  paraît  donc 
nécessaire  et  logique  de  grouper  en  un  seul  terme,  toutes  les  stases 
(et  par  cela  même  les  stades)  qui  se  ressemblent  et  ainsi  réduire  en 
nombre  et  les  formes  et  les  étapes  du  développement.  D’ailleurs 
ceci  est  courant  chez  d’autres  Arthropodes  à  développement  discon¬ 
tinu  et  les  diverses  formes,  qui  correspondent  d’ailleurs  à  un  nombre 
variable  de  stases,  ont,  par  exemple,  chez  les  Crustacés  des  noms 
devenus  classiques  :  nauplius,  métanauplius,  protozoé,  zoé...,  etc... 
De  tels  termes  ne  conviennent  qu’aux  Crustacés  et  pour  les  Arai¬ 
gnées  nous  proposons  d’en  utiliser  d’autres  qui  ont  déjà  cours  en 
Arachnologie  et  notamment  ceux  de  larves  et  de  nymphes  2.  Il  est, 
certes,  difficile  de  donner  une  définition'précise  de  termes  qui  s’ap¬ 
pliquent  à  un  groupe  de  stases  mais,  et  c’est  là  l’intérêt  de  ces  dis¬ 
tinctions,  il  s’agit  de  dégager  l’architecture  essentielle  du  développe- 

1.  C.  R.  Acad.  Sc.  (1938),  t.  206,  p.  146. 

2.  Les  termes  de  larves,  de  nymphes,  telles  que  nous  les  envisageons,  ne  s’appliquent 
peut-être  pas  aux  formes  que  les  Entomologistes  nomment  ainsi  chez  les  Insectes.  Mais 
cela  ne  paraît  pas  un  inconvénient  grave  car  il  est  impossible  de  choisir  des  termes 
convenant  à  l’ensemble  des  Arthropodes  à  développement  discontinu  et  le  moment 
n’est  pas  encore  venu  de  comparer  le  développement  post-embryonnaire  des  Arachnides 
et  celui  des  Insectes. 


296  — 


ment  post-embryonnaire  dans  sa  durée  et  dans  ses  formes  ;  il  ne 
peut  être  question  de  définitions  précises  mais  de  données  générales. 

Larves.  —  Lorsque  l’embryon  éclôt,  c’est-à-dire  que  s’effectue, 
par  rupture  de  la  cuticule  blastodermique,  la  première  mue  du 
développement  post-embryonnaire,  la  première  stase  formée  est 
toujours  immobile  ou  remue  à  peine  et  son  organisation  est  telle 
qu’elle  ne  peut  se  nourrir,  ne  pouvant  ni  capturer  ses  proies,  ni  filer 
et  n’ayant  point  d’organes  sensoriels  différenciés.  Cet  état  d’imperfec¬ 
tion  et  que  A.  Holm,  avec  juste  raison,  qualifie  de  «  stade  incomplet  », 
ne  cesse  pas  avec  la  seconde  et  même  la  troisième  mue  ;  aussi,  appel¬ 
lerons-nous  larves  les  lre,  2e  et  3e  stases  qui,  toutes,  ne  vivent  qu’au 
dépens  des  réserves  d’origine  ovulaire  ou  maternelle  qu’elles  pos¬ 
sèdent.  Ces  stases  larvaires  dont  le  nombre  peut  varier  avec  le  genre 
ou  la  famille  sont  de  deux  sortes  :  les  prélarves  et  la  larve.  Alors  que 
la  larve  proprement  dite  a  déjà  l’allure  d’une  petite  Araignée  avec 
son  céphalothorax  en  prolongement  de  l’abdomen,  ses  pattes  ambu¬ 
latoires  étalées  latéralement  et  munies  d’une  petite  griffe,  la  (ou 
les)  prélarves  est  d’allure  fœtale,  avec  son  céphalothorax  rabattu 
à  angle  droit  sur  l’abdomen,  ses  pattes  collées  au  corps  et  privées  de 
griffes.  Chez  Coelotes  terrestris,  il  y  a  deux  prélarves  et  une  larve. 

Nymphes.  —  La  nymphe  est  une  stase  mobile  ayant  des  organes 
sensoriels  bien  développés,  des  filières,  des  glandes  venimeuses 
fonctionnelles  ;  elle  peut  donc  capturer  ses  proies,  s’en  nourrir  et, 
de  ce  fait,  avoir  une  vie  active  propre.  Les  nymphes  ressemblent 
beaucoup  à  l’adulte,  taille  mise  à  part,  et  ne  s’en  distinguent  que  par 
leurs  organes  reproducteurs  incomplètement  formés  et  l’absence  de 
caractères  sexuels  secondaires,  signes  de  maturité.  Il  y  a,  chez 
Coelotes  terrestris,  7  ou  8  nymphes  qui  diffèrent  par  de  légers  mais 
précis  détails  morphologiques.  P.  Bonnet  les  appelle  1er,  2e...  8e  âge 
et  A.  Holm,  «  stades  complets  ». 

Adultes.  —  Comme  nous  le  disions  ci-dessus,  il  n’y  a  que  fort  peu 
de  différences  entre  la  dernière  nymphe  et  la  stase  qui  lui  succède 
si  ce  n’est  l’existence  d’organes  génitaux  fonctionnels  et,  ce  qui  est 
plus  spectaculaire,  la  présence  de  caractères  sexuels  secondaires 
visibles,  morphologiquement  très  repérables.  Bien  qu’il  n’y  ait,  en 
général,  qu’une  stase  adulte  chez  les  Araignées,  de  rares  exemples 
cependant  confirment  qu’il  peut  y  avoir  plusieurs  stases  adultes, 
donc  plusieurs  stades  dans  cette  phase,  par  suite  de  l’existence  de 
mues  post-nuptiales. 

En  résumé,  une  fois  le  développement  embryonnaire  terminé,  il 
y  a,  chez  les  Araignées,  succession  d’un  certain  nombre  de  stades, 
une  douzaine  chez  Coelotes  terrestris  par  exemple,  qui  sont  représen¬ 
tés  chacun  par  une  stase  particulière  et  morphologiquement  défi¬ 
nissable.  On  peut  cependant,  par  de  larges  caractères  communs, 


—  297 


classer  ces  stades  en  trois  phases  :  larvaire,  nymphaire,  et  adulte 
ou  de  maturité  et  ces  stases  en  :  larves,  nymphes  et  adultes.  Il  y  a, 
chez  Coelotes  terrestris,  au  cours  du  développement  post-embryon¬ 
naire,  une  phase  larvaire  avec  deux  stades  prélarvaires  et  un  larvaire, 
une  phase  nymphaire  avec  8  ou  9  stades  nymphaires  et  une  phase 
adulte  avec  un  seul  stade.  ' 

Valeur,  morphogénétique  et  phylogénétique  des  stades 

ET  DES  PHASES. 

Le  développement  post-embryonnaire  des  Araignées  est  discon¬ 
tinu  et  à  chaque  changement  de  stade,  à  chaque  mue,  l’organisme 
se  complète  ;  on  peut  dire  que  chaque  stase  est  à  un  niveau  d’orga¬ 
nisation  plus  élevé  que  la  stase  précédente  et  possède  en  elle  un  poten¬ 
tiel  morphogénétique  nouveau  et  supérieur  à  celui  de  sa  précédente 
stase.  Mais  comme  nous  le  soulignions  au  début  de  cette  note,  les 
changements  morphologiques  n’ont  pas,  à  chaque  crise,  à  chaque 
mue,  la  même  valeur.  Les  crises  qui  accompagnent  les  changements 
de  phase  provoquent  plus  de  modifications  que  celles  qui  se  déroulent 
lors  des  changements  de  stades  :  les  phases  représentent  des  «  étapes  » 
plus  importantes  dans  la  vie  de  l’animal  que  les  stades. 

Si  les  phases,  que  les  changements  morphologiques  permettent 
de  distinguer,  existent  réellement,  on  doit  les  détecter  par  d’autres 
voies  de  recherches  que  celles  de  la  morphogenèse.  Et  c’est  alors 
qu’il  nous  faudrait  parler  des  phases  et  des  étapes  que  reconnaissent 
les  Biométriciens  étudiant  la  croissance.  C’est  un  sujet  que  nous  ne 
pouvons  discuter  en  cette  note  préliminaire  ;  nous  ne  ferons  que  le 
signaler  et  dire  combien  grande  est  la  complexité  des  rapports  entre 
morphogénèse  et  croissance.  De  plus,  il  nous  faut  aussi  souligner 
que  chaque  organe,  chaque  élément  d’organe  a,  tant  au  point  de  vue 
croissance  qu’au  point  de  vue  morphogénèse,  une  autonomie  et 
un  rythme  propre.  De  même  qu’il  existe  une  croissance  globale 
découlant  de  croissances  élémentaires,  il  faut  imaginer  une  morpho¬ 
génèse  globale,  résultante  de  multiples  morphogénèses  élémentaires. 
A  chaque  changement  de  stade,  un  certain  nombre  d’organes,  ou 
de  parties  d’organes,  se  modifient  ;  à  chaque  changement  de  phase 
il  en  est  de  même,  mais  le  nombre  et  l’importance  des  éléments 
variants  est  plus  élevé  et  cela  donne  aux  changements  de  phase 
une  valeur,  un  taux  morphogénétique  de  tout  premier  plan.  C’est 
pourquoi  la  distinction  de  phases  au  cours  du  développement  post¬ 
embryonnaire  n’est  pas  une  simple  question  de  mots  ;  c’est  par  com¬ 
paraison  des  phases,  et  non  des  stades,  que  bien  des  problèmes  d’ana¬ 
tomie  et  de  morphologie  comparées  en  définitive  de  phylogénie, 
pourront  être  élucidés  et  nous  en  sommes  convaincus  en  ce  qui 
concerne  les  Arachnides. 


Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 


—  298  — 


Acquisition  de  la  collection  René  Oberthür 
par  le  Muséum  de  Paris 

Par  G.  Colas. 


Tous  les  entomologistes  du  Monde,  spécialement  les  Lépidop- 
téristes  et  les  Coléoptéristes,  connaissent  les  collections  Oberthür. 
Les  frères  Oberthür,  Charles  et  René,  ont  consacré  leur  vie  à  l’en¬ 
tomologie.  Charles,  décédé  en  1924,  s’occupait  exclusivement  de 
Lépidoptères  ;  son  importante  collection  a  été  dispersée  et  le  Muséum 
ne  possède  que  les  Aegeriidae,  Hepialidae,  ainsi  qu’une  grande  partie 
des  Attacidae  et  des  Cossidae,  y  compris  ceux  d’HouLBERT,  tous 
offerts  par  R.  Biedermann. 

Tous  ces  dons  sont  d’un  gros  intérêt  scientifique  pour  le  Muséum 
puisque  ces  collections  renferment  de  nombreux  types  de  Bois- 
duval,  d’HERRicH-ScHAFFER  (1840),  plus  les  types  de  Ch.  Ober¬ 
thür  qui  a  publié  de  nombreux  travaux  et  dirigé  une  magnifique 
publication  qui  l’a  rendu  célèbre. 

René  Oberthür,  né  le  14  avril  1852  à  Rennes  où  il  fit  ses  études 
au  Collège  Saint- Vincent,  désirait  faire  une  carrière  dans  l’armée 
mais  il  dut  s’occuper  de  l’imprimerie  avec  son  père,  François-Charles 
Oberthür. 

C’est  le  grand-père  de  Charles  et  de  René  Oberthür,  Jean- Jacques 
Oberthür,  écrivain  lithographe  habitant  Strasbourg,  qui,  faisant 
de  fréquents  séjours  à  Rennes,  développa  le  goût  des  Sciences  natu¬ 
relles  chez  les  deux  frères.  Dans  la  forêt  de  Paimpont  et  parmi  les 
landes  à  bruyères  et  à  genêts  de  Monterfil  les  naturalistes  collectaient 
de  nombreux  papillons,  Lélitées,  Mycènes,  etc... 

En  1877,  René  Oberthür  épousa  Mademoiselle  Marguerite 
Chevrier,  originaire  de  Charroux,  commune  de  la  partie  méridio¬ 
nale  du  département  de  la  Vienne. 

Le  jeune  ménage  fit  un  voyage  en  Andalousie  ;  il  séjourna  à  Ronda. 
René  Oberthür  était  sans  doute  attiré  par  les  nombreuses  espèces 
décrites  par  Rambur.  De  là,  R.  Oberthür  et  sa  femme  allèrent  à 
Algésiras,  à  Tétouan  et  à  Tanger,  voyage  qui,  à  l’époque,  ne  devait 
pas  être  aussi  facile  qu’aujourd’hui.  C’est  le  seul  voyage  important 
de  R.  Oberthür.  En  France,  au  contraire,  il  se  déplaçait  souvent 
pour  chasser  ;  il  aimait  beaucoup  les  Pyrénées  et  il  faisait  de  fré¬ 
quents  séjours  dans  les  Pyrénées-Orientales,  à  sa  villa  du  Vernet, 
où  il  a  récolté  de  nombreux  insectes.  Il  se  passionna  spécialement 
pour  la  chasse  aux  Parnassius. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


—  299  — 


René  Oberthür  avait,  comme  son  frère  Charles,  une  prédilection 
pour  les  Lépidoptères  mais,  racontent  ses  amis,  pour  ne  point  lui 
faire  de  peine,  il  s’était  mis  à  étudier  les  Coléoptères  tout  en  conti¬ 
nuant  à  récolter  des  Parnassius  et  des  Colias,  dont  il  a  fait  une  col¬ 
lection  considérable.  Il  possédait  aussi  quelques  armoires  de  Lépi¬ 
doptères  renfermant  des  matériaux  précieux  comme  ceux  de 
Ram&ur  et  de  Mabille  b  C’est  vraisemblablement  vers  1878  qu’il 
commença  à  s’occuper  sérieusement  de  Coléoptères  et  il  faut  recon¬ 
naître  qu’il  y  apporta  une  activité  et  une  clairvoyance  insoup¬ 
çonnées.  Il  eut  le  mérite  de  pouvoir  acquérir  des  collections  anciennes 
ayant  un  important  intérêt  scientifique  tant  par  le  nombre  des 
exemplaires  uniques,  des  «  types  »,  que  par  l’abondance  et  la  beauté 
des  sujets. 

En  1894,  la  richesse  des  collections  devint  telle  que  François- 
Charles  Oberthür  père  fit  construire  un  bâtiment  pour  ses  fils. 
Cette  construction,  comprenant  un  rez-de-chaussée  et  un  étage, 
voisine  de  l’imprimerie,  fut  édifiée  avec  tous  les  soins  désirés  pour 
éviter  les  variations  de  température,  toujours  néfastes  aux  insectes 
desséchés.  Les  murs  épais,  construits  avec  les  schistes  de  la  région, 
furent  revêtus  intérieurement  de  sapin,  ainsi  que  les  plafonds. 
Chaque  salle,  d’environ  8  m.  50  de  large  sur  20  m.  de  long  et  4  m.  de 
hauteur,  était  aérée  par  de  hautes  fenêtres  devant  lesquelles  étaient 
aménagées  des  tables  de  travail.  Le  rez-de-chaussée  était  réservé 
aux  Lépidoptères  et  le  premier  étage  aux  Coléoptères.  En  fait,  il 
s’agissait  d’un  véritable  Musée.  Dans  les  salles,  les  murs  intérieurs 
étaient  garnis  de  rayonnages  et  de  meubles  transversaux.  Plusieurs 
préparatrices  surveillaient,  entretenaient  et  classaient  les  collec¬ 
tions. 

En  dehors  des  collections  achetées  par  René  Oberthür,  c’est 
par  quantités  énormes  qu’il  recevait  des  Coléoptères  du  monde 
entier.  Il  avait  des  correspondants  sur  presque  tous  les  continents, 
et  surtout  parmi  les  Missionnaires  dont  il  imprimait  les  Rulletins 
de  Mission.  C’est  ainsi  que,  par  l’intermédiaire  de  l’évêque  du  Thibet, 
Mgr  Biet,  il  obtint  des  matériaux  inestimables.  Le  prince  Henri 
d’Orléans  lui  procura  de  grandes  quantités  d’insectes.  Dans  toute 
l’Asie  il  avait  plusieurs  correspondants  qui  ne  chassaient  que  pour 
lui.  Les  Pères  Blancs  et  les  Missionnaires  du  Saint-Esprit  prospec¬ 
taient  pour  lui  les  régions  d’Afrique  les  moins  connues.  De  Java,  des 
îles  Salomon,  en  particulier  de  l’île  Bougainville,  il  reçut  en  grand 
nombre  des  Coléoptères  dont  on  ne  connaissait  souvent  que  quelques 
exemplaires  dans  les  collections  européennes.  De  la  région  de  l’Ama¬ 
zone,  et  des  Guyanes  surtout,  il  obtint  des  caisses  énormes  d’insectes 
de  tous  ordres. 

1.  Grâce  à  la  générosité  de  MM.  Cl.  Herbulot  et  H.  de  Toulgoët,  une  impor¬ 
tante  partie  de  ces  matériaux  est  maintenant  déposée  au  Laboratoire  d’Entomologie. 


300  — 


René  Oberthür  utilisait  la  plus  grande  partie  de  ses  loisirs  à 
travailler  dans  ses  collections.  S’il  n’a  pas  publié  davantage,  on 
peut  penser  que  l’abondance  des  matériaux  reçus,  qu’il  devait  pré¬ 
parer,  classer,  étiqueter  et  déterminer,  occupait  tout  son  temps. 
Il  eut  pendant  de  nombreuses  années  comme  préparatrice  Mademoi¬ 
selle  Guilloret,  collaboratrice  dévouée  et  intelligente,  qui  lui  a  été 
d’un  grand  secours  dans  ses  classements.  Madame  Lebreton*  qui 
ui  a  succédé,  était  d’ailleurs  aussi  remarquable.  C’est  à  son  travail, 
à  sa  grande  activité,  que  l’on  doit  d’avoir  maintenu  cette  énorme 
collection  en  si  bon  état. 

Au  cours  de  l’année  1948  M.  le  Professeur  R.  Jeannel,  dans  une 
Assemblée  des  Professeurs  du  Muséum,  a  montré  tout  l’intérêt  que 
présentait  pour  la  Science  française  le  classement  comme  Monument 
National  de  la  collection  René  Oberthür.  Après  cet  exposé,  le 
Dr  R.  Jeannel  fut  chargé  par  l’Assemblée  de  faire  valoir  auprès 
de  la  Commission  de  Classement  des  Monuments  Historiques  les 
motifs  de  ce  classement.  En  1949,  la  Commission  entérina  la  déci¬ 
sion,  classant  comme  Monument  historique  la  collection  R.  Ober¬ 
thür.  Le  Professeur  R.  Jeannel,  accompagné  de  G.  Colas  et  de 
R.  M.  Quentin,  se  rendit  à  Rennes  ;  il  eut  toutes  facilités  auprès  de 
Madame  Cartier-Rresson  pour  opérer  çe  classement  qui  ne  dura 
pas  moins  de  quinze  jours.  Au  début  de  1952,  M.  le  Professeur 
L.  Chopard  et  l’auteur  de  ces  lignes  allèrent  à  Rennes  pour  en  éva¬ 
luer  le  volume,  le  Muséum  ayant  décidé  d’acquérir  la  collection 
complète  de  Coléoptères.  Et  enfin,  le  7  décembre  1952,  sous  la 
direction  de  M.  le  Professeur  L.  Chopard,  accompagné  de  ses 
assistants  G.  Colas,  A.  Descarpentries,  du  préparateur  Ph.  David 
et  de  A.  Le  Texier,  la  collection  fut  emballée  après  neuf  jours  de 
travail.  Le  transport  jusqu’au  Muséum  fut  effectué  dans  des  camions 
capitonnés.  Malgré  une  violente  tempête,  la  collection  tout  entière 
arriva  au  Muséum  absolument  intacte. 

L’acquisition  de  la  collection  R.  Oberthür  par  le  Muséum  repré¬ 
sente  du  point  de  vue  scientifique  un  apport  extraordinaire.  En  ce 
qui  concerne  l’ordre  des  Insectes  Coléoptères,  on  peut  dire  que  la 
collection  du  Laboratoire  d’Entomologie  du  Muséum  devient  de 
ce  fait  la  première  du  Monde. 

Nul  doute  que  les  entomologistes  étrangers  qui  venaient  déjà 
nombreux  consulter  nos  collections  ne  soient  encore  plus  attirés 
par  cette  richesse  nouvelle.  Nous  ne  pouvons  que  nous  en  réjouir. 


Laboratoire  à* Entomologie  du  Muséum. 


—  301  — 


Coléoptères  Cérambycides  récoltés  dans  le  Pacifique 

PAR  P.  LEPESME  (MARS- AVRIL  1950) 

Par  P.  Lepesme  et  St.  Breuning. 


L’un  de  nous  (P.  Lepesme)  a  eu  l’occasion,  au  début  de  1950, 
d’effectuer  quelques  récoltes  lors  des  brèves  escales  de  la  première 
liaison  aérienne  directe  France-Tahiti.  Il  est  heureux  de  remercier 
en  l’occurrence  la  Compagnie  Air-France  qui  lui  a  permis  de  parti¬ 
ciper  à  ce  voyage  de  reconnaissance  à  bord  d’un  avion  amphibie 
«  Catalina  »  via  Bornéo,  les  Célébes,  la  Nouvelle-Guinée,  où  les  possi¬ 
bilités  de  l’avion  ne  lui  ont  malheureusement  pas  permis  de  sur¬ 
voler  les  lacs  d’altitude  et  les  sommets  qu’il  comptait  explorer 
ultérieurement,  les  Salomon,  les  Nouvelles-Hébrides,  la  Nouvelle- 
Calédonie,  les  Fidji,  les  Samoa  et  les  Cook. 

Prioninae. 

Olethrius  tyrannus  Thoms.  :  Nouvelles-Hébrides  :  île  Santo 
(19-iv-50). 

Olethrius  tyrannus  Thoms.  v.  scahripennis  Thoms.  :  Fidji  :  île 
Viti-Levu  :  Nanduruloulou  (20-IV-50). 

Gerambycinae. 

Xystrocera  globosa  01.  :  Tahiti  :  Papeete  (27-HI-50). 

Phoracantha  Savesi  Fauv.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Giu  (17-m-50). 

Cylindera  flava  F.  :  Tahiti  :  Papeete  (25-m-50).  Cette  espèce  amé¬ 
ricaine  (Floride,  Mexique,  Antilles,  Guyane),  signalée  en  outre  d’An¬ 
gleterre  et  d’Honolulu,  n’avait  jamais  été  trouvée  à  Tahiti  à  notre 
connaissance. 

Ceresium  unicolor  F.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Nouméa  (2-IV-50)  ; 
Mont  Mou  (l-iv-50). 

Ceresium  nitidicolle  Fauv.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Canala  (17-iii-50). 

Gelonaetha  hirta  Frm.  :  Tahiti*  :  Papeete  (27-iii-50)  ;  nombreux 
exemplaires  pris  à  la  lumière  ou,  le  matin,  au  plafond  des  habita¬ 
tions. 

Astetholea  opacicollis  Fauv.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Ciu  (17-IH-50). 

Toxotomimus  haladicus  Montr.  ( Zygocera  baladica  Montr.,  Toxo- 
tomimus  diopetes  Hell.)  :  Nouvelle-Calédonie  :  col  d’Amieu,  400-600  m. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


—  302  — 


(16-HI-50).  Cette  espèce,  autrefois  rangée  dans  les  Lamiaires  Enico- 
dini  (cf.  Lepesme  et  Breuning,  Trans.  IXe  Congr.  Int.  Ent.,  Amster¬ 
dam  (1951),  1952,  p.  140,  est  tout  à  fait  spéciale  à  la  Nouvelle- 
Calédonie,  de  même  que  la  seconde  espèce  du  genre,  Toxotomimus 
fasciolatus  Fauv.  ( Zygocera  fasciolata  Fauv.)  que  nous  n’avons 
d’ailleurs  pas  capturée. 

Cyllene  crinicornis  Chevr.  :  Iles  Cook  :  île  Aitutaki  (22-m-50). 
Comme  Cylindera  flava  F.,  cette  espèce  centraméricaine,  mais  déjà 
citée  des  Hawai,  n’avait  pas  été  encore  mentionnée  de  Polynésie. 

Spintheria  gratiosa  Pasc.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Mont  Mou 
(l-iv-50). 

Lamiinae. 

Coresthetopsis  proxima  Breun.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Plum 
(13-iv-50).  Décrit  de  Iguambi  et  seulement  connu  de  Nouvelle- 
Calédonie. 

Tricondyloides  persimilis  Breun.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Ciu 
(17-IH-50).  Décrit  du  Mont  Arago  sur  un  exemplaire  ;  également 
localisé  à  la  Nouvelle-Calédonie. 

Taeniotes  insularis  Frm.  :  Tahiti  :  Le  Piray  (24-m-50).  Décrit  de 
Tahiti,  mais  en  réalité  d’origine  américaine  (Mexique,  Arizona, 
Basse-Californie)  comme  les  autres  espèces  du  genre. 

Cypriola  artensis  Montr.  (Dihammus  artensis  Montr.)  :  Nouvelle- 
Calédonie  :  Nouméa  (8-iv-50).  N’était  en  réalité  connu  que  des  îles 
adjacentes,  île  Loyauté  et  île  des  Pins. 

Arrhenotoides  Dubouzeti  Montr.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Mont  Mou 
(l-iv-50).  N’était  également  mentionné  que  de  l’île  Lifou  d’où  il 
fut  décrit. 

Blapsilon  irroratum  Pasc.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Mont  Mou 
(l-iv-50). 

Blapsilon  austrocaledonicum  Montr.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Mont 
Mou  (l-iv-50). 

Blapsilon  Montrouzieri  Thoms.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Mont  Mou 
(l-iv-50).  Il  est  regrettable  que  de  ce  genre  Blapsilon,  strictement 
calédonien,  nous  n’ayons  récolté  aucune  des  quatre  espèces  «  cri¬ 
tiques  »  décrites  par  Fauvel,  dont  les  types  n’ont  pu  être  retrouvés. 

Sormida  maculicollis  Thoms.  :  Fidji  :  île  Viti-Levu  :  Nanduruloulou 
(20-iv-50). 

Enicodes  Montrouzieri  Montr.  :  Nouvelle-Calédonie  :  col  d’Amieu, 
400-600  m.  (16-IH-50)  ;  Canala  (17-19-iii-50)  ;  Nouméa  (2-IV-50)  ; 
Plum  (13-IV-50)  ;  Mont  Mou  (l-iv-50). 

Enicodes  Montrouzieri  Montr.  v.  rufcueinoratus,  nova. 

Comme  la  forme  typique,  mais  les  fémurs  rouges.  Type  de  Nou- 
velleCalédonie  :  Mont  Mou  (l-iv-50),  dans  la  coll.  Lepesme. 

Enicodes  Fichteli  Schreih.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Plum  (13-IV-50). 


Leptenicodes  gracilis  Fauv.  :  Nouvelle-Calédonie  :  col  d’Amieu, 
400-600  m.  (16-iii-50)  ;  Nouméa  (2-iv-50)  ;  Mont  Mou  (l-iv-50)  ; 
Plum  (13-iv-50). 

Mimenicodes  Cohici,  n.  sp. 

Long.  :  11  mm.  ;  larg.  :  2  mm.  3.  —  Proche  de  Thomsoni  Fauv.,  mais 
le  troisième  article  antennaire  un  peu  plus  long  que  le  quatrième,  deux 
fois  plus  long  que  le  scape,  le  pronotum  un  peu  plus  long  que  large,  l’angle 
apical  suturai  des  élytres  plus  accusé,  leur  lobe  apical  un  peu  plus  court  ; 
la  livrée  différente  :  la  ligne  médiane  ochracée  du  pronotum  un  peu  plus 
large,  non  dédoublée  dans  la  moitié  antérieure,  les  deux  lignes  inter¬ 
médiaires  discales  seulement  faiblement  ondulées  ;  le  dessus  du  corps  et 
les  fémurs  sans  reflets  bronzés  ;  une  bande  longitudinale  sur  les  sterna, 
les  tibias  et  le  scape  presque  dépourvus  de  pubescence  ;  les  parties  laté¬ 
rales  des  sterna  et  des  sternites  abdominaux  couvertes  de  pubescence 
jaune  paille,  les  quatre  premiers  de  ces  sternites  ornés,  chacun,  en  outre, 
de  deux  petites  taches  latérales  jaune  pâle  ;  les  articles  antennaires  VIII 
et  IX,  ainsi  que  la  moitié  basilaire  du  dixième,  jaune  pâle  à  pubescence 
jaune  pâle. 

Type  de  Nouvelle-Calédonie  :  Nouméa  (2-IV-50),  dans  la  coll. 
Lepesme. 

Lepturonota  tristis  Montr.  v.  albovittata  Fauv.  :  Nouvelle-Calédonie  : 
Col  d’Amieu,  400-600  m.  (16-m-50)  ;  Canala  (17-19-iii-50)  ;  Mont 
Mou  (l-iv-50). 

Lepturonota  tristis  Montr.  v.  aenea  Montr.  :  Nouvelle-Calédonie  : 
col  d’Amieu,  400-600  m.  (16-iii-50). 

Lepturonota  tristis  Montr.  v.  ehalybaaa,  nova. 

Comme  la  variété  aenea  Montr.,  mais  tout  le  corps  bleu  métallique. 

Type  et  cotype  de  Nouvelle-Calédonie  :  Canala  (17-19-iii-50)  ; 
Plum  (l-iv-50),  dans  la  coll.  Lepesme. 

Lepturonota  inconspieua  Montr.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Canala 
(17-19-IU-50),  Plum  (13-iv-50)  ;  Ciu  (17-iii-50).  Tous  les  Lepturonota 
ne  sont  connus  que  de  Nouvelle-Calédonie. 

Nemaschema  Lamberti  Montr.  :  Nouvelle-Calédonie  :  col  d’Amieu, 
400-600  m.  (16-III-50),  Plum  (13-IV-50).  Genre  également  stricte¬ 
ment  néocalédonien. 

Nemaschema  Mulsanti  Perroud  :  Nouvelle-Calédonie  :  Mont  Mou 
(l-iv-50). 

Lepturoschema  Penardi  Montr.  :  Nouvelle-Calédonie  :  col  d’Amieu, 
400-600  m.  (16-III-50). 

Lepturoschema  Penardi  Montr.  v.  Leseleuci  Fauv.  :  Nouvelle- 
Calédonie  :  col  d’Amieu,  400-600  m.  (16-iii-50).  La  variété,  comme 
la  forme  typique,  n’est  connue  que  de  Nouvelle-Calédonie. 

Pterolophia  illicita  Pasc.  :  Célebés  :  Menado  (10-iii-50).  Décrit 
des  îles  Mysol,  Aru,  Goram  et  Batchian  ;  connu  en  outre  de  Ternate, 
de  Timor  et  de  Bornéo. 


—  304  — 


Pterolophia  lateripicta  Frm.  v.  Mathisi,  nova. 

Diffère  de  la  forme  typique  par  les  dessins  des  élytres  :  la  tache 
latérale  est  suivie  de  près  par  une  tache  triangulaire  latérodiscale 
brune  ;  l’une  et  l’autre  sont  assez  largement  bordées  de  pubescence 
blanchâtre  au  côté  interne. 

Type  :  une  Ç  des  îles  Cook  :  île  Aitutaki,  dans  la  coll.  Lepesme. 

La  forme  typique,  décrite  des  îles  Tonga,  est  également  connue 
des  Salomon,  des  Fidji,  des  Cook  et  de  Tahiti. 

Prosoplus  signatus  Fauv.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Nouméa  (2-IV-50)  ; 
col  d’Amieu,  400-600  m.  (16-iii-50)  ;  Plum  (13-iv-50).  Uniquement 
connu  de  Nouvelle-Calédonie. 

Euoopsis  fuscofasciatus  Dillon  et  Dillon  :  Fidji  :  île  Viti-Levu  : 
Nanduruloulou  (20-IV-50).  Uniquement  connu  des  Fidji. 

Oopsis  oblongipennis  Frm.  :  îles  Cook  :  île  Aitutaki  (22-m-50). 
Décrit  de  Tahiti. 

Hestimidius  humeralis  Br.,  1939,  Festschr.  E.  Strand,  Y,  p.  285 
( Neoopsis  quadrimaculatus  Br.,  1942,  Fol.  Zool.  Flydrob.,  XI, 
p.  154)  :  Fidji  :  île  Viti-Levu  :  Nanduruloulou  (21-iv-50).  Seulement 
connu  des  Fidji  à  ce  jour. 

Gemylus  albosticticus  Br.,  1938,  Festschr.  E.  Strand,  V,  p.  284  : 
Fidji  :  île  Viti-Levu  :  Nanduruloulou  (20-IV-50). 

Gemylus  angustifrons  Br.,  v.  uniformis  Br.,  1938,  Festschr. 
E.  Strand,  V,  p.  285:  Fidji:  île  Viti-Levu  :  Nanduruloulou  (20-IV-50). 
Les  deux  espèces  ne  sont  connues  que  des  Fidji. 

Stenellipsis  litterata  Fauv.  :  Nouvelle-Calédonie  :  col  d’Amieu, 
400-600  m.  (16-iii-50)  ;  Canala  (17-iii-50)  ;  Plum  (13-iv-50). 

Stenellipsis  geophila  Montr.  v.  laterifusca  Br.,  1940,  Fol.  Zool. 
Hydrob.,  X,  p.  116  (Stenellipsis  laterifusca)  ;  1951,  Bull.  Inst.  B.  Soc. 
Nat.  Belg.,  XXVII,  32,  p.  14  :  Nouvelle-Calédonie  :  Canala 
(17-iii-50). 

Steneellipsis  modesta  Montr.  :  Nouvelle-Calédonie  :  col  d’Amieu, 
400-600  m.  (16-iii-dO)  ;  Canala  (17-in-50). 

Stenellipsis  murina  Fauv.  :  Nouvelle-Calédonie  :  Canala  (17-m-50). 
Était  connu  de  Nouméa,  de  la  forêt  du  Mont  d’Or,  de  Tonghoué  et 
de  Yahoué. 

Stenellipsis  Casteii,  n.  sp. 

Long.  :  2.5  mm.  ;  larg.  :  1  mm.  En  ovale  allongé.  Antennes  fines, 
d’un  tiers  plus  longues  que  le  corps,  le  scape  court  et  assez  fort,  le  troisième 
article  aussi  long  que  le  quatrième,  beaucoup  plus  long  que  le  cinquième 
ou  que  le  scape.  Lobes  inférieurs  des  yeux  aussi  longs  que  les  yeux. 
Pronotum  transverse,  fortement  arrondi  sur  les  côtés,  pourvu  de  deux 
dépressions  transversales,  une  prémédiane  et  une  postmédiane.  Élytres 
allongés,  étroitement  arrondis  au  sommet,  assez  convexes,  déprimés  dans 
la  partie  prémédiane,  peu  densément  et  très  finement  ponctués  dans  le 


I 


305 


tiers  basilaire,  pourvus  chacun  d’une  petite  bosse  discale  postbasilaire. 
Fémurs  claviformes.  Métasternum  non  raccourci. 

Rougeâtre,  couvert  d’une  pubescence  soyeuse  jaune  paille,  le  front  et 
le  disque  du  pronotum  rembrunis.  Élytres  avec  une  grande  tache  trian¬ 
gulaire  postseutellaire  brune  allant  d’une  épaule  à  l’autre  et  quelques 
vagues  taches  allongées  postmédianes.  Palpes,  antennes  et  pattes  jaunes, 
les  articles  antennaires  rembrunis  apicalement  à  partir  du  troisième. 

Type  de  Nouvelle-Calédonie  :  Ciu  (17-IH-50),  dans  la  coll.  Lepesme. 
Le  genre  Stenellipsis,  strictement  néocalédonien,  comprend  main¬ 
tenant  17  espèces  que  l’on  pourra  séparer,  à  l’aide  du  tableau  sui¬ 
vant  : 

Tableau  des  Stenellipsis. 

1.  Élytres  échancrés  au  sommet .  ochraceotincta  Fauvel. 

—  Élytres  non  échancrés  au  sommet . .  2. 

2.  Chaque  élytre  muni  d’une  épine  apicale  suturale  minime . 

spinipennis  Breuning. 

—  Élytres  sans  cette  épine .  3. 

3.  Élytres  imponctués .  4. 

—  Élytres  distinctement  ponctués,  tout  au  moins  dans  le  quart  basi¬ 

laire . ■...., . .  14. 

4.  Pronotum  et  élytres  revêtus  de  pubescence  argentée,  à  l’exception 

d’une  bande  longitudinale  sur  le  pronotum  et  d’une  étroite  bande 
transversale  prémédiane  sur  les  élytres......  crucijera  Fauvel. 

—  Ornementation  du  dessus  différente .  5. 

5.  Élytres  parsemés  de  taches  circulaires  brunes  ou  brun  rougeâtre  6. 

—  Élytres  sans  taches  semblables . . . .  7. 

6.  Lobes  inférieurs  des  yeux  deux  fois  et  demi  plus  longs  que  les  joues.  .  . 

calédonien  Fauvel. 

- —  Lobes  inférieurs  des  yeux  un  peu  moins  longs  que  les  joues . 

maculaia  Montrouzier. 

7.  Troisième  article  des  antennes  plus  long  que  le  quatrième ....  8. 

—  Troisième  article  des  antennes  non  plus  long  que  le  quatrième.  .  .  11. 

8.  Chaque  élytre  pourvu  d’une  petite  bosse  discale  postbasilai're ...  9. 

—  Élytres  sans  cette  bosse .  10. 

9.  Chaque  élytre  orné  d’une  bande  médiane  transversale  brun  foncé .  .  . 

bipustulata  Montrouzier. 

—  Élytres  sans  cette  bande .  murina  Fauvel. 

10.  Élytres  non  rembrunis  latéralement .  geophila  Montrouzier. 

—  La  partie  latérale  de  l’élytre  est  rembrunie ...  geophila  Montrouzier 

v.  lalerifusca  Breuning. 

11.  Troisième  article  des  antennes  moins  long  que  le  quatrième . 

albosignata  Breuning. 

- —  Troisième  article  des  antennes  aussi  long  que  le  quatrième.  .  .  .  12. 

12.  Taille  très  petite,  n’atteignant  pas  3  mm.  de  longueur.  .  .  .  sericans 

Breuning. 

- —  Taille  plus  grande,  dépassant  4  mm.  de  longueur .  13. 


—  306  — 


13.  Pronotum  avec  une  large  bande  médiane  brune.  .  lunigera  Fauvel. 

—  Pronotum  sans  cette  bande .  Strandi  Breuning. 

14.  Élytres  ornés  de  dessins  assez  nets .  15- 

—  Élytres  sans  ou  presque  sans  dessins . . .  17. 

15.  Scape  granulé  au  sommet .  16. 

—  Scape  non  granulé  au  sommet .  Casteli,  n.  sp. 

16.  Les  taches  élytrales  sont  nettes .  litterata  Fauvel. 

—  Les  taches  élytrales  sont  assez  vagues  ....  litterata  F auvel,  m.  jagua- 

rita  Breuning. 

17.  Troisième  article  des  antennes  moins  long  que  le  quatrième.... 

flavolineata  Breuning. 

—  Troisième  article  des  antennes  non  plus  long  que  le  quatrième.  18. 

18.  Troisième  article  des  antennes  plus  long  que  le  quatrième . 

persimilis  Breuning. 

—  Troisième  article  des  antennes  aussi  long  que  le  quatrième . 

unicolor  Breuning. 


Sciadella  variabilis  Auriv.  :  Samoa  :  île  Upolu  :  Faleolo  (22-IV-50). 

Laboratoire  d' Entomologie  du  Muséum. 


—  307  — 


Une  petite  collection  d’Annélides  Polychètes 

DES  ILES  KERGUÉLEN 
Par  Pierre  Fauvel. 


Cette  petite  collection,  recueillie  par  M.  Angot,  en  1952,  à  Ker¬ 
guelen,  principalement  au  Port-aux-Français,  au  Port- Jeanne-d’ Arc 
et  à  la  Baie-Norvégienne,  ne  comprend  qu’une  vingtaine  d’espèces, 
mais  fort  bien  conservées. 

M.  Aubert  de  la  Rüe  m’ayant  adressé  quelques  espèces  récoltées 
par  lui,  en  1952,  au  Port-aux-Français,  dans  les  Macrocystis  pirifera 
échoués  à  la  côte,  je  les  ai  mentionnées  avec  les  précédentes. 

Aucune  de  ces  espèces  n’est  nouvelle  pour  l’Antarctique. 

Hermadion  magalhaensi  Kinberg. 

Port-aux-Français  :  A.  21,  sur  les  roches,  A.  24,  flaques,  A.  27,  cailloux, 
A.  38,  rochers.  —  Port-Jeanne-d’Arc  :  A.  4,  A.  5,  galets  et  sable.  —  Baie- 
Norvégienne  :  A.  44,  A.  46,  sable  et  cailloux. 

La  plupart  de  ces  Hermadion  ont  la  trompe  dévaginée  et  ont  encore 
conservé,  en  partie,  leurs  élytres. 

M.  Aubert  de  la  Rüe  en  a  récolté,  au  Port-aux-Français,  dans 
les  Macrocystis  pirifera,  rejetés  à  la  côte,  une  quinzaine  de  spécimens 
de  forte  taille,  mesurant  jusqu’à  60  à  70  mm.,  sur  20  à  25  mm.  de 
diamètre. 

Un  fragment  d ’Harmothoë  qui  les  accompagnait  n’est  malheureu¬ 
sement  pas  déterminable. 

Syllis  brachycola  Ehlers. 

Port-aux-Français  :  A.  13,  revêtement  des  roches.  —  Ile  Péchenart  : 
A.  30,  dans  les  Algues. 

Deux  spécimens. 

Grubea  rhopalophora  Ehlers. 

Port-Jeanne-d’Arc  :  A.  48,  dans  une  macération  d’ Algues. 

Une  très  petite  femelle  portant  ses  œufs. 

Exogone  anomalochaeta  Benham. 

Port-Jeanne-d’Arc  :  A.  48,  dans  une  macération  d’Algues. 

Un  petit  individu.  J’ai  déjà  signalé  cette  curieuse  espèce  à  Ker- 
guélen  parmi  celles  recueillies  par  M.  Paulian  dans  la  Baie-du- 
Morbihan. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


—  308  — 


Nereis  kerguelensis  McIntosh. 

Baie-Norvégienne  :  A.  41  et  A.  42,  vase  et  cailloux. 

Le  spécimen  A.  41  porte  un  petit  denticule  au  groupe  Y,  ce  qui 
est  assez  exceptionnel.  Les  deux  petits  de  A.  42  ont  une  trompe 
normale  avec  V  =  0  et  VI  =  I  -|-  I  très  petits. 

Platynereis  magalhaensis  Kinberg. 

Port-Jeanne-d’Arc  :  A.  2,  A.  48,  galets  et  Algues.  —  Port-aux-Fran- 
çais  :  A.  8,  A.  25,  A.  32,  A.  45,  Cailloux,  dragages,  Algues.  —  Ile  Péche- 
nart  :  A.  30,  Algues. 

Cette  espèce,  si  répandue  dans  tout  l’Antarctique,  est  représentée 
par  un  grand  nombre  de  spécimens  de  toutes  tailles.  Ceux  de  l’île 
Péchenart  sont  des  jeunes  de  4  à  5  mm.,  avec  18-20  sétigères,  et 
6  mm.  et  28  sétigères,  portant  des  serpes  dorsales  homogomphes 
à  4-6  des  segments  postérieurs.  Un  de  14  mm.  et  32  sétigères  n’en 
a  plus.  On  sait  que  ces  soies  spéciales  font  défaut  chez  les  adultes 
tandis  qu’elles  persistent  chez  PL  Dumerilii  Aud.-Edw.  C’est  à 
peu  près  le  seul  caractère  qui  distingue  ces  deux  espèces. 

M.  Aubert  de  i.a  Rüe  en  a  aussi  recueilli  un  gros  spécimen,  au 
Port-aux-Français,  dans  les  Macrocystis  rejetés  à  la  côte. 

Nephthys  macroura  Schmarda. 

Port-aux-Français  :  A.  7  et  A.  8,  sous  les  cailloux  dans  le  sable. 

Deux  grandes  entières,  à  trompe  dévaginée  et  trois  petites. 

Scolelepis  cornigera  Ehlers. 

Port-aux-Français  :  A.  16,  dans  le  sable. 

Le  prostomium  de  l’unique  spécimen  étant  en  mauvais  état 
l’identification  reste  douteuse.  Il  était  accompagné  de  deux  débris 
de  Spionidiens  indéterminables. 

Cirratulus  cirratus  (O.  F.  Müller). 

Port-aux-Français  :  A.  12,  A.  13,  A.  22,  dans  une  flaque  et  dans  les 
revêtements  tapissant  les  roches.  - —  Baie-Norvégienne  :  A.  39,  vase  avec 
cailloux  enfoncés. 

Le  spécimen  A.  13  est  de  très  petite  taille. 

Arenicola  assimilis  Ehlers,  var.  afpnis  Ashworth. 

Port-Jeanne-d’Arc  :  A.  1,  sable.  - —  Port-aux-Français  :  A.  9,  A.  15, 
A.  36,  sable.  - —  Baie-Norvégienne  :  A.  42,  vase  avec  cailloux  enfouis. 

Quatre  de  ces  Arénicole  du  Port-aux-Français  sont  de  grande 
taille.  Celui  de  Port-Jeanne-d’Arc  et  celui  de  la  Baie-Norvégienne 
sont  plus  petits.  Tous  ont  7  sétigères  antérieurs  abranches  et 


—  309  — 


12  branchifères,  donc  19  sétigères  au  total  et  appartiennent  bien 
à  la  variété  affinis. 

Thelepus  setosus  Quatrefages. 

Port-aux-Français  :  A.  10,  A.  19,  A.  23,  A.  24,  dans  le  sable,  sous  les 
cailloux,  dans  les  flaques,  A.  26,  drague.  —  Port-Jeanne-d’Arc  :  A.  3, 
galets  et  sable.  —  Baie-Norvégienne  :  A.  43,  vase  avec  cailloux. 

M.  Aubert  de  la  Rira:  :  Port-aux-Français,  dans  les  crampons  de 
Macrocystis  rejetés  à  la  côte. 

Cette  espèce  cosmopolite,  si  commune  dans  l’Antarctique,  est 
représentée  par  un  grand  nombre  d’individus  de  toutes  les  tailles. 
M.  Aubert  de  la  Rüe  en  a  recueilli  près  d’une  trentaine. 


Leprea  streptochaeta  Ehlers. 

Port-aux-Français  :  A.  14,  dans  une  flaque. 

Deux  individus  dont  une  femelle  bourrée  d’œufs  et  A.  24,  dans 
une  flaque,  deux  spécimens  enroulés  en  spirale  comme  YAmphitrite 
gracilis  de  nos  côtes  qui  présente  une  certaine  analogie  mais  qui  a 
des  soies  différentes. 


Potamilla  antarctica  (Kinberg). 

Port-aux-Français  :  A.  6  et  A.  17,  sous  les  surplomb^  de  roches.  — 1 
Pointe  Denis  :  A.  38,  sous  les  surplombs  de  roches.  —  Port-aux-Français, 
M.  Aubert  de  la  Rüe,  dans  les  Macrocystis  rejetés  à  la  côte. 


Plusieurs  échantillons  sont  formés  de  nombreux  tubes  cornés  de 
25  à  30  mm.,  larges  de  2  à  3  mm.,  dressés,  serrés  les  uns  contre  les 
autres  et  noyés  dans  une  masse  spongieuse. 

Oridia  limbata  Ehlers. 


Port-aux-Français  :  A.  13,  sur  le  revêtement  des  rochers. 

Cette  très  petite  Oridia  possède  des  otocystes  à  gros  otolithe. 


Spirorbis  ( Paralaeospira )  aggregatus  Caullery  et  Mesnil. 

Port-aux-Français  :  A.  47,  sur  les  cailloux  et  les  coquilles  de  Moules. 

Ces  petits  Spirorbes  entassés  les  uns  sur  les  autres  en  masses 
compactes  de  plusieurs  centimètres  cubes  méritent  bien  leur  nom 
spécifique.  / 

Spirorbis  (Paralaeospira)  Claparedei  Caul.  et  Mes. 

Port-aux-Français  :  A.  11,  sur  les  Moules,  A.  33,  sur  les  frondes  de 
Macrocystis. 

L’aspect  du  tube  rappelle  tout  à  fait  celui  du  Sp.  borealis  de  nos 
côtes,  mais  l’animal  en  diffère  par  la  présence  de  4  sétigères  thora¬ 
ciques  chez  l’adulte.  Les  jeunes,  cependant,  n’en  ont  que  trois. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


20 


—  310  — 


Spirorbis  ( Paralaeospira)  patagonicus  Caullery  et  Mesnil. 

Pointe  Molloy  :  A.  34,  sur  les  cailloux. 

Plusieurs  tubes  relativement  gros,  détachés  de  leur  support.  Un 
opercule  renferme  des  œufs. 

Spirorbis  (Paralaeospira)  Lebruni  Caullery  et  Mesnil. 

Port-aux-Français  :  A.  27,  dragage. 

Des  gros  tubes  vides  et  d’autres  plus  petits  contenant  des  Spirorbes 
à  4  sétigères  thoraciques.  Faute  de  l’animal,  on  ne  peut  décider  si 
les  gros  tubes  appartiennent  au  Spi.  Lebruni  ou  au  Spi.  patagonicus. 

(?)  Spirorbis  ( Romanchella )  Perrieri  Caullery  et  Mesnil. 

Port-aux-Français  :  A.  31,  dans  des  crampons  de  Macrocystis. 

Un  seul  gros  tube  sénestre,  ridé,  malheureusement  vide,  semble 
avoir  appartenu  à  un  Spi.  Perrieri  (?). 

Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 


—  311  — 


Sur  quelques  Alcyoniidés  de  Tahiti  et  des  Iles  Fidji. 
Par  Andrée  Tixier-Durivault. 


La  Collection  du  Muséum,  riche  en  Alcyoniidés,  renferme  un  grand 
nombre  d’exemplaires  des  différentes  espèces  des  genres  Lobularia 
et  Sinularia.  Le  premier  de  ces  genres  comprend  44  espèces  toutes 
représentées  actuellement  au  Muséum  par  suite  de  la  récolte  effec¬ 
tuée  par  G.  Ranson  à  Tahiti  et  aux  Iles  Fidji  (Suva).  Les  divers 
échantillons  provenant  de  ces  localités  appartiennent  aux  espèces 
suivantes  1  :  Lobularia  globuliferoides  Thomson  et  Dean,  L.  tuber¬ 
culoïdes  Tixier-Durivault,  L.  australis  Macfadyen,  Sinularia  gyrôsa 
(Klunzinger),  S.  polydactyla  (Ehrenberg),  S.  robusta  Macfadyen, 
S.  rigida  (Dana)  et  S.  macropodia  Hickson  et  Hiles. 

1.  Lobularia  globuliferoides  Thomson  et  Dean. 

1948  Lob.  globuliferoides,  A.  Tixier-Durivault,  Mem.  Mus.  Nat.  Hist. 
Nat.,  n.  s.,  t.  XXIII,  fasc.  1,  p.  88. 

Diagnose  :  Colonie  encroûtante  à  lobes  courts,  arrondis,  larges,  serrés 
les  uns  contre  les  autres. 

Spiculés  de  taille  moyenne  (0,08  à  0,10  mm.  de  long).  Double-sphères 
du  cœnenchyme  à  têtes  recouvertes  de  proéminences  émoussées,  grands 
haltères  corticaux  lisses  avec  un  rétrécissement  distinct  et  de  petits 
sclérites  à  col  très  haut. 

Polypes  sur  les  lobes,  grands,  dans  des  alvéoles. 

Coloration  de  la  colonie  :  jaune  grisâtre. 

Description  :  Deux  exemplaires  conservés  à  sec. 

a)  colonie  :  Les  deux  colonies  sont  des  formes  encroûtantes,  irré¬ 
gulières. 

La  portion  basilaire  du  plus  grand  exemplaire  mesure  75  mm.  de 
long  et  30  mm.  de  large  alors  que  son  capitule  atteint  92  mm.  de 
large  et  27  mm.  de  haut.  Le  pied,  mince,  aplati,  supporte  un  capitule 
à  lobes  arrondis,  courts,  serrés  les  uns  contre  les  autres,  à  structure 
fréquemment  réticulée  car  les  alvéoles  polypaires  sont  nettement 
indiqués  sur  certains  lobes. 

Le  second  spécimen  a  65  mm.  de  long  et  43  mm.  de  large. 

La  structure  des  deux  colonies  est  charnue  et  leur  surface  douce 
au  toucher. 

1.  Leurs  synonymies  complètes  se  trouvent  dans  les  travaux  cités. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


312 


b)  spiculés  :  les  éléments  squelettiques  de  la  base  du  cœnenchyme 
sont  des  haltères  à  têtes  volumineuses  hérissées  de  protubérances 
émoussées.  Les  plus  nombreux,  atteignent  0,10  mm.  de  longueur 
totale  et  0.06  mm.  de  largeur  maximum  de  sphères,  présentent  un 
étranglement  distinct  et  droit.  Quelques  spiculés,  mesurant  encore 
0,09  mm.  de  long  et  0,05  mm.  de  large  apparaissent  sous  forme  de 
deux  sphères  accolées  recouvertes  d’abondants  tubercules,  par  suite 
de  l’extrême  réduction  de  leur  col.  La  zone  corticale  basilaire  ren¬ 
ferme  de  jeunes  sclérites,  à  long  étrangement  et  verrues  arrondies, 
ne  dépassant  pas  0,05  à  0,085  mm.  de  hauteur  totale. 

La  majorité  des  spiculés  du  cœnenchyme  capitulaire  sont  peu 
différents  de  ceux  de  la  base  de  la  colonie.  Ce  sont  des  haltères  à  col 
distinct  droit,  ayant  0,06  mm.  de  largeur  maximum  et  0,10  mm.  de 
longueur  totale..  Les  sclérites  du  cortex  capitulaire  sont  de  grandes 
double-sphères  lisses  présentant  un  long  étranglement  et  deux 
masses  terminales  volumineuses  atteignant  0,08  mm.  de  longueur 
totale  et  0,04  mm.  de  largeur  de  têtes.  Enfin  quelques  spiculés  lisses 
ont  un  rétrécissement  étroit  et  ne  mesurent  que  0,04  mm.  de  longueur 
totale  et  0,01  mm.  dans  leur  plus  grande  largeur. 

c)  polypes  :  Les  zoïdes,  grands,  disposés  en  lignes  régulières  au 
fond  de  petits  alvéoles  répartis  sur  tous  les  lobes  ont  0,3  mm.  du 
diamètre  d’ouverture  et  sont  distants  de  0,2  mm.  les  uns  des  autres. 

d)  coloration  :  Les  colonies,  conservées  à  sec  ont  une  teinte  blanc 
grisâtre. 

Distribution  :  Sawan  (Ile  de  Siau,  Mer  des  Célèbes),  I.  Fidji  (Suva, 
Mr  Ranson,  1952). 

2.  Lobularia  tuberculoides  Tixier-Durivault. 

1948  Lob.  tuberculoides,  A.  Tixier-Durivault.  Mem.  Mus.  Nat.  Hisl. 

Nat.,  n.  s.,  t.  XXIII,  fasc.  1,  p.  230.. 

Diagnose  :  Colonie  encroûtante  à  pied  trois  à  quatre  fois  moins  élevé 
que  le  capitule.  Surface  lobulaire  composée  de  lobes  arrondis,  à  sommet 
aplati,  parfois  divisés  en  deux  ou  trois  lobules,  séparés  par  des  sillons  plus 
ou  moins  profonds. 

Spiculés  de  grande  taille  (0,10  à  0,11  mm.  de  long).  Double-sphères  de  la 
base  du  cœenchyme  à  tubercules  irréguliers  plus  ou  moins  serrés  les  uns 
contre  les  autres.  Haltères  de  la  portion  lobulaire  plus  petits,  mêlés  à  des 
sclérites  peu  verruqueux.  Spiculés  corticaux  allongés. 

Polypes  sur  tout  le  capitule,  petits,  assez  éloignés  les  uns  des  autres. 

Coloration  de  la  colonie  à  sec  :  gris  jaunâtre. 

Description  :  Deux  exemplaires  conservés  dans  l’alcool. 

a)  Colonie  :  Le  premier  spécimen  est  une  forme  encroûtante  qui 
mesure  80  mm.  de  longueur  totale  et  65  mm.  de  largeur.  Son  pied, 
bas  et  stérile,  supporte  un  capitule  composé  de  petits  lobes  arrondis, 


v 


313  — 


courts,  fortement  pressés  les  uns  contre  les  autres,  parfois  subdivisés 
superficiellement. 

Le  second  exemplaire,  plus  petit,  ne  dépasse  pas  43  mm.  de  long 
et  37  mm.  de  large. 

La  consistance  des  deux  colonies  est  dure. 

b)  spiculés  :  Les  éléments  squelettiques  de  la  base  du  coœnenchyme 
chyme,  du  cortex  et  de  la  totalité  du  capitule  sont  tout  à  fait  sem¬ 
blables  à  ceux  du  type  de  l’espèce. 

c)  polypes  :  Les  zoïdes,  de  0,2  à  0,5  mm.  de  diamètre  d’ouverture 
à  l’état  rétracté,  sont  petits  et  uniformément  répartis  sur  toute  la 
surface  du  capitule.  Distants  de  0,9  mm.  les  uns  des  autres  à  la  base 
des  lobes  ils  sont  éloignés  de  0,3  mm.  au  sommet. 

d)  coloration  :  Les  colonies,  conservées  dans  l’alcool,  ont  une 
teinte  jaune  grisâtre. 

Distribution  :  Iles  Fidji  (Mr.  Filhol,  1876),  Iles  Fidji  (Mr  Ranson, 
1952,  Suva). 

3.  Lobulia  australis  (Macfadyen). 

1948  Lob.  australis,  A.  Tixier-Durivault.  Mem.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat., 
n.  s.,  t.  XXIII,  fasc.  1,  p.  249. 

Diagnose  :  Colonie  encroûtante,  ferme,  dure.  Pied  large  et  capitule 
formé  de  petits  lobes  simples  ou  divisés  en  lobules  digités. 

Spiculés  de  très  grande  taille  (0,14  à  0,3  mm.  de  long).  Dans  la  base  du 
cœnenchyme,  double-sphères  à  col  large  plus  ou  moins  élevé  et  à  têtes 
volumineuses  abondamment  hérissées  de  gros  tubercules  denticulés.  Dans 
le  capitule  haltères  de  formes  analogues.  Nombreux  spiculés  jeunes  plus 
simples. 

Polypes,  petits,  nombreux,  sur  tout  le  capitule.  Tentacules  courts 
dépourvus  de  spiculés. 

Coloration  de  la  colonie  :  gris  verdâtre  ou  jaunâtre. 

Description  :  Quatre  exemplaires  conservés  à  sec. 

a)  colonie  :  Les  quatre  colonies  sont  des  formes  encroûtantes,  mais 
non  entières. 

Le  pied  de  chaque  spécimen  est  bas,  large,  stérile,  mince,  légère¬ 
ment  rugueux  au  toucher.  Le  capitule  est  formé  de  lobes  clair¬ 
semés,  allongés,  simples,  arrondis  à  leur  extrémité,  rarement  divisés 
en  lobules  secondaires,  à  structure  réticulée. 

Les  diverses  colonies  ont  respectivement  76  mm.,  80  mm.,  75  mm. 
et  55  mm.  de  longueur  totale  et  56  mm.,  45  mm.,  60  mm.  et  53  mm. 
de  largeur  basale. 

b)  spiculés  :  Les  éléments  squelettiques  de  la  base  du  cœnen¬ 
chyme  colonial  sont  de  formes  diverses.  Très  nombreux  sont  les 
spiculés  massifs,  très  volumineux,  dépourvus  d’étranglement  ; 
mesurant  0,3  mm.  de  long  et  0,22  mm.  de  diamètre  ils  présentent 


—  314 


deux  grosses  sphères  terminales  dyssymétriques  ornées  d’abondantes 
verrues  irrégulières.  De  grands  haltères  atteignant  0,25  mm.  de 
longueur  totale  ont  un  col  plus  ou  moins  élevé  et  deux  masses  termi¬ 
nales  recouvertes  de  grosses  protubérances  composées.  La  zone  cor¬ 
ticale  basilaire  renferme  de  petites  double-sphères  de  0,17  mm.  de 
long  et  présentant  un  rétrécissement  allongé  et  des  tubercules  denti- 
culés. 

Les  spiculés  du  capitule  sont  comparables  à  ceux  du  pied  de  la 
colonie.  Les  haltères  de  0,3  mm.  et  0,25  mm.  de  longueur  sont  moins 
nombreux  et  fréquemment  accompagnés  de  grands  double-sphères 
de  0,2  mm.  de  long  à  col  élevé  et  à  têtes  étirées  ornées  de  quelques 
volumineuses  protubérances  composées.  La  zone  corticale  lobulaire 
renferme  un  grand  nombre  de  jeunes  sclérites  semblables  à  ceux 
du  cortex  basilaire. 

c)  polypes  :  Les  zoïdes,  de  0,75  mm.  de  diamètre  d’ouverture  à 
l’état  rétracté,  sont  petits,  nombreux,  serrés  les  uns  contre  les  autres. 

d)  coloration  :  Les  colonies,  conservées  à  sec,  sont  gris  jaunâtre. 

Distribution  :  1.  Maer  (Australie),  1.  Fidji  (Suva,  Mr  Ranson, 

1952). 

4.  Sinularia  gyrosa  (Klunzinger). 

1951  Sin.  gyrosa,  A.  Tixier-Durivault.  Mem.  Inst.  Roy.  Sci.  Nat.  Bel¬ 
gique,  s.  2,  fasc.  40,  p.  17. 

Diagnose  :  Colonie  encroûtante,  à  pied  stérile,  épais,  plissé  et  à  gros 
lobes  indépendants  dressés  en  muraille. 

Spiculés  :  1°  dans  la  base  du  ccenenchyme  :  a)  à  l’intérieur  :  sclérites 
trapus  (0,5  à  1  mm.  de  long)  présentant  une  constriction  médiane  trans- 
vèrse  et  des  tubercules  crénelés,  inégaux  et  nombreux  ;  b)  dans  la  zone 
corticale  :  quelques  éléments  irréguliers  et  petites  massues  (0,12  mm  de 
long)  montrant  une  tête  branchue  ornée  d’une  verrue  centrale  et  un  large 
manche  court. 

2°  dans  le  capitule  :  aiguilles  massives  (2,5  mm.  de  long),  garnies  de 
petites  protubérances  clairsemées  ;  massues  corticales  tantôt  courtes,  à 
tête  branchue  (0,1  mm.  de  long),  tantôt  longues,  tuberculées  (0,15  mm.  de 
long). 

Polypes  :  très  petits  et  assez  nombreux  sur  les  lobes. 

Coloration  :  de  la  colonie  dans  l’alcool  :  blanc  jaunâtre. 

Description  :  Une  portion  de  colonie  conservée  dans  l’alcool. 

a)  colonie  :  Le  fragment  mesure  70  mm.  et  50  mm.  de  large'  et 
60  mm.  de  haut.  Son  pied,  stérile,  épais,  dru  et  rugueux  supporte 
de  gros  lobes  dressés,  séparés  les  uns  des  autres  par  de  profonds 
sillons  et  fréquemment  subdivisés  à  leur  extrémité. 

b)  spiculés  :  Les  éléments  squelettiques  sont  parfaitement  sem¬ 
blables  à  ceux  du  type  de  l’espèce. 

c)  polypes  :  Les  zoïdes,  uniformément  répartis  sur  la  totalité  des 


—  315  — 


lobes,  ne  dépassent  pas,  à  l’état  rétracté  0,3  mm.  de  diamètre  d’ou¬ 
verture  et  sont  distants  de  0,5  à  0,8  mm.  les  uns  des  autres.  Aucun 
siphonozoïde  ne  peut  être  observé  dans  ce  spécimen. 

d)  coloration  :  Dans  l’alcool  l’exemplaire  a  une  teinte  blanc 
jaunâtre. 

Distribution  :  Mer  Rouge,  Palawan,  Tahiti  (Mr  Ranson,  1952). 

5.  Sinularia  polydactyla  (Ehrenberg). 

1951  Sin.  polydactyla,  A.  Tixier-Durivault.  Mem.  Inst.  Roy.  Sci.  Nat. 
Belgique,  s.  2,  fac.  40,  p.  50. 

Diagnose  :  Colonie  encroûtante,  à  pied  stérile  plus  ou  moins  long  et  à 
capitule  formé  de  larges  lobes  aplatis,  serrés  les  uns  contre  les  autres, 
subdivisés  en  lobules  courts  ou  allongés. 

Spiculés  :  1°  dans  la  base  du  cœnenchyme  :  a)  à  l’intérieur  :  aiguilles 
tuberculées  (2  à  3  mm.  de  long)  présentant  une  constriction  médiane 
transverse  et  ornées  de  protubérances  crénelées  ou  à  peine  bosselées  ; 
nombreux  sclérites  fusiformes  épineux  ;  b)  dans  la  zone  corticale  :  bâton¬ 
nets  tuberculés,  éléments  calcaires  irréguliers,  massues  (0,13  mm.  de  long) 
à  tête  branchue,  triramée,  munie  d’une  verrue  centrale  et  à  manche 
épineux  arrondi. 

2°  dans  le  capitule  :  aiguilles  tuberculées  un  peu  plus  petites  que  celles 
du  pied  ;  massues  corticales  à  tête  triramée  (0,15  mm.  de  long). 

Polypes  :  petits,  assez  espacés  sur  les  lobules. 

Coloration  :  de  la  colonie  à  sec  :  brun  jaunâtre. 

Description  :  Quatre  échantillons  de  même  habitus  conservés  à 
sec. 

a)  colonie  :  Les  colonies,  encroûtantes,  présentent  un  pied  plus 
ou  moins  élevé  et  un  capitule  composé  de  nombreux  lobes  divisés  en 
petits  lobules  étalés  ou  serrés  les  uns  contre  les  autres.  Le  plus  petit 
de  ces  exemplaires  mesure  35  mm.  de  base  et  50  mm.  de  hauteur 
totale  ;  le  second  spécimen  a  80  mm.  de  diamètre  capitulaire  et 
20  mm.  de  haut,  le  troisième  et  le  quatrième,  fixés  sur  des  branches 
de  Coraux,  atteignent  respectivement  80  mm.  et  90  mm.  de  largeur 
de  disque  et  62  mm.  et  63  mm.  de  hauteur  totale. 

La  consistance  des  quatre  échantillons  est  dure,  leur  surface  étant 
douce  au  toucher. 

b)  spiculés  :  Les  éléments  squelettiques  de  la  totalité  des  colonies 
sont  entièrement  semblables  à  ceux  du  type  de  l’espèce. 

c)  polypes  :  Les  zoïdes,  petits  monomorphes,  n’atteignent  que 
0,3  à  0,5  mm.  de  diamètre  d’ouverture  à  l’état  rétracté  ;  ils  sont 
distants  de  1  à  1,5  mm.  les  uns  des  autres  à  la  surface  des  lobes. 

d)  coloration  :  Les  exemplaires,  conservés  à  sec,  ont  une  teinte 
brun  jaunâtre. 

Distribution  :  Mer  Rouge,  Zanzibar,  I.  Baui,  Luzipera,  Neuhan- 
nover,  Nouvelle-Guinée  allemande  et  britannique,  Luzon,  Jaluit, 


—  316  — 


Spiculés  de  Sinularia  robusta  Macfadyen. 

a,  b,  c  :  spiculés  du  cœenchyme  basilaire  (X  37  X  1/2)  ;  d,  e,  f,  g,  h,  i  :  spiculés  de 
cœnenchyme  basilaire  (X  210  X  1/2)  ;  k,  l,  m  :  spiculcs  du  cœnenchyme  capitulaire 
(X  37  X  1/2)  ;  n  :  portion  de  spiculé  lobulaire  (X  210  X  1/2)  ;  o  :  verrue  d’une  spi¬ 
culé  lobulaire  (X  1.000  X  1/2)  ;  /,  m,  p,q,r,s,  t  :  spiculés  lobulaires  (X  210  X  1/2). 


Ternate,  I.  Maldives,  China  Strait,  golfe  de  Manaar,  Tamatave, 
Mergui,  golfe  de  Cutch,  Palawan,  Singapour,  Tahiti,  Atine,  Fidji 
(Suva,  Mr  Ranson,  1952),  Klein-Kei,  Grande  Barrière,  Java,  Lom- 


—  317  — 


bok,  Paternoster,  Sumba,  Savu,  baie  de  Kwandang,  Obi  Malor, 
Waigen,  Sula  Besi,  Amboine,  Tuai,  Rotti,  baie  de  Saleh. 

6.  Sinularia  robusta  Macfadyen. 

1951  Sin.  robusta,  A.  Tixier-Durivault.  Mem.  Inst.  Roy.  Sci.  Nat. 
Belgique,  s.  2,  fasc.  40,  p.  73. 

Diagnose  :  Colonie  à  pied  épais,  surmonté  de  gros  lobes  aplatis  parfois 
divisés  en  lobules  digités  ou  pointus. 

Spiculés  :  1°  dans  l’intérieur  du  eœnenchyme  :  grandes  aiguilles  tuber- 
culées  (4,5  mm.  de  long)  ;  aiguilles  plus  petites  à  protubérances  simples. 

2°  dans  la  zone  corticale  :  petites  massues  à  tête  tuberculée  dépourvue 
de  verrue  centrale,  à  grand  nombre  de  proéminences  serrées  ;  quelques 
massues  à  branches  peu  nombreuses  (0,07  à  0,2  mm.  de  long). 

Polypes  :  petits,  sur  tout  le  capitule. 

Coloration  :  de  la  colonie  :  crème,  brun. 

Description  :  Un  bel  échantillon  conservé  à  sec. 

a)  colonie  :  L’exemplaire  est  une  colonie  encroûtante,  basse,  à 
pied  épais  surmonté  d’un  capitule  composé  de  gros  lobes  dressés  ou 
légèrement  couchés,  parfois  divisés  à  leur  extrémité  en  lobules 
digités  et  arrondis.  Le  spécimen  mesure  220  mm.  et  130  mm.  de 
diamètre  basal  et  25  mm.  de  hauteur  maximum. 

La  consistance  de  la  colonie  est  dure  et  rugueuse. 

b)  spiculés  :  Les  éléments  squelettiques  du  eœnenchyme  basal 
sont  des  aiguilles  tuberculées  massives,  abondantes,  droites  ou 
légèrement  courbes,  à  extrémités  arrondies  ayant  2,5  mm.  à  4  mm. 
de  long  et  0,7  à  0,9  mm.  de  large  (fig.  a,  b,  c).  Ces  aiguilles  sont  recou¬ 
vertes  de  nombreuses  protubérances  denticulées.  Des  aiguilles  de 
taille  moindre  (1  mm.  de  long)  (fig.  d)  offrent  la  même  disposition 
de  verrues.  Quelques  spiculés  (fig.  e)  n’ont  que  de  rares  proéminences 
épineuses.  Les  sclérites  corticaux  basilaires  sont  de  petits  bâtonnets 
de  0,15  à  0,2  mm.  de  long  (fig.  f,  g),  clairs,  à  verrues  pointues  éparses 
et  quelques  petites  massues  de  0,1  à  0,15  mm.  de  long  (fig.  h,  i)  à 
manche  court  et  large  et  à  tête  foliacée. 

Les  sclérites  du  eœnenchyme  capitulaire  sont  légèrement  plus 
petits  que  ceux  du  pied  (fig.  k,  1,  m)  et  ne  dépassent  pas  2,6  mm.  de 
long  et  0,8  mm.  de  large.  Ce  sont  des  aiguilles  à  tubercules  espacés 
(fig.  n),  composés  (fig.  o).  Quelques  éléments  squelettiques  plus 
petits,  accompagnés  de  bâtonnets  (fig.  m,  p),  ressemblent  beaucoup 
à  ceux  de  la  base  du  eœnenchyme.  La  zone  corticale  lobulaire  rend- 
ferme  d’abondants  bâtonnets  clairs  légèrement  épineux  (fig.  j)  ou 
verruqueux  (fig.  t)  et  de  très  nombreuses  massues  de  formes  diverses  : 
les  unes,  à  manche  court  (0,14  mm.  de  long)  (fig.  r),  ont  une  tête 
foliacée  portant  une  verrue  centrale,  les  autres,  à  manche  long 
(0,16  mm.  de  long),  ont  une  tête  tuberculée  (fig.  q,  s). 

c)  polypes  :  Les  zoïdes,  monomorphes,  abondants  sur  le  capitule 


318 


•ont  0,3  mm.  à  0,5  mm.  de  diamètre  à  l’état  contracté  et  sont  éloignés 
de  0,5  mm.  les  uns  des  autres  sur  les  lobes  et  de  2  mm.  sur  la  surface 
supérieure  du  pied. 

d)  coloration  :  la  colonie,  conservée  à  sec,  a  une  teinte  jaune  bru¬ 
nâtre. 

Distribution  :  Lizard,  Outer  Moat,  Yonge  Reef,  Reef,  A.  I.  Low, 
Tahiti  (Mr  Ranson,  1952). 

7.  Sinularia  rigida  (Dana). 

1951  Sin.  rigida,  A.  Tixier-Durivault.  Mem.  Inst.  Roy.  Sci.  Nat. 
Belgique,  s.  2,  fasc.  40,  p.  74. 

Diagnose  :  Colonie  :  encroûtante,  à  pied  dressé,  inégal,  large,  plissé,  sur¬ 
monté  d’un  capitule  formé  de  lobes  groupés,  serrés,  subdivisés  en  petits 
lobules  digités. 

Spiculés  :  1°  dans  la  base  du  cœnenchyme  :  a)  à  l’intérieur  :  aiguilles 
tuberculées  (1,3  à  6  mm.  de  long)  droites  ou  courbes,  à  extrémités  souvent 
fourchues  et  ornées  de  protubérances  bosselées  plus  ou  moins  serrées  ; 
b)  dans  la  zone  corticale  :  baguettes  épineuses  et  massues  (0,13  mm.  de 
long)  à  tête  tuberculée  ornée  d’une  verrue  centrale  et  à  court  manche 
pointu. 

2°  dans  le  capitule  :  spiculés  différents  :  petites  aiguilles  (1  à  2,4  mm.  de 
long)  à  protubérances  bosselées  ou  à  verrues  coniques  ;  massues  corticales 
à  tête  moins  large  que  celles  du  pied. 

Polypes  :  gros,  sur  le  capitule  et  la  surface  supérieure  du  pied. 

Coloration  :  de  la  colonie  à  sec  :  gris  jaunâtre. 

Description  :  Six  exemplaires  conservés  à  sec. 

Les  spécimens,  de  tailles  variables,  sont  des  colonies  encroûtantes, 
larges,  à  pied  bas,  plissé  transversalement  et  à  capitule  formé  de 
lobes  allongés  serrés,  fréquemment  subdivisés  en  lobules  arrondis 
ou  digités.  Les  plus  gros  exemplaires  ont  :  le  premier  125  mm.  et 

75  mm.  de  diamètre,  le  second  125  mm.  et  70  mm.,  le  troisième 
120  mm.  de  large  et  85  mm.  de  haut,  le  quatrième  124  mm.  de 
diamètre  et  120  mm.  de  hauteur,  le  cinquième  45  mm.  de  large  et 

76  mm.  de  haut  et  le  sixième,  fragmentaire,  42  mm.  et  65  mm.  de  dia¬ 
mètre. 

La  consistance  des  colonies  est  rigide. 

b)  spiculés  :  Les  éléments  squelettiques  de  toutes  les  colonies 
sont  tout-à-fait  semblables  à  ceux  du  type  de  l’espèce. 

c)  polypes  :  Les  zoïdes  monomorphes,  sont  gros  et  atteignent  à 
l’état  rétracté  0,5  à  1  mm.  de  diamère  d’ouverture  ;  éloignés  de 

1  à  2  mm.  à  la  surface  supérieure  des  lobes  ils  sont  distants  de 

2  à  4  mm.  à  leur  base. 

d)  coloration  :  Les  divers  spécimens,  conservés  à  sec,  ont  une 
teinte  gris  jaunâtre  ou  jaune  brunâtre. 


—  319  — 


Distribution  :  Jaluit,  Mathuata,  Venua  Lebu,  Mer  Rouge,  Iles 
Fidji,  Suva  (Iles  Fidji,  Ranson  1952). 

8.  Sinularia  macropodia  (Hickson  et  Hiles). 

1951  Sin.  macropodia,  A  Tixier-Durivault.  Mem.  Inst.  Roy.  Sci.  Nat. 
Belgique,  s.  2,  fasc.  40,  p.  92. 

Diagnose  :  Colonie  :  encroûtante,  à  pied  dressé,  plissé,  stérile  surmonté 
d’un  capitule  formé  de  lobules  courts  et  arrondis. 

Spiculés  :  1°  dans  la  base  du  cœnenchyme  :  a )  à  l’intérieur  :  aiguilles 
tuberculées  (2  à  3  mm.  de  long),  souvent  fourchues,  à  petites  protubé¬ 
rances  peu  serrées  ;  aiguilles  épineuses  ;  b)  dans  la  zone  corticale  :  bâton¬ 
nets  épineux,  sclérites  irréguliers  et  massues  (0,08  à  0,16  mm.  de  long) 
à  tête  branchue  pourvue  d’une  verrue  centrale. 

2°  dans  le  capitule  :  aiguilles  minces  (2  mm.  de  long)  ;  massues  corti¬ 
cales  courtes  et  longues  (0,1  à  0,3  mm.  de  long). 

Polypes  :  petits,  inégalement  répartis  sur  le  capitule. 

Coloration  :  de  la  colonie,  dans  l’alcool  :  blanc  grisâtre. 

Description  :  Quatre  échantillons  conservés  à  sec. 

a)  colonie  :  Les  exemplaires  sont  des  colonies  à  pied  dressé,  stérile, 
d’inégale  hauteur,  surmonté  d’un  capitule  constitué  de  gros  lobes 
subdivisés  en  petits  lobules  courts,  arrondis,  digités  ou  plus  moins 
aplatis. 

Les  diverses  colonies  mesurent  l’une  95  mm.  de  large  et  40  mm.  de 
haut,  la  seconde  115  mm.  et  35  mm.,  la  troisième  105  mm.  et  85  mm. 
et  la  quatrième  95  mm.  et  45  mm. 

La  consistance  des  colonies  est  dure. 

b)  spiculés  :  Les  éléments  squelettiques  des  diverses  colonies  sont 
semblables  à  ceux  du  type  de  l’espèce. 

c)  polypes  :  Les  zoïdes,  monomorphes,  mesurent  0,2  à  0,3  mm.  de 
diamètre  d’ouverture  à  l’état  rétracté  et  sont  distants  de  1  à  2  mm. 
les  uns  des  autres  sur  les  lobes  et  lès  lobules. 

d)  coloration  :  Les  exemplaires  conservés  à  sec  ont  une  coloration 
blanc  jaunâtre. 

Distribution  :  Blanche  Bay,  Nouvelle-Bretagne,  Iles  Fidji  (Suva, 
Mr  Ranson,  1952). 


Laboratoire  de  Malacologie  du  Muséum. 


—  320  — 


Description  de  Plakortis  nigra  nov.  sp. 

ET  REMARQUES  SUR  LES  PLAKINIDAE  (DÉMOSPON GES)  1 
Par  Claude  Levi. 


La  découverte,  en  mer  Rouge,  pendant  la  croisière  de  la  «  Calypso  »r 
de  nombreux  échantillons  d’une  éponge  massive,  noire  bleutée  à 
spiculation  apparentée  à  celle  du  genre  Plakortis  m’incite  à  rouvrir 
la  discussion  au  sujet  du  genre  lui-même  et  de  la  famille  des  Plaki- 
nidae  Schulze.  On  sait  en  effet  que  Topsent  a  longuement  discuté, 
en  1937,  de  la  validité  de  deux  nouveaux  genres  d’homosclérophores  : 
Roosa  et  Plakoosa,  créés  par  De  Laubenfels  pour  des  éponges 
récoltées  dans  les  eaux  de  Porto-Rico  et  des  Tortugas.  Ces  deux 
nouveaux  genres  sont  tout  simplement,  pour  Topsent,  les  syno¬ 
nymes  de  Plakortis  Schulze  et  Plakina  Schulze. 

C’est  d’ailleurs  à  cet  avis  que  s’est  finalement  rallié  De  Lauben¬ 
fels  lui-même  en  rapportant  la  présence  de  Plakortis  simplex  aux 
Bermudes,  puis  de  Plakortis  simplex  et  Plakina  monolopha  aux 
Hawaï. 

Presque  toutes  les  Plakortis  observées  par  ces  deux  auteurs  ont 
une  spiculation  à  peu  de  choses  près  identique  au  type  de  Schulze, 
c’est-à-dire  qu’elles  possèdent  un  mélange  en  proportions  variables 
de  microxes  et  de  microtriodes  ;  ceux-ci,  en  général  les  moins 
abondants,  peuvent  faire  défaut  et  les  microxes  droits  ou  contournés 
sont  le  plus  souvent  c  ntrotylotes,  quelquefois  polytylotes  ;  ils 
abondent  dans  le  mésenchyme  entre  les  corbeilles  vibratiles. 

J’ai  pu  observer  un  échantillon  de  Plakortis  simplex  qui  provient 
de  Dakar  (Sénégal),  dont  l’aspect  concorde  avec  la  description  du 
type  méditerranéen  et  dont  les  spiculés  quoique  de  taille  nettement 
réduite  se  montrent  non  moins  conformes  à  ceux  du  type.  On  pour¬ 
rait  admettre  le  cosmopolitisme  de  cette  espèce  et  toute  la  question 
paraîtrait  réglée  si  l’éponge  noire  de  mer  Rouge  ne  possédait  à  nou¬ 
veau  une  spiculation  analogue  à  celle  de  tous  les  précédents  échan¬ 
tillons  ;  nous  sommes  une  fois  de  plus  placés  devant  l’insuffisance 
de  la  classification  classique,  car  il  est  absolument  évident  au  premier 
coup  d’œil  qu’il  ne  s’agit  pas  de  la  Plakortis  lusitanienne  et  l’examen 
des  échantillons  me  convainc  d’en  faire  une  nouvelle  espèce,  dont 
nous  discuterons  plus  loin  les  caractères. 

1.  La  bibliographie  relative  à  ce  travail  sera  insérée  dans  une  publication  ultérieure.. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


—  321  — 

Plakortis  nigra  nov.  sp. 

Localité  :  Ile  Abulat  (Djebel  Lith)  Mer  Rouge  19°57  N.  («  Calypso  », 
janvier  1952)  sur  madrépore,  par  50  cm.  de  fond  sur  le  versant  W. 
de  l’ilôt  du  grand  Orfèvre  (côté  lagon).  L’éponge,  fixée  sur  la  face 
inférieure  de  madrépores  morts,  est  massive,  lobée  ou  piriforme. 
Le  plus  grand  échantillon  récolté  mesure  3x2x2  cm.  et  sa  con¬ 
sistance  est  relativement  ferme  et  charnue.  Un  oscule  apical  assez 
large  mesure  3x2  mm.  Les  pores  sont  très  nombreux  et  la  surface 
de  l’éponge  regardée  à  fort  grossissement  paraît  être  un  treillis 
extrêmement  fin.  Elle  est  apparemment  lisse,  mais  très  finement 


granuleuse.  Les  canaux  exhalants  qui  aboutissent  à  l’oscule  sont 
tangentiels  et  leur  paroi  est  lisse. 

En  coupe,  l’éponge  nous  montre  un  réseau  aquifère  très  développé 
avec  quelques  gros  troncs  exhalants  obliques  et  une  quantité  de 
petites  cavités  subdermales  inhalantes.  La  spiculation  est  assez  riche 
et  essentiellement  composée  de  microxes  qui  sont  répartis  dans 
toute  l’éponge  au  milieu  des  tractus  mésenchymateux. 

Spiculés.  —  Microxes  diactines  extrêmement  fins,  courbés, 
sinueux,  raboteux  au  centre,  aussi  irréguliers  que  les  spiculés  de 
Plakortis  simplex.  Ils  atteignent  90  p  de  long,  mais  il  existe  une 
masse  de  spiculés  minuscules  de  moins  de  20  p  de  long,  déjà  sinueux 
et  noueux  au  centre.  La  taille  moyenne  est  environ  50  p.  Je  n’ai  pu 
découvrir  un  seul  microtriode. 

L’architecture  interne  de  l’éponge  est  incontestablement  celle 


d’une  Plakinidae,  mais  s’écarte  sensiblement  de  celles  de  Plakortis 
simplex  et  des  autres  espèces  étudiées  par  Schulze.  Les  nombreuses 
cavités  subdermales  dont  il  vient  d’être  question  constituent  une 
couche  périphérique  dont  la  profondeur  varie  entre  200  et  300  p, 
mais  qui  est  pigmentée  et  les  cellules  pigmentaires  sont  réparties 
dans  le  mésenchyme,  entre  les  cavités,  devenant  plus  abondantes 
immédiatement  sous  la  surface.  Ces  cellules,  ovoïdes,  sont  pleines 
de  grosses  sphérules  et  mesurent  10  à  12  p  de  long.  Leur  noyau, 
souvent  masqué  entre  les  sphérules  est  régulièrement  arrondi,  à 
chromatine  réticulée,  et  nucléole  très  petit. 


Fig.  2  :  Plakortis  nigra.  Coupe  du  Choanosome  :  ovocytes  en  accroissement  :  X  150. 


La  zone  pigmentée  que  l’on  peut  appeler  ectosome  se  continue 
insensiblement  par  le  choanosome  et  ce  n’est  pas  une  croûte  ou 
pellicule  détachable. 

Le  choanosome  n’est  pas  très  dense  et  traversé  par  une  quantité 
de  canalicules  mais  le  mésenchyme  englobe  largement  les  corbeilles 
vibratiles  qui  sont  très  petites  et  dont  le  contour  est  assez  irrégulier. 
Elles  mesurent  en  moyenne  30  [x  de  diamètre.  Les  choanocytes  sont 
assez  grands  :  6-7  p  de  long,  triangulaires  et  leur  noyau  qui  mesure 
2-3  |x  est  légèrement  piriforme  et  se  trouve  en  position  apicale  dans 
la  cellule. 

La  belle  ordonnance  des  corbeilles  d ’Oscarella  lobularis  et  Plakina. 


—  323  — 


monolopha  est  ici  complètement  détruite  par  suite  de  leur  réduction 
de  taille  et  du  développement  du  mésenchyme.  Schulze  signale  que 
les  corbeilles  de  Plakortis  simplex  sont  plus  grosses  et  moins  nom¬ 
breuses  que  celles  de  Plakina  trilopha  et,  à  cet  égard,  Plakortis  nigra 
se  rapproche  plus  de  la  Plakina  :  mais,  en  réalité,  l’évolution  du 
système  aquifère  est  ici  beaucoup  plus  accusée,  comme  le  témoigne 
l’abondance  des  canalicules.  Les  cellules  amoeboïdes  du  mésenchyme 
ont  des  contours  peu  nets  et  le  noyau  arrondi,  nucléolé  mesure  4-5  p. 
Les  pinacocytes  qui  bordent  les  canaux  sont  typiquement  allongés, 
mesurent  15  tx  de  long  et  leur  noyau  est  identique  à  ceux  des 
amoebocytes.  Le  cytoplasme  est  chargé  de  nombreux  petits  granules 
punctiformes  très  basophiles. 

Le  choanosome,  autant  que  l’ectosome  est  envahi  par  des  milliers- 
de  petits  corpusculeso  voïdes,  en  huit  ou  haltères,  dont  l’identification 
est  fort  délicate  et  je  réserve  toute  opinion  à  leur  égard. 


Les  échantillons  récoltés  sont  sexués  et  hermaphrodites.  Les  ovo¬ 
cytes  qui  sont  situés  en  profondeur  atteignent,  en  fin  d’accroisse¬ 
ment,  280  (x  de  long.  Ils  sont  ovoïdes  et  ressemblent,  en  plus  allongés, 
à  ceux  des  Plakina  ou  Oscarella,  qui  mesurent  respectivement 
100  à  150  et  100  à  175  ;x  de  plus  grand  diamètre.  Les  ovocytes, 
au  début  de  la  vitellogenèse  et  dont  le  noyau  est  venu  en  position 
excentrique  ont  environ  150  [x  de  long. 

Les  spermacystes  sont  assez  nombreux  et  répartis  dans  l’éponge.. 
Ce  sont  des  capsules  identiques  à  celles  des  deux  autres  espèces 
citées,  mais  qui  sont  nettement  plus  longues,  mesurant  75  jx  au  lieu 
de  40  chez  Plakina.  Tous  les  stades  de  la  spermatogenèse  sont  visibles 
dans  un  même  cyste  et  les  spermatozoïdes  ont  une  tête  filiforme 
un  peu  renflée  au  centre,  qui  atteint  5  jx  de  long. 

En  raison  de  ses  caractères  anatomiques  et  sexuels,  il  est  évident 
que  l’éponge  d’Abulat  est  une  Plakinidae  au  sens  de  Schulze  et 
Topsent.  Par  la  structure  de  son  choanosome,  elle  est  intermédiaire 
entre  Plakina  trilopha  et  les  Plakinastrella,  suivant  les  descriptions- 
précises  données  par  Schulze  et  Dendy  ;  mais  l’absence  d’hypo- 


—  324  — 


phase  et  la  simplicité  de  sa  spiculation  nous  oblige  à  la  considérer 
plutôt  comme  une  Plakortis. 

En  1897,  Topsent  signale  Plakortis  simplex  dans  un  lot  d’éponges 
en  provenance  d’Amboine.  Ce  spécimen  est  «  massif,  dense,  allongé, 
long  de  4  cm.,  épais  de  15  à  18  mm.,  lisse,  blanc  dans  la  profondeur, 
coloré  de  noir  bleuâtre  en  teinte  fondue  à  la  surface  ».  Cette  brève 
description,  sans  aucune  allusion  aux  spiculés,  évoque  singulière¬ 
ment  la  Plakortis  nigra  dont  elle  a  le  même  aspect  et  la  même  colo¬ 
ration.  Au  sujet  de  ce  spécimen,  Topsent  (1901  et  1928)  revise 
son  opinion  de  la  note  précédente  et  affirme  qu’il  s’agit  là  d’une 
variété  de  Plakortis  simplex,  sinon,  dit-il,  de  Plakinastrella  clathrata 
Kirkp.  Les  diactines  de  cette  éponge  mesurent  25  à  40  fx,  et  80 
à  140  p  de  long  et  les  triodes  ont  des  actines  de  10  à  50  p.  La  couche 


Fig.  4  :  Plakortis  nigra. 

à)  Choanocytes  ;  6)  cellule  pigmentée  ;  c)  Pinacocyte  ;  d)  Amoebocyte  ;  é)  Sper¬ 
matozoïde  ;  /)  corpuscules  du  mésenchyme.  —  a,  b,  c,  d,  f  :  X  1800  ;  e  :  X  3000 
(figures  réduites  de  1/3). 

périphérique  renferme  les  petits  microxes  et  quelques  petits  micro- 
calthropes. 

De  Latjbenfels  crée  en  1934  le  genre  Roosa  pour  une  espèce 
de  Porto  Rico,  dont  les  caractères  sont  les  suivants  :  éponge  lamel- 
leuse,  mesurant  2/3  cm.  et  3  mm.  d’épaisseur,  bleue  dans  l’alcool, 
lisse,  à  consistance  de  fromage,  endosome  dense,  diacts  abondants. 
Il  précise  dans  sa  monographie  des  Tortugas  (1936)  les  caractères 
de  la  nouvelle  espèce  R.  zyggompha  d’après  des  échantillons  vivants 
récoltés  dans  cette  dernière  localité.  L’espèce,  dit-il,  est  fréquemment 
massive,  1/1,7  cm.,  de  couleur  brune  très  riche  et  ses  spiculés  sont 
presque  exclusivement  des  diacts  de  50  \i-  de  long.  Cependant,  un 
des  spécimens  récoltés  est  encroûtant  et  gris. 

Nous  résumerons  comme  suit,  dans  le  tableau  ci-contre,  les  prin¬ 
cipaux  caractères  des  échantillons  récoltés  dans  les  mers  du  globe  : 


Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


Couleur 

Epaisseur 

Diacts 

Triacts 

Naples . 

Blanchâtre, 

2-3  mms 

100-150  u. 

Schulze  1877 

jaune  pâle 

Adriatique . 

Brun  pâle 

encroûtant 

92-140  (a/3-5 

33-48 

Babic  1922 

Monaco . 

100  pt/2-3 

Topsent  1934 

Banyuls . 

Brunâtre 

150  (a/ 5-6 

Topsent  1895 

La  Calle . 

Blanc 

1 

Topsent  1901 

Gijon . 

5  cms 

Topsent  1901 

Irlande  W . 

1  cm 

Stephens  1915 

Trondjhem . 

150  (a/6 

Topsent 

Açores . 

Ocracé-brunâtre 

85-115  (A 

32-37 

Topsent  1928 

Dakar . 

Brun  clair 

2-3  mms 

10-100  (a 

20-25 

Levi  1952 

Tortugas . 

Brun  riche 

1-1,7  cms 

27-56  [a 

Laubenfels  1936 

Gris  clair 

3  mms 

Bermudes . 

Brun 

1  cm 

80-100  (a/2/3 

45 

Laubenfels  1950 

Porto-Rico . 

Bleue 

3  mms 

Laubenfels  1950 

Hawaï . 

Brun  olive,  gris 

2  mms 

100  [a/5-7 

clair,  brune 

I.  Aru . 

Jaunâtre,  brun, 

1,5  cm 

64-150  [A 

24-25 

Hentschel 

Bleu  noir 

Amboine . 

Noir  bleuâtre 

1,5-1, 8  cm 

(25-40  p. 

(35-50 

Topsent  1897 

(80-140  (A 

(10-12 

Abulat . 

Noire 

2  cms 

10-90  p 

Levi  1952 

Suez . 

Blanc  jaunâtre 

encroûtante 

1 

Row  1911 

Il  est  pratiquement  impossible  de  dégager  de  cette  longue  liste 
un  caractère  net  permettant  de  grouper  les  espèces  entre  elles.  Seules, 
des  descriptions  histologiques  permettraient  d’y  voir  clair.  Les 
simples  renseignements  spiculaires  sont  ici  complètement  insuffi¬ 
sants  pour  faire  une  classification  valable  des  espèces,  mais  il  sera 
sans  doute  possible  un  jour  de  les  ordonner  sur  la  base  de  la  structure 
du  système  aquifère.  Le  meilleur  exemple  de  ce  genre  nous  est  donné 
par  les  Plakina.  (Schulze,  1880). 

Il  faut  cependant  tenter  un  essai  de  classification  et  c’est  pour¬ 
quoi  je  voudrais  faire  ici  quelques  remarques  sur  la  famille  des 
Plakinidae,  que  De  Laubenfels  a  malheureusement  complètement 
démembrée. 

Schulze  inclut  dans  cette  famille  les  trois  genres  Plakina ,  Pla- 
kortis  et  Plakinastrella  qui  renferment  des  éponges  Tetra ctinellides 
à  spiculés,  non  reliés  par  de  la  matière  cornée,  qui  se  présentent 
sous  la  forme  de  diactine,  triactine,  tetractine  ou  candélabre. 

Topsent  place  intégralement  cette  famille  dans  l’ordre  des  Micros- 
clérophores  (actuellement  Homosclérophores),  y  ajoutant  le  genre 
Placinolopha  Tops,  et  indique  que  le  choanosome  est  lâche  et  lacu- 
neux,  l’ectosome  chondrenchvmateux  peu  développé  et  l’épithélium 
des  canaux  flagellés,  par  opposition  aux  Corticium  à  choanosome 
sarcenchymateux  dense  et  ectosome  chondrenchymateux  épais.  Les 
Placinidae,  les  Corticidae  et  les  Oscarellidae,  sans  squelette,  consti¬ 
tuent  l’ordre  des  Homosclérophores. 

Qu’est  devenue  cette  famille  homogène  dans  la  classification  de 
Laubenfels  ?  Les  Oscarellidae  sont  placées  en  annexe  aux  Haplos- 
clérines  ;  les  autres  genres  sont  réunis  dans  l’ordre  des  Carnosa 
Carter  : 

Plakortis  dans  la  sous-famille  des  Halininae,  éponges  à  streptaster  ; 

Plakina  et  Placinolopha  dans  la  sous-famille  des  Corticiinae,  éponges 
à  euasters  ; 

Plakinastrella  dans  la  famille  des  Plakinastrellidae,  éponges  à  grands 
triaenes  ou  calthropes. 

De  Laubenfels  éprouve  quelque  hésitation  à  placer  les  Osca¬ 
rellidae  au  voisinage  des  Haplosclérines  de  même  qu’il  doute  de  la 
position  systématique  de  Plakortis.  En  fait,  il  aurait  dû  conserver 
purement  et  simplement  l’intégrité  de  la  famille  des  Plakinidae. 

Les  ressemblances  entre  les  différents  genres  sont  en  effet  si 
étroites  qu’il  devient  particulièrement  difficile  de  les  séparer  et  le 
remarquable  travail  de  Schulze  éclaire  plus  qu’il  ne  faut  cette 
affirmation. 

La  famille  des  Plakinidae  qui,  à  mon  sens,  devrait  également 
renfermer  les  Oscarella,  est  constituée  d’une  série  d’espèces  dont 
le  système  aquifère  a  progressivement  évolué  par  réduction  des 


327  — 


espaces  inhalants,  multiplication  et  réduction  des  corbeilles  vibratiles 
et  développement  du  mésenchyme.  Les  spiculés  absents  chez  les 
Oscarella  sont,  à  l’origine,  des  petits  diactines,  triactines  ou  tétrac- 
tines  qui  évoluent  en  directions  variées,  entre  autres  vers  la  forme 
lophactine,  et  augmentent  de  taille  pour  devenir  mésosclères  ou 
mégasclères.  Cette  évolution  se  fait,  insensiblement,  ce  qui  rend  la 
distinction  des  genres  tout  à  fait  délicate.  Les  genres  Plakortis  et 
Plakinastrella  sont  à  coup  sûr  les  plus  difficiles  à  définir. 

Puisque  nous  sommes  obligés  d’admettre  pour  faciliter  le  travail 
de  détermination  une  limite  stricte  entre  eux  deux,  il  faut,  par  défi¬ 
nition,  exclure  du  genre  Plakortis  toutes  les  éponges  qui  possèdent 
dans  leur  mésenchyme,  soit  des  lophactines,  soit  des  tetractines  et 
y  placer  les  seules  espèces  à  spiculation  composée  de  diactines  et 
triactines  ou  de  l’une  ou  l’autre  de  ces  deux  catégories  spiculaires: 
On  ne  peut  cependant  oublier  qu’il  existe  entre  les  deux  genres 
toute  une  série  d’intermédiaires,  comme  par  exemple  l’exemplaire 
d’Amboine  dont  les  très  rares  tétractines  sont  sans  doute  seulement 
des  triactines  montrant  un  rudiment  de  bras  supplémentaire. 

Il  me  paraît  raisonnable  de  donner  aux  exemplaires  d’Amboine 
et  d’Aru  qui  sont  absolument  analogues  le  nom  générique  de  Pla¬ 
kortis.  Ils  se  différencient  de  P.  nigra  par  la  présence  de  triactines 
et  la  taille  plus  importante  de  leurs  spiculés,  mais  n’en  sont  certai¬ 
nement  pas  très  éloignés. 

Dendy  crée  en  1905  le  genre  Dercitopsis  pour  une  petite  éponge 
de  Ceylan  apparentée  aux  Plakortis  mais  munie  de  calthropes  et 
réserve  le  genre  Plakinastrella  aux  espèces  pourvues  de  «  vrais  » 
triaenes  comme  P.  copiosa  Schulze.  Laubenfels  (1936)  reprend 
la  division  de  Dendy  et  crée  une  famille  des  Plakinastrellidae  pour 
des  éponges  à  vrais  triaenes  en  plus  des  calthropes.  Cependant,  si 
on  se  rapporte  aux  diagnoses  des  différentes  espèces  de  Dercitopsis 
ou  Plakinastrella,  il  paraît  bien  difficile  de  les  séparer.  Partant  de 
.P.  clathrata  Kirkp.,  P.  minor  Dendy  et  P.  aammillaris  Lend.,  on 
passe  par  le  développement  des  oxes  aux  P.  ceylonica  Dendy  et 
P.  oxeata  Tops,  et  par  développement  de  tous  les  spiculés  aux 
P.  trunculifera  Tops,  et  P.  copiosa  Schulze.  Topsent  (1895)  figure 
des  spiculés  de  P.  copiosa  Schulze  qui  sont  loin  d’avoir  la  rigidité 
d’allure  des  spiculés  dessinés  par  Schulze  et  qui  ne  ressemblent 
plus  beaucoup  à  des  triaenes.  Si  l’on  admet  que  ces  deux  auteurs 
ont  bien  observé  des  échantillons  de  la  même  espèce,  il  devient 
évident  que  la  base  de  la  distinction  des  deux  genres  Plakinastrella 
et  Dercitopsis  disparaît  en  même  temps  qu’est  infirmée  la  valeur 
de  la  nouvelle  famille  des  Plakinastrellidae. 

En  définitive,  il  convient  de  reconstituer  dans  toute  son  intégrité 
la  famille  des  Plakinidae  qui  comprendra  les  cinq  genres  suivants  : 


Oscarella  Yosm. 
Plakina  Schulze 
Plakortis  Schulze 
Plakinastrella  Schulze 
Placinolopha  Topsent 


Pas  de  spiculés 

Diacts,  triacts,  tetracts,  lophacts 
Diacts,  triacts 

Diacts,  tetracts,  triacts  de  taille  variable 
Diacts,  triacts,  tetracts  et  lophacts  de  grande 
taille. 


L’homogénéité  de  cette  remarquable  famille  est  également  nette 
du  point  de  vue  embryologique.  Tous  les  genres  cités  (à  l’exception 
de  Placinolopha  mal  connu)  sont  hermaphrodites  à  peu  près  simul¬ 
tanés,  ce  qui  ressort  de  mes  observations  après  celles  de  Schulze, 
Topsent  et  Dendy.  L’existence  même  d’éléments  sexuels  et  d’une 
embryogenèse  suffit  à  isoler  ces  Plàkinidae  des  Tetra ctinellides  dont 
on  ignore  complètement  le  mode  de  reproduction.  Cela  permet  aussi 
de  rapprocher  les  Corticiidae  des  Plakinidae,  familles  fort  voisines, 
au  sein  de  Tordre  des  Homosclérophores. 


Station  Biologique  de  Roscoff 
et  Laboratoire  de  Malacologie  du  Muséum . 


—  329  — 


Plantes  nouvelles,  rares  ou  critiques 

DES  SERRES  DU  MUSÉUM 

(Notules  sur  quelques  orchidées  dtndochine,  v) 

Par  A.  Guillaumin. 

professeur  au  muséum 

I 

126.  Aerides  falcatum  Lind.  var.  Maurandii  Guillaum.  var.  nov. 
a  var.  Houlletianum  Veitch  differt  foliis  apice  mucronatis  et  floris 
labelli  lobo  medio  profunde  emarginato. 

Feuilles  semblables  à  celles  du  type  mais  avec  un  mucron  entre  les 
deux  lobes.  Fleurs  odorantes,  sépales  et  pétales  latéraux  apiculés 
et  ±  fimbriés  au  sommet,  citron  un  peu  verdâtre,  en  dehors  poin¬ 
tillés  de  violet,  en  dedans  marqués  de  rose  violacé  au  sommet, 
lobes  latéraux  du  labelle  blancs  pointillés  de  violet  en  bandes  trans¬ 
versales  dans  les  2/3  inférieurs,  lobe  médian  fortement  émarginé, 
en  avant  violet  uniformément  passant  plus  en  arrière  au  blanc  ± 
pointillé  de  violet  avec  une  raie  longitudinale  violette  se  bifurquant, 
à  la  base,  colonne  à  bords  rose  brunâtre,  éperon  brun  rosé. 

Annam  :  Langhanh  Djiring,  leg.  T ai,  envoyé  par  P.  Maurand, 
directeur  du  C.  R.  S.  T.,  n°  2,  f.  183,  1952. 

127.  Cleisotoma  Sigaldiensis  Guillaum.  sp.  nov. 

Caulis  10  cm,,  longus,  simplex,  omnino  foliosus.  Folia  ovato-linearia 
(circa  10  cm.  X  2  cm.),  apice  inaequaliter  attenuata.  Inflorescentialateralis, 
brevis  (3  cm.),  fere  umbellatim  racemosa,  pedunculo  crasso,  3  cm.  longo; 
flores  8,  vix  1  cm.  lati,  pedicello  5  mm.  longo,  sepalo  superiore  erecto,  ovato 
(4  mm.  X  3  mm.),  lateralibus  leviter  longioribus  (5  mm.)  et  manifeste  latio- 
ribus,  petalis  ellipticis  (4  mm.  X  1,5  mm.),  labelli  lobis  lateralibus  erectis, 
semi-ellipticis,  2-2,5  mm.  longis,  tenuibus,  medio  ad  mucronem  minimum 
reducto,  calcare  horizontali,  cylindrico,  3  mm.  longo,  callis  fere  hemisphoerice 
incrassatis,  puberulis,  posteriore  majore;  columna  in  pedem  breviter  pro- 
ducta,  cum  labello  fere  articulato,  polliniis  globosis,  caudiculo  brevi  et  lato, 
glandula  aequimagna. 

Annam  :  Dalat  :  arbre  broyé,  leg.  de  Sigaldi  et  Lên,  envoyé  par 
P.  Maurand,  Directeur  du  C.  R.  S.  T.,  n°  11,  f.  183,  1952. 

Sépales  et  pétales  jaune  doré,  tachés  de  brun  rouge,  lobes  latéraux 
du  labelle  jaunâtres,  rayés  longitudinalement  de  rouge  brun,  éperon 
blanc  pur. 

Rien  caractérisé  par  son  labelle  à  lobe  médian  réduit  à  une  très 
Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  r»°  3,  1953. 


—  330  — 


petite  pointe  et  ses  deux  callus  presque  hémisphériques,  courtement 
velus. 

128.  Thelasis  pygmaea  Lindl. 

Le  genre  Thelasis  n’avait  pas  encore  été  signalé  en  Indochine  ; 
le  T.  pygmaea  existe  au  Sikkim,  au  Malabar  et  au  Ténasserin. 

King  et  Pantling  (Ann.  Tard.  bot.  Calcutta,  VIII,  t.  331) 
figurent  des  fleurs  vertes,  ici  elles  sont  jaune  verdâtre. 

Pseudobulbes  globuleux-déprimés,  ombiliqués,  larges  de  1  cm. 
environ,  monophylles.  Feuille  linéaire  (5-8  cm.  X  0,7-1  cm.),  au 
sommet  obtuse  et  légèrement  inéquilatérale  et  émarginée,  atténuée 
à  la  base  en  pétiole  long  de  5  mm.  Inflorescence  partant  de  la  base 
du  pseudobulbe,  atteignant  8  cm.  ;  pédoncule  grêle,  épaissi  au  som¬ 
met,  long  de  5-7  cm.,  gaine  1,  longue  de  5-8  mm.,  bractées  1-4, 
étalées-dressées,  lancéolées-linéaires  ;  fleurs  jaunâtres,  très  petites, 
denses  sur  1-2  cm.,  sessiles,  glabres,  bractées  scarieuses,  persistantes, 
triangulaires,  longues  de  1,5  cm.,  sépale  supérieur  triangulaire, 
aigu,  long  de  1,5  mm.,  à  1  nervure,  les  latéraux  cucullés,  arrondis 
au  sommet,  aussi  longs,  pétales  elliptiques,  longs  de  1  mm.,  labelle 
long  de  1,5  mm.,  linguiforme,  à  bords  infléchis,  colonne  courte, 
rostellum  bifide,  pollinies  8,  caudicule  très  longue,  grêle. 

Route  de  Saigon  à  Dalat,  côté  gauche  en  partant  de  Saigon,  entre 
les  km.  140  et  141,  épiphyte  sur  un  Vung  (Carya  arborea),  leg. 
Dau,  ll-iv-1953,  envoyé  par  M.  Maurand  P.,  Directeur  du  C.R.S.T., 
n°  64  TS,  f.  138,  1953. 

129,  Dendrobium  aduncum  Wall. 

Le  D.  aduncum  Wall,  est  décrit  (Fl.  Indochine,  VI,  p.  208)  comme 
ayant  des  fleiirs  rose  pâle  ou  nettement  roses  ou  violacées  avec  une 
double  tache  foncée  sur  le  labelle  ;  sur  ce  pied,  les  fleurs  sont  rose 
lilacé  pâle  à  labelle  blanc,  sans  macules,  mais  l’anthère  est  violet 
noir.  Le  labelle  est  indiqué  comme  trilobé  à  lobes  latéraux  arrondis, 
ceux-ci  sont,  en  fait,  indistincts  et  le  disque  est  fortement  épaissi 
à  la  base  en  une  languette  carrée,  velue,  dirigée  en  arrière  avec, 
en  avant,  une  plage  glabre  ou  presque  et,  à  l’extrémité,  un  acumen 
triangulaire  accompagné,  de  chaque  côté,  par  un  bourrelet  épaissi 
assez  laineux. 

Route  de  Saigon  à  Dalat,  côté  gauche  en  partant  de  Saigon, 
entre  les  km.  140  et  141,  épiphyte  sur  Carya  arborea,  leg.  Dau, 
14-iv-1953,  envoyé  par  P.  Maurand,  Directeur  du  C.  R.  S.  T.,  n° 
n°  69  TS,  f.  138,  1953. 

La  présence  de  cette  espèce  en  Indochine  n’était  prouvée  que  par 
les  aquarelles  d’Eberhardt. 


—  331  — 


130.  D.  caryaecolum  Guillaum.  sp.  nov. 

Caitlis  erecti,  30  cm.  alti,  circa  5  mm.  diam.,  articulis  1,5-2  cm.  longis, 
parce  fibriferis.  Folia  lanceolata  (circa  7  cm.  X  1,5  cm.),  apice  leviter  inae- 
quilateralia.  Flores  1-2,  in  caulis  defoliatis,  albis,  labello  leviter  luteo, 
tertia  infima  parte  roseo,  pedicello  ovarioque  2  cm.  longis,  sepalis  lanceolatis 
(2  cm.  X  0,7  cm.),  acutis,  5-nerviis,  lateralibus  mentum  brevissimum  for- 
mantibus,  labelli  ungue  angusto  (4  mm.  X  2  mm.),  glabri,  integri,  ovati, 
marginibus  inflexis,  in  utraque  pagina  tertia  infima  parte  (rosea)  glabri, 
anteriore  ( parte  lutea )  breviter  lanuginosi,  disci  basi  costa  leviter  prominente, 
columna  brevi  (4  mm.) ,  stelidiis  minimis  mucronatis,  anthera  haud  papillosa, 
convexa,  anteriore  parte  truncata  et  1-mucronala. 

Route  de  Saïgon  à  Dalat,  côté  gauche  en  venant  de  Saïgon, 
entre  les  km.  140  et  141,  épiphyte  sur  Carya  arborea,  fréquente, 
leg.  Dau,  13-IV-1953,  envoyé  par  P.  Maurand,  Directeur  du  C.R.S.T., 
n°  65  TS,  f.  138,  1953. 

Entre  dans  la  section  II  comme  l’entend  Gagnepain  (Fl.  Indochine, 

V,  p.  195). 


—  332  — 


Une  Araliacée .énigmatique  : 

LE  SCHEFFLERA  STEEZERIANA  MORT. 
Par  A.  Guillaumin. 

PROFESSEUR  AU  MUSÉUM 


L’ Heptapleurum  stelznerianum  Hort.,  cultivée  sur  la  Côte  d’Azur 
depuis  plus  de  quarante  ans,  est  mentionnée  dans  la  première  édition 
du  Kew  H  and  List,  Tender  Dicotyledons,  p.  349  (1900)  sans  indication 
de  provenance  ;  dans  YHortus  Mortolensis,  p.  288  (1912),  A.  Berger 
la  classe  sans  description  dans  les  Schefflera  sous  le  nom  de  S.  Stelzne- 
riana  Hort.,  binôme  admis  dans  la  2e  édition  du  Kew  Hand  List  : 
Tender  Dicotyledons,  p.  178  (1931),  toujours  sans  indication  de  patrie. 
Ces  noms  se  sont  pas  relevés  dans  Y  Index  Kewensis  et  ses  supplé¬ 
ments,  pas  davantage,  dans  les  List  of  published  names  of  plants 
introduced  to  cultivation  du  Kew  Bulletin.  R.  Yiguier,  pas  plus  que 
Harms,  ne  l’ont  étudiée  dans  leurs  Recherches  sur  les  Araliacées  ; 
l’espèce  est  donc  restée  énigmatique  si  bien  qu’il  peut  y  avoir  intérêt 
à  en  donner  une  description  d’après  un  pied  qui  a  fleuri  au  Cap  Ferrât 
(Alpes-Maritimes),  dans  la  propriété  des  Cèdres  à  M.  J.  Marnier- 
Lapostolle  qui  le  tenait  de  Robertson-Prochowski,  aux  Tropiques, 
à  Nice. 

Arbuste  ressemblant  au  Schefflera  venulosa  Harms,  haut  de  6-7  m., 
pouvant  devenir  semi-grimpant  et  même  avoir  tendance  à  émettre 
des  racines  adventives  au  contact  d’un  mur  ;  après  floraison  ou  à 
la  suite  d’une  taille,  la  tige  produit  2  ou  3  bourgeons  donnant  nais¬ 
sance  à  des  branches.  Feuilles  alternes,  composées-palmées  à 
7  folioles  ;  pétiole  assez  grêle  (3  mm.  de  diamètre),  long  de  25  cm. 
environ,  sans  lenticelles,  présentant  à  la  base  des  stipules  soudées 
en  lame  intrapétiolaire  longue  de  2  cm.,  appliquée  sur  la  tige  ; 
pétiolules  longs  de  3-6  cm.  ;  limbes  un  peu  épais,  ovales  ou  ovales- 
allongés  (jusqu’à  15  cm.  X  8  cm.),  vert  jaunâtres,  arrondis  à  la 
base,  obtus  à  acuminés  ou  même  sub-caudés  aigus  au  sommet, 
nervures  :  la  médiane  proéminente  à  la  face  inférieure,  les  6-8  laté¬ 
rales  saillantes  en  dessous  de  même  que  les  veines.  Inflorescence 
terminale,  dénudée,  axe  couvert  seulement  de  bractées  semblables 
aux  stipules  des  feuilles  dont  le  pétiole  serait  réduit  à  une  pointe 
courte  ne  dépassant  pas  3  mm.  de  longueur  ;  rameaux  noirs,  ne 
dépassant  pas  12  cm.  de  longueur,  fleurs  noires,  globuleuses,  en 
grappes  d’ombelles  à  pédoncules  longs  de  5  mm.  ;  pédicelles  longs 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


—  333 


de  2  mm.  ;  calice  en  coupe  pentagonale  ;  pétales  5,  ovales-triangu- 
laires  longs  de  2  mm.,  à  quelques  longs  poils  laineux  en  dehors  ; 
étamines  5,  à  filets  filiformes  un  peu  plus  longs  que  l’anthère  à  4  sacs 
polliniques  s’ouvrant  par  2  fentes  longitudinales  ;  ovaire  à  5  loges  ; 
styles  extrêmement  courts,  soudés  complètement  et  enfoncés  dans 
le  disque  rëcouvrant  l’ovaire.  Fleurit  chaque  année  mais  n’a  jamais 
donné  de  fruits. 


—  334  — 


Contribution  a  l'étude  anatomique  des  plantules  de 
Palmiers  (V)  :  Les  apex  de  la  plantule  zfArchontophœnix 

CUNNINGHAMIANA  W.  ET  DR. 

Par  Christian  Ginieis. 

Le  but  que  nous  nous  sommes  proposé,  dans  cette  note  et  les 
quelques  suivantes,  est  la  description  des  apex  des  plantules  de 
Palmiers. 

Le  sujet  en  question  est,  à  notre  connaissance,  fort  peu  étudié. 
Le  problème  a  cependant  été  posé,  il  y  a  déjà  longtemps,  par  Kaspar 
Friedrich  Wolf f  (1759).  Depuis,  il  a  reçu  des  solutions  diverses  et 
donné  lieu  à  l’élaboration  de  théories  différentes  :  Théorie  de  la 
cellule  apicale  :  Naegeli  (1845)  ;  Hoffmeister  (1851)  ;  théorie 
des  histogènes  :  Hanstein  (1868)  et,  plus  récemment,  théorie  du 
«  tunica-corpus  »  :  Schmidt  (1924).  Une  mise  au  point  fort  utile 
vient  d’être  publiée  par  R.  A.  Popham  (1951).  Dans  un  court  exposé, 
comportant  des  schémas  très  clairs,  cet  auteur  répartit  les  différents 
types  d’apex  en  sept  catégories  :  «  Fern  type  »,  «  Transition  type  », 
«  Lycopodium  type  »,  «  Ginkgo  type  »,  «  Abies-Cryptomeria  type  », 
«  Opuntia  type  »,  «  Usual  Angiosperm  type  ». 

Dans  l’apex  du  type  Opuntia,  figurent  notamment  trois  Palmiers  : 
Phœnix  canariensis,  P.  dactylifera,  étudiés  par  E.  Ball  en  1941 
et  Livistona  chinensis,  étudié  par  J.  Helm  en  1936.  Cet  auteur 
donna  aussi  un  aperçu  sur  Phœnix  dactylifera,  Sahal  mexicanum, 
S.  mauritiiforme,  Elaeis  guineensis  et  une  étude  plus  détaillée  de 
Sahal  Palmetto. 

Dans  le  7e  type  :  «  Usual  Angiosperme  type  »  de  R.  A.  Popham 
figurent  deux  espèces  de  Palmiers,  toutes  deux  étudiées  par  E.  Ball 
en  1941  :  Washingtonia  filifera  et  Trachycarpus  excelsa. 

Soit,  en  tout  huit  espèces  donc  cinq  seulement  ont  été  décrites 
en  détail  ;  encore  a-t-on  sacrifié,  le  plus  souvent,  l’étude  des  sommets 
végétatifs  des  plantules  à  celles  des  apex  de  plantes  déjà  âgées. 
Si  Ton  considère  que  la  Famille  des  Palmiers  compte  environ 
1.200  espèces,  on  mesure  toute  l’étendue  du  travail  qui  reste  à 
accomplir. 

Généralités. 

L’embryon  est  trop  peu  différencié  pour  présenter  des  méristèmes 
radiculaires  et  gemmulaires,  c’est  pourquoi  nous  nous  adressons  à 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  u°  3,  1953. 


—  335  — 


des  plantules  très  jeunes.  On  sait  que  chez  les  Palmiers,  la  gemmule 
n’étant  pas  dans  un  état  de  maturation  suffisant  ne  sort  pas  direc¬ 
tement  de  la  graine  lors  de  la  germination.  Le  cotylédon  se  développe 
d’abord,  il  s’allonge  dans  sa  partie  moyenne  et  dès  qu’il  atteint 

I  cm.  de  long,  on  peut  déjà  distinguer  une  racine  (fig.  1,  R)  présen¬ 
tant  un  renflement  :  le  nœud  cotylédonaire  (fig.  1,  N.C.)  sur  lequel 
s’insère  la  feuille  cotylédonaire.  Celle-ci  comprend  les  trois  parties 
habituelles  d’une  feuille  :  gaine  (fig.  1,  G.),  pétiole  (fig.  1,  P.),  et 
limbe,  (fig.  1,  L.)  ;  toutes  ces  parties  étant  évidemment  modifiées 
par  le  rôle  particulier  que  remplit  ici  l’organe  ;  c’est  ainsi  que  le 
limbe  est  transformé  en  un  suçoir  ou  haustorium  qui  reste  inclus 
dans  la  graine.  La  racine  et  la  feuille  constituent  ensemble  une 
phyllorhize  du  type  de  celles  décrites  par  Chauveaud.  Dans  la 
cavité  limitée  par  la  gaine  cotylédonaire  jusqu’alors  refermée  sur 
elle-même  s’est  développée  la  plantule  proprement  dite  qui,  avec 
sa  racine  et  sa  feuille  constitue  une  deuxième  phyllorhize  (fig.  1). 

II  doit  exister  dans  une  telle  plantule,  quatre  régions  méristématiques 
principales  :  une  po’ur  chaque  organe  en  voie  de  croissance  active, 
c’est-à-dire  pour  le  suçoir  et  pour  la  première  racine  (première 
phyllorhize)  ;  pour  la  feuille  et  la  racine  postcotylédonaires  (deuxième 
phyllorhize). 

Dans  la  présente  note,  nous  nous  bornerons  à  étudier  les  méris- 
tèmes  de  la  première  phyllorhize  chez  Archontophœnix  Cunningha- 
miana  W.  et  Dr. 

Archontophœnix  Cunninghamiana  W.  et  Dr. 

I.  —  Le  suçoir  (fig.  1). 

C’est  un  organe  allongé,  trois  à  quatre  fois  plus  long  que  large, 
de  forme  cylindroconique  et  présentant  à  sa  base  un  étranglement 
au  point  où  il  sort  de  la  graine.  Une  section  pratiquée  suivant  l’axe 
du  suçoir  montre  que  celui-ci  est  constitué  d’iln  grand  nombre 
de  files  cellulaires  constituant  un  tissu  d’aspect  assez  homogène  ; 
ces  séries  sont  allongées  dans  le  sens  de  la  plus  grande  dimension 
du  suçoir  ;  d’une  façon  plus  précise,  on  peut  observer  (fig.  1)  un 
revêtement  uniforme  constitué  par  des  cellules  disposées  en  couche 
unisériée  toutes  semblables,  cylindriques,  allongées  perpendiculai¬ 
rement  à  la  surface  de  l’organe  et  recouvrant  la  totalité  de  celui-ci. 
C’est  vers  la  pointe  de  l’haustorium  que  ces  cellules  présentent  leur 
plus  grande  régularité  ;  dans  la  région  étranglée  qui  correspond 
au  point  de  raccord  entre  le  limbe  cotylédonaire  et  le  pétiole,  ces 
cellules  de  revêtement  sont  reconnaissables  seulement  en  raison  de 
leur  position  la  plus  externe  ;  leur  forme  est  en  effet  considérable¬ 
ment  altérée  ;  elles  sont  écrasées  et  subissent  un  étirement  dans  le 


Fig.  1.  —  Archontophœnix  Cunninghamiana  W.  et  Dr. 

En  haut  et  à  gauche  :  Jeune  plantule  vue  en  coupe  longitudinale  :  X  10. 

Cadre  A  :  première  feuille  et  première  racine  post-embryonnaires. 

—  B  :  pointe  du  suçoir,  représentée  en  détail  au-dessous. 

—  C  :  pointe  de  la  racine,  représentée  en  détail  fig.  2. 

—  D  :  sommet  végétatif  des  feuilles  post-embryonnaires. 

—  E  :  sommet  végétatif  de  la  première  racine  post-embryonnaire. 

R.  :  racine  embryonnaire  ;  N.  C.  :  Nœud  cotylédonaire. 

G.  :  gaine  cotylédonaire  ;  P.  :  pétiole  cotylédonaire. 

L.  :  limbe  cotylédonaire  (suçoir). 

En  haut  et  à  droite  :  La  deuxième  phyllorhize  isolée  et  agrandie.  X  26. 

En  bas  :  Région  terminale  du  suçoir  ;  X  150  :  t.  ;  tunica  ;  c.  :  corpus  ;  /.  c.  :  faisceaux 
conducteurs  (1  :  coupés  transversalement  ;  2  :  coupés  longitudinalement). 


—  337  — 


sens  perpendiculaire  à  leur  allongement  normal.  L’élongation  du 
pétiole  cotylédonaire  au  travers  d’un  orifice  aussi  réduit  et  à  parois 
aussi  sclérifiées  que  le  micropyle  a  provoqué  une  déformation  de 
ces  cellules  ainsi  que  leur  déplacement  relatif  par  rapport  aux  cel¬ 
lules  des  tissus  voisins.  On  ne  sera  donc  pas  surpris  de  rencontrer 
dans  cette  région  des  traces  de  lésions  et  de  déchirures  ainsi  qu’un 
certain  manque  de  cohésion  notamment  entre  le  tissu  de  revêtement 
et  les  files  cellulaires  sous-jacentes.  Les  cellules  de  cet  épiderme  ont 
un  cytoplasme  dense  et  un  noyau  volumineux  au  moins  dans  la 
pointe  de  l’haustorium.  Au  contraire,  dans  la  région  distale,  les 
cellules  deviennent  vacuolaires,  le  noyau  est  aplati  contre  les  parois 
radiales.  Les  cellules  de  cette  assise  externe  subissent  des  divisions 
surtout  anticlinales  et,  exceptionnellement,  périclinales  ;  ce  mode 
de  division  favorise  considérablement  l’accroissement  en  surface 
du  suçoir. 

L’assise  sous-épidermique  est  moins  nettement  caractérisée,  les 
cellules  ont  une  tendance  à  devenir  isodiamétriques  et,  même  en 
certains  points,  à  s’aplatir  dans  le  sens  tangentiel  ;  comme  les  cel¬ 
lules  épidermiques,  elles  deviennent  méconnaissables  au  point  de 
raccord  du  suçoir  et  du  pétiole  cotylédonaire.  Leur  cytoplasme  est 
moins  dense  que  celui  des  cellules  de  l’épiderme.  Elles  se  divisent 
surtout  dans  le  sens  anticlinal  mais  elles  présentent  aussi  des  divi¬ 
sions  dans  le  sens  périclinal. 

Les  assises  cellulaires  suivantes  sont  constituées  par  des  éléments 
de  plus  en  plus  grands,  et  de  plus  en  plus  vacuolaires  au  fur  et  à 
mesure  que  l’on  s’approche  de  l’axe  du  suçoir  ;  le  nombre  des  méats 
et  leurs  dimensions  s’accroissent  aussi. 

Enfin,  le  suçoir  est  pourvu  d’éléments  vasculaires  peu  différenciés 
noyés  dans  le  parenchyme.  Les  faisceaux  conducteurs  sont  déjà 
indiqués  dans  l’embryon  sous  la  forme  de  massifs  de  cellules  allon¬ 
gées  où  le  phloème  seul  est  représenté  ;  le  nombre  de  ces  massifs 
cellulaires  s’écarte  assez  peu  d’un  type  moyen  qui  peut  être  consi¬ 
déré  comme  une  des  caractéristiques  de  l’espèce. 

Quand  l’embryon,  devenu  plantule,  présente  l’aspect  de  la  figure  1, 
on  constate  que  des  différenciations  sont  apparues  et  l’on  peut  voir 
dans  chacun  des  massifs  cellulaires  deux  ou  trois  trachées  à  épais¬ 
sissement  spiralé  encore  peu  lignifié  et  dont  les  tours  de  spire  sont 
serrés. 

Cette  étude  anatomique  et  notamment  l’uniformité  de  l’épiderme 
qui  rçcouvre  le  suçoir  ainsi  que  l’homogénéité  des  tissus  plus  internes, 
montrent  qu’il  n’existe  pas  de  méristème  apical.  L’accroissement 
de  taille  du  suçoir  s’effectue  par  toute  sa  surface  et,  c’est  l’ensemble 
de  celle-ci  qui  joue  le  rôle  d’un  méristème,  les  apex  n’existant  que 
dans  des  organes  dont  la  direction  de  croissance  est  nettement 
orientée.  L’assise  externe  pourrait  être  considérée  comme  une  tunica 


—  338  — 


s’il  ne  s’y  rencontrait  pas  de  divisions  périclinales  ;  les  cellules  sous- 
jacentes  constituent  le  corpus. 

II.  —  La  racine  embryonnaire  (Fig.  2). 

La  racine,  à  ce  stade,  est  un  organe  cylindro-conique  d’1,5  mm. 
de  long,  trapu,  dépourvu  de  radicelles  et  absolument  lisse. 

Dans  une  coupe  longitudinale,  pratiquée  au  microtome,  on  cons¬ 
tate  facilement  T  existence  de  deux  parties  :  le  cylindre  central  et  la 
coiffe.  La  limite  entre  ces  deux  groupes  de  tissus  est  en  effet  partout 
d’une  extrême  netteté. 

Le  Cylindre  central.  - —  Il  est  constitué,  dans  sa  région  médiane,  par 
des  séries  de  files  cellulaires  dont  les  éléments  sont  aplatis  suivant 
l’axe  de  la  racine.  A  une  distance  de  200  p  environ  de  la  pointe 
de  la  racine,  ces  séries  sont  parallèles  les  unes  aux  autres  et  parallèles, 
à  l’axe.  Au  contraire,  elles  convergent  vers  la  pointe  de  la  radicule 
ou  plus  précisément  vers  une  calotte  cellulaire  qui  en  occupe  la' 
région  apicale.  Outre  la  formation  des  bandes  contiguës  des  cellules 
de  la  région  centrale,  le  massif  des  cellules  apicales  donne  naissance 
à  une  zone  annulaire,  qui  sur  la  coupe  longitudinale  nous  apparaît 
sous  la  forme  de  deux  massifs  méristématiques  latéraux.  Cet  anneau 
différencie  des  files  cellulaires  assez  analogues  à  celles  formées  direc¬ 
tement  par  le  massif  apical  mais  qui  divergent  plus  fortement  puis¬ 
qu’elles  sont  plus  latérales.  Elles  sont  semblables  aux  cellules  axiales 
et  présentent,  comme  ces  dernières,  en  certains  points  des  recloi¬ 
sonnements  longitudinaux.  Pour  compléter  cette  étude  de  la  région 
axiale  du  cylindre  central  nous  devons  signaler  l’existence  de  très 
grandes  cellules,  disposées  en  files  et  résultant  de  la  résorption  des 
cloisons  mitoyennes  transversales  de  leurs  éléments  constitutifs. 
Ces  cellules  élaborent  des  cristaux  en  raphides  d’oxalate  de  Calcium. 
Les  divers  éléments  offrent  une  cohésion  plus  grande  avec  leurs 
voisines  de  la  même  série  cellulaire  qu’avec  celles  de  la  série  voisine. 
De  là  l’existence  des  lacunes  allongées  dans  une  direction  longitu¬ 
dinale  radiale  que  l’on  rencontre  souvent  dans  la  racine  des  Pal¬ 
miers. 

L’anneau  adjacent  au  massif  méristématique  est  assez  net,  mais 
il  ne  semble  pas  avoir  une  origine  primaire  ;  ce  serait  une  produc¬ 
tion  du  méristème  apical  au  même  titre  que  les  files  cellulaires 
axiales  ;  mais,  alors  que  dans  ces  dernières,  la  sériation  en  files  paral- 
lèlles  est  acquise  très  tôt,  dans  le  cas  de  l’anneau  cette  sériation  n’est 
réalisée  qu’à  un  niveau  plus  élevé  de  la  racine  (à  peine  100  p  plus 
haut).  La  limite  entre  le  cylindre  central  et  la  coiffe  est  nettement 
marquée  par  une  assise  cellulaire  dont  les  cloisonnements  sont  sur¬ 
tout  anticlinaux.  Il  en  résulte  une  orientation  typique  de  ces  cel¬ 
lules  :  elles  sont  perpendiculaires  à  la  surface  de  séparation  de  la 


340  — 


coiffe  et  du  cylindre  central.  Cette  limite  entre  les  deux  organes  est 
constituée  par  la  membrane  tangentielle  externe  de  chacune  des 
•  cellules  de  l’assise,  ces  membranes  sont  dans  le  prolongement  les 
unes  des  autres  et  constituent  une  ligne  régulière  mitoyenne  à 
l’assise  la  plus  interne  de  la  coiffe. 

Le  massif  cellulaire  qui  est  à  l’origine  de  tous  les  tissus  est  le 
méristème  apical  (fig.  2,  m.  a.)  ;  la  couronne  sous-jacente  à  celui-ci 
est  le  méristème  subapical  (fig.  2,  m.s.a.)  ;  la  partie  axiale  du  cylindre 
central  est  le  plérôme  (fig.  2,  PL)  ;  les  files  cellulaires  issues 
de  l’anneau  méristématique  subapical  constituent  le  périblème 
(fig.  2,  P.)  ;  enfin,  le  revêtement  continu  externe  du  cylindre  central 
est  le  dermatogène  (fig.  2,  D.). 

La  Coiffe. 

La  coiffe  présente  deux  régions  également  bien  distinctes  :  l’une 
externe,  remontant  assez  haut  sur  la  racine  ;  elle  est  constituée  de 
cellules  de  grande  taille.  L’autre  interne  est  localisée  à  la  pointe 
de  la  racine  et  formée  de  cellules  de  taille  beaucoup  plus  réduite. 

La  partie  externe  de  la  coiffe.  —  Al  mm.  environ  de  la  pointe 
de  la  racine,  la  coiffe  est  constituée  de  6  ou  7  assises  cellulaires  ; 
la  plus  extérieure  est  formée  de  cellules  très  irrégulières,  aplaties 
tangentiellement,  déformées  et  en  voie  d’exfoliation  malgré  l’âge 
très  peu  avancé  de  l’organe.  Il  arrive  même  que  les  membranes 
tangentielles  de  ces  cellules  soient  lignifiées.  Les  cellules  des  quatre 
assises  sous-jacentes  sont  moins  déformées,  plus  cohérentes,  le 
contenu  cellulaire  est  plus  dense.  La  dernière  assise  cellulaire,  la 
plus  interne,  est,  par  la  régularité  de  ses  éléments  et  par  leurs  carac¬ 
tères  propres,  totalement  différente.  Les  cellules  qui  la  composent 
présentent  un  aplatissement  radial,  donc  perpendiculaire  à  celui 
des  autres  cellules  de  la  coiffe,  mais  qui  est  parallèlle  à  celui  de  l’assise 
externe  du  cylindre  central.  Cette  assise  interne  de  la  coiffe  est 
interrompue  seulement  à  l’extrême  pointe  de  la  racine,  ailleurs, 
elle  est  continue.  Les  cellules  ont  un  cytoplasme  très  dense  et  gra¬ 
nuleux,  des  vacuoles  réduites,  un  noyau  volumineux. 

La  partie  interne  de  la  coiffe.  —  Elle  comprend  un  massif  de  forme 
grossièrement  pyramidale  dont  la  base  est  en  contact  avec  le  méris¬ 
tème  apical  du  cylindre  central  et  dont  le  sommet  se  prolonge  jusqu’à 
la  pointe  de  la  racine  par  des  travées  cellulaires  plus  ou  moins  régu¬ 
lièrement  disposées. 

Le  massif  cellulaire  pyramidal  est  un  méristème  typique,  tant 
par  l’aspect  régulièrement  géométrique  de  ses  éléments  à  contenu 
cellulaire  compact  avec  un  gros  noyau,  que  par  l’absence  de  méats 
intercellulaires.  Ce  massif  a  reçu  le  nom  de  calyptrOgène.  Les  cloi¬ 
sonnements  se  font  dans  toutes  les  directions.  C’est  ce  massif  qui 
fournit  notamment  l’assise  la  plus  interne  de  la  coiffe.  Les  cloisonne- 


—  341  — 


ments  les  plus  actifs  s’effectuent  dans  un  sens  tangentiel  à  la  pointe 
de  la  racine  et  aboutissent  à  la  formation  de  fdes  cellulaires,  assez 
régulières  dans  la  partie  la  plus  voisine  du  méristème  de  la  coiffe. 
Ces  files  cellulaires  augmentent  leur  nombre  par  des  cloisonnements 
qui  s’effectuent  en  direction  axiale.  Il  en  résulte  un  élargissement  en 
éventail  de  la  colonne  qui  provient  du  calyptrogène. 

Cette  colonne  est  l’homologue  d’une  columelle,  mais  dans  le  cas 
d’Archontophœnix  Cunninghamiana,  elle  est  fragmentée  et  ainsi 
rendue  moins  nette  en  raison  de  l’existence  de  cloisonnements  dans 
des  plans  variés.  De  plus,  les  cellules  de  la  columelle  sont  de  plus 
en  plus  grandes  et  de  plus  en  plus  irrégulières,  dans  leur  forme  même, 
ou  dans  leurs  rapports  topographiques  réciproques,  au  fur  et  à  mesure 
que  l’on  s’éloigne  du  calyptrogène.  La  columelle  donne  elle-même 
naissance,  tout  autour  d’elle,  aux  longues  files  de  cellules  externes 
qui  constituent  la  partie  la  plus  importante  de  la  coiffe. 

En  résumé,  des  deux  organes  principaux  de  la  jeune  plantule  d ’Archon- 
tophœnix  Cunninghamiana,  seule  la  racine  présente  des  régions  méris- 
tématiques  incontestables  et  bien  localisées.  Le  suçoir  est  un  organe 
embryonnaire  qui  s’accroît  par  toute  sa  surface  et  ne  présente,  de  ce  fait, 
aucune  localisation  particulière  de  ses  tissus  de  croissance. 

Au  contraire,  la  racine  embryonnaire  s’accroît  dans  une  direction  pri¬ 
vilégiée  ;  aussi  ses  méristèmes  sont-ils  localisés  dans  les  régions  où  ces 
croissances  sont  les  plus  actives  :  le  méristème  apical  pour  le  cylindre 
central,  le  calyptrogène  pour  la  coiffe.  Dès  leur  origine,  ces  deux  méris¬ 
tèmes  sont  distincts,  indépendants  et  fonctionnent  suivant  deux  directions 
opposées  :  le  méristème  apical  donne  naissance  à  des  files  cellulaires  basi- 
fuges  et  le  calyptrogène  à  une  columelle,  axe  constitué  par  des  files  cellu¬ 
laires  basipètes  ;  à  partir  de  cette  columelle  se  forment  latéralement  les 
différentes  assises  cellulaires  de  la  coiffe.  /i  i 

f  ci  olA/by'lfsl, 

Laboratoire  d’ Anatomie  Comparée  des  Végétaux  vivants  et  fossiles  du  Muséum. 

INDEX  BIBLIOGRAPHIQUE 

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thickening  meristem  in  Phoenix  canariensis  Chaub.,  with  compari- 
sons  to  Washingtonia  filifera  Wats.  and  Traèhycarpus  excelsa 
Wendl.  Amer.  Jour.  Bot.,  28,  820-832. 

Foster,  A.  S.  —  1941.  —  Comparative  studies  on  the  structure  of  the 
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Helm,  J.  —  1936.  —  Das  Erstarckungswachstum  der  Palmen  und 
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Popham,  R.  A.  —  1951.  • —  Principal  types  of  végétative  shoot  apex  organi- 
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Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  11e  3,  1953. 


22 


—  342 


Sous-genre  et  espèces  nouvelles  de  Graminées  malgaches 
Par  Aimée  Camus. 


Le  genre  Acroceras  Stapf  de  la  sous-famille  des  Panicoideae,  tribu 
des  Paniceae,  est  proche  du  genre  Brachiaria,  comme  ce  dernier 
à  épillets  adaxiaux  (dont  la  glume  inférieure  est  adossée  au  rachis), 
biflores,  mais  à  glumes  peu  inégales,  ordinairement  longues,  l’in¬ 
férieure  atténuée,  cuspidée  ou  mucronée,  typiquement  un  peu  carénée 
dorsalement  au  sommet,  à  glumelle  de  la  fleur  inférieure  analogue 
à  la  glume  supérieure,  à  fleur  supérieure  un  peu  plus  courte  que 
l’épillet,  lisse,  à  glumelle  arrondie  dorsalement,  munie  à  l’apex 
d’une  petite  crête  calleuse  ou  d’un  mucron,  rudiment  de  cette  crête, 
à  bords  étroitement  enroulés,  enfermant  la  palea,  à  feuilles  tendant 
à  se  resserrer  à  la  base  en  pétiole  très  rudimentaire  ou  embrassantes, 
à  nervures  typiquement  plus  ou  moins  tessellées. 

L’étude  du  genre  Acroceras,  pour  la  Flore  de  Madagascar,  m’a 
amenée  à  distinguer  plusieurs  espèces  formant  un  petit  groupe  assez 
différent  de  celles  d’abord  décrites,  à  gros  épillets  glabres  et  assez 
répandues  sur  le  continent  africain. 

Ce  groupe  a  les  caractères  suivants  :  épillets  assez  petits  (2-2,5  mm. 
de  longueur),  à  glumes  et  glumelle  de  la  fleur  inférieure  munies  de 
courts  poils  apprimés,  à  fleur  §  supérieure  munie  d’un  bec  rudimen¬ 
taire  réduit  à  l’état  de  mucron. 

Dans  ce  groupe,  V Acroceras  calcicola,  espèce  que  je  décris  ici,  a 
pourtant  des  épillets  assez  obtus  au  sommet,  une  ligule  remplacée 
par  un  anneau  de  poils,  non  membraneuse,  des  feuilles  sans  nervures 
transversales  apparentes.  C’est  l’espèce  la  plus  éloignée  du  type 
A’ Acroceras,  mais  par  le  mucron  de  la  glumelle  de  sa  fleur  fertile  et 
l’ensemble  des  caractères  de  son  épillet,  elle  est  plus  proche  A’ Acro¬ 
ceras  que  de  Brachiaria. 

Je  crois  utile  de  rapprocher  ces  espèces  en  un  sous-genre  Micro- 
ceras  du  genre  Acroceras  Stapf. 

Microceras  A.  Camus,  subgen.  nov. 

Spiculae  parvae ,  2-2,5  mm.  longae,  asperulae,  breve  pilosae  ;  gluma  inj. 
plerumque  mucronata,  apice  carinata;  gl.  sup.  :  glumella  breve  mucronata. 

Dans  toutes  les  espèces,  les  épillets  sont  rudes,  munis  de  poils 
très  courts,  dressés,  raides,  nombreux. 

A  ce  sous-genre,  je  rattache  les  espèces  suivantes  : 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


—  343  — 


A.  mandrarense  A.  Camus  in  Bull.  Soc.  bot.  Fr.,  93  (1946)  88, 
à  inflorescence  assez  dense,  à  rameaux  nombreux,  portant  des 
épillets  de  2,5  mm.,  à  ligule  longue,  poilue,  du  bassin  du  Mandrare, 
au  Centre  (Sud)  de  Madagascar,  entre  1.200  et  1.400  m.  d’altitude. 

A.  lateriticum  A.  Camus  in  Bull.  Soc.  bot.  Fr.,  96  (1949)  166,  à 
panicule  étroite,  les  rameaux  étant  courts,  dressés,  la  ligule  allongée, 
poilue,  de  la  forêt  ombrophile  des  montagnes  du  Haut-Sambirano, 
entre  1.400  et  1.800  m. 

A.  Boivini  A.  Camus  in  Bull.  Soc.  bot.  Fr.,  97  (1950)  85,  plante 
assez  robuste,  à  feuilles  grandes,  longues  de  12-13  cm.,  à  nervures 
latérales  non  ou  à  peine  tessellées,  à  7  ou  8  rameaux  de  l’inflorescence 
assez  longs,  ligule  développée,  poilue,  des  Comores. 

Acroceras  tenuicaule  A.  Camus,  spec.  nov. 

Culmi  e  basi  prostrata  decumbentes  et  e  nodis  inferioribus  radicantes, 
geniculato-adscendentes,  ramosi,  gracillimi,  20-30  cm.  alti,  superne  longe 
nudi,  glabri,  nodis  pilis  minutis  pubescentes.  Foliorum  vaginae  striatae, 
inferiores  glabrae,  margine  ciliatae,  sup.  elongata,  glabra,  margine  ciliata. 
Ligulae  brèves,  parce  pilosae.  Laminae  tenues,  ovato-lanceolatae,  apice  acutae, 
basi  rotundatae,  3-4  cm.  longae,  5-7  mm.  latae,  sparse  pilosae,  pilis  1-2  mm. 
longis.  Inflorescentia  laxa,  4-10  cm.  longa,  angusta  ;  axis  commuais  striatus, 
tenuis,  glaber  ;  rami  erecti,  4-5,  remoti,  inferiores  usque  1-2,5  cm.  longi, 
superiores  gradalim  breviores.  Pedicelli  bini,  inaequales,  brèves  (0,5  mm.) 
vel  1,2-1, 7  mm.  longi.  Spiculae  laxe  imbricatae,  lanceolatae,  acutae,  2,2  mm. 
longae,  binae,  altéra  subsessilis,  altéra  pedicellata.  Glumae  inaequales, 
inferior  1,4-1, 7  mm.  longa,  basi  amplectens,  ovata,  apice  cuspidata  vel 
mucronata,  subcarinata,  S-nervis,  superior  2,2  mm.  longa,  spiculam  aequans , 
ovato-lanceolata,  acuta,  apice  subcarinata,  breve  pilosa,  5-nervis.  Fl.  inf.  : 
glumella  spiculam  aequans,  lanceolata,  acuta,  dense  pilosa,  subrugulosa. 
Fl.  sup.  :  glumella  2  mm.  longa,  a  dorso  visa  ovato-lanceolata,  acuta,  apice 
breve  mucronata,  marginibus  implicatis  paleam  amplectens. 

Est  :  Sainte-Marie  de  Madagascar  (Boivin,  n°  1617),  type  ;  envi¬ 
rons  d’Ambila  (côte  Est)  (Benoist,  n°  825). 

Cet  Acroceras  est  une  plante  basse,  gazonnante,  à  rejets  nombreux, 
racines  ténues,  à  chaumes  fdiformes  sous  l’inflorescence,  portant 
des  feuilles  surtout  vers  la  base,  à  limbe  petit  et  mince,  muni  de 
nervures  latérales  presque  toutes  égales,  non  ou  peu  tessellées,  à 
rameaux  de  l’inflorescence  très  peu  nombreux,  espacés,  surtout  les 
inférieurs,  portant  des  épillets  aigus,  disposés  souvent  unilatérale¬ 
ment. 

11  diffère  de  VA.  Boivini  A.  Camus  par  son  port  grêle,  ses  chaumes 
filiformes  sous  l’inflorescence,  ses  petites  feuilles  molles,  à  ligule 
courte,  les  rameaux  de  l’inflorescence  peu  nombreux  et  courts. 

Acroceras  calcicolum  A.  Camus,  spec.  nov. 

Gramen  annuum,  Cülmi  erecti,  30-35  cm.  alti,  graciles,  striati,  paucinodes, 
basi  puberuli,  nodis  pilis  minutis  pubescentes,  superne  longe  nudi.  Vaginae 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


22. 


—  344  — 


striatae,  sup.  angustae,  glabrae,  elongatae,  inf.  pilis  patentibus  e  tubereulis 
ortis  laxe  hirsutae.  Ligulae  ad  seriem  pilorum  reductae.  LaminUe  planae, 
lanceolatae,  apice  acutae,  basi  contractae,  ad  3  cm.  longae,  usque  4-5  mm.  latae, 
dense  et  minute  pilosae,  marginibus  ad  basin  e  tubereulis  ortis  ciliatae,  superne 
scaberulae,  nervis  lateralibus  primariis  conspicuis  utrinque  3,  vonis  transver- 
sis  nullis.  Inflorescentia  patula,  laxa,  12-13  cm.  longa;  axis  primarius  gla- 
ber  ;  rami  patentes,  remoti,  simplices,  angulosi,  glabri,  paucispiculati, 
1-3,5  cm.  distantes,  inferiores  usque  ad  3-3,5  cm.  longi,  superiores  gradatim 
breviores.  Pedicelli  bini,  inaequales,  brèves  (0,3-0, 4  mm.  longi)  vel  1,8-2  mm. 
longi.  Spiculae  2,2  mm.  longae  ovatae,  acutae,  remotae.  Gluma  inferior 
mediam  spiculam  parum  superans,  amplectens,  subplana,  cordata,  ovata, 
subobtusa,  breve  pilosa,  rugosa,  3-nervis ;  gluma  superior  2,2  mm.  longa, 
ovata,  apice  subeuspidata,  dorso  subcarinata,  breve  pilosa,  rugosa.  Fl.  inf.  : 
glumella  spiculam  aequans,  ovata,  subobtusa,  rugosa,  breve  pilosa.  Fl. 
sup.  ê  :  glumella  1,6-1, 7  mm.  longa,  ovata,  acuta,  laevis,  nitens,  apice  breve 
mucronata. 

Sud-Ouest  :  Manampetsa,  en  sol  calcaire,  dans  le  bush  (Perrier 
de  la  Bâthie,  n°  19112). 

Cette  espèce  diffère  de  Y Acroceras  Boivini  par  son  port  plus  grêle, 
sa  panicule  à  rameaux  étalés,  portant  des  épillets  assez  espacés, 
bien  moins  aigus. 

A  Madagascar,  le  genre  Acroceras  est  assez  bien  représenté,  sur¬ 
tout  le  sous-genre  Microceras.  En  dehors  de  ce  groupe,  Y  Acroceras 
ivohibense  paraît  abondant  dans  le  sous-bois  de  la  forêt  ombrophile 
et  dans  la  forêt  éricoïde  du  Centre-Sud  ;  plus  au  Nord,  Y  A.  manon- 
garivense  A.  Camus  forme  de  grandes  prairies  du  sous-bois  herbacé, 
entre  1.500  et  1.600  m.  d’altitude,  dans  le  Domaine  central. 

Quelques  espèces  descendent  assez  bas,  comme  l’M.  Boivini 
A.  Camus,  des  Comores  et  VA.  tenuicaule  A.  Camus,  à  Sainte-Marie 
de  Madagascar. 


Laboratoire  de  Phanérogamie  du  Muséum. 


345  — 


Les  Sauriens  Anté-crétacés 
Par  Robert  Hoffstetter. 


Les  Squamata  (Sauriens  et  Serpents)  se  distinguent  des  autres 
Reptiles  par  leur  os  carré  mobile  (streptostylique) .  Cette  mobilité 
est  due  au  fait  que  l’arc  infratemporal  des  Diapsida  n’existe  plus 
chez  les  Squamata,  où  le  quadratojugal  ne  s’ossifie  pas,  et  où  le 
jugal  perd  sa  longue  apophyse  postérieure  (l’os  disparaît  même  com¬ 
plètement  chez  les  Serpents). 

L’origine  du  groupe,  et  en  particulier  celle  des  Sauriens,  a  été 
l’objet  de  longues  discussions.  On  admet  aujourd’hui  que  la  souche 
doit  être  recherchée  parmi  les  Diapsida  primitifs,  et  spécialement 
dans  les  Eosuchia  du  Permien  sud-africain. 

Un  groupe  de  transition  est  constitué  par  des  genres  du  Trias 
inférieur  d’Afrique  du  Sud  :  Prolacerta,  Pricea,  Paliguana  et  peut- 
être  Noteosuchus  (on  ne  connaît  pas  le  crâne  adulte  de  ce  dernier)  ; 
il  convient  d’y  ajouter  (Hoffstetter  1953)  Santaisaurus,  du  Trias 
inférieur  de  Chine.  La  position  intermédiaire  des  genres  sud-africains 
est  telle  que  Huene  (1952,  p.  197)  les  place  dans  une  même  famille, 
les  Prolacertidés,  et  qu’il  inclut  celle-ci  dans  les  Sauriens.  En  fait, 
d’assez  fortes  différences  s’observent  entre  les  vrais  Prolacertidés 
(Prolacerta,  Pricea)  et  les  autres  genres.  L’ensemble  équivaut  au 
moins  à  une  superfamille,  les  Prolacertoidea,  caractérisée  par  l’affai¬ 
blissement,  et  peut-être  l’interruption,  de  l’arc  infratemporal.  Mais 
le  quadratum  n’est  pas  encore  franchement  streptostylique  ;  le 
quadratojugal  subsiste  comme  élément  ossifié  ;  le  palais  conserve  la 
conformation  archaïque  des  Eosuchiens  ;  enfin,  le  bassin  de  Noteosu¬ 
chus  est  encore  très  primitif,  avec  un  pubis  et  un  ischion  en  plaques 
contiguës,  sans  fenêtre  pubo-ischienne.  Il  semble  donc  que  les 
Prolacertoïdes,  s’ils  amorcent  effectivement  l’évolution  vers  les 
Sauriens,  doivent  cependant  être  maintenus  parmi  les  Eosuchiens. 

Un  long  hiatus  sépare  les  Prolacertoïdes  des  premiers  Sauriens 
indiscutables.  Ceux-ci  ne  sont  connus  qu’à  partir  du  Jurassique 
supérieur,  et  seulement  par  quelques  rares  trouvailles.  Mais  l’absence 
d’archives  plus  anciennes  confère  un  intérêt  tout  spécial  aux  formes 
de  ce  niveau.  Il  règne  encore  une  certaine  confusion  à  propos  de 
celles-ci,  d’où  la  nécessité  d’un  examen  critique  des  restes  du  Juras¬ 
sique  supérieur  qui  ont  été  rapportés  aux  Sauriens,  et  de  ceux  qui 
ont  été  classés  par  erreur  dans  d’autres  groupes.  J’examinerai  les 
divers  genres  intéressés,  en  les  classant  par  ordre  géographique. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


—  346  — 


PüRBECKIEN  d’AnGLETERRE. 

1.  Macellodus  Owen  1854  =  Macellodon  Owen  1861  =  (?)  Sau- 
rillus  Owen  1855.  —  Le  type  de  M.  Brodiei  Owen  1854,  de  Dudlestone 
Bay,  est  un  petit  maxillaire  portant  13  ou  14  dents.  Ces  dents,  pleu- 
rodontes,  à  remplacement  successif,  sont  bien  d’un  Saurien  ;  elles 
se  particularisent  par  les  couronnes  comprimées  et  striées,  au  bord 
supérieur  crénelé  dans  les  pièces  vierges.  Les  singularités  du  maxillaire 
sont  peut-être  dues  en  partie  à  une  déformation  :  la  portion  anté¬ 
rieure  plonge  vers  le  bas  ;  l’apophyse  postérieure,  qui  porte  les 
7  dernières  dents,  est  extraordinairement  longue  et  grêle,  et  indique 
une  orbite  vaste. 

Le  dentaire  (paratype  de  la  même  espèce)  est  typiquement  celui 
d’un  Saurien.  Ses  dents  ont  le  même  style  que  celles  de  la  mâchoire 
supérieure  .Mais,  d’après  les  figures,  elles  indiquent  un  animal  fran¬ 
chement  plus  petit,  peut-être  une  espèce  distincte. 

On  ne  peut  admettre  que  les  plaques  dermiques  du  même  gisement 
appartiennent  à  la  même  espèce,  comme  le  suppose  Owen  (1854) 
et  comme  l’admet  Lydekker  (1888).  Ces  pièces,  non  figurées,  sont 
incompaiibles  par  leurs  dimensions  (17  X  13  mm.)  avec  un  animal 
de  la  taille  du  Lézard  des  murailles.  Elles  proviennent  plutôt  d’un 
petit  Crocodile,  dont  elles  ont  le  style  d’après  Owen. 

Le  même  gisement  a  fourni  d’autres  dentaires,  décrits  par  Owen 
(1855)  sous  le  nom  de  Saurillus  obtusus,  mais  Lydekker  (1888) 
les  déclare  inséparables  de  ceux  de  M.  Brodiei. 

Portlandien  inférieur  de  Franconie  (Allemagne). 

2.  Ardeosaurus  Meyer  1860.  —  Le  génotype,  A.  brevipes  (Meyer 
1855)  (fig.  IB)  provient  de  Workerszell,  près  Eischtâtt.  C’est  un 
petit  lézard,  au  corps  déprimé,  aux  pattes  courtes,  dont  la  queue 
est  autotomisée.  Il  a  d’abord  été  rattaché  au  genre  Homoeosaurus, 
puis  distingué  sous  le  nom  A’ Ardeosaurus.  Celui-ci  est  classé  dans 
les  Rhynchocéphales  par  Lydekker  (1888)  et  par  Zittel  (1889). 
Nopcsa  (1908)  l’attribue  aux  Sauriens  et  le  place  dans  les  Scincoïdes, 
sans  justifier  son  opinion.  Camp  (1923)  démontre  qu’il  s’agit  bien 
d’un  Saurien  ;  il  crée  pour  lui  la  famille  des  Ardeosauridae,  qu’il 
place  dans  les  Gekkota,  en  s’appuyant  sur  les  caractères  suivants  : 
vertèbres  larges  et  déprimés  (on  ne  sait  pas  si  elles  sont  amphicoeles 
ou  munies  d’un  petit  condyle  postérieur)  ;  pariétal  impair,  large  et 
plat  ;  nasaux  et  frontaux  pairs  ;  postfrontaux  petits  ;  arc  postorbi¬ 
taire  ouvert  ;  arc  hyoïde  (ou  2e  épibranchial  ?)  rejoignant  le  processus 
paroccipital  ;  supratemporal  (ou  tabulaire)  visible  dorsalement  ; 
humérus  sans  foramens  ;  pas  d’ostéodermes  ni  d’ossifications  cr⬠
niennes  secondaires.  La  famille  est  séparée  des  autres  Gekkotiens 


—  347 


par  la  présence  d’une  fenêtre  supratemporale,  limitée  par  un  arc 
complet,  par.  la  persistance  d’un  foramen  pinéal,  par  les  orbites 
petites  et  le  museau  pointu,  et  enfin  par  l’absence  apparente  d’écailles 
épidermiques. 

Broili  (1938)  met  en  doute  ces  conclusions,  et  suppose  que  cer¬ 
tains  caractères  de  l’exemplaire  (aujourd’hui  perdu)  sont  dus  à  l’écra¬ 
sement.  Il  rapproche  les  Ardéosauridés  des  Xantusioïdes,  en  s’ap¬ 
puyant  sur  un  nouvel  exemplaire  spécifiquement  distinct.  Or  il  est 
peu  probable  que  ce  dernier  appartienne  au  même  genre,  de  sorte 
que  l’argumentation  de  Broili  n’est  pas  rigoureuse.  Au  contraire, 
la  trouvaille  récente  du  genre  mandchou  Y abeinosaurus  a  fait  con¬ 
naître  un  fossile  qui  présente  les  traits  essentiels  d ’Ardeosaurus, 
et  qui  parle  donc  en  faveur  de  la  validité  des  observations  de  Meyer. 

J’admettrai  ici  l’opinion  de  Camp  sur  la  position  des  Ardéosauridés. 


Fig.  1.  —  A  :  Broilisaurus  Schroederi,  d’ap.  Broili  (1938)  X  2. 

B  :  Ardeosaurus  brevipes,  d’ap.  Meyer  (1860)  X  3. 

C  :  Y  abeinosaurus  tenuis,  d’ap.  Endo  &  Shikama  (1942)  X  2. 

3.  Broilisaurus  gen.  nov.  —  Broili  (1938)  a  créé  l’espèce  P  Ardeo¬ 
saurus  Schroederi  (fig.  IA)  sur  un  fossile  de  Wintershof  près  Eisch- 
tàtt,  et  lui  a  rapporté  un  autre  exemplaire  de  la  même  région,  pré¬ 
cédemment  attribué  à  «  Homoeosaurus  »  brevipes  Meyer. 

L’animal  ressemble  à  A.  brevipes  par  sa  taille,  ses  pattes  courtes, 
sa  queue  autotome,  et  l’absence  d’ostéodermes.  Mais  il  présente  des 
différences  qui  ont  conduit  Broili  à  le  séparer  spécifiquement  : 
museau  large  et  arrondi,  frontal  impair  et  plus  étroit,  nasaux  soudés, 
arc  postorbitaire  fermé,  31  vertèbres  présacrées  (amphicoeles)  au 
lieu  de  23-24.  En  fait,  ces  caractères  justifient  un  genre  particulier, 
pour  lequel  je  propose  le  nom  de  Broilisaurus ,  et  qu’on  peut  diffi¬ 
cilement  maintenir  dans  les  Ardéosauridés. 

Broili,  en  corrigeant  les  déformations  du  crâne,  propose  une 


348 


reconstitution  qui  a  un  évident  aspect  scincomorphe.  Mais  le  carac¬ 
tère  amphicoele  des  vertèbres  le  conduit  à  séparer  son  fossile  des 
Scincoïdes  et  à  le  placer  dans  les  Xantusioidea,  auprès  des  Xan- 
tusidés,  dont  les  vertèbres  sont  procoeles,  mais  primitives,  avec  de 
petits  condyles. 

Le  rapprochement  — •  qui  ne  vaut  pas  en  tout  cas  pour  les  Ardéo- 
sauridés  —  n’est  pas  absolument  convaincant,  même  pour  Broili- 
saurus.  Celui-ci  diffère  de  Xantusia,  non  seulement  par  ses  vertèbres, 
mais  aussi  par  son  pariétal  impair,  ses  fenêtres  supratemporale  et 
infraorbitaire  non  oblitérées  et  ses  clavicules  non  perforées.  En  outre 
l’aspect  d’ensemble  du  crâne  fossile  (Broili  1938,  pl.  3)  rappelle 
curieusement  les  Gekkonidés  par  son  museau  large  et  déprimé, 
sa  vaste  lumière  médiopalatine,  et  ses  dents  fines  et  nombreuses. 
Au  point  qu’on  peut  se  demander  si  Broili  n’a  pas  exagéré  l’impor¬ 
tance  de  l’écrasement,  en  se  laissant  influencer  par  le  modèle  scin¬ 
comorphe  qui  lui  a  servi  de  guide.  La  position  du  genre  est  donc 
encore  douteuse.  Peut-être  s’agit-il  d’une  forme  compréhensive 
(malgré  son  pariétal  impair),  encore  proche  de  la  souche  commune 
des  Ascalabota  et  des  Autarchoglossa,  mais  déjà  engagée  dans  la  voie 
Scincomorphe. 

4.  Bavarisaurus  gen.  nov.  —  Wagner  (1852)  a  fondé  l’espèce 
Homoeosaurus  macrodactylus  sur  un  exemplaire  de  Kelheim.  L’em¬ 
preinte,  dessinée  par  Wagner  (1852,  pl.  18),  appartenait  à  une  collec¬ 
tion  privée  et  paraît  perdue.  La  contre-empreinte  (Musée  de  Munich) 
a  été  lithographiée  par  Meyer  (1860,  pl.  11,  fig.  5)  et  une  partie 
a  été  photographiée  par  Broili  (1925,  pl.  4).  L’espèce  est  rattachée 
au  genre  Homoeosaurus  par  son  créateur  et  par  la  plupart  des  auteurs, 
et  même  Ammon  (1885)  la  réunit  spécifiquement  avec  H.  Maxi- 
miliani  Meyer.  Encore  en  1925,  Broili  ne  met  pas  en  doute  sa  posi¬ 
tion  générique  et  la  range  dans  le  groupe  des  Homoeosaurus  à  pattes 
longues.  En  1952,  Huene  (p.  193  et  196)  remarque  que  cette  forme 
n’est  pas  un  Homoeosaurus,  mais  pourrait  être  un  Lacertilien. 
L’étude  des  figures  et  descriptions  me  conduit  à  la  même  conclusion. 
Il  s’agit  bien  d’un  Saurien,  appartenant  à  lin  genre  particulier,  pour 
lequel  je  propose  le  nom  de  Bavarisaurus. 

Ses  différences  avec  Homoeosaurus  sont  indéniables.  Les  dents  sont 
relativement  longues,  fines,  aiguës,  légèrement  recourbées,  appa¬ 
remment  pleurodontes  ou  subpleurodontes.  La  face  supérieure  du 
crâne  est  très  distincte  de  celle  A' Homoeosaurus,  que  Broili  (1925, 
pl.  3)  a  fait  connaître.  Chez  Bavarisaurus,  le  frontal  est  impair  et 
moins  étroit  ;  le  pariétal,  impair,  large  et  plat,  s’articule  amplement 
avec  le  frontal  par  une  suture  transversale  ;  le  foramen  pinéal  est 
absent  (Meyer  dit  expressément  n’avoir  pu  l’observer)  ;  le  maxillaire 
a  une  conformation  lacertilienne.  Les  trois  éléments  du  bassin  sont 
fermement  unis,  alors  qu’ils  sont  habituellement  dissociés  chez 


—  349  — 


Homoeosaurus  ;  le  pubis  est  typiquement  lacertilien  (comparer, 
dans  Broili  1925,  celui  de  Bavarisaurus,  pl.  4,  et  celui  à' Homoeosau¬ 
rus,  pl.  1  et  7).  Le  sacrum  est  également  différent  :  chez  Homoesaurus, 
la  2e  côte  sacrée  est  fourchue  ;  celle  de  Bavarisaurus  est  une  simple 
baguette,  oblique  vers  l’avant,  assez  comparable  à  celle  d’un  Iguane. 
Pour  le  tarse,  les  observations  de  Broili  montrent  que,  chez  les 
authentiques  Homoeosaurus,  la  suture  entre  astragale  et  fibulaire 
leste  toujours  visible,  et  que  même  l’intermédiaire  est  parfois  indi¬ 
vidualisé  ;  au  contraire,  Bavarisaurus  possède  un  élément  tarsien 
proximal  unique,  sans  trace  de  suture.  La  présence  de  côtes  abdo¬ 
minales  chez  Bavarisaurus  n’est  pas  pleinement  démontrée  ;  il 
s’agit,  en  tout  cas,  d’un  appareil  beaucoup  plus  discret  que  celui 
à' Homoeosaurus.  Enfin,  Broili  observe  des  ossifications  nodulaires 
dans  la  peau  des  divers  Homoeosaurus,  mais  il  ne  les  retrouve  pas 
chez  B.  macrodactylus. 

Ces  particularités  séparent  clairement  macrodactylus  de  Homoeo¬ 
saurus,  et  beaucoup  interdisent  l’inclusion  du  premier  dans  les 
Rhynchocéphales.  Il  est  regrettable  que  la  région  temporale  ne  soit 
pas  conservée  ;  mais  les  caractères  observables,  et  surtout  ceux  des 
dents,  du  pariétal  et  du  pubis,  conduisent  à  le  ranger  dans  les  Sau¬ 
riens.  Bavarisaurus  est  évidemment  distinct  d’ Ardeosaurus  et  de 
Broilisaurus,  dont  il  diffère  notamment  par  sa  taille  plus  grande, 
son  tronc  court  (22  vertèbres  présacrées),  ses  pattes  longues,  l’ab¬ 
sence  de  foramen  pinéal,  et  ses  dents  peu  nombreuses  (inconnues, 
il  est  vrai,  chez  Ardeosaurus). 

Kimméridgien  supérieur  du  Bugey  (France). 

5.  Euposaurus  Jourdan  1862.  —  Le  génotype  est  E.  Thiollierei 
Lortet  (1892,  p.  73-75,  pl.  6,  fig.  7-10),  de  Cerin,  d’abord  attribué 
aux  Rhynchocéphales.  Boulenger  (1893,  p.  208)  démontre  qu’il 
s’agit  d’un  Saurien  et  le  .rapproche  des  Anguidés,  à  cause  de  sa 
fenêtre  temporale  plafonnée  et  de  ses  clavicules  non  dilatées.  Cette 
opinion,  très  défendable,  est  acceptée  par  Camp  (1923,  p.  318-319), 
qui  crée  pour  le  fossile  la  famille  des  Euposauridae,  placée  dans  les 
Anguimorphes . 

Une  autre  espèce  du  même  gisement,  E.  cerinensis  Lortet  (1892, 
p.  75-80,  fig.  3-4)  n’est  pas  clairement  interprétable  sur  les  figures. 
D’après  Lortet,  la  fenêtre  temporale  est  également  plafonnée.  Mais 
la  classification  définitive  de  l’espèce  nécessiterait  l’étude  du  matériel 
original. 


—  350  — 


Jurassique  supérieur  (ou  Crétacé  inférieur  ?) 
de  Mandchourie. 

6.  Yabeinosaurus  Endo  &  Shikama  1942.  —  L’unique  espèce, 
Y.  tenuis  Endo  &  Shikama  (fig.  1  C),  provient  des  couches  à  Lycop- 
tera,  formation  Tsaotzushan,  de  Mandchourie.  Le  fossile  a  été  com¬ 
paré  avec  Broilisaurus  Schroederi,  et  les  différences  constatées  ont 
conduit  les  auteurs  (qui  n’ont  pas  fait  la  comparaison  avec  Ardeo- 
saurus  brevipes )  à  créer  la  famille  des  Yabeinosauridae.  Or  les  carac¬ 
tères  de  celle-ci,  contrôlables  sur  les  figures,  sont  précisément  ceux 
des  Ardeosauridae.  On  relève  notamment  la  forme  triangulaire  du 
museau,  les  nasaux  et  frontaux  pairs,  l’arc  postorbitaire  ouvert, 
le  nombre  restreint  (25)  des  vertèbres  présacrées.  11  s’ensuit  qu’on 
doit  conclure  à  une  synonymie  entre  les  deux  familles.  Par  contre, 
le  genre  Yabeinosaurus  présente  quelques  particularités,  notam¬ 
ment  dans  les  proportions  des  os  du  crâne,  et  doit  être  maintenu. 
La  description  du  genre  mandchou  fait  apparaître  en  outre  des 
caractères  importants  :  vertèbres  procoeles  ;  absence  de  côtes  abdo¬ 
minales  ;  dents  pleurodontes,  aiguës  et  recourbées  ;  peau  sans  écailles 
épidermiques,  sauf  une  file  unisériée  de  plaques  cornées  sur  la  queue. 
Il  n’est  pas  impossible  que  ces  divers  caractères  aient  été  également 
présents  chez  Ardeosaurus,  où  l’on  ne  peut  les  contrôler,  et  qu’ils 
doivent  s’ajouter  à  la  diagnose  de  la  famille  des  Ardéosauridés. 

7.  Teilhardosaurus  Shikama  1947.  —  L’espèce  T.  carbonarius 
Shikama  1947,  de  la  formation  Husin,  est  fondée  sur  une  petite 
mandibule  dont  les  dents  rappellent  Macellodus  par  leur  ornemen¬ 
tation,  mais  leur  fût  cylindrique  est  fixé  sur  le  bord  libre  du  den¬ 
taire,  de  sorte  qu’elles  peuvent  être  qualifiées  de  protacrodontes. 

Jurassique  supérieur  de  d’Amérique  du  Nord. 

• 

Le  seul  fossile  nord-américain  de  cet  âge  qui  ait  été  rapporté 
aux  Sauriens  est  un  dentaire  de  la  formation  Morrison,  nommé 
Cteniogenys  antiquus  Gilmore  (1928,  p.  162-163,  pl.  20,  fig.  13-14). 
L’auteur  émet  des  doutes  sur  sa  position  systématique  et  suppose 
même  qu’il  pourrait  appartenir  à  un  Amphibien.  En  fait,  la  morpho¬ 
logie  de  l’os  interdit  de  le  maintenir  dans  les  Sauriens,  ou  même  dans 
les  Reptiles.  Il  s’ensuit  que  les  Sauriens  ne  sont  pas  connus  en  Amé¬ 
rique  avant  le  Crétacé  supérieur. 

Conclusion. 

Les  Sauriens  du  Jurassique  supérieur  ne  sont  encore  connus  que 
dans  l’Ancien  Monde.  Dès  cette  époque,  ils  avaient  acquis  une  grande 


—  351 


variété.  Sept  genres  sont  reconnus  ici  ;  ils  représentent  plusieurs  familles, 
qui  semblent  annoncer  déjà  les  grandes  subdivisions  actuelles  :  Asca- 
labotes,  Seincomorphes  et  Anguimorphes.  Cependant,  les  familles  juras¬ 
siques  ne  se  laissent  pas  identifier  avec  celles  d’aujourd’hui,  lesquelles 
ne  sont  connues  avec  certitude  qu’à  partir  du  Crétacé  terminal  et 
surtout  du  Tertiaire.  Il  faut  remarquer  que  cette  Variété  initiale  ne 
peut  s’expliquer  que  comme  l’aboutissement  d’une  différenciation  tri- 
asico-jurassique  sur  laquelle  nous  ne  possédons  encore  aucun  document. 

Laboratoire  de  Paléontologie  du  Muséum . 

Note.  —  Un  important  travail  de  E.  Kuhn  ( Mém .  suisses  Pal.,  69, 
2,  1952^,  parvenu  durant  l’impression  de  cette  note,  fait  connaître  un 
beau  matériel  d’ Askeptosaurus  italicus  Nopcsa  1925,  du  Trias  de  Suisse 
et  d’Italie  ;  ce  fossile  est  interprété  comme  un  rameau  précoce  des 
Squamata,  adapté  à  une  vie  semi-aquatique  (fam.  Askeptosauridae). 

RÉFÉRENCES  RIRLIOGRAPHIQUES 

Ammon  (L.  von)  1885.  —  Abh.  bayer.  Acad.  Wiss.,  2.  Kl.,  15,  2,  pp.  449- 
528,  2  pl. 

Boulenger  (G.  A.)  1893.  —  Ann.  Mag.  Nat.  Hist.  (6),  11,  p.  204-210. 
Broili  (F.)  1925.  —  Sitz.  bay.  Ak.  W iss.,  math.-nat.  Abt.,  1925, 
pp.  81-121,  1  fig.,  9  pl. 

Broili  (F.)  1938.  —  Ibid.,  1938,  pp.  97-114,  2  fig.,  4  pl. 

Camp  (C.  L.)  1923.  —  Bull.  Amer.  Mus.  Nat.  Hist.,  48,  pp.  289-481, 
fig.  et  pl. 

Endo  (R.)  &  Shikama  (T.)  1942.  — Bull.  Centr.  Nat.  Mus.  Manchoukuo,  3, 
pp.  1-20,  3  fig.,  9  pl. 

Gilmore  (C.  W.)  1928.  —  Mem.  Nat.  Acad.  Sc.,  22,  3,  ix  +  201  p.,  105  fig., 
27  pl. 

Hoffstetter  (R.)  1953.  —  Sur  la  position  systématique  de  Santaisaurus. 

Bull.  Soc.  Geol.  Fr.  (6),  3,  sous  presse  (séance  du  2-3-1953). 
Huene  (F.  von)  1952.  —  Palaeontographica,  Abt.  A,  101,  5-6,  pp.  167-200, 
2  pl. 

Jourdan  (Cl.)  1862.  —  Reptiles  fossiles  du  Bugey,  10  pl.  lithog.  avec 
légendes  manuscrites,  Mus.  Lyon.  Légendes  publiées  par  Hérert, 
Bev.  Soc.  Sav.,  2  (1862),  p,  261. 

Kobayashi  (T.)  1942.  —  Jap.  Journ.  Geol.  Geog.,  Trans.  Abst.,  18,  n°  4, 
Abst.  n°  267,  pp.  66-67. 

Lortet  (M.)  1892.  —  Arch.  Mus.  Hist.  Nat.  Lyon,  5,  1,  139  p.,  10  fig., 
12  pl. 

Lydekker  (R.)  1888.  —  Cat.  Foss.  Rept.  Amph.  Brit.  Mus.  Pt.  I. 
Meyer  (H.  von)  1855.  —  N.  Jahrb.  Min.  Geol.  Pal.,  23,  pp.  326-337. 
Meyer  (H.  von)  1860.  —  Zur  Fauna  der  Yorwelt.  Rept.  lith.  Schiefer... 

Frankfurt. 

Nopcsa  (F.)  1908.  —  Beitr.  Pal.  Geol.  Oester.  Ung.  Or.,  21,  pp.  33-62,  5  fig., 
pl.  3. 


Owen  (R.)  1854.  —  Quart.  Journ.  Geol.  Soc.  London,  10,  pp.  420-433, 
12  fig. 

Owen  (R.)  1855.  —  Ibid.,  11,  pp.  123-124,  1  fig. 

Owen  (R.)  1861.  —  Monog.  Foss.  Lacert.  Rept.  Purbeck  Form.  Pt.  Y, 
pp.  33-39,  pl.  VIII. 

Shikama  (T.)  1947.  —  Proc.  Jap.  Acad.,  23,  7,  p.  76-84,  5  fig. 
Teilhard  de  Chardin  (P.)  1943.  —  Geobiologia,  1,  pp.  78-81. 
Wagner  (A.)  1852.  —  Abh.  bay.  Ak.  Wiss.,  math.-phys.  Kl.,  6,  3, 
pp.  661-710,  pl.  17-20. 

Young  (C.  C.)  1948.  —  Amer.  Journ.  Sc.,  246,  11,  pp.  711-719,  3  fig. 
Zittel  (K.  von)  1889.  - —  Handbuch  der  Palàontologie,  III. 


—  353  — 


Étude  paléoxylologique  du  sahara  (xix)  Leguminoxylon 

ERSANENSE  N.  SP.,  BOIS  FOSSILE  DES  COLLINES  D'ERSANE 

(Sahara  soudanais). 

Par  Edouard  Boureau 

SOUS-DIRECTEUR  AU  MUSÉUM 

Le  bois  fossile  qui  fait  l’objet  de  cette  Note  appartient  à  l’impor¬ 
tante  collection  récemment  donnée  au  Muséum  par  M.  André  Cornet. 
Cette  collection  a  déjà  livré  un  Rutoxylon  Corneti 1,  un  Guttiferoxylon 
saharianum  2  et  un  Myrtoxylon  secretans  s. 

Le  nouveau  gisement,  situé  à  170  km.  au  N.  de  Gao,  par  0°4’ 
de  longitude  Ouest  et  par  17°58’  de  latitude  Nord,  se  trouve  dans 
les  collines  d’Ersane,  formées  d’argiles  et  de  grès  .tendres  du  Conti¬ 
nental  post-éocène  d’où  provient  sûrement  notre  échantillon  fossile, 
découvert  dans  des  cailloutis  gréseux. 

Il  se  présente  sous  l’aspect  d’un  petit  bloc  silicifié  à  grain  très 
fin  qui  se  clive  très  aisément  dans  un  plan  radial.  Il  est  de  couleur 
gris-chamois  en  coupe,  avec  des  flammes  rougeâtres  à  la  périphérie. 
La  structure  est  bien  conservée. 

LEGUMINOSAE 

Leguminoxylon  ersanense  n.  sp. 

(fig.  1  du  texte  et  pl.  I,  fig.  1  et  2). 

Collection  André  Cornet,  CQ. 

I.  - —  Étude  anatomique. 

Les  zones  annuelles  sont  nettement  marquées,  l’inégale  densité 
des  vaisseaux  formant  des  zones  semi-poreuses.  Elles  sont  visibles 
à  l’œil  nu,  les  pores  étant  souvent  de  grande  taille.  Largeur  des 
zones  d’accroissement  :  8  mm.,  12  mm... 


1.  Boureau  (Ed.).  —  1952.  —  Étude  paléoxylologique  du  Sahara  (XVI)  :  Bull. 
Mus.  nat.  Hist.  nat  ,  24,  pp.  489-495,  1952i 

2.  - Étude  paléoxylologique  du  Sahara  (XVII)  :  Ibid.,  pp.  594-600,  1952. 

3.  - Étude  paléoxylologique  du  Sahara  (XVIII)  :  Ibid.,  pp.  225-230,  1952. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  3,  1953. 


—  354  — 


A.  Vaisseaux. 

Les  vaisseaux  sont  disséminés,  souvent  isolés  (60  %)  ou  groupés, 
en  files  radiales  allant  jusqu’à  15  vaisseaux  accolés  (12  %  à  2  vais¬ 
seaux  ;  10  %  avec  3  vaisseaux,  6  %  avec  4  vaisseaux...,  etc.)  On 
trouve  également,  çà  et  là,  des  îlots  de  petits  éléments  irrégulière¬ 
ment  disposés.  Les  rares  files  vasculaires  très  longues,  ont  quelque¬ 
fois  un  diamètre  tangentiel  régulièrement  décroissant  en  rappelant 
une  structure  particulière  figurée  par  S.  J.  Record  1  à  propos  de 
Monopteryx  uaucu  Spruce.  En  coupe  transversale,  ils  sont  arrondis, 
souvent  circulaires  ou  légèrement  allongés  en  direction  radiale. 

1.  Dimensions  (Tg  X  Rd). 

a)  vaisseaux  isolés  :  190  p  X  220  p  ;  235  p  X  280  p  ;  200  p  X 

250  p . 

b)  vaisseaux  groupés  par  2  :  (275  p  X  195  p)  -f-  (295  p  X  245  p)  ; 

(196  p  x  196  p)  +  150  p  X  120  p) . 

c)  vaisseaux  groupés  en  files  de  3  :  (245  p  X  245  p)  -f-  (205  p  X 

100  p)  +  (180  p  X  120  p) . 

d)  vaisseaux  groupés  en  files  de  7  :  (167  p  X  206  p)  +  (167  p  X 
20  p)  +  (167  p  X  80  p)  +  (167  p  X  117  p)  +  (167  p  X 
70  p)  +  (167  p  x  140  p)  -f-  (167  p  x  98  p). 

Ils  sont,  pour  la  plupart,  à  la  limite  des  vaisseaux  de  taille  moyenne 
et  des  vaisseaux  de  grande  taille  (Tg  =  200  p). 

Les  rares  îlots  de  vaisseaux  irrégulièrement  disposés  ont  des  formes 
variées  généralement  beaucoup  plus  petites  (de  25  à  50  p), 

2.  Densité  des  pores.  —  Le  bois  contenant  des  zones  semi-poreuses 
possède  une  densité  inégale  des  vaisseaux. 

a)  bois  initial.  On  compte  en  moyenne  4  pores  ou  groupes  de 
pores  au  mm2,  soit  en  tout  10  pores  isolés  ou  groupés,  par 
mm2. 

b)  bois  final.  On  compte  en  moyenne  2  pores  ou  groupes  de 
pores  au  mm2,  soit  en  tout  3  pores  isolés  ou  groupés  par 
mm2. 

Ils  sont  rares  dans  l’ensemble  (au-dessous  de  10  au  mm2). 

3.  Contenu  des  pores.  —  Cette  espèce  semble  très  souvent  dépour¬ 
vue  de  contenu  dans  ses  pores,  cependant  quelques  vaisseaux  très 
rares  possèdent  un  contenu  gommeux  coloré  en  sombre  et  quelque¬ 
fois  —  semble-t-il  - —  de  la  thyllose. 

3.  Aspect  longitudinal  des  éléments  de  vaisseaux.  —  Les  vaisseaux 
sont  couverts  de  petites  ponctuations  les  mettant  en  rapport  avec 
le  parenchyme  voisin.  On  en  compte  en  moyenne  2,8  pour  une  surface 
de  100  p.2.  Elles  sont  aréolées,  alternées,  souvent  polygonales,  bien 


1.  Record  (S.  J.).  —  1943.  —  Timbers  of  the  New  World. 


—  355  — 


que  sans  contact  les  unes  avec  les  autres,  de  diamètre  environ  6  ix. 
Elles  sont  donc  fines  (diam.  inférieur  à  7  |x).  Les  ponctuations  inter- 
vasculaires  et  celles  qui  unissent  les  vaisseaux,  le  parenchyme  et 
les  rayons,  sont  du  même  type. 

Longueur  des  éléments  de  vaisseaux  :  150  [x  ;  295  fx  ;  350  jx  ;  500  [x... 
Ils  sont  courts  et  quelquefois  de  longueur  moyenne. 

La  paroi  terminale  apparaît  généralement  oblique  dans  les  lames 


Fig.  1.  —  Leguminoxylon  ersanense  Boureau,  n.  sp.  —  Portion  de  coupe  transversale, 
montrant  le  bois  initial  (init.)  et  le  bois  final  (fin.)  de  part  et  d’autre  de  la  ligne 
limitante  figurée  par  du  parenchyme  initial. 

tangentielles  et  horizontale  dans  les  lames  radiales.  La  pente  maxi¬ 
mum  atteint  45°  environ. 

4.  Perforation.  —  Elle  est  simple. 

B.  Parenchyme  ligneux.  —  Il  apparaît  associé  aux  pores  ou  diffus 
ou  encore  disposé  en  bandes  circummédullaires  placées  au  début 
de  l’anneau  annuel.  Il  est  constitué  par  des  cellules  au  contenu 
brun-sombre,  à  parois  minces  (e  =  1  jx). 

1.  Parenchyme  juxtavasculaire,  vasicentrique  (paratrachéal).  —  Les 


—  356 


cellules  associées  aux  pores  sont  disposées  à  leur  périphérie,  allongées 
tangentiellement  par  rapport  à  leur  axe  (diamètres  transversaux  : 
10  (i  X  30  |i).  Observées  en  coupe  longitudinale,  leur  longueur 
verticale  va  de  810  p  à  1350  ix.  Ce  parenchyme  vasicentrique  appa¬ 
raît  souvent  aliforme,  mais  son  épaisseur  autour  du  vaisseau  est 
très  inégale,  selon  les  vaisseaux  ou  suivant  qu’il  s’agisse  de  l’une  ou 
de  l’autre  des  deux  ailes. 

2.  Parenchyme  circummédullaire  (métatrachéal).  —  Il  s’agit  d’un 
parenchyme  initial,  visible  à  l’œil  nu  et  qui  résulte  d’une  confluence 
plus  accentuée  des  parenchymes  aliformes,  suivant  une  ligne  tan- 
gentielle  bien  définie  qui  joue  le  rôle  de  ligne  limitant  les  zones  semi- 
poreuses.  Son  épaisseur  moyenne  est  de  4  cellules,  mais  dans  certains 
cas,  il  disparaît  pour  reparaître  plus  loin.  En  fait,  il  s’agit  d’un  paren¬ 
chyme  juxtavasculaire  développé  et  placé  en  ligne  au  début  de  la 
couche  d’accroissement. 

3.  Parenchyme  diffus .  —  Au  milieu  des  fibres,  on  trouve  çà  et  là 
des  cellules  isolées  à  contenu  sombre  qui  tranchent  fortement  sur 
les  fibres  voisines,  sans  contenu.  Il  s’agit  probablement  de  cellules 
parenchymateuses. 

C.  Fibres  ligneuses.  —  Dans  les  lames  minces  transversales,  des 
fibres  probablement  simpliciponctuées  contrastent  par  leur  couleur 
claire  avec  les  cellules  parenchymateuses  verticales  et  celles  des 
rayons.  Elles  sont  disposées  en  files  radiales  entre  les  rayons.  Elles 
sont  quadrangulaires,  de  dimensions  variables  en  coupe  transversale, 
de  9  à  15  jx  de  côté  (files  étroites).  Leur  membrane  est  mince 

(e  =  2  p). 

D.  Rayons.  — •  En  coupe  tangentielle,  les  rayons  apparaissent 
fusiformes,  disposés  en  chicane,  montrant  quelquefois  de  légères 
traces  d’étagement.  Ils  sont  hétérogènes  (type  II  de  Kribs)  et  petits, 
de  1  à  3-sériés,  surtout  2-sériés,  de  hauteur  moyenne  540  [x  (18  cel¬ 
lules)  et  de  largeur  moyenne  55  p  (rayon  2-sérié). 

De  nombreuses  cellules  des  rayons  ont  un  contenu  sombre,  gom¬ 
meux.  D’autres  ont  une  ouverture  claire.  Ces  cellules  sont  de  taille 
inégale,  généralement  isodiamétriques,  de  12  [x  à  30  p  dans  leur 
partie  plusisériée  et  à  paroi  mince.  Les  cellules  des  extrémités  uni- 
sériées  apparaissent  dressées  verticalement  (46  [x  X  36  p)  dans  les 
lames  radiales,  alors  que  les  cellules  des  parties  plurisériées  des 
rayons,  sont  couchées.  On  compte  en  moyenne  8  ou  9  rayons  au  mm. 
horizontal  tangentiel. 


—  357  — 


II.  —  Affinités. 

Malgré  des  affinités  non  négligeables  avec  d’autres  groupes,  c’est 
dans  la  famille  des  Légumineuses  que  nous  croyons  devoir  ranger 
notre  échantillon. 

Une  comparaison  apparemment  bien  établie  pourrait  être  faite 
avec  les  familles  de  Rutaceae,  Sapindaceae  qui  présentent  certains 
des  caractères  importants  de  l’échantillon  d’Ersane  :  disposition 
radiale,  répartition  et  taille  des  pores,  zones  semi-poreuses,  dispo¬ 
sition  particulière  du  parenchyme.  Mais  dans  ces  familles,  ces  carac¬ 
tères,  peu  répandus  ne  coexistent  pas  dans  une  même  espèce  connue, 
possédant  en  outre  un  plan  ligneux  d’ensemble  souvent  très  différent. 

En  se  reportant  à  l’ouvrage  synthétique  de  Metcalfe  et  Chalk  1, 
on  constate  que  les  caractères  de  notre  échantillon  sont  largement 
représentés  dans  la  famille  des  Légumineuses  :  les  vaisseaux  ont  de 
façon  typique  un  diamètre  tangentiel  moyen  compris  entre  100  p. 
et  200  p.  Il  est,  dans  certains  cas,  supérieur  à  200  p.  Ils  sont  typi¬ 
quement  solitaires  avec  quelques  multiples  radiaux,  de  2,  3,  4  et 
davantage  et  parfois  groupés  en  îlots  de  plus  petits  éléments.  La 
densité  est  comparable  à  celle  des  pores  de  l’échantillon  d’Ersane. 
Le  parenchyme  est  du  même  type,  les  rayons  sont  de  forme,  de 
grandeur  et  en  nombre  comparables,  les  fibres,  simpliciponctuées. 

Espèces  fossiles.  Une  révision  d’ensemble  des  bois  des  Légumi¬ 
neuses  fossiles  d’Afrique  Nord-Equatoriale  permet  d’établir  le 
le  tableau  comparatif  suivant  : 


Couches  annuelles  d’accroissement  bien  marquées  par  la  densité  et  la 
grandeur  des  vaisseaux  souvent  répartis  en  zones  semi-poreuses.  .  1. 

Bois  à  pores  diffus  ou  à  couches  d’accroissement  peu  visibles,  d’après 

la  densité  des  vaisseaux .  2. 

1.  Rayons  ligneux  toujours  1-sériés. . . .  3. 

Rayons  au  plus  3-sériés .  4. 


Rayons  au  plus  5-sériés . Caesalpinioxylon  Zaccarinii  Chiarugi, 

1933  2. 

3.  Rayons  étagés ....  Pterocarpoxylon  Arambourgii  Boureau,  1951  3. 
Rayons  non  étagés .  5. 


1.  Metcalfe  (C.  R.)  et  Chalk  (L.).  —  1950.  —  Anatomy  of  the  Dicotyledons. 
Cf.  pp.  475-535. 

2.  Chiarugi  (A.).  —  1933.  —  Legni  fossili  délia  Somalia  Italiana.  Palaeontographia 
italica ,  vol.  XXXII,  suppl.  1,  pp.  97-167. 

3.  Boureau  (Ed.).  — ^1951.  —  Contribution  à  l’étude  paléoxylologique  de  l’Afrique 
du  Nord  (III)  :  Pterocarpoxylon  Arambourgii  n.  gen.,  n.  sp.,  bois  silicifié  de  Legumi- 
noseae-Papilioneae  découvert  dans  les  phosphates  Yprésiens  de  Khouribga  (Maroc). 
Bull.  Mus.  nat.  Hist.  nat.,  2e  s.,  XXIII,  n°  5,  pp.  552-557,  1951. 


—  358  — 


5.  Parenchyme  très  développé..  Leguminoxylon  mogadaense  Boureau, 

1950  K 

Parenchyme  très  peu  développé, .  .  Leguminoxylon  albizziae  Krausel, 

1939  2. 

4.  Parenchyme  eircummédullaire  disposé  en  bandes  épaisses . 

Leguminoxylon  Edwardsii  KrÂusel,  1939  2. 

Parenchyme  eircummédullaire  initial  peu  marqué . 

Leguminovylon  ersanense  Boureau,  n.  sp. 

2.  Parenchyme  eircummédullaire  aliforme  seulement,  sans  indication 

nette  de  bandes  concentriques  régulières . . . .  6. 

Parenchyme  surtout  disposé  en  nettes  bandes  concentriques,  le  paren¬ 
chyme  juxtavasculaire  étant  très  peu  marqué . 

Caesalpinioxylon  migiurtinum  Chiarugi,  1933. 
Parenchyme  juxtavasculaire  coexistant  avec  le  parenchyme  circum- 
médullaire,  également  bien  développé  .  7. 

7.  Rayons  1 -sériés .  Caesalpinioxylon  Quirogae  Schenk,  1889  3. 

Rayons  de  1-  à  3-sériés . .  8. 

Rayons  au  plus  5-sériés.  ...  «  Acacioxylon  »  vegae  Schenk,  1888  2_4. 

8.  Parenchyme  à  confluences  principalement  obliques . 

Leguminoxylon  Menchikoffii  Boureau,  1951  5. 

Parenchyme  à  confluences  principalement  concentriques . . . 

«  Acacioxylon  »  antiquum  Schenk,  1888  2'6. 

6.  Parenchyme  très  développé .  Leguminoxylon  acaciae  KrÂusel,  1939  4. 

Parenchyme  peu  développé .  Caesalpinioxylon  Ducis-Aprutii 

Chiarugi,  1933. 

Le  spécimen  que  nous  venons  de  décrire  se  rapproche  beaucoup 
du  Caesalpinioxylon  Zaccarinii  Chiarugi  de  Somalie  tant  par  le  plan 
transversal  que  par  le  plan  tangentiel.  Il  en  diffère  seulement  par  la 

1.  Boureau  (Ed.)  1950.  —  Étude  paléoxylologique  du  Sahara  (X)  :  Sur  le  Caesal¬ 
pinioxylon  mogadaense  n.  sp-,  bois  miocène  du  Sud  Constantinois  (Algérie).  Ibid., 
XXII,  n»  5,  pp.  651-656. 

2.  Krausel  (R.).  —  1939.  —  Ergebnisse  d.  Forschungsreisen  Prof.  E.  Stromers 
in  d.  Wüsten  Agyptens.  J V  :  Die  fossilen  Agyptens.  Abhandl.  Bayer.  Akad.  d .  Wis- 
senschaft.,  Math.-Naturw.,  Abt.,  N.  F.  Heft  47,  pp.  1-140. 

3.  Quiroga  (D.  F.).  —  1889.  —  Observaciones  geologicas  hechas  en  el  Sahara  occi¬ 
dental.  Ann .  Soc.  Esp.  Hist.  nat .,  XVIII,  pp.  313-393,  et  pp.  383-391. 

Schimper  (W.  Ph.)  et  Schenk  (A.),  in  Zittel  (K.  A.).  —  1890.  —  Handbuch 
der  Palaeontologie,  958  p.,  433  fig-,  cf.  p.  101,  fig.  432. 

4.  Schenk  (A.).  —  1888.  —  Fossile  Hôlzer  aus  Ostasien  und  Agypten.  Bih .  Kgl. 
Soensk.  Vet.-Akad.  Handl.,  14,  111. 

5.  Boureau  (Ed.).  - —  1951.  —  Étude  païéoxylologique  du  Sahara  (XIV)  :  Legu¬ 
minoxylon  Menchikoffii  n.  sp.,  Bois  éocène,  découvert  au  Nord-Ouest  de  Fort-Flatters 
(Algérie).  Bull.  Mus.  nat.  Hist.  nat.,  2e  s.,  XXIII,  n°  3,  pp.  331-338. 

6.  Lefranc  (J.  Ph.).  — 1952.  —  Des  couches  à  bois  fossiles  tertiaires  du  Tinrhert 
occidental  et  de  Bel  Guebbour  (Sahara  central).  C.  B.  S.,  Soc.  Geol.  Fr.,  11  253-254. 


Planche  I.  - — -  Leguminoxylon  ersanense  Bureau. 

1.  Portion  de  coupe  transversale  au  niveau  du  bois  initial. 

2.  Portion  de  coupe  longitudinale  tangentielle. 


BULLETIN  DU  MUSEUM 


Planche  I 


taille  plus  petite  des  vaisseaux  et  leur  densité  plus  grande  dans 
l’échantillon  de  Somalie.  De  plus  les  rayons  sont  au  plus  3-sériés 
dans  L.  ersanense,  alors  qu’ils  sont  5-sériés  au  plus  dans  G.  Zacca- 
rinii. 

Il  s’agit  cependant  d’une  espèce  nouvelle  que  nous  appellerons 
Leguminoxylon  ersanense,  en  raison  de  ses  affinités  et  de  son  origine. 


III.  —  Diagnose. 

Leguminoxylon  ersanense  n.  sp.  —  Bois  heteroxylé  d’ Angiosperme. 
Zones  d’accroissement  bien  marquées,  en  raison  d’une  répartition  semi- 
poreuse.  Vaisseaux  surtout  solitaires,  de  taille  moyenne  et  de  grande 
taille,  ou  en  chaînes  radiales  plus  rares  pouvant  aller  jusqu’à  15  vaisseaux 
de  densité  allant  de  4  pores  isolés  ou  groupes  (bois  initial)  à  2  (bois  final). 
Parenchyme  ligneux  sombre,  juxtavasculaire  vasicentrique,  inégalement 
aliforme,  quelquefois  confluent  dans  le  bois  initial.  Parenchyme  circum- 
médullaire  résultant  d’une  confluence  plus  marquée,  le  long  de  la  ligne 
limitante  des  zoiies  annuelles  (parenchyme  initial).  Parenchyme  diffus  (?) 
d’observation  difficile.  Rayons  fusiformes,  surtout  2  et  plus  rarement 
3-sériés,  hétérogènes  (Kribs,  II),  de  hauteur  moyenne  540p,  au  nombre 
de  8  à  9  au  mm.  horizontal  tangentiel.  Fibres  à  section  quadrangulaire, 
à  parois  minces. 


IV.  —  Age  géologique. 

Par  comparaison  avec  les  spécimens  bien  datés  du  même  type, 
on  peut  penser  que  cette  espèce  nouvelle  hétéroxylée  provient  des 
couches  continentales  terminales  post-éocènes. 

Laboratoire  <T Anatomie  Comparée 
des  Végétaux  vivants  et  fossiles  du  Muséum. 


Le  Gérant  :  Marc  André. 


ABBEVILLE.  -  IMPRIMERIE  F.  PAILLART.  -  10-9-1953 


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Le  Bulletin  du  Muséum,  est  réservé  à  la  publication  des  travaux  faits 
dans  les  Laboratoires  ou  à  l’aide  des  Collections  du  Muséum  national 
d’Histoire  naturelle. 

Le  nombre  des  fascicules  sera  de  6  par  an. 

Chaque  auteur  ne  pourra  fournir  plus  d’une  1/2  feuille  (8  pages  d’im¬ 
pression)  par  fascicule  et  plus  de  2  feuilles  (32  pages)  pour  l’année.  Les 
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crits  aussi  courts  que  possible  et  de  grouper  les  illustrations  de  manière 
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DU 

MUSÉUM  NATIONAL  D’HISTOIRE  NATURELLE 

36,  RUE  GEOFFROY- SAINT- H  IL  AIRE,  PARIS  Ve 


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comme  Annales  du  Muséum  national  d’Histoire  naturelle ). 

Bulletin  du  Muséum  national  d’Histoire  naturelle  (commencé  en  1895). 
(Un  vol.  par  an,  abonnement  annuel  France,  1500  fr.,  Etranger,  2200  fr.) . 

Mémoires  du  Muséum  national  d’Histoire  naturelle,  nouvelle  série  com¬ 
mencée  en  1936.  (Sans  périodicité). 

Publications  du  Muséum  national  d’Histoire  naturelle.  (Sans  périodicité 
fixe  ;  paraît  depuis  1933). 

Index  Seminum  Horti  parisiensis.  (Laboratoire  de  Culture  ;  paraît 
depuis  1822  ;  échange). 

Notulæ  Systematicæ.  (Directeur,  M.  H.  Humbert,  Laboratoire  de  Phanéro- 
gamie  ;  paraît  depuis  1909  ;  abonnement  au  volume,  France,  600  fr.  ; 
Etranger,  900  fr.). 

Revue  française  d’ Entomologie.  (Directeur  M.  le  Dr  R.  Jeannel,  Laboratoire 
d’Entomologie  ;  paraît  depuis  1934  ;  abonnement  annuel,  France,  500  fr., 
Etranger,  600  fr.). 

Bulletin  du  Laboratoire  maritime  du  Muséum  national  d’Histoire  naturelle 
à  Dinard.  (Directeur  M.  E.  Fischer-Piette,  Laboratoire  maritime  de 
Dinard  ;  suite  du  même  Bulletin  à  Saint-Servan  ;  paraît  depuis  1928  ; 
prix  variable  par  fascicule). 

Bulletin  du  Musée  de  l’Homme.  (Place  du  Trocadéro  ;  paraît  depuis  1931  ; 
adressé  gratuitement  aux  Membres  de  la  Société  des  Amis  du  Musée 
de  l’Homme). 

Recueil  des  travaux  du  Laboratoire  de  physique  végétale.  (Laboratoire  de 
Chimie  ;  Section  de  Physique  végétale  ;  paraît  depuis  1927  ;  échange). 

Travaux  du  Laboratoire  d’Entomologie.  (Laboratoire  d’Entomologie  ;  paraît 
depuis  1934  ;  échange). 

Revue  de  Botanique  appliquée  et  d’ Agriculture  coloniale.  Directeur  :  M.  A. 
Chevalier,  Laboratoire  d’Agronomie  coloniale  ;  paraît  depuis  1921. 
Abonnement  annuel  :  1000  fr. 

Revue  Algologique.  (Directeur  M.  R.  Lami,  Laboratoire  de  Crypto¬ 
gamie  ;  paraît  depuis  1924  ;  abonnement,  France,  400  fr.,  Etranger 
600  fr.). 

Revue  Bryologique  et  Lichénologique.  (Directeur  Mme  Allorge,  Laboratoire 
de  Cryptogamie  ;  paraît  depuis  1874  ;  abonnement,  France,  600  fr., 
Etranger,  900  fr.). 

Revue  de  Mycologie  (anciennement  Annales  de  Cryptogamie  exotique ). 
(Directeur  M.  Roger  Heim,  Laboratoire  de  Cryptogamie.  Paraît  depuis 
1928  ;  abonnement  France  et  territoires  d’Outre-Mer,  1400  fr.,  Etranger, 
2000  fr. 

Mammalia,  Morphologie,  Biologie,  Systématique  des  Mammifères,  (Direc¬ 
teur  M.  Ed.  Bourdelle  ;  paraît  depuis  1936  ;  1000  fr.  ;  Étranger,  1400  fr.). 


ABBEVILLE. 


IMPRIMERIE  F.  PAILLART.  -  10-9-1953. 


Tome  XXV 


26  Série 


JUILLET  1953 


SOMMAIRE 

Pages 

Communications  : 

J.  Guibé  et  M.  Lamotte.  Bana  (Ptychadaena)  submascareniensis.  Batracien 

nouveau  de  l’Afrique  Occidentale .  361 

M.  L.  Bauchot-Boutin.  Révision  synoptique  du  genre  Serrivomer  (Anguilli- 

formes) .  365 

A.  Vandel.  Remarques  systématiques,  morphologiques  et  biogéographiques 

sur  un  groupe  de  Trichoniscidae  Nord-Atlantiques  (Crustacés  ;  Isopodes 
terrestres) .  368 

L.  Face.  Deux  Pycnogonides  nouveaux  de  la  Côte  Occidentale  d’Afrique  ....  376 

M.  André.  Observations  sur  la  fécondation  chez  Allothrombium  fuliginosum 

Herm .  383 

F.  Grandje an.  La  coalescence  fémorogénuale  chez  Fusacarus  (Acaridié, 

Acarien)  . 387 

M.  Leclerc.  Description  de  trois  nouveaux  Pauropodes  de  Corse .  395 

M.  Leclerc.  Pauropodes  de  Corse .  400 

B.  Condé.  Le  Diploure  Campodea  monspessulana  n.  sp.,  hôte  de  la  Grégarine 

Lepismatophila  campodeae  Tuzet,  Manier  et  Ormières .  ...  406 

P.  Rancurel.  Teredo  petiti  Récluz  :  description  de  la  coquille  larvaire .  410 

A.  Guillaumin.  Contributions  à  la  Flore  de  la  Nouvelle-Calédonie,  CIII.  — 

Plantes  de  collecteurs  divers .  414 

G.  Baumann-Bodeniieim.  Fagacées  de  la  Nouvelle-Calédonie . 419 

Cl.  Ch.  Mathon.  Obtention  d’inflorescences  anormales  chez  les  orges.  L’évo¬ 
lution  des  primordia  floraux .  422 


BULLETIN 

DU 

MUSÉUM  NATIONAL  D’HISTOIRE  NATURELLE 


ANNÉE  1953.  —  N°  4 


397e  RÉUNION  DES  NATURALISTES  DU  MUSÉUM 

2  JUILLET  1953 


PRÉSIDENCE  DE  M.  LE  PROFESSEUR  C.  ARAMBOURG 


COMMUNICATIONS 


RaNA  (PTYCHADAENA)  SUBMASCAREN1ENSIS, 

Batracien  nouveau  de  l'Afrique  Occidentale 
Par  J.  Guibé  et  M.  Lamotte. 


Au  cours  d’un  travail  de  révision  des  Ptychadaena  de  l’Afrique 
occidentale,  nous  avons  trouvé  parmi  des  exemplaires  provenant 
du  massif  du  Nimba  (Haute-Guinée  française)  un  certain  nombre 
d’individus  dont  les  caractères  nous  semblent  justifier  la  création 
d’une  espèce  nouvelle. 

Rana  (Ptychadaena)  submascareniensis  nov.  sp. 

Dents  vomériennes  presque  toujours  absentes  (chez  un  exemplaire 
femelle,  elles  sont  représentées  par  quelques  dents  formant  un  très 
petit  amas,  peu  distinct,  au  bord  interne  des  ehoanes).  Tête  à  peine 
plus  longue  que  large  (longueur  prise  à  partir  de  l’angle  mandibu- 
laire,  largeur  au  niveau  des  tympans).  Museau  ogival,  dépassant 
la  fente  buccale,  plus  long  que  le  diamètre  oculaire.  Canthus  rostralis 
arrondi  ;  région  loréale  verticale,  nettement  concave.  Espace  œil- 
narine  plus  court  que  le  diamètre  oculaire  et  que  l’espace  entre  les 
angles  antérieurs  des  paupières  ;  égal  ou  un  peu  plus  long  que  l’espace 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XX V,  n°  4,  1953. 


23 


362  — 


narine-extrémité  du  museau.  Distance  séparant  les  narines  entre 
elles  plus  étroit  que  l’espace  œil-narine.  Distance  entre  le  bord 
antérieur  de  l’œil  et  le  bord  postérieur  du  tympan  nettement  plus 
longue  que  le  museau.  Tympan  égal  à  l’espace  séparant  les  narines, 
les  3/4  ou  2/3  du  diamètre  de  l’œil. 

Doigts  grêles,  par  ordre  de  longueur  croissante  :  1-2-4-3. 

Pattes  postérieures  grêles  et  allongées.  Cuisse  plus  courte  que  le 
tibia  et  que  le  pied  sans  le  tarse.  Tibia  étroit,  sa  longueur  comprise 
environ  1  1/2  fois  dans  celle  du  corps.  Talons  se  recouvrant  forte¬ 
ment  lorsque  les  pattes  sont  repliées  à  angle  droit  sur  le  tronc. 
Orteils  longs  et  fins,  peu  obtus  ;  III  et  V  subégaux,  dépassant  à 
peine  le  milieu  de  la  deuxième  phalange  du  IV  ;  II  atteignant  le 
milieu  de  la  deuxième  phalange  du  III. 

Palmure  moyennement  étendue  et  assez  profondément  échancrée 
entre  les  orteils.  Elle  laisse  libre  une  phalange  à  l’orteil  V  ;  3  pha¬ 
langes  à  l’orteil  IV  ;  2  phalanges  à  l’orteil  III  ;  1  phalange  1/2  aux 
orteils  II  et  I.  Sur  les  bords  externe  et  interne  de  l’orteil  IV  elle 
atteint  le  même  niveau,  soit  le  deuxième  tubercule  sous-articulaire. 
Un  tubercule  métatarsien  interne  net,  pas  de  tubercule  externe, 
un  repli  tarsal  net. 

Sur  le  dos  il  existe  4  plis  glandulaires  de  chaque  côté.  Un  repli 
externe,  issu  de  la  région  inguinale,  se  prolonge  jusqu’au  bord  supé¬ 
rieur  du  tympan  ;  en  dedans  un  autre  pli,  issu  de  la  même  région, 
se  termine  bien  avant  le  niveau  du  tympan,  environ  à  mi-corps. 
Deux  plis  internes  prennent  naissance  à  l’extrémité  postérieure  du 
corps  et  se  prolongent  jusqu’à  la  région  palpébrale  postéro-supé- 
rieure.  Entre  ces  plis,  la  peau  est  légèrement  granuleuse  avec  quel¬ 
ques  verrucosités  éparses  en  arrière  sur  les  paupières  et  sur  les 
flancs.  Face  ventrale  entièrement  lisse. 

Chez  les  mâles  les  sacs  vocaux  internes  s’ouvrent  de  chaque  côté 
de  la  mandibule  par  une  fente  oblique  en  arrière  et  vers  le  dedans 
qui  se  termine  donc  nettement  sous  la  racine  du  bras  (sac  vocal 
infère  ou  pectoral).  Cette  ouverture  est  plus  longue  que  le  diamètre 
oculaire,  un  peu  plus  courte  que  la  longueur  du  museau. 

Coloration  en  alcool.  —  Teinte  générale  brune  avec  des  taches 
foncées  quadrangulaires  ou  arrondies  sur  le  dos  ;  parfois  une  fine 
ligne  médio-dorsale  claire.  Lèvre  supérieure  blanche  ;  canthus  ros- 
tralis  et  région  tympanique  rembrunies  ;  dessus  de  la  tête  barrée 
transversalement  de  foncé  au  niveau  des  yeux  ;  pli  glandulaire 
externe  blanc  argent. 

Sur  les  cuisses  la  face  antérieure  présente  une  barre  foncée  de 
l’aine  au  genou,  soulignée  en  dessus  par  une  barre  claire.  La  face 
supérieure  offre  des  barrés  foncées  obliques  en  arrière  et  en  dehors. 
La  face  postérieure  est  marbrée  de  clair  et  de  foncé  avec  une  ten¬ 
dance  Vers  une  organisation  longitudinale  des  marbrures  :  elle  est 


—  363  — 


limitée  de  la  face  inférieure  par  une  ligne  sombre  nette.  Le  tibia  et 
le  tarse  présentent  des  barres  foncées  transversales  larges. 

Face  inférieure  du  corps  entièrement  blanchâtre,  rembrunie  sous 
la  lèvre  inférieure. 


Type 

9 

Type 

Cf 

Dimensions 
des  autres 

Cf 

moyennes 

exemplaires 

9 

mm. 

mm. 

mm. 

mm. 

Longueur  du  corps .  . 

32,5 

28,5 

26,41 

26,24 

Longueur  de  la  tête. 

12,0 

10,8 

10,16 

11,20 

Largeur  de  la  tête.  .  . 

10,8 

9,4 

9,10 

10,0 

Cuisse . 

18,8 

17,0 

15,6 

16,02 

Tibia . 

21,5 

19,0 

17,26 

18,82 

Pied . 

18,3 

16,5 

14,61 

16,25 

Œil-museau . 

5,0 

5,0 

4,53 

4,81 

Œil-narine . 

2,8 

2,8 

2,31 

2,53 

Entre  les  narines .... 

2,5 

2,4 

2,03 

2,10 

Œil- tympan  1 . 

7,0 

5,6 

5,55 

6,21 

Diamètre  de  l’œil .... 

4,0 

3,0 

3,0 

3,26 

Diamètre  du  tympan. 

2,2 

2,2 

1,98 

2,02 

Fente  du  sac  vocal.  . 

4,3 

Origine.  —  Holotypes  :  1  $  n°  51-198  et  1  £  n°  51-205  Col.  Mus., 
Massif  du  Nimba  (Haute-Guinée  française).  Récolteur  :  M.  Lamotte, 
mai  1942. 

Cotypes  :  6  $$  et  5  en  provenance  de  la  même  station  récoltés 
en  mai  1942  (M.  Lamotte)  et  août  1951  (M.  Lamotte  et  R.  Roy). 
Deux  spécimens  femelles  de  la  région  voisine  de  Touba  (Côte 
d’ivoire)  récoltés  par  R.  Holas,  janvier  1949. 

La  plupart  des  échantillons  ont  été  récoltés  au  pied  de  la  chaîne 
du  Nimba  dans  les  flasques  d’eau  peu  profondes  qui  parsèment  la 
cuirasse  latéritique  durant  toute  la  saison  des  pluies,  de  mai  à 
octobre.  Malgré  leur  petite  taille  les  spécimens  étudiés  sont  matures, 
comme  il  a  été  vérifié  histologiquement. 

Les  principales  caractéristiques  de  Pt.  submascareniensis  sont  sa 
taille  réduite  et  l’absence  complète  —  très  rarement  la  réduction 
extrême  —  des  dents  vomériennes.  Mis  à  part  ces  caractères,  l’espèce 
se  distingue  facilement  de  Pt.  oxyrhynchus  Smith  et  de  Pt.  longi- 
rostris  Peters  par  la  réduction  de  sa  palmure.  Par  sa  coloration  et 
par  ses  plis  dorsaux  non  interrompus  elle  se  sépare  nettement  de 
Pt.  aequiplicata  Werner  et  Pt.  retropunctata  Angel.  Elle  ne  présente 

1.  La  distance  œil- tympan  est  prise  du  bord  antérieur  de  l’œil  au  bord  postérieur 
du  tympan. 


—  364  — 


ni  la  forme  grêle  et  élancée,  ni  le  quatrième  orteil  très  allongé  de 
Pt.  stenocephala  Blgr.  L’absence  d’un  tubercule  métatarsien  externe 
et  de  petits  tubercules  alignés  sur  les  métatarsiens  la  distingue  de 
Pt.  maccarthyensis  Anderson.  Par  contre  elle  se  rapproche  de 
Pt.  Bibroni  Hallow.  et  Pt.  mascareniensis  D.  et  B.  avec  les  formes 
juvéniles  desquelles  elle  peut  être  confondue  ;  on  la  distingue  de 
la  première  par  sa  palmure  beaucoup  moins  étendue,  l’absence  de 
plis  dorsaux  internes  incomplets  dans  la  région  dorsale  postérieure  ; 
de  la  seconde  par  la  disposition  de  la  palmure  au  niveau  de  l’orteil  IV, 
et  la  position  du  sac  vocal,  infère,  des  mâles. 

Laboratoire  de  Zoologie  (Reptiles  et  Poissons )  du  Muséum. 


365 


Révision  synoptique  du  genre  Serrivomer 

(An  G  UILLIFORMES  ) 

Par  M.  L.  Bauchot-Boutin. 


Le  genre  Serrivomer,  créé  en  1883  par  Gill  et  Ryder,  appartient 
à  l’ordre  des  An guillif ormes,  au  sous-ordre  des  Nemichthyoidei  et 
à  la  famille  des  Serrivomeridae  dont  il  est  le  type. 

Parmi  les  auteurs  qui  l’ont  particulièrement  étudié,  retenons 
surtout  les  noms  de  Garman  (1899),  Roule  et  Bertin  (1929), 
Trewavas  (1932),  Beebe  et  Crâne  (1936),  Bertin  (1940-44). 
En  1944,  Bertin  définit  la  place  de  la  famille  des  Serrivomeridae 
dans  l’ordre  des  Apodes,  puis  il  donne  le  synopsis  du  genre  Serrivomer 
et  des  cinq  espèces  qu’il  distingue  par  des  caractères  ostéologiques. 
Nous  renvoyons  également  à  ce  travail,  le  dernier  en  date,  pour 
l’étude  synonymique  des  espèces. 

Ayant  à  notre  disposition  un  matériel  important  provenant  des 
deux  grandes  croisières  océanographiques  du  «  Dana  »  dans  toutes 
les  mers  du  globe  (Océans  Atlantique  et  Golfe  de  Panama  en  1921-22  ; 
Océans  Pacifique  et  Indien  en  1928-30),  il  nous  a  semblé  intéressant 
de  reprendre  une  étude  complète  du  genre.  Seule  une  investigation 
statistique  fondée  sur  un  grand  nombre  de  spécimens  peut  en  effet 
permettre  une  mise  au  point  systématique.  L’exposé  de  nos  méthodes 
d’étude  et  la  description  ostéologique  complète  des  différentes  espèces 
feront  l’objet  d’un  travail  ultérieur.  Nous  ne  donnons  ici  que  le 
synopsis  des  espèces  que  nous  croyons  devoir  distinguer. 

Diagnose  du  genre  Serrivomer.  - —  Corps  allongé,  peu  com¬ 
primé.  Museau  en  forme  de  bec,  faisant  moins  de  la  moitié  de  la 
longueur  de  la  tête  et  se  rétrécissant  progressivement  en  avant  des 
yeux.  Mâchoires  fortes,  la  mâchoire  inférieure  étant  légèrement 
plus  longue  que  la  supérieure.  Dents  vomériennes  postérieures  apla¬ 
ties  transversalement,  coupantes,  disposées  en  alternance  sur  deux 
rangs  et  formant  une  haute  crête  dentelée  au  plafond  buccal.  Dents 
maxillaires  fortes  et  pointues,  en  plusieurs  rangs.  Tronc  diminuant 
progressivement  en  hauteur  et  en  épaisseur  jusqu’au  bout  de  la 
queue  ;  pas  de  filament  caudal  ;  pas  de  rétrécissement  nucal.  Pec¬ 
torales  rudimentaires.  Dorsales  commençant  loin  en  arrière  des 
pectorales  et  se  continuant  jusqu’à  l’extrémité  de  la  queue.  Anale 
commençant  immédiatement  en  arrière  de  l’anus,  environ  à  égale 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


—  366  — 


distance  des  pectorales  et  de  la  dorsale,  et  se  continuant  jusqu’à 
l’extrémité  de  la  queue.  Une  caudale.  Fentes  branchiales  con¬ 
fluentes.  7  ou  8  rayons  branchiostèges.  Ligne  latérale  sans  pores 
ou  avec  une  seule  série  de  très  petits  pores  immédiatement  en  dessous. 


Représentation  schématique  de  la  disposition  des  rayons  branchiostèges 
sur  l’arc  hyoïde  chez  les  différentes  espèces  du  genre  Serrivomer. 

1.  Serrivomer  sector,  S.  brevidentatus  ;  2.  Serrivomer  parabeanii  ;  3.  Serrivomer 
beani,  tâningi,  schmidti,  garmani ;  4.  Serrivomer  j  es  per  serti. 

Synopsis  des  espèces  de  Serrivomer. 

/  Premier  rayon  branchiostège  (rayon  inférieur)  ne  dépassant  pas,  en 
avant,  l’arc  hyoïde  sur  lequel  il  s’insère. 

+  Seul  le  5e  rayon,  à  l’angle  du  cératohyal,  dépassant  cet  os  en 
avant  ;  opercule  demi-circulaire  et  plus  grand  que  le  préopercule 
(%•  !)• 

=  Denture  de  type  longidentatus  (Oc.  Indien,  Pacifique). 

S.  sector  Garman,  1899. 

=  Denture  de  type  brevidentatus  (Oc.  Atlantique,  Pacifique). 

S.  brevidentatus  Roule  et  Bertin,  1929. 

+  4  rayons  branchiostèges  dépassant  la  partie  de  l’arc  hyoïde  sur 
lequel  ils  s’insèrent  ;  opercule  demi-circulaire  et  plus  grand  que  le 
préopercule  (Oc.  Atlantique,  Pacifique,  Indien)  (fig.  2). 

S.  parabeanii  Bertin,  1940. 

/  Premier  rayon  branchiostège  dépassant  en  avant  l’arc  hyoïde  sur 
lequel  il  s’insère.  Denture  de  type  longidentatus. 

+  5  rayons  au  moins  dépassant  en  avant  l’arc  hyoïde  sur  lequel 
ils  s’insèrent  (fig.  3). 


—  367  — 


=  Operculaire  triangulaire  et  sensiblement  égal  au  préopercule 
(Oc.  Atlantique). 

S.  beanii  Gill  et  Ryder,  1883. 
=  Opercule  demi-circulaire  et  plus  grand  que  le  préopercule. 
0  Longueur  de  la  tête  contenue  plus  de  6  fois  dans  la  longueur 
totale  ;  nombre  de  rayons  dorsaux  inférieur  à  160. 

"  Caudale  à  5-6  rayons  (Oc.  Atlantique  Nord). 

5.  tâningi  nov.  sp. 

"  Caudale  à  7  rayons  (Oc.  Atlantique  Sud). 

S.  schmidti  nov.  sp. 

0  Longueur  de  la  tête  contenue  moins  de  6  fois  dans  la  lon¬ 
gueur  totale  ;  nombre  de  rayons  dorsaux  supérieur  à  160. 
(Oc.  Indien). 

S.  garmani  Bertin,  1944. 
+  Rayons  2  et  3  plus  ou  moins  réduits  mais  dépassant  légèrement 
l’arc  hyoïde  sur  lequel  ils  s’insèrent  ;  4e  rayon  ne  dépassant  pas  ; 
5e  à  l’angle  du  cératohyal,  dépassant  (Golfe  de  Panama,  Oc.  Paci¬ 
fique  et  Indien)  (fig.  4). 

S.  jesperseni  nov.  sp. 


BIBLIOGRAPHIE 

(réduite  aux  travaux  de  systématique). 

Giix  (T.)  et  Ryder  (J.  A.).  - — •  Diagnosis  of  new  généra  of  Nemichthyoid 
Eels,  1883-84.  Proc.  U.  S.  Nat.  Mus.  Washington,  VI,  pp.  2Ç0-262. 

Garman  (S.).  —  The  fishes  in  Reports  on  an  exploration  of  the  west 
coasts  of  Mexico,  Central  and  South  America,  and  of  the  Gala¬ 
pagos  Islands...  by  the  “  Albatross  ”.  1891.  Mem.  Mus.  Comp. 
Zool.,  Cambridge  (Mass.  U.S.A.),  1899,  XXIV,  pp.  320-325,  pl.  63-64, 
fig.  1,  pl.  65,  fig.  1. 

Roule  (L.)  et, Bertin  (L.).  —  Les  Poissons  Apodes  appartenant  au  sous- 
ordre  des  Nemichthydiformes,  1929.  Dana  Exped.  1920-22,  Océan 
Rep.,  Copenhague,  n°  4,  pp.  34-52,  fig.  16-31. 

Trewavas  (E.) .  - — -  A  contribution  to  the  classification  of  the  fishes  of 
the  order  Apodes  based  on  the  Osteology  of  some  rare  Eels.  1932. 
Proc.  Zool.  Soc.  London,  pp.  639-659. 

Beebe  (W.)  et  Crâne  (J.).  —  Deep-Sea  fishes  of  the  Bermuda  Océano¬ 
graphie  Expéditions.  Family  Serrivomeridae.  Genus  Serrivomer, 
1936.  Zoologica,  New-York,  XX,  pp.  53-102. 

Bertin  (L.).  Remaniements  dans  la  classification  des  Poissons  Apodes 
appartenant  à  la  famille  des  Serrivomeridés,  1940.  C.  R.  Ac.  Sc. 
Paris,  CCXI,  pp.  76-78. 

Bertin  (L.).  —  Synopsis  ostéologique  et  synonymie  des  Poissons  de  la 
famille  des  Serrivomeridés  (Apodes  anguilliformes),  1944.  Bull. 
Mus.  Paris,  2e  série,  XVI  (2). 

Laboratoire  de  Zoologie  ( Reptiles  et  Poissons)  du  Muséum. 


—  368  — 


Remarques  systématiques, 

MORPHOLOGIQUES  ET  BIOGÉOGRAPHIQUES 
SUR  UN  GROUPE  DE  TRICHONISCIDAE  N ORD- ATLANTIQUES. 
(Crustacés  ;  Isopodes  terrestres) 

Par  A.  Vandel. 

CORRESPONDANT  DU  MUSÉUM 

Une  Note  précédente  (Vandel,  1953  b)  qui  a  pour  objet  de  répar- 
lir,  suivant  un  nouvel  ordre,  les  différents  genres  de  Trichoniscidae, 
fait  état  d’un  groupe  qui  constitue,  dans  la  classification  proposée, 
la  première  Tribu.  Cette  Tribu  comprend  des  genres  encore  peu 
connus,  certainement  très  primitifs,  fort  anciens,  et  dont  la  réparti¬ 
tion  américano-européenne  est  remarquable.  La  présente  note  ras¬ 
semble  quelques  documents  nouveaux  se  rapportant  aux  représen¬ 
tants  de  cette  Tribu. 

Remarques  systématiques  et  morphologiques. 

La  «première  Tribu  renferme  quatre  genres  que  l’on  peut  dis¬ 
tinguer  de  la  façon  suivante  : 

A.  —  Endopodite  du  premier  pléopode  mâle  réduit.  Protrichoniscus 

Endopodite  du  premier  pléopode  mâle  ayant  la  forme  d’une  lame 
allongée  . B 

B.  —  Exopodite  du  premier  pléopode  mâle  fendu  à  son  extrémité.  .  . 

Caucasonethes 

Exopodite  du  premier  pléopode  mâle  non  fendu  à  son  extré¬ 
mité  . C 

C.  —  Endopodite  du  second  pléopode  mâle  terminé  par  une  pointe  très 

longue  et  très  fine .  Escualdoniscus 

Endopodite  du  second  pléopode  mâle  terminé  par  une  pointe 
courte,  renflée  à  son  extrémité .  Finaloniscus 

Deux  autres  genres,  Brackenridgia  et  Cylindroniscus ,  encore 
incomplètement  connus,  font  aussi  probablement  partie  de  cette 
Tribu. 

Le  genre  Protrichoniscus  Arcangeli. 

Bibliographie  :  Arcangeli,  1932,  p.  133  ;  Van  Name,  1936,  p.  510  ; 
1942,  pp.  302  et  327  ;  Mulaik,  1942,  p.  6  ;  1943,  p.  3. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


369 


Morphologie.  —  Ce  genre  mérite  bien  le  nom  que  lui  a  donné 
Arcangeli,  car  il  est  extrêmement  primitif.  Les  différences  que 
l’on  relève  entre  les  pléopodes  mâles  et  femelles  (fig.  1)  sont,  en  effet, 
les  plus  faibles  que  l’on  connaisse  chez  les  Trichoniscidae.  Un  carac¬ 
tère  fort  remarquable,  déjà  noté  par  Arcangeli,  est  le  très  faible 
développement  de  l’endopodite  des  premiers  pléopodes  mâle  et 
femelle  (fig.  1  A  et  C).  Si  l’on  fait  abstraction  de  l’apophyse  génitale 
qui  est  simple  et  non  double,  on  doit  reconnaître  que  l’appareil 
copulateur  de  Protrichoniscus  est  resté  au  stade  de  celui  des  Ligiidae. 
Il  apparaît  donc  très  probable,  contrairement  à  ce  que  suppose 


A,  premier  pléopode  mâle  ;  B,  second  pléopode  mâle  ;  C,  premier  pléopode  femelle  ; 

D,  second  pléopode  femelle. 

Arcangeli  (1932,  p.  136),  que  la  première  paire  de  pléopodes  ne 
joue  aucun  rôle  dans  la  copulation  chez  Protrichoniscus,  pas  plus 
que  chez  les  Ligiidae  et  les  Isopodes  aquatiques. 

La  structure  du  second  pléopode  est  très  particulière  en  ce  sens 
que  l’expopodite  semble  faire  défaut,  aussi  bien  chez  le  mâle  que 
chez  la  femelle  (fig.  1  B  et  D).  En  fait,  ainsi  que  l’a  reconnu  Arcan¬ 
geli,  l’article  basilaire  qui  est  très  renflé  correspond  au  protopodite 
et  à  l’exopodite  fusionnés.  Il  est  certain  que  cette  interprétation 
est  correcte,  car  on  retrouve  chez  Protrichoniscus  le  muscle  qui  est 
renfermé,  chez  tous  les  Trichoniscidae,  à  l’intérieur  de  l’exopodite 
du  second  pléopode.  La  comparaison  avec  le  genre  Finaloniscus 
{fig.  2  C  et  D)  chez  lequel  la  fusion  de  l’exopodite  et  du  protopodite 


—  370  — 


est  incomplète,  et  avec  le  genre  Caucasonethes  (fig.  2  E)  chez  lequel 
l’exopodite  est  entièrement  libre,  ne  laisse  aucun  doute  sur  l’exac¬ 
titude  de  l’interprétation  donnée  par  Arcangeli. 


Fig.  2.  —  F inaloniscus  franciscoloi  Brian  : 

A,  péréiopode  VII  mâle  ;  B,  premier  pléopode  mâle  \  C,  second  pléopode^mâle  ; 
D,  second  pléopode  femelle.  Caucasonethes  henroti  Vandel  ;  E,  second  pléopode  mâle. 


Systématique.  —  Le  genre  Protrichoniscus  renferme  deux  espèces. 
La  première  est  P.  heroldi  Arcangeli  1932  qui  paraît  largement  répan¬ 
due  en  Californie,  ainsi  qu’il  résulte  des  recherches  de  S.  et  D.  Mulaik 


—  371  — 


(1942,  1943).  Grâce  à  l’obligeance  du  Prof.  S.  Mulaik,  il  m’a  été 
possible  d’examiner  quelques  individus  de  cette  espèce  provenant 
des  districts  de  Santa-Cruz,  Calaveras  et  Tulare.  La  seconde  espèce 
est  P.  bridgesi  Van  Name  1942,  forme  troglobie,  dépigmentée  et 
aveugle,  recueillie  dans  une  grotte  à  Pujal,  près  de  San  Luis  Potosi 
(Mexique). 

Le  genre  Finaloniscus  Brian  1951 
(Marioniscus  Brian  1951). 

Bibliographie  :  Brian,  1951  a ,  p.  23  ;  1951  b,  p.  xliii. 

Station.  —  L’unique  espèce  de  ce  genre,  Finaloniscus  franciscoloi 
(Brian  1951)  a  été  récoltée  dans  une  grotte  de  la  Ligurie  occidentale 
(Arma  de  Fate,  Finalpia,  Rio  Ponci).  Grâce  à  la  très  grande  obli¬ 
geance  du  Dr  A.  Brian,  il  m’a  été  possible  d’examiner  un  couple 
de  cette  remarquable  espèce. 

Affinités.  —  En  dépit  de  l’énorme  distance  qui  sépare  leurs  habi¬ 
tats  respectifs,  Finaloniscus  apparaît  très  proche  de  Protrichoniscus. 
En  particulier  :  1)  le  péréiopode  VII  mâle  et  femelle  se  termine, 
comme  celui  de  Protrichoniscus,  par  une  forte  touffe  de  soies  fixée 
sur  le  propodos,  et  la  face  interne  des  articles  est  parcourue  par  des 
rangées  d’ écailles  disposées  parallèlement  (fig.  2  A)  ;  2)  l’exopodite 
du  pléopode  2  mâle  et  femelle  est  soudé  au  protopodite,  mais  cepen¬ 
dant  moins  complètement  que  chez  Protrichoniscus  (fig.  2  C  et  D). 

Finaloniscus  diffère  de  Protrichoniscus  par  :  1)  la  présence  de 
touffes  de  poils  sur  le  propodos  des  péréiopodes  VI  et  VII,  alors  que 
cette  formation  ne  s’observe  chez  Protrichoniscus  que  sur  la  dernière 
paire  de  péréiopodes  ;  2)  par  l’allongement  de  l’endopodite  du  pre¬ 
mier  pléopode  mâle  qui  prend  la  forme  d’une  lame  étroite  (fig.  2  B)  ; 
3)  par  la  soudure  incomplète  de  l’exopodite  et  du  protopodite  du 
second  pléopode  mâle  et  femelle  (fig.  2  C  et  D). 

Le  genre  Escualdoniscus  Vandel. 

Bibliographie  :  Vandel,  1948,  p.  23. 

Stations.  — -  Ce  genre  comprend  deux  espèces  propres  aux  Pyré¬ 
nées  occidentales  :  triocellatus  Vandel  1948  et  coiffaiti  Vandel  1948. 
Je  n’ai  rien  à  ajouter  à  ce  que  j’ai  dit  de  ces  deux  espèces,  à  l’excep¬ 
tion  d’une  nouvelle  station  de  coiffaiti  : 

Cueva  de  Landarbaso  ;  termino  municipal  de  Renteria,  partido  de  San 
Sébastian,  provincia  de  Guipuzcoa,  Espagne. 

28-vii-1917,  Breuil  leg.  ;  Biosp.  N°  857-858  :  8  ?  dont  2  ovigères. 

18-viu-1919  ;  Breuil  et  Jeannel  leg.  ;  Biosp.  N°  945  :  11  c?>  25  Ç  dont 
6  ovigères,  1  pullus. 

24- IX-1950,  Mateu  et  Elosegui  leg.  ;  2  S,  13  ¥• 

25- ix-1950,  Elosegui  leg.  ;  3  d,  3  $. 


—  372 


Le  genre  Caucasonethes  Verhoefï 
( Amerigoniscus  Vandel). 

Synonymie.  —  L’étude  renouvelée  de  ce  genre  m’a  convaincu 
que  le  genre  Amerigoniscus  que  j’avais  institué  en  1950  (Vandel, 
1950,  p.  185)  ne  saurait  être  maintenu  ;  il  est,  en  fait,  synonyme  de 
Caucasonethes  Verh. 

Bibliographie  :  Verhoeff,  1932,  p.  4  ;  1936,  p.  100  ;  Absolon  et 
Strouhal,  1932,  p.  19. 

Définition.  —  J’ai  donné  dans  un  autre  travail  (Vandel,  1953  a) 
la  définition  de  ce  genre  et  un  tableau  de  détermination  des  trois 
espèces  qui  doivent  y  prendre  place. 

Systématique.  —  Le  genre  Caucasonethes  comprend  les  trois 
espèces  suivantes  : 

C.  borutzkii  Verhoefï  1932.  —  Verhoeff,  1932,  p.  4  ;  Wolf,  1938, 
p.  79  ;  Birstein,  1950,  p.  356.  —  Grottes  de  la  région  de  Routais,  en 
Géorgie. 

C.  henroti  (Vandel  1950)  (fig.  2  E).  — »-  Vandel,  1950,  p.  185.  —  Gilly’s 
Cave,  Pennington  Gap,  Virginia  (Etats-Unis). 

C.  rothi  Vandel  1953.  — Vandel,  1953  a.  —  Gold  Beach,  Oregon  (Etats- 
Unis). 

Le  genre  Brackenridgia  Ulrich. 

Bibliographie  :  Eigenmann,  1900,  p.  302  ;  Ulrich,  1902,  p.  90  ; 
Richardson,  1905,  p.  699  ;  Budde-Lund,  1909,  p.  68  ;  Lohmander, 
1927,  p.  2  ;  Arcangeli,  1932,  p.  137  ;  Van  Name,  1936,  p.  92  ;  Wolf, 
1938,  p.  76. 

Ce  genre  ne  renferme  qu’une  seule  espèce,  B.  cavernarum  Ulrich, 
découverte  par  Eigenmann  dans  l’EzeU’s  Cave  et  la  Beaver.  Cave, 
près  de  San  Marcos  (Texas).  Elle  est  malheureusement  encore  très 
mal  connue.  Tous  les  efforts  que  j’ai  tentés  pour  me  procurer  cette 
espèce  ont  jusqu’ici  échoué.  Richardson  (1905,  p.  700)  mentionne 
que,  chez  cette  espèce,  le  propodos  du  septième  péréiopode  est  garni 
d’une  touffe  de  poils,  caractère  qui  rapproche  cette  forme  de  Pro- 
trichoniscus,  ainsi  que  l’a  déjà  noté  Arcangeli  (1932,  p.  137)  ; 
mais,  c’est  plutôt  avec  P.  bridgesi  et  non  avec  P.  heroldi  que  s’éta¬ 
blissent  les  affinités  de  cette  espèce. 

Le  genre  Cylindroniscus  Arcangeli. 

Bibliographie  :  Arcangeli,  1929,  p.  141  ;  Van  Name,  1936,  p.  93  ; 
Verhoeff,  1938,  p.  253. 

Ce  genre  ne  renferme  qu’une  espèce,  C.  seurati  Arcangeli  1929, 
recueillie  par  Silvestri  à  Guayabal  (Cuba).  Sa  place  systématique 


—  373  — 


ne  peut  être  fixée  avec  certitude  pour  la  raison  que  le  mâle  reste 
inconnu.  Verhoeff  (1938,  p.  253)  en  a  fait  le  type  d’une  nouvelle 
famille,  celle  des  Cylindroniscidae,  mais,  ainsi  que  l’a  clairement 
reconnu  Arcangeli  (1929,  p.  141),  il  ne  fait  guère  de  doute  que 
Cylindroniscus  soit  un  Trichoniscidé.  La  forme  de  l’endite  interne 
de  la  maxillule,  la  présence  d’une  touffe  de  soies  sur  le  propodos  des 
péréiopodes  YI  et  VII  révèlent  des  affinités  incontestables  entre 
Cylindroniscus  et  Finaloniscus. 

Remarques  biogéographiques. 

Les  Trichoniscidae  dont  il  vient  d’être  question  et  que  je  propose 
de  grouper  en  une  même  Tribu,  en  raison  de  leurs  incontestables 
affinités  morphologiques,  répondent  au  type  structural  le  plus  pri¬ 
mitif  que  l’on  connaisse  dans  cette  famille  d’Isopodes.  Leur  répar¬ 
tition  n’est  pas  moins  remarquable.  Les  différentes  espèces  de  cette 
Tribu  se  rencontrent  en  Géorgie,  dans  l’Italie  du  Nord,  dans  les 
Pyrénées  occidentales,  dans  les  régions  méridionales  des  États-Unis, 
depuis  le  versant  atlantique  jusqu’à  la  côte  pacifique,  au  Mexique 
et  peut-être  à  Cuba.  C’est  un  bel  exemple  de  ces  répartitions  «  hori¬ 
zontales  »  (est-ouest)  qui  semblent  ignorer  la  présence  des  Océans 
actuels,  et  sur  lesquelles  j’ai  déjà  attiré  l’attention  (Vandel,  1952 
p.  1333).  Comme  ces  espèces  sont  étroitement  localisées,  et,  de  plus 
cavernicoles,  à  l’exception  de  trois  d’entre  elles  ( Protrichoniscus 
heroldi,  Caucasonethes  rothi  et  Cylindroniscus  seurati),  l’hypothèse 
d’un  transport  accidentel  par  l’homme  ne  se  pose  même  pas.  Un 
passage,  à  travers  les  terres  arctiques,  d’Europe  en  Amérique  ou 
vice  versa  de  ces  formes  propres  aux  climats  tempérés  et  humides, 
est  formellement  exclu.  Il  n’est  possible  de  rendre  compte  de  cette 
distribution  qu’en  faisant  appel  à  la  paléogéographie.  Il  s’agit  là 
de  toute  évidence  d’une  répartition  mésogéenne.  Les  stations  isolées 
et  fort  éloignées  les  unes  des  autres  des  représentants  de  cette  Tribu 
sont  les  reliques  d’une  ancienne  distribution,  autrefois  continue, 
s’étendant  sur  tout  le  continent  nord-atlantique  qui  réunissait 
l’Amérique  et  l’Europe  et  formait  le  rivage  septentrional  de  la  grande 
mer  équatoriale,  la  Mésogée  ou  Tethys.  La  morphologie  restée  très 
primitive  des  représentants  de  cette  Tribu  s’accorde  parfaitement 
avec  leur  origine  certainement  ancienne. 


BIBLIOGRAPHIE 

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gen.,  nov.  spec.,  eine  neue  Hôhlen-Trichoniscide.  Zool.  Anz.  CI,  pp.  17- 
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—  374  — 


Arcangeli  (A.).  —  1929.  Isopodi  Terrestri  raccolti  in  Cuba  dal  Prof. 
F.  Silvestri.  Boll.  Labor.  Zool.  gen.  agr.  R.  Ist.  sup.  agr.  Portici.  XXIII, 
pp.  129-148  ;  6  fig. 

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nel  Nord-Ameriea.  Ibid.,  XXVI,  pp.  121-141  ;  7  fig. 

Birstein  (J.  A.).  - —  1950.  La  Faune  des  Grottes  de  la  Transcaucasie 
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Brian  (A.).  —  1951  a.  Descrizione  di  un  nuovo  genere  di  Trichoniscide 
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XIV,  pp.  53-70;  Taf.  V-VII. 

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Familien  derselben  und  neues  System.  Zool.  Jahrb.  Abt.  System.  Oekol. 
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Catalogus.  —  ’s  Gravenhage,  918  pp. 


Deux  Pycnogonides  nouveaux 
de  la  Cote  Occidentale  d'Afrique 


Par  Louis  Fage. 

PROFESSEUR  AU  MUSÉUM 


L’activité  du  personnel  scientifique  de  l’Institut  Français  d’Afrique 
Noire  m’a  permis  d’examiner  une  nouvelle  collection  de  Pycnogo¬ 
nides  récoltés  dans  la  région  de  Dakar  et  en  particulier  à  Gorée  sous 
la  direction  de  M.  Cadenat. 

Parmi  les  douze  espèces  qui  composent  cette  collection,  il  en  est 


Fig.  1.  —  Ammolhella  Hedgpethi,’jnov.  sp.  cj. 


quatre  qui  sont  à  ajouter  à  la  liste  précédemment  donnée  des  formes 
signalées  dans  ces  parages  (1949).  L’ Ammothella  Hedgpethi  nov.  sp., 
YAchelia  vulgaris  (Costa)  ;  Y Ascorhynchus  latipes  (Cole)  et  le  Pycno- 
gonum  Cessaci  Bouvier. 

D’autre  part,  M.  J.  Forest  a  rapporté  de  Conakry  un  intéres¬ 
sant  Nymplion,  le  N.  Foresti  nov.  sp.  dont  je  donne  ici  la  descrip¬ 
tion. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


—  377  — 


Ammothella  Hedgpethi  nov.  sp. 

Dakar,  Anse  Bernard,  1er  novembre  1947.  Niveau  des  basses  mers 
de  vive  eau,  parmi  les  Éponges,  sous  les  pierres  :  1  ovifère. 

Téguments  fortement  chagrinés.  Tronc  ovale  ;  prolongements  laté¬ 
raux  légèrement  dilatés  à  leur  partie  distale,  pourvus  de  quelques 
courtes  épines  irrégulièrement  disposées  sur  leurs  faces  antérieures 
et  postérieures.  Tubercule  oculaire  assez  haut,  arrondi  au  sommet, 
portant  une  tache  pigmentaire  représentant  les  yeux. 

Trompe  piriforme,  de  même  longueur  que  les  trois  premiers 
segments  du  tronc.  Segment  céphalique  aussi  long  que  large  dans 
sa  partie  frontale  avec  les  angles  latéraux  antérieurs  prolongés  par 


Fig.  2.  —  Ammothella  Hedgpethi ,  nov.  sp.,  troisième  patte. 


un  fort  tubercule  arqué,  un  fort  bourrelet  saillant  à  sa  base.  Abdo¬ 
men  grêle  à  la  base,  élargi  et  redressé  vers  l’arrière,  pourvu  de  quel¬ 
ques  épines. 

Chélicères  un  peu  plus  longues  que  la  trompe  ;  les  deux  articles 
du  scape  égaux,  armés  ainsi  que  le  court  article  distal  de  nombreuses 
et  longues  épines  bacilliformes  et  de  poils  barbelés  plus  rares. 

Palpes  plus  longs  que  la  trompe  ;  l’article  distal  plus  long  que  les 
deux  précédents. 

Ovigères  remarquables  par  la  brièveté  des  articles  distaux,  le 
petit  nombre  d’épines  spéciales  et  la  présence,  sur  l’article  distal, 
de  deux  longues  épines  pennées. 

Pattes  relativement  courtes  et  épaisses.  Coxas  subégales  ;  fémur 
plus  court  que  le  premier  et  de  même  longueur  que  le  second  tibia  ; 
tarse  très  court  ;  propode,  un  peu  plus  court  que  le  second  tibia, 
armé  d’une  dizaine  d’épines,  plus  fortes  dans  sa  partie  distale  ; 
griffes  auxiliaires  égales  aux  2/3  de  la  griffe  principale.  Premières 
et  deuxièmes  coxas,  fémurs  et  premiers  tibias  armés  de  longues  épines 
bacilliformes  et  de  quelques  soies  barbelées  ;  à  la  partie  distale  du 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


24 


—  378  — 


fémur,  ouverture  de  la  glande  cémentaire  au  sommet  d’un  robuste 
tube  spiniforme. 


Dimensions  en  millimètres  : 


Trompe . 

0,75 

F emur  . 

...  0,6 

Tronc . 

0,9 

Tibia  1 . 

.  .  .  0,65 

Chélicères . 

0,9 

Tibia  2  . 

...  0,6 

Prolongement  latéral . 

0,3 

Tarse . 

. . .  0,06 

Coxa  1  . 

0,28 

Propode  . 

...  0,4 

Coxa  2.  . 

0,3 

Griffe  principale . 

.  .  .  0,15 

Coxa  3 . 

0,28 

Griffes  auxiliaires . 

...  0,1 

Cette  espèce,  dédiée  au  Dr.  Joël  W.  Hedgpeth  qui  a  si  heureu¬ 
sement  fait  progresser  nos  connaissances  sur  les  Pycnogonides,  est 
extrêmement  voisine  de  VA.  Marcusi  Hedgpeth  (1948)  des  Tortugas, 
en  particulier  par  l’armure  si  singulière  des  chélicères  et  des  pattes 
et  par  la  présence  d’une  paire  de  tubercules  au  bord  frontal  ;  elle 
s’en  distingue  par  son  allure  plus  massive,  par  ses  pattes  beaucoup 
moins  grêles  et  par  les  proportions  de  leurs  articles. 

Nymphon  Foresti  nov.  sp. 

Conakry,  Guinée  française,  ( Gérard  Treca,  St.  40)  9°  N.,  13°50'  W., 
chalut  30  m.  de  profondeur,  9  mars  1953.  Sable  coquiller.  Éponges, 
Hydraires  :  1  £  ovifère. 

Tronc  allongé  ;  prolongements  latéraux  distants  de  plus  de  lepr 
diamètre,  portant  1  ou  2  petites  épines  au  bord  distal  ;  segment 
céphalique  de  même  longueur  que  l’ensemble  des  autres  segments. 
Cou  long  et  grêle,  sa  largeur  un  peu  inférieure  à  la  moitié  de  celle 
du  bord  frontal  ;  base  des  ovigères  arrondie,  au  contact  des  pre¬ 
miers  prolongements  latéraux.  Tubercule  oculaire  bas  et  obtus  por¬ 
tant  de  gros  yeux  bien  pigmentés. 

Trompe  cylindrique,  légèrement  déprimée  latéralement,  presque 
de  un  quart  plus  courte  que  le  segment  céphalique.  Abdomen  court 
et  obliquement  redressé  vers  l’arrière. 

Scape  des  chélicères  de  même  longueur  que  la  trompe,  sa  longueur 
égale  à  cinq  fois  sa  largeur  ;  pince  à  peine  plus  longue  que  le  scape  ; 
les  doigts  de  même  longueur  que  la  main  ;  environ  45  dents  très  fines 
au  doigt  fixe. 

Palpes  grêles  ;  les  deux  articles  distaux  subégaux,  un  peu  plus 
courts  que  l’article  précédent  et  nettement  plus  courts  que  l’article  2. 

Ovigères  très  longs  ;  article  4  fortement  incurvé,  article  5  pourvu 
de  6  à  7  épines  distales  rétroversées  ;  38  épines  spéciales  sur  les 
quatre  derniers  articles  (12  +  9  +  8  T  9). 

Pattes  longues  et  grêles.  A  la  troisième  paire  :  seconde  coxa  de 
même  longueur  de  l’ensemble  des  coxas  1  et  3  subégales.  Fémur  à 


—  379 


peine  plus  long  que  l’ensemble  des  coxas.  Tibias  subégaux  faisant 
chacun  le  double  de  l’ensemble  du  tarse  et  du  propode  ;  le  premier 
tibia  dilaté  dans  sa  partie  distale  ;  tarse  à  peine  plus  long  que  le 


propode,  les  deux  articles  pourvus  en  dessous  de  8  à  9  courtes  et 
fines  épines  ;  griffe  principale  égale  au  4/5  du  propode,  les  auxiliaires 
faisant  un  peu  plus  du  tiers  de  la  principale. 


—  380 


Dimensions  en  millimètres  : 


Trompe . 

. . .  0,85 

F  émur  2 . 

...  2, 

Cou . 

. .  0,35 

Tibia  1 . 

.  . .  3,49 

Segment  céphalique . 

,..  1,1 

Tibia  2  . 

...  3,5 

Tronc  . 

..  2,1 

Tarse . 

...  0,9 

Coxa  1  . 

. .  .  0,5 

Propode  . 

.  . .  0,86 

Coxa  2  . 

.  .  .  1,0 

Griffe  principale . 

.  .  .  0,75 

Coxa  3  . 

, . .  0,4 

Griffes  auxiliaires . 

. . .  0,25 

Cette  espèce  est  très  voisine  du  Nymphon  angolense  Gordon 
(1912)  de  l’Angola  et  retrouvé  dans  les  baies  du  Tigre  et  de  l’Élé¬ 
phant  par  le  «  Mbizi  »  (Stock  1951).  Elle  s’en  distingue  surtout  par 
sa  taille  deux  fois  plus  petite,  par  son  cou  moins  développé  et  par 
la  gracilité  des  appendices,  notamment  l’allongement  des  tibias, 
tarses,  et  propodes. 


Remarques  sur  la  distribution  géographique. 

Tandis  que  le  Nymphon  Foresti,  par  ses  étroites  affinités  avec  le 
JV.  angolense,  indique  des  relations  faunistiques  entre  la  Guinée 
française  et  le  S.  W.  Africain,  les  quatre  espèces  citées  plus  haut  du 
Sénégal  confirment,  d’une  part,  avec  Y Achelia  vulgaris,  la  pénétra¬ 
tion  de  la  faune  Méditerranéenne  jusqu’en  ce  point  et,  d’autre  part, 
avec  l’ Ammothella  Hedgpethi,  Y Ascorhynchus  latipes  et  le  Pycno- 
gonum  Cessaci,  les  relations  extrêmement  étroites,  déjà  signalées, 
entre  la  faune  des  Pycnogonides  de  l’W.  Africain  et  celle  de  la  côte 
correspondante  Américaine. 


—  381  — 


De  Gibraltar  au  Congo  on  compte  36  espèces  de  Pycnogonides 
sur  la  côte  d’Afrique  ;  j’en  donne,  ici  la  liste  en  mettant  en  regard, 
s’il  y  a  lieu,  les  espèces  correspondantes  ou  représentatives  signalées 
sur  la  côte  américaine  : 


W.  Afrique 
Nymphon  Adami  Giltay 

—  cognatum  Loman 

=  longituberculatum 
Olsen 

—  Foresti  Fage 

—  gracile  Leach 

—  Gruveli  Bouvier 

—  mauritanicum  Fage 

—  prolatum  F  âge 
Halosoma  robustum  (Dohrn) 
Phoxichilidium  exiguum  (Dohr.) 
Anoplodactylus  Evelinae  Marcus 

—  Jungersi  Fage 

—  massiliensis  Bouv. 

—  petiolatus  (Krôyer) 

—  Polignaci  Bouvier 

—  trispinosus  Stock 
Endeis  charybdaea  (Dohrn) 

—  mollis  (Carpenter) 

—  spinosa  (Montagu) 

Ammothella  Hedgpethi  Fage 
Achelia  armata  Bouvier 

—  echinata  Flodge 

—  Langi  (Dohrn) 

—  longipes  (Hodge) 

Sawayai  Marcus 

—  setulosa  Loman 

—  oulgaris  (Costa) 
Ascorhynchus  arenicola  (Dohrn) 

—  armatus  Wilson 

—  latipes  (Cole) 

—  similis  Fage 

Eurycide  raphiaster  Loman 
Tanystylum  Isabellae  Marcus 

—  orbiculare  Wilson 

Pycnogonum  Cessaci  Bouvier 

—  littorale  (Strôm) 

—  nodulosum  (Dohrn) 


E.  Amérique 


Nymphon  floridanum  Hedgpeth 


Halosoma  robustum  (Dohrn) 
Anoplodactylus  Evelinae  Marcus 

—  sp.  B.  Hedgpeth 

—  petiolatus  (Krôyer) 
—  Polignaci  Bouvier 

Endeis  charybdaea  (Dohrn) 

—  spinosa  (Montagu) 
Ammothella  Marcusi  Hedgpeth 


Achelia  Sawayai  Marcus 


Ascorhynchus  armatus  Wilson 

—  latipes  (Cole) 

Eurycide  raphiaster  Loman 
Tanystylum  Isabellae  Marcus 
—  orbiculare  Wilson 
Pycnogonum  Cessaci  Bouvier 

—  littorale  (Strôm) 


Ainsi  sur  les  36  espèces  africaines,  17  se  retrouvent  ou  sont 
représentées  par  des  formes  affines  sur  la  côte  américaine.  On 
pourrait  encore  ajouter  que  Y  Ammothella  appendiculata  (Dohrn), 


382  — 


les  Callipallene  brevirostris  (Johnston),  eniaciata  (Dohrn)  et  phantoma 
(Dohrn)  sont  également  communs  à  la  Méditerranée  et  à  l’Amé¬ 
rique.  Je  ne  pense  pas  que  l’on  trouve  dans  un  autre  groupe  une 
pareille  correspondance. 

On  peut  constater  que  cette  correspondance  est  surtout  étroite 
pour  les  espèces  littorales  Halosoma,  Anoplodactylus ,  Endeis,  Ammo- 
thella,  Tanystylum,  Pycnogonum  ;  exception  doit  être  faite  pour 
les  Achelia  dont,  jusqu’ici,  une  seule  espèce  s’est  révélée  commune 
aux  deux  rives  de  l’Atlantique.  Ces  espèces  sont  généralement  tri¬ 
butaires  d’une  faune  épiphyte,  Hydraires,  Lucernaires,  Ectoproctes 
fixés  aux  Algues,  sur  lesquelles  elles-mêmes  se  cramponnent  volon¬ 
tiers  et  peuvent  ainsi  être  transportées  à  de  longues  distances.  J’ai 
rappelé  (1949)  à  ce  propos  que  la  direction  des  courants  dans  cette 
partie  de  l’Atlantique  permet  de  leur  attribuer  un  rôle  important 
dans  la  distribution  des  espèces  de  part  et  d’autre  de  l’Océan. 


OUVRAGES  CITÉS 

1942.  Fage  (L.) .  —  Pycnogonides  de  la  côte  occidentale  d’Afrique. 

Arch.  Zool.  exp.  et  gen.,  t.  82,  N.  et  R.,  p.  75. 

1949.  Fage  (L.).  —  Pycnogonides  du  Congo  Belge.  Idem,  86,  N.  et  R., 

p.  20. 

1952.  Fage  (L.).  —  Sur  quelques  Pycnogonides  de  Dakar.  Bull.  Muséum. 
Paris,  2e  sér.,  t.  24,  n°  6,  p.  530. 

1932.  Gordon  (I.).  —  Pycnogonida.  Discovery  Reports,  t.  6,  p.  1-138. 
1948.  Hedgpeth  (J.  W.).  —  The  Pycnogonida  of  the  Western  North 
Atlantic  and  the  Caribbean.  Proc.  U.  S.  Nat.  Muséum,  t.  97, 
p.  155. 

1940.  Marcus  (E.) .  —  Os  Pantopoda  brasilieros  e  os  demais  sub-ame- 
ricanos.  Bol.  Fac.  Fil.  Cien.,  Letr.  XJniv.  Saô  Paulo,  t.  19,  p.  3. 
1951.  Stock  (J.  H.).  —  Pantopoda,  in  Res.  scient,  des  croisières  du  «  Mer- 
cator  »,  vol.  Y,  pp.  1-23. 


—  383  — 


Observations  sur  la  fécondation 
chez  Allothrombium  fuliginosum  Herm. 

Par  Marc  André. 


Chez  les  Acariens  l’accouplement  et  la  fécondation  n’ont  pu  être 
observés  que  très  rarement  et  leur  processus  demeure  encore  géné¬ 
ralement  inconnu  dans  de  nombreux  groupes  ;  quelques  cas  parti¬ 
culiers  ont  seulement  été  signalés  et  partiellement  étudiés. 

Lorsqu’il  s’agit  de  l’accouplement  proprement  dit,  entre  individus 
adultes  de  sexe  différent,  l’attention  des  observateurs  a  été  plus 
particulièrement  attirée  par  le  comportement  des  partenaires  au 
moment  de  la  copulation.  C’est  ainsi  que  le  phénomène  a  pu  être 
observé,  parmi  les  Gamasides,  chez  certains  Parasitides  ;  chez  les 
Ixodes  également  où  l’accouplement  peut  durer  plusieurs  heures 
et  même  parfois  un  jour  à  un  jour  et  demi.  Parmi  les  Sarcoptiformes, 
les  Acaridiae  en  ont  fourni  quelques  rares  exemples  ;  chez  la  plupart 
d’entre  eux  la  copulation  dure  très  longtemps,  souvent  des  jours 
entiers.  Chez  les  Hydrachnides  un  certain  nombre  de  cas  sont 
également  connus.  Dans  les  Tarsonemini,  où  la  copulation  est 
cependant  très  rapide,  quelques  faits  ont  déjà  été  observés. 

D’après  les  observations  relevées  jusqu’ici  il  semblait  nécessaire 
qu’un  contact  plus  ou  moins  étroit  s’établisse  entre  le  mâle  et  la 
femelle  ;  soit  que  la  copulation  ait  lieu  directement  à  l’aide  d’un 
pénis  ou  bien  que  le  mâle,  à  défaut  de  cet  organe,  fasse  usage  d’appa¬ 
reils  sexuels  secondaires  externes  tels  que  les  palpes  ou  les  mandi¬ 
bules  plus  ou  moins  transformés  en  organes  accessoires  particuliers 
jouant  le  rôle  d’appareils  eopulateurs  destinés  au  transport  de  sper- 
matophores.  On  observe  également,  chez  certaines  formes,  une  plus 
ou  moins  grande  adaptation  dans  les  organes  locomoteurs  du  mâle, 
modifiés  pour  permettre  à  celui-ci  d’immobiliser  la  femelle  ou  de 
se  cramponner  solidement  à  elle. 

Chez  les  Thrombidions  le  phénomène  n’a  pas  encore  été  étudié 
et  l’observation  de  nombreux  individus  vivants  d ’ Allothrombium 
fuliginosum  Herm.,  nous  a  permis  de  surprendre  le  mode  de  fécon¬ 
dation  dans  cette  espèce. 

Allothrombium  fuliginosum  Herm.  est  l’une  des  espèces  de  Throm¬ 
bidions  les  plus  communes  en  Europe.  L’adulte  est  un  prédateur 
se  nourrissant  de  petits  Arthropodes  qu’il  saisit  entre  ses  chélicères 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


—  384  — 

et  ses  palpes  ;  il  est  également  destructeur  actif  des  œufs  d’insectes,, 
par  exemple  de  ceux  des  Aphides,  des  Coccinelles,  etc.  ;  il  s’attaque 
aussi  parfois  à  d’autres  Acariens  ou  à  leurs  œufs. 

Il  passe  l’hiver  dans  la  terre,  à  20  centimètres  de  profondeur 
environ,  en  effectuant  fréquemment  des  migrations  verticales  selon 
la  température  ou  l’état  hygrométrique  du  sol. 

Les  individus  sexuellement  mûrs  commencent  à  sortir  dès  février 
et,  depuis  la  fin  avril  jusqu’en  mai  et  juin,  les  femelles  déposent 
leurs  œufs  qui  donnent  naissance  à  des  larves  hexapodes,  non  plus 
prédatrices  et  libres,  mais  parasites  de  pucerons.  Nous  ne  parlerons 
pas  ici  de  la  biologie  de  ces  larves,  ni  des  nymphes  octopodes  qui 
leur  succèdent  car  leur  cycle  vital  est  maintenant  parfaitement 
connu. 


Phénomènes  précédant  la  fécondation  chez  A.  fuliginosum  Herm. 

Les  exemplaires  qui  nous  ont  permis  d’effectuer  nos  observations 
ont  été  capturés  dans  la  deuxième  quinzaine  de  mars,  aux  environs 
de  Paris,  à  l’instant  précis  où,  individuellement,  ils  émergeaient  du 
sol.  Examinés  macroscopiquement  et  vivants,  aucun  caractère  mor¬ 
phologique  externe  ne  permet  de  distinguer  les  mâles  des  femelles. 

Dès  leur  apparition  à  la  lumière  les  individus  courent  en  tous  sens 
à  la  recherche  de  proies  destinées  à  leur  nourriture. 

Au  cours  de  la  marche,  les  pattes  de  la  première  paire  n’ont 
aucun  rôle  locomoteur  ;  elles  sont  portées,  le  plus  souvent,  horizon¬ 
talement  et  agitées  de  mouvements  perpendiculaires  plus  ou  moins 
rapides  qui  les  mettent  en  contact  avec  le  sol,  les  obstacles  variés 
que  l’Acarien  rencontre  en  déambulant  ou  bien  la  proie  éventuelle 
qu’il  peut  contacter.  Ces  pattes  jouent  donc  un  rôle  exclusivement 
tactile  tant  chez  les  femelles  que  chez  les  mâles. 

Comportement  du  mâle  en  présence  d'une  femelle. 

On  peut  affirmer  que  tous  les  individus  sortant  du  sol  à  cette 
époque  (fin  mars)  sont  sexuellement  mûrs/ 

Dès  qu’un  mâle  a  reconnu,  par  contact,  la  présence  d’une  femelle, 
il  effectue,  à  l’aide  des  tarses  de  ses  pattes  I,  une  série  d’attouche¬ 
ments  précipités  sur  la  face  postéro-dorsale  de  sa  partenaire  puis 
il  s’éloigne,  à  reculons,  de  quelques  millimètres.  Les  pattes  I  se 
redressent  alors  presque  verticalement  et  sont  agitées  de  battements 
rapides  dirigés  de  haut  en  bas  tandis  que  le  mâle,  en  une  sorte  de 
danse  nuptiale,  tourne  autour  de  la  femelle.  Si  cette  dernière  reste 
indifférente  et  tente  de  poursuivre  son  chemin,  le  mâle  insiste,, 
renouvelle  le  contact  et  finalement  l’abandonne  si  elle  ne  manifeste 


—  385 


aucune  réaction  ;  nous  supposons,  qu’en  l’occurrence,  la  dite  femelle 
aurait  déjà  été  fécondée  à  la  faveur  d’une  sortie  précédente. 

Par  contre,  si  celle-ci  s’immobilise,  le  mâle  poursuit  sa  danse  et 
ses  attouchements  jusqu’à  ce  qu’elle  soulève  la  partie  postérieure 
de  son  abdomen,  sans  pour  cela  se  dresser  sur  ses  pattes.  Il  est  fort 
possible  qu’à  ce  moment  il  y  ait  émission  d’odeur  par  l’un  des  sexes 
et,  chez  l'autre,  des  organes  olfactifs  capables  d’en  percevoir  : 
c’est  un  fait  que  nous  n’avons  pu  établir. 

Le  mâle  alors  s’immobilise  et  se  prépare  à  émettre  son  premier 
spermatophore. 


Emission  du  spermatophore. 

Quelques  secondes  avant  d’évacuer  le  spermatophore  le  mâle 
exude,  par  l’orifice  génital,  une  fine  gouttelette  de  liquide  visqueux 
très  brillant,  puis  il  abaisse  brusquement  son  abdomen  jusqu’à  ce 
que  la  face  ventrale  prenne  contact  avec  le  sol  ;  il  dépose  ce  liquide 
qui  adhère  au  substratum  et  s’étire,  quand  l’animal  se  redresse,  en 
un  fil  cylindrique  ténu,  à  peine  plus  gros  qu’une  soie  de  Tétranyque. 
L’opération  est  répétée  plusieurs  fois  et  le  sol  se  trouve  recouvert 
d’un  certain  nombre  de  ces  fils,  presque  imperceptibles  à  l’œil  nu. 

L’abdomen  se  contracte  ensuite  spasmodiquement,  à  une  cadence 
de  deux  contractions  par  seconde.  Vraisemblablement,  les  contrac¬ 
tions  musculaires  abdominales  aident  le  sperme  à  progresser  jus¬ 
qu’aux  réceptacles  abdominaux.  Après  40  à  60  contractions  (c’est- 
à-dire  environ  20  à  30  secondes),  le  spermatophore  est  construit. 
Le  mâle  se  baisse  à  nouveau  et  dépose  sur  le  sol  une  gouttelette  de 
mucus  puis,  se  redressant,  l’étire  verticalement  en  une  sorte  de 
cylindre  anhyste  qui  se  durcit  à  l’air  et  constitue  une  hampe,  con¬ 
servant  toutefois  une  certaine  élasticité,  au  sommet  de  laquelle 
l’animal  fixe  son  spermatophore  ;  ce  dernier,  subsphérique,  se 
trouve  ainsi  soutenu  à  une  certaine  distance  du  sol.  Le  tout 
(spermatophore  et  pédicule)  est  blanc  brillant. 

Après  quelques  minutes  de  repos,  sans  qu’une  nouvelle  rencontre 
avec  une  femelle  soit  nécessaire,  le  mâle  fait  subir  à  son  abdomen 
de  nouvelles  contractions,  renouvelle  ses  émissions  de  mucus  et 
dépose,  dans  les  mêmes  conditions,  un  nouveau  spermatophore  à 
quelque  distance  du  premier.  Nous  avons  ainsi  observé  un  même 
individu  qui,  en  l’espace  d’une  demi-heure,  déposa  cinq  sperma- 
tophores. 

Presque  immédiatement  (environ  3  secondes)  après  le  dépôt  du 
spermatophore,  le  sommet  de  celui-ci  s’affaisse  légèrement  comme 
si  le  pôle  supérieur  était  muni  d’un  micropore  laissant  échapper  un 
gaz  ou  liquide  dégageant  une  odeur  susceptible  d’attirer  les  femelles. 
Nous  avons  d’ailleurs  remarqué  que,  si  aucune  femelle  ne  s’est  emparé 


386  — 


du  spermatophore  dans  les  5  ou  6  secondes  qui  suivent  son  émission, 
celui-ci  reste  définitivement  abandonné  sur  le  substratum. 

Capture  du  spermatophore  par  la  femelle. 

L’Acarien  abandonne  immédiatement  le  spermatophore  cru’il 
vient  de  déposer  et  ce  n’est  donc  pas  la  présence  du  mâle  qui  incite 
la  femelle  à  venir  s’en  emparer.  Il  est  vrai  que  la  première  femelle 
adoptée  par  le  mâle  se  tient  à  proximité  de  celui-ci  et  va  et  vient 
en  attendant  l’émission  du  premier  spermatophore  ;  dès  que  celui-ci 
est  déposé,  après  le  départ  du  mâle,  elle  passe  rapidement  au-dessus 
du  spermatophore,  ouvre  ses  lèvres  génitales  et,  ne  marquant  qu’un 
très  bref  arrêt  dans  sa  course,  recueille  le  spermatophore.  Les  lèvres 
se  referment  aussitôt  et  la  femelle  poursuit  son  chemin  ;  elle  n’a 
donc  pas  attendu,  dans  ce  cas,  que  se  produise  une  dépression  au 
pôle  supérieur  du  spermatophore. 

Entre  le  dépôt  du  premier  spermatophore  et  l’émission  des  sui¬ 
vants,  le  mâle  ne  s’inquiète  plus  de  la  présence  des  femelles  et  les 
spermatophores  suivants  ne  sont  donc  utilisés  qu’au  hasard  du 
passage  d’une  femelle,  subissant  ou  non  un  attrait  olfactif. 

Nous  avons  observé  que  des  femelles  se  trouvant  au  voisinage 
immédiat  (5  à  6  centimètres)  d’un  spermatophore  semblaient  atti¬ 
rées  par  la  présence  de  celui-ci  dès  que  le  sommet  s’affaissait  légè¬ 
rement  mais,  si  elles  n’arrivent  au-dessus  qu’après  les  5  ou  6  secondes 
qui  suivent,  les  lèvres  génitales  restent  immobiles  et,  après  le  pas¬ 
sage  de  la  femelle,  le  spermatophore  est  encore  en  place. 

Il  ne  nous  a  pas  été  possible  d’observer  si  une  même  femelle  pou¬ 
vait  capturer  plusieurs  spermatophores. 

En  résumé 

Chez  A.  fuliginosum,  il  n’y  a  pas  d’accouplement  ni  de  copulation. 
Les  mâles  abandonnent,  sur  le  sol,  des  spermatophores  qui  sont 
ensuite  recueillis  parles  femelles.  Cependant  il  semble  que  la  présence 
d’une  femelle  soit  initialement  nécessaire  pour  déterminer  chez  le 
mâle  une  excitation  qui  déclanchera  les  mouvements  réflexes  abdo¬ 
minaux  aboutissant  à  la  formation  et  au  dépôt  de  spermatophores. 
L’effet  sur  le  mâle  de  la  présence  de  la  femelle  ne  s’exerce  pas  par 
la  vue  mais  par  le  tact  ou  quelque  stimulus  chimique  affectant  des 
organes  olfactifs.  Cette  influence  est  durable  et  permet  au  même 
individu  d’émettre  ensuite  plusieurs  spermatophores  qui  féconde¬ 
ront  des  femelles  différentes  sans  qu’il  y  ait  de  nouveaux  contacts 
entre  des  représentants  de  sexe  différent.  Les  spermatophores 
exercent,  durant  quelques  secondes,  un  pouvoir  attractif  sur  les 
femelles  qui  se  trouvent  aux  environs  immédiats. 


-  387  — 


La  coalescence  fêmorogénuale 
chez  Fusacarus  (Acaridié,  Acarien) 

Par  F.  Grandjean. 


J’ai  signalé  récemment  cette  coalescence  et  indiqué  qu’elle  s’op¬ 
pose,  par  son  statut  rétronégressif,  aux  réunions  anergastiques  du 
type  basi-télofémoral  (2,  p.  563).  Chez  Fusacarus  les  adultes  ont 
5  articles  seulement  à  leurs  pattes  II,  III  et  IV  parce  que  le  génual, 
à  ces  pattes,  est  soudé  au  fémur.  A  la  patte  I  de  l’adulte  et  à  toutes 
les  pattes  des  autres  stases  la  soudure  n’a  pas  eu  lieu  et  le  nombre 
des  articles  est  resté  6.  Les  6  articles  sont  le  trochanter,  le  fémur, 
le  génual,  le  tibia,  le  tarse  et  l’ambulacre  ou  apotèle. 

Adultes.  —  Les  tarses  diffèrent  beaucoup  d’un  sexe  à  l’autre 
à  leur  extrémité  distale,  mais  les  autres  articles  sont  semblables 
dans  les  deux  sexes,  et  même  identiques,  qu’ils  soient  simples  ou 
composés.  Ils  portent  les  mêmes  phanères.  Mes  dessins  sont  faits 
d’après  des  exemplaires  femelles  parce  que  les  femelles,  en  moyenne, 
sont  un  peu  plus  grosses  que  les  mâles. 

A  la  patte  I  (fig.  1  A)  le  génual  est  libre.  On  le  constate  en  com¬ 
parant  une  patte  repliée  à  une  patte  étendue.  Quand  la  patte  I 
se  replie  le  génual  s’engage  sous  1  le  tectum  du  fémur  et  sor  bord 
ventral  est  entièrement  caché  par  ce  tectum. 

Le  tectum  du  fémur,  très  grand,  est  antilatéroventral  et  il  se 
prolonge,  du  côté  antiaxial,  jusqu’au  point  b1  de  la  figure  1  A. 
Entre  le  point  b1  et  le  point  a1  de  la  même  figure  la  ligne  qui  est 
tracée  en  traits  et  points  alternants  est  la  base  de  la  partie  antérieure 
du  tectum,  celle  qui  protège  en  partie  l’articulation  avec  le  génual. 
C’est  aussi,  à  très  peu  près,  le  bord  antérieur  (surplombé  par  le 
tectum)  de  la  paroi  fémorale.  Du  point  la  ligne  d’abord  pointillée, 
puis  directement  visible,  qui  part  en  avant  est  le  contour  apparent 
de  la  peau  souple,  articulaire,  entre  le  fémur  et  le  génual.  Cette 
peau  est  ample.  Le  génual  a  conservé,  relativement  au  fémur,  une 
grande  mobilité. 

Il  y  a  un  autre  tectum,  porté  par  le  génual,  qui  est  semblable  à 

1.  Sauf  indication  contraire  je  suppose  toujours,  pour  décrire  des  positions,  que 
la  partie  de  l’animal  dont  je  parle  est  orientée  comme  sur  la  figure  accompagnant  la 
description.  Il  est  convenu,  en  outre,  que  le  plan  du  dessin  et  celui  de  la  platine  du 
microscope  sent  horizontaux. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


—  388  — 


la  partie  antérieure  du  tectum  du  fémur  et  qui  protège,  du  côté 
antiaxial,  l’articulation  génuotibiale.  La  ligne  b2a2,  en  traits  et 
points  alternants,  est  sa  base.  Il  cache  entièrement,  sur  la  ligure  1  A, 
la  peau  synarthrodiale  entre  le  génual  et  le  tibia.  Il  ne  se  prolonge 
pas  en  arrière  ni  au  delà  du  plan  de  pseudosymétrie.  Il  est  donc 
uniquement,  pour  le  génual,  un  tectum  de  bordure. 

Un  3e  tectum,  porté  par  le  tibia  le  long  de  son  bord  antérieur, 
a  les  mêmes  caractères  que  celui  du  génual.  Il  attire  beaucoup  moins 
l’attention  que  les  deux  autres,  car  il  est  plus  petit,  plus  étroit. 

A  la  patte  II  (fig.  1  B,  1  C)  le  fémur  et  le  génual  sont  complète¬ 
ment  soudés  l’un  à  l’autre.  On  ne  voit  même  entre  eux,  sur  le  dos 
et  sur  les  faces  latérales,  aucun  vestige  de  l’ancienne  séparation. 
Du  côté  ventral  seulement  un  vestige  subsiste,  qui  est  la  fente  au 
milieu  du  tectum  antilatéroventral.  Disons  plutôt  que  le  fémoro- 
génual  a  deux  tecta  qui  se  font  suite,  antilatéroventraux  :  le  tectum 
postérieur,  celui  de  l’ancien  fémur  et  le  tectum  antérieur,  celui  de 
l’ancien  génual. 

La  portion  de  fémorogénual  qui  représente  l’ancien  génual  est 
grande  du  côté  dorsal.  Elle  va  jusque  derrière  le  poil  cG.  Elle  est 
très  petite  au  contraire  et  même  quasi  nulle  du  côté  ventral,  le  tectum 
antérieur  mis  à  part.  On  peut  imaginer  que  le  génual  s’est  ankylosé 
dans  sa  position  de  repli  et  que  tout  ce  qui  ne  servait  à  rien  après 
l’ankylose  a  disparu.  Il  est  clair,  en  effet,  que  la  ligne  en  traits  et 
points  alternants  qui  part  de  b2  sur  la  figure  1  B  est  homologue  de 
la  ligne  b2a2  de  la  figure  1  A.  La  ligne  b1a1  a  disparu.  La  ligne  sy 
de  la  figure  1  B  est  le  contour  apparent  de  la  peau  synarthrodiale 
entre  le  tibia  et  le  fémorogénual.  Cette  ligne  est  presque  droite  parce 
que  la  patte  est  étendue  au  maximum  sur  la  figure.  La  mobilité 
du  tibia  est  considérable,  ou  du  moins  normale. 

Les  deux  tecta  existaient  avant  la  soudure  puisqu’ils  existent 
à  I  indépendamment  de  toute  soudure.  Ils  se  sont  ajustés  et  un  peu 
recouverts.  C’est  le  tectum  postérieur  qui  recouvre  l’antérieur  puis¬ 
qu’il  en  était  ainsi  avant  la  soudure.  Dans  la  petite  région  où  les 
deux  tecta  se  recouvrent,  ils  se  touchent.  Malgré  cela  ils  sont  restés 
distincts.  Je  ne  crois  pas  que  l’absence  de  soudure,  dans  un  tel  cas, 
bien  qu’elle  soit  très  remarquable,  soit  exceptionnelle.  Il  me  semble 
même  qu’on  doit  la  considérer  comme  normale  et  dire,  en  généra¬ 
lisant  :  les  apophyses  ou  les  lames  saillantes  portées  extérieurement 
par  des  sclérites,  à  leur  contact,  résistent  beaucoup  mieux  à  la  sou¬ 
dure,  quand  la  scléritisation  progresse,  que  les  sclérites  eux-mêmes. 

Aux  pattes  III  et  IV  le  fémur  et  le  génual  sont  complètement 
soudés  l’un  à  l’autre,  comme  à  la  patte  II,  mais  d’une  autre  manière 
(fig-  1  D,  1  E,  1  F). 

On  remarque  d’abord  qu’il  n’y  a  pas  de  différence  de  structure 
entre  III  et  IV.  Les  fémorogénuaux  III  et  IV  sont  identiques,  à  la 


—  389 


phanérotaxie  près,  sauf  en  ce  qui  concerne  leur  forme  générale, 
plus  courte  à  III,  plus  allongée  à  IV. 

On  remarque  ensuite  les  deux  bizarres  protubérances  x  et  y  et 
une  ligne  de  suture  transversale  qui  passe  à  leur  niveau. 


Fig.  1.  —  Fusacarus  sp.  —  (X  685).  —  A,  patte  I  droite  vue  latéralement,  du  tro¬ 
chanter  à  la  base  du  tarse  ;  elle  est  à  demi  repliée.  —  B,  fémorogénual  II  droit  dans 
l’crientation  latérale,  avec  la  base  du  tibia  ;  la  patte  est  étendue  au  maximum  ; 
le  trochanter  et  le  tibia  seraient  comme  à  I.  —  G,  le  même  fémorogénual,  vu  de 
dessous.  —  D,  patte  III  gauche  vue  latéralement  (mais  légèrement  tournée  du 
côté  ventral)  du  fémorogénual  à  la  base  du  tarse  ;  le  trochanter  serait  semblable  à 
celui  de  la  figure  suivante  ;  il  a  un  poil  s  R  antilatéroventral.  —  E,  patte  IV  gauche 
du  trochanter  à  la  base  du  tarse,  vue  dans  la  même  orientation  que  sur  la  figure 
précédente.  —  F,  la  même  patte,  vue  dorsalement,  du  trochanter  à  la  base  du  tibia. 


La  protubérance  x  est  antidorsale  (fig.  1  F).  Dans  l’orientation 
exactement  latérale  de  la  patte  cette  protubérance  se  projette  sur 
le  contour  apparent  et  s’en  détache  assez  mal.  Pour  la  voir  comme 


—  390 


sur  les  figures  1  D  et  1  E  il  faut  faire  tourner  un  peu  le  fémoro- 
génual  autour  de  son  axe,  de  manière  à  relever,  très  légèrement, 
sa  face  ventrale.  La  protubérance  y  est  placée  devant  la  protu¬ 
bérance  x,  plus  bas  et  plus  latéralement,  du  côté  antiaxial  aussi. 
On  la  remarque  mieux  dans  l’orientation  dorsale  (fig.  1  F).  Sur 
les  figures  j’ai  couvert  d’un  pointillé  les  deux  protubérances. 


soma  à  droite  ;  sv,  surface  ventrale  de  l’épimère  I  ;  cxî,  poil  épimérique. 

De  la  protubérance  y  part  une  arête  qui  se  dirige  obliquement 
en  arrière  et  qui  atteint  la  région  ventrale  où  elle  se  brise  en  forme 
de  V.  La  protubérance  et  l’arête  sont  peut-être  les  vestiges  (défor¬ 
més  et  déplacés)  d’un  ancien  tectum  antilatéroventral  porté  autre¬ 
fois  par  le  fémur. 

La  ligne  de  suture  est  très  pâle,  très  fine,  et  elle  fait  entièrement 
ou  presque  entièrement  le  tour  de  l’article  composé.  Aux  endroits 


391  — 


favorables,'  sur  les  contours  apparents,  on  constate  assez  bien  qu’elle 
est  la  marque  d’une  minuscule  dénivellation  à  la  surface  de  la  cuti¬ 
cule.  Elle  représente  certainement  l’ancienne  séparation  entre  le 
fémur  et  le  génual.  La  partie  fémorale  de  l’article  composé  est 
donc  très  petite  et  sa  partie  génuale  très  grosse,  relativement.  Rien 
ne  rappelle,  même  de  loin,  les  caractères  dimensionnels  observés 
au  fémorogénual  II. 

Le  bord  antiaxial  antérieur  de  l’article  composé,  à  III  comme 
à  IV,  est  nanti  d’un  petit  tectum  qui  protège  l’articulation  avec 
le  tibia.  Ce  tectum  est  comparable  à  celui  du  génual  I  et  il  n’est 
pas  non  plus  prolongé  en  arrière.  La  surface  ventrale  de  l’article 
composé,  dans  sa  partie  génuale,  est  toutefois  carénée. 

Les  tibias  III  et  IV  ont  aussi  un  petit  tectum,  semblable  à  celui 
des  tibias  I  et  II,  en  bordure  antiaxiale  antérieure. 

Nymphes  et  larve..  — -  Les  figures  2  A  à  2  D  montrent  que  la 
protonymphe  n’a  rien  de  particulier  à  ses  pattes.  Tous  les  génuaux 
sont  séparés  des  fémurs  et  à  grande  mobilité  relative.  Aux  phanères 
près  on  aurait  les  mêmes  figures  pour  une  tritonymphe  ou  une 
larve. 

J’ai  observé  aussi  les  deutonymphes  (hypopes)  que  je  mentionne 
un  peu  plus  loin.  Elles  ont  des  pattes  à  6  articles  normaux. 

Remarques. 

1.  —  Les  exemplaires  dont  je  viens  de  décrire  les  pattes  et  ceux 
qui  m’ont  servi  autrefois  à  dire  quelques  mots  sur  Fusacarus  dans 
mes  publications  relatives  aux  Acaridiés,  de  1937  à  1939,  ont  tous 
été  récoltés  en  mars  1935,  à  Hammam  Meskoutine  (Algérie,  dépar¬ 
tement  de  Constantine),  dans  le  remplissage  d’un  olivier  creux,  au 
niveau  du  sol.  Ce  remplissage  consistait  en  feuilles  mortes,  fragments 
de  bois  pourri,  humus  et  terre.  La  récolte  contenait  des  mâles,  des 
femelles  et  des  protonymphes  en  assez  grand  nombre,  quelques 
larves  et  2  tritonymphes  seulement.  Elle  contenait  aussi  une  dizaine 
d’individus  à  la  stase  hypopiale.  Je  crois  que  ces  individus  appar¬ 
tiennent  à  la  même  espèce  que  les  autres  stases,  mais  je  ne  l’affirme 
pas. 

2.  —  Les  Acarologues  ne  se  sont  guère  occupés  de  Fusacarus 
et  ce  genre  n’a  qu’une  espèce  décrite,  F.  laminipes  Mich.,  qui  vit 
en  Angleterre  dans  les  nids  de  taupe.  Mes  exemplaires  d’Algérie 
sont-ils  des  laminipes  ?  Ils  ont  à  peu  près  la  même  taille  1  et  la 
description  de  Michael  leur  convient,  sauf  en  ce  qui  concerne  le 
tectum,  ou  lame  ventrale,  du  fémur  I.  Sur  mes  exemplaires  mâles 

J,  Ils  sont  cependant  un  peu  plus  petits  :  225  à  300  ji.  au  lieu  de  290  à  320  ji. 


—  392  — 


ou  femelles  cette  lame  a  la  forme  indiquée  par  la  figure  1  A.  Chez 
les  mâles  de  laminipes,  d’après  le  texte  et  la  figure  donnés  par 
Michael,  cette  lame  est  extrêmement  recourbée  sous  le  génual, 
en  volute  (3,  p.  8  et  11,  PL  XXI,  fig.  9)  et  chez  les  femelles,  d’après 
le  texte  seulement  (il  n’y  a  pas  de  figure),  la  lame  sous-fémorale  est 
beaucoup  moins  développée  en  avant. 

A  cause  de  cette  différence,  qui  semble  forte,  je  crois  que  mes 
exemplaires  d’Algérie  appartiennent  à  une  nouvelle  espèce,  mais 
cela  n’est  pas  tout  à  fait  certain.  Il  faudrait  pouvoir  les  comparer 
aux  exemplaires  types  de  Michael  ou  à  d’autres  laminipes  incon¬ 
testables.  Aucun  exemplaire  de  laminipes,  malheureusement,  ne  se 
trouve  au  British  Muséum  dans  la  collection  Michael  (G.  Owen 
Evans,  lettre  du  25-xi-52)  et  aucun  acarologue,  à  ma  connaissance, 
n’a  capturé  de  nouveau  laminipes  en  Angleterre  dans  les  nids  de 
taupe. 

3.  —  Michael  n’a  pas  observé  les  hypopes  de  laminipes.  Ils  se 
fixent  vraisemblablement  aux  poils  des  taupes  pour  se  faire  trans¬ 
porter.  Mon  espèce  d’Algérie  doit  avoir  les  mêmes  mœurs.  Les 
hypopes  qui  l’accompagnent,  cités  plus  haut,  ont  en  effet  un  organe 
de  fixation  du  type  homopial  qui  est  bien  celui  qu’on  doit  s’attendre 
à  trouver  dans  cette  hypothèse.  Au  lieu  de  ventouses  elles  ont  sous 
le  ventre,  de  chaque  côté,  en  arrière,  une  lame  pinçante  sous  laquelle 
est  couché  un  poil  énorme,  à  bord  crénelé.  J’admets  qu’une  galerie 
de  taupe  ou  de  petit  rongeur  traversait,  bien  que  je  ne  l’aie  pas  vue, 
la  terre  ou  l’humus  de  ma  récolte. 

4.  —  Les  notations  que  j’ai  mises  aux  phanères  des  pattes,  sur 
les  figures  du  présent  travail,  sont  celles  que  j’ai  employées  en 
1939  (1).  J’ai  seulement  supprimé  les  lettres  R,  F,  G  et  T  (tro¬ 
chanter,  fémur,  génual  et  tibia)  quand  ces  lettres  sont  inutiles. 
Je  les  ai  laissées  aux  poils  des  fémorogénuaux  sur  les  figures  1  A, 
1  B,  1  C,  1  D  et  1  E,  et  à  celui  du  trochanter  sur  la  figure  1  A. 

Il  va  de  soi  que  ma  notation  de  1939  est  provisoire  et  aussi  toutes 
celles  qu’on  peut  proposer  actuellement.  Les  notations  seront  défi¬ 
nitives  quand  elles  pourront  être  les  mêmes  chez  tous  les  Acariens 
actinochitineux.  Nous  n’en  sommes  pas  encore  là,  mais  je  crois  que 
certaines  opinions  raisonnables  peuvent  être  émises  dès  maintenant 
sur  l’application  aux  Acaridiés  de  la  notation  des  Oribates.  Je  les 
résume  ci-dessous.  Elles  sont  principalement  fondées  sur  la  notion 
de  force  et  de  faiblesse.  Chez  des  Acariens  à  poils  numériquement  très 
régressifs,  comme  les  Acaridiés,  tous  les  poils  faibles  ont  dû  dis¬ 
paraître. 

Aux  trochanters  les  poils  pR  et  sR  sont  presque  certainement 
le  poil  v'  des  Oribates.  Au  fémur  il  est  probable  que  vF  et  wF  sont 
respectivement  bv"  et  ev’ .  Aux  génuaux,  avec  une  probabilité  au 
moins  aussi  grande,  cG  et  m G  sont  les  poils  V  et  Z".  Le  poil  nG  serait 


393  — 


le  poil  l'.  Aux  tibias  on  aurait  v"  pour  AT  et  v'  pour  AT.  Aurait- on  l' 
ou  v'  pour  gT  ?  Je  laisse  pour  le  moment  la  question  sans 
réponse. 

Aux  tarses  on  reconnaît. bien  le  famulus  s,  le  poil  sous-unguinal  s 
(une  épine)  et  les  deux  paires  ( p )  et  (u).  Il  faut  remplacer  dès  main¬ 
tenant  p  par  p",  q  par  p’,  u  par  u"  et  v  par  u'.  Plus  loin,  le  champ 
des  suppositions  s’élargit  et  l’on  risque  davantage  de  s’égarer.  Dans 
une  hypothèse  qui  me  semble  meilleure  que  les  autres  le  poil  d 
serait  un  poil  /£,  les  poils  e  et  /,  respectivement,  seraient  te"  et  te' , 
les  poils  aa  et  ba  seraient  pl"  et  pl'  et  le  poil  la  serait  a'. 

5.  —  La  phanérotaxie  des  pattes,  chez  le  Fusacarus  étudié, 
diffère  seulement  de  la  normale  (j’appelle  phanérotaxie  normale 
celle  qui  est  définie  dans  mon  travail  de  1939)  par  des  déficiences 
aux  tarses.  A  toutes  les  stases  manquent  le  solénidion  to2I  et  le 
poil  aal.  En  outre,  3  des  poils  ou  épines  manquent  chez  les  mâles 
à  toutes  les  pattes,  en  avant.  Le  tarse  IV  des  mâles  est  sans  ven¬ 
touses. 

Pour  les  épines  p  et  u  j’ai  un  doute.  J’ai  dit  en  1939  (1,  p.  59) 
que  les  épines  pq  (c’est-à-dire  les  épines  p"  et  p')  sont  absentes  au 
tarse  IV.  Ce  qui  est  certain  c’est  qu’on  ne  voit  nettement,  à  une 
patte  quelconque  et  à  une  stase  quelconque,  qu’une  seule  paire 
d’épines,  mais  il  est  possible  que  l’autre  paire  existe  et  soit  extraor¬ 
dinairement  petite.  Sur  les  figures  2  A,  2  C  et  2  D  j’ai  représenté 
une  seule  paire  d’épines  et  je  ne  lui  ai  pas  donné  de  notation. 

6.  —  La  coalescence  n’a  rien  changé  aux  caractères  des  poils 
et  des  solénidions.  Un  fémorogénual  porte  à  la  fois  les  phanères 
normales'  d’un  fémur  et  d’un  génual,  à  des  emplacements  normaux. 

7.  —  Voici  quelques  observations  supplémentaires  : 

A  toutes  les  stases  la  fissure  dorsoproximale  des  tarses  manque 
à  III- IV  et  existe  à  I-  II. 

Sur  la  figure  2  A  j’ai  dessiné  la  fossette  supracoxale,  avec  le 
poil  elc  I  et  l’organe  A.  Je  n’ai  pas  cherché  à  voir  le  ou  les  orifices 
des  glandes  coxales,  ni  leurs  ducti.  L’Acarien  est  très  petit  et  se 
prête  mal  à  cet  examen. 

L’organe  de  Claparède  est  segmenté  (fig.  2  E).  Il  est  presque 
cylindrique,  assez  mince,  et  planté  au  milieu  de  la  surface  épimé- 
rique  I,  de  chaque  côté,  à  peu  près  perpendiculairement  à  cette 
surface. 

8.  —  Je  qualifie  de  régression  le  remplacement  de  deux  articles 
par  un  seul  au  cours  du  temps  T  phylogénétique.  Alors  Fusacarus 
montre  à  ses  pattes  uhe  rétrorégression.  La  coalescence  est  très 
tardive  dans  le  temps  t  ontogénétique.  Elle  est  spéciale  au  plus  haut 
niveau  de  l’évolution. 

Considérée  à  un  point  de  vue  chronologique,  dans  les  temps  T 
et  t ,  elle  diffère  donc  radicalement  de  la  réunion  d’un  basifémur 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953.  25 


394  — 


avec  un  télofémur,  laquelle  est  prorégressive,  c’est-à-dire  commence 
au  plus  bas  niveau  de  l’évolution. 

Elle  en  diffère  aussi  parce  qu’elle  est  exceptionnelle,  tandis  que 
la  réunion  du  basifémur  avec  le  télofémur  (ou  la  tendance  à  cette 
réunion)  est  un  phénomène  général  affectant  l’ensemble  des  Acariens 
actinochitineux. 

Elle  en  diffère  à  un  troisième  point  de  vue,  celui  de  la  morpho¬ 
logie. 

Rien  ne  révèle  en  effet,  sauf  peut-être  une  étude  approfondie 
de  sa  musculature,  qu’un  fémur  entier  est  la  somme  de  deux  articles, 
et  quand  la  division  télo-basifémorale  est  imparfaite,  ce  qui  a  lieu 
fréquemment,  nous  la  voyons  bien  à  des  degrés  divers  d’imperfec¬ 
tion,  mais  ces  degrés  n’ont  rien  d’original.  On  pourrait  presque  les 
prévoir.  Cela  vient  de  ce  qu’ils  nous  montrent  un  phénomène 
entièrement  négatif,  la  suppression  de  quelque  chose.  Un  tel  phé¬ 
nomène  n’a  aucune  raison  d’apporter  du  neuf. 

Quel  contraste  avec  la  réunion  du  fémur  au  génual  chez  Fusacarus  ! 
Ici  l’originalité  ne  manque  pas  et  même  la  bizarrerie.  Il  faudrait 
observer  bien  négligemment  pour  ne  pas  voir  que  les  fémorogé- 
nuaux  II,  III  et  IV  ne  sont  pas  des  articles  simples  et  la  différence 
morphologique  ne  peut  guère  être  plus  grande  entre  le  fémorogé- 
nual  II  et  les  fémorogénuaux  III  et  IV. 

La  coalescence  a  sans  doute  eu  besoin,  pour  se  faire,  qu’un  phé¬ 
nomène  positif,  progressif,  capable  d’apporter  du  neuf,  intervienne. 
Je  crois  que  c’est  la  scléritisation,  l’extension  des  sclérites  à  toute 
la  surface  du  corps.  Dans  ce  phénomène  une  articulation  peut  dis¬ 
paraître,  par  ankylosé,  si  des  nécessités  vitales  n’exigent  pas  son 
maintien.  Remarquons  que  Fusacarus  est  presque  seul,  parmi  lés 
Acaridiés,  à  avoir  une  cuticule  entièrement  scléritisée.  Il  a  un  tec¬ 
tum  rostral  aussi  développé  que  celui  des  Oribates,  un  camérostome 
cachant  le  capitulum  au  repos  (c’est  un  beau  cas  de  convergence) 
et  il  faut  bien,  pour  que  ce  tectum  se  soit  formé,  qu’il  y  ait  eu  forte¬ 
ment  tendance,  chez  les  ancêtres  de  Fusacarus,  à  l’extension  des 
sclérites.  Cette  tendance  est  particulière  à  l’adulte  et  la  coalescence 
fémorogénuale  aussi. 

Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 

TRAVAUX  CITÉS 

1.  Grandjean  (F.).  —  La  chaetotaxie  des  pattes  chez  les  Acaridiae 

(Bull.  Soc.  Zool.  France,  t.  64,  p.  50  à  60,  1939). 

2.  Id.  —  Sur  les  articles  des  appendices  chez  les  Acariens  actinochitineux 

( Comptes  rendus  Ac.  Sciences.  Paris,  t.  235,  p.  560  à  564,  1952). 

3.  Michael  (A.  D.).  —  British  Tyroglyphidae,  t.  II  (Ray  Society,  London, 

1903). 


—  395  — 


Description  de  trois  nouveaux  Pauropodes  de  Corse 
Par  Mlle  Micheline  Leclerc. 


Les  Pauropodes  de  Corse  sont  connus  par  deux  publications  de 

M.  le  Professeur  P.  A.  Remy  (1940,  1945) 1  qui  signalent  32  formes. 

Au  cours  du  voyage  qu’il  a  fait  sur  l’île,  du  7  août  au  25  sep¬ 
tembre  1948,  ce  zoologiste  a  recueilli  environ  1.800  représentants 
de  ce  groupe  dont  il  a  bien  voulu  me  confier  l’étude.  J’ai  réparti 
ces  animaux  entre  34  formes  dont  3  sont  nouvelles  et  décrites  ici. 

1.  Allopauropus  spinosus  n.  sp. 

Bonifacio,  jardins  eptre  la  Marine  et  le  couvent  de  Saint-Julien  : 
1  1.  2  à  8  pp.  en  mue.  Je  n’ai  pu  observer  que  la  partie  postérieure 
de  cet  individu. 

Tronc.  —  Les  trichobothries  Y  rappellent  celles  d’A.  aristatus 
Remy  et  d’A.  Ribauti  Remy  ;  elles  sont  effilées,  barbelées  (d’où  le 
nom  spécifique)  et  portent  une  pubescence  longue,  très  raide, 
inclinée  vers  l’extrémité  distale. 

Pygidium.  — ■  Tergum  à  longues  soies  amincies  vers  l’extrémité 
distale,  les  a±  plus  longues  que  leur  écartement,  les  a2  à  peine  plus 
longues  que  les  a3  (12/11)  ;  l’intervalle  ax  a2  est  plus  grand  que  l’in- 
tirvalle  a2  a3.  Je  n’ai  pas  observé  l’embase  des  soies  d.  Les  styles  st 
longs,  cylindriques,  pubescents,  sont  égaux  environ  à  l’écartement 
des  «j,  celui-ci  dépassant  de  peu  leur  écartement  (7/5). 

Sternum.  Soies  amincies  vers  l’extrémité  distale.  Soies  b1  à  peine 
plus  grandes  que  leur  écartement  (6/51,  égales  environ  aux  a3  ; 
soies  b2  égales  à  l’écartement  des  b1  et  aux  5/6  de  leur  longueur. 
Plaque  anale  trapézoïde,  rétrécie  vers  l’arrière,  de  longueur  égale 
à  sa  largeur  maximum  basale  ;  bords  latéraux  légèrement  concaves 
vers -le  plan  sagittal;  bord  postérieur  découpé,  par  une  incision 
médiane  arrondie,  en  2  cornes  obtuses,  mousses  ;  ces  cornes  portent 
face  sternale  à  leur  extrémité  deux  tigelles  courtes,  raides,  diver¬ 
gentes,  à  peine  plus  grandes  que  les  cornes. 

Affinités.  —  Il  aurait  fallu  la  diagnose  complète  de  cet  Allopau- 

1.  1940.  Bull.  Soc.  zool.  Fr.,  65,  p.  45-46.  —  1945.  Mém.  Mus.  nation.  Ilist.  nat., 

N.  S.,  21,  p.  117-152. 

2.  Abréviations  :  ind.  =  individu  ;  1.  =  larve  ;  p.  =  patte  ;  pp.  =  paire  de  pattes; 
sexe  ?  =  sexe  non  reconnu  ;  tr.  =  trichobothrie. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


V 

—  396  — 

ropus  pour  affirmer  sa  position  ;  néanmoins,  les  quelques  caractères 
reconnus  permettent  de  le  placer  dans  le  groupe  d’/L  vulgaris 
Harisen.  La  plaque  anale  est  du  même  type  que  celles  de  ce  groupe. 
La  pubescence  des  trichobothries  V  et  la  longueur  relativement 
grande  des  soies  pygidiales  rapprochent  plus  particulièrement  cet 
animal  d’A.  Ribauti  Remy. 


Fig.  1.  —  Allopauropus  spinosus  n.  sp.,  1.  a  8  pp.  en  mue.  Bonifacio.  —  A.  Fragment 
de  trichobothrie  V.  —  B.  Pygidium,  face  sternale. 

2.  Allopauropus  therapnaeus  n.  sp.  h 

Caldaniccia  :  1  ind.  à  9  pp.,  $  long  de  0,60  mm. 

Tête.  —  Organes  temporaux  1  fois  1/3  aussi  longs  que  leur  écar¬ 
tement  minimum. 

Antennes.  —  Au  4e  article,  le  poil  tergal  p,  égal  à  2  fois  le  poil 
postéro-distal  r,  celui-ci  égal  environ  aux  2/3  du  poil  sternal  q, 
du  rameau  sternal.  Le  rameau  tergal  est  2  fois  3/5  aussi  long  que 
large  et  un  peu  plus  long  (17/15)  que  le  rameau  sternal  s,  lui-même 
2  fois  aussi  long  que  large  ;  le  rameau  sternal  est  égal  aux  3/5  de 
son  flagelle  antérieur  F2,  lui-même  égal  aux  5/8  du  flagelle  pos¬ 
térieur  F3  et  plus  court  que  le  flagelle  F1  du  rameau  tergal  t  ;  le 
pédoncule  du  globule  g  est  égal  à  un  peu  moins  de  la  1/2  de  la  lar¬ 
geur  de  cet  organe,  elle-même  égale  à  celle  du  rameau  tergal. 

Tronc.  —  Trichobothries  III  épaisses  sur  presque  toute  leur 
longueur,  seule  leur  région  proximale  est  très  grêle,  leur  région  dis¬ 
tale  un  peu  plus  mince  que  la  région  moyenne  ;  leur  pubescence 


1.  De  Therapne ,  un  des  noms  anciens  de  la  Corse. 


—  397 


abondante,  courte,  raide,  est  oblique  par  rapport  à  l’axe.  Aux 
p.  IX,  le  poil  coxal  est  très  probablement  bifurqué,  le  poil  trochan- 
térien  l’est  sûrement,  au  voisinage  immédiat  de  la  base  ;  le  poil 
proximal  du  tarse  est  inséré  à  un  peu  moins  du  1/4  proximal  de 
l’article  et  est  égal  au  1/3  de  la  longueur  de  la  face  tergale  de  celui-ci, 
organe  apical  non  compris. 


B 

Fig.  2.  — -  Allopauropus  therapnaeus  n.  sp.,  ind.  à  9  pp.  Ç.  Caldaniccia.  —  A.  Région 
distale  de  l’antenne  gauche,  face  sternale.  —  B.  Trichobothrie  III.  —  C.  Pygidium, 
face  tergale. 

Pygidium.  —  Tergum  à  bord  postérieur  arrondi,  ses  soies  amincies 
vers  l’extrémité  distale  ;  les  a1  égales  à  leur  écartement,  à  peu  près 
aussi  longues  que  les  a2  qui  sont  les  2/7  environ  des  a3  ;  les  a2  beau¬ 
coup  plus  proches  des  n3  que  des  av  Les  styles  st,  subcylindriques, 
tronqués  distalement,  pubescents,  faiblement  arqués  l’un  vers 
l’autre,  égaux  à  la  1/2  de  leur  écartement  qui  est  le  double  de  celui 
des  «j. 

Sternum.  Soies  b1  plus  longues  que  leur  écartement  (8/7),  soies  b2 
égales  à  la  1/2  des  o3  ;  pas  de  soies  b3. 

Plaque  anale  à  corps  plus  long  que  sa  largeur  maximum,  qui  est 
atteinte  dans  sa  région  postérieure  ;  ses  bords  latéraux  concaves 


398 


dans  la  1/2  proximale,  convexes  dans  l’autre  ;  sa  région  postérieure 
présente  un  prolongement  médian,  conique,  à  extrémité  mousse, 
et  une  paire  d’appendices  subcylindriques,  arqués  l’un  vers  l’autre, 
égaux  à  la  largeur  maximum  de  la  plaque  et  un  peu  plus  longs  que 
le  prolongement  médian  ;  la  plaque  et  ses  3  formations  postérieures 
sont  pubescentes. 

Affinités.  —  Par  la  forme  de  sa  plaque  anale,  l’animal  se  rapproche 
d\A.  Hessei  Remy  typique,  mais  il  s’en  éloigne  par  la  pubescence 
de  cet  organe,  par  ses  soies  pygidiales  ax  et  a2  plus  courtes,  et  a3 
plus  longues. 

3.  Allopauropus  millotianus  n.  sp. 

Basse-Gravona,  entre  le  pont  de  Cuttoli  et  l’embouchure  du 
Vardiarelli  :  9  ind.  à  9  pp.  (2  <$,  5  Ç,  2  sexe  ?),  2  1.  à  8  pp.  sexe  ?, 


Fig.  3.  —  Allopauropus  millotianus  n.  sp.,  ind.  à  9  pp.  Ç.  Basse-Gravona.  —  A.  Région, 
distale  de  l’antenne  gauche,  face  sternale.  —  B.  Trichobothrio  III.  —  C.  Pygidium,. 
face  sternale. 


3  1.  à  6  pp.  —  Bonifacio,  jardins  près  de  la  Marine  :  5  ind.  à  9  pp. 
(2  $,  3  sexe  ?).  En  tout  19  ind.  :  14  ind.  à  9  pp.  (2  <J,  7  $,  5  sexe  ?), 
2  1.  à  8  pp.  sexe  ?,  3  1.  à  6  pp. 

Individus  à  9  pp. 

Longueur  :  0,39  à  0,52  mm. 

Tête.  —  Organes  temporaux  environ  aussi  longs  que  leur  écar¬ 
tement  minimum. 

Antennes.  —  Poil  tergal  p  du  4e  article  à  peine  plus  long  (18/17) 
que  le  poil  postéro-distal  r,  lui-même  un  peu  plus  long  (17/15)  que 
le  poil  sternal  q  du  rameau  sternal.  Rameaux  subégaux,  chacun 


399 


d’eux  un  peu  plus  long  (environ  4/3)  que  sa  largeur  maximum  ; 
le  tergal  égal  au  1/6  environ  de  son  flagelle  f'i.  le  sternal  aussi  long 
que  son  poil  sternal  q  ;  son  flagelle  antérieur  F2  égal  aux  3/10  de 
son  flagelle  postérieur  F 3,  lui-même  un  peu  plus  court  (environ  7/8) 
que  le  flagelle  F1  ;  le  pédoncule  du  globule  g  est  beaucoup  plus 
court  (1/5)  que  la  largeur  maximum  de  cet  organe,  laquelle  est  égale 
à  celle  du  rameau  tergal. 

Tronc.  —  Les  deux  poils  postérieurs  du  tergite  YI  sont  un  peu 
plus  courts  (6/7)  que  leur  écartement.  Les  trichobothries  III  sont 
grêles,  terminées  par  une  boule  subsphérique  ;  leur  pubescence  est 
raide,  simple  et  oblique,  de  longueur  croissante  jusqu’en  leur  milieu  ; 
au  delà,  y  compris  sur  la  boule  terminale,  elle  est  plurifurquée,  sen¬ 
siblement  normale  à  l’axe.  Les  trichobothries  I,  II  et  IV  ressemblent 
aux  tr.  III,  mais  ne  sont  pas  terminées  par  une  boule  ;  les  tr.  V 
ont  une  pubescence  raide,  oblique,  non  ramifiée.  Aux  p.  IX,  le  poil 
coxal  et  le  poil  trochantérien  paraissent  simples  ;  le  coxal  plus 
court  (environ  2/3)  que  l’autre  ;  le  poil  proximal  du  tarse  est  égal 
au  1/4  environ  de  la  longueur  de  cet  article. 

Pygidium.  —  Tergum  à  soies  relativement  courtes,  les  %  plus 
longues  (7/4)  que  leur  écartement,  sont  égales  aux  7/5  des  a2,  elles- 
mêmes  égales  aux  2/3  des  a3  ;  les  a3  beaucoup  plus  proches  des  a3 
que  des  av  Les  styles  st  sont  courts,  claviformes,  inclinés  l’un  vers 
l’autre,  leur  écartement  étant  le  double  de  celui  des  av 

Sternum.  Soies  bl  cylindriques,  à  peine  plus  longues  que  leur 
écartement  (9/7)  ;  soies  b2  plus  longues  que  les  soies  a3  (5/4).  Plaque 
anale  analogue  à  celle  d’A.  Milloti  Remy,  quoique  relativement 
plus  petite  dans  son  ensemble.  Ses  bords  latéraux  sont  rectilignes, 
parallèles  ;  sa  région  postérieure  présente  deux  lobes  arrondis,  sépa¬ 
rés  l’un  de  l’autre  par  une  courte  incision  triangulaire  ;  elle  porte 
deux  appendices  claviformes  striés  transversalement,  plus  courts 
que  la  largeur  de  l’organe  ;  face  sternale  des  lobes,  est  insérée  une 
paire  de  tigelles  très  grêles. 

Affinités.  —  Par  ses  antennes  à  rameaux  courts,  subégaux,  sa 
plaque  anale,  ses  styles  courts,  cet  animal  est  très  proche  d’A.  AI  illoti 
Remy  ;  comme  lui,  il  doit  être  intégré  dans  le  groupe  d’A.  gracilis 
Hansen.  Mais  il  s’éloigne  cependant  d’A.  Milloti  par  les  caractères 
de  ses  trichobothries  III  qui,  chez  ce  dernier,  portent  une  pubescence 
raide  dans  sa  partie  proximale,  souple  et  non  ramifiée  dans  sa  partie 
distale.  Ajoutons  que  la  boule  qui  termine  les  trichobothries  III  est 
ovoïde,  à  pubescence  raide,  non  ramifiée  chez  A.  Milloti,  tandis 
qu’elle  est  subsphérique,  à  pubescence  souple  et  ramifiée,  chez 
A.  millotianus. 

Laboratoires  de  Zoologie  du  Muséum 
et  de  la  Faculté  des  Sciences  de  Nancy. 


—  400  — 


Pauropodes  de  Corse 
Par  Mlle  Micheline  Leclerc. 


Au  cours  du  voyage  qu’il  a  fait  en  Corse,  en  août  et  septembre  1948, 
le  Professeur  P.  A.  Remy  a  récolté  environ  1.800  Pauropodes  que 
j’ai  répartis  entre  34  formes  dont  3  sont  nouvelles  et  ont  été  décrites 
dans  une  précédente  note  (Leclerc  1953)  ;  je  donne  ici  la  liste 
de  toutes  cés  récoltes  qui  seront  remises  au  Muséum  de  Paris. 

Liste  des  stations. 

Cap  Corse.  —  Luri  :  a)  Poggio,  au  bord  de  la  route,  175  m.  ;  b)  Piazza, 
friches,  150  m.  1 .  —  Barrettali  :  a)  entre  Stazzona  et  Torre,  jardins,  270- 
300  m.  ;  6)  Conchiglio,  jardin,  120-140  m.  —  Pietracorbara  :  Ponticello, 
100  m.  —  Couvent  de  Sainte-Catherine-de-Sisco,  50  m.  —  Marine  de 
Sisco,  bosquet  à  Renaggio,  5  m.  —  Erbalunga,  5  m.  —  Bastia,  ravin  de 
Paratoggio,  jardins,  70  m.  —  Furiani,  jardins  de  Santa  Agata,  150  m. 

Bassin  du  Golo.  —  Ponte  Leceia,  près  du  Ponte  Rosso,  200  m.  — 
Castiglione,  au  bord  du  ruisseau  de  Terrigola,  550  m.  —  Francardo, 
265  m.  —  Lano,  400-450  m.  —  Caporalino,  sur  le  sentier  d’Omessa  à 
Castirla,  300  m.  —  Forêt  de  Valdoniello,  à  800  m.  au  S.-E.  de  la  Maison 
forestière  de  Popaja,  1.100  m. 

Corte.  —  Jardins  sur  la  rive  droite  du  Tavignano,  400  m. 

Yenaco.  —  Serragio  et  jardin  devant  la  gare,  564-580  m. 

Vezzani.  —  Bords  de  la  Tagnona,  720  m. 

Pietroso.  - —  Canale  et  Poggiolo,  630-695  m. 

Bas-Fiumorbo.  —  Près  de  Saint-Antoine  et  Ghisonaccia,  20-100  m. 
Région  d’Ajaccio.  —  Caldaniccia,  10-16  m.  —  Basse-Gravona,  entre 
le  pont  de  Cuttoli  et  l’embouchure  du  Vardiarelli,  30-60  m.  —  Pointe 
de  Porticcio,  S.-O.  de  Fallacioli,  15  m. 

Région  de  Solenzara.  —  Solaro  :  a)  Capra  Cotta,  50  m.  ;  b)  Kamiesch, 
10  m.  —  Solenzara  :  a)  fontaine  de  Pinzutella,  60  m.  ;  b)  au  village,  1-20  m.  ; 
c)  ravin  de  Fontanaccia,  2-5  m.  ;  d)  ravin  de  Minichino,  5  ni.  ;  e)  ravin  de 
Calla  d’Oro,  10  m.  —  Togna,  ravin,  250  m.  —  La  Penna,  jardin,  400  m. 

—  Pont  de  Cannella,  5  m. 

Région  de  Propriano.  —  Santa  Maria  Figaniella,  500  m.  —  Fozzano  : 

a)  au  S.-O.  du  village,  346  m.  ;  b)  près  du  tombeau  de  Colomba,  360  m. 

—  Viggianello,  ravin  de  Mileda,  150  m.  —  Propriano  :  a)  jardins,  5-40  m.  ; 

b)  Capo  Lauroso,  15  m.  ;  c )  Bas-Rizzanèze,  20  m. 

Sartène.  —  Jardins,  275-300  m. 

1.  Les  nombres  de  mètres  indiquent  l’altitude. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


—  401 


Région  de  Porto-Yecchio.  —  Conca,  240  m.  —  Sainte-Lucie-de- 
Porto-Vecchio,  100  m.  —  Porto-Vecchio,  2-40  m. 

Région  de  Bonifacio.  —  Bonifacio  :  a)  jardins  près  de  la  Marine, 
1-8  m.  ;  b)  jardins  entre  la  Marine  et  le  Couvent  de  Saint-Julien,  20-65  m. 

—  Entre  Bonifacio  et  Gurgazo,  jardins,  10-40  m.  —  Gurgazo,  près  de  la 
côte,  1  m. 

1.  Fam.  Pauropidae. 

1.  Stylopauropus  pedunculatus  Lubbock. 

Barrettali  :  a)  (3) 1  ;  b)  (1).  —  Erbalunga  (1).  —  Furiani  (7).  • —  Francardo 
(3).  —  Lano  (5).  —  Caporalino  (5).  —  Popaja  (3).  — -  Corte  (2).  —  Venaco 
(2).  —  Vezzani  (1).  —  Bas  Fiumorbo  (23).  —  Caldaniccia  (4).  ; —  Basse- 
Gravona  (30).  —  Porticcio  (2).  —  Solenzara  (8).  —  La  Penna  (5).  — • 
Pont  de  Cannella  (1).  —  Santa  Maria  Figaniella  (2).  —  Fozzano  (2).  — 
Viggianello  (1).  —  Propriano  :  a)  (15)  ;  c)  (4).  —  Sartène  (10).  —  Sainte- 
Lucie  de  Porto-Yecchio  (5).  —  Porto-Vecchio  (9).  —  Bonifacio  :  a)  (15)  ; 
b)  (3).  —  Entre  Bonifacio  et  Gurgazo  (2).  —  En  tout  174  ind.  :  84  à  9  pp. 
(43  3,  26  Ç,  15  sexe  ?),  39  1.  à  8  pp.  (13  3,  9  ?,  17  sexe  ?),  25  1.  à  6  pp., 
17  1.  à  5  pp.,  9  1.  à  3  pp. 

2.  Stylopauropus  pubescens  Hansen. 

Barrettali  :  a)  (1).  —  Erbalunga  (2).  —  Bastia  (2).  —  Furiani  (12).  — 
Basse-Gravona  (1).  —  Sartène  (1).  —  En  tout  19  ind.  :  12  à  9  pp.  (7  S, 
4  ?,  1  sexe  ?),  4  1.  à  8  pp.  (2  3,  1  Ç,  1  sexe  ?),  1  1.  à  6  pp.,  1  1.  à  5  pp., 
1  1.  à  3  pp. 

3.  Pauropus  furcifer  Silvestri. 

Venaco  (2).  —  Pietroso  (2).  —  Basse-Gravona  (7).  —  Solaro  :  b)  (2). 

—  Solenzara  :  b)  (10).  —  Pont  de  Cannella  (3).  —  Santa  Maria  Figaniella 
(1).  — ■  Propriano  :  a)  (2)  ;  b)  (2).  —  Sartène  (1).  —  Conca  (1).  —  Sainte- 
Lueie-de-Porto-Vecehio  (1).  —  En  tout  34  ind.  :  11  à  9  pp.  (4  3,  3  Ç, 
4  sexe  ?),  7  1.  à  8  pp.  (1  3,  1  9,  5  sexe  ?),  7  1.  à  6  pp.,  5  1.  à  5  pp.,  4  1. 
à  3  pp. 


4.  Allopauropus  danicus  Hansen. 

Sainte-Catherine-de-Sisco  (1).  —  Corte  (2).  —  Bas-Fiumorbo  (1).  — 
Caldaniccia  (8).  —  Basse-Gravona  (1).  —  Solenzara  :  6)  (1).  —  Fozzano  : 
6)  (1).  —  Propriano  :  a)  (4).  — -  Sartène  (4).  —  Porto-Vecchio  (7).  — - 
Bonifacio  :  a)  (2).  —  Gurgazo  (3).  —  En  tout  35  ind.  :  12  à  9  pp.  (8  3,  2  $, 
2  sexe  ?),  3  1.  à  8  pp.  (2  Ç,  1  sexe  ?),  6  1.  à  6  pp.,  9  1.  à  5  pp.,  5  1.  à  5  pp. 

1.  Les  nombres  mis  entre  parenthèses  après  l’indication  de  la  station  sont  ceux 
des  individus  récoltés  en  celle-ci. 

Abréviations  :  ind.  à  . . .  pp.  =  individu  à  .. .  paires  de  pattes  locomotrices  ;  1.  à 
...  pp.  —  larve  à  ...  paires  de  pattes  locomotrices  ;  sexe  ?  =  sexe  non  reconnu. 


—  402  — 


5.  Allopauropus  Zerlingae  Remy. 

Marine  de  Siseo  (1).  —  Basse-Gravona  (2).  —  Sainte-Lucie-de-Porto- 
V.ecchio  (1).  —  En  tout  4  ind.  à  9  pp.  (2  2  $). 

6.  Allopauropus  brevisetus  Silvestri. 

Luri  :  6)  (4).  —  Ponte-.Leccia  (2).  —  Popaja  (21).  —  Basse-Gravona  (1). 

—  En  tout  28  ind.  :  6  à  9  pp.  (1  <J,  5  $),  1  1.  à  8  pp.  sexe  ?,  6  1.  à  6  pp., 
14  1.  à  5  pp.,  1  1.  à  3  pp. 

7.  Allopauropus  furcula  Silvestri. 

Sainle-Catherine-de-Sisco  (1).  —  Marine  de  Sisco  (2).  —  Furiani  (1). 

—  Ponte-Leccia  (2).  —  Castiglione  (8).  —  Bas-Fiumorbo  (24).  —  Calda- 
niccia  (1).  —  Basse-Gravona  (4).  —  Solenzara  :  b)  (6).  —  Fozzano  :  a)  (11). 
- — Viggianello  (5).  —  Propriano  :  a)  (43)  ;  c)  (3).  —  Sartène  (1).  —  Sainte- 
Lucie-de-Porto-Vecchio  (3).  — ‘  En  tout  115  ind.  :  71  à  9  pp.  (28  3,  31  $, 
12  sexe  ?),  18  1.  à  8  pp.  (1  3,  6  $,  11  sexe  ?),  10  1.  à  6  pp.,  16  1.  à  5  pp. 

8.  Allopauropus  productus  Silvestri. 

Luri  :  6)  (7).  —  Marine  de  Sisco  (1).  • — •  Bas-Fiumorbo  (11).  —  Basse- 
Gravona  (41).  —  Solaro  :  a)  (2).  —  Solenzara  :  6)  (1).  —  Santa  Maria 
Figaniella  (12).  —  Viggianello  (19).  - — •  Propriano  :  a)  (15)  ;  b)  (7)  ;  c)  (9). 

—  Bonifacio  :  6)  (1).  — -  Gurgazo  (9).  —  En  tout  135  ind.  :  1  à  10  pp.  $, 
86  à  9  pp.  (42  3,  36  $,  8  sexe  ?),  15  1.  à  8  pp.  (8  3,  1  $,  6  sexe  ?),  19  1. 
à  6  pp.,  7  1.  à  5  pp.,  7  1.  à  3  pp. 

9.  Allopauropus  aristatus  Remy. 

Venaco  (2).  —  Basse-Gravona  (2).  —  Solenzara  :  c)  (1).  —  Bonifacio  : 
a)  (1)  ;  6)  (8).  —  En  tout  14  ind.  :  7  à  9  pp.  (4  $,  3  sexe  ?),  2  1.  à  8  pp. 
sexe  ?,  1  1.  à  6  pp.,  4  1.  à  3  pp. 

10.  Allopauropus  pectinatus  Hansen. 

Luri  :  6)  (8).  —  Barrettali  :  a)  (1  )  ;  b)  (4).  —  Furiani  (2).  —  Entre  Boni¬ 
facio  et  Gurgazo  (1).  —  En  tout  16  ind.  :  15  à  9  pp.  (2  3,  9  $,  4  sexe  ?), 
1  1.  à  8  pp.  sexe  ? 

11.  Allopauropus  helveticus  Hansen  var.  obtusicornis  Remy. 

Barrettali  :  a)  (1).  —  Furiani  (2).  —  La  Penna  (1).  —  Propriano  :  a)  (3)  ; 
c)  (1).  —  Sartène  (2).  - —  Porto-Vecchio  (1).  —  En  tout  11  ind.  :  7  à  9  pp. 
(5  3,  2  $,),  3  1.  à  8  pp.  (1  Ç,  2  sexe  ?),  1  1.  à  6  pp. 

12.  Allopauropus  Denisi  Remy. 

Popaja  (5).  —  Basse-Gravona  (15).  —  Solenzara  :  a)  (2).  —  La  Penna  (1). 

—  Santa  Maria  Figaniella  (1).  —  Vigianello  (2).  —  Propriano  :  a)  (8)  ; 


c)  (5).  —  Sartène  (7).  —  Conca  (2).  —  Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio  (1).. 

—  En  tout  49  ind.  :  44  à  9  pp.  (24  d,  20  Ç) ,  4  1.  à  8  pp.  (2  d,  2  9),  1  1. 
à  5  pp. 

13.  Allopauropus  vulgaris  Hansen. 

Luri  :  a)  (2).  — ■  Barrettali  :  6)  (23).  —  Ponte-Leccia  (4).  —  Castiglione 
(8).  —  Lano  (3).  — •  Caporalinq  (1).  —  Popaja  (2).  —  Yenaco  (8).  —  Pie- 
troso  (2).  —  Bas-Fiumorbo  (2).  —  Caldaniccia  (2),  —  Basse-Gravona  (34). 

—  Solaro  :  a)  (1).  —  Solenzara  b)  (1)  ;  c)  (1)  ;  d)  (3)., —  Togna  (10).  : — 
La  Penna  (3).  —  Santa  Maria  Figaniella  (22).  —  Propriano  :  b)  (26).  — - 
Sartène  (17).  — •  Conca  (6).  — -  Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio  (9).  — 
En  tout  186  ind.  :  145  à  9  pp.  (42  d,  67  9,  36  sexe  ?),  11  ind.  à  8  pp. 
(1  J,  3  9,  4  sexe  ?),  24  1.  à  6  pp.,  5  1.  à  5  pp.,  1  1.  à  3  pp. 

14.  Allopauropus  corsicus  Remy. 

Castiglione  (1).  — Vezzani  (2).  —  Caldaniccia  (3).  —  Basse-Gravona  (20).. 

—  Solenzara  :  b)  (2).  —  Propriano  :  c)  (1).  —  Sartène  (7).  —  Bonifacio  : 
b)  (1).  —  En  tout  37  ind.  :  31  à  9  pp.  (16  <?,  13  9,  2  sexe  ?),  3  1.  à  8  pp. 
(1  $,  2  sexe  ?),  3  1.  à  6  pp. 

15.  Allopauropus  spinosus  Leclerc. 

Bonifacio  :  b)  1  ind.  à  8  pp.  sexe  ?  , 

16.  Allopauropus  Ribauti  Remy. 

Caldaniccia  (4).  — -  Basse-Gravona  (1).  —  Solaro  :  a)  (3).  —  Porto- 
Vecchio  (8).  —  Bonifacio  :  b)  (1).  En  tout  17  ind.  :  10  à  9  pp.  (7  9,  3  sexe  ?), 
1  1.  à  8  pp.  sexe  ?,  4  1.  à  6  pp.,  1  1.  à  5  pp-,  1  1.  à  3  pp. 

17.  Allopauropus  Ludovicae  Remy. 

Bonifacio  :  b)  3  ind.  à  9  pp.  (1  d,  2  $). 

Les  3e  trichobothries  n’avaient  pas  été  vues  chez  le  type.  Leur 
axe,  grêle  dans  la  région  du  bulbe,  s’épaissit  progressivement  jus¬ 
qu’à  la  moitié  de  la  soie  où  il  atteint  son  diamètre  définitif  ;  il  est 
terminé  distalement  par  une  boule  ovoïde  à  pubescence  courte, 
inclinée  vers  l’extrémité  distale  ;  l’axe  porte  une  pubescence  ana¬ 
logue  dans  sa  partie  proximale,  plus  longue  et  plus  abondante: 
dans  sa  partie  distale. 

18.  Allopauropus  barcinonensis  Remy. 

Basse-Gravona  :  3  ind.  :  2  à  9  pp.  9,  1  1.  à  5  pp. 

19.  Allopauropus  Hessei  var.  insulanus  Remy. 

Luri  :  b)  (2).  —  Barrettali  :  a )  (4)  ;  b)  (12).  —  Erbalunga  (1).  —  Furiani 
(5).  —  Basse-Gravona  (1).  —  En  tout  25  ind.  :  11  à  9  pp.  (3  <J,  4  9,  4  sexe  ?),. 
8  1.  à  8  pp.  (3  d,  3  9,  2  sexe  ?),  3  1.  à  6  pp.,  2  1.  à  5  pp.,  1  1.  à  3  pp. 


—  404  — 


20.  Allopauropus  therapnaeus  Leclerc. 

Caldaniccia  :  1  ind.  à  9  pp.  9. 

21.  Allopauropus  gracilis  Hansen  var.  sabaudianus  Remy. 

Luri  :  6)  (4).  —  Barrettali  :  a )  (7).  —  Sainte-Catherine-de-Sisco  (5). 

—  Ponte  Leccia  (13).  —  Castiglione  (2).  —  Francardo  (1).  —  Venaco  (4). 

—  Pietroso  (1).  —  Bas-Fiumorbo  (1).  —  Basse-Gravona  (4).  —  Porticcio 
(2).  —  Solaro  :  a)  (3).  —  Solenzara  :  b)  (10)  ;  d)  (1).  — -  La  Penna  (6). 

—  Pont  de  Cannella  (3).  —  Propriano  :  a)  (20)  ;  c)  (26).  • —  Sartène  (6). 
— -  Conca  (3).  —  Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio  (2).  —  Porto-Vecchio  (28). 

—  Bonifacio  :  a)  (7)  ;  b)  (41). —  Entre  Bonifacio  et  Gurgazo  (11).  —  Gur- 
gazo  (4).  —  En  tout  198  ind.  :  5  à  10  pp.  9,  140  à  9  pp.  (44  S,  62  9> 
34  sexe  ?),  21  1.  à  8  pp.  (6  S,  2  9,  13  sexe  ?),  16  1.  à  6  pp.,  11  1.  à  5  pp., 
5  1.  à  3  pp. 

22.  Allopauropus  gracilis  var.  sequanus  Remy. 

Luri  :  à]  (1)  ;  6)  (3).  —  Barrettali  :  a)  (9).  —  Pietracorbara  (1).  —  Marine 
de  Sisco  (4).  —  Furiani  (11).  —  Ponte-Lecçia  (29).  —  Francardo  (6). 

—  Lano  (3).  —  Popaja  (3).  —  Corte  (3).  —  Venaco  (10).  —  Vezzani  (25). 

—  Pietroso  (5).  —  Bas-Fiumorbo  (2).  —  Caldaniccia  (1).  —  Basse-Gra¬ 
vona  (31).  —  Porticcio  (14).  —  Solaro  :  a)  (1)  ;  b)  (3).  —  Solenzara  :  a)  (3)  ; 
6)  (21)  ;  c)  (3)  ;  d)  (4)  ;  e)  (1).  —  Togna  (18).  —  La  Penna  (32).  —  Pont  de 
Cannella  (5).  • —  Santa-Maria  Figaniella  (7).  —  Viggianello  (4).  —  Pro¬ 
priano  :  a)  (32)  ;  c)  (22).  —  Sartène  (20).  —  Sainte-Lucie-de-Porto- 

Vecchio  (9). - Porto-Vecchio  (14).  —  Bonifacio  :  a)  (27)  ;  b )  (75).  — 

Gurgazo  (11).  —  En  tout  473  ind.  :  1  à  10  pp.  9,  358  à  9  pp.  (125  3,  132  9, 
101  sexe  ?),  39  1.  à  8  pp.  (6  <?,  9  9,  24  sexe  ?),  46  1.  à  6  pp.,  21  1.  à  5  pp., 
8  1.  à  3  pp. 

23.  Allopauropus  gracilis  var.  sinuatus  Remy. 

Solenzara  :  6)  4  ind.  :  1  à  9  pp.  9,  1  1.  à  8  pp.  9,  2  1.  à  6  pp. 

24.  Allopauropus  meridianus  Remy. 

Solenzara  :  b)  (1).  —  Propriano  :  a )  (1)  ;  c)  (2).  —  Gurgazo  (1).  — 
En  tout  5  ind.  à  9  pp.  (2  J,  2  ?,  1  sexe  ?). 

Dans  la  diagnose  originale,  les  poils  des  9e  pattes  locomotrices 
n’ont  pas  été  décrits  ;  les  poils  coxaux  et  trochantériens  sont  bifur- 
qués  ;  le  poil  proximal  du  tarse,  inséré  à  peu  près  au  1/3  de  cet 
article,  est  égal  aux  2/7  de  la  longueur  de  celui-ci. 

Chez  les  individus  étudiés  ici,  le  tergum  pygidial  présente  un  lobe 
médian  subtriangulaire  à  sommet  arrondi  ;  ce  lobe  est  peu  proémi¬ 
nent  chez  le  type.  Les  cornes  latérales  de  la  plaque  anale  sont  moins 
divergentes  que  chez  le  type. 


25.  Allopauropus  Cordieri  Remy. 

Propriano  :  a)*  1  ind.  à  9  pp.  <?. 

L’axe  des  3e  trichobothries  est  atténué  à  chaque  extrémité,  mais- 
bien  plus  du  côté  distal  que  proximal,  ce  qui  n’est  pas  le  cas  chez 
A.  Amaudruti  Remy.  Avec  P.  Remy,  qui  a  examiné  ce  spécimen 
corse,  j’estime  que  ce  caractère  est  assez  important  pour  considérer- 
Cordieri  comme  une  espèce,  et  non  une  variété  d’A.  Amaudruti. 
La  pubescence  de  ces  soies  est  courte  et  raide,  penchée  vers  l’extré¬ 
mité  distale. 

26.  Allopauropus  maurus  Remy. 

Gurgazo  :  3  ind.  à  9  pp.  (2  <J,  1  sexe  ?). 

(A  suivre). 


Laboratoires  de  Zoologie  du  Muséum 
et  de  la  Faculté  des  Sciences  de  Nancy ~ 


—  406  — 


.Le  Diploure  Campodea  monspessulana  n.  sp.,  hôte  de  la 
Grégarine  Lepismatophila  campodeae  Tuzet,  Manier  et 
Ormières. 

Par  B.  Condé. 


Tout  récemment,  Mlle  O.  Tuzet  et  ses  collaborateurs  (1952)  ont 
fait  connaître  une  Grégarine  intestinale  inédite,  Lepismatophila 
campodeae,  découverte  chez  un  Campodea  des  environs  de  Mont¬ 
pellier  qu’ils  nomment  Campodea  augens  Silvestri.  Début  avril  1951, 
Mlle  o  Tuzet  m’avait  soumis  un  exemplaire  de  ce  Diploure  pour 
le  déterminer  et  je  lui  avais  indiqué  in  litt.  qu’il  s’agissait  d’une 
forme  difficile  à  classer,  très  voisine  d 'augens,  sans  lui  être  identique 
cependant  ;  il  aurait  donc  été  plus  exact  de  la  désigner  provisoire¬ 
ment  par  «  cf.  augens  »  ou  «  groupe  augens  ».  L’examen  de  7  autres 
spécimens  récoltés  dans  la  station  type  par  MHe  Tuzet,  le 
24  avril  1951,  et  leur  comparaison  avec  des  C.  augens  authentiques 
d’Europe  centrale  !,  me  conduit  en  effet  à  les  rapporter  à  une  espèce 
nouvelle  décrite  brièvement  ci-dessous.  Une  diagnose  plus  serrée 
sera  possible  lorsqu’on  aura  pu  observer  un  matériel  plus  abondant 
et  en  meilleur  état,  et  qu’on  aura  fait  une  étude  statistique  des 
espèces  européennes  affines  :  C.  augens  Silvestri  d’Europe  centrale, 
C.  Chardardi  Condé  (=  augens  ssp.  Chardardi )  de  France,  C.  arra- 
bidae  Wygodzinsky  du  Portugal. 

Campodea  (Campodea)  monspessulana  n.  sp. 

■  (syn.  :  C.  augens  Tuzet,  Manier  et  Ormières  1952,  nec  Silvestri  1936). 

Station.  —  Hérault.  Creux  de  Miège,  près  Mireval  :  1  q,  7  Ç. 

Longueur.  —  6-7  mm.  La  plupart  des  soies  de  revêtement  de 
la  face  tergale  du  tronc  présentent  quelques  dents  sur  leur  région 
distale. 

Tête.  —  Les  2  seules  antennes  intactes  ont  respectivement  27  et 
29  articles.  Article  III  avec  1  sensille  bacilliforme  postéro-sternal 
(inséré  entre  les  macrochètes  de  te);  en  outre,  des  sensilles  sub¬ 
cylindriques  plus  grêles  que  le  précédent  peuvent  se  rencontrer 
sur  tous  les  articles  à  partir  du  IIIe  inclus. 

Submentum  sans  soies  renflées  ou  bifides. 

1.  Communiqués  notamment  par  MM.  les  Pr.  H.  Franz  et  H.  Strouhal,  de  Vienne, 
•que  je  remercie  très  vivement. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


—  407 


Thorax.  —  Macrochètes  des  tergites  relativement  courts,  robustes, 
avec  des  barbules  épaisses  sur  la  plus  grande  partie  de  leur  longueur. 

Au  métanotum,  Ip/ma  =  1,8-2  et  ^  =  2, 5-2, 9.  Les  soies  mar- 

s pIn 

ginales  postérieures  des  3  tergites  sont  toutes  fortement  différen¬ 
ciées. 

Abdomen.  —  Tergite  V  sans  macrochètes  ;  tergites  VI  et  VII 
avec  chacun  2  paires  de  macrochètes  (latéraux  antérieurs  et  laté- 


Campodea  (C.)  monspessulana  n.  sp.,  $  du  Creux  de  Miège.  —  A.  Article  III  de 
l’antenne  droite,  face  sternale,  portion  du  bord  postérieur  ;  d,  e  —  macrochètes 
dont  l’embase  seule  est  figurée.  —  B.  Mésonotum  ;  soies  de  revêtement  non  repré¬ 
sentées.  —  C.  Soies  marginales  postéro-latérales  du  mésonotum.  — D.  Macrochètes 
latéraux  postérieurs  du  pronctum  (1),  du  mésonctum  (2),  du  métanotum  (3).  — 
E.  Macrochètes  de  la  base  d’un  cerque.  A  X  1100  ;  B  X  110  ;  les  autres  X  650. 


raux  postérieurs).  Sternite  I  du  $  avec  une  bordure  ininterrompue 
de  poils  glandulaires.  Sternites  II  à  VII  avec  6+6  macrochètes 
dont  2  +  2  moins  différenciés  et  insérés  de  part  et  d’autre  des 
styles. 

Soie  apicale  des  styles  avec  2  branches  basilaires  inégales,  la  plus 
basale  environ  2  fois  plus  courte  que  l’autre,  et  2  ou  3  barbules 
distales  très  fortes. 

Aucun  cerque  n’est  complet.  Le  fragment  le  plus  important,  égal 
aux  5/7  du  corps,  comprend  1  base  et  9  articles  primaires,  tous 
subdivisés  en  articles  secondaires  :  4  pour  la  base,  3  pour  chacun 
des  3  premiers  articles  primaires,  5  pour  chacun  des  2  suivants, 


—  408 


6  pour  chacun  des  4  derniers.  Les  macrochètes  sont  décrits  dans 
le  tableau  de  détermination  ci-dessous. 

Affinités.  —  Les  rapports  de  la  nouvelle  espèce  avec  les  formes 
affines  les  mieux  connues  sont  exprimés  dans  le  tableau  suivant. 

1.  Submentum  avec  une  plage  antérieure  de  courtes  soies  différenciées, 

les  unes  fortement  renflées  à  la  base  et  rapidement  acuminées, 
les  autres  un  peu  épaissies  et  brièvement  bifides  h  Sensille  du 
IIIe  article  antennaire  postéro-sternal  (entre  d  et  e).  Macrochètes 
des  cerques  avec  1  à  3  barbules  subapicales  très  ténues,  ou  com¬ 
plètement  glabres . . . 

C.  Chardardi  Condé  1947  (sub  augens  ssp.  Chardardi). 
1'.  Submentum  sans  soies  renflées  ou  bifides.... .  2 

2.  Sensille  du  IIIe  article  antennaire  postéro-tergal  (entre  b  et  c).  Macro¬ 

chètes  des  cerques  avec  une  courte  barbule  subapicale  (apex  four¬ 
chu),  ou  complètement  glabres .  C.  augens  Silvestri  1936. 

2'.  Sensille  du  IIIe  article  antennaire  postéro-sternal  (entre  d  et  e).  Macro¬ 
chètes  des  cerques  avec  en  moyenne  6  à  20  barbules  courtes,  mais 
très  nettes . .  C.  monspessulana  n.  sp. 

Il  m’est  impossible  d’introduire  dans  cette  clé  C.  arrabidae 
Wygodzinsky  1944,  faute  de  caractère  différentiel  radical  ;  celui 
que  propose  Wygodzinsky  dans  son  tableau  dichotomique  (1944,. 
p.  506)  pour  séparer  arrabidae  A'augens  est  plus  apparent  que  réel, 
car  la  présence  de  6  +  6  ou  de  4  +  4  macrochètes  aux  uroster- 
nites  II-VII  dépend  surtout,  en  l’occurrence,  de  l’appréciation  du 
descripteur  et  de  sa  conception  d’un  macrochète.  Chez  C.  augens, 
outre  4  +  4  macrochètes  bien  différenciés,  mentionnés  et  repré¬ 
sentés  par  Silvestri,  il  y  en  a  2  +  2  beaucoup  plus  faibles,  situés 
de  part  et  d’autre  de  l’insertion  des  styles,  ceux  qui  se  trouvent 
au  bord  externe  de  ces  appendices  étant  particulièrement  rudimen¬ 
taires.  Il  n’existe  donc  aucune  différence  fondamentale  dans  la 
chétotaxie  des  urosternites  entre  C.  arrabidae  et  C.  augens  2;  de 
plus,  l’examen  de  quelques  C.  arrabidae,  recueillis  à  mon  intention 
par  le  Dr.  A.  de  Barros  Machado  dans  la  Serra  do  Gérés,  m’a 
montré  que  le  sensille  bacilliforme  du  IIIe  article  antennaire  est 
également  postéro-tergal  chez  cette  espèce.  C.  arrabidae  et  C.  augens 
sont  donc  beaucoup  plus  proches  l’un  de  l’autre  qu’on  ne  pouvait 
le  croire  ;  actuellement,  il  ne  reste  guère  pour  les  distinguer  que  la 
forme  des  macrochètes  tergaux,  sensiblement  plus  longs  et  plus 
grêles  chez  arrabidae  que  chez  augens. 

Faculté  des  Sciences  de  Nancy,  Zoologie  générale. 

1.  Ces  phanères  ont  été  découverts  et  décrits  par  J.  Pages  (1951,  p.  72  et  fig.  45). 

2.  Il  n’y  en  a  pas  davantage  entre  C.  augens  et  C.  Chardardi,  contrairement  à  co 
que  j’ai  écrit  à  la  fin  de  la  description  de  cette  dernière  espèce  (1947,  p.  87).  N’ayant 
pu,  à  l’époque,  examiner  des  C.  augens  authentiques,  j’avais  pris  à  la  lettre  le  texte- 
de  Silvestri. 


—  409  — 


BIBLIOGRAPHIE 

1947.  Condé  (B.).  —  Quelques  Campodéidés  du  Nord-Est  de  la  France. 
(Bull.  Soc.  Sc.  Nancy,  N.  S.,  6,  p.  85-92). 

1951.  Pages  (J.).  —  Contribution  à  la  connaissance  des  Diploures.  (Bull, 
sci.  Bourgogne,  13,  suppl.  9,  97  p.). 

1936.  Silvestri  (F.).  —  Eine  neue  Campodea  von  Kârnten.  (Festschr. 
E.  Strand,  1,  p.  529-531). 

1952.  Tuzet  (Mlle  O.),  Manier  (Mlle  J. -F.)  et  Ormières  (R.).  —  Deux 
nouvelles  espèces  de  Grégarines  du  genre  Lepismatophila  parasites 
de  l’intestin  de  Ctenolepisma  lineata  Esch.  et  de  Campodea  augens 
Silvestri.  (Ann.  Sc.  nat.,  Zool.,  11e  s.,  14,  p.  87-93). 

1944.  Wygodzinsky  (P.  W.).  —  Contribuiçao  ao  conhecimento  dos 
Entotrophi  e  Thysanura  (Apterygota,  Insecta)  de  Portugal.  I.  Intra- 
duçao.  Familia  Campodeidae  (Entotrophi).  (Rev.  brasil.  Biol.,  4, 
p.  501-512). 


i 


Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


26 


410 


Teredo  Petiti  Récluz  :  description  de  la  coquille  larvaire 
Par  P.  Rancurel, 

CHARGÉ  DE  RECHERCHES  DE  l’ORSOM 

Teredo  petiti  Récluz  est  de  loin  l’espèce  de  Taret  la  plus  commune 
dans  les  lagunes  de  la  Basse-Côte  d’ivoire  ;  elle  se  rencontre  égale¬ 
ment  dans  la  plupart  des  estuaires  des  fleuves  de  la  Côte  Occidentale 
d’Afrique  jusqu’à  une  très  grande  distance  en  amont.  C’est  elle  qui 
est  en  grande  partie  responsable  des  attaques  subies  par  les  billes 
de  bois  flotté.  Elle  cause  ainsi  des  pertes  considérables  aux  exploi¬ 
tants  forestiers  qui  doivent  laisser  séjourner  quelques  temps  leurs 
bois  dans  la  lagune.  L’étude  de  la  biologie  de  cette  espèce  est  en 
cours  ;  cette  courte  note  a  seulement  pour  but  de  faire  connaître 
la  coquille  larvaire  et  les  premiers  stades  du  développement  de  cette 
coquille. 

De  développement  planctonique,  on  ne  peut  se  procurer  les  larves 
que  par  l’intermédiaire  de  plaquettes  de  bois  approprié.  J’ai  employé 
des  plaquettes  de  Samba  (Triplochiton  scleroxylon)  ainsi  que  des 
plaquettes  d’ Acajou  (Khaya  ivorensis) .  Le  Samba  seul  m’a  donné 
entière  satisfaction  pour  l’étude  des  larves  de  cette  espèce  qui 
l’attaquent  plus  volontiers  que  l’Acajou. 

En  pleine  période  d’attaque  (août  et  décembre),  j’ai  pu  me  pro¬ 
curer  des  quantités  de  larves  à  tous  les  stades  de  développement. 
Des  plaques  immergées  pendant  quatre  heures  portaient  déjà  des 
véligères  à  leur  surface  !  Délicatement  transportées  dans  un  cris- 
tallisoir,  ces  véligères  y  vécurent  11  jours,  nageant  et  rampant. 

La  véligère  en  vie  possède  des  valves  de  la  couleur  cornée  carac¬ 
téristique  des  larves  de  Teredo  avec  une  tâche  verdâtre  près  de 
l’umbo.  Ce  dernier  beaucoup  plus  brun  que  les  autres  parties  de 
la  coquille  est  légèrement  violacé.  A  un  fort  grossissement,  la  tache 
verdâtre  qui  apparaît  sous  les  valves  se  présente  comme  formée  de 
gros  granules  translucides.  Elle  représente  le  premier  lobule  hépa¬ 
tique. 

Les  valves  fermées,  la  coquille  est  presque  sphérique  et  mesure 
210  p  de  hauteur  sur  200  p  de  longueur. 

Etude  de  la  charnière. 

Valve  droite.  —  Trois  dents.  La  dent  centrale  est  allongée,  rec¬ 
tangulaire,  tandis  qu’à  sa  droite  et  à  sa  gauche  se  trouve  une  dent 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


—  411  — 


\ 


de  dimension  plus  réduite  et  plus  étroite.  La  partie  inférieure  de 
la  dent  antérieure  possède  une  partie  cunéiforme  dirigée  vers 
l’avant.  Elle  est  séparée  de  la  dent  centrale  par  une  dépression  assez 
large.  La  dent  postérieure,  presque  carrée,  n’est  éloignée  de  la  dent 
médiane  que  par  un  espace  réduit. 

Valve  gauche.  —  Deux  dents  inégales  ;  l’antérieure  presque  para- 
lélipipédique  est  la  plus  grande.  Elle  a  ses  petits  côtés  un  peu  con¬ 
caves  et  sa  partie  inférieure  élargie.  La  dent  postérieure  largement 
séparée  de  l’antérieure  est  nettement  carrée. 


Les  véligères  conservées  en  cristallisoir  le  parcourent  en  tous 
sens,  montent  et  descendent  à  l’aide  de  leur  vélum  qui  m’a  semblé 


Fig.  1.  —  a  :  Valve  droite  ;  b  :  valve  gauche. 

Fig.  2.  —  Charnière  de  la  prodissoconque  ;  a  :  valve  droite  ;  b  :  valve  gauche. 


plus  étroit  que  celui  des  larves  de  Teredo  pedicellata.  Se  laissant 
tomber  sur  le  fond,  elles  rampent  à  l’aide  de  leur  long  pied  flexueux, 
les  deux  valves  bien  verticales. 

Fixées  sur  le  substratum  ligneux,  les  larves  ne  m’ont  pas  montré 
la  présence  du  filament  de  byssus  par  lequel  s’attachent  les  larves 
d’autres  espèces  avant  de  commencer  leur  métamorphose.  Ce  fait 
pourrait  expliquer  en  partie  la  grande  quantité  de  larves  trouvée 
dans  les  fines  rainures  artificiellement  creusées  dans  le  bois,  ainsi 
que  dans  les  creux  établis  entre  deux  fibres  longitudinales. 

La  métamorphose  commencée,  la  larve  supplée  à  l’absence  de 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


26. 


—  412  — 


byssus  par  des  propriétés  adhésives  spéciales  de  son  pied.  De  vermi- 
forme  ce  dernier  a  pris  une  allure  discoïde  ;  l’adhésion  n’est  pas 
produite  par  un  effet  de  succion  mais  bien  par  l’intermédiaire  d’une 
substance  collante.  Les  larves  posées  sur  une  lapielle  couvre-objet 
s’y  fixent  immédiatement  et  la  lamelle  peut  être  retournée  sans 
qu’elles  se  détachent.  De  même  le  pied  mis  en  contact  avec  la  pointe 
d’une  aiguille  s’y  attache  sur-le-champ,  chose  qu’il  ne  pourrait  faire 
en  n’utilisant  que  l’effet  de  ventouse. 

Donc,  collées  au  fond  de  leur  cupule  creusée  à  la  surface  du  bois, 
les  larves  continuent  leur  métamorphose.  Les  cordons  denticulés 
qui  viennent  se  juxtaposer  sur  le  bord  antérieur  de  la  valve  et  sur 
sa  partie  ventrale,  font  peu  à  peu  basculer  la  prodissoconque  autour 


Fig.  3.  —  Jeune  larve  de  10  jours.  Face  interne  et  face  externe  montrant  la  forme 
convexe  de  la  partie  postérieure  et  le  début  de  différenciation  de  l’auricule.  Hau¬ 
teur  :  790  p.. 


de  la  charnière  de  telle  façon  que,  sur  une  valve  de  700  [x  de  haut, 
la  coquille  larvaire  se  trouve  presque  en  position  renversée,  sa  partie 
originellement  inférieure  est  devenue  sa  partie  supérieure. 

Contrairement  à  ce  qui  se  passe  chez  certaines  autres  espèces  et 
en  particulier  chez  les  Lyrodus 1,  le  bord  postérieur  de  la  valve 
droite  n’est  pas  détruit  et  les  deux  valves  gardent  toujours  leurs 
dimensions  primitives.  De  plus,  l’auricule  au  lieu  de  se  développer 
normalement  et  de  se  détacher  tout  de  suite  de  l’aire  médio-posté- 
rieure  comme  chez  Bankia  setacea  2,  Teredo  megotara3,  etc.,  reste 
incorporé  à  cette  dernière  zone,  si  bien  que  la  partie  postérieure 
de  la  coquille  peut  se  clore  entièrement  au  lieu  de  rester  bâillante  ; 

1.  P.  Rancurel  :  Bull.  Laboratoire  Dinard.  XXXIV,  1951. 

2.  C.  P.  Sigerfoos  :  Bull.  Bur.  Fish.  Washington.  XXVII,  1908. 

3  C.  Dons  :  K.  norske  vidensk.  Selsk.  Forh.  Trondheim.  XIV,  9,  1942* 


413 


elle  recouvre  complètement  la  partie  postérieure  du  corps  et  les 
siphons.  Il  s’ensuit  une  croissance  particulière  qui  reste  à  l’étude. 
Dans  le  cadre  de  cette  courte  note,  on  peut  dire  que,  jusqu’à  la 
taille  de  800  p.,  qui  correspond  à  celle  d’une  larve  d’une  semaine 
environ,  les  bords  postérieurs  des  valves  restent  toujours  jointifs 
et  la  larve  demeure  sphérique  ;  les  dimensions  de  la  coquille  corres¬ 
pondent  donc  à  celles  de  l’animal  rétracté.  lie  logement  du  petit 
Taret  dans  le  bois  est  également  sphérique  ;  et  le  rapport  longueur/ 
largeur  est  sensiblement  égal  à  l’unité.  A  partir  de  la  taille  de  800  p. 
vers  l’âge  de  10  jours,  l’auricule  commence  à  se  détacher,  la  partie 
postérieure  de  la  coquille  devient  bâillante,  laissant  sortir  la  partie 
postérieure  du  corps,  et  prend  la  forme  caractéristique  des  valves 
de  Teredo. 


Institut  Français  d’Afrique  Noire 
(Centrifan  Abidjan,  Côte  d’ivoire). 


—  414  — 


Contributions  a  la  flore  de  la  Nouvelle-Calédonie 
cm.  —  Plantes  de  collecteurs  divers 

Par  A.  Guillaumin. 

PROFESSEUR  AU  MUSÉUM 


Tetracera  scandens  Dânik.  —  Houaïlou  ( Leenhardt  264),  «  Koemere  » 

Xylosma  confusa  Guillaum.  sp.  nov. 

Frutex  2-3  m.  altus  vel  arbor  parva,  ramis  griseo-brunneis,  laevibus. 
Folia  ovata  (usque  ad  10  cm.  X  5  cm.),  membranaceo  rigida  vel  pergaman- 
tacea,  apice  acuminata,  basi  obtusa  vel  sub-rotundata,  marginibus  valde 
undulatis  vel  grosse  serratis,  nervis  4-5  jugis,  tenuibus,  venis  reticulatis 
parum  conspicuis,  petiolo  gracili,  0,5-1  cm.  longo.  Flores  Ç  fructiferi  fasci- 
culati,  pedicello  gracili,  1-1,5  cm.  longo,  supra  basin  articulato,  tepalis  4, 
ovato  triangularibus,  acutis,  1  mm.  longis,  extra  glabris,  intus  et  marginibus 
pilosis,  ovario  ampulliformi,  apice  attenuato,  stigmatibus  reniformibus, 
sessilibus. 

Forêts  du  versant  occidental  du  Koghi  ( Balansa  233)  ;  bosquets 
dans  la  partie  supérieure  du  Boulari  ( Balansa  333  a). 

C’est  à  cette  espèce  qu’il  faut  rapporter  l’échantillon  :  base  du 
Mont-Mou  ( White  2094)  que  j’avais  ( Journ .  Arn.  Arb.,  VII,  p.  95, 
1926)  rapporté  à  X.  suaveolens  Forst.  f. 

X.  dothioensis  Guillaum.  sp.  nov. 

Arbor  6-8  m.  alta,  ramis  brunneis,  valde  lenticellatis.  Folia  late  elliptica 
(usque  ad  17  cm.  X  6  cm.),  apice  obtuse  acuminata,  basi  cordata,  margine 
undulata  et  glandulifera,  per gamentacea,  utraque  pagina  glaberrima,  nervis 
8-10  jugis,  tenuibus,  venis  reticulatis,  petiolo  sat  robusto,  5-7  mm.  longo. 
Flores  brevissime  (1  cm.)  racemosi  vel  fasciculati,  pedicello  2  mm.  longo, 
medio  articulato,  basi  minutissime  bracteolato,  tepalis  4-6,  3  mm.  longis, 
exterioribus  angustioribus,  interioribus  latioribus  obtusioribusque,  extra 
glabris,  margine  ciliolutatis  intra  puberulis ;  $  (fructiferi)  disco  squamis 
glabris  formato,  ovario  ovoideo,  glaberrimo,  stylo  primum  brevissimo, 
deinde  0,  stigmatibus  reniformibus. 

Forêts  dans  la  partie  supérieure  du  Bassin  de  Dothio  ( Balansa 
3630). 

X.  fasciculata  Guillaum.  sp.  nov. 

Arbor  6-8  m.  alta,  ramis  atro  brunneis,  rugosis.  Folia  ovata  ( usque  ad 
12  cm.  X  7  cm.),  apice  attenuata  et  aliquando  acuta,  basi  rotundata,  margine 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


—  415 


integra,  pergamentacea  vel  subcoriacea,  nervis  circa  6  jugis,  tenuibus,  venis 
dense  reticulatis ,  bene  conspicuis,  petiolo  5  mm.  haud  longiore.  Flores  $ 
(fructiferi)  fasciculati,  pedicello  basi  articulato,  tepalis  circa  8,  2  mm. 
longis,  ovatis,  obtusis,  inaequalibus ,  exterioribus  latioribus,  extra  glabris, 
intus  margineque  dense  pilosis,  stigmatibus  reniformibus,  sessilibus. 

Forêts  situées  au  S.  de  Canala,  vers  800  m.  d’altitude  ( Balansa 
2334). 


X.  koghiensis  Guillaum.  sp.  nov. 

Ramis  valde  lenticellatis,  atro  brunneis.  Folia  glaberrima,  ovato-rhomboidea 
(2, 5-3, 5  cm.  X  1-2  cm.),  apice  acuminata,  basi  cuneata,  margine  undulato- 
serrata,  coriacea,  nervis  tenuibus,  3-5  jugis,  venis  inconspicuis,  petiolo  sat 
gracili,  3-5  mm.  longo.  Flores  fasciculati,  pedicello  circa  3  mm.  longo,  ima 
basi  articulato,  papilloso,  $  :  tepalis  4-8,  ovatis,  majoribus  1,5  mm.  longis, 
extra  glabris,  intus  pilosis,  margine  haud  ciliatis,  ovario  globoso,  stylo 
brevissimo  sed  distincto,  apice  stigmatibus  2,  reniformibus,  coronato. 

Sommet  du  Koghi  (Brousmiche  511). 

X.  planchonellaefolia  Guillaum.  sp.  nov. 

Arbor  vel  frutex,  ramis  nodosis,  ligno  durissimo.  Folia  glaberrima, 
spathulata  (usque  ad  7  cm.  X  3  cm.),  ab  apice  rotundato  in  petiolum  circa 
1  cm.  longum  cuneatim  attenuata,  margine  integra,  valde  coriacea,  supra 
distincte,  subtus  prominentius  dense  reticulata.  Flores  fasciculati  pedicello 
brevissimo,  ima  basi  articulato;  S:  tepalis  4-6,  inaequalibus,  ovato-lanceo- 
latis,  longioribus  1,5  mm.  longis,  extra  glabris,  intus  leviter  pilosis,  margine 
ciliolatis,  disci  glandulis  parvis,  quadratis,  staminibus  oo,  filamentis  antheris 
multo  longioribus,  antheris  globosis,  connectivo  producto,  globose  incrassato, 
pistillodio  0. 

Récolté  pour  la  première  fois  par  Schlechter,  malheureusement 
l’échantillon  conservé  à  Paris  a  eu  son  étiquette  transposée  ;  Mont- 
Dzumac  (Le  Rat  180,  Franc.  559,  559  série  A)  ;  entre  l’Ermitage  et 
la  forêt  de  Saint-Louis  (Le  Rat  étiquette  endommagée  dont  le  N°  a 
disparu)  ;  Baie  du  Sud  ( Franc  689). 

X.  Vincentii  Guillaum.  sp.  nov. 

Arbor  5-6  m.  alla,  ramis  griseo  brunneis,  valde  rugosis.  Folia  ovata  ( usque 
ad  11  X  6  cm.),  apice  obtuse  acuminata,  basi  late  cuneata,  margine  undulata 
usque  serrata,  coriacea,  nervis  4-7  jugis,  parum  prominulis,  venis  reticulatis 
vix  conspicuis,  petiolo  usque  ad  1,5  cm.  longo.  Flores  breviter  racemosi, 
pedicello  3-4  mm.  longo,  medio  articulato,  Ç  :  tepalis  circa,  4  late  ovatis, 
1,5  mm.  longis,  apice  rotundatis,  extra  glabris,  intus  pilosis,  margine 
ciliolatis,  ovario  globoso,  stigmatibus  reniformibus  sessilibus. 

Mont-Coumboui  (Dent  de  Saint- Vincent),  vers  1.200  m.  d’alti¬ 
tude  ( Balansa  2762). 


—  416  — 


Ces  espèces  peuvent  se  distinguer  de  celles  déjà  connues  par  le 
tableau  dichotomique  suivant,  étant  donné  que  le  X.  caledonicum 
Briquet  (1900),  Gilg.  (1925)  =  Myroxylon  caledonicum  Briquet  = 
Hisingepa  caledonica  Paucher  mss.  est  une  Euphorbiacée  :  Hemicyclia 
Deplanchei  Baill.  ex  Guillaum.  =  Elaeocarpus  ?  Deplanchei  Bail!. 

A)  Articulation  à  la  base  du  pédicelle,  non  ou  peu  distincte. 

а)  Pedicelle  court  (5  mm.  au  plus), 
a)  Feuilles  arrondies  à  la  base. 

I)  Feuilles  petites  (jusqu’à  3,8  cm.  X  3,2  cm.)  largement  ovales- 

orbiculaires,  subcoriaces,  pétioles  ?  1 .  .  X.  litoralis  Danik. 

II)  Feuilles  plus  grandes,  ovales. 

1)  Feuilles  parcheminées  ou  ±  coriaces,  jusqu’à  12  cm.  X  7  cm.  ; 
pétiole  robuste,  court  (5  mm.  au  plus) ...  X.  fasciculata 

Guillaum. 

2)  Feuilles  membraneuses  ou  parcheminées,  jusqu’à  9  cm.  X 

5.5  cm.,  pétiole  grêle,  long  de  5-15  mm.  X.  suaveolens 

Forst.  f. 

(3)  Feuilles  en  coin  à  la  base,  coriaces. 

I)  Feuilles  ovales-losangiques,  jusqu’à  3,5  cm.  X  2  cm.,  acu- 

minées,  non  réticulées  ;  long,  de  3-5  mm.  X.  koghiensis 

Guillaum. 

II)  Feuilles  spatulées  jusqu’à  7  cm.  X  3  cm.,  densément  réti¬ 
culées  . . .  X.  planchonellae  folia  Guillaum. 

б)  Pédicelle  assez  long  (7-9  mm.)  ;  feuilles  coriaces,  obovales  (jusqu’à 

6.5  cm.  X  3,7  cm.),  atténuées  en  coin  vers  la  base  ;  petiole 
court  (5-8  mm.) ,  X.  dustro-caledonica  (Schltr.)  Sleumer. 

B)  Articulation  au-dessus  de  la  base  du  pédicelle,  bien  visible. 
a)  Pedicelle  court  (moins  de  1  cm.),  non  fdiforme. 

a)  Feuilles  largement  elliptiques  ou  subdicoïdes,  petites  (au  plus 
3  cm.  X  2,5  cm.),  très  coriaces,  à  réticulation  saillante  sur 
les  deux  faces,  pubérulentes  sur  les  deux  faces,  rameaux, 
pédicelles,  ovaire  et  fruit  pubérulents.  X.  nervosa  Guillaum. 
P)  Feuilles  glabres,  à  réticulation  invisible  ou  au  moins  non  très 
saillante  sur  les  deux  faces,  ovaire  et  fruit  glabres. 

I)  Pédicelle  papilleux  ;  feuilles  parcheminées,  petites  ou  au  plus 

6  cm.  X  3  cm.,  elliptiques .  X.  lifuana  Guillaum. 

II)  Pédicelle  glabre. 

1)  Feuilles  petites,  elliptiques  ou  ovales  (5  cm.  X  3  cm.),  arron¬ 
dies  à  la  base,  très  coriaces ....  X.  Pancheri  Guillaum. 

2)  Feuilles  grandes  (jusqu’à  17  cm.  X  6  cm.). 

Feuilles  cordées  à  la  base,  parcheminées.  X.  dothioensis 

Guillaum. 

Feuilles  en  coin  à  la  base,  coriaces.  X.  Vincentii  Guillaum. 


1.  La  description  de  Dâniker  porte  «  Petioli  5  mm.  Iongi  »,  mais  je  crois  qu’il  faut 
lire  :  Pedicelli. 


—  417 


6)  Pédicelle  long  (1-2  cm.)  et  filiforme. 

a)  Pédicelle  glabre  ;  feuilles  parcheminées,  glabres  ;  tépales  à  bords 
velus  mais  non  longuement  ciliés.  .  .  X.  confusa  Guillaum. 
p)  Pédicelle  hirsute,  feuilles  coriaces,  densément  veloutées  en  des¬ 
sous  ;  tépales  à  bords  longuement  ciliés....  X.  capillipes 

Guillaum. 

Hypericum  gramineum  Labill.  —  ( Lahaie  1449). 

Calophyllum  caledonicum  Yieill.  ex  Plafich.  et  Tr.  —  Canala  ( Godefroy). 
Hugonia  Penicillanthemum  Baill.  —  M'-Mou  ( Godefroy). 

Eriostemon  pallidum  Schltr.  —  (Pancher  78). 

Acronychia  laevis  Forst.  —  (Kay  17). 

Dodonea  viscosa  Forst.  —  Entre  Thio  et  Houaïlou  ( Fetscherin). 
Pueraria  neo-caledonica  Harms.  — -  Yaté  ( Sarlin  3).  Liane  dont  les  feuilles 
étaient  utilisées  dans  les  repas  de  chair  humaine. 

Cassia  bicapsularis  L.  • — •  Thio  (Barrau  A1).  Envahissant  les  pâturages 
et  les  cultures. 

Delonix  regia  Rafin.  —  (De  Pompéry). 

Rubus  moluccanus  L.  var.  neo-caledonicus  Schltr. 

L’échantillon  :  au  N.  de  la  Conception  ( Balansa  3028),  rapporté 
par  Bureau  (in  herb.)  à  Rubus  elongatus,  ne  me  paraît  pas  différer 
de  ceux  déterminés  comme  R.  moluccanus  var.  neo-caledonicus. 
Si  Vieillard  a  signalé  la  présence  en  Nouvelle-Calédonie  du  R.  elon¬ 
gatus,  ses  échantillons  :  Balade,  Poïpo  (=  ?  Pouébo)  ( Vieillard  429) 
semblent  appartenir  à  R.  molluccanus  var.  neo-caledonicus. 

Les  échantillons  suivants  :  sans  localité  ( Deplanche  819),  Canala 
(Deplanche  32),  entre  le  village  de  Néoua  et  le  Mont-Mi  ( Balansa  1343) 
paraissent  aussi  se  rapporter  à  la  même  espèce. 

Il  n’y  aurait  donc  en  Nouvelle-Calédonie  que  R.  rosaefolius  à 
feuilles  pennées  et  R.  moluccanus  à  feuilles  simples.  Toutefois  l’échan¬ 
tillon  :  sans  localité  (Deplanchei  sans  N°)  aurait  les  fruits  jaunâtres 
alors  que  le  R.  moluccanus  les  a  rouges  comme  le  R.  rosaefolius. 

*  Terminalia  Benzoin  L.f.  —  Dumbéa  :  dans  son  jardin  (Fayard), 
aurait  été  introduite  de  la  Réunion.  Il  se  trouve  aussi  des  pieds  dans 
l’ancienne  propriété  Ch.  Jacques  à  Nouméa.  Figure  sous  le  nom  de 
T.  mauritiana  sur  la  liste  des  plantes  cultivées  en  1883  au  Jardin 
d’essais  de  Koé,  mais  est-ce  bien  le  T.  angustifolia  que  Jeanneney 
(N ouvelle-Calédonie  agricole,  p.  90)  dit  exister  dans  le  Nord  ? 

T.  Catappa  L.  —  Ile  Nou  (Le  Rat  2314). 

Syzygium  lateriflorum  Brong.  et  Gris-Houaïlou  (Leenhardt  240),  «Di  dee  ». 
.  Normandia  neo-caledonica  Hook.  —  (Baudoin  505). 

Planchonella  dictyoneura  Pierre.  —  Dumbéa  (Godefroy  157  N.  C.). 
Alyxia  breviflora  v.  Heurk  et  Müll.-Arg.  —  Prony  ( Godefroy). 

Alstonia  Balansae  Guillaum.  —  (Sebert  et  Fournier  17). 

Duranta  Plumieri  L.  —  Bourail  (de  Pompéry). 

Gmelina  neo-caledonica  S.  Moore.  —  Plaine  des  Lacs  (Jeanneney  26). 


—  418  - 


Excoecaria  Agallocha  L.  ?  —  Flore  des  rivages,  et  ilôts  de  la  région  de 
Nouméa  ( Barrau  77). 

Celtis  conferta  Planch.  — -  Lifou  [Berger et  133),  «  Emelen  ». 

Coilochilus  neo-caledonicus  Schltr.  —  { Baudoin  735). 

Araucaria  biramulata  Buchh.  —  ( Duncan  3). 


•/ 


—  419  — 


Résultats  scientifiques  de  la  mission  Franco-Suisse : 

DE  BOTANIQUE  EN  NOUVELLE-CALÉDONIE 
(1950-1951) 

F  AGACÉES  DE  LA  NOUVELLE-CALÉDONIE  1 
Par  M.  G.  Baumann-Bodenheim, 

Mus.  Bot.  de  l’Univ.  Zurich. 

(Travail  exécuté  à  l'aide  de  la  donation  G.  et  A.  Claraz). 


En  1867,  Balansa  collecta  à  Téné,  près  Bourail,  une  première 
espèce  ;  en  1870-72  au  Mont  Mou  et  au  Mont  Humboldt  une  deuxième 
d’un  genre  reconnu  nouveau  décrit  par  II.  Bâillon  en  1873  sous 
le  nom  de  Trisyngyne.  Ce  genre  ne  fut  rangé  par  celui-ci  qu’avec 
doute  dans  les  Euphorbiacées  et,  depuis  80  ans,  Trisyngyne  restait 
un  genre  d’affinité  douteuse. 

Une  de  ces  espèces  fut  retrouvée  au  Koniambo  par  A.  U.  Daniker 
en  1925  qui  l’identifia  avec  Trisyngyne  sous  réserve  de  famille.. 

En  1950,  j’ai  découvert  des  cupules  que  je  reconnus  comme 
appartenant  à  une  Fagacée.  Au  total  lors  de  nos  recherches  en 
1950-51,  A.  Guillaumin,  H.  Hürlimann  et  moi  avons  trouvé 
5  espèces  différentes  de  ces  Fagacées. 

Grâce  à  l’avis  de  Daniker,  je  pus  arriver  à  identifier  ces  Fagacées 
avec  le  genre  Trisyngyne  Baill.  et  placer  ce  dernier  dans  sa  famille 
définitive. 

J’eus  en  outre  la  chance  de  mettre  la  main  sur  3  espèces  nouvelles 
pendant  mes  recherches  en  Nouvelle-Calédonie.  De  plus  Hürlimann 
et  moi  retrouvâmes  les  deux  espèces  déjà  connues  à  plusieurs  endroits 
nouveaux,  tous  dans  des  massifs  serpentineux. 

Trisyngyne  H.  Bâillon  in  Adansonia  XI,  p.  136,  1873,  compU 
Baumann-Bodenheim,  Genus  F agacearum  non  Euphorbiacearum. 

Arbores  ;  folia  plus  minusve  disticha,  breviter  petiolata,  semper- 
virentia,  coriacea,  subtus  glandulose  punctata ;  stipulae  liberae,  supra 
insertionem  glandulam  verniciferam  ger entes.  Inflorescentiae  S  in 
dichasiis  pluribus  trifloris  nutantibus  in  racemum  laxum  unitis  consiste  nies, 
flores  S  sepalis  4-5  ad  infundibulum  connatis,  staminibus  12-30,  exsertis, 
pendentibus,  antheris  linearibus.  Cupulae  inflorescentiales  (inflo¬ 
rescentiae  partiales  9 )  sessiles,  ternae,  binae  vel  singulares  axi  inflorescentiae 

1.  Un  mémoire  plus  détaillé  sera  publié  ultérieurement. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


420  — 


■insertae  aut  singulatim  axillares,  triflorae,  primum  stipulis  tetrastichis 
caducis  involutae  cupulisque  nondurn  manifestas,  flores  Ç  dimeri,  sepalis  2, 
epigynis,  locellis  ovarii  biovulatis  2,  stylulis  in  stylum  connatis,  stigmati- 
bus  2.  Cupulae  adultae  médiocres  vel  magnae,  15-40  mm.  longae,  bival- 
vatae,  valvis  lamellis  5-8  superpositis,  latis,  apicem  versus  accrescentibus, 
imbricatis,  lignescentibus  consistentibus.  Fructus  discoidei,  dorsaliter 
anguste  alali,  monospermi.  Semina  cotyledonibus  2  magnis  oleiferis. 
Species  typica  :  Trisyngyne  codonandra  Baill.  compl.  Baum.-Bod. 

( Balansa ,  n°  2749,  Herb.  Mus.  Paris). 

Trysyngyne  codonandra  Baill.  compl.  Baum.-Bod., 

H.  Bâillon  in  Adansonia  XI,  p.  136,  1873. 

Arbor  ;  folia  plantae  adultae  lamina  plus  minusve  bullata,  anguste 
■vel  late  oblonga,  90-125  mm.  longa,  28-55  mm.  lata,  nervis  lateralibus 
10-14  iugis  subtus  valde  prominentibus,  supra  immersis,  in  petiolum 
8-14  mm.  longum  angustata.  Flores  3  perianthio  infundibuliformi  6-7,  5  mm. 
longo,  staminibus  antheris  8-9  mm.  longis.  Cupulae  inflorescentiales 
20-30  mm.  longae,  basin  versus  plus  minusve  longe  attenuatae,  valvis  plu- 
rimis  usque  supra  dimidium  connatis,  utraque  lamellis  plus  minusve  6. 
Fructus  17-20  mm.  longus,  15  mm.  latus. 

Typus  :  Balansa,  n°  2749,  Herb.  Mus.  Paris. 

Trisyngyne  Baumanniae  spec.  nov. 

Arbores;  folia  plantae  adultae  petiolo.  5,  5-15,  5  mm.  longo  3%‘5/4  mm. 
latoque,  lamina  plus  minusve  oblonga,  60-120  mm.  longa  25-55  mm.  lataque, 
basi  truncata  vel  subcordata  nervis  pinnatis  prominulis.  Flores  3  perian- 
■  thio  infundibuliformi  4-6  mm.  longo,  staminibus  antheris  7-8  mm.  longis. 
Cupulae  inflorescentiales  26-40  mm.  longae,  basin  versus  subito  angustatae, 
valvis  5-8  lamellatis,  usque  ad  dimidium  vel  profundius  divergentibus. 
Fructus  20-23  mm.  longi,  18-20  mm.  lati. 

Typus  :  Baumann-Bodenheim,  n°  11277,  Herb.  Mus.  bot.  Univ. 
Turicensis. 

Trisyngyne  Balansae  Baill.  compl.  Baum.-Bod., 

H.  Bâillon  in  Adansonia  XI,  p.  137,  1873. 

Arbores  ;  folia  plantae  adultae  lamina  obovata-elliptica,  47-80  mm. 
longa,  20-30  mm.  lata,  nervis  tenuibus,  petiolo  3  (9)  mm.  longo  1,7-2  mm. 

latoque.  Flores  3  perianthio  infundibuliformi  5-6  mm.  longo,  staminibus 
antheris  plus  minusve  5  mm.  longis.  Cupulae  inflorescentiales  plus  minusve 
15  mm.  logae,  valvis  5-7  lamellatis,  dimidio  profundius  divergentibus. 
Fructus  12,7-15  mm.  longi,  12,3-13  mm.  lati,  semina  10  mm.  longa 
9  mm.  lata,  radicicula  prominente. 

Typus  :  Balansa,  n°  1377,  Herb.  Mus.  Paris. 

Trisyngyne  discoidea  spec.  nov. 

Arbores  ;  folia  plantae  adultae  lamina  lanceolata,  latitudine  maxima 
-sub  dimidio,  80  mm.  longa  25-40  mm.  lataque,  nervis  9-11  iugis,  basi 


421  — 


breviter  in  petiolum  angustata,  petiolo  8-11  mm.  longo  plus  minusve  1,6  mm. 
latoque.  Cupulae  inflorescentiales  17-20  mm.  longae,  valais  7-8  lamellatis, 
dimidio  profundius  diver gentibus  et  paene  in  planum  reflexis.  Fructus 
16-19  mm.  longi,  15-16  mm.  lati. 

Typus  :  Baümann-Bodenheim,  n°  15000,  Herb.  Mus.  bot.  Univ. 
Turicensis. 

Trisyngyne  aequilateralis  spec.  nov. 

Arbores  ;  folia  plantae  adultae  lamina  regularissime  elliptica,  latitudine 
maxima  in  dimidio,  85-100  mm.  longa,  30-40  mm.  lataque,  nervis  12-15-iugis 
basi  in  petiolum  angustata,  margine  integra,  petiolo  plus  minusve  7  mm. 
longo  2,2  mm.  latoque. 

Typus  :  Baumann-Bodenheim,  n°  15273,  Herb.  Mus.  bot.  Univ. 
Turicensis. 

Jardin  botanique  de  l’Université  de  Zurich 
et  Laboratoires  de  Culture  et  de  Phanéro garnie  du  Muséum. 


—  422 


Obtention  d’inflorescences  anormales  chez  les  orges. 
Dévolution  des  primordia  floraux 

Par  Claude-Charles  Mathon. 


L’an  passé  nous  obtenions  des  ramifications  des  épis  d’Orge 
appartenant  au  groupe  trifurcatum  hexastichum  1  issus  de  semis  ou 
de  rejets  médio-estivaux.  Notre  ami  Morand  obtenait  des  rami¬ 
fications  analogues,  dans  des  conditions  analogues,  chez  H.  sativum 
vulgare  distichum  nutans  var.  «  Aurore  '). 

A  l’été  1952,  nous  avons  semé  au  Muséum  2  une  vingtaine  de 
variétés  d’Orges,  à  des  dates  différentes. 

Malgré  un  hiver  suffisamment  rude  pour  détruire  80  à  90  %  des 
semis,  nous  avons  obtenu  des  modifications  de  la  forme  des  épis, 
du  même  type  que  celles  obtenues  l’année  précédente,  chez  les 
plantes  qui  subsistaient,  pour  les  cônes  méristématiques  se  trouvant 
dans  les  conditions  favorables  énoncées  plus  loin. 

Les  variétés  ayant  présenté  ces  modifications  sont  les  suivantes  : 

Groupe3  Vulgare  Zeocriton  :  Z.  tardif. 

Groupe  Vulgare  Distichum  :  Deficiens  abyssinie, 

Deficiens, 

Aurore, 

Fréja. 

Groupe  Vulgare  Hexastichum  :  Edda, 

Macroglumis, 

Good  Will, 

Première  à  barbes  lisses. 

Groupe  Trifurcatum  Hexastichum  :  Népal, 

Album, 

Nigrum  (voir  figure), 

Album  monstrosum, 

Hamulatum, 

Hansen  563  Hamulatum. 

1.  Ann.  Biol.,  28,  7-8,  p.  269-270,  1952. 

Gmetica  agraria  (en  Français),  4,  1-2,  p.  28-41,  1952. 

2.  Des  semis  ont  été  également  effectués  dans  notre  jardin  de  La  Celle  Saint-Cloud 
où  nous  disposons  d’une  installation  d’éclairement  d’appoint. 

3.  Pour  la  commodité  de  nos  travaux  nous  ordonnons  les  Orges  de  l’espèce  collec¬ 
tive  Hordeum  sativum  en  plusieurs  groupes  :  un  super-groupe  Vulgare,  à  arêtes  droites 
et  un  super-groupe  Trifurcatum,  à  arêtes  fourchues,  divisés  eux-mêmes  en  groupes 
Zeocriton  (en  éventail),  Distichum  (à  deux  rangs  parallèles),  Hexastichum  (à  six 
rangs),  etc... 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  4,  1953. 


—  423  — 


Groupe  Trifurcatum  Distichum  :  Nigrum  X  Distichum  n°  3  (voir  figure), 

Stendelli  trifurcatum. 

Les  modifications  généralement  obtenues  intéressent  entre  autres  : 

—  La  distance  qui  sépare  entre  elles  les  excavations  basales  de  l’axe 
de  l’épi  et  celle  qui  les  sépare  du  corps  de  l’épi  :  cette  distance  peut  atteindre 
plus  de  10  centimètres  ; 


Fig.  1.  —  Tige  à  deux  épis  obtenue  chez  «  Aurore  ». 

(Cliché  Morand). 

—  le  développement  de  l’ébauche  des  épillets  de  la  base  :  épillets 
avortés,  uniflores,  épillets  longuement  pédicellés  souvent  transformés  en 
véritables  épis,  épillets  avortés  développant  des  fleurs  longuement  pédi- 
cellées,  etc...  ; 

—  la  forme  et  les  dimensions  des  enveloppes  florales  ; 

—  la  forme  de  la  tige  florifère  :  tortueuse,  zigzagante,  contournée,  etc... 

Les  indications  qui  nous  ont  amené  à  entreprendre  ces  essais 
ont  été  : 

—  l’observation  et  l’ expérimenta tion  paysanne  qui  nous  avaient 
montré  la  fréquence  des  modifications  de  la  forme  des  épis  d’Orge  issus 
de  rejets  estivo-automnaux  ayant  passé  l’hiver  ; 


—  424  — 


—  les  recherches  de  Kouperman  1  —  dont  nous  avons  pris  connaissance 
dans  son  laboratoire  de  la  Faculté  de  Biologie  de  l’Université  Lomonossov 
à  Moscou  —  qui  nous  avaient  éclairé  sur  l’importance  des  conditions  de- 
l’achèvement  du  photostade  pour  la  morphogénèse  des  épis  d’Orge1  2.. 


Fig.  2.  —  Quelques  formes  tératologiques  obtenues  par  un  freinage  hivernal 

du  photostade. 

H.  trifurcatum  nigrum  X  H.  dislichum  n°  3  (Secodrah)  :  t  :  épi  normal  ;  t'  :  épi  téra¬ 
tologique. 

H.  trifurcatum  hexastichum  nigrum  :  t\  :  épi  normal  ;  t2  :  écartement  de  l’excavation 
basale  du  rachis  ;  t3  :  formation  d’un  épi  supplémentaire  sur  cette  excavation  ; 
*4  :  formation  de  fleurs  pédicellées  sur  cette  excavation. 


Kouperman  transformait  des  épis  à  deux  rangs  en  épis  à  six  rangs  et 
inversement  en  accélérant  ou  en  retardant  l’accomplissement  du  processus 
photostadial. 


1.  Sélection  et  Culture  grainetière,  1950,  5  (199),  p.  11-22  (en  Russe). 

2.  On  trouve  également  des  indications  allant  dans  le  même  sens  et  concernant 
d’autres  céréales  chez  Kornjlov  (1951)  —  Blé  — ,  Emikh  (1951)  —  Millet  — ,  etc.._ 


A  A'B  B'  B"  B"c  a  D' 

Fig.  3.  —  Différents  stades  de  l’évolution  des  cônes. 

—  en  haut  :  Groupe  Trifurcatum  Hexastichum  ; 

—  en  bas  :  Groupe  Vulgare  Distichum. 

(Grossissement  :  environ  12  fois). 


de  l’épi.  L’ébauche  de  la  partie  supérieure  de  l’épi  ayant  achevé,, 
ou  presque,  son  processus  photostadial,  l’ébauche,  de  la  partie 
inférieure  de  l’épi,  des  épillets  de  la  base,  serait  encore  susceptible, 
son  processus  photostadial  n’étant  pas  encore  accompli,  de  former, 
sous  l’effet  de  l’afflux  de  matières  nutritives,  des  ébauches  d’organes 
modifiés  ou  supplémentaires  durant  un  freinage  de  l’accomplisse¬ 
ment  du  processus  photostadial  dans  l’ébauche  de  la  partie  inférieure; 
de  l’épi. 


épiaisons 


Fig.  4.  —  L’évolution  des  cônes  de  croissance. 

Les  divisions  des  coordonnées  correspondent  aux  mois  :  en  abscisse  les  épiaisons,  en 
«  ordonnée  »  à  45°  les  semis. 

Les  lettres  situées  dans  la  surface  délimitée  par  la  courbe  correspondent  à  l’état  des 
ébauches  d’épi  sur  la  tige  principale  (voir  tableau).  La  lettre  «  E  »  signifie  que  l’épi 
ébauché  a  avorté,  restant  engainé.  Les  lettres  rayées  signifient  que  les  ébauches 
correspondant  à  ce  stade  ont  péri. 

Le  point  «  t  »  à  l’angle  fléché  indique  —  pour  les  conditions  de  l’expérience  —  la  date 
limite  pour  laquelle  la  plante  a  donné  les  épis  tératologiques  que  nous  signalons 
dans  cette  note.  L’ensemble  des  conditions  correspondantes  sont  les  conditions  types 
qui  doivent  agir  sur  un  point  de  croissance  pour  déterminer  ces  tératologies. 

'Les  petits  cercles  correspondent  aux  épiaisons  en  lumière  continue. 

«En  bas  la  courbe  de  longueur  du  jour  naturel  ayant  même  abscisse  que  les  courbes 
d’évolution  des  cônes. 


—  427 


L’analyse  stadiale  sommaire  1  à  laquelle  nous  nous  étions  livré 
permettait  de  prévoir,  qu’en  ce  qui  concernait  les  Orges  pouvant 
accomplir  rapidement  leur  thermostade  à  chaud,  un  freinage 
naturel  de  l’accomplissement  du  processus  photostadial  avait  lieu 
dans  le  cas  de  semis  et  de  rejets  médio-fino-estivaux. 

C’est  sur  ces  bases  qu’en  1951-1952,  nous  avions  obtenu  des  rami¬ 
fications  de  l’épi  chez  H.  sativum  trifurcatum  hexastichum  nigrurn, 
ainsi  que  pour  une  plante,  la  transformation  de  l’épillet  basal-central 
en  un  long  pédicelle  portant  deux  fleurs  différant  du  type. 

Nos  essais  de  1952-1953  au  Muséum  avaient  pour  but  d’apporter 
une  confirmation  supplémentaire  de  l’obtention  des  tératologies 
sus-citées  au  moyen  des  semis  médio-estivaux  chez  les  Orges  à 
thermostade  chaud,  mais  aussi  à  étudier  le  développement  des  cônes 
de  croissance  afin  de  déterminer  :  l’état  dans  lequel  les  cônes  qui 
donneront  des  épis  tératologiques  passent  l’hiver,  et,  à  quel  moment 
apparaissent  les  phénomènes  tératologiques. 

Les  examens  au  binoculaire  ont  montré  : 

1°  que  les  cônes  méristématiques  qui  produiront  les  phénomènes  téra¬ 
tologiques  passent  l’hiver  à  un  stade  de  différenciation  relativement  peu 
avancé  (de  AB  à  B  fin  janvier  —  voir  figures  et  graphiques  - — •)  ; 

2°  que  les  manifestations  tératologiques  n’apparaissent  que  fort  tard  : 
elles  sont  encore  à  l’état  de  point  végétatif  apparemment  indifférencié, 
l’épi  principal  étant  nettement  ébauché,  lors  du  dernier  examen  au  bino¬ 
culaire  (début  avril). 

Laboratoire  de  Culture  du  Muséum. 

1.  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  1952,  p.  268  et  281  ;  Bull.  Muséum,  1952,  p.  582. 

Note  ajoutée  pendant  l’impression. 

1.  Nous  avons  depuis  reproduit  les  phénomènes  dont  il  est  fait  état 
dans  la  présente  note  par  la  mise  en  jour  court  artificiel  pendant  deux 
semaines  lors  de  l’achèvement  du  photostade.  Ces  résultats  feront  l’objet 
d’une  communication  spéciale. 

2.  Dans  les  mêmes  conditions,  M.  Stroun  a  obtenu  les  mêmes  phéno¬ 
mènes  chez  les  Blés  durs  ( Comm.  verb.)  cette  année. 

3.  L’étude  de  la  descendance  des  Orges  à  inflorescence  anormale  a 
montré  à  la  Station  d’essais  agronomiques  du  C.  N.  A.  M.  que  les  modifi¬ 
cations  du  rachis  obtenues  en  F0  par  la  modification  des  conditions  de 
l’achèvement  du  processus  photostadial  peuvent  se  transmettre  en  Fj 
dans  les  conditions  défavorables  à  l’obtention  du  phénomène  (jour  con¬ 
tinu,  température  élevée)  —  variétés  «  Aurore  »  et  «  Trifurquet  noir  »  — 
août  1953.  —  Ces  résultats  feront  l’objet  d’une  communication  spéciale. 

Le  Gérant  :  Marc  André. 


ABBEVILLE.  - —  IMPRIMERIE  F.  PAILLART. -  23-10-1953 


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Chaque  auteur  ne  pourra  fournir  plus  d’une  1/2  feuille  (8  pages  d’im¬ 
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crits  aussi  courts  que  possible  et  de  grouper  les  illustrations  de  manière 
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(Un  vol.  par  an,  abonnement  annuel  France,  1500  fr.,  Etranger,  2200  fr.) . 

Mémoires  du  Muséum  national  d’Histoire  naturelle,  nouvelle  série  com¬ 
mencée  en  1936.  (Sans  périodicité). 

Publications  du  Muséum  national  d'Histoire  naturelle.  (Sans  périodicité 
fixe  ;  paraît  depuis  1933). 

Index  Seminum  Horti  parisiensis.  (Laboratoire  de  Culture  ;  paraît 
depuis  1822  ;  échange). 

JSotulæ  Systemalicæ.  (Directeur,  M.  H.  Humbert,  Laboratoire  de  Phanéro- 
gamie  ;  paraît  depuis  1909  ;  abonnement  au  volume,  France,  600  fr.  ; 
Etranger,  900  fr.). 

Revue  française  d’ Entomologie.  (Directeur  M.  le  Dr  R.  Jeannel,  Laboratoire 
d’Entomologie  ;  paraît  depuis  1934  ;  abonnement  annuel,  France,  500  fr., 
Etranger,  600  fr.). 

Bulletin  du  Laboratoire  maritime  du  Muséum  national  d’Histoire  naturelle 
à  Dinard.  (Directeur  M.  E.  Fischer-Piette,  Laboratoire  maritime  de 
Dinard  ;  suite  du  même  Bulletin  à  Saint-Servan  ;  paraît  depuis  1928  ; 
prix  variable  par  fascicule). 

Bulletin  du  Musée  de  l’Homme.  (Place  du  Trocadéro  ;  paraît  depuis  1931  ; 
adressé  gratuitement  aux  Membres  de  la  Société  des  Amis  du  Musée 
de  l’Homme). 

Recueil  des  travaux  du  Laboratoire  de  physique  végétale.  (Laboratoire  de 
Chimie;  Section  de  Physique  végétale;  paraît  depuis  1927  ;  échange). 

Travaux  du  Laboratoire  d’Entomologie.  (Laboratoire  d’Entomologie  ;  paraît 
depuis  1934;  échange). 

Revue  de  Botanique  appliquée  et  d’ Agriculture  coloniale.  Directeur  :  M.  A. 
Chevalier,  Laboratoire  d’Agronomie  coloniale  ;  paraît  depuis  1921. 
Abonnement  annuel  :  1000  fr. 

Revue  Algologique.  (Directeur  MM.  R.  Lami,  et  P.  Bourrelly,  Labora¬ 
toire  de  Cryptogamie  ;  paraît  depuis  1924  ;  Nouvelle  série  à  partir 
du  1er  janvier  1954,  abonnement,  France,  400  fr.,  Etranger  600  fr.). 

Revue  Bryologique  et  Lichénologique.  (Directeur  Mme  Allorge,  Laboratoire 
de  Cryptogamie  ;  paraît  depuis  1874  ;  abonnement,  France,  600  fr., 
Etranger,  900  fr.). 

Revue  de  Mycologie  (anciennement  Annales  de  Cryptogamie  exotique). 
(Directeur  M.  Roger  Heim,  Laboratoire  de  Cryptogamie.  Paraît  depuis 
1928  ;  abonnement  France  et  territoires  d’Outre-Mer,  1400  fr.,  Etranger, 
2000  fr. 

Mammalia,  Morphologie,  Biologie,  Systématique  des  Mammifères,  (Direc¬ 
teur  M.  Ed.  Bourdelle  ;  paraît  depuis  1936  ;  1000  fr.  ;  Étranger,  1400  fr.). 


ABBEVILLE. 


IMPRIMERIE  F.  PAILLART.  -  23-10-1953. 


Tome  XXV  2°  Série  OCTOBRE  1953 


SOMMAIRE 


Pages 

R.  Heim.  Style  et  Pensée  de  Bufïon.  Allocution  prononcée  à  Montbard  le 

14  juin  1953 .  429 

Communications  : 

F.  Petter.  Étude  d’une  collection  de  Sciuridés  du  Cameroun .  433 

J.  Forest.  Notes  préliminaires  sur  les  Paguridae  (Crust.  Décap.)  des  côtes 

occidentales  d’Afrique.  IV.  Clibanarius  aequabilis  Dana .  437 

J.  Forest.  Crustacés  Décapodes  Marcheurs  des  îles  de  Tahiti  et  des  Tuamotu.  — 

I.  —  Paguridea .  441 

J. -J.  Legrand.  Trichoniscus  nicaeensis  n.  sp.  (Crustacé  Isopode  terrestre) .  451 

M.  Rose.  Quelques  renseignements  sur  le  Plankton  des  îles  Tuamotu .  456 

M.  André.  Acariens  Phytoptipalpidae  parasites  des  Orchidées,  Cactées  et 

plantes  grasses  cultivées  en  serres.  I.  —  Tenuipalpus  orchidarum  Parfitt.  .  .  .  463 

F.  Grandjean.  Observations  sur  les  Oribates  (27e  série) .  469 

M.  Leclerc.  Pauropodes  de  Corse  (suite  et  fin) .  477 

P.  Viette.  Nouvelles  descriptions  de  Pyrales  malgaches  (Lepid.  Pyraustidae)  .  483 

J.  Pages.  Diploures  Projapygidés  de  Côte-d’Ivoire .  489 

G.  Cherbonnier.  Sur  la  présence,  en  France,  de  Helicella  (Helicopsis)  arenosa 

(Ziegler)  (Gastéropodes) .  495 

G.  Cherbonnier.  Note  sur  une  nouvelle  espèce  de  Synapte  de  l’ile  Maurice  : 

Patinapta  Vaughanii  n.  sp .  501 

A.  Guillaumin.  Résultats  scientifiques  de  la  mission  Franco-Suisse  de  Botanique 

en  Nouvelle-Calédonie  (1950-1951) .  505 

A.  Guillaumin.  Plantes  nouvelles,  rares  ou  critiques  des  serres  du  Muséum 

(Notules  sur  quelques  Orchidées  d’Indochine,  VI) .  509 

C.  Giniets.  Contribution  à  l’étude  anatomique  des  plantules  de  Palmiers  :  (VI)  : 

Les  méristèmes  apicaux  de  la  phyllorhize  postembryonnaire  d ' Archonlo- 
phoenix  Cunninghamiana  W.  et  Dr .  511 

H.  Stehlé.  Monocotylédones  nouvelles  ou  rares  de  la  flore  de  l’île  anglaise  de  la 

Dominique  (Archipel  Caraïbe) .  518 


BULLETIN 

DU 

MUSÉUM  NATIONAL  D’HISTOIRE  NATURELLE 


ANNÉE  1953.  —  N°  5 


398e  RÉUNION  DES  NATURALISTES  DU  MUSÉUM 

8  OCTOBRE  1953 


PRÉSIDENCE  DE  M.  LE  PROFESSEUR  J.  BERLIOZ 


Style  et  Pensée  de  Buffon 
Allocution  prononcée  a  Montbard  le  14  Juin  1953 

Par  M.  Roger  Heim, 

MEMBRE  DE  L'ACADEMIE  DES  SCIENCES, 

DIRECTEUR  DU  MUSÉUM  NATIONAL  D’HISTOIRE  NATURELLE. 

Mesdames,  Messieurs, 

Cela  fera  deux  siècles  exactement  dans  peu  de  semaines,  plus 
précisément  le  25  août  prochain,  que  Buffon,  reçu  à  l’Académie 
Française  où  il  succédait  à  Languet  de  Gergy,  archevêque  de  Sens, 
prononçait  son  mémorable  discours  sur  le  style.  Morceau  d’éloquence 
qui  n’eût  point  été  indigne  de  Bossuet,  il  était  prononcé  dans  une 
enceinte  où  l’emphase  et  le  ton  précieux  traduisaient  d’ordinaire, 
et  tout  naturellement,  la  solennité  du  lieu  et  la  distinction  du  siècle. 

Dans  cette  tirade,  l’auteurs’identifiait  intimement  àsori  sujet  et  ses 
conseils  traçaient  son  propre  éloge  ;  aussi  en  a-t-on  fait  sa  profes¬ 
sion  de  foi  au  bas  de  laquelle  trop  souvent  et  bien  légèrement  le 
trait  reste  tiré.  En  fait,  le  savant  dont  vous  célébrez  aujourd’hui 
les  mérites  dans  la  native  et  vivante  ambiance  où  son  inspiration 
découvrait  ses  motifs  d’intérêt,  son  sens  d’expérimentateur  les 
raison  inventives,  son  goût  au  travail  le  splendide  isolement,  son 
sens  d’observation  le  parc  ratissé  de  la  nature  bourguignonne,  ce 
fondateur  de  la  zoologie  des  formes  et  des  mœurs  —  qui,  17  siècles 
plus  tard,  semblait  renouveler  Pline  l’Ancien,  —  ce  créateur  de 
Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


27 


—  430  — 


l’anthropologie,  ce  précurseur  du  transformisme,  ce  maître  de 
l’économie  rurale  et  de  la  foresterie,  ce  peintre  inégalable  de  la 
nature  humaine  et  de  ses  sensations,  investigateur  des  particula¬ 
rités  physiques,  physiologiques,  psychologiques,  intellectuelles  et 
morales  de  l’homme,  que,  le  premier,  Buffon  a  introduit,  à  sa 
place,  parmi  l’échelle  animale,  ne  saurait  être  séparé  de  l’écrivain 
du  xvme  siècle. 

Car  ce  magnifique  clavier  de  qualités  si  diverses  dont  ses  pro¬ 
ductions  scientifiques  sont  imprégnées,  cette  majestueuse  contribu¬ 
tion  au  domaine  alors  naissant  des  sciences  contemporaines,  ne 
seraient  que  matière  ancienne,  prête  à  l’oubli,  si  la  limpidité  des 
mots  et  l’harmonieuse  succession  de  leurs  images  n’avaient  permis 
à  la  postérité  d’en  faire,  à  tout  jamais  et  en  premier  lieu,  une  œuvre 
de  science  parce  que,  aussi,  une  œuvre  d’art. 

Entendons-nous.  Buffon  a  su  interpréter  la  nature  sans  altérer 
ses  vérités,  il  en  a  livré  une  version  sincère  libérée  des  préjugés  ; 
toujours  hostile  aux  arguments  finalistes  et  au  principe  d’utilité, 
constamment  ouvert  à  l’esprit  critique,  pénétré  de  logique  et  de 
raison,  méfiant  à  l’égard  des  traditions  et  des  opinions  toutes  faites, 
il  est  resté,  avant  tout,  le  découvreur  et  le  peintre  fidèle  des  êtres 
vivants  et  des  phénomènes  naturels.  Son  esprit  objectif  explique 
déjà  pourquoi  son  style  reste  indépendant  de  tout  élan  imaginatif. 
Il  n’est  que  destiné  «  à  mettre  l’ordre  et  le  mouvement  dans  ses 
pensées  »,  qualités  que  lui  assure  une  hiérarchie  d’importance  dans 
les  idées,  ces  flammes  qui  éclairent  les  faits.  Les  principales  d’abord, 
dont  les  intervalles  qui  les  séparent  seront  comblés  par  les  acces¬ 
soires.  Car  on  discernera  entre  la  pensée  stérile  et  l’idée  féconde. 
Par  la  méditation  prolongée,  affirmée,  renouvelée,  on  donnera  à 
celle-ci  plus  de  substance  et  plus  de  force. 

Il  ajoutait  :  «  Ce  plan  n’est  pas  encore  le  style,  mais  il  en  est  la 
base  ;  il  le  soutient,  et  le  dirige,  il  règle  son  mouvement  et  le  soumet 
à  des  lois.  »  Attention  aux  traits  irréguliers,  aux  figures  discordantes  ! 
«  Ceux  qui  écrivent  comme  ils  parlent,  disait-il  encore,  quoiqu’ils 
parlent  très  bien,  écrivent  mal.  »  Plus  loin,  il  nous  assure  que  «  c’est 
pour  n’avoir  pas  assez  réfléchi  sur  son  objet  qu’un  homme  d’esprit 
se  trouve  embarrassé  ;  il  ne  sait  par  où  commencer  à  écrire  ;  il 
aperçoit  à  la  fois  un  grand  nombre  d’idées  ;  et  comme  il  ne  les  a  ni 
comparées  ni  subordonnées,  rien  ne  le  détermine  à  préférer  les  unes 
aux  autres.  » 

Il  s’insurge  contre  le  procédé.  «  Rien  n’est  plus  contraire  à  la 
lumière  que  ces  étincelles  qu’on  ne  tire  que  par  force.  Plus  on  mettra 
de  l’esprit  mince  et  brillant  dans  un  écrit,  moins  il  aura  de  nerf,  de 
lumière,  de  chaleur  et  de  style.  » 

Mais  voici  s’approcher  la  conclusion  :  «  les  ouvrages  bien  écrits 
sont  les  seuls  qui  passeront  à  la  postérité  ;  la  quantité  des  connais- 


—  431 


sances,  la  singularité  defe  faits,  la  nouveauté  même  des  découvertes 
ne  sont  pas  de  sûrs  garants  de  l’immortalité  ».  Combien  en  notre 
siècle  de  jeunes  gens,  d’apprentis  chercheurs,  voire  —  hélas  —  de 
notabilités  savantes  devraient  s’inspirer  d’une  telle  estimation  ! 
Combien  de  maîtres,  d’éducateurs,  de  programmes,  de  devoirs  et 
de  leçons  mériteraient  d’être  pénétrés  de  cette  éternelle  vérité,  en 
ces  temps  où  la  forme  dans  les  écrits  scientifiques  devient  sujet  de 
mépris  parce  que  objet  d’ignorance  ou  d’impuissance  ! 

Mais  Buffon  est  parvenu,  au  long  de  son  Discours,  à  la  phrase 
capitale,  si  souvent  et  si  mal  interprétée.  «  Les  faits  et  les  découvertes 
gagnent  à  être  mis  en  œuvre  par  des  mains  plus  habiles.  Ces  choses 
sont  hors  de  l’homme,  le  style  est  l’homme  même.  »  Du  moins  est-ce 
là  la  fameuse  affirmation  dont  nous  comprendrons  mieux  le  sens 
quand  nous  dirons  qu’il  y  eut  quatre  versions  de  son  discours  et  que 
l’originale  disait,  non  pas  le  style  est  l'homme,  mais  bien  le  style  est  de 
l’homme.  Etant  entendu  qu’il  vaut  selon  les  vérités  qu’il  renferme, 
celles  que  l’homme  a  su  à  la  fois  découvrir  et  exprimer,  saisir  et 
convertir. 

C’est  ainsi  que  l’œuvre  scientifique  de  Buffon  traduit,  grâce  à 
l’application  et  à  la  précision  de  son  langage,  les  observations  qu’il 
a  amassées,  les  expériences  qu’il  a  commentées,  les  lois  qu’il  a  cru 
pouvoir  en  tirer.  Ceux  que  vous  célébrez  également  aujourd’hui, 
Daubenton  et  Guéneau  de  Montbeillard,  ont  été  ses  ouvriers,  des 
ouvriers  précis  et  zélés,  d’incomparables  savants  constructeurs, 
mais  lui,  Buffon,  fut  l’architecte.  Portée  par  son  style,  sa  pensée 
déroule  dans  sa  continuité  son  cortège  de  vérités  ;  et  celui-ci  naît  de 
l’homme,  alors  que  les  faits  qui  le  composent  viennent  de  la  Nature, 
et  que  leur  perception,  sans  la  pensée,  ne  serait  que  le  geste  méca¬ 
nique  et  répété  du  marteau  inconscient.  Nous  pourrions  dire  que, 
pour  lui,  le  style  est  à  la  pensée  ce  que  l’histoire  naturelle  est  à  la 
Nature.  Cependant,  maître  de  la  forme,  Buffon  saura  aussi  se  laisser 
conduire  par  la  musique  de  sa  phrase,  dont  l’oscillation  s’apparente 
à  celles  d’un  autre  esprit,  Gœthe,  et  d’un  maître  de  la  musique,  le 
plus  grand  peut-être,  Sébastien  Bach.  Le  déroulement  des  lignes  est 
le  reflet  harmonique  des  idées,  qui  se  gradue  sans  jamais  languir 
ou  cesser.  Phrases  courtes,  phrases  longues,  plasticité  constamment 
renouvelée  dans  un  rythme  balancé,  que  l’équilibre  amplifie,  que 
l’inégalité  de  la  période  agrémente.  Parfois  s’y  glisse  l’alexandrin 
—  rappelez-vous  la  première  phrase  de  son  Discours  :  «  Messieurs, 
vous  m’avez  comblé  en  m’appelant  à  vous  ;  mais  la  gloire  n’est  un 
bien  qu’ autant  qu’on  en  est  digne.  » 

Nous  avons  voulu  montrer  que  le  style  de  Buffon  n’est  que  la 
traduction  écrite,  la  langue  graphique  d’une  nature  exceptionnelle 
qui  a  puisé  dans  son  esprit  la  clarté,  dans  son  intelligence  l’enchaîne- 


—  432  — 


ment  de  la  pensée,  et  dont  la  multiplicité  du  talent  et  la  patience  du 
labeur  ont  fait  la  puissance  du  génie,  ce  génie  qui  s’identifiait  ainsi 
à  celui  de  la  race,  dont  Buffon  lui-même  disait  dans  une  prose  musi¬ 
cale,  à  laquelle  il  ne  faudrait  modifier  que  peu  de  mots  pour  la  trans¬ 
poser  à  l’image  de  nos  propres  préoccupations  : 

«  le  génie  de  la  France 
qui  parle  à  Richelieu 
et  lui  dicte  à  la  fois 
l’art  d’éclairer  les  hommes 
et  de  faire  régner  les  rois.  » 


—  433  — 


COMMUNICATIONS 

Étude  d’une  collection  de  Sciuridés  du  Cameroun 
Par  Francis  Petter. 


Le  Laboratoire  des  Mammifères  du  Muséum  a  récemment  reçu 
une  importante  collection  du  Cameroun,  aimablement  donnée  par 
Mr.  Kieffer,  Chef  du  Service  des  Chasses. 

C’est  l’étude  des  Sciuridés  de  cette  collection  qui  fait  l’objet  de  ce 
travail.  Le  recours  aux  descriptions  originales  et  à  la  comparaison 
avec  les  types  conservés  au  Muséum  de  Paris  (M.  P.)  et  au  British 
Muséum  (B.  M.),  m’a  permis  de  préciser  dans  la  mesure  du  possible 
leur  position  systématique  et  d’en  discuter  la  valeur.  Je  tiens  à 
remercier  à  cette  occasion  Mr.  T.  C.  S.  Morrisson-Scott,  Curator 
of  Mammals,  British  Muséum,  de  l’accueil  qu’il  m’a  toujours  réservé 
dans  son  laboratoire. 

Les  indications  relatives  à  la  dépouille  fraîche  ont  été  fournies  par 
les  collecteurs  ;  ont  été  mesurées,  les  longueurs  : 

tête  et  corps  (TC),  queue  (Q),  pied  (P),  oreille  (O)  ; 
trois  dimensions  ont  été  prises  sur  le  crâne  : 

longueur  occipito-nasale  (ON), 

largeur  bizygomatique  (BZ), 

longueur  de  la  rangée  molaire  supérieure  (Mol). 

Heliosciurus  gambianus  rufobrachium  Waterhouse  1842. 

N®  C.G.  1952-496  <?  Mouloundou,  15-8-46. 

TC  :  234  ;  Q  :  246  ;  P  :  53  ;  O  :  12  ; 

ON  :  51  ;  BZ  :  30  ;  Mol  :  10. 

Ellerman  (1940)  rassemble  dans  la  même  espèce  H.  gambianus, 
des  formes  souvent  très  différentes  d’aspect,  dont  la  parenté  est 
encore  mal  connue. 

Le  spécimen  de  Mouloundou  est  cependant  référable  à  l’une  de  ces 
formes,  peu  variable  H.  g.  rufobrachium  Waterhouse,  1842  ;  le  type 
de  cette  forme,  (BM),  collecté  dans  l’île  de  Fernando-Po,  ne  pré¬ 
sente  pas  de  différence  notable  avec  ce  spécimen. 

La  forme  H.  g.  Aubryi  Milne  Edwards  1867,  du  Gabon,  a  été 
décrite  d’après  un  individu  trop  jeune  (MP)  pour  qu’il  puisse  être 
utilement  comparé. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


—  434 


Heliosciurus  (Aethosciurus)  p.  poensis  Smith  1830. 

N°  C.G.  1952-485  <J  Mouloundou,  14-8-46. 

TC  :  142  ;  Q  :  158  ;  P  :  35  ;  O  :  12  ; 

ON  :  35  ;  BZ  :  20,5  ;  Mol  :  6,5  ; 

N°  C.G.  1952-486  Ç  Mouloundou,  15-8-46 

TC  :  125  ;  Q  :  135  ;  P  :  34  ;  O  :  11  ; 

ON  :  33,5  ;  BZ  :  18,5  ;  Mol  :  5. 

Ellerman  distingue  3  formes  pour  cette  espèce  : 

H.  p.  poensis  Smith  1830  :  Fernando-Po  ; 

H.  p.  musculinus  Temminck  1853  ;  probablement  Gold  Coast  ; 

H.  p.  subvir  ides  cens  Le  Conte  1857  :  Gabon. 

Les  spécimens  de  Mouloundou  dont  la  face  ventrale  est  teintée  de 
jaune  sont  semblables  au  type  (BM)  de  la  forme  H.  p.  poensis. 

Les  descriptions  originales  des  deux  autres  formes  sont  peu 
précises  et  les  seuls  caractères  différentiels  qui  apparaissent  à  leur 
lecture  sont  référables  à  la  coloration  de  la  face  ventrale  ;  celle-ci 
serait  «  teintée  légèrement  de  roussâtre  clair  »  chez  musculinus, 
«  jaune  pâle  cendré  »  chez  subviridescens. 

Funisciurus  l.  lemniscatus  (Le  Conte)  1857  (=  F.  I.  isabella 


Gray  1862). 
N°  C.  G.  Sexe 

TC 

Q 

P 

O 

ON 

BZ 

Mol 

Date 

Lieu 

1952-223 

3 

140 

120 

38 

15 

38  + 

6,5 

14-6-49 

Efoulan 

224 

? 

148 

140 

39 

16 

42 

22,5 

7,3 

14-6-49 

» 

225 

3 

150 

130 

38 

40  + 

20 

6,5 

16-6-49 

» 

226 

3 

147 

118 

41 

15 

7 

17-6-49 

)) 

227 

? 

155 

140 

40 

14 

42 

22 

7 

2-7-49 

» 

222 

40  + 

23 

Cette  petite  série  de  Funisciurus,  collectée  au  même  moment, 
dans  la  même  localité,  est  d’une  grande  homogénéité  et  se  tient  par¬ 
faitement  dans  les  limites  de  la  description  donnée  par  Le  Conte 
(le  type  (BM)  de  lemniscatus  provient  de  Rio  Munio,  200  km  plus 
au  Sud)  ;  Gray  a  décrit  plus  tard  (1862),  du  mont  Cameroun,  la 
forme  isabella  :  il  lui  accorde  sans  plus  de  précisions,  une  fourrure 
gris  olive  avec  quatre  lignes  noires  sur  le  dos  et  la  face  ventrale 
gris-blanc  ;  la  diagnose  de  lemniscatus  par  contre  insiste  sur  la  colo¬ 
ration  rousse  plus  ou  moins  accentuée  de  la  ligne  médio-dorsale. 
En  fait,  le  spécimen  type  de  isabella  présente  également  ce  caractère, 
et  d’une  façon  suffisamment  nette  pour  qu’il  ne  soit  pas  possible  de 
conserver  une  valeur  quelconque  à  cette  dernière  forme  : 

F.  I.  isabella  Gray  =  F.  I.  lemniscatus  Le  Conte. 

Protoxerus  Stangeri  Temmincki  (Anderson)  1879. 

N°  C.G.  1952-492  $  Abong-Mbang,  24-1-47 

TC  :  279  ;  Q  :  335  ;  P  :  67  ;  O  :  20  ; 

ON  :  64  ;  BZ  :  36  ;  Mol  :  11,5  ; 


—  435  — 


Un  grand  nombre  de  formes  de  cette  espèce  ont  été  décrites.  Leurs 
caractères  distinctifs  ont  essentiellement  trait  à  la  nuance  générale 
de  leur  robe  et  ne  peuvent  être  appréciés  que  par  comparaison. 

Cependant  dans  l’état  actuel  des  collections,  et  si  l’on  ne  tient 
pas  compte  des  dates  et  des  lieux  de  capture,  il  est  possible  de  dis¬ 
tinguer  parmi  les  formes  décrites,  deux  groupes  de  formes  représen¬ 
tant  les  variations  extrêmes  de  l’espèce  ;  on  ne  peut  que  ranger 
provisoirement  dans  un  troisième  groupe  les  formes  intermédiaires 
mal  définies  ; 

1°  les  spécimens  clairs  peuvent  être  rapportés  à  la  forme  type  de 
l’espèce 

P.  S.  Stangeri  (Waterhouse)  1842,  de  Fernando-Po  et  du  Gabon. 
Dans  ce  groupe  figure 

P.  S.  loandae  Thomas  1906,  de  Canhoea,  N-Angola. 

2°  les  spécimens  foncés,  nuancés  de  roux,  peuvent  être  rapportés 
à  la  forme 

P.  S.  eborivorus  (Du  Chaillu)  1860,  du  Gabon. 

On  peut  ranger  dans  ce  groupe  : 

P.  S.  centricola  Thomas  1906,  Entebbe,  Uganda. 

P.  S.  signatus  Thomas  1910,  Lodja,  S-Congo. 

P.  S.  moerens  Thomas  1923,  Lobi,  Congo  Belge. 

P.  S.  notabilis  Thomas  1923,  Avakubi,  Congo  Belge. 

3°  les  spécimens  intermédiaires  doivent  être  provisoirement 
rangés  avec  un  groupe  de  formes  dont  la  plus  anciennement  nommée 
est  : 

P.  S.  Temmincki  (Anderson)  1879,  Gold  Coast. 

Les  formes  qui  lui  ressemblent  sont  : 

P.  S.  Nigeriae  Thomas  1906,  de  Abutschi,  Niger  inférieur. 

P.  S.  personatus  Kershaw  1923,  de  Makia  Ntete,  Mayumbé 
inférieur,  Congo. 

P.  S.  dissonus  Thomas  1923,  Bitye,  Cameroun. 

P.  S.  torrentium  Thomas  1923,  Stanley  Falls,  Congo. 

Le  type  de  P.  S.  bea  Heller  1912,  Kenya,  n’a  pas  été  examiné. 

Il  est  à  noter  que  ce  classement,  basé,  comme  les  descriptions 
originales,  sur  des  variations  de  pelage,  conduit  à  séparer  des  formes 
géographiquement  voisines,  comme  Stangeri  et  eborivorus,  et  à 
rassembler  dans  un  même  groupe  des  formes  aussi  éloignées  géogra¬ 
phiquement  que  Temmincki  et  torrentium.  Ceci  permet  de  penser  que 
l’espèce  est  susceptible  d’une  variation  dont  il  serait  utile  de  préciser 
les  modalités  dans  une  même  localité. 

Le  spécimen  d’Abong-Mbang  doit  être  rapporté  au  groupe 
Temmincki,  sa  robe  étant  nuancée  de  fauve.  Il  faut  noter  chez  ce 
spécimen  la  permanence  de  P3  à  la  mâchoire  supérieure  :  cette  dent 


n’est  habituellement  pas  représentée  chez  les  adultes  de  cette 
espèce,  et  sa  présence  est  au  contraire  caractéristique  du  genre 
voisin  Myrsilus. 

Epixerus  Wilsoni  (Du  Chaillu)  1860. 

N°  1952-493  S  Abong-Mbang,  27-1-47 

TC  :  ...  ;  Q  :  275  ;  P  :  72  ;  O  :  22 

ON  :  69,5  ;  BZ  :  36  ;  Mol  :  10  ; 

Ce  spécimen  correspond  bien  à  la  description  d’E.  Wilsoni,  et 
est  en  tous  points  comparable  au  type  collecté  plus  au  Sud,  aux 
sources  de  l’Ovenga. 

Laboratoire  des  Mammifères  et  des  Oiseaux  du  Muséum. 


—  437  — 


Notes  préliminaires  sur  les  Paguridae  (Crust.  Décap.) 

DES  COTES  OCCIDENTALES  D’AFRIQUE. 

IV.  Clibanarius  aequabilis  Dana 
Par  Jacques  Forest. 


Dana  décrivait  en  1851  un  Pagurus  aequabilis  d’après  des  spéci¬ 
mens  provenant  de  l’île  Madère  et  de  Santiago  (Archipel  du  Cap 
Vert).  L’année  suivante  il  rangeait  cette  espèce  dans  le  genre  Cliba¬ 
narius  qu’il  venait  de  créer,  et  ajoutait  comme  localité,  l’île  de 
Tahiti.  Depuis  cette  époque  on  a  signalé  des  Clibanarius  aequabilis 
en  différentes  régions  du  monde  :  sur  la  côte  occidentale  d’Afrique 
(Cameroun  :  Aurivilius,  1898  ;  Ile  du  Prince,  Ozorio,  1889),  sur 
les  côtes  du  Chili  (Heller,  1868)  et  de  Californie  (Stimpson,  1857), 
à  l’île  Funafuti  (Borradaile,  1898)  aux  îles  Gambier  (Nobili,  1907). 
De  Man  (1888)  constatant  certaines  différences  entre  les  spécimens 
des  îles  Mergui  qu’il  avait  entre  les  mains  et  la  description  de  Dana, 
créait  une  variété  :  Clibanarius  aequabilis  var.  merguiensis  allait 
être  signalé  en  plusieurs  points  de  l’ Indo-Pacifique.  Odhner  devait 
relever  une  première  erreur  en  1923  :  les  spécimens  du  Cameroun 
déterminés  comme  C.  aequabilis  par  Aurivillius  étaient  en  réalité 
des  C.  senegalensis  Chevreux  et  Bouvier.  W.  Schmitt  (1926)  élevait 
des  doutes  sur  l’appartenance  à  une  même  espèce  des  spécimens  de 
Dana  provenant  d’une  part  de  Madère  et  des  Iles  du  Cap  Vert,  de 
l’autre  de  Tahiti.  Monod  (1933)  tout  en  admettant  la  possibilité  de 
la  présence  en  Mauritanie  du  C.  aequabilis  supposait  que  des  con¬ 
fusions  avaient  pu  se  produire  avec  C.  senegalensis  et  avec  C.  cha- 
pini,  espèce  décrite  par  Schmitt  d’après  des  spécimens  d’Angola. 

Il  restait  encore  à  définir  avec  précision  ce  qu’était  le  C.  aequabilis 
des  Iles  du  Cap  Vert  et  de  Madère.  Nous  en  étions  là,  lorsque  nous 
avons  reçu  de  l’Institut  Français  d’Afrique  Noire,  un  certain  nombre 
de  pagures  récolté  aux  Iles  dû  Cap  Vert  en  1950  par  M.  Cadenat. 
La  majeure  partie  appartenaient  à  une  seule  espèce  de  Clibanarius, 
et  correspondaient  exactement  à  la  description  originale  de  C.  aequa¬ 
bilis  Dana.  En  1952,  E.  Postel,  ramenait  des  Iles  du  Cap  Vert  une 
vingtaine  de  pagures  appartenant  à  la  même  espèce,  qui  était  — ■  et 
qui  est  toujours  —  absente  du  matériel  provenant  des  côtes  du  con¬ 
tinent  africain. 

Le  Clibanarius  du  Chili  identifié  à  C.  aequabilis  par  Heller  cor¬ 
respondait  aussi  bien.au  C.  albidigitus  Nobili  du  Pacifique  oriental 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


—  438 


et  les  C.  aequabilis  de  Tahiti  déterminés  par  Nobili  étaient  en  réalité 
des  C.  humilis  Dana.  D’autre  part  l’examen  de  spécimens  de  la 
variété  merguiensis  montrait  qu’il  n’y  avait  aucune  raison  de  rat¬ 
tacher  cette  forme  au  C.  aequabilis  des  Iles  du  Cap  Vert. 

Nous  avons  été  ainsi  amené  aux  conclusions  suivantes  : 

1°  Il  existe  aux  Iles  du  Cap  Vert  et  à  Madère,  une  espèce  de 
Clibanarius  dont  la  présence  sur  les  côtes  occidentales  du  continent 
africain  n’est  pas  prouvée  pour  l’instant.  Cette  espèce  a  été  décrite 
sous  le  nom  de  Pagurus  aequabilis  Dana  en  1851,  d’après  des  indi¬ 
vidus  provenant  des  Iles  du  Cap  Vert  et  de  Madère. 

2°  En  1852,  Dana  a  signalé  un  Clibanarius  aequabilis  à  Tahiti. 
La  description  du  spécimen  laisse  supposer  qu’il  s’agit  d’une  forme 
différente,  peut-être  identique  au  C.  aequabilis  var.  merguiensis  de 
Man,  signalé  en  divers  points  de  F  Indo-pacifique.  Il  n’y  a  aucune 
raison  de  continuer  à  rattacher  le  Clibanarius  décrit  par  de  Man 
à  l’espèce  de  Dana  ni  d’en  faire  une  variété  du  C.  misanthropus 
comme  Melin  (1939)  l’a  proposé,  et  il  est  tout  à  fait  justifié  de  le 
désigner  désormais  sous  le  nom  de  C.  merguiensis. 

Nous  donnons  ci-dessous  le  détail  du  matériel  étudié  et  une  courte 
description  de  Clibanarius  aequabilis,  que  l’on  ne  risque  guère  de 
confondre  avec  le  Clibanarius  senegalensis  CheVreux  et  Bouvier,  dont 
les  chélipèdes  portent  des  tubercules  beaucoup  moins  forts  et  qui  a 
une  coloration  fort  différente.  C.  chapini  qui  existe  non  seulement 
en  Angola  mais  au  Sénégal  présente  lui  aussi  une  coloration  caracté¬ 
ristique  des  pattes  ambulatoires,  qui  a  été  bien  décrite  par  Fauteur, 
et  de  nombreux  caractères  qui  interdisent  toute  confusion.  Quant  au 
C.  merguiensis  Indo-pacifique,  il  possède  des  pédoncules  oculaires 
bien  moins  grêles,  des  chélipèdes  moins  fortement  armés,  et  une 
pigmentation  différente. 

Clibanarius  aequabilis  Dana  1851. 

Fig.  1,  2,  3. 

Pagurus  aequabilis,  Dana,  1851,  p.  271. 

Clibanarius  aequabilis,  Dana,  1852,  p.  464,  pl.  29,  fîg.  4  a-c. 

nec  «  Clibanarius  aequabilis  Dana  »  Aurivillius,  1898,  p.  12,  pl.  4  fig.  B. 

Matériel  étudié.  —  Pedro  Lume,  Ile  de  Sal  (Archipel  du  Cap  Vert), 
2-5-50,  à  marée  basse.  Cadenat  coll.  :  26  $  et  Ç  de  3  à  6  mm.  (Lon¬ 
gueur  de  la  carapace). 

Ponto  do  Sol,  Ile  de  Santo  Antao  (Archipel  du  Cap  Vert),  le 
28-5-50,  à  marée  basse.  Cadenat  coll.  :  21  spécimens  et  Ç  à  cara¬ 
pace  de  2,5  à  8  mm. 

Praia,  Ile  de  Santiago  (Arch.  du  Cap  Vert),  6-6-50,  marée  basse, 
Cadenat  coll.  :  2  de  6  et  7  mm.  (L.  c.). 


439  — 


Iles  du  Cap  Vert,  février  1952,  littoral,  Postel  coll.  :  26  $  et  $  (dont 
certaines  ovigères)  à  carapace  de  4,5  à  8  mm. 

Description.  —  Ecusson  céphalothoracique  plus  long  que  large,  le 
rapport  de  ses  dimensions  égal  à  6/7  environ.  Rostre  triangulaire- 


Fig.  1-3.  —  Clibanarius  aequabilis  Dana  :  1,  écusson  céphalothoracique  et  appen¬ 
dices  céphaliques,  X  12  ;  2,  chélipède  droit,  face  interne,  X  8  ;  3e  patte  thoraci que- 
gauche,  face  externe,  X  8. 

aigu  dépassant  nettement  l’alignement  des  dents  latérales.  Angles 
antéro-latéraux  très  arrondis.  Pédoncules  oculaires  un  peu  plus  court 
que  les  pédoncules  antennulaires  et  un  peu  plus  long  que  les  pédon¬ 
cules  antennaires,  grêles,  légèrement  renflés  aux  extrémités,  leur- 


440 


diamètre  minimum  compris  6  à  7  fois  dans  leur  longueur  (fig.  1). 
Chelipèdes  sub-égaux.  Les  faces  supérieures  et  externe  du  propode 
et  du  dactyle  couvertes  de  forts  tubercules  coniques  à  pointe  mousse. 
Un  tubercule  particulièrement  saillant  sur  la  face  inférieure  du  mérus, 
juste  en  avant  de  l’articulation  avec  l’ischion  (fig.  2).  Pattes  ambu¬ 
latoires  plus  longues  à  droite  qu’à  gauche.  Propode  peu  déprimé 
latéralement  sauf  celui  de  la  patte  postérieure  gauche  qui  a  une  face 
externe  légèrement  excavée  sur  toute  sa  longueur,  sous  le  bord 
supérieur  en  carène.  Rapport  des  longueurs  du  propode  et  du  dactyle, 
mesurés  le  long  du  bord  supérieur,  variant  de  3/4  à  5/6  (fig.  3). 

La  plupart  des  spécimens  (en  alcool)  ont  la  coloration  suivante  : 
l’écusson  céphalothoracique  est  d’un  blanc  rougeâtre,  les  pédon¬ 
cules  oculaires,  antennulaires  et  antennaires  ont  une  teinte  qui  va 
du  rose-violacé  au  rouge-orange.  Les  écailles  oculaires  sont  un  peu 
plus  foncées.  Les  chélipèdes  vont  du  rouge-violacé  au  rouge-orange 
et  les  tubercules  sont  blanc-rosé  ou  violacé.  Les  pattes  ambulatoires 
ont  aussi  une  coloration  variable,  entre  le  rouge-violacé  et  le  rouge 
vif,  plus  intense  dans  la  région  antérieure  du  propode.  Le  dactyle 
est  blanc  dans  sa  partie  moyenne,  rougeâtre  aux  extrémités.  Quel¬ 
ques-uns  des  spécimens  récoltés  en  1952  ont  une  pigmentation  plus 
intense  :  l’écusson  céphalothoracique  est  d’un  rouge-violacé  ponctué 
de  blanc,  les  écailles  oculaires,  les  chélipèdes  et  les  pattes  ambula¬ 
toires  sont  brun-violacé  et  les  tubercules  présents  sur  la  main  sont 
bleus. 


—  441 


Crustacés  Décapodes  Marcheurs  des  Iles  de  Tahiti 
et  des  Tuamotu.  —  I.  Paguridea 

Par  Jacques  Forest. 


Les  Décapodes  Marcheurs  recueillis  de  mai  à  octobre  1952  par 
M.  G.  Ranson  sur  les  îles  Hikueru,  Tahiti  et  Takumé,  dans  la  zone 
intercotidale  du  plateau  côtier  et  à  un  niveau  légèrement  supérieur, 
comprennent  des  Brachyoures  de  divers  groupes,  des  Macroures  de 
la  famille  des  Scyllaridae,  et  des  Anomoures  de  la  tribu  des  Pagu¬ 
ridea.  Ces  derniers  constituent  le  groupe  le  plus  important  numéri¬ 
quement  et  sont  représentés  par  plusieurs  milliers  d’individus 
répartis  entre  les  deux  familles  des  Coenobitidae  et  des  Paguridae. 
Les  quatre  espèces  de  Coenobitidae  appartiennent  aux  genres 
Coenobita  et  Birgus.  Les  Paguridae  comptent  dix-huit  espèces  dont 
trois,  sont  nouvelles  et  une  variété  également  nouvelle  ;  ils  se  ratta¬ 
chent  aux  genres  suivants  :  Clibanarius,  Calcinus,  Pagurus,  Aniculus, 
Eupagurus  et  Catapaguroides. 

Cette  collection  présente  un  intérêt  particulier  pour  plusieurs 
raisons.  Son  premier  mérite  est  de  compter  un  grand  nombre  de 
spécimens.  Plusieurs  espèces  sont  très  abondamment  représentées, 
et  ceci  a  montré  une  fois  de  plus  l’extrême  variabilité  de  certains 
caractères  utilisés  dans  les  diagnoses  :  proportions  relatives  des 
pédoncules  oculaires,  antennulaires  et  antennaires,  rapports  des 
longueurs  du  dactyle  et  du  propode  des  pattes  ambulatoires.  Les 
spécimens  sont  en  général  en  excellent  état  et  ont  conservé  leurs 
marques  colorées,  importantes  pour  la  distinction  de  quelques 
espèces  par  ailleurs  fort  peu  différentes.  Un  autre  élément  d’intérêt 
réside  dans  le  fait  que  les  coquilles  ont  été  déterminées  au  préalable 
(par  M.  Ranson)  :  il  a  été  ainsi  possible  de  donner  une  liste  de  celles 
qui  abritaient  chaque  espèce  de  crustacés.  Il  est  certain  que  le  choix 
d’une  coquille  par  un  pagure  est  avant  tout  conditionné  par  sa 
taille  :  si  l’on  prend  deux  espèces  fort  éloignées,  mais  également  bien 
représentées  dans  la  collection,  Clibanarius  corallinus  H.  Milne- 
Edwards  et  Coenobita  perlatus  H.  Milne-Edwards  par  exemple, 
on  constate  que  vingt-deux  noms  sont  communs  sur  les  listes  de 
coquilles  qui  concernent  chacune  d’elles.  Mais  la  forme  de  ces 
coquilles  joue  aussi  un  rôle  :  les  petits  Conus  et  les  Cypraea,  dont 
l’ouverture  est  fort  étroite  sont  dédaignés  par  la  plupart  des  pagures 
et  il  arrive  souvent  que  Ton  brise  un  assez  grand  nombre  de  ces 

Bulletin  du  Muséum,  2°  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


442  — 


•  coquilles  sans  que  l’on  en  trouve  une  seule  occupée,  ce  qui  est  excep¬ 
tionnel  avec  les  Cerithium  ou  les  Strombus  par  exemple  qui  renfer¬ 
ment  presque  toujours  soit  le  gastéropode  lui-même,  soit  un  pagure. 
Au  contraire  le  Pagurus  sanguinolentus  Quoy  et  Gaimard  (=  P. 
euopsis  Dana,  =  P.  depressus  Heller)  paraît  rechercher  les  Conus 
et  l’extrême  aplatissement  dorso-ventral  de  certains  adultes  de  cette 
espèce  ne  s’explique  que  par  l’habitation  dans  des  coquilles  à  ouver¬ 
ture  étroite  tout  au  long  de  leur  existence.  Il  faut  noter  que  ce  pagure 
peut  aussi  se  trouver  dans  des  coquilles  normales  et  n’avoir  pas  le 
corps  déprimé  et  que,  inversement,  on  rencontre  des  individus 
d’autres  espèces,  Pagurus  megistos,  par  exemple,  à  l’intérieur  de 
Conus  avec  les  modifications  morphologiques  que  cela  implique. 

L’étude  de  la  collection  Ranson  m’a  amené  à  quelques  remarques 
sur  plusieurs  espèces  de  Paguridea.  La  confusion  qui  règne  dans  le 
genre  Clibanarius  justifie  la  redescription  et  la  figuration  de  cer¬ 
taines  espèces.  L’examen  de  plusieurs  spécimens  appartenant  à  ce 
genre  et  provenant  de  l’Expédition  Snellius,  qui  m’ont  été  envoyés 
par  le  Dr.  Holthuis  de  Leiden,  m’a  été  d’un  grand  secours  et  m’a 
permis  d’établir  des  comparaisons  indispensables.  D’autre  part 
l’étude  de  types  conservés  au  Muséum  m’a  montré  que  certaines 
espèces  avaient  été  décrites  bien  avant  qu’elles  reçoivent  le  nom 
sous  lequel  elles  sont  généralement  connues.  Le  cas  le  plus  remar¬ 
quable  est  celui  de  Pagurus  euopsis,  espèce  décrite  par  Dana  en 
1852,  et  souvent  signalée  depuis,  qui  me  paraît  identique  au  Pagurus 
affinis  de  H.  Milne-Edwards  (1836)  et  au  pagure  du  Voyage  de  l’Ura¬ 
nie,  décrit  et  figuré  en  1824  par  Quoy  et  Gaimard,  sous  le  nom 
de  Pagurus  sanguinolentus. 

Les  longueurs  de  carapace  (Le.)  minimum  et  maximum  ont  été 
données  pour  chaque  espèce.  Le  choix  de  cette  dimension  mesurée 
du  milieu  du  bord  frontal  au  bord  postérieur,  permet  des  compa¬ 
raisons  relativement  valables  entre  les  individus  et  les  espèces,  alors 
que  la  longueur  totale  qui  dépend  de  celle  d’un  abdomen  extensible, 
polymorphe  et  assez  fragile,  ne  présente  pas  une  grande  signifi¬ 
cation. 


Paguridae  Dana. 

Pagurinae  Ortmann. 

Genre  Clibanarius  Dana. 

Clibanarius  corallinus  (H.  Milne-Edwards  1848). 

Pagurus  corallinus,  H.  Milne-Edwards,  1848,  p.  63. 

Clibanarius  obesomanus  (?  corallinus),  Dana,  1852,  p.  468,  pl.  XXIX, 
î-fig.  8  a-c. 

«  Clibanarius  corallinus  (Edw.)  »,  Nobili,  1907,  p.  367. 


—  443  — 


Spécimens  récoltés.  —  Hikuéru,  Tahiti  et  Takumé  :  de  très  nombreux 
individus  comprenant  des  Ç  ovigères.  Le  :  3,5  à  25  mm. 

Coquilles.  —  Aspella  anceps  (Lmk.),  Astraea  confragosa  (Gould),  Bursa 
bufonia  (Gmel.),  B.  cruentata  (Sow.),  B.  siphonata  (Reeve),  Cantharus 
undosus  (L.) ,  Cerithium  columna  Sow.,  C.  patiens  Bayle,  C.  rubus  (Martyn), 
C.  sinensis  (Gmel.),  Conus  tulipa  L.,  Cymatium  chlorostomum  (Lmk.), 

C.  tuberosum  (Lmk.),  Cypraea  moneta  L.,  Drupa  aspera  (Lmk.), 

D.  cancellata  (Q.  &  G.),  D.  elata  (Blainv.),  D.  fiscella  (Chemnitz),  D.  horrida 
(Lmk.),  D.  hystrix  (L.),  D.  morus  (Lmk.),  D.ricinus  (L.),  D.  speciosa  (Dun- 
ker),  D.  tuberculata  (Blainv.),  Mitra  maculosa  Reeve,  Murex  sp.,  Nerita 
plicata  L.,  Peristernia  nassatula  (Lmk.),  Strombus  floridus  Lmk.,  Tectarius 
bullatus  (Martyn),  Terebra  crenulata  (L.),  Thais  aculeata  (Regenfuss), 
T.  affinis  (Reeve),  Turbo  argirostomus  L.,  T.  setosus  Gmel.,  Vasum  cera- 
micum  (L.). 


Clibanarius  humilis  Dana  1851. 

Fig.  1  et  5. 

Pagurus  humilis,  Dana,  1851,  p.  271. 

Clibanarius  humilis,  Dana,  1852,  p.  469,  pl.  XXIX,  fîg.  9. 

«  Clibanarius  aequabilis  Dana  »  Nobili,  1907,  p.  367. 

«  Clibanarius  aequabilis  var.  merguiensis  de  Man  »  Bouvier,  1915,  p.  29. 

Spécimens  récoltés.  —  Hikuéru,  Tahiti  et  Takumé  :  de  nombreux  indi¬ 
vidus  dont  beaucoup  de  $  ovigères.  Le  :  2  à  11  mm. 

Coquilles.  —  Bullaria  pUnctulata  (A.  Adams),  Cantharus  fumosus  (Dillw.), 
C.  undosus  (L.),  Cerithium  nesioticum  Pilsbry  et  Yanatta,  C.  patiens 
Bayle,  C.  piperitum  Sow.,  Columbella  sp.,  Cymatium  chlorostomum  (Lmk.), 
C.  tuberosum  (Lmk.),  Cypraea  sp.,  Drupa  fiscella  (Chemnitz),  D.  morus 
(Lmk.),  D.  tuberculata  (Blainv.),  Melampus  fasciatus  Desh.,  Melanella 
cumingi  (A.  Adams)  ;  Mitra  astricta  Reeve,  M.  litterata  Lmk.,  M.  maculosa 
Reeve,  Nassa  sp.,  Natica  marochiensis  (Gmel.),  Nerita  maculata  Pease, 
Neritina  pisiformis  Recluz,  Peristernia  nassatula  (Lmk.),  Planaxis  abbre- 
viatus  Pease,  P.  lineolatus  Gould,  Polynices  simiae  (Desh.),  Terebra 
confusa  E.  A.  Smith,  Tritonalia  sp. 

Description.  —  Écusson  céphalothoracique  un  peu  plus  long  que 
large.  Rostre  court,  dépassant  à  peine  l’alignement  des  dents  laté¬ 
rales.  Pédoncules  oculaires  un  peu  plus  courts  que  le  bord  frontal 
et  que  les  pédoncules  antennulaires.  Pédoncules  antennaires  attei¬ 
gnant  ou  dépassant  légèrement  la  base  des  cornées.  Chélipèdes 
dissymétriques  chez  les  adultes  :  le  droit  plus  grand  et  plus  renflé 
dans  la  région  palmaire  que  le  gauche.  Les  deux  appendices  cou¬ 
verts  de  tubercules  petits  et  peu  saillants  dans  la  région  palmaire, 
un  peu  plus  forts  et  plus  aigus  dans  le  voisinage  du  bord  interne 
•et  sur  les  doigts.  Pattes  ambulatoires  avec  le  propode  et  le  dactyle, 
mesurés  le  long  du  bord  supérieur,  à  peu  près  de  même  longueur. 
Le  propode  de  p  3  gauche  (fig.  5)  avec  une  carène  bien  marquée  le 
long  du  bord  supérieur  de  la  face  externe,  et  celle-ci  légèrement 


Fl?‘  I’t‘  TT  ^cusson  céphalothoracique  et  appendices  céphaliques  :  1,  Clibanarius 
numilis  Dana  :  2,  C.  ransoni  nov.  sp.  ;  3,  C.  zébra  var  rhabdodactylus  nov.  var.  • 
4,  G.  zébra  Dana.  X  8  sauf  fig.  3,  x  12. 


déprimée  sous  la  crête.  Pilosité  faible  constituée  par  des  poils  en 
général  courts. 


—  445  — 


.  Écusson  céphalothoracique  blanchâtre,  maculé  de  jaune-orange, 
avec  en  particulier  une  tache  en  arrière  de  chaque  angle  anté¬ 
rieur.  Pédoncules  oculaires  jaune-orange  avec  un  large  anneau 
blanc  sous  les  cornées  et  une  grande  tache  blanche  sur  la  moitié 
proximale.  Écailles  oculaires  jaune-orange.  Chélipèdes  orange-rou¬ 
geâtre  avec  les  tubercules  blanchâtres.  Dactyle  des  pattes  ambula¬ 
toires  blanc,  avec  les  régions  supérieure  et  inférieure  légèrement 
teintées  de  jaune.  Propode  d’un  brun  violacé  intense  avec,  sur  les 
faces  interne  et  externe,  une  bande  blanche,  qui  prend  naissance 
à  la  base  de  T  article  et  s’étend  jusqu’au  tiers  distal  au  plus.  Carpe 
brun-violacé  avec  une  bande  plus  claire  sur  les  faces  latérales. 

Remarques.  — -  Par  le  nombre  des  spécimens  récoltés,  Clibanarius 
humilis  Dana  et  C.  corallinus  H.  Milne-Edwards,  sont  les  espèces 
les  mieux  représentées  du  genre  dans  le  matériel  étudié  ici.  Dans  la 
collection  du  Muséum,  Clibanarius  humilis  ne  figurait  pas  soüs  ce 
nom,  mais  sous  ceux  de  C.  aequabilis  Dana  (Spécimens  des  Tuamotu 
déterminés  par  Nobili)  et  de  C.  aequabilis  var.  merguiensis  de  Man 
(Spécimens  de  T  Ile  Maurice,  déterminé  par  Bouvier).  Ces  confusions 
laissent  supposer  qu’il  en  existe  d’autres  dans  la  littérature,  souvent 
impossibles  à  déceler,  et  justifie  la  redescription  d’une  espèce  très 
largement  et  abondamment  distribuée  dans  la  région  Indo-Pacifique. 
Clibanarius  humilis  possède  des  pédoncules  oculaires  dont  la  lon¬ 
gueur  n’excède  pas  la  largeur  du  bord  frontal  même  chez  les  adultes, 
et  des  chélipèdes  fort  peu  épineux  dans  la  région  palmaire,  mais  les 
meilleurs  caractères,  ceux  qui  permettent  de  l’identifier  immédiate¬ 
ment,  concernent  la  coloration  des  pédoncules  oculaires  et  des 
pattes  ambulatoires.  La  face  externe  du  propode  de  celles-ci  pré¬ 
sente  une  coloration  foncée,  en  général  brun-violacé,  dans  la  région 
antérieure.  Cette  coloration  qui  offre  un  maximum  d’intensité  au 
bord  antérieur  de  l’article,  s’étend  plus  ou  moins  vers  l’arrière, 
davantage  près  des  marges,  mais  en  laissant  toujours  une  zone 
beaucoup  plus  claire  à  la  base  (fig.  5). 

Il  n’y  a  pas  lieu  de  comparer  C.  humilis  avec  ce  que  je  tiens  pour 
le  véritable  C.  aequabilis  de  Dana  qui  est  une  espèce  atlantique  bien 
différente.  Dana  a  décrit  sous  le  nom  de  C  aequabilis  des  spécimens 
de  Madère  et  des  Iles  du  Cap  Vert  d’une  part,  de  Tahiti  d’aütre  part. 
Il  est  manifeste  que  le  même  nom  couvre  deux  espèces  distinctes. 
Sa  description  des  spécimens  atlantiques  s’appliquent  exactement, 
à  des  Clibanarius  récoltés  à  Pedro  Lume  (Iles  du  Cap  Vert)  qui  font 
l’objet  d’une  autre  note.  Le  nom  à’ aequabilis  devrait  être  réservé  à 
cette  espèce  qui  n’est  connue  avec  certitude  que  des  Iles  du  Cap  Vert 
et  de  Madère.  En  effet,  les  Clibanarius  du  Cameroun  identifiés  à 
C.  aequabilis  par  Aurivillius  (1898),  cité  ultérieurement  par 
Rathbun  (1900)  et  Balss  (1921)  sont  en  réalité,  à  en  juger  par  le 
dessin  qu’il  en  donne,  et  comme  l’a  signalé  Odhner  (1923),  des  C. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


28 


—  446  — 


senegalensis  Chevreux  et  Bouvier.  A  quoi  correspond  le  spécimen 
de  C.  aequabilis  de  Tahiti,  figuré  par  Dana,  et  dont  il  écrit  qu’il 
possède  des  pattes  bleu  foncé,  non  rayées  ?  Est-ce  la  forme  décrite 
par  de  Man  sous  le  nom  de  C.  aequabilis  var.  merguiensis  ?  Cela  est 
douteux  en  raison  de  la  coloration  indiquée,  qui  ne  s’applique  d’ail¬ 
leurs  à  aucun  des  Clibanarius  signalés  à  Tahiti.  Il  est  souhaitable 
que  le  terme  d’ aequabilis  ne  soit  plus  utilisé  pour  des  especes  de 
T  Indo-Pacifique.  La  forme  décrite  avec  précision  par  de  Man  ne 
doit  pas  être  considérée  comme  une  variété  d’une  espèce  atlantique. 
Les  caractères  principaux  de  C.  merguiensis  seront  indiqués  à  la 
suite  de  la  description  d’une  espèce  nouvelle  de  Tahiti,  C.  ransoni 
nov.  sp.  On  notera  simplement  ici  que  le  propode  des  pattes  ambula¬ 
toires  présente  chez  C.  merguiensis  une  coloration  inverse  de  celle 
qu’on  observe  chez  C.  humilis.  C’est  la  région  antérieure,  et  non  pas 
la  région  postérieure  du  propode  qui  est  de  teinte  claire. 

Clibanarius  rànsoni,  nov.  sp. 

Fig.  2  et  6. 

Matériel  examiné.  —  Tahiti  3  (J,  Le.  :  4,5  —  5,5  —  7  mm.  ;  1  $ 
ovigère,  Le.  4,5  mm.  (Syntypes). 

Coquilles.  —  Nerita  plicata  L.,  Slrombus  floridus  Lmk. 

Description.  —  Écusson  céphalothoracique  presque  aussi  long  que 
large.  Rostre  dépassant  nettement  les  dents  latérales.  Pédoncules 
oculaires  aussi  longs  que  le  bord  frontal  et  un  peu  plus  courts  que  les 
pédoncules  antennulaires.  Pédoncules  antennaires  dépassant  la  base 
des  cornées.  Chélipèdes  sub-égaux,  couverts  de  petits  tubercules 
un  peu  plus  saillants  sur  le  bord  palmaire  interne  et  sur  les  doigts. 
Pattes  ambulatoires  à  dactyle  plus  court  que  le  propode,  le  rapport 
des  longueurs  des  deux  articles  mesurés  le  long  du  bord  supérieur 
étant  compris  entre  4/5  et  5/6  pour  les  p  2  et  la  p  3  droite,  et  un  peu 
plus  élevé  pour  la  p  3  gauche.  Celle-ci  (fig.  6)  avec  un  propode  à  face 
externe  légèrement  carénée  sur  le  bord  supérieur.  Pilosité  assez 
faible.  Écusson  céphalothoracique  blanc-jaunâtre  maculé  de  rouge. 
Pédoncules  oculaires  rouge-orange.  Chélipèdes  rouges  avec  les 
tubercules  et  le  doigt  fixe  blancs,  ainsi  que  les  faces  supérieure  et 
inférieure  du  doigt  mobile.  Une  large  bande  d’un  blanc  bleuté  sur 
toute  la  longueur  des  pattes  ambulatoires  ;  le  bord  supérieur  du 
dactyle,  les  régions  supérieure  et  inférieure  du  propode  et  du  carpe, 
ainsi  que  la  région  inférieure  du  mérus  sont  d’un  rouge  intense. 

Remarques.  —  Cette  espèce  que  je  suis  heureux  de  dédier  à 
M.  G.  Ranson,  est  apparentée  à  Clibanarius  merguiensis  de  Man. 
J’aurais  hésité  à  en  faire  une  espèce  distincte  si  je  n’avais  eu  la  chance 
de  pouvoir  examiner  plusieurs  spécimens  de  C.  merguiensis  prove¬ 
nant  de  l’Expédition  Snellius.  Ces  spécimens,  déterminés  par  A.  Bui- 


6dl'U«A<A. 


Fig.  5-9.  —  3e  patte  thoracique  gauche,  face  externe  :  5,  Clibanarius  humilis  Dana, 
X  7  ;  6,  C.  ransoni  nov.  sp.,  X  10  ;  7,  C.  merguiensis  de  Man,  X  10  ;  8,  C.  zébra  var. 
rhabdodactylus  nov.  var.,  X  10  ;  9,  C.  zébra  Dana,  X  7. 


de  coloration  qui  permettent  de  distinguer  le  plus  facilement  les 
deux  espèces.  Il  existe  certes  des  différences  morphologiques  mais 


qui  n’apparaissent  guère  que  lorsqu’on  a  séparé  les  deux  formes 
d’après  les  marques  colorées  qu’elles  présentent.  Des  caractères  tels 
que  les  proportions  relatives  des  pédoncules  oculaires,  antennulaires 
et  antennaires  ou  que  celles  du  dactyle  et  du  propode  des  pattes 
ambulatoires  varient  si  considérablement  dans  une  même  espèce, 
d’un  individu  à  l’autre,  qu’on  ne  peut  Jeur  accorder  de  valeur  discri¬ 
minatoire.  Par  contre  l’écusson  céphalothoracique  à  peu  près  aussi 
long  que  large  chez  C.  ransoni  est  nettement  plus  allongé  chez 
C.  merguiensis  ;  les  tubercules  des  chélipèdes  sont  un  peu  plus  forts 
dans  la  seconde  espèce  que  dans  la  première,  et  celle-ci  a  des  pattes 
ambulatoires  terminées  par  des  ongles  plus  longs  et  plus  aigus. 
Les  principales  différences  de  coloration  sont  indiquées  ci-dessous. 

Clibanarius  ransoni  :  Pédoncules  oculaires  rouge-orange  avec  une 
large  bande  longitudinale  d’une  teinte  un  peu  plus  foncée  sur  la  face 
supérieure.  Les  deux  paires  de  pattes  ambulatoires  avec,  sur  la  face 
externe,  une  large  bande  d’un  blanc-bleuté  nettement  délimitée 
s’étendant  de  la  base  de  l’ongle  à  la  base  du  mérus  (fig.  6). 

Clibanarius  merguiensis  :  Pédoncules  oculaires  rougeâtres  avec  une 
marque  longitudinale  blanchâtre  bien  délimitée,  sur  la  face  supé¬ 
rieure.  Pattes  ambulatoires  rougeâtres  avec  sur  la  face  externe  du 
dactyle,  dans  sa  moitié  proximale,  une  plage  blanche  qui  s’étend 
plus  ou  moins  sur  le  propode,  parfois,  pour  les  p  3  (fig.  7),  jusqu’à  la 
base  de  l’article.  Sur  les  p  2,  cette  marque  blanche  est  limitée  à  la 
région  antérieure  du  propode,  la  plus  grande  partie  de  l’article  étant 
d’une  teinte  rougeâtre  uniforme.  Les  zones  claires  qui  existent  sur 
ces  appendices  ne  se  présentent  pas  sous  la  forme  d’une  bande  con¬ 
tinue,  bien  délimitée. 

Clibanarius  striolatus  Dana  1852. 

Clibanarius  striolatus  Dana,  1852,  p.  463,  pl.  XXIX,  fig.  3  a-c. 

«  Clibanarius  striolatus  Dana  »  Nobili,  1907,  p.  367. 

Spécimens  récoltés.  —  Tahiti  :  3  d,  L.c.  5,  8  et  10,5  mm. 

Coquilles.  —  Cantharus  undosus  L.,  Strombus  floridus  Lmk. 

Clibanarius  zébra  var.  rhabdodactylus,  nov.  var. 

Fig.  3  et  8. 

«  Clibanarius  zébra  Dana  »  Nobili,  1907,  p.  367. 

«  Clibanarius  zébra  Dana  »  Buitenbijk,  1937,  pp.  264  et  267. 

Spécimens  récoltés.  —  Hikuéru  :  3  d  et  9  $  (dont  plusieurs  ovigères  ) 
L.c.  2,5  à  3  mm. 

Hikuéru  :  1  S,  L.c.  4,5  mm.  (Type  de  la  variété). 

Coquilles.  —  Ceritium  riesioticum  Pilsbry  et  Vanatta,  Cypraea  moneta  L. 

Description.  —  Écusson  céphalothoracique  un  peu  plus  long  que 
large  (rapport  des  dimensions  égal  à  6/7  environ).  Rostre  aigu,  dépas- 


—  449  — 


sant  l'alignement  des  dents  latérales.  Pédoncules  oculaires  un  peu 
plus  longs  que  le  bord  frontal,  le  droit  très  légèrement  plus  court  que 
le  gauche. 

Pédoncules  antennulaires  à  peu  près  de  même  longueur  que  les 
pédoncules  oculaires.  Pédoncules  antennaires  dépassant  la  base  des 
cornées.  Chélipèdes  subégaux,  ou  le  droit  légèrement  plus  fort  que 
le  gauche,  couverts  de  tubercules  plus  saillants  et  plus  aigus  dans  le 
voisinage  du  bord  palmaire  et  sur  les  doigts.  Pattes  ambulatoires  à 
dactyle  plus  court  que  le  propode  :  rapport  des  deux  articles,  mesurés 
le  long  du  bord  supérieur,  sensiblement  égal  à  4/5  pour  les  p  2  et  la 
p  3  droite,  à  6/7  pour  la  p  3  gauche  (fig.  8).  Le  propode  de  cette 
dernière  avec  une  carène  lisse  le  long  du  bord  supérieur  de  sa  face 
externe. 

Des  poils  lins  en  faisceaux,  surtout  sur  la  face  supérieure  des  trois 
derniers  articles  des  chélipèdes  et  sur  les  régions  supérieure  et  infé¬ 
rieure  des  pattes  ambulatoires. 

Coloration  de  fond  jaunâtre,  avec  des  marques  colorées  rouges  en 
général  encore  très  vives  après  un  long  séjour  dans  l’alcool.  Taches 
colorées  sur  l’écusson  céphalothoracique  disposées  en  quatre  bandes- 
longitudinales.  Pédoncules  oculaires  avec  une  large  bande  rouge 
médiane  sur  toute  la  longueur  de  la  face  supérieure.  Chélipèdes 
rouges.  Pattes  ambulatoires  striées  de  rouge  sur  toute  leur  longueur  : 
le  propode  porte  cinq  bandes  régulièrement  espacées  dont  trois  sont 
visibles  sur  la  face  externe  et  qui  se  prolongent  toutes  sur  le  dactyle 
jusqu’à  l’ongle. 

Remarques.  —  Ces  petits  pagures  sont  identiques  au  «  Clibanarius 
zébra  »  récolté  par  Seurat  à  Hao  (Iles  Tuamotu)  et  déterminé  par 
Nobili.  Ils  sont  aussi  identiques  aux  Clibanarius  zébra  d’Indonésie 
provenant  de  l’Expédition  Snellius,  dont  j’ai  examiné  trois  spécimens. 
Par  contre  ils  présentent  certaines  différences,  notamment  dans  la 
coloration,  avec  des  spécimens  récoltés  à  Taiohae  (Iles  Marquises) 
en  1927  par  le  Père  Siméon  Delmas,  et  que  j’avais  identifiés  à 
l’espèce  de  Dana.  Les  deux  formes  sont  voisines  mais  il  est  impossible 
de  les  confondre.  Si  je  ne  les  ai  pas  rangées  dans  des  espèces  diffé¬ 
rentes,  c’est  que  les  spécimens  de  Taiohae  sont  en  moyenne  beaucoup 
plus  grands  que  les  autres  et  qu’il  est  ainsi  difficile  d’établir  une 
comparaison  valable  entre  les  proportions  des  différentes  régions  du 
corps  et  des  appendices.  D’autre  part  les  différences  de  colorations 
portent  non  pas  sur  une  disposition  différente  des  marques  colorées 
mais  sur  l’absence  de  pigmentation  sur  certaines  régions  dans  l’une 
des  formes  en  question.  Ce  sont  les  spécimens  de  Taiohae,  que  je 
considère  comme  des  Clibanarius  zébra  typiques  parce  qu’ils  pos¬ 
sèdent  des  pattes  ambulatoires  à  dactyles  non  rayés,  comme  celui 
qui  a  été  figuré  par  Dana  (pl.  XXIX,  fig.  5  d).  Ea  forme  typique 
(fig,  4)  diffère  de  la  variété  décrite  plus  haut  par  les  pédoncules 


—  450 


oculaires  plus  long  et  plus  grêles  avec  un  diamètre  compris  plus  de 
cinq  fois  dans  leur  longueur,  par  le  dactyle  des  pattes  ambulatoires 
plus  déprimé  latéralement  et  plus  court  par  rapport  au  propode 
(fîg.  9),  La  taille  des  individus  provenant  des  Marquises,  une  cin¬ 
quantaine  environ,  est  comprise  entre  5,5  et  11  mm.  (L.  c.)  ;  les 
plus  petits  possèdent  des  pédoncules  oculaires  relativement  courts 
et  trapus,  et  des  pléopodes  impairs  peu  développés,  caractères 
juvéniles  chez  les  pagures.  D’un  autre  côté,  les  trois  spécimens  d’ Indo¬ 
nésie  avaient  des  carapaces  de  5,5-6  et  6,5  mm.  et  ceux  d’Hikueru  des 
carapaces  de  2  à  4,5  mm.  avec,  parmi  les  individus  les  plus  petits, 
des  femelles  ovigères.  La  variété  rhabdodactylus  serait  donc  de  taille 
nettement  inférieure  à  celle  du  Clibanarius  zébra  typique. 

Les  différences  de  colorations  sont  indiquées  dans  le  tableau  ci- 
dessous.  Nous  y  avons  introduit  une  autre  espèce  bien  proche  des 
C.  zébra,  C.  signatus  Heller  de  la  Mer  Rouge  et  du  nord  de  la  Mer 
d’Arabie,  dont  les  chélipèdes  sont  plus  fortement  tuberculés,  mais 
qui  porte,  à  peu  de  chose  près,  les  mêmes  bandes  rouges  que  la  variété 
rha  bdodactylus. 


Clibanarius  zébra  typ. 

Clibanarius  zébra  var. 
rhabdodactylus  nov. 
var. 

Clibanarius  signatus 
Heller 

Écusson 

Avec  quatre  bandes 

Comme  dans  la  for- 

Les  deux  bandes 

céphalo¬ 

thoracique 

longitudinales,  les 
médianes,  tr.  nettes. 

me  typique. 

médianes  plus  dif¬ 
fuses  se  présentent 
plutôt  sous  la  forme 
de  quatre  larges 
taches  dont  les  deux 
antérieures  sont  sou¬ 
vent  fusionnées. 

Pédoncules 

oculaires 

Avec  une  seule  ban¬ 
de  très  nette,  sur  la 
face  supérieure. 

» 

Avec  une  bande  sur 
la  face  supérieure, 
et  une  autre  sur 
chaque  face  latérale. 

Chélipèdes 

Rouges  avec  les 
doigts  blancs. 

uniformément  rou¬ 
ges. 

Rouges  avec  des 
bandes  plus  claires 
dessus,  dessous  et 
sur  les  côtés. 

Dactyle 

Blancs,  avec  au  plus 

Avec  cinq  bandes  co- 

Comme  chez  C.  zébra 

des  pattes 
ambulatoires 

des  petites  taches 
rouges  à  la  base,  ds 
le  prolongement  des 
5  bandes  colorées  du 
propode. 

i 

lorées  sur  toute  sa 
longueur  ds.  le  pro¬ 
longement  de  celles 
du  propode. 

var.  rhabdodactylus. 

(à  suivre). 

Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 


451  — 


Trichoniscus  nicaeensis  n.  sp.  (Crustacé  Isopode  terrestre) 
Par  J.  J.  Legrand. 


5  7  Ç  dont  4  gravides,  récoltés  aux  environs  de  Nice  (route  de 

Digne)  le  18-iv-1952,  sous  des  feuilles  de  platanes  en  bordure  d’un 
fossé,  en  compagnie  d’Haplophthalmus  provincialis  Korsacovi 
Legrand  et  Yandel,  Chaetophiloscia  elongata  Dollfus  et  Orthometopon 
planum  B.  L. 

Taille  :  $  L  =  3,4  mm,  1  =  1,3  mm 
L  =  2,6  mm,  1  =  0,98  mm 


Fig.  1.  —  Soies  et  épaississements  chitineux  (pseudo-écailles)  du  vertex  et  des 
tergites  de  T.  nicaeensis  n.  sp. 

Coloration  :  Face  dorsale  brun-clair,  cette  coloration  étant  due  à 
de  grands  chromatophores  entourant  des  taches  translucides  corres¬ 
pondant  aux  insertions  musculaires.  Un  abondant  pigment  brun-noir 
enchâsse  les  trois  ommatidies. 

Téguments.  Le  vertex  et  les  tergites  présentent  des  téguments 
minces  et  lisses,  avec,  en  certains  endroits,  des  renforcements  chiti¬ 
neux  en  forme  d’accent  circonflexe  (fig.  1).  Ces  téguments  sont 
plantés  de  soies,  surtout  abondantes  sur  les  bords,  visibles  même  à 
un  faible  grossissement  et  donnant  à  l’animal  un  aspect  pileux  carac¬ 
téristique.  Ces  soies  sont  simples  ou  groupées  par  trois,  à  raison 
d’une  long&e  soie  centrale  et  de  deux  plus  petites  latérales  (fig.  1). 

Le  vertex  du  mâle  (fig.  2)  présente  dans  la  partie  antérieure  une 
bande  claire  bordée  de  traînées  pigmentaires  qui  la  font  ressortir, 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


—  452  — 


même  à  un  faible  grossissement.  Dans  la  partie  médiane  cette  bande 
est  interrompue  au  niveau  d’une  dépression  piriforme  qui  rappelle  la 
fossette  de  Trichoniscus  karawankianus  Verhoefï,  sans  toutefois 
qu’un  examen  approfondi  ait  pu  déceler  la  présence  de  conduits 
glandulaires  tels  que  ceux  que  Vandel  (1951)  a  décrit  chez  cette 
dernière  espèce.  Les  péreionites,  pas  plus  que  les  pléonites,  ne  pré¬ 
sentent  aucune  trace  d’appareil  glandulo-pilifère  semblable  à  ceux 
que  Vandel  (1948,  1951)  et  moi-même  (1950)  ont  décrit  chez 
diverses  espèces  du  genre  Trichoniscus. 


Fig.  2.  —  Céphalon  de  T.  nicaeensis  n.  sp.  f  :  fossette  céphalique. 


Appendices. 

Les  antennules  sont  constituées  de  trois  articles  dont  le  dernier 
est  pourvu  de  5  aesthetascs. 

Les  antennes  du  mâle  n’offrent  aucune  différenciation  sexuelle  ; 
chez  les  deux  sexes  le  cinquième  article  présente  deux  rangées  de 
4  groupes  de  soies  sensorielles,  chaque  groupe  étant  du  même  type 
que  ceux  des  tergites,  c’est-à-dire  composé  de  3  soies.  Le  fouet  com¬ 
porte  3  articles  et  est  dépourvu  d’aesthetascs. 

Les  péreiopodes  du  mâle  n’offrent  également  aucune  différenciation 
sexuelle. 

Les  deux  premières  paires  de  pléopodes  du  mâle  fournissent,  avec 
la  fossette  céphalique,  les  meilleurs  critères  spécifiques  : 

L’exopodite  de  la  lre  paire  (fig.  3)  est  très  semblable  à  celui  de 


—  453  — 

Trichoniscus  pusillus  prooisorius  Racovitza  ;  par  contre  l’endopodite 
diffère  nettement  de  celui  de  cette  espèce,  ainsi  que  de  toutes  celles 
qui  ont  été  décrites  jusqu’ici  :  l’article  distal  est  tranché  obliquement 
du  côté  externe  au  niveau  du  1/3  postérieur  ;  sa  pointe  se  présente 
comme  un  cuilleron  bombé  du  côté  interne  et  finement  strié  trans¬ 
versalement  et  longitudinalement  (fig.  3  B). 


Fig.  3.  —  Première  paire.de  pléopodes  mâles  de  T.  nicaeensis  n.  sp.  A  :  exopodite  et 
endopodite  ;  B  :  pointe  de  l’endopodite  à  un  fort  grossissement. 

L’endopodite  de  la  2e  paire  comporte  deux  articles  ;  le  distal  est 
d’abord  large,  à  bords  enroulés  formant  gouttière,  puis  il  se  rétrécit 
brusquement  en  un  stylet  fin  et  transparent,  à  pointe  tronquée,  dont 
la  longueur  est  environ  moitié  de  la  longueur  totale  du  2e  article. 

Affinités  systématiques.  Classification  du  genre  Trichoniscus. 

Vandei  (1951)  s’est  efforcé  de  clarifier  l’ensemble  touffu  d’espèces 


—  454  — 


qu’est  le  genre  Trichoniscus  —  dont  plus  de  cinquante  espèces  ont 
été  décrites  —  en  prenant  comme  critère  essentiel  de  spécificité  les 
caractères  sexuels  secondaires  mâles.  Il  reconnaît  deux  grands- 
groupes  :  l’un  rassemble  les  espèces  dont  les  caractères  sexuels  sont 
limités  aux  deux  premières  paires  de  pléopodes,  l’autre  rassemble 
celles  qui  présentent  un  dimorphisme  sexuel  plus  étendu.  Vandel 
subdivise  le  premier  groupe  en  deux  ensembles  :  l’un  correspond  aux 
formes  muscicoles  normalement  pigmentées  (type  T.  pusillus 
pusillus  Brandt),  l’autre  groupe  de  petites  formes  à  pigmentation 
et  appareil  oculaire  réduit,  menant  une  vie  endogée  ou  halophile. 
Il  est  très  probable  que  ce  deuxième  ensemble  est  hétérogène  et  qu’il 
s’agit  de  caractères  de  convergence,  dûs  à  une  action  similaire  des 


milieux  cavernicole  et  littoral  sur  la  pigmentation  et  la  croissance- 
Il  est  à  remarquer  par  ailleurs  que  dans  la  région  méditerranéenne, 
et  même  atlantique,  les  formes  hygrophiles  adoptent  volontiers  un 
habitat  littoral  et  même  halophile  pour  lutter  contre  la  sécheresse 
estivale.  J’ai  observé  un  tel  comportement  chez  de  nombreuses 
espèces  ( Oniscus  asellus,  Philoscia  muscorum,  Platyarthrus  costulatus, 
la  plupart  des  Trichoniscides).  L’habitat  halophile  peut  donc  corres¬ 
pondre  à  une  adaptation  secondaire,  témoignant  seulement  d’une 
indifférence  de  l’espèce  vis-à-vis  de  la  salinité  du  milieu.  (Récipro¬ 
quement  d’ailleurs  des  formes  nettement  halophiles  comme  Steno- 
niscus  aiasensis  Legrand  et  Haloporcellio  oceanicus  Legrand  s’ac¬ 
commodent  fort  bien  d’un  milieu  non  salé  et  s’y  reproduisent  au 
laboratoire).  Ainsi  la  coupure  écologique  entre  espèces  épigées, 
endogées  ou  cavernicoles  et  halophiles  est-elle  illusoire,  puisque 
tous  les  intermédiaires  sont  possibles  :  T.  pygmaeus  Sars,  classé 


—  455  — 


parmi  le  deuxième  ensemble,  a  été  récolté  dans  tous  ces  milieux 
et  le  plus  souvent  parmi  des  espèces  muscicoles.  Quant  au 
deuxième  groupe,  il  est  subdivisé  par  Vandel  en  cinq  ensembles 
qu’on  peut  réduire  à  deux  principaux  :  l’un  rassemble  des  espèces 
qui  s’apparentent  nettement  par  la  structure  du  péreiopode  VII 
du  mâle  et  méritent  l’appellation  subgénérique  proposée  par  Ver- 
hoeff  (1928)  :  sous-genre  Chaliconiscus  ;  l’autre  rassemble  des 
espèces  qui  présentent  un  appareil  glandulo-pilifère  diversement 
réparti  (antennes,  vertex,  péreionites,  pléonites).  De  telles  disposi¬ 
tions  anatomiques  sont  connues  chez  d’autres  genres  de  Trichonis- 
cidae  :  Oritoniscus,  Titanethes  (Vandel,  ibid.)  et  l’auteur  souligne 
avec  raison  qu’il  s’agit  de  manifestations  spécifiques  capricieuses 
qui  témoignent  simplement  d’un  même  potentiel  morphogéné¬ 
tique,  inscrit  dans  le  stock  trichoniscien.  Il  est  de  ce  fait  impos¬ 
sible  de  considérer  cet  ensemble  comme  un  sous-genre  distinct. 

Trichoniscus  nicaeehsis  n.  sp.  s’apparente  à  cet  ensemble  hété¬ 
rogène  par  suite  de  l’existence  de  la  fossette  céphalique,  mais  la 
structure  de  ses  pléopodes  mâles  le  rattache  étroitement  au  groupe 
T.  pusillus.  Il  en  est  d’ailleurs  de  même  de  la  plupart  des  autres 
espèces  de  cet  ensemble. 

Ainsi,  à  l’exception  du  sous-genre  Chalichoniscus,  il  nous  est 
impossible  à  l’heure  actuelle  de  reconstituer  l’évolution  morpholo¬ 
gique  du  genre  Trichoniscus.  Le  système  proposé  par  Vandel  n’en  a 
pas  moins  un  intérêt  pratique  indéniable,  en  tant  que  premier  essai 
de  clarification  du  genre. 

La  position  géographique  de  T.  nicaeensis  n.  sp.  apporte  par 
ailleurs  un  nouvel  argument  en  faveur  d’une  origine  mésogéenne 
du  genre  Trichoniscus. 

Laboratoire  de  Zoologie  de  la  Faculté  des  Sciences  de  Poitiers. 

AUTEURS  CITÉS 

1950.  Legrand  (J.  J.).  —  Les  Isopodes  terrestres  des  Alpes  françaises.  — 
Bull.  Soc.  Zool.  France,  LXXV,  pp.  45-62  ;  5  fîg. 

1951.  Legrand  (J.  J.),  Strouhal  (H.)  et  Vandel  (A.).  —  Remarques 
critiques  sur  quelques  Trichoniscidae  (Isopodes  terrestres).  —  Bull. 
Soc.  Zool.  France,  LXXVI,  pp.  307-312,  fig. 

1948.  Vandel  (A.).  —  Espèces  nouvelles  d’Isopodes  terrestres  caver¬ 
nicoles  et  endogés.  (Espèces  françaises,  nouvelles  ou  peu  connues 
de  Trichoniscidae.  —  4e  note).  —  Notes  biospéologiques.  Paris,  II, 
pp.  7-27  ;  22  fig. 

1951.  Vandel  (A.).  —  Étude  des  caractères  sexuels  secondaires  de  Tricho¬ 
niscus  Brandt  (Crustacés  Isopodes  Oniscoïdes)  suivi  d’un  essai  de 
groupement  des  espèces  appartenant  à  ce  genre.  —  Arch.  Zool. 
Expèr.  Gén.,  87,3,  pp.  116-133, 12  fig. 

1928.  Verhoeff  (K.  W.).  —  Arthropoden  aus  südostalpinen  Hohlen, 
gesammelt  von  Herrn  K.  Strasser  in  .Triest.  —  Mitteil.  Hôhlen- 
Karstf.,  pp.  14-35  ;  16  fig. 


—  456  — 


Quelques  renseignements  sur  le  plankton 
des  Iles  Tuamotu 

Par  Maurice  Rose. 

De  sa  mission  effectuée  aux  Tuamotu  en  1952,  M-  G.  Ranson, 
Sous-Directeur  au  laboratoire  de  Malacologie  du  Muséum  d’Histoire 
Naturelle,  a  rapporté  24  flacons  contenant  du  plankton.  Les  récoltes 
ont  été  faites  dans  les  lagons  seulement,  des  îles  Takapoto,  Takaroa, 
Takume,  Hikueru,  et  vont  du  30  mai  au  17  juin  ;  du  1er  septembre 
au  20  octobre.  Toutes  les  pêches  ont  été  réalisées  par  traction  hori¬ 
zontale  de  15  minutes,  d’un  filet  en  soie  à  bluter,  maille  n°  120  (140  à 
160  (a.),  et  lesté  par  des  plombs  de  sonde.  Nous  donnerons  des  détails 
complémentaires  spéciaux  à  propos  des  diverses  séries,  lorsque  nous 
les  analyserons. 

Tout  ce  matériel  m’a  été  confié  par  M.  Ranson,  pour  la  détermi¬ 
nation  précise  des  Copépodes  qu’il  contenait.  J’ai  cru  bon  et  utile 
d’ajouter  quelques  renseignements  superficiels  sur  les  autres  groupes 
d’animaux  pélagiques  rencontrés.  Malheureusement,  la  conservation 
de  ce  plankton  est  loin  d’être  parfaite  ;  et  il  est  en  assez  mauvais 
état.  Beaucoup  d’organismes  mous  sont  macérés  et  indéterminables. 
Il  se  peut  même  que  certains  aient  disparu  sans  laisser  de  traces. 

Voici  les  résultats  de  l’examen  de  ce  matériel. 

TAKAPOTO 

Deux  pêches  le  20  octobre  1952,  l’une  à  l’extrémité  S.  W.  et  l’autre 
à  l’extrémité  N.  E.  du  lagon.  Entre  10  et  12  heures.  Profondeur 
10-12  mètres.  Traction  du  filet  horizontale  pendant  15  minutes. 
Densité  de  l’eau  =  1030. 

Analyse  des  pêches. 

Les  deux  récoltes  présentent  entre  elles  des  différences  surtout 
quantitatives  ;  mais  qui  sont  intéressantes.  En  effet,  elles  montrent 
que  les  animaux  se  concentrent  en  certains  points,  se  raréfient  en 
d’autres  ;  sans  doute  sous  l’influence  des  courants  et  de  l’éclairement. 

Copépodes. 

Undinula  vulgaris.  Les  Ç  avec  des  spermatophores  aux  2  stations. 
Cette  forme  est  surabondante  dans  une  récolte  ;  rare  dans  l’autre. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


457  — 


Paracalanus  parvus. 

Calanopia  minor  assez  commune  à  une  station,  absente  à  l’autre^ 

Acartia  Ransoni,  n.  sp.  AC  aux  2  endroits,  les  Ç  avec  spermato- 
phores. 

Corycaeus  ( Onychocorycaus )  latus. 

Ostracodes  :  assez  rares,  mais  présents. 

Larves  de  Crustacés. 

Elles  sont  abondantes  et  variées  surtout  à  une  des  stations.  On  a 
pu  reconnaître  de  rares  Nauplii  et  mégalopes  de  Crabes  ;  des  Elapho- 
caris  de  Sergestides  ;  des  larves  de  Stomatopodes  ;  de  Galathéides 
Luciferinae  ;  Mastigopus. 

Chétognathes. 

Sagitta  inflata  (forme  à  ovaires  longs)  ;  S.  neglecta. 

Hydroméduse  abondante  ;  les  Péridiniens  sont  représentés  unique¬ 
ment  par  un  Ceratium  à  grandes  cornes,  qui  est  commun. 

Divers  alevins  de  Poissons. 

TAKAROA 

Une  seule  récolte  du  19  octobre  1952  ;  faite  au  N.  E.  du  lagon 
par  10-12  mètres  de  fond  ;  traction  horizontale  de  15  mètres. 


Analyse. 

Copépodes. 

Undinula  vulgaris,  commune,  la  $  avec  spermatophores. 
Paracalanus  parvus. 

Labidocera  acutijrons  C  :  L.  bataviae,  AR. 

Acartia  Ransoni,  TTC. 

Oithona  nana  TTC. 

Corycaeus  ( Onychocorycaus )  latus,  AC. 

Ostracodes  très  abondants,  avec  Conchoecia  daphnoides. 

Sagitta  inflata  (forme  à  ovaires  longs)  ;  S.  neglecta. 

Larves  de  Crustacés  :  Mégalopes,  Mysis  ;  zoés  de  Porcellanes,  etc- 
Larves  de  Lamellibranches,  TTC. 

Hydroméduses  ;  Alevins. 


TAKUME 

5  récoltes  ont  été  effectuées.  2  le  30  juin  ;  2  le  1er  juillet  1952  ;  1  le 
13  octobre.  Pour  les  4  premières,  on  a  traîné  le  fdet  horizontalement 


—  458  — 


pendant  15'  ;  vers  10  heures  du  matin,  à  10-12  mètres  de  profondeur. 
La  température  de  l’eau  était  de  24°  en  surface  ;  26°  à  26  m.  50  de 
profondeur  ;  celle  de  l’air  était  de  23°  la  nuit,  28°  le  jour  ;  le  vent 
S.  W.-W.  Densité  =  1025. 


Analyse. 

Les  4  pêches  de  juin-juillet  sont  analysées  ensemble  ;  celled’octobre 
examinée  à  part. 


Copépodes. 

Undinula  vulgaris  est  devenu  rare  et  représenté  uniquement  par 
des  formes  jeunes.  —  Paracalanus  parvus  est  extraordinairement 
abondant  ;  Acartia  Ransoni  TTTC. 

Oithona  nana  AC. 

Labidocera  Bataviae,  quelques  exemplaires  Ç  et  (J,  dans  une  seule 
pêche. 

Très  rares  Amphipodes  dans  2  récoltes.  Un  Ostracode. 

Larves  de  Décapodes  communes  et  variées. 

Sagittas  surabondantes  ;  mais  en  très  mauvais  état  ;  on  reconnaît 
cependant  les  2  espèces  déjà  signalées  :  S.  inflata  et  S.  neglecta. 

Larves  de  Lamellibranches  et  de  Gastropodes  communes. 

Un  exemplaire  d’Atlanta  indéterminable. 

Appendiculaires  nombreux,  mais  en  très  mauvais  état. 

Alevins  divers. 


TAKUME 

Récolte  du  13  octobre  1952. 

Elle  diffère  des  précédentes  par  la  grande  abondance  d’ Undinula 
vulgaris,  en  pleine  reproduction  ;  les  Ç  ayant  de  nombreux  sperma- 
tophores  ;  le  grand  nombre  d’Oithona  nana  ;  la  petite  quantité  de 
Paracalanus  parvus  ;  Acartia  Ransoni  est  très  commune. 

Les  larves  de  Décapodes  sont  fréquentes  et  variées.  Celles  de 
Lamellibranches  sont  en  énorme  quantité  ;  suivies  de  près  par  celles 
de  Gastropodes. 

Les  deux  Sagittas  sont  communes.  Les  Appendiculaires,  mécon¬ 
naissables,  sont  présents. 

Une  petite  Méduse  rouge  est  abondante. 

Enfin,  on  trouve  des  alevins  variés. 

On  peut  dire  que  dans  cet  échantillon  de  plankton,  récolté  vers 
16  heures,  toujours  à  10-12  mètres,  dans  la  portion  N.  E.  du  lagon  ; 
on  retrouve  la  même  faune  que  dans  les  récoltes  précédentes.  Mais 
les  diverses  formes  ne  sont  pas  au  même  point  de  leur  cycle  évolutif. 


459  - 


HIKUERU 

15  pêches  ont  été  effectuées  dans  cette  île  ;  13  vont  du  30  mai  au 
17  juin  1952  ;  les  2  autres  sont  l’une  du  1er  septembre,  la  2e  du 
4  octobre. 

Pour  la  lre  série,  la  température  de  l’eau,  en  surface  comme  en  pro¬ 
fondeur,  fut  de  28°,  identique  à  celle  de  l’atmosphère  ;  la  densité, 
constante,  s’est  maintenue  à  1.025.  Les  coups  de  filet,  toujours  de 
même  durée  15',  ont  été  effectués  en  différents  endroits  du  lagon,  et 
à  des  profondeurs  variant  de  1  à  15  m.  ;  le  plus  souvent  à  10-12  m., 
entre  9  et  15  heures  ;  en  général,  vers  10  heures. 

Analyse  des  pêches. 

Copépodes. 

Undinula  vulgaris  ;  commun,  à  tous  les  stades  ;  les  Ç  avec  des 
spermatophores. 

Paracalanus  parlas  parfois  surabondant,  adultes  et  jeunes. 

Labidocera  acutifrons  ;  L.  balaviae  dans  un  assez  grand  nombre  de 
récoltes. 

Calanopia  minor  assez  fréquente  également. 

Oithona  nanti,  constante  ;  mais  en  faible  quantité. 

Acartia  Ransoni  AR,  sauf  dans  une  pêche  du  31  mai,  où  elle  fut  ' 
surabondante. 

Ostracodes  communs  le  31  mai  ;  très  communs  le  3  juin  ;  pré¬ 
sents  le  16. 

Un  Microniscus  (larve  épicaridienne)  le  3  juin. 

Amphipodes  parfois  assez  communs. 

Larves  de  Décapodes  communes  et  assez  variées. 

1  Nématode  dans  une  pêche  (N°  2)  du  30  mai. 

Les  2  Sagittas  ;  mais  S.  inflata  surabondante. 

Larves  de  Mollusques  (Gastropodes  et  Bivalves)  très  communes 
et  variées. 

Hétéropodes  représentés  par  des  Atlanta  assez  fréquentes  ;  mais 
en  très  mauvais  état. 

Les  Ptéropodes  sont  parfois  très  communs,  presque  toujours 
présents.  Ce  sont  des  Thécosomes,  surtout  Creseis,  Clio  etc.  mais 
leurs  coquilles  sont  le  plus  souvent  brisées  ;  des  Gymnosomes  très 
■contractés  avec  Pneumoderma  et  autres  indéterminables. 

Les  Appendiculaires  sont  surabondants  et  toujours  très  altérés. 

On  trouve  quelques  œufs  de  poissons  dans  une  récolte  du  3  juin 
(N°  12)  ;  mais  toujours  des  alevins,  parfois  assez  nombreux,  sont 
présents. 


—  460 


La  2e  série  est  représentée  par  un  flacon  du  1er  septembre,  dont 
voici  l’analyse  ;  et  par  un  flacon  du  4  octobre. 

Copépodes. 

Undinula  vulgaris  ;  C,  les  Ç  avec  spermatophores. 

Labidocera  acutifrons.  R. 

Acartia  Ransoni.  TTC. 

Oithona  nana.  TTC. 

Larves  de  Crustacés  :  Mysis,  Mégalopes.  R. 

Larves  de  Gastropodes  et  Lamellibranches.  C. 

Les  2  Sagittas,  dont  une  inflata  avec  une  larve  d ' Hémiuride  dans  sa 
cavité  générale.  C. 

Annélides  AC. 

Ptéropodes  Gymnosomes  AC.  Pneumoderma? 

Atlanta  présente. 

Méduses  d’Hydraires. 

Appendiculaires. 

Alevins  variés. 


Hikueru. 

Récolte  du  4  octobre  1952.  Centre  du  lagon. 

Analyse. 

Copépodes. 

Undinula  vulgaris  TC. 

Labidocera  acutifrons  (8  exemplaires  $  et  <J)  ;  L.  bataviae  (1  Ç). 
Acartia  Ransoni,  TR. 

Paracalanus  parvus,  TR. 

Sagitta  inflata,  TTC  ;  S.  neglecta,  AC. 

Ptéropodes  ;  Creseis  TC. 

Héteropodes.  Atlanta  C. 

Appendiculaires  C. 

Larves  de  Décapodes  TC.  ;  de  Stomatopodes. 

Larves  de  Gastropodes  et  de  Lamellibranches  TC. 

Alevins  nombreux  et  variés. 

Ce  matériel  est  en  bon  état  de  conservation. 


Remarques  générales  sur  ce  plankton. 

L’étude  de  ce  matériel  nous  conduit,  dans  diverses  directions,  à 
des  faits  d’intérêt  certain. 


—  461  — 


Tout  d’abord,  du  point  de  vue  des  Copépodes,  elle  nous  montre 
que  l’intérieur  des  lagons  constitue  un  milieu  plutôt  défavorable. 
Le  nombre  des  espèces  que  l’on  y  rencontre  est  très  petit,  (7  en  tout). 
Ce  n’est  pas  la  salinité  qui  joue  le  rôle  limitant  essentiel  ;  car  un 
grand  nombre  de  Copépodes  pélagiques  sont  capables  de  supporter 
de  très  fortes  variations  de  salinité  sans  en  pâtir.  Les  2  facteurs 
nocifs  me  paraissent  être  la  température  et  la  lumière.  Toutes  deux, 
au-dessus  d’une  certaine  valeur,  font  enfoncer  les  animaux,  jusqu’à 
rencontre  d’une  couche  d’eau  fraîche  et  sombre.  Dans  le  lagon,  très 
peu  profond,  les  eaux  paraissent  homogènes  et  violemment  éclairées  ; 
la  migration  verticale  est  forcément  limitée. 

Un  autre  fait  incontestable,  c’est  la  pullulation  des  individus 
qui  sont  souvent  en  nombre  innombrable,  faisant  contraste  avec  la 
pénurie  spécifique.  Ce  phénomène  est  bien  connu  ;  et  résulte  de 
l’absence  de  concurrence  vitale  entre  les  espèces.  Chaque  type  bien 
adapté  au  milieu,  rencontre  en  quelque  sorte  une  «  place  vide  »  ou  à 
peu  près,  et  s’y  multiplie  sans  obstacle. 

Une  autre  constatation  est  la  suivante.  Les  Copépodes  se  réunissent 
en  amas  localisés  en  des  endroits  spéciaux,,  à  caractères  particuliers. 
Le  lagon  peut  être  moucheté  d’essaims  plus  ou  moins  denses,  séparés 
par  des  espaces  beaucoup  plus  pauvres.  Ce  fait  apparaît  à  plusieurs 
reprises,  lorsque  des  récoltes  furent  faites  le  même  jour,  presqu’à 
la  même  heure,  dans  des  régions  différentes  d’un  même  lagon.  La 
composition  qualitative  du  plankton  est  la  même  dans  les  divers 
coups  de  filet  ;  mais  il  y  a  des  variations  quantitatives  considérables  ; 
qui  portent  souvent  sur  une  ou  deux  espèces  seulement. 

Un  autre  fait  très  frappant,  c’est  l’étonnante  monotonie  de  ce 
plankton,  sa  pauvreté  en  types  zoologiques.  Or  la  faune  marine 
tropicale,  et  singulièrement  celle  des  récifs  de  coraux,  passe  pour  être 
d’une  richesse  et  d’une  variété  inouies.  A  part  celles  des  Crustacés, 
des  Gastropodes  et  des  Lamellibranches,  on  ne  trouve  pour  ainsi  dire 
pas  de  larves.  Les  autres  ont-elles  disparu  par  suite  de  la  mauvaise 
conservation  des  récoltes  ;  ou  bien  celles-ci  ont-elles  été  faites  en 
dehors  des  périodes  de  reproduction  de  la  plupart  des  formes  ?  Pour 
M.  Hanson,  c’est  cette  dernière  hypothèse  qu’il  faut  surtout  retenir. 
Les  animaux  des  Tuamotu  se  reproduisent  presque  tous  pendant 
l’été  austral  ;  c’est-à-dire  de  décembre  à  mars.  Aucun  des  flacons 
analysés  ne  correspond  à  ces  dates,  par  suite  de  l’absence  du 
pêcheur. 

Il  faut  noter  aussi  l’absence  presque  totale  dans  ce  matériel,  des 
Diatomées,  Péridiniens,  Radiolaires  et  autres  Protistes. 

D’une  manière  générale,  le  plankton  des  récifs  coralliens  est  assez 
mal  connu.  Pour  autant  que  je  sache,  il  n’a  guère  été  recueilli  de 
façon  continue  et  systématique  dans  une  région  déterminée.  Il  faut 
faire  exception  pour  le  matériel  de  la  «  Great  Barrier  reef  Expédition 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


29 


—  462 


1928-1929  »  dont  les  Gopépodes  ont  été  étudiés  par  G.  P.  Farran 
(Yol.  V,  N°  3,  1936). 

L’auteur  disposa  d’un  beaucoup  plus  grand  nombre  d’échantillons 
prélevés  soit  entre  le  récif  et  la  côte,  soit  en  mer  ouverte  et  en  surface, 
soit  à  grande  profondeur  en  dehors  des  coraux.  Dans  la  région 
côtière,  il  trouve  soit  en  dehors,  soit  en  dedans  du  récif,  47  espèces 
de  Gopépodes,  dont  très  peu  (3)  correspondent  à  celles  que  nous  avons 
rencontrées. 

Il  semble  que  la  faune  pélagique  des  lagons  des  Tuamotu,  pour  ce 
que  nous  en  savons,  soit  nettement  individualisée  ;  différente  de 
celle  de  l’Océan  Indien  et  de  la  mer  de  Corail  ;  ayant  ses  espèces 
propres  ( Acartia  Ransoni)  ;  des  variétés  locales  (Paracalanus  parvus ) 
et  des  éléments  indo-malais  (Labidocera  bataviae,  Onychocorycaeus 
latus ) . 

Il  serait  très  souhaitable  d’en  obtenir  des  échantillons  beaucoup 
plus  abondants,  échelonnés  sur  toute  l’année,  comprenant  aussi  de 
nombreuses  pêches  nocturnes. 

Laboratoire  de  Biologie  générale,  Faculté  des  Sciences  d'Alger, 


—  463  — 


Acariens  Phytoptipalpidae  parasites  des  Orchidées, 
Cactées  et  plantes  grasses  cultivées  en  serres. 

I.  —  Tenuipalpus  orchidarum  Parfitt 

Par  Marc  André. 


Les  Acariens  composant  la  famille  des  Phytoptipalpidae  sont 
tous  phytophages  et  se  rencontrent  aussi  bien  sur  les  plantes  sau¬ 
vages  que  cultivées.  La  plupart  des  formes  connues  ne  semblent  pas 
provoquer  de  dommages  importants  sur  les  végétaux  parasités  mais, 
cependant,  quelques  espèces  se  sont  révélées  particulièrement  nui¬ 
sibles  :  Brevipalpus  australis  (Tucker)  cause  de  sérieux  dommages 
dans  les  plantations  de  Thé  à  Ceylan,  B.  pseudocuneatus  (Blan¬ 
chard)  est  vecteur  d’un  virus  attaquant  les  Citrüs  en  Argentine, 
B.  papayensis  Baker  provoque  de  grosses  pertes  dans  les  plantations 
de  Papayers  aux  Hawaï,  etc... 

Récemment  nous  avons  reçu,  d’un  établissemènt  horticole  des 
Basses-Pyrénées,  un  certain  nombre  de  Cactées  et  une  Euphorbe 
sévèrement  parasitées  par  des  Phytoptipalpides  1.  Tous  les 
exemplaires  de  la  collection,  comprenant  3000  plantes,  furent 
attaqués  ;  certains  sujets  portant  chacun  plusieurs  milliers  d’ Aca¬ 
riens.  L’étude  des  parasites  nous  a  permis  de  reconnaître  qu’ils 
appartiennent  à  deux  formes  différentes  :  Tenuipalpus  orchidarum 
Parfitt  var.  crassum  n.  var.  et  Brevipalpus  cactorum  Oudemans  1929. 

Dans  ce  travail  nous  étudierons  les  deux  espèces  en  question, 
avec  la  nouvelle  variété,  et  nous  signalerons  en  outre  le  Brevipalpus 
confusus  Baker  qui  se  rencontre,  également  dans  les  serres,  sur  les 
Orchidées  et  semble  très  voisin  du  B.  cactorum  Oud.  Ces  trois  formes 
d’Acariens  peuvent  être  appelées  à  se  trouver  simultanément  sur  les 
mêmes  végétaux,  la  description  et  les  figures  que  nous  publions  ici 
permettront  de  les  distinguer  aisément. 

Famille  des  Phytoptipalpidae  Ewing  1922. 

La  famille  des  Phytoptipalpidae,  créée  par  Ewing  en  1922,  com¬ 
prend  les  genres  Trichadenus  Rond.  1870,  Tenuipalpus  Donn.  1875, 
Brevipalpus  Donn.  1875,  Phytoptipalpus  Trâg.  1904,  Pseudoleptus 
Bruyant  1911  (=  Trichadenus  Oud.  1938,  non  Rond.  1870),  Raoiella 

1.  Nous  devons  à  l’obligeance  de  M.  P.  Saint-Pie  la  communication  des  Cactées 
parasitées  qui  nous  ont  permis  l’étude  de  ces  Acariens. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


—  464  — 


Hirst  1924,  Phyllotetranychus  Sayed  1938,  Dolichotetranychus 
Sayed  1938,  Tegopalpus  Woni.  1940,  Pentamerismus  Mc  Gregor  1949, 
Larvacarus  Baker  et  Prit.  1952  et  Aegyptobia  Sayed... 

En  1938  Sayed  proposait  la  sous-famille  des  Pseudotetranychinae 
pour  les  genres  Tenuipalpus,  Raoiella,  Phyllotetranychus  et  Dolicho¬ 
tetranychus.  Ultérieurement  Baker  (1945)  classe  Trichadenus,  Breoi- 
palpus,  Tenuipalpus,  Raoiella,  Tegopalpus  et  Phyllotetranychus 
dans  la  famille  des  Trichadenidae,  spécifiant  qu’elle  comprend  les 
Pseudotetranychinae  de  Sayed. 

Alors  que  Oudemans  (1938)  mettait  en  synonymie  Pseudoleptus 
et  Trichadenus,  Baker  (1949),  d’accord  avec  Sayed  (1942)  maintient 
ces  deux  genres  distincts  et  Mc  Gregor  (1949)  en  conclut  que,  puis¬ 
que  Pseudoleptus  doit  être  rétabli,  le  terme  de  Pseudoleptidae  Oude¬ 
mans  (1928),  déjà  adopté  pour  ce  groupe  d’ Acariens,  doit  être  à 
nouveau  utilisé. 

Plus  tard  Baker  et  Pritchard  (1952)  adoptent,  avec  raison,  le 
terme  de  Phytoptipalpidae  et  la  synonymie  de  la  famille  pourrait 
donc  s’exprimer  ainsi  :  Phytoptipalpidae  Ewing  1922  =  Pseudolep¬ 
tidae  Oudemans  1928  =  Trichadenidae  Oudemans  1938  =  Tenui- 
palpidae  Sayed  1950. 

Genre  Tenuipalpus  Donnadieu  1875. 

Le  genre  Tenuipalpus  a  été  créé  par  Donnadieu  (1875)  pour  trois 
espèces  nouvelles  (palmatus,  spinosus  et  glaber)  ;  l’auteur  n’ayant 
pas  précisé  quel  était  le  type  de  son  genre,  c’est  la  première  espèce 
citée  dans  la  publication,  c’est-à-dire  palmatus  qui,  en  application 
des  règles  de  la  nomenclature,  fut  ensuite  prise  comme  type. 

Les  espèces  appartenant  à  ce  genre  présentent  un  aspect  tout  à  fait 
caractéristique  déterminé  par  la  largeur  du  propodosoma  alors  que  l’hys- 
térosoma  est  rétréci.  La  chitine  est  ornée  de  stries  plus  ou  moins  régulières 
et  non  de  réticulations.  Les  plaques  ventrales  de  l’hystérosoma  ne  sont 
pas  unies  comme  chez  les  Brevipalpus  et  les  poils  marginaux  de  l’idiosoma 
sont  généralement  grands  et  lancéolés.  Il  y  a  trois  à  quatre  paires  de  poils 
marginaux  postérieurs  et  une  paire  de  longues  soies  flagelliformes  posté¬ 
rieures.  Le  palpe  est  formé  de  trois  articles  dont  l’avant  dernier  est  muni 
d’un  poil  semi-plumeux  et  le  dernier  d’un  ou  deux  poils  simples.  Il  y  a  une 
paire  de  poils  rostraux  ventraux  semi-plumeux.  Le  corps  est  aplati  dorso- 
ventralement. 


Tenuipalpus  orchidarum  Parfitt  1859. 

1859.  Acarus orchidarum  Ed.  Parfitt,  An  Acarus  injurious  to  Orchids,  The Zoologist, 
XVII,  p.  6461. 

Corps  ovaloïde,  aplati  dorso-ventralement,  de  couleur  rouge  variant 
du  sombre  au  clair  selon  l’âge  de  l’individu  et  sans  doute  aussi  la  quantité 
de  nourriture  ingérée. 


—  465  — 


Femelle  :  longueur  280  [x,  largeur  200  p. 

Une  paire  d’yeux  de  chaque  côté  de  la  partie  antéro-latérale  du  propo- 
dosoma.  L’hystérosoma  se  différencie  du  propodosoma  par  une  forte 
constriction  et  une  ligne  transversale  nettement  indiquée.  Le  propodosoma 
se  prolonge  antérieurement  en  deux  processus  triangulaires  hyalins  qui 
recouvrent  la  partie  postérieure  du  capitulum.  Des  bords  latéro-dorsaux 
du  propodosoma  naissent  des  stries  transversales  qui  s’estompent  rapide¬ 
ment  et  on  remarque  sur  le  reste  du  corps  un  certain  nombre  de  stries  sub¬ 
latérales  disposées  assez  irrégulièrement. 


Tenuipalpus  orchidarum  Parf.  (d’après  Geijskes,  1939)  $.  —  A,  face  dorsale  ;  B,  face 

ventrale  ;  C,  gnathosoma  face  dorsale  ;  D,  Id.,  face  ventrale  ;  E,  lentilles  oculaires  ; 

F,  organe  excréteur  de  l’hystérosoma.  o .  — ■  A,  face  dorsale  ;  B,  face  ventrale  ; 

C,  gnathosoma  face  dorsale  ;  D,  ductus  ejaculatorius  ;  E,  pénis  ;  F,  stigmates. 

Le  propodosoma  porte  trois  paires  de  soies  dont  les  latérales,  barbulées, 
sont  les  plus  développées.  Sur  l’hystérosoma  trois  paires  sub-médianes  peu 
développées  et  six  paires  sur  les  bords  latéraux  et  postérieur,  ces  dernières 
réparties  dans  l’ordre  suivant  :  deux  paires  sur  les  bords  antéro-latéraux, 
deux  paires  sur  les  bords  postéro-latéraux,  une  paire  tout  à  fait  postérieure 
et  enfin  une  paire  de  longues  soies  flagelliformes  également  postérieures. 

A  la  face  ventrale  la  chitine  ne  présente  pas  de  structure  particulière. 
Chacune  des  coxae  des  pattes  I  et  II  porte  deux  soies  alors  que  les  coxae  III 
et  les  coxae  IV  n’en  présentent  qu’une.  On  observe,  en  outre,  sur  le  propo¬ 
dosoma,  six  soies  dont  quatre  longues  flagelliformes  et  deux  très  courtes. 
Sur  l’hystérosoma  on  distingue,  à  la  hauteur  des  coxae  IV,  trois  paires  de 
longues  soies  flagelliformes  et  postérieuremenir à  celles-ci,  une  autre  paire. 
Immédiatement  en  avant  de  l’orifice  génital  s’insère  une  paire  de  courtes 
soies.  La  vulve  est  en  forme  de  fente  allongée  et  est  bordée  de  chaque  côté 
par  deux  petites  soies. 

Le  palpe  est  formé  de  quatre  articles  dont  le  proximal  est  très  petit 


—  466  — 


et  le  distal  court  et  cylindrique.  Le  second  article  est  long  et  strié  trans¬ 
versalement  tandis  que  le  pénultième  est  petit  et  arrondi. 

Mâle  :  A  peine  plus  petit  que  la  femelle,  sa  longueur  est  de  274  p  et  sa 
largeur  de  144  p.  L’opisthosoma  est  très  rétréci  et  de  forme  sub-cylindrique. 
Ventralement,  comme  chez  la  femelle,  un  sillon  nettement  marqué  séparé 
le  protérosoma  de  l’hystérosoma  ;  cette  ligne  est  également  située  immé¬ 
diatement  en  avant  des  coxae  III.  A  la  hauteur  des  coxae  IV  on  remarque 
trois  paires  de  longues  soies  flagelliformes  et,  postérieurement  à  celles-ci, 
une  autre  paire.  De  chaque  côté  de  l’orifice  génital  s’insèrent  deux  courtes 
soies.  Ductus  ejaculatorius  long  et  évasé  antérieurement. 

Chez  la  femelle,  comme  chez  le  mâle,  les  pattes  sont  courtes  et  trapues  ; 
celles  de  la  quatrième  paire  ne  dépassent  pas  l’extrémité  postérieure  du 
corps. 

Cette  espèce  a  été  signalée  pour  la  première  fois  en  1859  par 
Ed.  Parfitt  qui  la  rend  responsable  d’une  maladie  «  Orchid  disease  » 
sévissant  depuis  plusieurs  années  sur  les  Orchidées  cultivées  dans 
les  serres  de  Saint-Leonards  (Sussex).  A.  C.  Oudemans,  en  1929, 
désigne  sous  le  nom  de  Brevipalpus  pereger  Donn.,  des  exemplaires 
de  cette  même  espèce  recueillis,  en  avril  1927,  sur  les  feuilles  d’une 
Orchidée  ( Phalaenopsis  spec.)  provenant  de  Djatiwangi  (Cheribon, 
Java),  conservée  dans  les  serres  de  Rotterdam.  Selon  ces  auteurs  les 
dommages  causés  aux  Orchidées  sont  assez  importants  car  les 
feuilles  attaquées  meurent  et  la  maladie  peut  compromettre  grave¬ 
ment  l’existence  de  la  plante. 


Tenuipalpus  orchidarum  Parfitt. 
var.  crassum  n.  var. 

Cette  nouvelle  variété  est  plus  petite  que  l’espèce  type  ;  la  femelle 
(Fig.  1  et  2)  a  une  longueur  moyenne  de  260  p  sur  une  largeur  de  200  p 
et  chez  le  mâle  (Fig.  3  et  4)  moins  grand,  la  taille  ne  dépasse  pas  220  p 
sur  une  largeur  de  140  p.  Les  caractères  .les  plus  évidents,  permettant  de 
distinguer  les  deux  formes,  résident  dans  le  nombre  de  soies  qui  s’insèrent 
sur  les  bords  postéro-latéraux  de  l’hystérosoma  et  celles  qui  se  trouvent, 
à  la  face  ventrale,  entre  les  coxae  IV. 

Chez  T.  orchidarum  on  remarque,  dans  l’espace  marginal  compris  entre 
les  longues  soies  flagelliformes  postérieures  et  les  pattes  IV,  trois  soies  de 
chaque  côté  de  l’opisthosoma  alors  que  dans  la  variété  crassum  le  nombre 
de  ces  soies  se  réduit  à  deux  ;  d’autre  part,  sur  la  face  ventrale,  à  la  hauteur 
des  coxae  IV,  s’insère  un  groupe  de  six  longues  soies  flagelliformes  dis¬ 
posées  en  une  ligne  transversale  alors  que  dans  l’espèce  type  ces  mêmes 
soies  sont  au  nombre  de  quatre. 

Les  échantillons  que  nous  avons  étudiés  ont  été  recueillis  par 
nous  mêmes  en  février  1953  sur  une  Euphorbe  ( Euphorbia  echinus ) 
provenant  des  serres  d’un  établissement  horticole  des  Basses-Pyré- 


—  467 


nées  (France).  Cette  Euphorbe,  d’une  taille  de  30  cm.  présentait, 
depuis  le  collet  jusqu’à  une  hauteur  de  8  cm.,  une  teinte  uniformé- 


Tenuipalpus  orchidarum  Parfitt,  var.  crassum  M.  André.  Fig.  1,  femelle  (face  dorsale)  ; 
fig.  2,  id.  (face  ventrale)  ;  fig.  3,  mâle  (face  ventrale)  ;  fig.  4,  id.  (face  dorsale). 


ment  grise  provoquée  par  une  altération  des  tissus  épidermiques  dûe 
aux  multiples  piqûres  des  Acariens  ;  au-dessus  de  cette  zone,  sur  une 
hauteur  de  3  à  4  centimètres,  la  plante  offrait  des  plages  vertes 


468  — 


limitées  par  des  bandes  de  tissu  malade.  Désirant  savoir  si  le  para¬ 
site  pouvait  se  répandre  sur  des  Cactées  cultivées  dans  les  mêmes 
serres  nous  avons  déposé  un  certain  nombre  (30  à  40)  d’ Acariens  sur 
chacune  des  espèces  suivantes  :  Lobivia  sanguiniflora,  Echinocereus 
pentalophus,  Echinopsis  rhodotricha,  Coryphanta  andrea,  Opuntia 
gosseliniana,  Cereus  peruvianus.  Les  parasites  se  sont  parfaitement 
adaptés  et  multipliés  sur  ces  nouveaux  hôtes  qui,  deux  à  trois 
semaines  plus  tard,  présentaient  à  leur  tour  des  taches  de  nécrose 
très  caractéristiques  dues  à  l’action  des  Acariens. 

Les  Euphorbes  et  Cactées  que  nous  avons  observées  survivent  aux 
attaques  de  ces  parasites  mais  leur  aspect  grisâtre  leur  fait  perdre 
toute  valeur  commerciale. 

(à  suivre). 

Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 


—  469 


Observations  sur  les  Oribates  (27e  série) 
Par  F.  Grandjean. 


I.  —  Ophidiotrichus  nov.  nom.  pour  Tectoribates  auct. 

Quand  il  a  créé  le  sous-genre  Tectoribates  aux  dépens  du  genre 
Sphaerozetes,  en  1910,  Berlese  n’y  a  mis  qu’une  espèce,  appelée 
Sphaerozetes  (Tectoribates)  proximus  n.  sp.  (3,  p.  264).  Aujourd’hui 
Tectoribates  est  un  genre  et  ce  genre  ne  peut  avoir  pour  type,  selon 
les  Règles,  que  l’espèce  proximus.  Aucun  problème  ne  serait  posé  si 
proximus  était  un  Oribate  connu. 

Il  ne  l’est  malheureusement  pas  car  Berlese  a  oublié  de  le  décrire 
et  son  type  n’a  pas  été  conservé  1.  Nous  savons  seulement  que  proxi¬ 
mus  a  été  trouvé  dans  plusieurs  localités  d’Italie,  notamment 
aux  environs  de  Gênes  et  de  Rome,  qu’il  habite  les  mousses,  que  sa 
couleur  est  châtain  foncé,  que  sa  taille  est  350  X  240  p,,  et  qu’il  a 
le  même  faciès  que  les  Sphaerozetes  liowardi  et  tectus. 

Donc  le  genre  Tectoribates,  au  sens  légal,  est  valide,  mais  n’est 
pas  utilisable  car  son  espèce  type  est  insuffisamment  connue. 

Le  genre  Tectoribates  a  une  deuxième  définition,  non  valide  au 
point  de  vue  des  Règles,  mais  utilisable.  Plusieurs  auteurs,  Sellnick, 
en  premier  lieu,  je  crois  (6,  p.  ix  10,  1928),  lui  ont  donné  pour  type 
YOribata  tecta  de  Michael.  J’ai  toujours  employé  le  mot  Tectori¬ 
bates  dans  ce  deuxième  sens. 

Pouvons-noüs,  malgré  les  Règles,  accepter  le  changement  de  type 
et  supprimer  le  sens  légal  ?  Et,  si  nous  acceptons  le  changement, 
à  quelles  conséquences  nous  exposons-nous  ?  Ces  questions  sont 
importantes  et  méritent  une  discussion.  Pour  faciliter  celle-ci 
appelons  Tectoribates  I  le  genre  qui  a  proximus  pour  type  et  Tecto¬ 
ribates  II  celui  qui  a  le  tecta  de  Michael  pour  type. 

Les  arguments  dont  on  dispose  en  faveur  de  Tectoribates  II,  ou 
dont  on  croit  disposer,  sont  les  suivants  : 

1.  L’espèce  tecta  est  citée  dans  la  «  description  »  de  proximus. 
Puisque  Berlese  n’a  désigné  aucun  type  à  Tectoribates  un  auteur 
subséquent  peut  choisir  tecta  po'ur  type. 

2.  Tectoribates  est  un  mot  qui  semble  formé  par  tautonymie  à 
partir  de  l’espèce  tecta  de  sorte  qu’il  est  difficile  de  croire  que  Berlese 

1.  J’ai  demandé  le  type  à  Florence.  Il  m’a  été  répondu  qu’il  n’y  avait  pas  de  Sphaero¬ 
zetes  proximus  dans  la  collection  Bebi.ese  (lettre  de  M.  le  Prof.  Melis  en  date  du. 
18  octobre  1947). 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


—  470  — 


a  construit  ce  mot  sans  penser  à  inclure  tecta  dans  le  genre  Tectori- 
bates. 

3.  Tectoribates  II  est  très  généralement  employé  dans  la  Nomen¬ 
clature  actuelle.  Tectoribates  1  ne  l’est  pas  et  ne  le  sera  jamais. 

Examinons  ces  3  arguments. 

Je  considère  le  premier  comme  ne  valant  rien,  car  le  texte  de 
Berlese,  très  court,  est  formel.  Les  espèces  howardi  et  tectus  ne  sont 
pas  citées  pour  appartenir  au  sous-genre  Tectoribates.  Elles  sont 
citées  seulement  pour  leur  faciès.  Or  on  ne  peut  soutenir  que  deux 
espèces  de  même  faciès  appartiennent  au  même  sous-genre  ou  au 
même  genre.  Elles  peuvent  différer  énormément. 

Avec  le  deuxième  argument  on  suppose  que  Berlese,  en  1910, 
a  omis  de  s’expliquer  sur  l’origine  du  mot  Tectoribates,  ou  bien  a  cru 
qu’il  avait  créé  le  sous-genre  Tectoribates  dans  un  travail  antérieur 
(il  ne  dit  pas,  en  effet,  que  Tectoribates  est  un  nouveau  sous-genre). 
Rien  ne  s’oppose  à  ce  qu’on  admette  un  oubli  de  Berlese  mais  on 
est  dans  le  domaine  des  hypothèses.  Alors,  pourquoi  n’en  pas  faire 
une  autre,  aussi  probable  à  mon  avis,  en  traduisant  Tectoribates 
par  «  Oribate  à  tectum  »  ?  Le  tectum  serait  le  large  surplomb  des 
lamelles.  Ce  n’est  pas  seulement  chez  tecta  qu’on  trouve  un  tectum 
de  cette  sorte. 

Le  troisième  argument  fait  intervenir  la  commodité,  le  souci  de 
ne  changer  rien,  si  cela  est  possible,  à  la  Nomenclature.  Son  principe 
est  excellent,  mais  que  donne-t-il  ici  ? 

Remarquons  d’abord  que  le  mot  Tectoribates,  dans  les  travaux  des 
auteurs,  n’a  pas  toujours  le  sens  IL  Jacot,  en  1929,  dit  que  proximus 
est  le  type  de  Tectoribates  (5,  p.  422).  Willmann,  en  1931,  repré¬ 
sente  et  décrit  une  espèce  de  Tectoribates  II  et  il  l’attribue  au  genre 
Joelia  (7,  p.  179).  Dans  le  même  ouvrage,  il  représente  et  décrit, 
sous  le  nom  générique  Tectoribates,  une  espèce  qui  n’est  sûrement 
pas  un  Tectoribates  II  (7,  p.  181).  On  est  loin  de  l’accord  unanime 
qu’il  faudrait  avoir  obtenu  pour  décider  contre  les  Règles. 

D’autre  part,  et  cela  est  encore  plus  important,  proximus  ne 
semble  pas  être  un  Oribate  voisin  du  tecta  de  Michael. 

Considérons  d’abord  les  tailles.  Proximus  est  bien  plus  grand 
(350  p.)  qu’aucune  des  espèces  du  genre  Tectoribates  II.  Celles-ci, 
d’après  les  mesures  que  j’ai  faites  à  l’occasion  du  présent  travail, 
ont  des  longueurs  comprises  entre  210  et  275  p.  Les  Tectoribates  II 
que  j’ai  récoltés  en  Italie  ne  sont  pas  plus  grands  que  ceux  de  France. 
Ils  sont  même  un  peu  plus  petits. 

Considérons  ensuite  les  formes.  Proximus  a  le  même  faciès  que  les 
espèces  appelées  S.  howardi  et  S.  tectus  par  Berlese.  Or  Sphaero- 
zetes  howardi,  d’après  sa  description,  a  des  lamelles  larges,  très 
voisines  de  celles  d’O.  Nicoleti  (2,  p.  4).  Il  est  comparé  à  Achipteria. 
Je  pense  que  c’est  un  Achipteriidé  à  ptéromorphes  non  échancrés, 


—  471  — 


peut-être  une  espèce  d’ Anachipteria.  Quant  au  Sphaerozetes  tectus 
de  1910,  est-ce  bien  le  tecta  de  Michael  ?  Berlese  le  croyait,  mais  ce 
n’est  pas  sûr. 

Berlese  n’a  pas  décrit  d’Oribate  sous  le  nom  de  tecta  ou  de  tectus. 
Aucune  mention  d’un  Tectoribates  II  ne  se  trouve  dans  VA.  M.  S., 
bien  que  deux  espèces  de  ce  genre  existent  en  Italie,  et  y  soient 
communes.  Je  n’ai  même  trouvé,  dans  toute  l’œuvre  de  Berlese, 
que  2  citations  de  tecta  qui  ne  soient  pas  purement  énumératives. 
L’une  est  celle  de  1910,  celle  dont  nous  parlons  en  ce  moment. 
L’autre,  de  1908,  est  relative  à  une  espèce  appelée  Sphaerozetes 
latitectus.  Cette  espèce,  comme  howardi,  a  des  lamelles  semblables 
à  celles  d 'A.  Nicoleti  (2,  p.  5).  Elle  semble  appartenir  aussi  au  genre 
Anachipteria.  Berlese  dit  que  S.  tectus  a  le  même  faciès  que  latitectus. 
Donc,  dans  les  deux  cas  où  il  cite  un  Oribate,  pour  le  faciès,  sous  le 
nom  de  tectus,  il  compare  cet  animal  à  un  Achipteriidé.  Mais  le  tecta 
de  Michael  est  un  Oribatellidé  et  les  Oribatellidés  diffèrent  consi¬ 
dérablement  des  Achipteriidés. 

Inversement,  dans  la  seule  description  d’un  Tectoribates  II  par 
Berlese,  celle  d ’Oribates  connexus  en  1904  (1,  p.  28),  il  n’est  fait 
aucune  allusion  à  tecta. 

Si  le  Sphaerozetes  tectus  de  1910  n’est  pas  le  tecta  de  Michael, 
s’il  a  des  lamelles  d’ Achipteria,  avoir  le  faciès  d’hotvardi  et  de  tectus 
veut  dire  avoir  des  lamelles  d' Achipteria.  Alors  proximus  est  plus 
probablement  un  Achipteriidé  qu’un  Oribatellidé  et  les  deux  genres 
Tectoribates  I  et  Tectoribates  II  n’appartiennent  pas  à  la  même 
famille. 

Ce  n’est,  bien  entendu,  qu’une  conjecture,  car  il  est  possible  que 
Berlese  n’ait  pas  vu  beaucoup  de  différence  entre  des  lamelles  du 
type  Tectoribates  II  et  des  lamelles  du  type  Achipteria  1,  mais  c’est 
une  conjecture  sérieuse,  et  elle  est  étayée  par  un  fait,  qui  est  l’exis¬ 
tence,  dans  la  faune  européenne,  d’une  espèce  non  décrite,  ou 
insuffisamment  décrite,  qui  a  la  taille  de  proximus  et  qui  a  des 
lamelles  ressemblant  davantage  à  celles  d’un  Achipteria  qu’à  celles 
d’un  Tectoribates  II.  Je  n’ai  pas  eu  jusqu’ici  le  temps  d’étudier  cette 
espèce.  Je  compte  m’en  occuper  prochainement. 

En  résumé  le  genre  Tectoribates  II  n’est  pas  valide  au  point  de 
vue  des  Règles  et  il  n’a  pas  fait  sur  lui  l’accord  unanime  des  auteurs. 
Le  genre  Tectoribates  I,  seul  conforme  aux  Règles,  sera  peut-être 
un  jour  défini  car  il  n’est  pas  impossible  que  l’on  retrouve  proximus. 
Ce  que  nous  savons  actuellement  de  ce  genre  est  peu  de  chose,  mais 
suffit  à  nous  donner  le  droit  de  penser  qu’il  diffère  beaucoup  du 
genre  Tectoribates  II.  Employer  plus  longtemps  au  sens  II,  dans  ces 
conditions,  le  mot  Tectoribates,  nous  fait  courir  inutilement  un  grand 

1.  On  lit  en  effet,  dans  la  description  de  latitectus,  que  cet  Oribate  a  le  faciès  de  tectus 
ou  de  connexus. 


—  472  — 


risque,  celui  d’être  contraints,  plus  tard,  d’appeler  TectoribaUs 
des  Acariens  très  différents  de  ceux  qui  portaient  auparavant  ce 
nom.  Le  dommage  ne  diminuerait  pas  avec  le  temps.  D’une  manière 
générale,  enfin,  je  crois  qu’il  vaut  mieux,  quand  un  genre  est  insuffi¬ 
samment  défini,  le  garder  tel  quel  avec  son  imprécision,  en  attendant 
des  observations  nouvelles,  et  ne  pas  chercher  à  lui  trouver  un  sens 
aux  dépens  des  Règles. 

Pour  remplacer  Tectoribates  II  je  propose  le  vocable  Ophidio- 
trichus  (ooiotov,  Tp'.yô;,  allusion  aux  poils  da  serpentiformes  des 
nymphes)  et  je  choisis  pour  type  du  genre  Ophidiotrichus  VOribates 
connexus  de  Berlese  1904  (1,  p.  28,  fig.  49).  Autres  espèces  décrites 
(différentes  ou  non  de  connexus)  :  tecta  Michael  et  borussicus 
Sellnick. 

Je  préfère  connexus  à  tecta,  pour  type,  parce  que  l’espèce  de 
Michael  est  dessinée  tridactyle.  Je  préfère  connexus  à  borussicus 
parce  que  j’ai  des  exemplaires  de  connexus  trouvés  en  Toscane 
(Vallombrosa,  la  Verna)  comme  ceux  de  Berlese  (Florence)  et 
accompagnés  de  nymphes  et  de  larves.  Ces  exemplaires  sont  con¬ 
formes  au  dessin  et  à  la  description  de  Berlese,  sauf  en  ce  qui  con¬ 
cerne  les  poils  gastronotiques.  Berlese  n’a  pas  représenté  ces  poils, 
mais  cela  ne  pose  aucun  problème  car  les  Ophidiotrichus  ont  tous 
des  poils  gastronotiques  disposés  pareillement  et  sensiblement  de 
mêmes  longueurs. 

II.  —  Sur  la  manière  de  porter  les  scalps  exuviaux, 
aux  stases  nymphales,  dans  les  genres  Ophidiotrichus  et  Oribatella. 

Ophidiotrichus.  —  Les  nymphes  de  ce  genre,  portent  sur  leur 
dos,  en  guise  de  baldaquin,  ou  de  dais,  soutenus  et  maintenus  à 
bonne  distance  les  uns  des  autres  par  des  poils,  les  scalps  des  stases 
précédentes.  Le  dais  d’une  protonymphe  est  simple.  Celui  d’une 
deutonymphe  est  à  2  étages.  Celui  d’une  tritonymphe  a  3  étages. 

Jusqu’au  présent  travail  j’ai  cru  que  les  tentures  de  ces  dais,  les 
scalps  de  déhiscence,  n’étaient  retenus  que  par  leurs  contacts,  sans 
adhérence  particulière,  avec  des  poils  latéraux  et  dorsaux  de  l’hys- 
terosoma,  comme  des  feuilles  mortes  dans  des  ronces,  car  ces  poils 
sont  très  grands,  courbés  et  relevés,  embrassants,  barbelés.  En 
réalité  les  seuls  poils  qui  jouent  ce  rôle  sont  ceux  des  paires  dp  et  c2. 
Le  rôle  principal  est  joué  par  les  poils  da,  qui  sont  lisses,  fortement 
différenciés,  serpentiformes,  et  qui  adhèrent  aux  scalps. 

Aux  3  stases  nymphales  les  poils  da  sont  pareils.  Les  figures  1  A, 
1  B,  1  C  et  1  D  montrent  ceux  de  la  tritonymphe.  On  a  enlevé  le 
baldaquin  à  3  étages  pour  les  voir  directement. 

Sur  toute  la  surface  du  plateau  horizontal  où  ils  se  contournent, 


—  473  — 


les  poils  da  d’une  nymphe  adhèrent  au  scalp  qui  les  surmonte.  Ils  se 
sont  soudés  au  scalp  au  cours  de  la  mue,  mais  très  faiblement,  car 
lorsqu’on  enlève  un  scalp  les  poils  da  sous-jacents  ne  sont  jamais 
arrachés,  ni  même  cassés.  La  spécialisation  des  poils  da  est  cependant 
considérable.  Elle  est  plus  accusée  à  l’extrémité  distale,  qui  est 
aplatie  et  un  peu  difforme. 


Fig.  1.  —  Ophidiotrichus  connexus  (Berl.).  Exemplaire  de  Vallombrosa  (Toscane).  — 
A  (X  300),  tritonymphe  nue,  dorsale.  —  B  (X  300),  son  hysterosoma,  orienté 
latéralement.  —  C  (X  1440),  son  poil  serpentiforme  da  droit,  plus  grossi,  vu  dans  la 
même  orientation  que  sur  la  figure  A.  —  D  (X  1440),  id.,  extrémité  du  poil  da 
gauche. 

Au  niveau  larvaire  de  l’ontogenèse  les  poils  da  sont  normaux. 
Ils  n’ont  aucun  scalp  à  maintenir.  Au  niveau  adulte  les  poils  da 
n’existent  pas.  Ils  ont  disparu  avec  les  deux  autres  paires  de  poils 
centrodorsaux  (dm  et  dp)  comme  chez  tous  les  Oribatellidés. 


474  — 


Sous  un  scalp  on  trouve  seulement  les  poils  da  et  dm.  Les  poils 
dm  n’ont  rien  de  particulier.  Les  poils  dp  sont  à  l’extérieur  du  scalp, 
contre  lui.  Ils  sont  plus  latéraux  que  chez  aucune  des  nymphes 
d’Oribates  que  j’aie  observées  jusqu’ici. 


Fig.  2.  —  Oribatella  calcaratus  (Koch).  Exemplaires  de  Strasbourg.  —  A  (X  250), 
dos  de  l’hysterosoma  de  la  tritonymplie,  surmonté  par  les  scalps  exuviaux  des  deux 
autres  nymphes  et  de  la  larve  ;  les  scalps  sont  réduits  «à  leurs  intersections  avec  le 
plan  sagittal  et  leurs  poils  les  plus  voisins  de  ce  plan  sont  seuls  représentés  ;  ce  sont 
les  poils  clt  da,  dm,  dp,  hx  (et  psx  pour  les  nymphes).  —  B  (X  460),  région  centrale 
du  scalp  de  la  protonymphe,  isolé  et  vu  dorsalement  ;  da.  n2,  moulage  d’un  poil  da 
de  la  deutonymphe  par  la  callosité  (vue  par  transparence)  du  scalp  de  la  proto- 
nymphe  ;  la  ligne  en  traits  et  points  alternants  est  la  trace  du  plan  de  symétrie.  — 
C  (X  910),  coupe  transversale  de  la  callosité  moulant  le  poil  da  de  la  deutonymphe  ;. 
la  callosité  est  hachurée  obliquement  ;  la  cuticule  du  scalp  de  la  protonymphe  est 
hachurée  orthogonalemont. 

Oribatella.  —  Les  scalps  d 'Oribatella  ont  le  même  aspect  que 
ceux  d ' Ophidiotrichus  mais  ils  ne  sont  pas  fixés  les  uns  aux  autres, 
et  au  dos  de  la  nymphe  qui  les  porte,  de  la  même  façon.  On  peut 


—  475  — 


même  dire  qu’ils  le  sont  de  façon  inverse,  quoique  toujours  par  les- 
poils  da,  et  cela  est  très  curieux. 

Chez  Ophidiotrichus  nous  avons  vu  que  les  poils  da  sont  différen¬ 
ciés.  Les  scalps  n’ont  subi  aucune  déformation. 

Chez  Oribatella  les  poils  da  ne  sont  pas  du  tout  différenciés.  Les 
scalps  se  sont  déformés,  coudés,  afin  que  les  poils  da  leur 'soient  tan¬ 
gents  dans  une  partie  notable  de  leur  longueur  sans  être  déformés 
eux-mêmes.  La  zone  de  tangence,  de  chaque  côté,  est  occupée  par 
un  dépôt  chitineux  qui  est  fixé  au  scalp  et  qui  enrobe  le  poil. 

La  figure  2  A  fait  voir  en  zl,  zl  et  z2  les  fonds  des  3  dépressions 
transversales  qui  affectent  les  scalps  et  qui  n’existaient  pas  quand 
la  larve,  la  proto-  et  la  deutonymphe  étaient  vivantes.  La  dépression 
zl  n’est  pas  à  la  même  place  que  les  deux  autres.  Elle  passe  entre  les 
paires  cx  et  da  de  la  larve  tandis  que  les  dépressions  zl  et  z2  passent 
entre  les  paires  da  et  dm  de  la  proto-  et  de  la  deutonymphe. 

Les  dépôts  chitineux  qui  enrobent  les  poils  da  sont  particuliers 
aux  exuvies.  Ce  sont  des  callosités  qui  se  sont  construites  pendant 
les  mues,  aux  endroits  où  l’exuvie  d’une  pupe  était  touchée  par  les 
poils  da  de  la  stase  interne.  Naturellement  il  y  a  une  paire  de  callo¬ 
sités  par  scalp.  La  figure  2  B  montre  les  callosités  du  scalp  proto- 
nymphal.  On  aurait  la  même  figure  avec  le  scalp  de  la  deutonymphe. 

A  faible  grossissement  les  callosités  se  voient  bien  sur  les  scalps 
des  deux  nymphes,  sous  l’aspect  de  deux  taches  symétriques,  allon¬ 
gées,  obliques,  de  couleur  brunâtre  ou  jaunâtre,  très  petites,  à 
peu  près  aussi  écartées  l’une  de  l’autre  que  les  poils  dm.  Sur  le  scalp 
de  la  larve,  le  plus  haut  perché,  on  ne  les  voit  pas  toujours  car  elles 
sont  moins  épaisses  et  presque  incolores.  Elles  m’ont  paru  plus 
longues  et  moins  larges  que  celles  des  nymphes,  relativement,  mais 
leur  structure  est  la  même. 

Chaque  callosité  est  percée  d’un  canal  dans  lequel  un  poil  da  est 
enfilé,  ou  plutôt  moulé.  L’adhérence  est  faible  à  la  surface  du  poil 
de  sorte  que,  si  l’on  détache  un  scalp,  les  poils  da  de  ses  callosités 
sortent  du  dépôt  brun  sans  dommage,  avec  leurs  barbules.  Ils 
emportent  avec  eux,  quelquefois,  une  petite  partie  du  dépôt,  mais 
d’ordinaire  la  callosité  est  intacte  aussi.  On  voit  facilement  son 
canal  (fig.  2  C)  et  les  parois  de  celui-ci  sont  négativement  barbelées 
(fig.  2  B).  Le  moulage  d’un  poil  da  est  parfait. 

Les  callosités  se  colorent  sélectivement  et  fortement  par  le  bleu 
de  Unna.  Leurs  détails  apparaissent  mieux  après  la  coloration,  ceux 
de  leur  surface  en  particulier.  Celle-ci  est  déchiquetée  très  finement, 
couverte  d’aspérités  aiguës,  irrégulières. 

III.  —  Au  sujet  de  l’organe  huméral  des  nymphes  et  des  larves. 

J’ai  signalé  récemment  (4,  p.  268)  à  propos  de  Ceratozetes  peritus, 
un  organe  huméral  en  forme  de  papille,  particulier  aux  stases  imma- 


—  476  — 


turcs  de  certains  Oribates.  Les  figures  IA,  1  B  et  2  A  du  présent 
travail  montrent  cet  organe,  en  oh,  chez  Ophidiotrichus  et  Oribatella. 

Le  même  organe,  placé  au  même  endroit,  ou  plus  bas,  près  du 
2e  acetabulum,  existe  chez  Mycobates,  Minunthozetes,  Puncto- 
ribates,  Chamobates,  Euzetes,  Galumna,  Allogalumna.  Il  semble 
général  chez  les  Cératozétidés,  Mycobatidés,  Chamobatidés,  Euzé- 
tidés  et  Galumnidés,  c’est-à-dire  chez  les  Oribates  supérieurs  à 
aires  poreuses  dont  les  nymphes  ont  un  hysterosoma  lisse  et  incom¬ 
plètement  recouvert,  sur  le  dos  et  les  côtés,  par  de  grands  sclérites 
à  bords  définis. 


Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 


TRAVAUX  CITÉS 

1.  —  Berlese  (A.).  Acari  nuovi  III  ( Redia ,  t.  2,  pp.  10  à  32,  1904). 

2.  —  Id.  Elenco  di  generi  e  specie  nuove  di  Acari  [Redia,  t.  5,  pp.  1  à  15, 

1908). 

3.  —  Id.  Lista  di  nuove  specie  e  nuovi  generi  di  Acari  [Redia,  t.  6,  pp.  242 

à  271,  1910). 

4.  —  Grand  jean  (F.).  Observations  sur  les  Oribates,  23e  série  (Bull. 

Mus.  Hist.  Nat.  Paris,  2e  série,  t.  23,  pp.  261  à  268,  1951). 

5.  —  Jacot  (A.  P.).  Généra  of  pterogasterine  Oribatidae  ( Trans .  Amer. 

Micr.  Society,  t.  48,  pp.  416  à  430,  1929). 

6.  —  Sellnick  (M.).  Hornmilben  ( Tierw .  Mitteleuropas,  III,  4,  p.  ix-1  à 

ix-42,  1928). 

TI.  —  Willmann  (C.).  Moosmilben  (in  Dahl,  Tierw.  Deutsch.,  22,  V,  pp.  79 
à  200,  1931). 


—  477  — 


PAUROPODES  DE  Corse  (suite  et  fin). 
Par  Mlle  Micheline  Leclerc. 


27.  Allopauropus  Milloti  Remy. 

Basse-Gravona  (3).  —  Solaro  :  a)  (4).  —  Solenzara  :  6)  (2)  ;  d)  (3).  — 
Propriano  :  a)  (12)  ;  b)  (8)  ;  c)  (3).  —  Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio  (6). 
—  Bonifacio  :  b)  (1).  —  Gurgazo  (1).  —  En  tout  43  ind.  :  27  à  9  pp.  (9  d, 
14  $,  4  sexe  ?),  7  1.  à  8  pp.  (4  d,  1  $,  2  sexe  ?),  8  1.  à  6  pp.,  1  1.  à  5  pp. 

Le  type  a  été  étudié  sur  un  seul  spécimen,  et  l’examen  de  ces 
43  ind.  m’a  permis  de  constater  des  variations. 

Individus  à  9  pp. 

Longueur  :  0,39  à  0,59  mm. 

Tête  :  organes  temporaux  égaux  au  double  de  leur  écartement 
minimum. 

Antennes.  —  Rameaux  subégaux,  chacun  d’eux  un  peu  plus  long 
que  sa  largeur  maximum  (environ  4/3)  ;  le  tergal  varie  du  1/4 
au  1/6  environ  de  son  flagelle  Fx  ;  le  flagelle  antérieur  F2  égal 
environ  aux  3/7  du  flagelle  postérieur  F 3,  lui-même  un  peu  plus 
court  (5/6  à  6/7)  que  le  flagelle  tergal  Fx  ;  chez  tous  les  individus 
observés,  le  pédoncule  du  globule  est  beaucoup  plus  eourt  que 
la  largeur  maximum  de  cet  organe,  laquelle  est  à  peu  près  égale 
à  celle  du  rameau  tergal. 

Tronc.  —  La  longueur  des  poils  insérés  près  du  bord  postérieur 
du  6e  tergite  varie  du  1/4  aux  3/4  de  leur  écartement.  Je  n’ai  pas 
trouvé  d’individus  dont  la  3e  trichobothrie  soit  absolument  iden¬ 
tique  à  celle  du  type  ;  chez  ces  individus  l’axe  de  cette  trichobothrie 
n’est  pas  aussi  grêle  dans  sa  partie  distale  ;  la  pubescence  de  cette 
partie  ne  semble  ni  aussi  abondante,  ni  aussi  souple  que  chez  le 
type,  la  boule  ovoïde  terminale,  à  pubescence  courte,  raide,  inclinée 
vers  l’extrémité  distala,  est  toujours  présente1. 

Pygidium.  —  Tergum.  Le  bord  postérieur  présente  toujours  un 
lobe  médian,  court,  large,  arrondi.  Les  soies  tergales  identiques  à 
celles  du  type  ;  cependant,  1  ind.  à  9  pp.  $  de  Propriano  a  des  n2 

1.  La  larve  à  8  pp.  <£  de  Solenzara  b  est  un  peu  différente  par  sa  3e  trichobothrie  ; 
l’axe,  grêle  dans  sa  partie  proximale,  s’épaissit  progressivement,  s’évase  jusqu’à  la 
boule  terminale  qui  est  moins  bien  individualisée.  Un  ind.  à  9  pp.  $  de  Bou  Saada  a 
une  3e  trichobothrie  analogue  à  la  précédente.  Aux  9e  pattes  locomotrices  de  ccs  2  ind., 
le  poil  coxal  paraît  simple,  le  poil  trochantérien  est  bifurqué,  le  poil  proximal  du  taise 
est  égal  aux  2/7  environ  de  la  longueur  de  cet  article  comme  chez  le  type. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


30 


478  — 


égales  aux  4/5  des  aq  (les  a2  sont  égales  aux  5/8  des  ax  chez  le  type). 
Les  styles,  courts,  claviformes,  inclinés  l’un  vers  l’autre,  sont  glabres, 
sauf  chez  1  ind.  à  9  pp.  $  de  la  Basse-Gravona  où  ils  sont  striés 
transversalement. 

Sternum.  Les  soies  b2  égales  aux  a3  du  tergum.  La  plaque  anale, 
analogue  à  celle  du  type,  présente  cependant  quelques  diversités. 
Sa  longueur  maximum  (c’est-à-dire  la  longueur  de  la  plaque  elle- 
même  plus  les  appendices  claviformes)  peut  être  égale  aux  a1  ou 
seulement  à  leurs  3/4.  Les  bords  latéraux  de  la  plaque  sont  nette¬ 
ment  rectilignes  chez  les  individus  à  grande  plaque  anale  ;  ils 
paraissent  légèrement  convexes,  parfois  concaves,  chez  les  autres  ; 
chez  tous  les  individus  étudiés,  la  plaque  anale  porte,  à  la  base  de 
ses  lobes,  une  paire  de  fines  tigelles  sternales  réfringentes. 

M.  Remy  m’a  chargée  d’examiner  les  Allopauropus  d’Afrique  du 
Nord  qu’il  a  signalés  précédemment  (1947,  1952  a  et  b)  sous  les 
appellations  d’A.  M  illoti,  A.  cf.  M illoti  et  A.  ci.  sceptrifer  Remy  ; 
j’estime  que  ces  Allopauropus,  sauf  ceux  d’Azemmour,  Colomb- 
Réchar  et  Laghouat,  sont  des  A.  M  illoti  assez  variables  comme 
ceux  de  Corse,  et  M.  Remy,  à  qui  j’ai  soumis  les  résultats  de  mes 
observations,  est  également  de  cet  avis. 

Les  variations  concernant  leurs  antennes  et  leurs  3e  trichobo- 
thries  sont  les  mêmes  que  celles  que  j’ai  observées  chez  les  spécimens 
corses.  Le  tergum  présente  un  lobe  médian  qui  est  en  général  large¬ 
ment  arrondi,  mais  qui  peut  aussi  être  triangulaire,  à  sommet 
mousse  (Sali,  Tamanrasset).  Les  soies  pygidiales,  comme  chez  les 
spécimens  corses,  sont  toujours  courtes,  mais  les  styles  qui  sont 
claviformes,  inclinés  l’un  vers  l’autre  sont  plus  grands  que  chez 
ceux-ci.  Comme  chez  les  individus  corses,  la  plaque  anale  n’est  pas 
toujours  identique  à  celle  du  type  ;  ses  bords,  généralement  recti¬ 
lignes  et  parallèles,  sont  parfois  convexes  (Bou  Saada,  Tadjemout) 
ou  même  légèrement  concaves  dans  leur  partie  basilaire  (Figuig)  ; 
ses  appendices  terminaux,  claviformes,  peuvent  être  plus  longs 
que  ceux  de  Corse  (leur  longueur  peut  égaler  les  3/4  de  celle  de  la 
plaque  chez  des  exemplaires  de  Figuig  et  de  Tizi-Ouzou)  ;  ses  tigelles 
sternales  sont  toujours  présentes,  sauf  peut-être  chez  les  individus 
d’Azemmour,  Colomb-Béchar  et  Laghouat  où  je  ne  suis  pas  par¬ 
venue  à  les  voir.  En  outre,  par  ses  bords  convexes,  ses  appendices 
terminaux,  divergents  dans  leur  partie  distale  seulement,  la  plaque 
anale  des  spécimens  de  ces  trois  dernières  localités  semble  bien 
proche  d’A.  sceptrifer-,  les  autres  mesures  faites  sur  les  antennes 
et  les  soies  pygidiales  de  ces  individus  étant  identiques  ou  intermé¬ 
diaires  entre  celles  d’A.  M  illoti  et  d’A.  sceptrifer,  il  est  difficile 
pour  l’instant  de  leur  accorder  une  place  certaine  dans  la  classi¬ 
fication,  mais  l’examen  de  nouveaux  spécimens  d’A.  sceptrifer  pro¬ 
venant  de  la  station  originelle  permettrait  peut-être  de  se  décider. 


—  479  — 


28.  Allopauropus  M illoti  cf.  var.  macroceros  Remy. 

Basse-Gravona  :  1  ind.  à  9  pp.  $. 

Cet  individu  diffère  quelque  peu  du  type  décrit,  1  1.  à  8  pp.  $ 
d’Algérie  (environs  de  Mansouria),  par  des  caractères  concernant 
surtout  les  antennes  et  les  soies  pygidiales. 

Longueur  :  0,42  mm.  (type  :  0,63  mm.). 

Antennes.  —  Au  4e  article,  le  poil  p,  égal  aux  4/3  du  poil  tergal  r 
et  plus  long  (17/15)  que  le  flagelle  antérieur  F2  du  rameau  sternal  s, 
le  poil  sternal  q  de  ce  dernier  étant  un  peu  plus  long  que  le  poil  r. 
Le  rameau  tergal  t,  environ  2  fois  aussi  long  que  large  (1  fois  1/3 
chez  le  type),  est  égal  au  1/5  de  son  flagelle  Fx  et  aux  4/5  du  rameau 
sternal  s  (aux  4/7  chez  le  type)  ;  le  rameau  s  est  égal  aux  2/3  de  son 
flagelle  antérieur  F2  (aux  7/8  chez  le  type),  qui  est  les  6/13  du  flagelle 
postérieur  F 3,  lui-même  plus  court  (13/16)  que  Fx  ;  le  pédoncule 
du  globule  g  est  égal  au  1/4  environ  de  la  largeur  de  l’organe,  elle- 
même  égale  à  celle  du  rameau  tergal  (1  fois  1/2  chez  le  type). 

Tronc.  —  La  partie  distale  des  lre,  2e  et  4e  trichobothries  res¬ 
semble  à  celle  des  3e  trichobothries  d’A.  vulgaris,  mais  la  pubescence 
est  plurifurquée.  La  3e  trichobothrie  est  analogue  à  celle  d ’A.  millo- 
tianus,  mais  a  un  axe  moins  grêle.  Les  2  poils  du  bord  postérieur 
du  6e  tergite  sont  égaux  aux  4/5  de  leur  écartement.  Je  n’ai  pu 
observer  les  poils  coxaux  et  trochantériens  des  pattes  de  la  dernière 
paire  ;  le  poil  proximal  du  tarse  de  celles-ci  est  égal  au  1/4  de  la 
longueur  de  l’article. 

Pygidium.  —  Tergum  à  soies  courtes.  Les  ax  égales  à  leur  écarte¬ 
ment,  moins  longues  que  les  a2  (13/15),  plus  longues  chez  le  type  ; 
les  a2  à  peu  près  égales  aux  a3.  Styles  st  subcylindriques,  arqués  l’un 
vers  l’autre,  égaux  aux  2/3  de  leur  écartement  (à  la  1/2  chez  le  type) 
qui  est  environ  égal  à  celui  des  ax  (au  double  de  l’écartement  des  ax 
chez  le  type). 

Sternum.  Soies  bx  un  peu  plus  longues  (5/4)  que  leur  écarte¬ 
ment  ;  soies  b2  égales  aux  ax  ;  pas  de  b3.  Plaque  anale  analogue  à 
celle  du  type,  mais  les  appendices  latéraux,  subcylindriques,  striés 
transversalement,  sont  arqués  vers  le  plan  sagittal  (c’est  l’inverse 
chez  le  type,  mais  cette  différence  est  peut-être  post-mortem ,  due 
à  la  fixation)  ;  les  tigelles  sternales  submédianes  de  cette  plaque  sont 
moins  ténues  que  chez  le  type. 

29.  Allopauropus  millotianus  Leclerc. 

Basse-Gravona  (14).  —  Bonifacio  :  a)  (5).  —  En  tout  19  ind.  :  14  à  9  pp. 
(2  <?,  7  $,  5  sexe  ?),  2  1.  à  8  pp.  sexe  ?,  3  1.  à  6  pp. 


—  480  — 


30.  Allopauropus  cf.  multiplex  Remy. 

Erbalunga  (2).  —  Popaja  (2).  —  En  tout  4  ind.  :  3  à  9  pp.  (2  d,  1  sexe  ?) 

1  1.  à  5  pp. 

31.  Allopauropus  Cuenoti  Remy. 

Solenzara  :  c]  (3).  —  Propriano  :  a)  (6).  —  Sartène  (9).  —  Porto-Vecchio 
(12).  —  En  tout  30  ind.  :  2  à  10  pp.  $,  25  à  9  pp.  (8  d,  13  $,  4  sexe  ?), 
1  1.  à  8  pp.  d,  1  1.  à  6  pp.,  1  1.  à  5  pp. 

2.  Fam.  Polypauropidae. 

32.  Polypauropus  Duboscqi  Remy. 

Barrettali  :  a)  (2).  —  Caporalino  (2).  —  Popaja  (2).  —  Pietroso  :  a)  (1). 
—  Bas-Fiumorbo  (2).  —  Caldaniccia  (1).  —  Basse-Gravona  (7).  —  Pro¬ 
priano  :  a)  (10)  ;  c)  (4).  —  Bonifacio  :  a)  (9)  ;  b)  (3).  —  Entre  Bonifacio 
et  Gurgazo  (1).  —  En  tout  44  ind.  :  1  à  10  pp.  d,  23  à  9  pp.  (14  d,  5  Ç, 
4  sexe  ?),  7  ind.  à  8  pp.  (2  <?,  5  sexe  ?),  9  1.  à  6  pp.,  3  1.  à  5  pp.,  1  1.  à  3  pp. 

33.  Polypauropus  Duboscqi  var.  inflatisetus  Remy. 

Barrettali  :  a)  (1).  —  Marine  de  Sisco  (2).  —  En  tout  3  ind.  :  1  1.  à  8  pp. 
sexe  ?,  2  1.  à  6  pp. 

« 

3.  Fam.  Scleropauropidae. 

34.  Scleropauropus  cyrneus  Remy. 

Marine  de  Siseo  (1).  —  Caldaniccia  (5).  —  Basse-Gravona  (15).  —  Viggia- 
nello  (1).  • —  Propriano  :  a)  (9)  ;  c)  (2).  — -  Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio 
(9).  —  En  tout  42  ind.  :  21  à  9  pp.  (12  d,  7  Ç,  2  sexe  ?),  10  ind.  à  8  pp. 
(2  d,  6  ?,  2  sexe  ?),  6  1.  à  6  pp.,  5  1.  à  5  pp. 

Chez  l’ind.  de  la  Marine  de  Sisco  ($  à  9  pp.),  l’axe  de  la  3e  tricho- 
bothrie  s’épaissit  progressivement  à  partir  du  bulbe,  fortement 
même  dans  sa  partie  distale  où  il  forme  une  massue  comme  chez 
Sel.  lyrifer  Remy  ;  la  pubescence  est  abondante,  raide,  inclinée 
vers  l’extrémité  distale.  Chez  le  type  et  mes  autres  spécimens  corses, 
l’axe  de  la  3e  trichobothrie  est  cylindrique,  atténué  distalement,  et 
sa  pubescence  est  peu  fournie. 


—  481  — 


Répartition  des  animaux  dans  les  différentes  zones. 


Zone  inférieure 
(0  à  300  m.) 

Zone 

du  Châtaignier 
(300-800  m.) 

Zor.e  des  forêts 
(Pin  Laricio) 
(800-1.500  m.) 

Nombre  d’individus. 

1.553 

189 

35 

Nombre  de  formes.  . 

34 

13 

6 

Nombre  d’heures  de 

chasse . 

60 

10 

2 

Moyenne  horaire  de 

captures . 

25,88 

18,9 

17,5 

Conclusion. 

Les  Pauropocles  de  Corse  sont  représentés  par  40  formes  signalées 
par  Remy  (1940,  1945)  et  dans  le  présent  travail  où  34  formes 
seulement  sont  citées.  De  ces  34  formes,  9  n’avaient  pas  encore 
été  rencontrées  dans  l’île  ;  il  s’agit  de  3  espèces  nouvelles  et  de 
6  autres  représentées  en  Europe  continentale  ou  en  Afrique  du 
Nord,  ou  dans  ces  deux  pays  à  la  fois  :  A.  gracilis  var.  sinuatus, 
commun  à  la  Corse  et  au  Roussillon,  et  qui  ne  se  rencontre  que  dans 
ces  deux  contrées  ;  A.  meridianus  signalé  en  France  et  en  Algérie  ; 
A.  Cordieri,  connu  des  Balkans,  de  France  et  d’Algérie  ;  A.  maurus 
et  A.  Milloti  var.  macroceros,  tous  deux  connus  d’Algérie  seulement  ; 
A.  multiplex  d’Europe. 

Les  4  espèces  d’Europe  continentale  nouvelles  pour  la  Corse, 
ajoutées  à  celles  déjà  signalées  de  l’île,  montrent,  une  fois  de  plus, 
que  la  faune  pauropodienne  de  Corse  présente  de  grandes  affinités 
avec  celle  du  sud  de  l’Europe.  Cette  faune  présente  également  des 
affinités  avec  celle  d’Afrique  du  Nord. 

Certains  Pauropodes  corses  paraissent  endémiques.  Ce  sont,  en 
plus  des  3  espèces  nouvelles  (A.  spinosus,  A.  therapnaeus,  A.  millo- 
tianus)  :  A.  Hessei  var.  insulanus,  25  individus  répartis  dans  toute 
l’île,  plus  nombreux  au  nord  ;  A.  Ludovicae,  3  individus  à  Bonifacio, 
le  type  étant  du  Cap  Corse  ;  Scleropauropus  cyrnèus,  qui  est  le 
Scléropauropidé  le  plus  répandu  sur  l’île  (celle-ci  n’héberge  qu’une 
seule  autre  espèce  de  la  famille,  Sel.  lyrifer  représenté  par  un  seul 
spécimen). 

Je  n’ai  trouvé  aucun  Pauropus  Huxleyi,  ni  aucun  membre  de  la 
famille  des  Eurypauropidae,  ce  qui  avait  déjà  surpris  Remy,  ces 
Pauropodes  étant  assez  bien  représentés  en  Europe  continentale. 

Remy  (1947  et  1951  b)  a  constaté  en  Algérie  et  au  Maroc  une 


482  - 


pénurie  de  (J  chez  A.  productus  et  A.  vulgaris.  Il  n’en  est  pas  de 
même  dans  les  récoltes  corses  de  1942  et  de  1948  :  parmi  les  spécimens 
dont  le  sexe  a  pu  être  reconnu,  j’ai  compté  en  effet  76  $  pour  52  $ 
chez  A.  productus  et  77  rj  pour  152  $,  soit  environ  1  pour  2  Ç,  chez 
A.  vulgaris  ;  la  prédominance  de  $  chez  cette  dernière  espèce  est 
loin  d’être  aussi  grande  qu’en  Afrique  du  Nord  où  tous  les  spécimens 
dont  le  sexe  a  pu  être  reconnu  (114  ind.  à  9  pp.)  sont  des  $. 

Les  1.777  individus  déterminés  sont  répartis  dans  les  3  zones 
climatiques  suivantes  :  zone  inférieure  (altitude  0-300  m.),  zone 
du  Châtaignier  (300-800  m.),  zone  des  forêts  (800-1.500  m.).  Nous 
constatons  qu’en  1948  comme  en  1942,  c’est  la  zone  inférieure  qui 
est  la  plus  riche  en  espèces  ;  les  34  formes  signalées  dans  les  captures 
de  1948  s’y  rencontrent  et  les  3  espèces  nouvelles  sont  de  cette 
zone.  A  mesure  que  l’on  s’élève,  il  y  a  diminution  de  la  moyenne 
horaire  de  captures.  Les  chasses  dans  la  zone  des  forêts  ont  été 
trop  brèves  (2  heures)  pour  qu’on  puisse  en  tenir  compte.  Je  n’ai  eu 
aucun  Pauropode  des  stations  de  la  zone  alpine. 

Laboratoires  de  Zoologie  du  Muséum 
et  de  la  Faculté  des  Sciences  de  Nancy. 


BIBLIOGRAPHIE 

1953.  Leclerc  (Mlle  M.).  —  Description  de  trois  nouveaux  Pauropodes 
de  Corse.  Bull.  Mus.  nation.  Hist.  nat.,  (2),  25,  p.  395. 

1940.  Remy  (P.).  —  Contribution  à  la  faune  des  Myriapodes  de  Corse. 
Bull.  Soc.  zool.  Fr.,  65,  p.  45-56. 

1945. - Nouvelle  contribution  à  la  faune  des  Myriapodes  de  Corse. 

Mém.  Mus.  nation.  Hist.  nat.,  N.  S.,  4,  p.  117-152. 

1947.  Remy  (P.).  —  Liste  des  Pauropodes  d’Algérie,  avec  description 
de  formes  nouvelles.  Bull.  Soc.  Sc.  Nancy,  N.  S.,  6,  p.  66-84. 

1951  a. - Contribution  à  la  faune  endogée  du  Sahara.  Pauropodes. 

Bull.  Soc.  zool.  Fr.,  77,  p.  51-61. 

1951  6.  —  —  Contribution  à  la  faune  endogée  du  Maroc.  Pauropodes. 
Bull.  Soc.  Sc.  nat.  Maroc,  31,  p.  41-51. 


483 


Nouvelles  descriptions  de  Pyrales  malgaches 
(Lepid.  Pyraustidae) 

Par  P.  Vietie. 


Le  matériel  étudié  ci-dessous  appartient  entièrement  au  Muséum 
National,  Paris  ;  les  types  sont  déposés  au  Laboratoire  d’Entomo- 
logie. 

Nous  avons  suivi  ici  les  vues  de  M.  H.  Marion  [Rev.  franç.  Lêpid., 

1952,  13,  p.  260)  en  ce  qui  concerne  la  classification  des  Pyrales  en 
familles.  Grâce  au  nom  de  genre,  il  sera  facile  de  retrouver  à  quelle 
sous-famille  appartient  l’espèce  décrite.  Au  sujet  du  nom  des  genres, 
nous  renvoyons  à  ce  que  nous  avons  dit  dans  la  Rev.  franç.  Entom., 

1953,  20,  p.  130,  la  classification  suivie  étant  celle  d’HAMPSON. 

Bocchoris  isakalis  n.  sp. 

Envergure  18  mm.,  longueur  des  ailes  antérieures  8,5  mm. 

Les  antennes  sont  fauves  avec  une  petite  zone  plus  foncée  sur  chaque 
article.  Le  dessus  de  la  tête,  une  partie  des  patagias  et  les  tegulae  sont 
jaune  doré.  Le  thorax  et  l’abdomen  sont  bruns,  ce  dernier  avec  une  zone 
proximale  dorsale  et  les  derniers  segments  jaune  doré.  Les  palpes  labiaux 
sont  bruns  à  reflets  dorés  avec  le  dessous  du  premier  article  blanc.  Le 
dessous  du  corps  est  blanc  nacré  et  les  pattes  sont  blanc  jaunâtre. 

Les  ailes  antérieures  sont  de  couleur  fondamentale  brune  avec  un  reflet 
doré.  La  côte,  comme  le  bord  inférieur,  sont  légèrement  jaunâtres.  La 
partie  proximale  de  l’aile  est  brune  mélangée  de  deux  lignes  transversales 
jaunâtres  mal  définies.  Vient  ensuite  une  large  zone  médiane  jaune  d’or, 
puis  deux  taches  costales  jaune  d’or.  La  tache  la  plus  interne  ne  dépasse 
pas  le  niveau  du  bord  inférieur  de  la  cellule  tandis  qu’il  atteint  presque 
le  bord  inférieur  de  l’aile  chez  luteofusalis  Mab.  La  tache  la  plus  proximale 
est  petite.  Il  existe  une  indication  d’une  ligne  marginale  jaunâtre.  La 
frange  est  blanc  jaunâtre. 

Les  ailes  postérieures  sont  jaune  pâle  doré  avec  une  tache  basale  brun 
doré,  une  tache  costale  atteignant  la  cellule  et  un  tache  au  milieu  du  bord 
abdominal  de  même  couleur.  Toute  la  zone  apicale  de  l’aile  est  largement 
brun  doré. 

Le  dessous  des  ailes  représente  les  mêmes  dessins  que  le  dessus  mais 
plus  pâles,  plus  lavés  et  irisés. 

Holotype  (J,  Madagascar  Sud-Est,  environs  de  Fort-Dauphin, 
forêt  d’Isaka  (R.  Catala). 

Ma  cille  a  décrit  [Ann.  Soc.  entom.  France,  1899,  68,  p.  744) 
Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


—  484  — 


deux  espèces,  provenant  des  chasses  de  Mocquekys.  dans  la  baie 
d’Antongil,  sous  les  noms  de  Syngamia  luteofusalis  et  Syng.  longi- 
cornalis.  Klima  (1939,  Lepidopt.  Catal.,  89,  p.  75)  et  nous,  à  sa 
suite,  ( Mém .  Inst.  Scient.  Madag.,  1948,  série  A,  1,  p.  68)  avons  laissé 
ces  espèces  dans  le  genre  Syngamia  comme  species  incertae  sedis. 
Depuis,  à  la  suite  de  la  recherche  des  types,  nous  avons  retrouvé 
les  types  de  ces  deux  espèces.  Nous  pensons  qu’elles  seraient  mieux 
placées  dans  le  genre  Bocchoris  au  sens  d’ H  ami- son  (Proc.  zool. 
Soc.  London,  1898,  p.  649).  Il  est  possible,  d’après  la  description 
originale,  car  nous  n’avons  pas  vu  le  type,  que  Bocchoris  rufiflavalis 
Hampson  (Ann.  Mag.  Nat.  Hist.,  1912,  série  8,  9,  p.  259)  appar¬ 
tienne  au  même  groupe  d’espèces. 

Pyrausta  lambomakandroalis  n.  sp. 

Envergure  12  mm,  longueur  des  ailes  antérieures  5,5  mm. 

Les  antennes  sont  brun  fauve.  La  tête,  le  thorax  ét  l’abdomen  sont 
oranges.  Les  palpes  labiaux  sont  de  cette  couleur  avec  le  dessous  du 
premier  et  une  partie  du  deuxième  article  blanc  nacré.  Le  dessous  du  corps 
et  les  pattes  sont  jaune  ocre  avec  l’extrémité  du  tibia,  des  articles  des 
tarses,  une  partie  des  segments  abdominaux  et  l’apex  de  l’abdomen  noirs. 

Les  ailes  antérieures  sont  entièrement  oranges  avec  un  point  brun 
noir  au  milieu  du  bord  antérieur  de  la  cellule.  Du  tiers  distal  de  la  côte 
part  une  bande  oblique  transversale  atteignant  la  marge  au  niveau  de 
M3  ;  de  cette  bande  transversale  part,  à  l’angle  inférieur  de  la  cellule,  une 
fine  ligne  oblique  atteignant  un  point  brun  noir  au  milieu  du  bord  infé¬ 
rieur  de  l’aile.  Il  existe  une  bande  marginale  brun  noir  ;  cette  coloration 
brun  noir  étant  dans  toute  l’aile  avec  un  reflet  brillant.  La  frange  est  gris 
argenté.  * 

Les  ailes  postérieures  sont  entièrement  oranges  avec  une  tache  sur  les 
discocellulaires  et  une  bande  marginale  brun  noir  à  reflet  brillant.  La 
frange  est  gris  argenté. 

Le  dessous  est  comme  le  dessus  mais  les  couleurs  plus  ternes. 

Holotype  (J,  Madagascar  Sud-Ouest,  district  de  Saharaka,  forêt 
de  Lambomakandro  111-1935  (R.  Catala). 

Sylepta  malgassanalis  n.  sp. 

Envergure  32  mm,  longueur  des  ailes  antérieures  16  mm. 

Les  antennes,  les  palpes  labiaux  et  l’ensemble  du  corps  sont  gris  jau¬ 
nâtre.  Le  dessous  du  corps  et  les  pattes  sont  blanc  jaunâtre. 

Les  ailes  antérieures  sont  gris  jaunâtre  avec  un  léger  reflet  brillant. 
Il  y  a  une  ligne  basale  ondulée  partant  du  cinquième  proximal  de  la  côte 
et  aboutissant  au  tiers  proximal  du  bord  inférieur  ;  celui-ci  porte  un  point 
noirâtre  entre  la  base  et  la  ligne  décrite  ci-dessus.  Au  milieu  de  la  cellule 
et  sur  les  discocellulaires  se  trouve  un  point  noirâtre.  La  ligne  post¬ 
médiane  est  bien  indiquée  partant  du  quart  distal  de  la  côte  en  direction 
de  la  marge  externe  puis  se  courbant  au  niveau  de  Ml  en  direction  du  bord 


—  485  — 


inférieur  qu’elle  atteint  à  son  tiers  distal.  Cette  bande  se  prolonge  sur  les 
ailes  postérieures.  La  frange  est  de  la  couleur  de  l’aile. 

Les  ailes  postérieures  sont  également  gris  jaunâtre  avec  un  point  cellu¬ 
laire  brun  noirâtre  et  une  bande  médiane  transversale  droite  brun  noi¬ 
râtre.  La  frange  est  de  la  couleur  de  l’aile. 

Le  dessous  des  ailes  est  comme  le  dessus,  mais  d’un  blanc  jaunâtre. 

Holotype  $,  Madagascar  Est,  chemin  de  fer  Fianarantsoa  - — 
Côte-Est,  Ankarampotsy  (R.  Catala). 

Polygrammodes  faraonyalis  n.  sp. 

Envergure  30  mm  ;  longueur  des  ailes  antérieures  15  mm. 

Les  antennes  sont  brun  fauve  ;  la  tête  est  brun  noir  très  légèrement 
nuancée  d’écailles  jaune  paille  ;  les  palpes  ont  le  deuxième  et  le  troisième 
article  brun  noir,  le  premier  article  est  de  cette  couleur  mais  la  moitié 
ventrale  est  jaune  paille.  Le  thorax  est  brun  noir,  sauf  le  métathorax  qui 
est  jaune  paille  ;  quelques  écailles  de  cette  couleur  se  trouvent  à  la  base 
des  tegulae.  L’abdomen  a  les  premiers  segments  jaune  paille,  le  reste  est 
brun  noir  avec  la  marge  distale  jaune  paille.  Le  dessous  du  corps  et  les 
hanches  sont  brun  jaunâtre,  les  fémurs  sont  noirâtres  et  les  tibias  et  les 
tarses  jaune  paille. 

Les  ailes  antérieures  sont  presque  unicolores  brun  noirâtre.  La  côte  est 
entièrement  jaune  paille,  cette  couleur  étant  plus  développée  vers  la 
région  médiane  de  l’aile.  On  distingue  une  ligne  extra  basale  jaune  paille, 
formant  un  angle  aigu  au  niveau  du  bord  inférieur  de  la  cellule,  transversale 
et  légèrement  oblique.  Il  y  a  un  point  blanc  jaunâtre  aux  deux  tiers  de  la 
cellule.  Vient  enfin  une  ligne  postmédiane  formée  de  petites  taches  blanc 
jaunâtre,  en  forme  de  lunules  dans  la  région  du  bord  inférieur.  Cette  ligne, 
sinueuse,  atteint  le  bord  inférieur  de  la  cellule,  suit  ce  bord  puis  lui  devient 
perpendiculaire  pour  aboutir  au  bord  inférieur  de  l’aile.  Il  existe  une  ligne 
marginale  de  petites  taches  blanc  jaunâtre.  La  frange  est  grise. 

Les  ailes  postérieures  sont  de  la  même  couleur  que  les  ailes  antérieures 
cependant  plus  jaunâtres  dans  leur  moitié  proximale  où  l’on  voit  une  tache 
blanc  jaunâtre.  La  ligne  postmédiane  est  semblable  à  celle  des  ailes  anté¬ 
rieures,  les  taches  en  forme  de  lunule  étant  ici  plus  développées.  Il  existe 
aussi  une  ligne  marginale  de  petites  taches  blanc  jaunâtre  ;  entre  ces  taches 
la  couleur  fondamentale  est  plus  foncée.  La  frange  est  grise. 

Le  dessous  des  ailes  présente  les  mêmes  dessins  que  le  dessus  mais 
mieux  développés  et  la  couleur  fondamentale  est  plus  jaunâtre. 

Holotype  Ç,  Madagascar  Est,  vallée  du  Faraony,  Vohilava 
(R.  Catala). 


Entephria  vohilavalis  n.  sp. 

Envergure  35  mm  ;  longueur  des  ailes  antérieures  17  mm. 

Les  antennes  sont  brun  fauve.  Le  dessus  de  la  tête  est  jaunâtre,  le  reste 
de  la  tête  et  les  palpes  labiaux  sont  brun  jaunâtre,  les  parties  latérales 
du  deuxième  article  des  palpes  labiaux  étant  plus  foncées.  Le  thorax  et  les 
tegulae  sont  gris  jaunâtre.  L’abdomen  est  de  cette  couleur,  un  peu  plus 


—  486  — 


foncée,  avec  une  légère  teinte  rosée  sur  le  dessus  de  l’abdomen.  Le  dessous 
du  corps  est  blanc  jaunâtre  ainsi  que  les  pattes,  mais  avec  les  hanches  et 
les  fémurs  prothoraciques  et  une  tache  sur  les  fémurs  mésothoraciques 
chocolat. 

Les  ailes  antérieures  sont  de  couleur  fondamentale  gris  jaunâtre.  La  région 
costale  est  de  cette  couleur  de  plus  en  plus  claire  en  allant  vers  la  marge, 
jusqu’à  une  tache  chocolat  occupant  toute  la  région  apicale  de  l’aile  sauf 
dans  la  région  marginale  ou  l’on  passe  insensiblement  à  la  couleur  fonda¬ 
mentale.  Au  milieu  de  la  cellule  et  à  l’extrémité  de  celle-ci  se  trouvent 
une  et  deux  taches  blanc  nacré,  rectangulaires,  légèrement  obliques  et 
limitées  de  brun  chocolat.  On  distingue  une  ligne  subbasale  très  fortement 
dentée  et  une  série  de  trois  points  noirâtres,  peu  indiqués,  allant  de  la 
tache  apicale  chocolat  au  milieu  de  la  marge  inférieure.  Il  y  a  une  ligne 
marginale  de  petites  taches  triangulaires,  chocolat.  La  frange  est  grise 
avec  un  liseré  gris  jaunâtre  à  la  base. 

Les  ailes  postérieures  sont  brun  jaunâtre  ;  cette  dernière  couleur  étant 
plus  développée  dans  la  moitié  proximale.  On  distingue  une  ligne  submé¬ 
diane  festonnée.  Il  y  a  une  ligne  marginale  de  taches  comme  aux  ailes 
antérieures.  La  frange  est  également  semblable. 

Le  dessous  des  ailes  antérieures  est  brun  roux  avec  la  côte  et  la  base  de 
l’aile  blanc  jaunâtre,  avec  les  taches  blanc  nacré  du  dessus  plus  quelques 
petites  supplémentaires.  Celui  des  ailes  postérieures  est  blanc  jaunâtre 
avec  une  tache  basale  et  une  indication  de  ligne  rousses,  intérieurement  à  la 
ligne  submédiane  festonnée  et  rousse,  toute  la  partie  extérieure  à  cette 
ligne  étant  grise. 

Holotype  $,  Madagascar  Est,  vallée  du  Faraony,  Vohilava  ( R. 
Catala).  —  Un  Paratype  Ç,  id. 

Hyaloplaga  ankarampotsyalis  n.  sp. 

Envergure  22  mm  ;  longueur  des  ailes  antérieures  10,5  mm. 

Les  antennes  sont  brunes.  Le  dessus  de  la  tête  est  blanc  nacré  avec  deux 
taches  rousses  entre  les  antennes  et  le  front  roux  ;  les  palpes  labiaux  sont 
roux  avec  l’apex  du  troisième  article  et  la  partie  apicale  ventrale  du  second 
noire  et  la  partie  proximale  ventrale  du  premier  et  du  second  article  blanche. 
Les  patagias  et  les  tegulae  sont  roux,  ces  derniers  avec  des  écailles  blanc 
nacré.  Le  thorax  est  roux  mélangé  d’écailles  blanc  nacré  et  l’abdomen  est 
blanc  nacré  avec  l’apex  roux.  Le  dessous  et  les  pattes  sont  blanchâtres. 

La  côte  des  ailes  est  rousse  présentant,  vers  l’intérieur  de  l’aile,  trois 
digitations  ;  la  plus  apicale  étant  la  mieux  marquée.  La  première,  la  plus 
basale,  est  réduite  à  l’état  de  dent  ;  la  deuxième,  au  tiers  basal,  fait  face 
à  une  zone  triangulaire  rousse  située  au  milieu  du  bord  interne.  La  zone 
marginale  est  également  rousse  délimitant,  avec  la  digitation  costale  la 
plus  apicale,  une  tache  ronde,  blanc  nacré.  Au-dessus  de  cette  tache,  dans 
l’apex,  existe  une  petite  tache  blanchâtre.  Toute  la  zone  roussâtre  est 
limitée  par  un  liseré  brunâtre.  Le  tiers  basal  et  le  tiers  marginal  de  l’aile 
sont,  s’ils  ne  sont  pas  roux,  blanc  nacré.  Le  tiers  médian  étant  entièrement 
transparent  et  sans  écailles.  Il  y  a  une  ligne  marginale  de  petits  points 
noirs.  La  frange  est  gris  jaunâtre. 


—  487  — 


Les  ailes  postérieures  sont  uniformément  transparentes,  sans  écailles,, 
sauf  une  bordure  rousse  entre  la  côte  et  Cu  1  b.  La  frange  est  jaunâtre. 

Le  dessous  des  ailes  est  semblable  au  dessus,  mais  avec  les  couleurs  plus 
claires  et  plus  lavées. 

Holotype  Ç,  Madagascar  Est,  chemin  de  fer  Fianarantsoa  — 
Côte-Est,  Ankarampotsy  (R.  Catala)  (genitalia  $,  prép.  P.  Viette, 
n°  2722). 

Stenia  decaryalis  n.  sp. 

Envergure  18  mm  ;  longueur  des  ailes  antérieures  8,5  mm. 

Les  antennes  et  la  tête  sont  jaune  ocre.  Les  palpes  labiaux  sont  bruns 
avec  la  partie  ventrale  du  premier  article  blanc  nacré.  Le  thorax  et  l’ab¬ 
domen  sont  jaune  ocre,  ce  dernier  avec,  dorsalement,  des  zones  rougeâtres 
sur  chaque  segment.  Le  dessous  du  corps  est  blanc  jaunâtre  ;  les  pattes 
sont  de  cette  couleur  sauf  les  tibias  et  les  tarses  méso  —  et  métathora- 
ciques  qui  sont  blanc  nacré. 

La  couleur  fondamentale  des  ailes  antérieures  est  rouge  vineux.  La 
côte,  tout  au  moins  dans  sa  moitié  proximale,  est  brun  jaunâtre.  De  la 
côte  jusqu’aux  discocellulaires  se  trouve  une  large  tache  jaune  ocre  ;  une- 
tache  costale  de  même  couleur  se  trouve  un  peu  avant  l’apex.  Il  existe 
une  bande  basale  jaune  ocre,  deux  taches  de  même  couleur  dans  la  cellule 
ainsi  qu’une  tache  longitudinale  au-dessous  de  la  cellule  et  une  tache  à 
l’apex. de  la  nervure  anale  également  jaune  ocre.  Entre  les  nervures,  sauf 
au  niveau  des  médianes,  se  trouve  une  bande  submarginale  de  tache 
triangulaire  jaune  ocre.  Il  y  a  une  bande  marginale  ocre,  festonnée  du  côté 
interne.  La  frange  est  gris  jaunâtre. 

Les  ailes  postérieures  sont  presque  unicolore  blanc  jaunâtre,  le  jaune 
étant  plus  développé  dans  la  moitié  marginale.  Il  y  a  une  ligne  subter¬ 
minale  rouge  vineux  bien  indiquée  entre  la  côte  et  Cu  1  b  ;  de  là  cette  ligne 
rejoint  l’angle  anal.  L’apex  de  la  côte  est  rouge  vineux  ainsi  qu’une  ligne 
marginale  festonnée  et  le  bord  abdominal.  La  frange  est  blanc  jaunâtre. 

Le  dessous  des  quatre  ailes  est  gris  jaunâtre  avec  les  nervures  mieux 
marquées  plus  grises  et  une  teinte  rosée  dans  la  région  costale  et  dans  la 
région  marginale. 

Armure  génitale  <J-  L’uncus  est  large  et  obtus  à  l’extrémité  avec  deux 
touffes  latérales  de  soies  divergentes.  Les  valves  sont  simples  avec  un 
editum  garni  de  longues  écailles  aplaties,  élargies  dans  leur  partie  distale 
et  à  apex  denté.  Le  pénis  ne  présente  que  quelques  cornuti  dans  la  partie 
distale  de  la  vesica. 

Holotype  (J,  Madagascar  Centre-Est,  Moramanga,  11-11-1930 
(R.  Decary)  (genitalia  prép.  P.  Viette  n°  2721). 

Stenia  orientalalis  n.  sp. 

Envergure  15-16  mm  ;  longueur  des  ailes  antérieures  7-7,5  mm. 

Les  antennes  sont  brun  fauve  avec,  à  la  base,  une  ligne  médiane  frontale 
blanche.  Le  dessus  de  la  tête  est  brun  fauve  avec  latéralement,  le  long  des 
yeux,  une  fine  ligne  blanche.  Le  thorax  et  les  tegulae  sont  brun  fauve  ; 
l’abdomen  est  de  cette  couleur  avec  dorsalement  un  reflet  bleu  d’acier  et 


—  488  — 


avec  une  touffe  anale  jaune  ocre.  Les  palpes  labiaux  sont  bruns  avec  la 
partie  ventrale  du  premier  segment  et  le  dessous  du  prothorax  blancs. 
Le  dessous  du  reste  du  corps  est  blanc  jaunâtre  avec  les  pattes  plus  pâles 
et  l’apex  de  l’abdomen  plus  jaune. 

Les  ailes  antérieures  sont  presque  entièrement  brun  rougeâtre  avec  un 
reflet  bleu  d’acier  et  une  zone  marginale  assez  large,  allant  de  Ml  au  bord 
inférieur,  jaune  ocre.  La  côte  est  brun  jaunâtre.  On  distingue  une  ligne 
basale  noire  et  une  ligne  médiane  noire,  toutes  les  deux  plus  ou  moins 
interrompues  et  bien  marquées  ;  enfin  une  ligne  submarginale  de  petits 
points  noirs  peu  indiqués  dans  la  zone  jaune  ocre.  La  frange  est  jaune  ocre 
sauf  à  l’apex  ou  elle  est  brun  rougeâtre. 

Les  ailes  postérieures  sont  blanc  jaunâtre  avec,  dans  la  région  de  l’angle 
inférieur  de  la  cellule,  entre  les  Ctt  1  et  M2-M3,  une  tache  brun  rougeâtre 
avec  un  reflet  bleu  d’acier  ;  cette  tache  est  suivie,  jusqu’à  la  marge,  par  du 
jaune  ocre.  La  frange  est  blanc  jaunâtre. 

Le  dessous  des  ailes  montre  les  mêmes  dessins  et  couleurs  que  sur  le 
dessus  ;  ces  dernières  plus  claires  et  plus  lavées. 

Holotype  <§,  Madagascar  Est,  chemin  de  fer  Fianarantsoa  — - 
-Côte-Est,  Ankarampotsy  (R.  CatalaJ.  —  Deux  paratypes,  id. 


Laboratoire  d' Entomologie  du  Muséum. 


—  489  — 


Diplovres  Projapygidés  de  Côte  D'Ivoire 
Par  J.  Pages. 


Deux  espèces  de  ces  Diploures  ont  été  décrites  de  Côte  d’ivoire  r 
Projapyx  jeanneli  Delamare-Deboutteville  1947  et  Symphylurinus 
eburneus  Paulian  et  Delamare-Deboutteville  1948. 

J’étudie  ici  quelques  spécimens  non  encore  examinés  des  récoltes 
de  R.  Paulian  et  C.  Delamare-Deboutteville  et  qui  m’ont  été 
confiés  par  ce  dernier.  J’y  adjoins  2  exemplaires  recueillis  par 
Maurice  Vuillaume,  ancien  élève  du  Laboratoire  de  Zoologie 
générale  de  Nancy. 

L’examen  des  types  et  cotypes  conservés  au  Muséum  d’ Histoire 
naturelle  de  Paris  m’a  montré  que  Symphylurinus  eburneus  doit  être 
classé  dans  le  genre  Projapyx  Silv.  J’ai  pu  observer  des  caractères 
sexuels  secondaires  chez  les  P.  jeanneli  des  2  sexes.  Celui  de  la  Ç 
est  d’un  type  nouveau  chez  les  Projapygidés,  celui  du  (J  est  une 
variante  du  caractère  sexuel  secondaire  présenté  normalement  par 
les  antennes  des  individus  (J. 

Le  mauvais  état  du  matériel  ne  me  permet  pas  de  faire  tous  les 
dessins  actuellement  nécessaires  à  l’étude  des  Projapygidés.  notam¬ 
ment  ceux  qui  concernent  la  chétotaxie  dont  l’importance  est  pri¬ 
mordiale  dans  ce  groupe.  Les  renseignements  que  je  donne  me 
semblent  cependant  suffisants  pour  permettre  d’assigner  une  place 
précise  à  ces  2  espèces. 

1.  —  Projapyx  jeanneli  Delamare-Deboutteville,  1947.  Le  Banco  ; 
feuilles  mortes  sur  fond  de  sable,  1  22-8-45  (H.  19) 1  ;  feuilles 

mortes  et  sous-bois,  2  Ç,  24-8-45  (H.  21)  ;  humus  sous  un  arbre  mort 
de  gros  diamètre,  5  <J,  3  Ç,  29-8-45  (H.  29)  ;  sous-bois  du  plateau 
forestier,  horizon  profond  60  cm.,  1  Ç,  2-9-45  (H.  12  E). 

Les  soies  de  revêtement  paraissent  toutes  lisses  ;  les  AI  montrent  aux 
plus  forts  grossissements  1-3  barbules  très  petites  près  de  leur  extrémité 
apicale. 

Tête.  —  Vertex  très  pileux,  5-6  +  5-6  soies  longues  et  une  centaine^ 
d’autres  assez  courtes  ou  courtes.  Labre  typique.  Antennes  typiques  du 
genre  ;  la  longueur  des  plus  grandes  soies  des  articles  3-23  égale  la  largeur 
d’un  article  ;  le  sensille  piriforme  du  7e  article  est  long,  peu  renflé,  gra¬ 
duellement  terminé  par  une  pointe  assez  forte.  Labium.  Processus  palpi- 

1.  Entre  parenthèses  sont  donnés  les  numéros  des  stations  de  la  mission  de  R.  Pau¬ 
lian  et  C.  Delamare-Deboutteville  en  Côte-d’Ivoire. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


—  490 


forme  (=  lobe  interne  de  Delamare-Deboutteville)  avec  4  soies  spatu- 
liformes,  les  2  distales  subégales  et  légèrement  plus  longues  que  les  2  proxi¬ 
males  ;  suivant  leur  orientation  les  4  soies  paraissent  subégales  ou  bien 
la  plus  distale  semble  plus  longue  que  les  3  autres.  Palpes  labiaux  en 
massue,  leur  plus  grande  largeur  en  arrière  du  milieu  de  leur  longueur, 
environ  4  fois  aussi  longs  que  larges  à  la  base,  portant  une  dizaine  de  soies 
longues  et  une  vingtaine  de  soies  courtes  ou  très  courtes. 

Thorax.  —  Pronotum  avec  les  4  +  4  M  1  habituels.  Mésonotum  avec 
7  +  7  M,  les  M  antérieurs  externes  sont  absents.  Mètanotum  avec  4  +  4  M, 
les  M  intermédiaires  sont  indifférenciés,  un  exemplaire  montre  cependant 
le  M  intermédiaire  droit. 


Projapyx  jeanneli  Delamare-Deboutteville.  —  1.  3e  article  antennaire  gauche  du  O , 
angle  distal  antérieur,  face  sternale,  e  =  44  p.  - —  2.  Sensille  piriforme  du  7e  article 
antennaire,  e  =  44  p.  —  3.  Bord  postérieur  du  10e  urotergite  du  j,  e  =  100  [J .  — 
4.  Bord  postérieur  du  10e  urotergite  de  la  9,  e  =  100  (A. 

Projapyx  eburneus  Paulian  et  Delamare-Deboutteville.  —  5.  Sensille  piriforme  du 
7e  article  antennaire  chez  3  individus  différents,  e  =  44  (A.  —  6.  Bord  postérieur  du 
10e  urotergite  du  c?»  e  —  1 00  :i. 

P  I  :  strigile  de  6-10  soies  spatuliformes.  P  III  avec  :  1°  sur  le  fémur  2  M 
tergaux  médians,  1  M  sternal  postmédian,  les  soies  bordant  le  bord  distal 
du  segment  un  peu  plus  longues  que  les  autres  ;  2°  sur  le  tibia  1  M  sternal 
médian,  les  calcars  sont  allongés,  aigus  et  droits  ;  3°  sur  le  tarse  10  +  10 
-soies  sternales  spiniformes  droites,  augmentant  régulièrement  de  taille 
de  la  base  à  l’apex  du  segment,  entre  ces  phanères  une  autre  rangée  de 
soies  ordinaires,  couchées  sur  le  segment,  l’apex  vers  les  griffes.  Ces  der¬ 
nières  sont  bien  développées,  arquées  ;  les  soies  prétarsales  sont  simples, 
raides,  plus  courtes  que  les  griffes. 

1.  Abréviations.  —  M,  A,  B  =  Macrochètes  (Cf.  Pages  (J.),  1952  :  Projapygidae 
(Diplura)  d’Afrique  septentrionale,  Bull.  Soc.  zool.  France ,  LXXVII,  p.  475-484)  ; 
P  I,  P  II,  P  III  =  lre,  2e,  3e  paire  de  pattes  ;  sexe  ?  =  sexe  non  reconnu. 


—  491  — 


Abdomen.  —  Tergite  1  :  2  +  2  M  (At  et  Bt).  Tergite  2  :  3  +  3  M  (Alt 
B1  et  B2).  Tergites  3  et  4  :  5  +  5  M,  les  Bt  et  B5  sont  présents  mais  non 
différenciés,  les  soies  correspondantes  aux  J34  sont  cependant  plus  longues 
que  les  autres  soies  du  bord  postérieur  de  ces  2  tergites.  Tergites  5-7  : 
7  +  7  M  (A3  et  At  nuis),  Bs  à  Bb  moins  différenciés  au  tergite  5  qu’aux 
suivants.  Tergite  8  :  4  +  4  M.  Tergite  9  :  4  +  4  M  dont  3  +  3  tergaux  et 
1+1  sternaux.  Tergite  10  sans  M  ;  il  y  a  chez  certains  exemplaires  une 
soie  courte  à  l’emplacement  du  M  médian  typique  ;  le  long  du  bord  pos¬ 
térieur,  entre  les  2  cerques,  on  compte  3  +  1  +  1  +  3  soies  courtes. 


Projapyx  jeanneli  Delamare-Deboutte  ville.  —  7.  Bord  postérieur  du  métanotum,  e  — 
100  fjl.  —  8.  Urosternite  1  du  3,  e  ~  100  U.  —  9.  Apex  de  l’appendice  subcoxal 
gauche  du  d,  e  -  44  U.  — -  10.  Angle  latéral  postérieur  gauche  du  8e  urosternite, 
e  =  100  [A. 

Projapyx  eburneus  Paulian  et  Delamare-Deboutteville.  —  11.  Bord  postérieur  du 
métanotum,  e  —  100  [A. 

La  valvule  supra-anale  porte  1+1  soies  courtes. 

Sternite  1  avec  :  1°  3  +  3  AT  antérieurs,  chez  le  type  le  M  antérieur 
submédian  gauche  est  absent  ;  2°  5  +  5  M  postérieurs  ou  subpostérieurs 
dont  1+1  entre  les  appendices  subcoxaux,  1  au-dessus  de  chaque  appen¬ 
dice  et  4  de  chaque  côté,  localisés  entre  le  style  et  le  bord  latéral  corres¬ 
pondant. 

Appendices  subcoxaux  2  fois  aussi  longs  que  larges  à  la  base,  cylin¬ 
driques,  à  sommet  arrondi  ;  leur  longueur  égale  à  un  peu  plus  de  1  fois  1/10 
celle  du  style  du  sternite  1.  Leur  face  antérieure  porte  environ  20  soies 
grêles  et  assez  courtes  ou  courtes  ;  à  l’apex  de  la  face  antérieure  2-4  soies 
glandulaires  longues,  épaisses,  dont  les  embases  sont  coalescentes,  elles 
sont  directement  abouchées  à  un  entonnoir  fortement  évasé  ;  à  l’apex  de  la 
face  postérieure  j’ai  pu  observer  2-4  minuscules  soies  aiguës  dont  je  n’ai 
pu  savoir  si  elles  sont  glandulaires  ou  non  ;  la  face  postérieure  est  dépour¬ 
vue  de  soies  mais  est  fortement  spinuleuse. 

Sternite  2  :  9  +  9  M  dont  1+1  médians  antérieurs,  2  +  2  postérieurs 


—  492  — 


insérés  entre  les  styles,  2  au-dessus  de  chaque  style  et  4  de  chaque  côté 
entre  le  style  et  le  bord  latéral  correspondant. 

Sternites  3-7  :  9  +  9  M  disposés  comme  chez  Symphylurinus  blanguer- 
noni  Pagés.  Sternite  8  :  1  +  1  M  postérieurs  submédians.  Sternite  9  : 
sans  M,  on  remarque  cependant  3.+  3  soies  postérieures  plus  fortes  et  plus 
longues  que  les  autres,  séparées  par  1-2  soies  courtes  comme  le  sont  les  M 
chez  S.  blanguernoni.  Sternite  10  :  2  +  2  M  postérieurs. 

Tous  les  sclérites  thoraciques  et  abdominaux  sont  recouverts  d’un 
assez  grand  nombre  de  soies  assez  longues  ou  courtes.  Les  M  des  segments 
8  à  10  ont  des  barbules  plus  fortes  que  ceux  des  autres  segments. 

Styles  du  7e  sternite  près  de  1  fois  2/3  aussi  longs  que  les  styles  1  l. 
Toutes  leurs  soies  sont  lisses  ;  l’apicale,  la  subapicale  et  la  médiane  anté¬ 
rieure  sont  longues,  les  autres  courtes  ;  l’apicale  présente  du  côté  externe 
de  son  embase  un  petit  épaulement  saillant. 

Papille  génitale.  Il  y  a  8-10  soies  sur  le  bord  antérieur  et  9-11  sur  le 
bord  postérieur.  Il  y  a  presque  toujours  plus  de  soies  sur  le  bord  postérieur 
que  sur  le  bord  antérieur. 

Ck roues  de  13-15  articles  2  ;  les  articles  2  à  5  forment  un  complexe 
dont  la  longueur  égale  le  1  /3  de  celle  du  cerque.  Chétotaxie  typique  ; 
tous  les  phanères  sont  lisses  ;  la  longueur  des  plus  grandes  soies  vaut  les 
17/10  de  la  largeur  de  l’article  qui  les  porte.  La  fusule,  striée  longitudinale¬ 
ment  est  environ  3  fois  1  /3  aussi  longue  que  large  à  la  base  3,  près  de 
1  fois  9/10  aussi  longue  que  l’avant  dernier  article. 

Caractères  sexuels  secondaires.  —  I.  <J-  Le  3e  article  antennaire 
montre  à  son  angle  distal  antérieur  une  petite  fossette  glandulaire,  en 
forme  d’entonnoir  dont  la  partie  étroite  est  raccordée  à  une  demi-sphère 
sur  la  paroi  de  laquelle  débouchent  une  trentaine  de  canaux  glandulaires 
très  courts,  terminés  par  un  réservoir  bien  différencié.  Toutes  les  soies  de 
l’article  sont  de  forme  normale. 

IL  $.  Les  1+1  soies  médianes  postérieures  du  10e  urotergite  sont 
transformées  en  épines  arquées,  aiguës,  plus  ou  moins  épaisses  selon  le 
stade  de  développement  de  l’individu  ;  les  3  +  3  autres  soies  du  bord 
postérieur  sont  plus  fortes  que  les  soies  correspondantes  des  <J. 

Ce  dernier  type  de  caractère  sexuel  secondaire  est  nouveau  chez 
les  Projapygidés. 

Affinités.  —  Cette  espèce  est  très  proche  de  P.  slylifer  Silv.  dont 
elle  possède  la  chétotaxie  thoracique,  la  disposition  des  phanères 
sur  le  10e  urotergite,  le  nombre  d’articles  aux  cerques.  On  distin¬ 
guera  ces  2  espèces  en  faisant  appel  à  la  chétotaxie  des  urotergites 
3-7,  à  celle  du  2e  urosternite  et  surtout  aux  caractères  sexuels 
secondaires. 


1.  Il  est  impossible  d’évaluer  convenablement  la  largeur  à  la  base  de  ces  appen¬ 
dices  ;  c’est  pourquoi  je  n’établierai  plus  de  rapports  introduisant  cette  mesure. 

2.  Y  compris  l’article  basal  annulaire  et  la  fusule. 

3.  Ces  mesures  ne  peuvent  être  prises  que  sur  des  fusules  ne  secrétant  pas.  Dans  le- 
cas  contraire  cet  article  peut  paraître  raccourci  et  prend  les  formes  les  plus  variées 
mais  qui  n’ont  aucune  valeur  taxinomique. 


—  493  — 


2.  —  Projapyx  eburneus  (Paulian  et  Delamare-Deboutteville, 
1948),  syn.  Symphylurinus  eburneus  P.  et  D.  D.,  1948. 

Cette  espèce  est  très  voisine  de  la  précédente  et  une  diagnose 
abrégée  est  suffisante  ;  quand  je  ne  parlerai  pas  d’un  caractère  cela 
voudra  dire  qu’il  est  identique  chez  les  2  espèces. 

Duékoué  :  abri  sous  roche  dit  «  Rocher  de  la  Panthère  »,  sur  du 
guano,  1  (J  long  de  4,2  mm.  sans  les  cerques  et  2  sexes  ?  de  3  mm., 
9-45  ;  Tonkoui  (station  Mj)  fragments  d’un  sexe?,  10-9-45  (R.  Pau¬ 
lian  &  C.  Delamare).  Niangbo  :  1  £  de  3  mm.,  1  sexe  ?  de  2,5  mm. 
(M.  Vuili.aume). 

Les  M  sont  pourvus  de  barbules  plus  fortes  que  chez  jeanneli. 

Tête.  —  Antennes  :  la  longueur  des  plus  grandes  soies  des  articles 
2-23  égale  1  fois  1/2  à  2  fois  la  largeur  d’un  article  ;  le  sensille  piriforme  du 
7e  article  est  court,  fortement  élargi,  subsphérique,  brusquement  terminé 
par  une  minuscule  pointe.  Labium  :  processus  palpiforme  avec  5  soies  ; 
palpes  labiaux  4  fois  3/5  aussi  longs  que  larges  à  la  base. 

Thorax.  —  La  répartition  des  M  est  identique  chez  les  2  espèces  ;  on 
notera  que  les  M  latéraux  postérieurs  externes  sont  plus  longs  que  les  M 
médians  postérieurs  chez  eburneus,  alors  que  ces  phanères  sont  subégaux 
chez  jeanneli. 

P  I  :  strigile  de  4-6  soies  spatuliformes.  P  III  semblables  à  celles  de 
jeanneli. 

Abdomen.  —  La  répartition  des  M  sur  les  tergites  1-9  et  les  sternites 
1-10  est  identique  chez  les  2  espèces.  Tergite  10  avec  1  M  médian  2  fois 
à  2  fois  1  /2  aussi  long  que  les  1  +  1  soies  médianes  postérieures  ;  le  bord 
postérieur  porte  en  outre  3  +  3  soies  aussi  longues  que  les  précédentes  et 
non  groupées  comme  chez  jeanneli.  Au  sternite  1  on  note  aussi  l’instabilité 
du  M  antérieur  submédian. 

Appendices  subcoxaux  cylindriques  à  sommet  arrondi.  Chez  les  indi¬ 
vidus  de  Duékoué  ils  sont  3  fois  1/5  a  3  fois  1/2  aussi  longs  que  larges 
à  la  base,  leur  longueur  égale  à  un  peu  plus  de  1  fois  1/3  celle  des  styles 
du  1er  sternite.  Chez  les  individus  de  Niangbo  ils  sont  1  fois  7/10  à  1  fois 
9/10  aussi  longs  que  larges  à  la  base,  leur  longueur  vaut  1  fois  à  1  fois  1/5 
celle  du  style  1.  Chez  tous  les  exemplaires  :  5-7  soies  glandulaires  dont 
l’appareil  glandulaire  n’est  pas  exactement  semblable  à  celui  de  jeanneli, 
ici  le  canal  abouchant  la  soie  est  un  peu  plus  renflé  et  les  bords  de  l’en¬ 
tonnoir  sont  plus  courts  ;  cependant  il  ne  faut  pas  attacher  trop  d’impor¬ 
tance  à  ces  différences  qui  sont  peut-être  dues  aux  traitements  subits  par 
les  individus  ;  je  n’ai  pas  encore  vu  suffisamment  d’espèces  pour  pouvoir 
apprécier  l’exacte  valeur  taxinomique  de  ces  divergences. 

Styles  du  7e  sternite  1  fois  3/10  à  1  fois  7/10  aussi  longs  que  les  styles  1. 

Papille  génitale  :  7-11  soies  sur  le  bord  antérieur,  6-11  soies  sur  le  bord 
postérieur. 

Cerques.  —  2  individus  seulement  ont  des  cerques  entiers  ;  le  <J  de 
Duékoué  et  le  sexe  ?  de  Niangbo.  Le  cerque  du  $  a  21  articles  ;  les  articles 
2  à  7  forment  un  complexe  dont  la  longueur  égale  les  31/100  de  celle  du 
cerque  ;  la  fusule  n’a  pu  être  convenablement  observée.  Chez  le  sexe  ?, 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


31 


—  494  — 


les  2  cerques  sont  présents  et  ont  13-14  articles  ;  les  articles  2  à  5  forment 
un  complexe  dont  la  longueur  vaut  les  31  /100  de  celle  du  cerque  ;  les 
fusules  sont  environ  3  fois  1/3  aussi  longues  que  larges  à  la  base  et  leur 
longueur  égale  1  fois  1/3  celle  de  l’avant-dernier  article.  Chétotaxie 
typique  ;  la  longueur  des  plus  grandes  soies  égale  1  fois  1/2  à  1  fois  4/5  la 
largeur  d’un  article. 

Caractères  sexuels  secondaires.  —  Chez  les  individus  que  j’ai 
reconnu  être  des  <J  1  aucun  caractère  sexuel  n’a  pu  être  décelé. 

Aucun  des  individus  examinés  ne  montre  quelque  chose  de  com¬ 
parable  aux  épines  des  $  de  jeanneli. 

Affinités.  —  Cette  espèce  est  très  voisine  de  jeanneli  dont  elle 
se  distingue  par  :  1°  la  forme  du  sensille  piriforme  ;  2°  les  longueurs 
relatives  des  M  du  métanotum  ;  3°  la  présence  d’un  M  différencié 
sur  le  tergite  10  ;  4°  l’absence  de  caractère  sexuel  secondaire. 

Je  ne  possède  pas  suffisamment  de  matériel  pour  pouvoir  décider 
s’il  faut  placer  les  individus  de  Niangbo  dans  une  varitété  distincte 
des  eburneus  typiques  de  Duékoué  dont  ils  ne  se  distinguent  guère 
que  par  les  dimensions  relatives  des  appendices  subcoxaux  et  des' 
styles  1.  On  pourrait  aussi  tenir  compte  du  nombre  d’articles  des 
cerques  ;  cependant  tant  que  l’on  n’aura  pas  comparé  des  individus 
de  même  taille  et  ayant  des  cerques,  il  est  impossible  de  se  baser 
sur  ce  caractère  car  le  nombre  d’articles  des  cerques  croît  au  cours 
du  développement  postembryonnaire.  (Cf.  Silvestri,  1936). 

Faculté  des  Sciences  de  Nancy,  Laboratoire  de  Zoologie  générale. 


BIBLIOGRAPHIE 

Delamare-Deboutteville  (C.),  1947.  —  Description  d’un  nouveau 
Projapygidae  (Thysanoures)  d’Afrique  occidentale.  (Bull.  Mus. 
Hist.  nat.  Paris,  (2),  XIX,  p.  346-348). 

Paulian  (R.)  et  Delamare-Deboutteville  (C.) ,  1948.  —  Sur  quelques 
Insectes  guanobies  de  la  Côte  d’ivoire.  ( Notes  biospeologiques,  II, 
p.  63-68). 

Silvestri  (F.),  1936.  —  Contribuzione  alla  conoscenza  dei  Projapygidae 
(Insecta  Diplura).  ( Boll .  Lab.  Ent.  agr.  Portici,  XXX,  p.  41-74). 

1.  Je  reviendrai  dans  un  travail  ultérieur  sur  la  distinction  du  sexe  des  individus 
appartenant  aux  genres  Projapyx  et  Symphylurinus. 


—  495  — 


Sur  la  présence,  en  France,  de  Helicella  i  Helicopsis) 
ARENOSA  (ZlEGLER)  (  GaSTÉROPODE) 

Par  Gustave  Cherbonnier. 


En  octobre  1952  et  avril  1953.  Mr.  J.  Timon-David,  Maître  de 
conférences  à  la  Faculté  des  Sciences  de  Marseille,  m’envoya,  pour 
détermination,  un  lot  de  vingt-cinq  hélicelles  récoltées  par  lui  dans 
sa  propriété  du  Tholonet,  située  à  4  km.  à  l’Est  d’Aix-en-Provence 
et  à  environ  250  mètres  d’altitude.  Cette  espèce,  vectrice  d’une  méta- 
cercaire  de  Brachylaemus  qui  évolue  chez  la  Pie  y  est  très  commune 
l’été  et  l’on  voit  un  grand  nombre  d’individus  réunis  en  véritables 
paquets  dans  les  champs  et  les  buissons.  Cette  abondance  de  spéci¬ 
mens  pouvait  faire  croire  à  la  présence  d’une  espèce  banale.  L’étude 
anatomique  de  l’animal  a  prouvé  qu’il  n’en  était  rien  et  que  l’héli- 
celle  du  Tholonet  était  une  espèce  d’Italie  boréale  et  d’Europe 
centrale  et  méridionale,  dont  la  présence  en  France  n’avait  jamais 
encore  été  signalée  d’une  manière  certaine. 

Les  échantillons  étant  arrivés  vivants,  j’ai  pu  les  fixer  bien 
étalés  et  étudier  ainsi  l’appareil  génital.  Celui-ci,  comme  on  le  cons¬ 
tatera  plus  loin,  est  analogue  à  celui  des  espèces  d’hélicelles  du  sous- 
genre  Helicopsis,  surtout  répandues  en  Europe  centrale.  En  France, 
l’on  n’a  trouvé  jusqu’ici  que  Helicella  (Helicopsis)  striata  (Müller) 
et  sa  variété  costulata  Ziegler.  Or,  la  coquille  des  Helicopsis  récoltés 
au  Tholonet,  qui  est  de  taille  moyenne  et  sans  costulations,  ne  res¬ 
semble  en  rien  à  celle  de  striata,  petite  et  garnie  de  costulations 
filiformes  saillantes.  Elle  se  rapproche  beaucoup  de  certaines 
coquilles,  forme  minor,  de  Helicella  (Helicella)  ericetorum  (Müller), 
H.  (H.)  stiparum  (Rossmassler),  surtout  de  Helicella  (Xeromagna) 
cespitum  (Draparnaud)  et  H.  (Helicella)  obvia  [(Ziegler)  Hartmann], 
L’une  des  ces  formes  :  Hélix  arenosa  (Ziegler),  a  longtemps  été 
considérée  comme  une  variété  de  obvia,  jusqu’à  ce  que  P.  Hesse, 
ayant  pu  étudier  son  appareil  génital,  eut  constaté  qu’elle  appar¬ 
tenait  au  sous-genre  Helicopsis.  Espèce  originaire  d’Italie  boréale 
et  de  Crimée,  H.  (Helicopsis)  arenosa  (Ziegler)  a  été  indiquée,  par 
divers  auteurs,  comme  vivant  en  France,  notamment  sur  le  littoral 
de  l’Océan  atlantique  et  celui  de  la  Manche.  Louis  Germain  a 
prouvé  que  ces  mollusques  n’étaient  que  des  formes  de  H.  (Helicella) 

4.  Observation  de  Mr.  J.  Timon-David. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


—  496 


ericetorum  (Müller).  Il  en  conclut  que  arenosa  est  une  espèce  à  sup¬ 
primer  de  la  faune  française. 

Je  n’ai  pas  trouvé,  soit  dans  la  collection  Locard,  la  collection 
générale  ou  les  nombreuses  autres  collections  du  Laboratoire  de 
Malacologie,  une  seule  coquille  absolument  identique  aux  miennes. 
Germain  a  sans  doute  raison  d’affirmer  que  tous  les  mollusques 
récoltés  en  France  et  appelés  arenosa,  ne  sont  que  des  formes  de  H. 
ericetorum,  bien  que  l’on  ne  puisse  vraiment  se  prononcer  tant  que 
leur  appareil  génital  n’aura  pas  été  examiné.  Par  contre,  comme  je 
vais  le  démontrer  plus  loin,  il  est  à  peu  près  certain  que  l’hélicelle  du 
Tholonet  est  bien  H.  (Hellcopsis)  arenosa  (Ziegler),  qui  doit  prendre 
place  dans  la  faune  française.  Par  contre,  il  me  semble  douteux 
qu’elle  soit,  comme  l’affirme  P.  Hesse,  également  synonyme  de 
H.  (Helicopsis)  dejecta  Cristofori  et  Jan. 

H.  (H.)  arenosa  a  sans  doute  été  importée  avec  les  fourrages, 
comme  le  fut  obvia,  èspèce  d’Europe  centrale  et  méridionale,  accli¬ 
matée  en  Suisse  vers  1909  et  découverte  aux  environs  d’Aime 
(Savoie),  par  Coutagne,  en  1929.  Son  introduction  est-elle  récente  ? 
Il  est  impossible  de  se  prononcer,  mais  on  peut  supposer  que  arenosa 
a  dû  être  confondu  avec  une  des  multiples  variétés  ou  formes  des 
espèces  signalées  plus  haut,  puisque  de  nombreux  conchyliologistes 
se  basent  encore  uniquement  sur  la  coquille  pour  leurs  détermina¬ 
tions.  Le  polymorphisme  de  la  coquille  des  Helicidae  est  tel  qu’il  est 
impossible  de  séparer  les  variations  intraspécifiques  des  phénomènes 
de  convergence.  Louis  Germain  l’avait  bien  compris,  qui  écrit  au 
sujet  de  Helicella  (Helicella)  stiparum  (Rossmassler)  :  «  Malgré  la 
très  grande  affinité  de  la  coquille  de  cette  espèce  avec  celle  des  héli- 
celles  du  groupe  Helicella  (Xeromagna)  cespitum,  il  convient  de  la 
classer  dans  le  sous-genre  Helicella  sensu  stricto,  son  appareil 
génital,  étant  comme  l’a  montré  E.  A.  Rossmassler,  tout-à-fait 
analogue  à  celui  de  Y  Helicella  (Helicella)  ericetorum  (Müller).  C’est 
un  remarquable  cas  de  convergence  qui  prouve  avec  quelle  prudence 
il  convient  de  classer  les  mollusques  terrestres.  » 

Helicella  ( Helicopsis )  arenosa  (Ziegler). 

Theba  arenosa  Ziegler  in  Beck,  1837,  p.  14. 

Hélix  arenosa  Rossmassler,  1838,  p.  34,  pl.  38,  fîg.  519. 

(?)  Hélix  dejecta  Cristofori  et  Jan,  1832. 

NON. 

Hélix  arenosa  Dupuy,  1849  ;  Locard,  1893  ;  Germain,  1929. 

Hélix  dejecta  Rossmassler  1838,  p.  34,  pl.  38,  fig.  520. 

Animal  assez  grand,  vermiforme,  garni  de  tubercules  serrés, 
petits  et  allongés.  Orifice  génital  en  arrière  du  tentacule  droit, 
très  en-dessous,  presqu’à  la  limite  de  la  sole  chez  certains  exem- 


Fig.  1.  —  Helicella  (Helicopsis)  arenosa  (Ziegler). 

Quatre  formes  de  coquilles  de  Helicella  ( Helicopsis )  arenosa  (Ziegler).  A  :  coquille 
subglobuleuse,  subconique  en  dessus  ;  B  :  coquille  déprimée  ;  G  :  coquille  interme¬ 
diaire  entre  A  et  B  ;  D  :  coquille  très  nettement  déprimée. 


—  498  — 


plaires.  Large  pneumostome,  situé  légèrement  à  droite  ;  orifice  anal 
circulaire  (fig.  2,  F).  Muscle  rétracteur  du  tentatcule  oculaire  droit 
indépendant  et  passant  à  gauche  de  l’appareil  génital.  Radula  com- 


Fig.  2.  —  HeliceUa  ( Helicopsis )  arenosa  (Ziegler). 

A  :  appareil  génital.  B  :  détails  du  vagin.  C  :  dard.  D  :  mâchoire.  E  :  radula.  F  :  pneu- 
mostomo,  orifice  anal  et  détails  du  carrefour  (schématisé). 
cd  :  canal  déférent  ;  ch  :  canal  hermaphrodite  ;  es  :  canal  séminal  ;  d  :  dard  ;  dch  : 
carrefour  ;  dp  :  diverticule  du  pénis  ;  e  :  épiphallus  ;  epe  :  emplacement  de  la  poche 
copulatrice  ;  /  :  flagellum  ;  ga  :  glande  de  l’albumine  ;  gh  :  glande  hermaphrodite  ; 
gm  :  glandes  multifides  ;  mr  :  muscle  rétracteur  du  pénis  ;  oa  :  orifice  anal  ;  ov  : 
oviducte  ;  p  :  pénis  ;  pc  :  poche  copulatrice  ;  pd  :  poches  du  dard  ;  pn  :  pneumostome  ; 
*  pr  :  prostate. 


499  — 


portant  de  60  à  70  dents  par  rangée  transversale  :  dents  médianes 
symétriques  et  tricuspidées,  dents  latérales  et  marginales  asymé¬ 
triques  et  tricuspidées  (fig.  2,  E).  Mâchoire  marron  clair,  avec  10-12 
assez  fortes  côtes  denticulant  les  bords  (fig.  2,  D). 

Appareil  génital  (fig.  2,  A). 

Court  et  large  vagin.  Quatre  sacs  du  dard,  deux  internes  vides, 
longs  et  incurvés,  deux  externes  plus  courts  et  plus  massifs,  ayant 
chacun  un  dard  long  et  droit,  à  pointe  fine,  à  base  très  élargie  et 
lobée  (fig.  2,  C).  Quatre  glandes  multifides,  disposées  en  verticille 
un  peu  au-dessus  des  sacs  du  dard,  chaque  glande  divisée  en  deux 
tubes  vers  la  moitié  de  sa  longueur  (fig.  2,  B).  Poche  copulatrice 
grosse,  sphérique,  munie  d’un  long  et  gros  canal  débouchant  dans  le 
vagin  un  peu  au-dessus  des  sacs  du  dard.  Oviducte  très  long  mais 
étroit.  Prostate  atteignant  les  trois-quarts  de  la  longueur  de  l’ovi- 
ducte,  formé  d’une  série  unique  de  fins  tubes  serrés.  Long  canal 
déférent.  Carrefour  comportant  un  diverticule  noirâtre  partiellement 
enfoui  dans  une  longue  et  étroite  glande  de  l’albumine  (fig.  2,  F). 
Canal  hermaphrodite  presqu’entièrement  godronné.  Glande  herma¬ 
phrodite  bien  développée.  Pénis  gros  et  court,  muni  d’un  long  et  gros 
diverticule  semblable  à  celui  que  l’on  rencontre  chez  certaines  espèces 
de  Zonitidae  du  genre  Euconulus.  Le  pénis  est  prolongé  par  un  épi- 
phallus  bien  plus  long  que  lui,  et  par  un  court  flagellum.  Muscle 
rétracteur  du  pénis  inséré  juste  au-dessus  de  la  jonction  du  pénis 
et  de  l’épiphallus  et  enveloppant  celui-ci  sur  la  moitié  de  sa  lon¬ 
gueur. 

Les  vingt  exemplaires  disséqués  possédaient  des  appareils  géni¬ 
taux  absolument  identiques. 

Coquille. 

On  peut  distinguer  quatre  types  de  coquilles,  reliés  par  tous  les 
intermédiaires  :  coquille  subglobuleuse,  nettement  subconique  en- 
dessus  (fig.  1,  A)  ;  coquille  moins  conique  (fig.  1,  C),  nettement 
déprimée  (fig.  1,  B),  très  déprimée  (fig.  1,  D). 

Le  type  le  plus  courant  est  celui  représenté  fig.  1,  B,  c’est-à-dire 
celui  à  coquille  subglobuleuse,  légèrement  déprimée,  subconique  en- 
dessus,  assez  convexe  en  dessous.  Ombilic  moyen,  très  profond, 
laissant  voir  presque  tout  l’enroulement  interne.  Spire  formée  de 
5  1/2  -  6  tours  convexes,  à  profil  parfaitement  arrondi  et  à  crois¬ 
sance  régulière,  le  dernier  tour  bien  arrondi  sur  tout  son  développe¬ 
ment.  Sutures  assez  profondes,  bien  marquées,  surtout  celle  du 
dernier  tour.  Sommet  subobtus,  lisse.  Tours  embryonnaires  fauves. 
Ouverture  subovalaire,  oblique,  à  bords  marginaux  assez  rap¬ 
prochés  et  convergents.  Péristome  droit,  à  bords  tranchants,  avec 
un,  parfois  deux  bourrelets  internes  blancs,  peu  profondément 


—  500  — 


enfoncés,  très  légers  sur  le  bord  supérieur,  plus  accentués  sur  le  bord 
inférieur.  Bord  columellaire  court,  à  peine  arqué,  légèrement  réfléchi 
sur  l’ombilic.  Test  assez  épais,  solide,  crétacé,  opaque,  blanc  grisâtre, 
avec  quelques  petites  taches,  roussâtres  à  brunes,  de  chaque  côté 
des  sutures,  garni  de  quelques  lignes  transversales  fines,  obliques,  peu 
marquées  dans  l’ensemble,  bien  plus  serrées  sur  les  premiers  tours, 
peu  nombreux  et  à  peine  visibles  sur  le  dernier  tour.  Épiphragme 
opaque,  membraneux,  papyracé,  blanc,  collé  presqu’au  bord  du 
péristome,  qui  est  tranchant,  discontinu. 

Les  stries  transversales  commencent  après  1  tour  1/4  —  1  tour  1/2  ; 
elles  sont  nettes  et  serrées,  fines,  obliques  pendant  les  trois  tours 
suivants,  à  peine  visibles  et  rares  sur  le  dernier  tour. 

Hauteur  moyenne  de  la  coquille  :  7,5  -  8  mm  ;  largeur  moyenne  : 
13,3  -  14  mm. 

Rossmâssler,  en  1838,  a  décrit  et  figuré,  sous  le  nom  de  Hélix  arenosa 
(Ziegler),  une  coquille  de  Crimée  dont  tous  les  caractères  concordent 
avec  ceux  de  la  coquille  de  l’hélicelle  étudiée  dans  cette  note.  P.  Hesse 
a  constaté  depuis  que  l’appareil  génital  de  cet  Hélix  arenosa  était  sem¬ 
blable  à  celui  des  espèces  du  sous-genre  Helicopsis  ;  nous  arrivons  à  la 
même  conclusion  pour  nos  spécimens.  Il  ne  semble  donc  faire  aucun  doute 
que  l’hélicelle  du  Tholonet  puisse  être  rapportée  à  Helicella  ( Helicopsis ) 
arenosa  (Ziegler). 

Laboratoire  de  Malacologie  du  Muséum. 


BIBLIOGRAPHIE 

Beck,  H.  H.  —  Index  Molluscorum  praesentis  aevi  Musei  Principis 
augustissimi  Christiani  Frederici...  Facs.  I-II,  Mollusca  Gastro- 
poda  Pulmonata,  Hafniae,  1837,  pp.  1-100. 

Cristofori,  J.  de  et  Jan  G.  —  Catalogus...  Rerum  naturalium  in  Museo 
existantium  J.  de  Cristofori  et  G.  Jan,  Section  II  o,  Conchyliologia. 
Parmae,  1832. 

Dupuy,  D.  —  Histoire  naturelle  des  Mollusques  terrestres  et  d’eau  douce 
qui  vivent  en  France.  Fasc.  III,  Paris,  1849,  p.  291,  pl.  XIII,  fig.  9. 

Germain,  L.  —  Les  Helicidae  de  la  Faune  française.  Arch.  Mus.  Hist.  nat. 
Lyon,  XIII,  Lyon,  1929  (1928). 

—  Faune  de  France.  Vol.  21.  Mollusques  terrestres  et  fluviatiles  (pre¬ 
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Hesse,  P.  —  Beitrâge  zur  genaueren  Kenntnis  der  Subfamilie  Helicellinae. 
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Locard,  A.  —  Prodrome  de  la  Malacologie  française.  Catalogue  général 
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ken...  Dresden  und  Leipzig,  1838,  pp.  1-43,  pl.  XXXI-XL. 


—  501  — 


Note  sur  une  nouvelle  espèce  de  Synapte  de  l'Ile 
Maurice  :  Patinapta  vaughani  n.  sp. 

Par  Gustave  Cherbonnier. 

On  ne  connaissait,  jusqu’ici,  que  trois  espèces  de  Synaptes  appar¬ 
tenant  au  genre  Patinapta,  créé  par  Heding  en  1928  :  P.  ooplax 
(Marenzeller),  P.  Laevis  (Bedford)  et  P.  Crosslandii  Heding.  Les 
deux  premières  espèces  habitent  les  côtes  de  Chine  et  du  Japonf 
la  dernière  a  été  trouvée  sur  la  côte  est  d’Afrique,  au  large  de  Zan¬ 
zibar. 

Le  Dr.  Vaughan  m’a  fait  parvenir  trois  échantillons  d’une 
Synapte,  récoltés  à  l’Ile  Maurice,  qui  se  sont  révélés  appartenir  à 
une  espèce  nouvelle  pour  la  Science.  Cette  espèce  présentant  quelque 
particularités,  il  est  nécessaire  de  modifier,  ainsi  qu’il  suit,  la  dia¬ 
gnose  du  genre  Patinapta. 

Genre  Patinapta  Heding,  1928. 

Tentacules  pinnés,  au  nombre  de  dix  ou  de  douze.  Organes  des 
sens  se  présentant  uniquement  sous  forme  de  coupes  sensorielles 
réparties,  en  nombre  variable,  sur  le  côté  interne  des  tentacules. 
Pièces  radiaires  de  la  couronne  calcaire  perforées  pour  le  passage 
des  nerfs.  Absence  de  couronne  cartilagineuse.  Une  à  huit  vésicules 
de  Poli.  Canal  hydrophore  unique  et  non  ramifié.  Urnes  ciliées  de 
forme  variable,  groupées  ou  espacées,  disposées  en  une  ligne  sur  la 
paroi  du  corps,  jamais  sur  les  mésentères.  Spiculés  :  ancres,  plaques 
anchorales  dans  le  tégument  ;  granules  niilaires  et  bâtonnets  dans 
les  bandes  radiaires  ;  longues  baguettes  dans  les  tèntacules. 

-  ;  j 

Patinapta  vaughani  n.  sp. 

Ile  Maurice,  M.  Vaughan,  1952.  3  ex. 

Les  trois  exemplaires  mesurent  de  50  à  60  m/m  de  long  ;  deux 
sont  cylindriques,  avec  quelques  renflements  accidentels,  et  ont 
environ  2  mm.  de  diamètre  sur  toute  leur  longueur.  Le  troisième 
mesure  3  mm.  de  diamètre  à  l’extrémité  céphalique  et  s’amincit 
progressivement  jusqu’à  l’anus  où  il  mesure  seulement  1,5  mm.  de 
diamètre.  Le  tégument  est  assez  épais  dans  les  parties  contractées,. 

Bulletin  du  Muséum ,  2®  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


-Ancres  et  plaques  anchorales  :  a,  b,  c,  du  tégument  oral  ;  d-g  :  du  tégument  médian  ; 
h  :  du  tégument  anal  ;  k  :  granules  et  bâtonnets  des  bandes  radiaires  ;  l  :  bâtonnets 
des  tentacules  ;  i  :  couronne  calcaire  ;  /  :  urnes  ciliées  ;  m  :  canal  hydrophore.  fig.  i , 
/,  m  :  échelle  1  ;  autres  figures  :  échelle  2. 


—  503  — 


mais  devient  très  mince  et  translucide  aux  plages  parfaitement 
étalées  ;  il  est  de  couleur  gris  sale  à  marron  délavé. 

Dix  tentacules  de  taille  égale,  portant  deux  paires  de  digitations 
et  une  bien  plus  longue  digitation  terminale.  Coupes  sensorielles 
groupées  sur  le  côté  interne  des  tentacules  ;  leur  nombre  varie  de 
deux  à  dix,  suivant  qu’il  s’agit  des  tentacules  dorsaux  ou  ventraux. 
Couronne  calcaire  composée  de  dix  pièces  d’un  blanc  pur,  très  petites 
mais  bien  calcifiées,  à  radiales  perforées  (fig.  i).  Pas  de  couronne 
cartilagineuse.  Une  vésicule  de  Poli,  grosse  et  courte.  Un  canal 
hydrophore  très  court,  non  ramifié  (fig.  m).  Gonades  formées  de 
deux  tubes  simples  —  portant  parfois  une  ou  deux  très  courtes 
digitations  subsphériques  —  disposés  de  part  et  d’autre  du  mésentère 
dorsal  ;  le  canal  génital  débouche  entre  les  tentacules  dorsaux.  Long 
oesophage  suivi  d’un  gros  intestin  très  plissé,  analogue  à  celui  figuré 
par  Heding  pour  Eupatinapta  acanthia  (p.  245,  fig.  43)  ;  l’intestin 
ne  forme  pas  de  boucle.  Urnes  ciliées  d’une  seule  sorte,  disposées 
linéairement  sur  la  paroi  de  l’interradius  dorsal  droit,  très  espacées 
et  réunies  par  une  sorte  de  «  stolon  »  (fig.  /).  Larges  muscles  longi¬ 
tudinaux. 

Spiculés. 

Cette  espèce,  comme  les  autres  espèces  du  genre,  se  caractérise 
par  la  longueur  à  peu  près  constante  des  ancres  et  par  une  réduction 
régulière  de  la  grandeur  des  plaques  anchorales,  de  la  région  orale 
à  la  région  anale. 

Toutes  les  ancres  ont  les  bras  armés  de  une  à  trois  petites  dents 
et  la  base  de  la  manivelle  est  finement  denticulée.  Les  ancres  des 
régions  orale  (fig.  a,  b)  et  médiane  (fig.  d)  sont  larges,  solidement 
construites,  et  leurs  bras  forment  un  angle  assez  ouvert  avec  la  tige  ; 
par  contre,  les  ancres  de  la  région  anale  (fig.  h)  sont  plus  grêles, 
moins  larges,  et  leurs  bras  forment  un  angle  très  aigu  avec  l’axe  de  la 
tige. 

La  taille  des  plaques  va  décroissant  régulièrement  de  l’extrémité 
céphalique  à  l’anus.  Les  plaques  du  tégument  oral  sont  subovoïdes, 
à  bords  irréguliers  parfois  dentelés  pelles  sont  percées  de  quatre-huit 
grands  trous  principaux,  rarement  dentelés,  et  de  nombreux  trous 
accessoires  (fig.  a,  b,  c).  Les  plaques  de  la  région  médiane  sont  de 
même  forme,  mais  plus  petites  (fig.  d,  e,  /,  g).  Celles  du  tégument 
anal  sont  très  petites,  à  bords  irréguliers  et  échancrés  (fig.  h),  ne 
mesurant  souvent  pas  plus  de  10  à  15  p,  se  réduisant  parfois  à  quel¬ 
ques  trabécules.  Toutes  ces  plaques,  quelque  soit  la  région  du  corps 
où  elles  ont  été  prélevées,  sont  caractérisées  par  une  absence  totale 
de  pont  et,  en  leur  milieu,  par  un  grand  espace  non  perforé  ;  il  est 
très  rare  de  rencontrer  des  plaques  portant,  à  cet  endroit,  quelques 


504 


très  petites  perforations  (fig.  c)  ;  mais  elles  n’ont  jamais  la  grande 
perforation  centrale  habituelle. 

Les  bandes  radiaires  possèdent  des  granules  en  forme  de  G  ou  de  O, 
et  de  courts  bâtonnets  perforés  ou  non  aux  extrémités  (fig.  k).  Les 
bâtonnets  des  tentacules  sont  longs  et  étroits,  plus  massifs  dans  le 
tronc  (fig.  1). 

Rapports  et  différences. 

Bien  que  n’ayant  que  dix  tentacules,  alors  que  les  trois  autres 
espèces  du  genre  en  ont  douze,  il  n’y  a  aucun  doute  que  cette  espèce 
n’appartienne  au  genre  Patinapta  :  même  sorte  de  spiculés  et  de 
couronne  calcaire,  canal  hydrophore  unique  bien  caractéristique, 
urnes  ciliées  disposées  sur  le  tégument  et  non  pas  sur  les  mésentères, 
etc...  Différente  de  P.  ooplax  et  de  P.  Laevis,  elle  offre  qùelques  points 
de  ressemblance  avec  l’espèce  de  Zanzibar  :  P.  Crosslandii  Heding  : 
couronne  calcaire  semblable,  même  sorte  de  spiculés  dans  les  tenta¬ 
cules  et  les  bandes  radiaires.  Mais  elle  s’en  écarte  nettement  par  le 
nombre  des  tentacules  et  de  leurs  digitations,  la  forme  des  plaques 
anchorales,  la  disposition  des  urnes  ciliées,  la  présence  d’une  unique 
vésicule  de  Poli  et  la  forme  du  madréporite. 


BIBLIOGRAPHIE 

Bedford,  F.  P.,  1899.  Holothurians.  In  :  Willey,  A.,  Zoological  Results 
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Bd.  2. 

Heding,  S.  G.,  1928.  «  Synaptidae  ».  Papers  from  Dr.  Th.  Mortensen’s 
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Lampert,  K.,  1885.  Die  Seewalzen.  Eine  systematische  Monographie. 
In  :  Semper,  C.,  Reisen  im  Archipel  der  Philippinen,  Teil  2  ;  Wis- 
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—  1896.  Die  von  Dr.  Stuhlmann  in  den  Jahren  1888  und  1889  an  der 

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Muséum  Hamburg,  XIII,  pp.  51-71,  fig.  1-3. 

Marenzeller,  E.  von,  1881.  Neue  Holothurien  von  Japan  und  China. 
Verhandl.  zoolog.-botan.  Ges.  Wien,  Bd.  31,  pp.  121-140,  pl.  4-5. 


—  505 


Résultats  scientifiques  de  la  mission  Franco-Suisse 

DE  BOTANIQUE  EN  NOUVELLE-CALÉDONIE  (\ 950-1951  ) 

Par  A.  Guillaumin. 

PROFESSEUR  AU  MUSÉUM. 


Flacourtiacées. 

Xylosma  confusa  Guillaum.  —  Forêt  mésophile  du  Bon  Secours, 
400  m,  serpentine,  petit  arbre  de  4  m,  corolle  blanche,  fleurs  Ç, 
31-iii-1951  ( Guillaumin  et  Baumann  11.848),  boutons  très  jeunes, 
31-HI-1951  ( Guillaumin  et  Baumann  11.878,  11.880),  arbuste  de 
3  m,  fruits  verts,  22-vi-1951  ( Baumann  13.984),  arbre  de  3  m,  en 
fruits,  22-vi-1951  ( Baumann  14.000)  ;  forêt  hygrophile  du  Mois  de 
mai,  Haute  Rivière  blanche,  300  m,  serpentine,  arbuste  de  2  m  ; 
en  fruits,  23-vi-1951  ( Baumann  14.073),  24-vi-1951  ( Baumann 
14.198),  arbre  de  3  m,  en  fleurs,  14-vm-1951  ( Baumann  15.155, 
15.198,  15.199)  au-dessus  du  Mois  de  mai,  350  m,  forêt  hygrophile, 
serpentine,  arbre  de  3  m,  16-viii-1951  ( Baumann  15.261). 

X.  Hurlimannii  Guillaum.  sp.  nov. 

Frutex  2  m  altus,  ramis  brunneis,  dense  rugose  lenticellatis,  minute 
puberulis.  Folia  fere  discoidea,  ( usque  ad  7  cm  X  6  cm),  apice  optusissima  vel 
rotundata,  basi  rotundata  vel  levissime  cordata,  margine  adspectu  subden- 
tata  glandulis  punctata,  nervis  5  jugis,  inferioribus  2  basilaribus,  venis 
dense  reticulatis,  supra  haud,  subtus  valde  prominulis,  supra  glaberrima, 
subtus  minutissime,  puberula,  petiolo  5  mm  longo,  minutissime  puberulo. 
Flores  $  pauce  faseiculati,  pedicello  gracillimo,  1  cm.  longo,  minutissime 
puberulo,  infra  medium  articulato,  tepalis  8,  1,5  mm.  longis,  exterioribus 
triangulari  acutis,  1,5  mm  longis,  interioribus  apice  truncatis,  marginibus 
ciliolulatis,  extra  glabris,  intus  benef  pilosis  ovario  glabro,  ampullaceo, 
vertice  attenuato,  stigmatibus  reniformibus . 

Arbuste  de  2  m,  à  longs  rameaux  étalés,  fruits  verts.  Forêt  méso¬ 
phile  ouverte,  serpentine,  exposition  Sud-Ouest,  vers  800  m.  Vallée 
de  la  Dumbéa,  au-dessus  des  Mts  Kouvélé  vers  le  M1  Dzumac, 
29-IH-1951  ( Hurlimann  1120). 

Très  remarquable  par  ses  grandes  feuilles  presque  discoïdes  ;  à 
placer  entre  X  confusa  et  X.  capillipes. 

X.  koghiensis  Guillaum.  —  Sommet  secondaire  du  M*  Mou,  forêt 
de  Trisyngyne,  1150  m.,  serpentine,  arbuste  de  2  m,  en  fleurs  et 
jeunes  fruits,  30-X-1951  ( Baumann  15.706)  ;  Chemin  de  la  Dumbéa, 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


—  506  — 


le  long  des  Mls  Couvélée  vers  le  M4  Dzumac,  vers  750  m,  haute 
forêt  mésohygrophile,  exposition  Est,  serpentine,  arbuste  de  2  m 
en  jeunes  fruits,  29-iii-1951  ( Hurlimann  1101)  ;  chemin  du  Campe¬ 
ment  dans  la  vallée  au-dessous  de  la  Mine  Sunshine,  au  M*  To, 
vers  700  m,  fourré  mésophile,  serpentine,  exposition  Nord,  arbre 
de  6  m,  écorce  brune,  pétioles  rouges,  lO-v-1951  ( Hurlimann  1367)  ; 
crête  entre  Ousimé  et  la  vallée  de  la  Kocalogoguamba,  vers  900  m., 
forêt  mésophile,  serpentine,  exposition  Est,  arbuste  de  3,5  cm, 
écorce  grise,  fruits  verts,  18-V-1951  ( Hurlimann  1418)  ;  pente  N.E. 
du  sommet  du  M4  Moné,  dans  une  petite  vallée  moyennement 
abrupte,  vers  990  m,  forêt  mésophile  à  Trisyngyne  codonandra, 
serpentine,  arbuste  de  4  m,  écorce  brun  rouge,  fruits  verts,  28-VI-1951 
(Hurlimann  1662). 

X.  lifuana  Guillaum.  — -  Ile  des  Pins  :  Kuto,  plateau  de  coraux 
soulevés,  arbuste  de  1  m  50,  en  fruits,  26- v-1951  ( Baumann  13.463)  ; 
îles  Loyalty  :  Maré  :  Tadine,  forêt  sur  coraux  soulevés,  arbuste  de 
3  m,  en  fleurs,  12-vii-1951  ( Baumann  14.533),  en  jeunes  fruits 
13-vii-1951  ( Baumann  14.567),  Rawa  ;  forêt  mésophile  sur  coraux 
soulevés,  arbuste  de  3  m,  en  fleurs,  17-vii-1951  ( Baumann  14.714), 
Pénélo,  coraux  soulevés,  arbustes  de  3  m,  en  jeunes  fruits  ;  18-xu- 
1951  ( Baumann  14.773). 

X.  nervosa  Guillaum.  ■ —  Crête  entre  les  2  premières  croupes  de  la 
chaîne  du  M4  Podchoumié  vers  l’habitation  Lucas,  près  delà  Dumbéa, 
vers  170  m,  fourrés  serpentineux,  exposition  Nord,  arbrisseau  de 
2  m.  50,  rameaux  squarreux,  fleurs  blanc  jaunâtre,  23-vir-1951 
(Hurlimann  1628)  ;  au-dessous  de  la  Mine  des  Canons  (Kalouéhola), 
sur  la  crête,  vers  550  m,  fourré  xérophile,  serpentine,  arbrisseau 
de  1  m,  rameaux  squarreux,  fleurs  blanches  24-VI-1951  ( Hurlimann 
1680). 

X.  Pancheri  Guillaum.  —  Haute  rivière  de  Voh,  forêt  hygrophile, 
250  m,  arbuste  de  2  m,  fleurs  à  corolle  blanche,  12-IV-1951,  (Guil¬ 
laumin  et  Baumann  12.118,  12-136,  12.211)  ;  Oua  Tilou,  montagne 
serpentineuse,  300  m,  arbuste  de  3  m,  13-iv-1951,  en  fruits 
( Guillaumin  et  Baumann  12 '219,  19.222,  12.234)  ;  pentes  Sud  de  la 
vallée  de  Paoué  (H4e  Tipindjé),  vers  500  m,  forêt  mésoxérophile, 
serpentine,  exposition  Nord,  arbrisseau  de  3  m,  fruits  verts, 
13-IV-1951  (Hurlimann  1169). 

Les  Nos  12.118  et  12.234  diffèrent  du  type  par  des  feuilles  ovales 
pouvant  atteindre  4,5  cm  X  2,8  cm  et  être  atténuées  aux  2  extré¬ 
mités. 

X.  pininsularis  Guillaum.  sp.  nov. 

Frutex  1  m  allas,  ramis  griseis,  laevibus.  Folia  glaberrima,  ovata  (2,5- 
6  cm  X  3  cm),  valde  coriacea,  apice  obtusa,  basi  obtusissima  vel  rotundata, 
marginibus  integerrima,  nervis  nevisque  immersis,  petiolo  brevi  (3-5  mm) 


—  507 


Flores  $  fasciculati,  pedicello  brevissimo  sed  medio  articulato,  glaberrimo,. 
tepalis  6-8,  ovatis,  obtusis,  1  mm  longis,  extra  glabris,  intus  bene  pilosis, 
marginibus  sparse  ciliolatis,  disci  gladulis  squamosis,  ovario  glabro,  stig- 
matibus  sessilibus. 

Ile  des  Pins  ;  dans  un  creek  sur  la  pente  S-0  du  Pic  N’ga,  forêt 
mésophile,  serpentine,  arbuste  de  1  m,  en  fleur  $  et  jeunes  fruits, 
30-V-1951  ( Baumann  13.778,  13.782). 

Grande  Terre  :  Oua  Tilou,  crête  du  sommet,  vers  1100  m.  arbuste 
de  1  m,  14-V-1951  ( Baumann  12.463).  Fruits  transformés  en  galles. 

Peut  prendre  place  entre  X.  Pancheri  Guillaum.  et  X.  dothioensis 
Guillaum. 

X.  planchonellaefolia  Guillaum.  —  Col  de  Vulcan,  montagne 
serpentineuse,  900  m,  arbre  de  4  m,  en  fruits  jeunes,  ll-xi-1950 
( Baumann  8182),  Bois  du  Sud,  serpentine,  200  m,  arbuste  de  4  m, 
en  fruits,  23-ii-1951  ( Guillaumin  et  Baumann  10.993)  ;  Pouéta- 
Kouré  supérieure,  forêt  sur  serpentine,  200  m,  arbuste  de  2  m, 
lO-v-1951  ( Guillaumin  et  Baumann  13.263)  ;  Chemin  de  la  Dumbéa, 
le  long  des  M,s  Couvelée  vers  le  M*  Dzumac,  vers  800  m,  haute  forêt 
mésohygrophile  assez  claire,  exposition  Est,  serpentine,  arbre  de 
5  m  ;  fruits  verts,  29-IU-1951  ( Hurlimann  1124). 

Ç  :  tepalis  8-10,  intus  bene  puberulis,  margine  breviter  ciliolulatis  ; 
fructus  ovato-attenuatus,  8  mm.  longus,  stigmatibus  sessilibus,  reniformibus. 

Les  2  espèçes  nouvelles  peuvent  prendre  place  dans  la  clef  que  j’ai 
donnée  (Bull.  Mus.,  2e  série,  XXV,  p.  416, 1953)  de  la  façon  suivante  : 

a)  Pedicelle  court  (moins  de  1  cm),  non  filiforme 

«) 

p)  Feuilles  glabres  à  réticulation  invisible  ou,  au  moins  non  très 
très  saillante  sur  les  2  faces  ;  ovaire  et  fruits  glabres. 

I)  Pedicelle  papilleux,  feuilles  parcheminées,  petites  (au  plus 

6  cm  X  3  cm),  elliptiques .  8  X.  lifuana 

II)  Pedicelle  glabre 

1)  Feuilles  petites,  elliptiques  ou  ovales  (jusqu’à  6  cm  X  3  cm), 
arrondies  ou  très  obtuses  à  la  base,  très  coriaces 


X  Feuilles  dentées  dans  la  moitié  supér .  9  X.  Pancheri 

X  X  Feuilles  absolument  entières .  10  X.  pininsularis 

2)  Feuilles  grandes  (jusqu’à  17  cm  X  6  cm) 

X  Feuilles  cordées  à  la  base,  parcheminées.  11  X.  dothioensis 
X  X  Feuilles  en  coin  à  la  base,  coriaces..  12  X.  Vincentii 
b  Pedicelle  long  (1-2  cm),  filiforme  ou  très  grêle 


a)  Pedicelle  glabre  ;  feuilles  parcheminées,  glabres  ; 

tépales  à  bords  velus  mais  non  longuement  ciliés.  13  X.  confusa 
P)  Pédicelle  ±  velu  ;  feuilles  coriaces,  i  poilues  en  dessous 
'  I)  Pédicelle  très  courtement  veloutés,  long  de  1  cm  tépales  cilio- 


—  508  — 


lulés,  sur  les  bords  ;  feuilles  presque  discoïdes  non  serre- 

tées .  14  X.  Hurlimannii 

II)  Pédicelle,  hirsute,  long  de  2,5  cm  tépales  longuement  ciliés, 
feuilles  ovales,  serretées .  15  X.  capillipes 

Dovyalis  caffra  Warb.  —  Au  pied  du  M*  Mou,  propriété  Garrigou, 
•arbre  de  4  m,  dioïque,  fruit  jaune,  14- u  1-1951  ( Guillaumin  et  Bau- 
mann  10.540). 

Espèce  originaire  de  l’Afrique  du  Sud,  sans  doute  introduite 
comme  plante  fruitière  ;  figure  sur  le  Catalogue  des  plantes  utiles 
et  d’ ornement  réunies  dans  les  pépinières,  jardins  et  cultures  d’essai 
de  V établissement  de  Koé  par  V.  Perret  ( Journ .  Soc.  nat.  Hort. 
France,  3e  série.,  V,  p.  334,  1883)  mais  n’est  pas  citée  par  J.  Barrau 
dans  la  List  of  économie  plants  of  New  Caledonia  (Supplément  N°  50 
to  Progress  Report  n°  3  de  la  South  Pacific  Commission,  juillet  1950 
[ronéograpliié]  ) . 

Les  Hydnocarpus  anthelmintica  Pierre  ex  Laness.  et  Wrigtiana  Bl. 
ont  été  introduits  comme  producteurs  d’huiles  chaulmoogriques  pour 
le  traitement  de  la  lèpre  ;  vers  1900,  il  y  avait  quelques  pieds  de  la 
lre  espèce  à  la  léproserie  de  Maina  près  d’Hienghène,  actuellement 
Jacques  Barrau  me  signale  que  les  2  espèces  existent  au  jardin  de 
Païta. 

Les  Flacourtiacées  seraient  donc  représentées  en  Nouvelle  Calé¬ 
donie  par  3  genres  se  distinguant  ainsi  : 

A)  Pétales  0  ou  non  distincts  des  sépales,  et  sans  appendices  écailleux 
;à  la  base. 

а)  Style  1  ou  0,  stigmates  2,  réniformes .  Xylosma 

б)  Style  4-8  terminés  chacun  par  1  stigmate  ±  lobé.  Dovyalis 

B)  Pétales  bien  distincts  des  sépales,  avec  appendices  écailleux  à  la 

base  . .  Hydnocarpus 


—  509 


Plantes  nouvelles,  rares  ou  critiques  des  serres  du 
Muséum  (Notules  sur  quelques  Orchidées  d’Indochine,  vi) 

Par  A.  Guillaumin. 

PROFESSEUR  AU  MUSÉUM 


130.  —  Thrixpermum  Centipeda  Lour. 

Route  de  Saïgon  à  Dalat,  côté  gauche  en  venant  de  Saigon,  entre 
les  km.  137  et  138,  épiphyte  sur  Carya  (donné  par  Maurand,  Directeur 
du  C.R.S.T.  de  Saïgon,  n°  95/T. S.,  f.  138,  1953,  Dau  legit).  Fleurs 
jaune  vif  à  labelle  blanc  pur  peu  distinctement  taché  de  brun  rou¬ 
geâtre  vers  la  base.  lre  introduction. 

131.  • —  Cymbidium  Dayanum  Reichb.  f. 

Environs  de  Dalat  :  forêt  de  Klang-yang  (C.R.S.T.,  n°  116/T. 

S. ,  f.  182,  1953).  Déjà  signalé  en  Annam  mais  sans  localité  précise 
(Fl.  Indochine,  VI,  p.  420). 

132.  ■ —  C.  lancifolium  Hook. 

Déjà  trouvé  à  Dalat.  La  fleur  à  odeur  suave  a  les  sépales  trans¬ 
lucides  vert  d’eau,  les  pétales  également  vert  d’eau  avec  une  bande 
longitudinale  pourpre,  le  labelle  blanc  tigré  de  pourpre  et  à  2  bandes 
pourpres  alors  que  les  échantillons  que  j’avais  décrits  (Fl.  Indochine, 
VI,  p.  413)  avaient  les  sépales  vert  d’eau  à  extrémité  jaunâtre  ou 
verdâtre,  les  pétales  analogues  mais  avec  une  ligne  longitudinale 
rouge  foncé,  le  labelle  blanc  barré  transversalement  de  rouge  violacé. 
Annam  :  Dalat  :  forêt  de  Manline,  à  l’ombre,  au  pied  des  arbres, 
dans  les  feuilles  mortes  ( C.R.S.T .  n°  106/T.  S.,  f.  182,  1953  Mme  de 
Sigaldi  legit.). 

133.  —  Coelogyne  Eberhardtii  Gagnep. 

Déjà  trouvé  au  Lang  bian  (Fl.  Indochine,  VI,  p.  311).  Fleur  blanche 
à  labelle  brun  orangé  entre  les  crêtes  qui  sont  de  la  même  teinte. 
Annam  :  Environs  de  Dalat  :  Forêt  de  Klang  yang  ( C.R.S.T .  n°  111/ 

T.  S.,  f.  182,  1953).  lre  introduction. 

134.  • —  Eria  dalatentis  Gagnep. 

Fleur  jaune  miel  à  points  rouges  à  la  base  du  labelle.  D’après 
Evrard  (in  herb.)  ce  serait  VE.  Evrardii  Gagnep.  qui  aurait  les 
fleurs  de  cette  couleur  tandis  que  VE.  dalatensis  les  aurait  pourpre 
noir.  Annam  :  Environs  de  Dalat  (C.R.S.T.  n°  14  pro  parte,  f.  183, 
1952,  de  Sigaldi  et  Lên  leg.),  où  l’espèce  avait  été  découverte  (Fl. 
Indochine,  VI,  p.  362).  lre  introduction. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


32 


—  510  — 


135.  —  E.  muscicola  Lindl. 

Bien  que  cette  espèce,  répandue  dans  l’Inde  et  en  Birmanie, 
n’ait  pas  été  signalée  en  Indochine  et  que  les  fleurs  (sèches)  soient 
jaunes  et  non  vertes  comme  le  figurent  King  et  Pantling  (in  Ann. 
Mus.  Bot.  Calcutta,  VIII,  t.  159)  les  plantes  vivantes  provenant  de 
l’Annam  :  environs  »de  Dalat  :  Forêt  de  Klang-yang  ( C.R.S.T . 
n°  119/T. S.,  f.  182,  1953),  paraissent  appartenir  à  cette  espèce. 

136.  —  Eria  Giungii  Guillaum,  sp.  nov.  1 

Caules  erecti,  10-13  cm  alti,  cylindrici,  graciles  (3-4  mm  diam.)  apice 
2-3  foliosi  ;  folia  lineari-lanceolata  (usque  ad  15  cm  X  1  cm),  basi  apiceque 
attenuata,  coriacea,  fere  carnosa,  supra  canaliculata.  Inflorescentiae  infra 
foliis,  spiciforme  racemosae,  circa,  4  cm  longae,  tertia  suprema  parte  flori- 
ferae,  breviter  ferrugineo  lanuginosae,  bracteis  triangularibus,  2  mm  longis, 
margine  lanuginose  ciliatis,  flores  dense  aggregati,  minimi,  albi,  labello  et 
antherae  operculo  violaceis,  pedicello  2  mm  longo,  glabro,  sepalo  dorsali 
ovato,  1,5  mm  longo,  3-nervio,  lateralibus  oblongis,  2,5  mm  X  2  mm,  3-nerviis, 
petalis  falciformibus,  acutis,  sepalo  dorsali  2-plo  angustioribus,  3-nerviis, 
labelli  lobo  terminali  triangulari,  apioe  truncato,  basin  versus  lobis  2  rhom- 
boedris  munito,  polliniis  8. 

Annam  :  environs  de  Dalat  :  forêt  Klang-yang  ( C.R.S.T .  n°  10/SL, 
f.  182,  1953). 

Ne  pas  confondre  avec  le  n°  10,  f.  183,  1952. 

Ressemble  assez  par  son  inflorescence  à  E.  cochinchinensis  Gagnep. 
mais  en  diffère  par  son  labelle  3-lobé. 

137.  —  Sarcochilus  uniflorus  Gagnep. 

Fleur  large  de  2  cm,  sépale  supérieur  et  pétales  complètement 
blancs,  sépales  latéraux  blancs  finement  marginés  de  violet  à  la  base, 
lobe  médian  du  labelle  papilleux,  blanc,  jaune  marqué  de  brun 
à  la  base,  bourrelet  marqué  de  brun  jaunâtre,  éperon  garni  de  poils 
à  son  ouverture,  lobes  latéraux  blancs  rayés  longitudinalement  de 
violet  pâle,  colonne  à  raie  ou  taches  violettes  longitudinales.  Annam  : 
Dalat  :  Kréan  ( C.R.S.T .  n°  1,  f.  183,  1952,  de  Sigaldi.  et  Lên  leg.), 
où  l’espèce  avait  été  découverte  (Fl.  Indochine,  VI,  p.  468)  lre  intro¬ 
duction. 

138.  — —  Luisia  teretifolia  Gaud. 

Feuilles  atteignant  jusqu’à  17  cm  X  4  mm.  Sépales  et  pétales 
orangés  brunâtre,  labelle  en  dessus  et  colonne  violet  noir,  le  labelle 
formant  vers  la  base  une  concavité  presque  hémisphérique. 

Annam  :  Langbian  ou  environs  de  Dalat  ( Lemai  f.  92,  1952). 

1.  Dédié  à  M.  Nguyen  Thanh  Giung,  Dr.  ès  Sciences,  Ministre  de  l’Éducation  natio¬ 
nale  du  Viêt-Nam,  Président  du  Conseil  d’Administration  du  Centre  national  de 
Recherches  scientifiques  et  techniques  (C.R.S.T.). 


—  511  — 


Contribution  a  v étude  anatomique  des  plantules  de  Pal¬ 
miers  :  (VI)  :  Les  mêristèmes  apicaux  de  la  phyllorhize 
POSTEMBRYON  N  AIRE  D’ ARCHONTOPHŒNIX  CüNNINGHAMlANA 

W.  et  Dr. 

Par  Christian  Ginif.is. 


Dans  notre  précédente  note,  nous  avons  défini  la  plantule  d’^4r- 
chontophœnix  Cunninghamiana  comme  étant  constituée  de  deux 
phyllorhizes  emboîtées.  La  première  de  ces  deux  unités,  de  nature 
embryonnaire  montre  des  mêristèmes  apicaux  typiques  seulement 
dans  sa  racine  ;  la  feuille,  adaptée  à  une  fonction  nutritive  d’un  type 
particulier,  s’accroît  par  presque  toute  sa  surface  ;  elle  est  dépourvue 
de  méristème  apical  et  présente  seulement  une  assise  méristèmatique 
superficielle  continue.  Dans  cette  phyllorhize,  il  n’y  a  rien  qui, 
morphologiquement,  ressemble  à  une  tige  et,  même  en  se  basant 
sur  des  caractères  anatomiques,  il  n’est  pas  possible  d’affirmer 
qu’elle  existe. 

L’absence  d’apex  dans  l’haustorium  nous  a  incliné  à  admettre, 
pour  lui,  la  théorie  du  tunica-corpus.  L’existence,  dans  la  racine 
cotylédonaire,  de  domaines  cellulaires  assez  nettement  délimités 
nous  a  conduit  à  faire  appel  à  la  théorie  des  histogènes. 

De  cette  première  note,  portant  sur  une  phyllorhize  embryon¬ 
naire,  nous  ne  pouvions  évidemment  tirer  aucune  conclusion  ayant 
une  portée  générale  ;  il  importait  donc  de  savoir  si  les  résultats 
obtenus  précédemment  étaient  confirmés  par  l’observation  de  la 
deuxième  phyllorhize  ;  c’est  cette  étude  que  résume  la  présente  note. 


Archontophœnix  Cunninghamiana  W.  et  Dr. 

1.  —  Caractères  morphologiques,  (Fig.  1). 

La  deuxième  phyllorhize  est  incluse  dans  le  pétiole  de  la  phyllo¬ 
rhize  embryonnaire.  Elle  renferme  plusieurs  phylles  ;  dans  le  cas  de 
la  plantule  considérée,  il  y  a  quatre  phylles  très  nettement  recon¬ 
naissables  malgré  leur  stade  encore  peu  avancé  de  développement 
(Fig.  I,  1,  2,  3  et  4).  Ces  quatre  feuilles  se  recouvrent  les  unes  les 
autres  ;  la  plus  jeune  étant  naturellement  la  plus  interne.  Le  centre 
de  cette  rosette  de  feuilles  est  occupé  par  un  massif  cellulaire  de 
forme  légèrement  bilobée,  (Fig.  2)  mais,  dont  les  deux  lobes  sont 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


32. 


—  512  — 

inégaux.  Le  plus  réduit  des  deux  représente  une  cinquième  feuille 
à  son  tout  premier  stade  de  développement  ;  le  plus  volumineux  est 
un  massif  méristèmatique  renfermant  en  puissance  toutes  les  feuilles 
ultérieures  ;  c’est  dans  cette  région  hémisphérique  de  90  à  100  [x  de 
diamètre,  qu’il  faut  rechercher  le  méristème  apical  de  la  plantule. 

A  l’opposé  de  la  région  foliaire,  et  après  une  inflexion  assez 
marquée,  car  l’axe  de  la  plantule  est  courbe,  on  observe  une  rhize 
unique,  (Fig.  1,  rh.)  correspondant  aux  différentes  phylles.  Un  tel 
fait  est  fréquent  et  Chauveaud  a  décrit  en  détail  des  cas  où  le  déve¬ 
loppement  des  rhizes  est  en  retard  sur  celui  des  phylles.  Ce  retard 


Archontophœnix  Cunninghamiana  W.  et  Dr. 

Fig.  1.  — ■  Section  longitudinale  de  la  partie  médiane  d’une  jeune  plantule  c.  :  tissus 
du  cotylédon  dans  lesquels  est  incluse  la  plantule  ;  1,  2,  3  ;  feuilles  successivement 
apparues  ;  4  :  primordium  de  la  quatrième  feuille  ;  rh.  :  rhize. 

N.  B.  —  Nous  avons  figuré  seulement  les  phyllorhizes  postembryonnaires. 

est  rendu  encore  plus  manifeste  par  le  fait  que  la  première  feuille  est 
isolée  des  tissus  de  la  première  phyllorhize  par  une  importante  lacune 
périphérique  alors  qu’il  n’y  a  aucune  solution  de  continuité  entre  les 
tissus  de  la  rhize  et  ceux  de  la  phyllorhize  embryonnaire,  (Fig.  1). 

2.  —  Caractères  anatomiques  de  la  partie  phyllaire 

L’essentiel  de  cette  étude  sera  naturelleihent  consacré  à  l’ana¬ 
tomie  du  mamelon  hémisphérique  qui  occupe  le  centre  du  groupe  de 
feuilles.  Ce  massif  est  revêtu  de  trois  couches  cellulaires  ;  les  deux 
plus  externes,  dont  les  cloisonnements  sont  uniquement  anticlinaux, 
constituent  des  tunica  vraies,  (Fig.  3,  T2  et  Tx).  Outre  des  cloison- 


Archontophœnix  Cunninghamiana  W.  et  Dr. 

Fig.  2.  —  Région  phyllaire  de  la  phyllorhize  postembryonnaire.  Fl>  ^2»  ^3»  trois 
premières  feuilles  ;  P.,  Primordium  foliaire  de  F4. 

Fig.  3.  —  Région  du  méristème  apical  isolée  et  plus  grossie.  Tx,  assise  externe  de  la 
tunica  ;  T2,  assise  interne  de  la  tunica,  C.,  corpus  ;  ai.,  anneau  initial  ;  P.,  primordium 
foliaire  de  F5,  Ix,  initium  foliaire  de  F6,  I2,  initium  foliaire  de  F6. 


—  514  — 


nements  du  type  précédent,  la  couche  la  plus  interne  en  présente 
d’autres  qui  sont  orientés  périclinalement.  Il  en  résulte  la  formation 
de  deux  assises  :  tandis  que  la  plus  externe  garde  l’aspect  d’une 
tunica,  la  plus  profonde  donne  naissance  au  corpus  dont  les  cloison¬ 
nements  se  font  dans  toutes  les  directions,  mais  surtout  suivant 
l’axe,  ce  qui  forme  un  méristème  en  file.  A  30  p  au-dessous  du  sommet 
végétatif,  un  massif  cellulaire  qui  a  été  décrit  par  Plantefol  sous 
le  nom  d’anneau  initial,  (Fig.  3,  ai)  donne  naissance  aux  feuilles 
successives.  Il  a  déjà,  dans  le  cas  de  la  plantule  étudiée,  émis  F1; 
F2  et  F3  qui,  par  leur  structure,  sont  des  feuilles  nettement  caracté¬ 
risées,  (Fig.  I,  1,  2  et  3  ;  Fig.  2,  Fx,  F2  et  Fs)  puis  un  primordium 
foliaire  (Fig.  2  et  Fig.  3,  P),  qui  montre,  à  sa  pointe,  des  initiales 
marginale  et  submarginale  bien  nettes.  Aux  dépens  de  la  tunica, 
s’édifient  aussi  un  premier  initium  foliaire,  (Fig.  3,  Ix)  puis  un 
deuxième  (Fig.  3,  I2)  ;  Celui-ci,  à  son  tout  premier  stade  de  dévelop¬ 
pement,  est  reconnaissable  à  la  cloison  périclinale  qui  le  sépare  de 
la  tunica.  Dépassant  de  20  p  environ  ce  dernier  initium,  se  trouve 
l’apex  relativement  peu  conique  où  les  cloisonnements  sont  peu 
actifs. 

Les  feuilles  les  plus  externes,  (Fig.  2,  Fx  et  F2)  ne  montrent  plus, 
la  structure  anatomique  des  feuilles  précédentes  ;  un  épiderme  uni- 
sérié  assez  homogène  les  entoure  complètement  et  des  cellules  de 
grande  taille  groupées  en  files  de  quatre  ou  cinq  éléments  se-  ren¬ 
contrent  dans  le  mésophylle  ;  ce  sont  des  cellules  à  oxalate  de  calcium 
renfermant  des  cristaux  en  raphides. 

3.  —  Caractères  anatomiques  de  la  partie  rhizaire. 

La  rhize,  qui  est  incluse  dans  les  tissus  de  l’embryon,  (Fig.  1) 
présente  essentiellement  deux  parties  :  à  l’extérieur,  la  coiffe  et, 
dans  la  région  axiale,  le  cylindre  central. 

a )  Le  cylindre  central.  —  La  limite  entre  la  coiffe  et  le  cylindre 
central  est  beaucoup  moins  nette  que  dans  le  cas  de  la  racine  cotylé- 
donaire  :  elle  est  seulement  indiquée  par  la  différence  de  forme  et  de 
régularité  dans  les  cellules,  différence  que  l’on  constate  en  passant 
de  l’assise  la  plus  interne  de  la  coiffe  à  l’assise  la  plus  externe  du 
cylindre  central  ;  cette  dernière  porte  le  nom  de  dermatogène, 
(Fig.  4  et  fig.  5,  D).  A  la  pointe  de  la  racine  et  dans  le  cylindre  central, 
se  trouve  un  massif  méristèmatique  composé,  en  coupe  longitudinale, 
d’une  quinzaine  de  cellules  à  cytoplasme  dense,  gros  noyau  et  con¬ 
tour  géométrique  ;  ce  massif  est  le  méristème  apical  de  la  racine 
(Fig.  4  et  fig.  5  M.a.)  ;  il  donne  naissance,  tout  autour  de  lui  à  un 
massif  annulaire  constitué  par  des  cellules,  toutes  de  même  aspect 
et  ressemblant  à  celles  du  méristème  apical.  Cet  anneau  est  le  méris¬ 
tème  subapical  (Fig.  4  et  fig.  5,  M  sa).  Il  donne  naissance,  ainsi  que  le 


—  516 


méristème  apical,  à  des  fdes  cellulaires  orientées  suivant  l’axe  de  la 
racine.  Cette  direction  est  rendue  assez  confuse  en  raison  de  l’exis¬ 
tence  de  cloisonnements  longitudinaux  et  obliques  qui  viennent  se 
surajouter  au  plan  principal  de  cloisonnement  ;  l’ensemble  conserve 
malgré  tout  une  allure  orientée  qui  rappelle  par  son  aspect,  le  cylindre 
central  de  la  racine  cotylédonaire.  Les  files  cellulaires  produites 
par  le  méristème  subapical  constituent  le  périblème,  (Fig.  5,  P.)  ; 
celles  issues  du  méristème  apical  représentent  le  plérôme,  (Fig.  5, 

Pt). 

La  coiffe.  —  La  coiffe  comprend,  en  face  du  méristème  apical,  un 
tissu  assez  semblable  à  ce  dernier,  représenté,  en  coupe  longitudinale, 
par  8  à  10  cellules  :  c’est  le  tissu  générateur  de  la  coiffe,  ou  calyp- 
trogène,  (Fig.  5,  Ca.).  Il  donne  naissance  à  des  fdes  cellulaires 
axiales,  régulières,  dont  le  cloisonnement  est  perpendiculaire  à  l’axe 
de  la  racine.  Elles  constituent  une  columelle  longue  de  huit  à  dix 
cellules  et,  épaisse  de  trois  ou  quatre  en  coupe  longitudinale,  (Fig.  5, 
C.).  Cette  columelle  donne  naissance,  tout  autour  d’elle,  à  des  séries 
de  cellules  qui  se  développent  tangentiellement  à  la  surface  du 
cylindre  central.  Les  assises  cellulaires  les  plus  superficielles  de  la 
racine  ne  s’exfolient  pas  comme  dans  la  racine  de  la  première  phyllo- 
rhize,  car  la  racine  postembryonnaire  est  logée  à  l’intérieur  des  tissus 
cotylédonaires.  Entre  les  tissus  de  la  première  phyllorhize  et  ceux  de 
la  deuxième,  il  n’y  a,  à  ce  stade  de  développement,  encore  aucune 
trace  d’étirement,  ni  de  résorption. 

En  résumé,  si  l’on  compare  les  structures  des  deux  phyllorhizes, 
on  est  amené  à  faire  les  constatations  suivantes  : 

1°  Les  différentes  régions  observées  dans  la  racine  sont  les  mêmes  dans 
l’une  et  dans  l’autre  toutefois,  ces  régions  sont  beaucoup  moins  nettes 
dans  la  deuxième  phyllorhize  que  dans  la  première. 

2°  A  l’absence  de  localisation  des  méristèmes  dans  la  première  phyllo¬ 
rhize,  (haustorium  à  assise  méristèmatique  entourant  l’organe),  s’oppose, 
dans  la  deuxième,  un  type  de  structure  identique  à  celui  décrit  par  E.  B  ali. 
et  classé  par  R.  A.  Popham  dans  son  groupe  VII  :  «  Usual  Angiosperme 
type  »  :  la  tunica  est  double.  Les  feuilles  successives  se  forment  aux  dépens 
de  cette  tunica. 

L’étude  de  cette  deuxième  phyllorhize  confirme  les  résultats  obtenus 
dans  l’étude  de  la  première  en  ce  qui  concerne  la  racine  mais,  apporte  du 
nouveau  dans  le  cas  de  la  région  phyllaire. 

Laboratoire  d’ Anatomie  Comparée  des  Végétaux  vivants  et  fossiles  du  Muséum. 


INDEX  BIBLIOGRAPHIQUE 

Ball,  E.  1941.  — —  The  development  of  the  shoot  apex  and  of  the  primary 
thickening  meristem  in  Phoenix  canariensis  Chaub.,  with  compa- 


—  517  — 


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ghamiana  W.  et  Dr.  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat.,  2e  série,  t.  XXV, 
n°  3,  pp.  334-341. 

Plantefol,  L.  1947.  —  Hélices  foliaires,  point  végétatif  et  stèle  chez  les 
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Popham,  R.  A.  1952.  —  Developmental  plant  anatomy.  Long’s  College 
Book  Company  —  Columbus,  Ohio,  361  p. 

Schmidt,  A.  1924.  —  Histologische  Studien  an  Phanerogamen  Vegeta- 
tions-punclcten.  Bot.  Arch.,  8,  pp.  345-404. 


518  — 


Monocotylédones  nouvelles  ou  rares  de  la  flore 

DE  VILE  ANGLAISE  DE  La  DOMINIQUE  (ARCHIPEL  CARAÏBE) 

17e  Contribution 

Par  Henri  Stehlé. 

CORRESPONDANT  DU  MUSÉUM. 

En  avril  1946,  nous  avons  eu  l’occasion,  Mme  Stehlé  et  moi, 
de  visiter  la  Réserve  caraïbe  de  la  Dominique  1  et  de  récolter  de 
nombreux  échantillons  dans  cette  île  peu  connue  botaniquement. 

En  1947,  dans  le  Bulletin  de  la  Société  botanique  de  France,  j’ai  pu 
faire  une  esquisse  des  groupements  végétaux  ;  ci-après  sont  men¬ 
tionnées  6  à  8  Monocotylédones  qui  n’avaient  pas  encore  été  signalées 
dans  cette  île  et  une  douzaine  d’autres  espèces  peu  connues  dont 
l’écologie  et  la  localisation  sont  ainsi  précisées. 


Orchidées. 

Cranichis  diphylla  Sw.  Prodr.  120,  1788.  Espèce  peu  élevée,  grêle, 
glanduleuse  pubescente,  à  fleurs  vert  pâle  avec  stries  vertes  plus 
foncées  sur  la  lèvre  arrondie  trinervée,  à  2  feuilles  généralement, 
parfois  de  1  à  3,  ovées  et  cordées,  à  capsule  ellipsoïdale  de  6  à  7  mm  5. 

Une  diagnose  latine  excellente  de  cette  espèce  est  donnée  par 
A.  Cogniaux  in  Urban  (16),  p.  357  et  une  bonne  description  et  figure 
dans  Fawcett  et  Rendle  (4),  p.  33.  Quelques  compléments  morpho¬ 
logiques  sont  indiqués  dans  notre  Note  à  la  Société  Rotanique  (13). 

—  Répartition  géographique.  —  Jamaïque  (Fawcett  &  Rendle)  ; 
Haïti  (Barker  &  Dardeau)  ;  Cuba  (Fr.  Leon  (6)  ;  Guatemala  (Co¬ 
gniaux). 

—  Dominique.  —  Seule  île  de  l’Archipel  Caraïbe  hébergeant  l’es¬ 
pèce  et  augmentant  son  aire  géographique  notablement  vers  le  Sud. 
Forêts  de  la  Réserve  Caraïbe,  hauteurs  du  Gommier,  ait.  800  m., 
vers  Aïwaci,  22  avril  1946.  (H.  &  M.  Stehlé  :  n.  6431). 

—  Ecologie.  —  Espèce  des  sols  tourbeux  et  des  talus  humides  et 
ombragés,  entre  1300  et  1.650  mètres  d’altitude,  (selon  Cogniaux, 
Fawcett  &  Rendle),  alors  qu’à  800  m.  à  la  Dominique,  elle  poussait 
sur  l’humus  forestier  en  forêt  hygrophytique  et  sur  sol  non  tour¬ 
beux. 


1.  L’ancienne  Waitoucoubouli  des  Caraïbes  Callinago,  selon  le  R.  P.  Breton. 
Bulletin  du  Muséum,  2°  série,  t.  XXV,  n°  5,  1953. 


519  — 


Cranichis  muscosa  Sw.  Prodr.  120.  1788.  Espèce  voisine  mais  bien 
distincte  par  sa  tige  feuillue  notamment,  et  ses  4  feuilles  radicales 
(alors  que  celle  de  C.  diphylla  Sw.  est  dénudée  tout  le  long),  a  été 
récoltée  à  la  Dominique  par  Imray,  Nicholls  et  Henslow  (ex. 
Cogniaux).  Elle  est  citée  pour  la  Dominique  (p.  99)  dans  nos  «  Orchi- 
dales  »  (8)  décrite  en  détail  et  dessinée  (p.  101).  Nous  l’avons  retrouvée 
dans  la  même  forêt  que  la  précédente,  à  plus  basse  altitude,  le  long  de 
la  Ravine  d’Aïwaci  et  sur  des  roches  mouillées.  Sa  répartition  géo¬ 
graphique  s’étend  de  la  Floride  au  Venezuela  à  travers  tout  l’Ar¬ 
chipel  des  Grandes  et  Petites  Antilles. 

Cyrtopera  alta  (L.)  Stehlé,  Orch.  Fl.  descr.  Ant.  fr.  I,  69,  nov.  1939. 

Syn.  :  Limodorum  altum  L.  Syst.  XII,  ed.  2,  594,  1767  ;  Eulophia  alta 
Fawc.  &  Rendle,  Fl.  Jam.  112,  1910  ;  Platypus  altus  Small,  Fl.  SE.U.S. 
ed.  2.  329,  1913. 

C’est  le  Cyrtopera  Woodfordii  Lindl.  (1833)  in  Duss  Fl.  597. 
Indiquée  pour  la  Dominique  dans  Fawcett  &  Rendle,  Cogniaux 
(Imray,  Eggers,  Ramage)  et  Stehlé  :  Orch.  p.  70.  Haute  Orchidée  de 
plus  de  1  m.  de  haut.  C’est  une  des  rares  Orchidées  terrestres  dont  la 
répartition  géographique  est  à  la  fois  américaine  :  de  la  Floride  au 
Brésil,  antillaise  :  des  Grandes  Antilles  et  de  la  Guadeloupe  à  Tri— 
nidad,  et  africaine  :  Afrique  Occidentale.  A  la  Dominique  :  Réserve 
Caraïbe,  hauteurs  de  Bataca,  sur  sol  latéritique  alférique,  humide  et 
compact,  plante  haute  de  1  m  25,  très  dressée,  au-dessus  des  Gra¬ 
minées  les  plus  élevées  et  de  Fougères  :  Dicranopteris  hifida,  Maxon  : 
(H.  Sp  M.  Stehlé,  n.  63  32). 

Pelexia  adnata  (Sw.)  Poit.  ex  L.  Cl.  Rich.  Orch.  Europ.  adnot.  37 
et  in  Mém.  Mus.  Paris,  IV,  59,  1817. 

Plante  de  30  à  50  cm.  de  haut,  glabre,  à  feuilles  nombreuses 
rosulées,  elliptiques  ou  étroitement  ovées,  pentanervées,  de  8  à  12  cm. 
de  long,  à  hampe  florale  glanduleuse,  à  épi  lâche  de  8-15  cm., 
bractées  lancéolées,  à  fleurs  vertes  à  labelle  blanc  arrondi  et  pétales 
linéaires,  à  capsule  à  6  côtes,  de  1  cm  5. 

Diagnose  latine  dans  Cogniaux  (16),  vol.  IV,  pp.  329-330  ;  des¬ 
cription  en  anglais  dans  Fawcett  et  Rendle  (4)  p.  21,  avec  indica¬ 
tion  d’autorité  de  Sprengel  1826,  au  lieu  de  Poiteau  1817,  qui  est 
bien  la  référence  de  priorité  comme  l’indique  Cogniaux. 

Décrite  aussi  dans  Britton  et  Wilson  (2),  p.  188  et  dans  H.  Stehlé  : 
Orchidales  (8),  pp.  80-81. 

—  Répartition  géographique.  —  Bahamas,  Grandes  Antilles,  Gua¬ 
deloupe,  St-Vincent,  Grenade,  Margarita  (Cogniaux,  Fawcett  & 
Rendle),  Vénézuela  (Britton  &  Wilson,  Stehlé). 

—  Dominique.  —  Aucun  échantillon  examiné  ou  signalé  pour  cette 
Ile  auparavant.  Terrestre,  sur  latérites,  à  la  limite  des  forêts  et  des  cul¬ 
tures  ;  Magua,  ait.  280  m.,  20  avril  1946.  (H.  6p  M.  Stehlé  :  n.  6361 ). 


—  520  — 


—  Ecologie.  —  Sciaphile,  espèce  vivant  à  l’abri  des  arbres  de 
culture  (Inga)  ou  sous  le  couvert  forestier.  Observée  généralement 
à  plus  hautes  altitudes  :  400  à  700  mètres.  (Stehlé  (18),  Orch.  p.  81). 

Prescottia  oligantha  (Sw.)  Lindl.  Bot.  Reg.  sub.  pl.  1915,  1834. 

Syn.  :  Cranichis  oligantha  Sw.  Prodr.  120,  1788  ;  Cranichis  micrantha 
Spreng.  Syst.  Veg.  III,  700,  1826. 

C’est  l’espèce  rapportée  par  Grisebach  (1864)  et  Duss  (1897)  sous 
le  nom  de  Prescottia  myosurus  Rchb.  f. 

Petite  orchidée  de  15  à  20  cm.  de  haut  à  2  à  4  feuilles  radicales  ; 
hampe  longue,  épi  effilé,  dense,  à  fleurs  nombreuses  blanches  ou 
rosulées.  Indiquée  pour  la  Dominique  par  Fawcett  &  Rendle,  p.  36, 
par  Rritton  et  Wilson  (2),  p.  191,  par  H.  Stehlé  (8),  p.  104,  avec  la 
description  détaillée  dans  chacune  de  ces  flores.  Seul  Cognaiux  (16) 
vol.  IV,  p.  361,  précise  les  localisations  :  «  Dominica  ad  La  Scie  : 
(Eggers  n.  1083),  loco  nonindicato  :  (Imray)  ».  Ajoutons  :  Forêts  de 
la  Réserve  Caraïbe,  Bois  du  Gommier,  ait.  800  m.  vers  Aïwaci, 
23  avril  1946,  (H.  ép  M.  Stehlé  :  n.  6396). 

Sa  répartition  géographique  s’étend  de  la  Floride  et  des  Bahamas 
aux  Grandes  et  Petites  Antilles.  La  Dominique  marque  la  limite  Sud 
de  l’aire  d’extension  de  cette  espèce. 

Prescottia  stachyoides  (Sw.)  Lindl.  in  Bot.  Reg.  sub  t.  1915,  1834 
beaucoup  plus  élevée  et  moins  rare,  se  distingue  aisément  de  la  pré¬ 
cédente  (Voir  Stehlé,  Orchidales,  p.  102).  Elle  est  également  à  la 
Dominique,  où  Imray  et  Eggers  l’ont  collectée.  Plus  fréquente  que  la 
précédente  dans  les  mêmes  bois  au  Gommier. 

Pleurothallis  floribunda  Lindl.  in  Bot.  Reg.,  XXVIII,  Mise.  73, 
1842. 

Syn.  :  Specklinia  floribunda  Lindl.  Gen.  and  Spec.  Orch.  9,  1830  ; 
Dendrobium  ophioglossoides  Sicb.  Fl.  Martin,  exsicc.  n°  206,  non  Sw. 

Espèce  épiphyte,  dense  et  cespiteuse,  de  5  à  10  cm.  de  haut,  à 
tiges  grêles,  anguleuses  et  biarticulées,  à  feuilles  sessiles,  coriaces, 
oblongues,  tridenticulées,  de  3-6  cm.  de  long,  à  inflorescence  en  fas¬ 
cicules  densément  fleuris,  de  fleurs  jaunâtres  ou  jaune  rougeâtre, 
à  gynostème  fimbrié. 

La  diagnose  latine  de  Cogniaux  (16)  p.  421  est  très  précise.  Des¬ 
cription  et  illustration  in  Orchidales  (8),  pp.  205-208. 

—  Répartition  géographique.  ■ —  Endémique  de  l’Archipel  Caraïbe  : 
Martinique,  St-Vincent  et  avec  un  ?,  Margarita  (Cogniaux)  ;  de  plus  : 
Guadeloupe  [Orch.  p.  205)  et  Dominique  (Stehlé). 

—  Dominique.  —  Nouvelle  pour  F  Ile. 

Épiphyte,  Réserve  Caraïbe,  hauteurs  de  Bataca,  près  de  la  Rivière 
Pégoua,  ait.  380  m.,  24  avril  1946,  (H.  ég  M.  Stehlé  :  n.  6653). 


—  521  — 


—  Ecologie.  — •  Corticicole  de  la  forêt  mésophytique,  à  la  limite 
des  cultures  et  des  bois,  sur  Stylogyne  lateriflora  (Sw.)  Mez,  n.  6644. 
Indiquée  comme  limites  d’altitude  entre  300  et  700  mètres. 

Quelques  autres  espèces  de  Pleurothallis  :  PL  ruscifolia  (Jacq.) 
R.  Br.,  PI.  Imrayi,  Lindl.,  PL  aristata  Hook.,  y  existent  en  outre 
mais  ont  déjà  été  citées  par  Cogniaux  pour  la  Dominique. 

Epidendrum  ciliare  L.  Syst.  ed.  10,  1246.  1759,  var.  cuspidatum 
(Lodd.)  Lindl.  Fol.  Orch.  Épid.  30.  1853. 

Syn.  :  Epidendrum  cuspidatum  Lodd.  Bot.  Cab.  10.  1818  ;  Auliza  ciliaris 
Salisb.  Trans.  Hort.  Soc.  1,  294,  1812. 

Variété  antillaise,  robuste,  à  touffes  denses,  à  grandes  fleurs, 
de  6-8  cm.  de  cette  belle  espèce  odorante,  blanche  et  ornementale. 
Déjà  récoltée  à  la  Dominique  par  Imray,  Hoskin  et  Nicholls 
(Cogniaux  p.  508).  Réserve  Caraïbe  :  de  Bataca  à  Pegoua  River, 
ait.  380  m.,  corticole  sur  Tabebuia  pallida  Miers  subspec.  domini- 
censis  (Urban)  Stehlé,  (H.  <5p  M.  Stehlé,  n.  6650). 


Burmanniacées. 

Apteria  hymenanthera  Miq.  Stirp.  Sur.  216.  1850. 

Syn.  :  Apteria  setacea  Hook.  PI.  ser.  II  ;  tab.  660.  1844  non  Nutt.  1834  ; 
Voyria  tenella  Griseb.  kar.  94.  1857,  non  Guild.  1830  ;  Apteria  lilacina  Duss 
1897,  non  Miers  1840. 

Illustr.  :  Miquel,  Stirp.  Sur.  tab.  65,  fi  g.  A  ;  Urban,  Symb.  Ant.  III, 
433  ;  fig.  28-32  ;  Stehlé,  Orch.  Fl.  Descr.  Ant.  fr.,  Burm.  279,  pl.  31. 

Espèce  rare,  saprophyte,  de  3  à  15  cm.  de  haut,  très  grêle,  à  tige 
filiforme,  rouge  violacée  ou  pourpre,  à  feuilles  scarieuses,  réduites 
à  des  écailles  linéaires,  engainantes  et  caulinaires,  de  2-4  mm.  ; 
inflorescence  pauciflore,  de  1-3  fleurs  lilas,  violettes  ou  bleu  pâle, 
à  périgone  blanchâtre  mais  corolle  intérieurement  maculée  de  taches 
violet-bleu  foncées,  élégantes,  à  capsule  obovoïde  ou  ovale,  de  1,5  à 
3  mm.  Descriptions  détaillées  dans  Urban  (16),  vol.  III,  p.  449, 
Britton  &  Wilson  (2),  p.  179. 

—  Répartition  géographique.  - —  Urban,  qui  a  fait  la  révision  de  la 
famille  dans  les  Symbolæ  Antillanæ  (vol.  III)  donne  pour  chaque 
espèce  les  pays,  lieux  et  collecteurs  avec  la  plus  grande  précision. 
Pour  cette  espèce  (p.  449),  il  indique  :  Cuba,  Jamaïque,  Porto-Rico, 
Guadeloupe,  Trinidad,  Guyane  française  et  Brésil. 

— -  Dominique.  —  Sur  la  foi  de  Britton  et  Wilson  (2),  p.  179,  nous 
avions  indiqué  de  plus,  l’Amérique  Centrale  et  la  Dominique,  dans  les 
Orchidales  (8)  p.  280,  mais  sans  preuve,  aucun  collecteur  ni  lieu 
n’étant  cités  et  aucun  specimen  examiné  en  herbier.  Nous  n’avons 
pu  la  trouver  à  la  Martinique,  mais  elle  est  bien  à  la  Dominique. 


—  522  — 


Saprophyte,  Réserve  Caraïbe,  hauteurs  du  Gommier,  ait..  800  m. 
vers  Aïwaci,  22  avril  1946,  sur  un  gisement  d’humus  forestier  dense, 
près  de  Leiphames  aphylla  (Jacq.)  Gilg  (H.  et  M.  Stehlé,  n.  6429), 
Gentianacée  délicate,  et  de  Cranichis  diphylla  Sw.  (n.  6431),  toutes 
trois  très  rares,  (H.  âp  M.  Stehlé  :  n.  6430). 


Cyperacées. 

Cyperus  alternifolius  L.  Mant.  28.  1767. 

Espèce  pérenne  et  glabre,  à  tige  de  1  m  50  de  haut,  trigone  et 
lisse,  à  feuille  lancéolée,  acuminée,  de  10  à  25  cm.  ou  linéaire  et 
plate,  à  umbelles  larges  de  15  cm.,  à  nombreux  rayons  et  épis  digités 
et  linéaires  de  1  cm.  de  long,  écailles  vert  jaune  ou  brunâtres,  lan¬ 
céolées,  à  achène  trigone,  oblong  et  étroit. 

C’est  1’  «  umbrella  sedge  »,  native  de  Madagascar  et  naturalisée 
aux  Antilles  dans  les  marécages  et  le  long  des  cours  d’eau. 

—  Répartition  géographique.  —  Floride  et  Bermudes,  Cuba,  Porto- 
Rico,  Guadeloupe,  Martinique,  St  Vincent  (Britton  et  Wilson,  vol.  V, 
P.  83). 

Dominique.  —  Réserve  Caraïbe,  bords  alluvionnaires  de  la 
Rivière  Pégoua,  ait.  10  m.,  24  avril  1946,  (H.  <$•  M.  Stehlé,  n.  6402). 

Mariscus  planifolius  (L.  Cl.  Rich).  Urban,  Symb.  Ant.,  II,  p.  165. 
1900. 

Syn.  :  Cyperus  purpurascens  Vahl,  Enum.  II,  359,  1806  ;  Cyperus 
brunneus  Griseb.  Fl.  Br.  W.  I.  I.,  595,  1864  ;  Mariscus  purpurascens 
Clarke  in  Urb.  Symb.  Ant.  II,  51,  1900. 

Espèce  décrite  dans  Britton  et  Wilson  (2)  V,  p.  88  en  adoptant 
le  nom  de  Cyperus  planifolius  de  L.  Cl.  Richard,  Act.  Soc.  Hist.  Nat. 
Paris,  I,  106.  1792.  Plante  vivace,  de  80  à  90  cm  de  haut,  à  feuilles 
vert  pâle,  de  5  à  12  mm.  de  large,  celles  de  l’involucre  mesurant 
60  cm.  de  long,  à  inflorescence  en  ombelles  de  5  à  12  cm.  de  long, 
à  épillets  de  1  cm.,  portant  de  8  à  12  achènes  obovoïdes  et  trian¬ 
gulaires. 

Plante  antillaise,  des  abords  de  mangrove  ou  de  rivières,  connue 
depuis  Porto- Rico  à  Trinidad  et  jusqu’à  Aruba,  mais  non  sur  le  Con¬ 
tinent.  Indiquée  par  Urban  (16),  vol.  IV,  p.  115,  pour  la  Dominique, 
sans  localisation,  collecteur  et  numéro  de  récolte. 

—  Dominique.  —  Psammophile,  littorale,  assez  abondante  sur  les 
sables  qui  entourent  le  cimetière  de  Portsmouth,  à  Grande  Anse, 
ait.  10  m.,  25  avril  1946,  (H.  ÿ  M.  Stehlé  :  n.  6381). 

Heleocharis  geniculata  (L.)  Roem.  et  Schult.,  emend.  H.  K. 
Svenson,  non  sensu  auct.  recent  :  Clarke,  Urban,  Britton  &  Wilson. 

Syn.  Heleocharis  geniculata  Roem.  &  Schult.  Syst.  Veg.  150,  1817  ; 


-  523 


Scirpus  geniculatus  L.  Sp.  PI.  48,  1753  ;  Heleocharis  capitala  R.  Br.  Prodr. 
225,  1910  ;  Heleocharis  caribaea  Blake,  in  Rhodora,  20,  24,  1918  ;  Heleo¬ 
charis  microformis  Buckley  in  Svenson ,  1929. 

Espèce  dont  la  conception  a  été  longtemps  faussée.  Elle  est  dési¬ 
gnée  par  Urban  (16),  IV,  117  et  VIII,  62,  sous  le  nom  de  capitata 
R.  Br.,  attribuant  le  binôme  de  H.  geniculata  R.  et  S.,  à  une  autre 
plante,  bien  différente  et  par  Britton  et  Wilson  sous  celui  de  H.  cari¬ 
baea  Blake.  La  confusion  est  basée  sur  le  traitement  de  H.  capitata 
R  Br.  comme  une  combinaison  de  Scirpus  capitatus  L.,  ce  qui  est 
erroné  et  contraire  aux  règles.  Sc.  capitatus  L.  est  bien,  en  fait,  un 
Heleocharis,  mais  non  Y  H.  capitata  R.  Br.  Le  H.  geniculata  des 
auteurs  récents,  Clarke,  Urban,  Britton  et  Wilson  et  Svenson  lui- 
même  avant  1939,  devient,  dans  cette  nouvelle  conception  logique, 
H.  elegans  (H.  B.  &  K.)  Roem.  et  Schult.,  basé  sur  Scirpus  elegans 
H.  B.  &  K.  Une  révision  complète  taxonomiquement,  description  et 
dessins,  avec  échantillons  cités,  a  été  faite  par  tf.  K.  Svenson,  Monogr. 
St.  Gen.  Eleocharis,  Brooklyn,  n°  85,  pp.  50-52,  en  1939.  Aux  spéci¬ 
mens  indiqués  nous  avons  ajouté,  p.  92,  diverses  plantes  des  Antilles 
françaises,  récoltées  par  Duss,  l’Herminier,  Husnot,  Plée,  H.  et  M. 
Stehlé,  surtout  de  l’herbier  du  Muséum  de  Paris  et  de  nos  collections. 

—  Répartition  géographique.  —  Britton  et  Wilson  (2),  p.  91, 
l’indique  sous  H.  caribaea,  comme  suit  :  Porto-Rico,  Iles  Vierges,  Sud- 
Est  des  Etats-Unis,  de  la  Californie  au  Paraguay,  Tropiques  et  sub¬ 
tropiques  de  l’ancien  monde.  Urban  (16),  vol.  IV,  p.  117,  sous  H. 
capitata  R.  Br.  indique  :  Bermudes,  Bahamas,  Cuba,  Jamaïque, 
Hispaniola,  Porto-Rico,  St-Thomas,  Ste-Croix,  St  Martin,  Antigue, 
■Guadeloupe,  Martinique,  Barbade,  Tobago,  Trinidad,  Margarita, 
tropiques  et  subtropiques.  Nulle  part  elle  n’est  citée  pour  la  Domi¬ 
nique. 

—  Dominique.  —  Hélophyte,  bord  de  cours  d’eau  vaseux  et  de 
fossés,  tapis  abondant  en  brosse,  Le  Marigot,  ait.  50  m.,  24  avril 
1946,  (H.  et  M.  Stehlé,  n.  6400). 

Heleocharis  interstincta  (Vahl)  R.  Br.  Prodr.  224,  in  nota  1810. 

Syn.  :  Scirpus  interstinctus  Vahl,  Enum.  2,  251.  1805. 

Espèce  perenne,  haute  de  45  cm.  à  1  m.  10,  à  tiges  cylindriques, 
creuses,  cloisonnées  aux  noeuds,  à  épis  cylindriques  de  4  cm.,  très 
florifères,  à  achènes  obovoïdes,  bruns  et  brillants. 

Bien  décrite  dans  la  plupart  des  flores  antillaises  classiques  ; 
indiquée  par  Duss  (3),  p.  545,  comme  H.  plantaginea  Boeck  ;  échantil¬ 
lons  nouveaux  des  Antilles  françaises  identifiés  par  H.  Stehlé  (12) 
p.  93.  Urban  (16),  vol.  IV,  p.  116,  l’indique  avec  presque  tout  l’Archi¬ 
pel  Caraïbe  pour  la  Dominique,  mais  sans  localisation  ni  collecteur. 

— ■  Dominique.  —  Hélophyte,  Réserve  Caraïbe,  Hauteurs  de 
Sylvania,  près  Rivière  Layou,  ait.  600  m.,  sur  un  terrain  vaseux, 
en  colonisation  dense,  28  avril  1946,  (H.  et  M.  Stehlé,  n.  6328). 


—  524  — 


Graminées. 

Parmi  les  Graminées  observées,  retenons  la  localisation  des  deux 
espèces  sylvestres  suivants  du  genre  Lasiascis. 

Lasiascis  sorghoidea  (Desv.)  Hitche.  &  Chase,  Contrib.  U.  S.  Nat. 
lier  b.  18.  3338,  1917. 

Syn.  :  Panicum  lunatum  Sw.  Prodr.  Veg.  Ind.  Occ.  24.  1788,  non 
Rottb.  1776. 

Panicum  sorghoideum  Desv.,  Hamilt.  Prodr.  10,  1825  ;  Panicum  marti- 
nicense  Griseb.  Fl.  Brit.  W.I.  I.  552,  1864  ;  Lasiascis  Swarlzianum  Hitchc. 
Bot.  Gaz.  51,  302,  1911. 

Espèce  très  bien  décrite  dans  Urban  (Fedde,  Repert.  Sp.  Noo.  16, 
149)  en  1919  et  dans  Hitchcock  (5)  pp.  308-309  en  1936. 

C’est  une  Graminée  liânoïde,  grimpante,  sarmenteuse,  de  5  à  7  m. 
de  haut,  à  branches  grêles  terminées  par  des  rameaux  fasciculés,  à 
feuilles  lancéolées  ou  elliptiques,  à  panicules  de  10-20  cm.  de  long, 
à  fleurs  nombreuses  et  compactes,  à  épillets  de  4  à  5  mm.  de  long. 

Plante  sylvestre  des  abords  de  ravines  et  de  lisières. 

—  Répartition  géographique.  —  Du  Mexique  à  l’Argentine  et  la 
Bolivie  à  travers  les  Antilles.  Pour  les  Petites  Antilles,  Hitchcock 
indique  les  Iles  Vierges,  St  Kitts,  Antigue,  Guadeloupe,  Dominique, 
Montserrat,  Martinique,  Ste  Lucie,  Grenade  et  Tobago,  mais  non 
Trinidad. 

Il  n’a  pas  cité  ici  de  localisation  précise  pour  la  Dominique,  comme 
cela  est  fait  pour  les  autres  espèces. 

—  Dominique.  —  Réserve  Caraïbe,  bois  dégradés,  à  la  lisière  des 
cultures,  Bataca,  ait.  200  m.,  22  avril  1946,  (II.  $M.  Stehlé,  n.  6380). 

Lasiascis  patentiflora  Hitchc.  &  Chase,  Contrib.  U.  S.  Nat.  Herb. 
18.  338.  1917. 

Espèce  voisine  de  la  précédente  et  de  L.  Sloanei  (Griseb.)  Hitchc  ; 
en  diffère  par  son  apparence  générale  plus  étroite,  ses  feuilles  moins 
larges,  sa  floraison  moins  dense,  ses  panicules  plus  grêles  à  épillets 
plus  petits  portés  sur  des  pédicelles  flexueux  et  étalés. 

Son  aire  géographique  couvre  les  Antilles,  l’Amérique  Centrale  et 
le  Venezuela. 

Aux  Petites  Antilles,  Hitchcock  (5),  p.  308,  l’indique  en  1936, 
pour  la  Dominique,  d’après  les  collections  de  Jones  et  Ramage  n.  49 
en  1889,  St-Vincent,  Grenade,  Trinidad  et  Tobago.  Elle  n’est  ni  en 
Guadeloupe  ni  en  Martinique  entre  lesquelles  la  Dominique  se  trouve 
placée  géographiquement. 

—  Dominique  :  Réserve  Caraïbe,  lisières  de  forêt  culturale,  sur 
latérites,  Bataca,  ait.  350  m.,  dénommée  «  calumet  »,  (H.  et  M. 
Stehlé,  n.  6378). 


—  525  — 


Smilacées. 

Smilax  guianensis  Vitman.  Summa  Plant,  V,  422.  1791. 

Syn.  :  Smilax  megalophylla  Duham.  Trait.  Arb.  II,  244,  1801  ;  Smilax 
macrophylla  Willd.  Sp.  Plant.  IV,  2,  786,  1806. 

Plante  inerme,  à  tige  très  haute,  jusqu’à  20  m.,  robuste,  glabre, 
à  feuilles  larges,  ovées,  profondément  cordées,  de  20  à  32  cm.  de 
long  sur  18  à  22  cm.  de  large  à  la  base  de  la  tige,  celles  du  sommet 
de  10-15  cm.  sur  9-13  cm.  et  plus,  membraneuses,  à  inflorescences  en 
ombelles  de  10  à  45  fleurs  jaunes  rougeâtres,  à  baies  crassulescentes, 
de  8  mm.  de  diamètre  et  semences  couleur  de  fer. 

Diagnose  excellente  de  cette  espèce  dans  la  révision  du  genre 
Smilax  L.  par  O.  E.  Schultz  in  Urban  (16),  vol.  V,  p.  27. 

Espèce  caribéo-guyanaise  :  Antigue,  Guadeloupe,  Dominique, 
Martinique  et  Guyane. 

—  Dominique  :  O.  E.  Schultz  (16)  indique  :  Morne  Gombo, 
Rosehill,  667  m.  ;  bois  de  Laudat,  (Eggers,  n.  31  ;  Rosehill  n.  1504 
et  Eggers  ed.  Tolpffer  n.  786).  Ajouter  :  sylvicole,  Réserve  Caraïbe, 
bois  dégradés  de  Rataca,  ait.  350  m.,  appelée  «  liane  bamboche  »,. 
(H.  &  M.  Stehlé,  n.  6377). 


Amaryllidacées. 

Hymenocallis  declinata  (Jacq.)  Roem.  Fam.  Nat.  4171.  1847. 

Syn.  :  Pancratium  declinatum  Jacq.  Sel.  Am.  99,  1763  ;  Pancratium 
expansum  Sims,  Bot.  Mag.  pl.  1941,  1817  ;  Hymenocallis  expansa  Herb. 
App.  44,  1821. 

Rulbe  subglobuleux  de  8  cm.  de  diamètre  ;  feuilles  crassulescentes 
sessiles,  linéaires-oblongues,  de  3  à  6  cm.  de  large  et  40  à  70  cm.  de 
long  ;  bractées  ovées-lancéolées,  de  3  à  6  cm.  ;  fleur  d’un  blanc  pur, 
à  périanthe  de  8  à  12  cm.  et  tube  grêle  de  5  à  10  cm.  de  long,  à  coupe 
staminale  de  3-4  cm.  Rien  décrit  dans  Britton  et  Wilson  (2),  pp.  160- 
161  ;  confondue  par  Urban  avec  H.  caribaea  (L.)  Herb.,  selon  Britton. 

—  Répartition  géographique  :  Bermudes,  Grandes  Antilles,  jusqu’à 
St  Kitts  et  Montserrat  (Britton  et  Wilson). 

—  Dominique  :  Réserve  Caraïbe,  sur  latérite,  Bataca,  ait.  300  m., 
23  avril  1946,  nommé  «  lis  de  l’huile  »,  (H.  ép  M.  Stehlé,  n.  6374). 

Nous  l’avions  prise  pour  H.  caribaea  (L.)  Herb.,  très  voisine  et 
déjà  collectée  en  Guadeloupe  et  en  Martinique,  mais  M.  Léonard 
(U.  S.  Nat.  Herb.  Wash.)  nous  l’identifia  comme  H.  declinata  (Jacq.) 
Roem.  après  comparaison  avec  les  specimens  de  la  Smithsonian 
Institution. 


—  526  — 


Dioscoreacées. 

Rajania  cordata  L.  Spec.  I,  ed.  2,  p.  1032.  1753. 

Syn.  :  Rajania  hastata  Kunth,  Enum,  V,  450,  1850  ;  Rajania  ovata 
Griseb.  Flor.  Brit.  W.I.  I.  588,  1864;  Rajania  pleioneura  Griseb .Flor. 
Brit.  W.I.  I.,  588,  1864. 

Liane  volubile,  de  3  à  10  m.  de  long,  glabre,  à  feuilles  alternes, 
coriaces,  oblongues-ovées,  triangulaires-ovées  ou  largement  ovées, 
de  8  à  20  cm.  de  long  sur  4  à  10  m.  de  large,  cordées  à  la  base,  à  fleurs 
jaune  verdâtre  ou  vertes,  en  inflorescences  staminées  et  pistilles 
séparées  de  10  à  30  cm.  de  long,  à  samares  étroites  ou  semi-obovées 
de  1  à  2,5  cm,  ailées. 

Décrite  dans  Britton  et  Wilson  (2),  V,  p.  165  et  dans  Stehlé  (9)  : 
Dioscoreacées,  pp.  192-193,  avec  indication  de  la  répartition  géo¬ 
graphique.  C’est  une  endémique  antillaise  :  De  Cuba  à  Trinidad. 

—  Dominique  :  Ajouter  ;  sylvestre,  des  forêts  dégradées,  hauteurs 
de  Bataca,  ait.  120  m.,  24  avril  1946,  appelée  «  igname  oua-oua  », 
( II.  éf  M.  Stehlé  :  n.  6404 ) . 

Cannacées. 

Canna  Lambertii  Lindl.  in  Bot.  Reg.  1827. 

Espèce  haute,  vigoureuse,  à  tige  verte,  à  feuilles  oblongues- 
lancéolées  ou  elliptiques,  aiguës,  à  fleurs  à  sépales  pourpres  ou 
lilas,  lancéolés,  de  1  à  1,2  cm.  de  long,  à  pétales  pourpres  de  3,5  cm. 
de  long,  à  étamines  obovées,  coalescentes  à  la  base,  brillantes,  rouges 
ou  cramoisies,  à  lèvre  pourpre,  fleur  très  ornementale,  spontanée  et 
.  cultivée. 

Indiquée  comme  Caraïbe  et  d’Amérique  du  Sud. 

—  Dominique  :  Béserve  Caraïbe,  hauteurs  de  Bataca,  sur  laté¬ 
rites,  ait.  200  m.,  22  avril  1946.  (H.  <$r  M.  Stehlé,  n.  6364). 

Laboratoire  de  Culture  du  Muséum 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES 

(1)  Breton  (R.  P.  Raimond).  —  Dictionnaires  Caraïbe-Français  et 

Français-Caraïbe,  Auxerre,  1665. 

(2)  Britton  (N.  L.)  &  Wilson  (P.).  —  Botany  of  Porto-Rico  and  the 

Virgin  Islands  (Descript.  Flora,  Spermat).  Bot.  Sc.  Surv.,  vol.  V  et 
VI,  New-York,  1923-26. 

(3)  Duss  (R.  P.  A.).  —  Flore  Phanérogamique  des  Antilles  françaises, 

Protat  Fr.  Mâcon,  1897. 


—  527  — 


(4)  Fawcett  (W.)  &  Rendle  (A.  B.).  — Flora  oj  Jamaïca,  vol.  1,  Orch. 

pp.  1-150,  oct.  1910. 

(5)  Hitchcock  (A.  S.).  —  Manual  of  the  Grasses  of  the  West  Indies, 

Mise.  Publ.  n°  243,  U.  S.  Dep.  Agr.  Washington,  1936. 

(6)  Leon  (Hermano).  —  Flora  de  Cuba,  vol.  1,  Gimm.,  Monocot.  La 

Habana,  1946. 

(7)  St  eh  i.é  (H.).  —  Notes  sur  la  répartition  et  l'écologie  des  Monoco- 

tylédones  nouvelles  ou  rares  de  la  Guadeloupe  et  Dépendances  (3e  Con¬ 
tribution),  84,  9  p.,  8  octobre  1937. 

(8)  Stehlé  (H.).  —  Les  Orchidales,  Flore  descriptive  des  Antilles  françaises, 

vol.  I,  306  p.  Fort-de-France.  Nov.  1939. 

(9)  Stehlé  (H.).  —  Les  Dioscoréacées  (Ignames)  :  Détermination,  cul¬ 

ture  et  intérêt  aux  Antilles  françaises,  Rev.  Agr.,  nov.  ser.,  vol.  II, 
n°  6,  p.  192  :  Rajania,  novembre  1945. 

(10)  Stehlé  (H.).  —  Les  poiriers  des  Antilles,  un  «  puzzle  »  taxonomique, 

in  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  93,  nos  1-4,  pp.  29-36,  Paris,  8  février  1946. 

(11)  Stehlé  (H.).  —  Les  reliques  végétales  de  la  Réserve  Caraïbe  de  la 

Dominique  (Antilles  Anglaises),  in  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  94,  nos  5-6, 
pp.  158-166,  Paris  1947. 

(12)  Stehlé  (H.).  —  Notes  taxonomiques  et  géographiques  sur  des  Grami¬ 

nées  et  Cypéracées  nouvelles  des  Antilles  françaises  (12e  Contri¬ 
bution),  in  Notulae  Systematicae,  t.  XIII,  fasc.  1-2,  pp.  72-97, 
Paris,  juin  1947. 

(13)  Stehlé  (H.).  —  Deux  Orchidées  nouvelles  pour  l’Archipel  Caraïbe 

(16e  Contribution),  in  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  juin  1953. 

(14)  Stehlé  (H.  &  M.)  et  Quentin  (L.).  — -  Flore  de  la  Guadeloupe  et 

Dépendances,  t.  II,  Catalogue  des  Phanérogames  et  Fougères, 
fasc.  1-2-3,  1938-1949. 

(15)  Svenson  (H.  K.).  —  Monogr.  St.  Gen.  Eleocharis,  n°  85,  pp.  50-52, 

Brooklyn,  1939. 

(16)  Urban  (Ign.).  —  Symbolae  Antillanae  seu  Fundamenta  Florae  Indiae 

Occidentalis,  Berlin,  1898-1928. 


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gamie  ;  parait  depuis  1909  ;  abonnement  au  volume,  France,  600  fr.  ; 
Etranger,  900  fr.). 

Revue  française  d' Entomologie.  (Directeur  M.  le  Dr  R.  Jeannel,  Laboratoire 
d’Entomologie  ;  paraît  depuis  1934  ;  abonnement  annuel,  France,  500  fr., 
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Bulletin  du  Laboratoire  maritime  du  Muséum  national  d’IIistoire  naturelle 
à  Dinard.  (Directeur  M.  E.  Fischer-Piette,  Laboratoire  maritime  de 
Dinard  ;  suite  du  même  Bulletin  à  Saint-Servan  ;  paraît  depuis  1928  ; 
prix  variable  par  fascicule). 

Bulletin  du  Musée  de  l’Homme.  (Place  du  Trocadéro  ;  paraît  depuis  1931  ; 
adressé  gratuitement  aux  Membres  de  la  Société  des  Amis  du  Musée 
de  l’Homme). 

Recueil  des  travaux  du  Laboratoire  de  physique  végétale.  (Laboratoire  de 
Chimie  ;  Section  de  Physique  végétale  ;  paraît  depuis  1927  ;  échange). 

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depuis  1934  ;  échange). 

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Chevalier,  Laboratoire  d’Agronotnie  coloniale  ;  paraît  depuis  1921. 
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Revue  Algologiquc.  (Directeur  MM.  R.  Lami,  et  P.  Bourrelly,  Labora¬ 
toire  de  Cryptogamie  ;  paraît  depuis  1924  ;  Nouvelle  série  à  partir 
du  1er  janvier  1954,  abonnement,  France,  400  fr.,  Etranger  600  fr.). 

Revue  Bryologique  et  Lichénologique.  (Directeur  Mme  Allorge,  Laboratoire 
de  Cryptogamie  :  paraît  depuis  1874  ;  abonnement,  France,  600  fr., 
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Revue  de  Mycologie  (anciennement  Annales  de  Cryptogamie  exotique). 
(Directeur  M.  Roger  Heim,  Laboratoire  de  Cryptogamie.  Paraît  depuis 
1928  ;  abonnement  France  et  territoires  d’Outre-Mer,  1400  fr.,  Etranger, 
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Mammalia,  Morphologie,  Biologie,  Systématique  des  Mammifères,  (Direc¬ 
teur  M.  Ed.  Bourdelle  ;  paraît  depuis  1936  ;  1000  fr.  ;  Étranger,  1400  fr.). 


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Tome  XXV 


2*  Série 


DÉCEMBRE  1953 


BULLETIN 

DU 

MUSÉUM  NATIONAL 
D'HISTOIRE  NATURELLE 


PARIS 

MUSÉUM  NATIONAL  D’HISTOIRE  NATURELLE 
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SOMMAIRE 


Communications  : 


Pages 


C.  Jouanin.  Le  matériel  ornithologique  de  la  mission  «  Passage  de  Vénus  sur  le 

soleil  »  (1874),  station  de  l’île  Saint-Paul . .  529 

P.  Budker.  Sur  le  cordon  ombilical  des  Squales  vivipares .  541 

M.  Bi.anc  et  Y.  Fourmànoir.  Poissons  d’Océanie  rapportés  par  M.  G.  Ranson 

en  1952 .  546 

A.  Urbain  et  P.  C.  J.  Roth.  L’anaphylaxie  chez  les  Grenouilles,  les  Tritons  et 

les  Couleuvres  à  collier .  551 

J.  Forest.  Crustacés  Décapodes  marcheurs  des  îles  de  Tahiti  et  des  Tuomotu. 

—  I.  Paguridea  ( suite ) .  555 

Y.  Plessis.  Comportement  de  Pinnotheres  pisum  Penn.  en  aquarium .  562 

M.  André.  Acariens  Phytoptipalpidae  parasites  des  Orchidées,  Cactées  et  plantes 
grasses  cultivées  en  serres  (suite).  —  IL  Brevipalpus  cactorum  Oud.  et 

B.  confusus  Baker .  563 

M.  Vaciion.  Nouveaux  cas  de  phorésie  chez  les  Pseudoscorpions .  572 

J.  Risbec.  Observations  sur  l’Anatomie  des  Terebridae  néo-calédoniens .  576 


J.  M.  Gaillard.  Révision  des  espèces  des  côtes  de  France  du  genre  Gibbula 

Risso  (Moll.  Prosobr.) . ‘ .  584 

G.  Cherbonnier.  Complément  à  l’étude  des  Holothuries  de  l’Afrique  du  Sud.  594 

J.  Léandri.  Une  mission  botanique  à  Madagascar .  599 

A.  Guillaumin.  Contributions  à  la  flore  de  la  Nouvelle-Calédonie.  CIV, 

Plantes  collectées  par  Miss  L.  E.  Clieesman .  695  ^ 

H.  Stehlé  et  Ed.  Bruet.  Esquisse  géologique  et  évolution  phytosociologique  sur 

les  sables  de  sédimentation  moderne  de  la  plage  de  Grande  Anse- 
Deshaÿes,  en  Guadeloupe .  610 

Cl.-CIi.  Mathon.  L’écologie  du  développement  des  Ægilops  (Graminées).  - 

2e  partie.  —  L’analyse  stadiale  précisée,  lre  note .  621 

A.  Cavaco.  Synopsis  des  Amaranthacées  de  Madagascar  et  des  Comores .  629 

M.  Pichon.  Un  Tabernanthe  (Apocynacée)  nouveau  de  l’Angola .  637 

C.-A.  Baud  et  P.  W.  Morgenthaler.  Sur  l’ultrastructure  du  tissu  osseux  d’un 

Poisson  Téléostéen  fossile  :  Diplomystus  brevissimus  (Fain.  Clupeidae) .  .  641 

P.  Brebion.  Scalaturris  riedeli  n.  g.  et  n.  sp.,  Gastéropode  du  Crétacé  supérieur 

du  Cameroun .  645 

E.  Buge.  Ilaplopomella,  un  genre  nouveau  de  Bryozoaires  iossiles .  647 

J.  Roman.  Galles  de  Myzostomides  chez  des  Clypéastres  de  Turquie .  650 

Actes  administratifs .  655 

Table  des  matières  du  Tome  XXV .  659 


BULLETIN 

DU 

MUSÉUM  NATIONAL  D’HISTOIRE  NATURELLE 


ANNÉE  1953.  —  N°  6. 


399e  RÉUNION  DES  NATURALISTES  DU  MUSÉUM 

3  DÉCEMBRE  1953 


PRÉSIDENCE  DE  M.  LE  PROFESSEUR  A.  GUILLAUMIN 


COMMUNICATIONS 


Le  matériel  ornithologique 

DE  LA  MISSION  «  PASSAGE  DE  VÉNUS  SUR  LE  SOLEIL  »  (1874), 
STATION  DE  VILE  SAINT-PAUL. 

Par  Christian  Jouanin. 


La  documentation  ornithologique  concernant  File  Saint-Paul 
(océan  Indien)  reste  très  précaire  en  général  dans  les  divers  musées 
du  monde;  C’est  pourquoi  il  nous  a  paru  utile  de  publier  l’inventaire 
de  celle  qui  figure  dans  les  collections  du  Muséum  de  Paris,  parti-; 
culièrement  favorisé  à  cet  égard,  et  qui  comprend  des  spécimens 
montés,  quelques  peaux,  des  oiseaux  et  des  œufs  conservés  en  alcool, 
et  des  œufs  vidés. 

Tout  cet  ensemble  a  été  réuni  à  Saint-Paul  pendant  le  séjour 
de  la  mission  française  chargée  d’observer  le  passage  de  Vernis 
devant  le  soleil,  le  9  décembre  1874.  Le  personnel  de  l’expédition 
comportait  plusieurs  naturalistes  auxquels  s’était  joint,  lors  du 
passage  de  la  mission  à  l’île  de  la  Réunion,  le  conservateur  du  Musée 
d’histoire  naturelle  de  Saint-Denis,  Auguste  Lantz.  C’est  ce  dernier 
qui  assuma  la  plus  grande  part  des  recherches  ornithologiques,  mais 
Gaston  de  l’Isle  et  Charles  Vèlain  y  contribuèrent  aussi,  en  dépit 
de  leurs  programmes  respectifs,  relatifs  à  la  Botanique  et  à  la 
Géologie. 


Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


33 


—  530 


Il  faut  regretter  qué  le  matériel  réuni  par  ces  naturalistes  n’ait 
pas  fait  l’objet  d’une  publication  particulière  dans  les  comptes 
rendus  définitifs  de  l’expédition  1,  avant  que  des  dons  divers  n’aient 
un  peu  trop  généreusement  dispersé  une  importante  fraction  de 
la  collection  remise  au  Muséum  2.  En  outre  depuis  lors,  trop  souvent 
les  étiquettes  originales  des  spécimens  ont  été  perdues.  Enfin  il  eut 
été  intéressant  de  connaître  les  observations  que  n’avait  pu  manquer 
de  faire  le  fervent  ornithologiste  qu’était  Auguste  Lantz. 

Sans  vouloir  retracer  l’histoire  de  l’expédition,  rappelons  briève¬ 
ment  qu’elle  demeura  à  Saint-Paul  du  4  octobre  1874  au  4  jan¬ 
vier  1875.  Les  naturalistes  cités  quittèrent  la  station  le  12  décembre, 
afin  d’explorer  l’île  voisine  de  la  Nouvelle-Amsterdam,  où  on  vint 
les  rechercher  le  25  décembre.  A  notre  connaissance  la  mission  ne 
rapporta  aucun  document  ornithologique  de  la  Nouvelle- Amster¬ 
dam,  mais  par  contre  la  collection  d’oiseaux  réunie  à  Saint-Paul 
par  Auguste  Lantz  devait  être  considérable,  car  des  spécimens 
préparés  par  les  soins  de  ce  naturaliste  infatigable  figurent  dans 
de  nombreuses  institutions  3  et  sans  doute  un  grand  nombre  d’entre 
eux  ont-ils  été  retenus  par  le  musée  de  Saint-Denis  de  la  Réunion 
où  nous  présumons  qu’ils  existent  encore. 

Dans  les  tableaux  de  mesures  (exprimées  toutes  en  millimètres) 
des  pages  suivantes,  chaque  spécimen  est  marqué  de  la  lettre  P 
ou  M,  selon  qu’il  se  présente  de  nos  jours  en  peau  ou  monté.  Nous 
avons  cru  bon  de  donner  cette  indication,  car  les  mesures  sont  parfois 
délicates  à  prendre  sur  un  sujet  monté,  et  de  ce  fait  moins  rigoureuses. 


Sphénisci'formes. 

Eudyptes  cristatus  Moseleyi  Mathews  et  Iredale 

Matériel  :  un  adulte  en  peau  ;  trois  adultes  montés  ;  trois  poussins 
montés  ;  cinq  poussins  conservés  en  alcool  ;  quatre  œufs  vidés  ;  trois 
œufs  embryonnés,  conservés  en  alcool. 


1.  Une  liste,  sans  aucun  détail  circonstancié,  des  espèces  collectées  a  cependant  été 
publiée  par  A.  Milne-Edwards  dans  une  note  de  ses  «  Recherches  sur  la  faune  des 
régions  australes  »  (1882  :  48).  Elle  doit  être  complétée  par  l’addition  de  Diomedea 
chrysostoma  et  de  Procellaria  cinerea.  Par  ailleurs  le  nom  de  Sterna  frontalis  qui  s’y 
trouve  mentionné  doit  être  tenu  pour  un  synonyme  de  St.  vittata,  car  il  correspond  à 
une  phase  immature  de  cette  dernière  espèce  (jeunes  âgés  d’un  an  environ). 

2.  Parmi  les  bénéficiaires,  nous  avons  relevé  dans  les  registres  les  musées  des  villes 
de  Bordeaux,  Boulogne-sur-Mer,  Grenoble,  Levallois-Perret,  Mâcon,  Nancy,  Nantes, 
Rennes,  Toulouse  et  Verdun  !  D’autres  spécimens  ont  été  donnés  en  échange  au  musée 
d’Otago,  au  Japon,  etc... 

3.  De  tels  spécimens,  sans  être  passés  par  l’intermédiaire  du  Muséum,  se  trouvaient 
ou  se  trouvent  encore  au  Musée  des  Colonies,  dans  la  collection  Marmottan,  à  la  Faculté 
des  Sciences  et  à  la  Faculté  de  Pharmacie  de  l’Université  de  Paris.  Il  est  probable 
que  beaucoup  d’autres  ont  échappé  à  nos  investigations... 


531 


Sexe 

Date 

Aileron 

Queue 

Tarse 

Doigt 

médian 

Culmen 

Huppes 

céphal. 

M  S  ad. 

_ 

162 

78 

26 

64 

50 

99 

M  $  ad. 

— 

158 

84 

28 

64.5 

45.5 

81 

P  —  ad. 

_ 

169 

79 

28 

65 

44 

90 

M  —  ad. 

— 

159 

86 

28.5 

61.5 

43.5 

89 

M  —  pull. 

— 

— 

— 

— 

— 

— 

- : 

M  - —  pull. 

6  novembre 

— 

- . 

— 

— 

— 

_ 

M  —  pull. 

6  novembre 

— 

-  ' 

— 

— 

— 

Œufs  :  69.6  X  54.4;  67.4  X  52.3;  67.5  X  50.8;  63  X  50.2. 


Nos  quatre  exemplaires  adultes  confirment  pleinement  la  sug¬ 
gestion  de  R.  A.  Falla  (1938  :  199)  qui,  sur  l’examen  d’un  seul 
spécimen,  envisageait  l’hypothèse  d’une  distinction  subspécifique 
des  Gorfous  dorés  de  Saint-Paul  et  de  ceux  des  latitudes  plus 
méridionales. 

Un  ensemble  de  caractères  permet  en  effet  de  séparer  les  spécimens 
de  Saint-Paul  de  notre  matériel  de  comparaison  en  provenance  de 
Kerguelen  et  de  l’île  Campbell  ;  le  développement  des  parures  cépha¬ 
liques,  la  teinte  de  la  gorge  et  des  joues,  la  tache  noire  terminale  de 
la  face  interne  de  l’aileron.  Chez  les  premiers,  les  huppes  latérales 
de  la  tête  sont  plus  fournies  avec  des  plumes  jaunes  et  noires  nota¬ 
blement  plus  longues.  De  plus  la  gorge  et  les  joues  ne  sont  pas 
d’un  noir  aussi  pur  que  chez  la  forme  typique;  elles  sont  moins 
obscures,  brun  cendré  ou  gris  brunâtre,  et  ceci,  comme  l’a  justement 
noté  Falla,  ne  paraît  aucunement  en  rapport  avec  l’usure  de  la 
plume.  Enfin  la  tache  terminale  noire  de  la  face  interne  de  l’aileron 
est  beaucoup  plus  étendue  sur  les  exemplaires  de  Saint-Paul  que 
sur  les  autres,  où  parfois  elle  se  trouve  réduite  à  un  mince  filet. 
Toutefois  il  y  a  de  grandes  variations  individuelles  dans  la  forme 
et  l’étendue  de  la  tache  tant  chez  les  premiers  que  chez  les  seconds. 

Les  Gorfous  dorés  de  Tristan  da  Cunha  présentent  également  tous 
ces  caractères,  ainsi  que  nous  l’a  confirmé  Mr  H.  I.  Elliott,  qui  a 
comparé  le  précieux  matériel  ramené  par  lui-même  de  cette  localité 
aux  peaux  du  British  Muséum  et  que  nous  tenons  à  remercier  bien 
vivement  ici  de  son  obligeance  et  des  renseignements  qu’il  nous  a 
aimablement  communiqués. 

Il  convient  donc  à  notre  ayis  de  rétablir  dans  la  nomenclature 
le  nom  subspécifique  de  E.  c.  Moseleyi  créé  par  Mathews  et  Iredale 
à  l’usage  des  Manchots  de  Nightingale  dont  les  parures  céphaliques 
avaient  attiré  l’attention  de  ces  auteurs,  à  la  suite  de  Murray, 
cette  appellation  s’appliquant  donc  aux  populations  des  îles  Tristan 


—  532  — 


da  Cunha,  Nightingale,  Inaccessible  (Gough  aussi  sans  doute), 
Saint-Paul  et  Nouvelle-Amsterdam  (deux  spécimens  de  cette  der¬ 
nière  île  au  Muséum  de  Paris  attestent  cette  identité). 

Les  œufs  embryonnés  et  conservés  en  alcool  que  rapporta  Vélain 
sont  malheureusement  dépourvus  de  toute  indication  de  date  : 
l’un  d’entre  eux,  ramassé  au  moment  de  l’éclosion,  alors  que  le 
jeune  Manchot  tentait  de  se  libérer  de  sa  coquille,  aurait  été  un 
document  de  valeur  relativement  à  cette  date  importante  du  cycle 
vital.  Deux  des  poussins  montés  portent  la  date  du  6  novembre  et 
leur  âge  apparant  vient  à  l’appui  des  indications  publiées  par  Vélain 
sur  l’époque  de  la  nidification,  indications  qui  concordent  d’ailleurs 
avec  ce  que  l’on  sait  des  Gorfous  de  Tristan  da  Cunha.  La  période 
de  reproduction  est  dans  ces  îles  en  avance  de  plus  d’un  mois  sur 
les  oiseaux  des  Falkland  (Murphy,  1936:  423),  de  plus  de  deux  mois 
sur  ceux  de  Kerguelen,  de  Heard,  de  Macquarie  (Aubert  de  la 
Rüe,  1953  :  133  ;  Falla,  1937  :  91,  94). 


Procellariiformes. 
Diomedea  exulans  exulans  Linné 


Matériel  :  un  spécimen  en  peau. 


Sexe 

Date 

Aile 

Queue 

Tarse 

Doigt 

médian 

Culmcn 

p  — 

— 

632 

197 

116 

166 

165.5 

D’après  les  dimensions  de  son  bec,  ce  spécimen,  unique  de  son 
espèce  dans  la  collection  de  la  mission  Passage-de- Vénus,  ne  peut 
être  assimilé  à  la  forme  D.  e.  dabbenena  Mathews,  connue  pour  nicher 
dans  les  îles  subantarctiques  de  l’Atlantique  sud.  Par  sa  pattern  il 
est  une  réplique  fidèle,  semble-t-il,  de  la  jeune  Ç  qui  fait  l’objet 
de  la  planche  37  de  l’ouvrage  de  Niall  Rankin,  Antarctic  Isle  : 
ailes  et  queue  brun  foncé  ;  sommet  de  la  tête  brunâtre  ;  joues  et 
gorge  blanches  ;  dos  largement  taché  de  brun  ;  poitrine  gris  bru¬ 
nâtre  ;  abdomen  blanchâtre. 

S’il  faut  en  croire  Vélain  (1877  :  49),  l’Albatros  hurleur  ne  se 
reproduit  pas  à  Saint-Paul,  dont  la  topographie  n’offre  pas  d’ailleurs 
les  grandes  prairies  peu  inclinées  que  cette  espèce  recherche  pour 
édifier  son  nid. 


533  — 


Diomedea  melanophrys  Temminck 

Matériel  :  un  spécimen  en  peau  ;  trois  spécimens  montés. 


Sexe 

Date 

| 

Aile 

Queue 

Tarse 

Doigt 

médian 

Culmen 

P  -  ad. 

_ 

511 

198 

81 

118 

117 

M  —  ad. 

— 

507 

189 

81 

122 

114 

M  S  imm. 

septembre 

522 

200 

83 

129 

116 

M  3  imm. 

515 

197 

80 

1 

127 

120 

Nous  considérons  les  deux  individus  donnés  pour  mâles  comme 
des  immatures  en  état  de  vol  depuis  six  mois  environ,  car,  malgré 
le  vernis  dont  leur  bec  a  été  enduit  lors  du  montage,  on  peut  se 
rendre  compte  que  celui-ci  a  été  d’un  jaune  moins  franc  que  ce  ne 
fut  le  cas  chez  les  deux  autres  exemplaires.  La  base  du  culmen  est 
de  teinte  obscure,  et,  sauf  tout  à  fait  l’extrémité,  les  onglets  de  la 
maxille  et  de  la  mandibule  sont  noirâtres.  Pourtant  la 'tête  de  ces 
deux  mâles  est  blanche,  mais  on  sait  que  la  coloration  grise  à  ce 
niveau  du  plumage  des  jeunes  disparaît  rapidement  par  usure, 
bien  avant  la  première  mue. 


Diomede,a  chrysostoma  Forster 
Matériel  :  deux  spécimens  montés. 


Sexe 

Date 

Aile 

Queue 

Tarse  | 

Doigt  ' 
médian 

Culmen 

M  —  ad. 

_ _ 

498 

204 

82 

122 

110 

M  —  imm. 

— 

518 

185 

80 

127 

114 

Le  second  spécimen  est  un  immature,  âgé  de  moins  d’un  an,  comme 
en  témoigne  la  coloration  gris  brunâtre  de  la  tête  et  du  cou.  La  teinte 
jaune  de  l’arête  culminale  et  du  bord  inférieur  de  la  mandibule 
est  déjà  sensible,  mais  elle  n’est  pas  aussi  franchement  délimitée 
que  chez  l’adulte. 

Diomedea  chlororhynchos  Gmelin 
Matériel  :  trois  spécimens  montés. 


Sexe  Date 

Aile 

Queue 

Tarse 

Doigt 
médian  1 

Culmen 

M  <J  ad.  26  novembre 

453 

194 

74 

110 

115 

M  3  ad.  — 

470 

187 

75 

109 

117 

M  $  ad.  16  novembre 

461 

189 

75 

113 

114 

—  534  — 


On  ne  peut  qu’être  surpris  du  nombre  et  de  la  diversité  spécifique 
de  ces  Albatros  connus  des  marins  sous  le  nom  de  «  Malamocs  », 
qui  furent  rapportés  par  la  mission.  On  admet  en  général  que  Saint- 
Paul  est  l’un  des  territoires  de  nidification  de  Diomedea  chlororhyn- 
chos,  Albatros  des  latitudes  subantarctiques  tempérées,  bien  qu’à 
vrai  dire  le  texte  de  Pelzeln  (1869 :  149)  sur  lequel  repose  cette  asser¬ 
tion  ne  nous  paraisse  que  médiocrement  explicite  :  mais  la  suppo¬ 
sition  est  en  tous  cas  parfaitement  vraisemblable.  Par  contre  il 
serait  étonnant  que  Diomedea  melanophrys  se  rencontre  également 
au  titre  de  nidificateur  dans  l’île,  étant  donné  tout  ce  que  l’on  sait 
par  ailleurs  de  la  distribution  plus  méridionale  de  cette  dernière 
espèce.  Pourtant  la  publication  de  Vélain  le  laisse  entendre,  mais 
elle  est  entachée  de  trop  d’inexactitudes,  notamment  semble-t-il 
au  sujet  de  la  ponte  de  ces  oiseaux,  pour  que  l’on  puisse  fonder  sur 
elle  une  affirmation.  Le  nombre  des  Diomedea  melanophrys  récoltés, 
et  ce  à  l’époque  normale  de  la  reproduction  de  l’espèce  (il  y  en  eut 
d’autres  que  ceux  indiqués  ci-dessus,  dont  on  retrouve  la  mention 
au  registre  d’inscription  du  laboratoire,  mais  qui  furent  donnés 
ultérieurement  à  diverses  institutions),  suggère  la  même  idée,  mais 
il  est  possible  que  dans  tous  les  cas  nous  ayons  affaire  à  des  individus 
non  reproducteurs,  bien  que  plusieurs  aient  l’âpparence  d’adultes. 

Phoebetria  fusca  (Hilsenberg) 

Matériel  :  deux  spécimens  en  peau  ;  trois  spécimens  montés  ;  un  œuf 
vidé  ;  quatre  œufs  embryonnés,  conservés  en  alcool. 


Sexe  Date 

Aile 

Queue 

Tarse 

Doigt 

médian 

Culmen 

P  3  ad.  4  décembre 

519 

269 

79 

117 

113.5 

M  3  ad.  — 

520 

268 

77 

117 

112 

P  ?  ad.  fin  octobre 

(489) 

273 

76.5 

113 

104 

M  ?  ad.  23  octobre 

500 

259 

76 

118 

106 

M  —  ad.  — 

495 

252 

75 

115 

100 

Œufs  :  112.4  X  64.1  ;  109.9  X  63  ;  109.1  X  63.7  ;  107.5  X  64.6. 
Les  quatre  œufs  embryonnés  portent  la  date  du  8  novembre. 


Le  matériel  énuméré  atteste  la  présence  à  l’île  Saint-Paul,  comme 
nicheur,  de  Phoebetria  fusca,  dont  la  nidification  est  par  ailleurs 
également  prouvée  à  Tristan  da  Cunha,  Nightingale,  Inaccessible, 
Gough  et  Marion. 

Dans  son  étude  de  l’avifaune  de  Saint-Paul,  il  semble  que  Vélain 
ait  confondu  des  données  relatives  à  «  Diomedea  fuliginosa  »  et  d’au¬ 
tres  relatives  aux  Skuas  ;  aussi  les  indications  qu’il  a  publiées 


535 


au  sujet  de  la  nidification  de  Phoebetria  ne  peuvent-elles  être  retenues. 
Mais  les  œufs  conservés  appartiennent  indiscutablement  à  cette 
espèce  et  ils  portent  la  date  du  8  novembre.  Le  calendrier  de  la  vie 
annuelle  pour  les  Phoebetria  fusca  de  Saint-Paul  est  sans  doute 
très  semblable  à  celui  que  l’on  observe  pour  ceux  de  Tristan  da 
Cunha. 


Macronectes  giganteus  (Gmelin) 
Matériel  :  deux  spécimens  montés. 


Sexe 

Date 

Aile 

Queue 

Tarse 

Doigt 

médian 

Culmen 

M 

547 

191 

92 

141 

98 

M 

— , 

— 

479 

169 

86 

125 

91 

Le  premier  de  ces  spécimens  est  uniformément  brun  chocolat 
(phase  sombre  caractéristique  des  individus  jeunes)  ;  le  second 
—  une  $  d’après  sa  petite  taille  ?  — ,  moins  foncé,  avec  la  face  et 
la  gorge  blanchâtres  ou  grisâtres,  correspond  au  type  de  coloration 
que  Niall  Rankin  appelle  «  dark  intermediate  variety  »  (1951  :  296  ; 
pl.  71). 


Procellaria  cinerea  Gmelin 
Matériel  :  un  spécimen  monté. 


Sexe  Date 

Aile 

Queue 

Tarse 

Doigt 

médian 

Culmen 

M  — 

335 

119 

58 

73.5 

45 

La  mission  n’a  rencontré  cette  espèce  «  qu’en  décembre,  par 
petites  troupes  toujours  assez  rares,  et  n’apparaissant  que  le  soir  » 
(Velain,  1877  :  49).  Cependant  par  comparaison  avec  Tristan 
da  Cunha,  il  ne  serait  pas  étonnant  qu’elle  nichât  à  Saint-Paul. 
A  Kerguelen,  à  Macquarie,  à  Tristan  da  Cunha,  la  reproduction  de 
Procellaria  cinerea  est  tardive,  automnale  :  il  est  possible  que  la 
mention  de  Vélain  corresponde  à  de  précoces  vols  de  reconnaissance 
d’individus  nicheurs. 

Pachyptila  vittata  Macgilliorayi  (Mathews) 

Matériel':  trois  spécimens  en  peau;  quatre  spécimens  montés;  cinq 
œufs  vidés. 


—  536 


Sexe 

Date 

Aile 

Queue 

Tarse 

Doigt 

médian 

Culmen 

Largeur 
du  bec 
à  la  base 

P 

S  ad. 

20  octobre 

212 

105 

35 

40 

32.5 

19.4 

M 

— 

— 

204 

97 

33.5 

42 

32 

19.2 

M 

S 

— 

200 

102 

32 

39 

30 

17.5 

M 

<? 

11  décembre 

199 

100 

33.5 

40.5 

33 

17.2 

M 

? 

— 

196 

97 

31 

38.5 

29.5 

17.2 

P 

— 

— 

197 

98.5 

34 

37.5 

31.5 

16.3 

P 

209 

102 

34 

40.5 

31.5 

16.2 

Œufs  :  53  X  35.8;  51.5  X  37  ;  51  X  37  ;  50  X  37.9;  49.8  X  35.8. 


Dans  sa  remarquable  révision  des  Pétrels  du  genre  Pachyptila 
Illiger  ou  «  Prions  »,  R.  A.  Falla  (1940  :  220)  admet  la  validité  de 
la  sous-espèce  P.  v.  Macgillivrayi  Mathews,  caractérisée  par  un 
bec  sensiblement  moins  large  que  la  forme  typique,  mais  il  ne  put 
examiner  qu’un  seul  exemplaire  adulte  de  l’île  Saint-Paul,  en  l’occur¬ 
rence  le  type  même  de  Mathews,  collecté  en  janvier  1853. 

Avant  de  tirer  une  conclusion  des  mesures  ci-dessus,  il  importe 
de  savoir  si  nous  avons  affaire  à  des  adultes  ou  à  des  jeunes  de 
1  année  :  en  effet,  si  les  uns  et  les  autres  sont  identiques  quant  au 
plumage,  le  bec  des  seconds  est  naturellement  moins  large  que 
celui  des  premiers  et  le  raccornissement  en  collection  accroît  encore 
la  différence.  Malheureusement  nous  avons  été  incapable  de  suivre 
Falla  dans  sa  subtile  discrimination  des  jeunes  de  l’année  et  des 
adultes  :  le  raccornissement  des  bords  de  la  maxille  se  repliant  sur 
les  rangées  de  lamelles  nous  est  apparu  variable  d’un  individu  à 
1  autre  dans  la  sérié  ci-dessus,  sans  que  l’on  puisse  selon  ce  critère 
la  répartir  en  deux  lots  nettement'  distincts.  Mais  d’après  le  rythme 
de  reproduction  de  1  espèce,  le  mis  en  peau  le  20  octobre  ne  peut 
être  un  jeune,  et  il  est  possible  après  tout  que  nous  ne  soyons  en 
présence  que  d  adultes.  Dans  ces  conditions,  il  semblerait  donc  bien 
que  les  Pachyptila  vittata  de  Saint-Paul  aient  le  bec  en  moyenne 
plus  faible,  à  la  fois  plus  court  et  plus  étroit,  que  ceux  de  Tristan 
da  Cunha  et  ceux  de  la  région  néozélandaise.  Le  fait  est  d’autant 
plus  remarquable  que  les  populations  de  ces  deux  dernières  régions 
sont  pratiquement  identiques  :  les  affinités  respectives  de  Saint-Paul, 
de  Tristan  da  Cunha  et  de  la  région  néozélandaise  sont  inverses  en 
ce  qui  concerne  Eudyptes  cristatus  par  exemple. 

Vélain  rapporte  que,  selon  les  dires  de  marins  familiers  de  l’île, 
il  y  aurait  deux  époques  de  ponte  pour  les  Prions  :  septembre  et 
novembre.  Cette  indication,  qui  n’est  pas  le  fruit  d’une  observation 
directe,  doit  être  reçue  avec  beaucoup  de  circonspection. 


537  — 


Lariformes. 


Stercorarius  situa  Lônnbergi  (Mathews) 

Matériel  :  un  spécimen  en  peau  ;  quatre  spécimens  montés. 


Sexe 

Date 

Aile 

Queue 

J 

Tarse  i 

Doigt 
médian  ! 

Gu’ mon 

M 

3 

2  décembre 

385 

149 

71 

79 

54 

M 

3 

— 

385 

150 

73 

78 

52 

P 

9 

15  octobre. 

390 

153 

74 

76 

52.5 

M 

9 

8  novembre 

409 

156 

74 

80 

53.5 

M 

9 

— 

397 

160 

74 

79 

52 

Cette  petite  série  est  remarquable  par  son  homogénéité.  Les  cinq 
spécimens  sont  aussi  semblables  entre  eux  du  point  de  vue  de  leur 
coloration,  d’un  brun  foncé  très  uniforme  où  l’on  note  l’absence 
presque  totale  du  facteur  roux,  que  du  point  de  vue  de  leurs  dimen¬ 
sions.  La  fraîcheur  de  leur  plumage  semble  indiquer  que,  contraire¬ 
ment  aux  Skuas  de  Tristan  da  Cunha  (Hagen,  1938  :  137),  la  mue 
de  ceux  de  Saint-Paul  n’a  pas  lieu  pendant  l’été  austral.  Nous  ratta¬ 
chons  ces  spécimens  à  l’ensemble  de  populations  insulaires  auxquelles 
il  nous  paraît  sage  de  conserver  l’appellation  globale  de  S.  s.  L'ônn- 
bergi  ;  sans  doute  une  analyse  statistique  minutieuse  révèlerait-elle 
quelques  différences  moyennes  entre  les  populations  de  chaque  île, 
mais  la  multiplication  des  noms  subspécifiques  risque  de  masquer 
leurs  affinités  véritables,  sans  apporter  pour  autant  de  véritable 
précision  à  l’étude  systématique. 


Sterna  vittat.a  tristanensis  Murphy 

Matériel  :  trois  spécimens  en  peau  ;  sept  spécimens  montés. 


Sexe  Date 

Aile 

Queue 

Tarse 

Doigt 

médian 

Culmen 

M  3  ad.  25  novembre 

259 

187.5 

17.5 

27.5 

38 

M  3  ad.  — - 

260 

165 

19 

27 

38.5 

M  —  ad.  novembre 

251 

140 

18.5 

28 

35.5 

P  - —  ad.  — 

253 

159 

18.5 

27.5 

39 

P  9  ad.  31  octobre 

262 

194.5 

20 

27.5 

35 

M  9  ad.  2  novembre 

247 

170 

18.5 

27.5 

33 

M  9  imm.  octobre 

T2351 

139 

18.5 

25.5 

37 

M  —  imm.  — 

229 

135 

18.5 

27.5 

36 

P  —  imm.  — 

226 

125 

19 

28.5 

35.5 

M  —  juv.  — 

222 

105 

19 

25.5 

30 

—  538  — 


Comme  l’a  justement  établi  Murphy  (1938  :  9),  les  Sterna  vittata 
de  Saint-Paul  peuvent  être  distinguées  subspécifiquement  de  celle» 
de  Kerguelen  ( terra  typica  de  l’espèce)  par  des  caractères  de  coloration 
et  par  leurs  proportions.  A  vrai  dire,  entre  les  Sternes  de  l’une  et 
l’autre  populations,  la  différence  de  teinte  dans  les  parties  grises 
du  plumage  est  une  nuance  à  peine  sensible  et  elle  nous  paraît 
le  plus  faible  des  caractères  invoqués  ;  mais  la  bande  obscure  du 
vexille  interne  des  rémiges  primaires  est  nettement  plus  étroite 
chez  les  Sternes  de  Saint-Paul,  dont  par  ailleurs  les  mensurations 
sont  plus  fortes,  à  l’exception  toutefois  de  celle  de  l’aile,  plus  courte- 
en  moyenne.  Le  trait  le  plus  frappant  reste  l’extrême  développement 
des  fdets  de  la  queue.  A  cet  égard,  l’exemplaire  en  peau  qui  a  con¬ 
servé  l’étiquette  originale  de  son  collecteur,  A.  Lantz,  est  une  excel¬ 
lente  illustration  de  la  forme  S.  v.  tristanensis  Murphy  :  ses  ailes 
sont  à  peu  près  de  la  même  taille  que  celles  des  plus  petites  Ç  Ç 
adultes  en  collection  de  Kerguelen,  tandis  que  ses  rectrices  externes, 
avec  une  profondeur  de  la  fourche  atteignant  douze  centimètres, 
dépassent  de  plus  de  quatre  centimètres  le  maximum  publié  jusqu’à 
ce  jour  pour  la  population  de  Kerguelen. 

Les  trois  spécimens  immatures,  dont  l’aspect  est  conforme  aux 
descriptions  de  la  littérature  pour  les  jeunes  de  l’année  précédente, 
se  trouvent  en  pleine  mue  des  ailes  :  notamment,  les  deux  ou  trois 
rémiges  primaires  externes  sont  vieilles  et  usées,  alors  que  les  autres 
sont  neuves  et  en  croissance. 

Quant  au  plus  jeune  spécimen  de  la  série,  il  devait  être  tout 
juste  capable  de  vol.  On  remarquera  qu’il  n’a  pu  être  collecté  posté¬ 
rieurement  aux  tout  premiers  jours  de  janvier.  En  admettant  qu’il 
corresponde  à  un  œuf  pondu  une  cinquantaine  de  jours  aupara¬ 
vant,  la  ponte  commencerait  au  plus  tard  vers  le  dix  novembre, 
soit  à  la  même  époque  qu’à  Tristan  da  Cunha  et  en  avance  de  plus 
de  deux  mois  par  rapport  à  Kerguelen,  située  à  un  millier  de  kilo¬ 
mètres  vers  le  sud  et  où  l’espèce  se  trouve  en  concurrence  sur  les 
territoires  de  nidification  avec  Sterna  virgata  Cabanis. 

La  présente  étude  nous  a  donné  l’occasion  de  dresser  l’inventaire 
de  nos  connaissances  sur  l’avifaune  de  Saint-Paul,  telle  du  moins 
qu’elle  se  présentait  à  la  fin  du  siècle  dernier.  Cette  restriction  est 
justifiée,  car  en  dépit  de  sa  situation  géographique  isolée  et  de  sa 
faible  superficie,  l’île  a  été,  depuis  près  de  deux  cents  ans,  le  siège 
de  nombreuses  entreprises  industrielles  allant  de  la  chasse  aux 
«  phoques  »  et  de  la  pêche  à  la  fabrication  de  conserves  de  langouste, 
avec  usine  établie  à  terre.  Cette  industrialisation,  accompagnée  de 
l’introduction  volontaire  d’animaux  domestiques  et  de  celle,  invo¬ 
lontaire  mais  particulièrement  désastreuse,  des  rats,  a  du  porter 
un  préjudice  mortel  aux  peuplements  de  certains  oiseaux  (cL 


—  539  — 


Murphy,  1951  :  2).  L’avifaune  était  déjà  très  appauvrie,  semble-t-il, 
à  l’époque  de  la  mission  Passage-de-Vénus  :  il  est  à  craindre  qu’elle 
ne  le  soit  encore  beaucoup  plus  gravement  de  nos  jours  ! 

On  jugera  de  l’étendue  de  nos  connaissances  sur  cette  avifaune 
de  Saint-Paul,  si,  pour  être  complet,  il  nous  suffit  d’ajouter  à  la 
liste  des  espèces  précédemment  mentionnées  quelques  noms  relevés 
dans  la  littérature  sans  qu’aucun  spécimen  de  collection  ne  vienne 
leur  conférer  une  authenticité  certaine. 

C’est  ainsi  que  Vélain  (1877  :  49)  cite  Daption  capensis  (Linné) 
et  Procellaria  aequinoctialis  Linné  parmi  les  visiteurs  habituels  de 
l’île  1.  Le  même  auteur  écrit  aussi  qu’au  début  du  xixe  siècle 
Oceanites  oceanicus  (Kuhl)  y  aurait  niché  en  nombre  ;  à  notre  sens 
l’indication  mérite  d’être  retenue  en  substituant  à  la  désignation 
trop  précise  du  Pétrel  de  Wilson  celle  d’un  Hydrobatidé  à  longs 
tarses  (cf.  Péron,  1824, 1  :  195)  dont  l’identité  restera  probablement 
toujours  douteuse.  Ne  s’agirait-il  pas  de  Fregetta  grallaria  (Vieillot) 
dont  le  médecin-capitaine  J.  Diallo  a  capturé  un  exemplaire 
le  16  janvier  1952,  en  mer  à  proximité  de  la  Nouvelle-Amsterdam  ? 
Cette  espèce  ne  correspondrait-elle  pas  au  Pétrel-tempête,  disparu 
de  Saint-Paul,  mais  qui  se  serait  maintenu  dans  l’île  voisine  ? 

Saint-Paul  est  encore  assez  généralement  tenue  pour  l’un  des 
lieux  de  reproduction  de  Pterodroma  mollis  mollis  (Gould),  car  divers 
voyageurs  ont  rencontré  l’espèce  en  abondance  dans  les  parages 
de  l’ile,  mais,  à  notre  connaissance,  la  nidification  n’y  a  jamais  été 
autrement  prouvée.  S’appuyant  sur  des  considérations  biogéo¬ 
graphiques,  Murphy  la  considère  comme  probable,  si  non  dans  le 
présent,  tout  au  moins  dans  le  passé,  ainsi  que  celles  de  Procellaria 
aequinoctialis  Linné,  Pterodroma  incerta  (Schlegel)  et  Pelagodroma 
marina  (Latham)  (Murphy,  1951  :  2  ;  1952  :  19,  22). 

Enfin  Vélain  (1877  :  55)  et  Scherzer  (Vanhôffen,  1912  :  405) 
auraient  aperçu  à  Saint-Paul,  l’un  un  Cypselus  (?)  et  l’autre  un 
Courlis  cendré ,( Numenius  arquatus  (Linné))  :  des  migrateurs  conti¬ 
nentaux  seraient  donc  susceptibles  de  s’aventurer  jusque-là. 


BIBLIOGRAPHIE 

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1929-1931,  Reports,  (B),  2. 

1.  Nous  avons  quelques  raisons  de  penser  que  le  Procellaria  haesitata  mentionné 
dans  le  même  paragraphe  ne  fait  qu’un  avec  le  Procellaria  cinerea  dont  il  est  moins 
succinctement  question  peu  après. 


—  540  — 


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droma.  Amer.  Mus.  Novit.,  n°  1580  :  1-43. 

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Vèlain,  C.  (1877).  —  Passage  de  Vénus  sur  le  soleil  (9  décembre  1874). 
Expédition  française  aux  îles  Saint-Paul  et  Amsterdam.  Zoologie. 
Observations  générales  sur  la  faune  des  deux  îles  suivies  d’une 
description  des  deux  îles.  Arch.  Zool.  expérim.  et  gén.,  6  :  1-144. 


—  541  — 


Sur  le  cordon  ombilical  des  Squales  vivipares 
Par  Paul  Budker. 

On  sait  que  le  cordon  ombilical  des  Squales  vivipares  renferme 
trois  vaisseaux  :  l’artère  ombilicale  (ou  artère  vitelline)  ;  la  veine 
ombilicale  (ou  veine  vitelline)  ;  et,  situé  entre  les  deux,  le  canal 
vitellin,  ou  ductus  vitello-intestinalis.  Ce  dernier  est  en  général  aplati 
(fig.  1  et  2),  et  tapissé  intérieurement  de  cellules  ciliées.  L’artère 
et  la  veine  sont  de  forme  circulaire,  ce  caractère  étant  très  net  sur 
les  coupes,  en  ce  qui  concerne  l’artère,  dont  les  parois  sont  très 
épaisses.  En  raison  de  ses  parois  beaucoup  plus  minces,  la  veine 
prend  souvent  sur  les  préparations  une  forme  très  irrégulière.  La 
Veine  ombilicale  renferme  du  sang  artériel  se  rendant  vers  l’embryon, 
et  l’artère  ombilicale,  du  sang  veineux  allant  au  placenta.  Enfin, 
on  constate  souvent,  entre  l’ensemble  de  ces  vaisseaux  et  l’enveloppe 
externe  du  cordon,  des  lacunes  plus  ou  moins  étendues,  qui  repré¬ 
sentent  le  cœlome  extraembryonnaire,  tapissé  par  la  somatopleure 
et  la  splanchnopleure.  La  présence  de  ce  cœlome  extraembryonnaire 
n’est  d’ailleurs  pas  constante,  comme  nous  le  verrons  par  la  suite. 

Extérieurement,  le  cordon  ombilical  peut  être  soit  entièrement 
lisse,  soit  muni  d’arborisations  plus  ou  moins  fournies  (les  appen- 
diculata),  lui  donnant  un  aspect  chevelu  qui  a  été  maintes  fois  signalé 
et  représenté,  sans  que  la  description  de  sa  structure  histologique 
ait  été  faite  de  façon  complète. 

Le  cordon  de  type  lisse  se  rencontre  par  exemple  chez  Mustelus 
laevis,  et  chez  des  Requins  du  genre  Carcharhinus.  Le  cœlome 
extraembryonnaire  est  en  général  présent. 

Le  cordon  du  type  à  appendiculata  est  caractérisé  par  la  présence 
d’arborisations  dont  les  formes,  les  dimensions  et  la  quantité  varient 
avec  les  espèces. 

Ainsi,  chez  Scoliodon  Terrae-novae  (fig.  1),  on  constate  que  ces 
appendices  sont  constituées  par  une  mince  lame  conjonctive,  par¬ 
courue  par  des  capillaires  ;  ils  sont  revêtus  de  grosses  cellules  cylin¬ 
driques  pouvant  montrer  parfois  une  bordure  ciliée.  Dans  l’espèce 
en  cause,  le  cœlome  extraembryonnaire  est  bien  développé,  et  la 
gaine  du  cordon  renferme  de  nombreux  capillaires. 

Chez  Paragaleus  Gruveli,  on  trouve  un  type  de  cordon  un  peu 
différent.  Les  appendiculata  aboutissent  directement  aux  parois  des 
vaisseaux  (fig.  2)  :  il  n’y  a  pas  ici  de  cœlome  extraembryonnaire. 

Bulletin  du  Muséum.  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  542 


Chaque  appendice  est  parcouru,  dans  toute  sa  longueur,  par  un 
capillaire  qui  vient  déboucher  dans  la  Veine  ombilicale  (fig.  3). 
Quant  aux  cellules  revêtant  les  arborisations,  elles  sont  volumineuses 
et  sensiblement  arrondies  ;  leur  cytoplasme  présente  une  zone  dis¬ 
tale,  hyaline  et  réticulée,  ainsi  qu’une  zone  proximale,  plus  dense, 


Fig.  1.  —  Coupe  dans  le  cordon  ombilical  de  Scoliodon  Terrae-novae  (fœtus  à  terme). 
A  =  artère  ombilicale  ;  V  =  veine  ombilicale  ;  Cv  =  canal  vitellin  ;  a  —  appendi- 
culata  ;  Ce  =  coelome  extraembryonnaire. 


renfermant  le  noyau  et  des  vacuoles.  Certaines  de  ces  cellules  pos¬ 
sèdent  deux  noyaux  ;  c’est  un  cas  assez  fréquent  (fig.  4).  M.  Cai,zoni 
a  signalé,  dans  la  région  proximale  du  placenta  de  Carcharias  glau- 
cus,  la  présence  de  cellules  binucléées  répondant  exactement  à  cette 
description. 

Chez  les  deux  espèces  en  cause,  on  peut  remarquer  que  les  cellules 
des  appendiculata  sont  exactement  semblables  à  celles  qui  consti¬ 
tuent  le  revêtement  de  la  région  proximale  du  placenta.  Or,  cette 


partie  du  placenta,  ainsi  que  les  appendiculata  du  cordon,  baignent 
normalement  dans  le  liquide  intra-utérin  ;  et  ce  liquide,  générale¬ 
ment  riche  en  matières  nutritives  élaborées  par  la  paroi  utérine, 
concourt  plus  ou  moins  activement  au  développement  de  l’embryon. 
Les  auteurs  admettent  que  les  cellules  des  appendiculata  et  celles 
du  «  placenta  proximal  »  pourraient  avoir  une  fonction  absorbante, 
et  intervenir  ainsi  de  façon  directe  dans  la  nutrition  histotrophe  de 
l’embryon.  C’est  là  une  hypothèse  que  viendrait  appuyer  la  relation 
existant,  chez  Paragaleus  Gruveli,  entre  les  capillaires  des  appen • 


Fjg.  2.  —  Coupe  dans  le  cordon  ombilical  de  Paragaleus  Gruveli  (fœtus  à  terme). 
A  =  artère  ombilicale  ;  V  =  veine  ombilicale  ;  Cv.  =  canal  vitellin  ;  a  =  appen¬ 
diculata. 


diculata  et  la  veine  ombilicale.  Mais  cette  hypothèse  demande  encore 
à  être  vérifiée. 

D’autre  part,  il  semble  bien  que  le  type  du  cordon  ombilical  puisse 
avoir  une  signification  systématique.  La  présence  ou  l’absence  d ' ap¬ 
pendiculata  et  de  cœlome  extra-embryonnaire,  la  forme  même  des 
arborisations,  apparaissent  constantes  à  l’intérieur  d’un  genre  donné. 
Un  cordon  lisse  ne  peut  évidemment  pas  présenter  de  grandes  varia¬ 
tions,  tout  au  moins  en  ce  qui  concerne  l’examen  macroscopique. 
Par  contre,  le  cordon  à  appendiculata  est  beaucoup  plus  caracté¬ 
ristique,  comme  nous  venons  de  le  constater  par  les  deux  exemples 
ci-dessus. 


Fig.  3.  —  Cordon  ombilical  de  Paragaleus  Gruvélu 
capillaires  des  appendicülata  débouchant  dans  la  veine  ombilicale 


—  544  — 


—  545  — 


Certains  auteurs  ont  voulu  voir,  dans  la  présence  des  appendicu- 
lata,  un  caractère  primitif,  sans  doute  parce  que  le  cordon  lisse 
évoque  celui  des  Mammifères.  Toutefois  Mahadevan  fait  remarquer 
à  ce  propos  que  chez  Carcharhinus  dussumieri ,  qui  est  un  vivipare 
aplacentaire,  le  cordon  est  du  type  lisse. 

Actuellement,  ces  questions  restent  entières.  Elles  ne  pourront 
recevoir  une  réponse  valable  que  lorsque  l’on  aura  pu  poursuivre 
des  observations  sur  un  grand  nombre  d’espèces. 

Laboratoire  des  Pêches  et  Productions  Coloniales 
d’Origine  animale  du  Muséum. 


BIBLIOGRAPHIE 

1949.  Budker,  Paul.  - — ■  Note  préliminaire  sur  le  Placenta  et  le  cordon 
ombilical  de  trois  Sélaciens  Vivipares  de  la  Côte  Occidentale 
d’Afrique.  C.  R.  XIIIe  Congrès  Intern.  Zool.,  Paris,  1949,  pp.  337- 
338. 

1936.  Calzoni,  M.  —  Ricerche  sulla  placenta  del  Carcharias  glaucus. 
Pubbl.  Staz.  Zool.  Napoli,  1936,  vol.  XV,  pp.  169-174. 

1940.  Mahadevan,  G.  —  Preliminary  observations  on  the  structure  of 
the  utérus  and  the  placenta  of  a  few  Indian  Elasmobranchs. 
Proc.  Ind.  Acad.  Se.,  vol.  XI,  Son  B,  n°  1,  1940,  pp.  1-44,  pl.  I-IV. 

1934.  Ranzi,  Sylvio.  —  Le  basi  fisio-morfologiche  dello  sviluppo  embrio- 
nale  dei  Selaci.  Parti  II  e  III.  Pubbl.  Staz.  Zool.  Napoli,  vol.  XIII, 
fasc.  3,  1934,  pp.  332-437,  figs. 


Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


34 


—  546  — 


Poissons  dOcéanie  rapportés  par  M.  G.  Rançon  en  1952. 
Par  Maurice  Blanc  et  Pierre  Foijrmanoir. 


Au  cours  d’une  mission  d’études  sur  les  huitres  perlières  effectuée 
en  Océanie  en  1952,  M.  Gilbert  Ranson,  sous-Directeur  au  Labo¬ 
ratoire  de  Malacologie,  a  récolté  toute  une  collection  de  Poissons 
marins  pour  le  Muséum  national  d’Histoire  naturelle  de  Paris. 

A  la  suite  d’une  entente  entre  MM.  les  Professeurs  L.  Bertin 
et  Th.  Monod,  nous  avons  été  chargés  de  déterminer  ces  Poissons 
qui,  conservés  dans  le  formol  (puis  mis  en  alcool  au  Muséum), 
sont  en  parfait  état. 

Pour  mener  à  bien  ce  travail  de  détermination,  nous  nous  sommes 
servis  principalement  des  ouvrages  classiques  de  Fowler  (1928, 
1931  et  1934)  et  de  Weber  et  Beaufort  (1911  à  1951...).  Nous  avons 
également  consulté  assez  fréquemment  les  travaux  de  Jordan  et 
Evermann  sur  la  faune  des  îles  Hawaï  (1903)  et  de  Jordan  et  Seale 
sur  les  Poissons  de  Samoa  (1906).  D’autre  part,  le  travail  tout  à  fait 
récent  de  Harry  (1953)  nous  a  permis  d’établir  des  comparaisons 
entre  la  collection  de  M.  Ranson  et  la  collection  rapportée  de  Raroïa 
par  la  dernière  mission  américaine. 

La  plupart  des  espèces  déterminées  à  l’aide  des  livres  traitant  de 
la  faune  indo-pacifique  cités  précédemment,  figurent  également  dans 
la  liste  descriptive  des  Poissons  du  Canal  de  Mozambique  donnée 
par  Smith  (1950). 

La  plupart  des  espèces  proviennent  de  Tahiti  ou  d’Hikueru. 
Les  autres  stations  sont  :  Apataki,  Niau,  Takumé  et  Kaukura. 

Ces  Poissons,  au  nombre  total  de  trois  cent  trente-cinq  individus, 
peuvent  être  répartis  en  quarante  et  une  familles,  soixante-deux 
genres,  et  quatre-vingt-quatorze  espèces.  En  voici  le  catalogue 
raisonné  : 

1°  Sélaciens. 

Carcharhinidae  :  Carcharhinus  melanopterus ,  Q.  and  G.  1  —  un 
exemplaire  —  Kaukura. 

2°  Téléostéens. 

Chanidae  :  Chanos  chanos,  Forsk.  — -  neuf  exemplaires  —  Hikueru. 

Hemirhamphidae  :  Hyporhamphus  Dussumieri,  C.  V.  —  trente-huit 
exemplaires  —  Tahiti  et  Hikueru. 

1.  Déterm.  P.  Budkf.r. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  547  — 


Tylosuridae  :  Tylosurus  crocodilus,  Les.  —  un  exemplaire  —  Tahiti. 
Holocentridae  :  Holocentrus  Bleekeri,  Weber  — -  six  exemplaires  — 
Hikueru  ;  Holocentrus  punctatissimus,  C.  V.  —  sept  exemplaires  — 
Hikueru  ;  Holocentrus  rubrum,  Forsk.  —  un  exemplaire  —  Tahiti  ; 
Holocentrus  sammara,  Forsk.  —  huit  exemplaires  —  Tahiti  et 
Hikueru  ;  Myripristis  murdjan,  Forsk.  —  un  exemplaire  — -  Hikueru  ; 
Myripristis  seychellensis,  C.  V.  —  un  exemplaire  —  Hikueru. 

Bothidae  :  Bothus  mancus,  Brouss. 1  —  trois  exemplaires  — 
Hikueru. 

Syngnathidae  :  Doryichthys  sp.  —  un  exemplaire  —  Tahiti. 
Aulostomidae  :  Aulostomus  oalentini,  Bleekér  —  deux  exemplaires 

—  Hikueru. 

Fistularidae  :  Fisiularia  petimba,  Lac.  —  deux  exemplaires  — 
Hikueru. 

Cirrhitidae  :  Paracirrhites  polystictus,  Gunt.  —  un  exemplaire  — 
Hikueru. 

Duleidae  :  Dules  taeniurus,  Cuv.  —  trois  exemplaires  —  Tahiti, 
Hikueru  et  Niau. 

Serranidae  :  Cephalopholis  argys,  Schneider  —  cinq  exemplaires 
(dont  quatre  jeunes)  —  Hikueru  ;  Cephalopholis  urodelus,  C.  Y.  — • 
un  exemplaire  —  Hikueru  ;  Epinephelus  areolatus,  Forsk.  — -  trois 
exemplaires  ■ —  Hikueru  ;  Epinephelus  macrospelos,  Bleeker  —  un 
exemplaire  jeune  —  Hikueru  ;  Grammistes  sex-lineatus ,  Thunberg 

—  deux  exemplaires  —  Tahiti. 

Apogonidae  :  Apogon  bandanensis,  Bleeker  —  quatre  exemplaires 

—  Tahiti;  Apogon  fleurieu,  Lac  —  un  exemplaire  —  Tahiti; 
Apogon  novemfasciatus,  Cuv.  —  trois  exemplaires  —  Tahiti. 

Carangidae  :  Caranx  sex-fasciatus,  Q.  and  G.  - — •  seize  exemplaires 
■ —  Hikueru. 

Mullidae  :  Mulloïdicthys  flammeus,  Jord.  Ever.  —  un  exemplaire 
• —  Hikueru  ;  Pseudupeneus  rnultifasciatus,  Q.  and  G.  —  tin  exem¬ 
plaire  —  Tahiti  ;  Upeneus  tragula,  Richardson  —  deux  exemplaires 

—  Tahiti  et  Hikueru. 

Chaetodontidae  :  Chaetodon  lunula,  Lac.  —  deux  exemplaires  — • 
Hikueru  ;  Chaetodon  ornatissimus ,  Cuv.  —  un  exemplaire  —  Tahiti  ; 
Chaetodon  quadrimaculatus ,  Gray  —  un  exemplaire  —  Hikueru  ; 
Chaetodon  reticulatus,  Cuv.  —  cinq  exemplaires  —  Tahiti  et  Hikueru  ; 
Chaetodon  setifer,  Bloch  —  deux  exemplaires  —  Tahiti  et  Hikueru  ; 
Chaetodon  trifascialis,  Q.  and  G.  —  deux  exemplaires  —  Hikueru  ; 
Chaetodon  trifasciatus,  Mungo  —  un  exemplaire  —  Tahiti  ;  Chaeto¬ 
don  unimaculatus,  Bloch  —  deux  exemplaires  — -  Tahiti  et  Hikueru  ; 
F orcipiger  longirostris,  Bro.  —  un  exemplaire  —  Hikueru. 


1.  Détcrm.  P.  Chabanaud. 


—  548  — 


Acanthuridae  :  Acanthurus  achilles,  Shaw  —  un  exemplaire  — • 
Hikueru  ;  Acanthurus  glaucopareius,  Cuv.  — •  un  exemplaire  — 
Hikueru  ;  Açanthurus  guttatus,  Schneider  — •  un  exemplaire  — 
hikueru  ;  Acanthurus  lineatus,  Linné  —  un  exemplaire  —  Hikueru  ; 
Acanthurus  triostegus,  Linné  —  dix-sept  exemplaires  (dont  neuf 
jeunes)  — -  Tahiti  et  Hikueru  ;  Acanthurus  sp.  — -  un  exemplaire  — 
Hikueru  ;  Ctenochaetus  strigosus,  Bennett  —  dix  exemplaires  — 
Tahiti  et  Hikueru  ;  Naso  brevirostris,  Val.  —  un  exemplaire  — 
Hikueru  ;  Naso  lituratus,  Forster  —  un  exemplaire  —  Hikueru  ; 
Zebrasoma  flavescens,  Bennett  —  deux  exemplaires  — -  Tahiti; 
Zebrasoma  veliferum,  Bloch  — ■  un  exemplaire  — •  Apataki. 

Zanclidae  :  Zanclus  canescens,  Linné  —  deux  exemplaires  —  Tahiti  ; 
Zanclus  cornutus,  Linné  —  trois  exemplaires  —  Hikueru. 

Kyphosidae  :  Kyphosus  waigiensis,  Q.  and  G.  —  deux  exemplaires 

—  Tahiti. 

Pempheridae  :  Pempheris  oualensis,  Cuv.  —  un  exemplaire  — 
Hikueru. 

Lutjanidae  :  Lutjanus  russellii,  Bleeker  —  trois  exemplaires 
(dont  deux  jeunes)  —  Tahiti. 

Pomacentridae  :  Abudefduf  saxalïlis,  Linné  — •  un  exemplaire 

—  Tahiti  ;  Abudefduf  sordidus,  Forsk.  — -  neuf  exemplaires  —  Tahiti 
et  Hikueru  ;  Abudefduf  sp.  —  sept  exemplaires  jeunes  —  Hikueru  ; 
Dascyllus  marginatus ,  Ruppel  —  un  exemplaire  —  Tahiti  ;  Poma- 
centrus  nigricans,  Lac.  —  quatre  exemplaires  (dont  deux  jeunes)  — 
Hikueru. 

Labridae  :  Thalassoma  lunare,  Linné  —  deux  exemplaires  — 
Hikueru  ;  Thalassoma  purpureum,  Forsk.  —  trois  exemplaires  — - 
Hikueru. 

Callyodontidae  :  Callyodon  erythrodon,  C.  V.  - —  un  exemplaire  — 
Hikueru  ;  Callyodon  microrhinus,  Bleeker  —  deux  exemplaires  — 
Hikueru  ;  Callyodon  moensi,  Bleeker  — •  deux  exemplaires  — 

Hikueru  ;  Callyodon  sordidus,  Forsk.  —  deux  exemplaires  — 

Hikueru  ; - Callyodon  sp.  —  un  exemplaire  —  Hikueru  ; 

Callyodon  sp.  —  deux  exemplaires  —  Apataki. 

Mugilidae  :  Chaenomugil  chaptalii,  E.  S.  —  cinq  exemplaires  — - 
Niau. 

Atherinidae  :  Hepsetia  pinguis,  Lac.  —  un  exemplaire  — •  Hikueru. 
Sphyraenidae  :  Sphyraena  picuda,  Bl.  Schn.  —  un  exemplaire  — 
Hikueru. 

Siganoidae  :  Siganus  spinus,  L.  —  trois  exemplaires  —  Tahiti 
et  Hikueru. 

Gobiidae  :  Bathygobius  fuscus,  Ruppel  —  dix-sept  exemplaires  — 
Hikueru. 


549 


Echeneidae  :  Echeneis  naucrates,  Linné  —  un  exemplaire  — 
Hikueru. 

Salariidae  :  Alticops  periophthalmus,  Cuv.  —  quinze  exemplaires 

—  Hikueru  ;  Salarias  sp.  —  trois  exemplaires  —  Hikueru  ;  Salarias 
sp.  —  vingt-sept  exemplaires  —  Hikueru. 

Scorpaenidae  :  Pterois  radiata,  Cuv.  —  trois  exemplaires  - —  Tahiti 
et  Hikueru  ;  Scorpaenodes  guamensis,  Q.  and  G.  —  deux  exemplaires 

—  Tahiti  ;  Scorpaenopsis  gibbosa,  Bloch  —  deux  exemplaires  — 
Tahiti  et  Apataki. 

Synanciidae  :  Synanceja  uerrucosa,  Bloch  —  deux  exemplaires 

—  Tahiti  et  Hikueru. 

Cephalacantidae  :  Dactyloptaena  orientalis,  Cuv.  —  un  exemplaire 

—  Tahiti. 

Congridae  :  Conger  cinereus,  Ruppel  ■ —  un  exemplaire  —  Tahiti  ; 
Veternio  verrens,  Snyder  —  un  exemplaire  —  Hikueru. 

Echidnidae  :  Echidna  nebulosa,  Ahl.  —  un  exemplaire  —  Hikueru  ; 
Gymnomuraena  marmorata,  Lac.  —  un  exemplaire  —  Hikueru  ; 

—  Siderea  picla,  Ahl.  —  quatre  exemplaires  (dont  deux  jeunes)  — 
Hikueru  et  Takumé. 

Balistidae  :  Balistapus  undulatus,  Mungo  —  trois  exemplaires  — 
Tahiti  et  Apataki  ;  Balistes  bursa,  Schneider  —  trois  exemplaires  — 
Tahiti  et  Hikueru  ;  Melichthys  vidua,  Sol.  —  un  exemplaire  — 
Hikueru  ;  Rhinecanthus  aculeatus,  Lin.  —  trois  exemplaires  - — 
Tahiti  ;  Sufflamen  capistratus,  Shaw  —  un  exemplaire  —  Tahiti. 
Diodontidae  :  Diodon  hystrix,  Linné  —  un  exemplaire  —  Hikueru. 
Tetraodontidae  :  Arothron  lacrymatus,  Cuvier  —  deux  exemplaires 
- —  Hikueru. 

Canthigasteridae  :  Canthigaster  margaritatus,  Rupp.  —  deux  exem¬ 
plaires  —  Tahiti. 

Antennariidae  :  Antennarius  sp.  —  un  exemplaire  —  Hikueru. 

Laboratoire  des  Pêches  et  Productions  Coloniales 
d’Origine  Animale  du  Muséum. 


BIBLIOGRAPHIE 

Fowi.k h  (  H.  W.).  - —  The  fishes  of,  Oceania.  Memoirs  of  the  Bernice 
P.  Bishop  Muséum,  Honolulu,  1928,  X,  540  pp.,  49  pl. 

—  Idem.  Supplément  1,  1931,  XI,  5,  71  pp.,  7  fig. 

—  Idem.  Supplément  2,  1934,  XI,  6,  84  pp.,  4  fig. 

Harry  (R.  R.).  —  Ichthyological  Field  Data  of  Raroia  Atoll,  Tuamotu 
Archipelago.  Atoll  Research  Bulletin,  1953,  18,  190  pp.,  7  fig. 
Jordan  (D.  S.)  and  Evermann  (B.  W.).  —  The  aquatic  resources  of  the 
Hawaïan  islands.  Bull.  U.  S.  Fish.  Comm.,  1903,  XXIII  (1), 
574  pp.,  pl. 


—  and  Seale  (A.).  - — -  The  fishes  of  Samoa.  Bulletin  oj  the  Bureau  of 
Fisheries,  Washington,  1906,  XXV,  pp.  173-455,  pl.  33—53. 

Nordhoff  (Ch.).  — •  Some  of  the  commonest  fishes  of  Tahiti,  with  their 
native  names.  Bull.  Soc.  Et.  Océan.,  Papeete,  1927,  20,  p.  280. 

Smith  (J.  L.  B.).  —  The  sea-fishes  of  Southern  Africa.  Central  News 
Agency,  1950,  550  pp.,  103  pl. 

Weber  (M.)  and  Beaufort  (L.  F.  de).  —  The  fishes  of  the  indo-australian 
archipelago.  Leiden,  9  vol.  parus,  1911  à  1951. 


—  551  — 


L'anaphylaxie  chez  les  Grenouilles,  les  Tritons 
et  les  Couleuvres  a  collier. 

Par  Achille  Urbain  et  Paul  C.  J.  Roth. 


Dans  une  précédente  communication,  nous  avons  rapporté  les 
résultats  que  nous  avions  obtenus,  en  soumettant  des  carpes 
( Cyprinus  carpio,  Linné),  des  poissons  rouges  ( Carassius  auratus, 
Linné),  et  des  axolotls  larve  pœdogénétique  de  VAmbystoma 
tigrinum  Green,  à  des  injections  parentérales  de  sérum  de  cheval 
chauffé. 

Nous  avions  constaté  que  les  poissons  rouges  réagissaient  plus 
nettement  au  choc  anaphylactique  que  les  carpes  ;  le  mode  de  réac¬ 
tion  fut  de  deux  sortes  :  une  période  d’asthénie  succédant  à  une 
période  de  vive  agitation,  ce  qui  confirmait  les  résultats  obtenus 
par  Dreyer  et  King  et  infirmait  ceux  obtenus  par  Beauvallet 
et  Veil.  Quant  aux  axolotls  (noir  ou  albinos),  ils  réagirent  tous  par 
une  asthénie  très  nette  qui,  chez  les  axolotls  albinos  hypophysec- 
tomisés,  alla  presque  jusqu’au  colapsus. 

Nous  avons  poursuivi  ces  expériences,  en  essayant  le  même  anti¬ 
gène  sur  des  grenouilles  ( Rana  esculenta,  L.),  des  tritons  crêtés 
[Triton  cristatus,  Laur.),  des  pleurodèles  [Triton  Waltlii,  Michah) 
et  sur  des  couleuvres  à  collier  [Nathrix  Nathrix,  Linné). 

Nous  avons  utilisé  24  grenouilles  1  qui  furent  réparties  en  2  groupes 
de  12  animaux  ;  chacun  de  ces  groupes  était  réparti  en  3  lots,  dont  2 
recevaient  de  l’antigène  et  l’autre  de  l’eau  physiologique. 

Les  grenouilles  destinées  au  premier  essai  qui  pesaient,  en  moyenne 
15  gr.,  reçurent  d’abord,  en  injection  sensibilisante  :  le  premier  lot 
1/10  et  le  second  lot  1/4  cm3  de  sérum  de  cheval  chauffé,  les  animaux 
du  troisième  lot  recevant  1/4  cm3  d’eau  physiologique.  Les  grenouilles 
du  premier  lot  supportèrent  bien  l’injection,  mais  chez  celles  du 
second  lot  qui  avaient  reçu  la  plus  forte  dose,  il  se  produisit  trois 
décès.  L’injection  déchaînante,  faite  13  jours  après  l’injection  sensi¬ 
bilisante,  à  la  dose  de  1/10  cm3,  ne  provoqua  aucune  réaction 
(50  minutes  d’observation). 

Les  grenouilles  du  second  essai,  qui  pesaient  en  moyenne  25  gr., 
reçurent  2/10  et  3/10  cm3  de  sérum  de  cheval  chauffé,  le  troisième 
lot  recevant  1/4  cm3  d’eau  physiologique  ;  dans  ce  dernier  lot,  il  y  eut 

1.  Les  grenouilles  et  les  tritons  utilisés  le  furent  en  dehors  de  la  période  de  repro¬ 
duction. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  552  — 

deux  morts.  L’injection  déchaînante,  à  la  dose  de  1/10  cm3  ne  pro¬ 
voqua,  comme  chez  les  animaux  du  groupe  précédent,  aucune  réac¬ 
tion  (50  minutes  d’observation). 

Nous  avons  utilisé  16  tritons  crêtés  répartis  en  2  groupes  de  8  ani¬ 
maux,  chacun  de  ces  groupes  comprenant  4  lots  de  2  tritons  :  les 
animaux  de  3  lots  recevaient  de  l’antigène  et  les  autres  de  l’eau 
physiologique. 

Les  animaux  de  ces  deux  groupes  qui  pesaient,  en  moyenne 
6  gr.,  reçurent  tous  en  injection  sensibilisante,  1/10  de  sérum  de 
cheval  chauffé,  les  témoins  recevant  1/20  cm3  d’eau  physiologique. 

Il  n’y  eut  aucune  réaction  à  la  suite  de  cette  injection  et  l’injection 
déchaînante  fut  faite  13  jours  après,  à  la  dose  de  1/10  cm3,  aussi 
bien  d’antigène  que  d’eau  physiologique. 

Les  tritons  qui  avaient  reçu  de  l’eau  physiologique,  montrèrent 
immédiatement  de  l’agitation,  ce  que  nous  attribuons  à  l’effet  de 
la  piqûre  ;  d’ailleurs  les  animaux  reprirent  très  vite  leur  comporte¬ 
ment  normal.  Il  en  fut  tout  autrement  pour  ceux  qui  avaient  reçu 
de  l’antigène.  Chez  eux,  l’agitation  ne  se  manifesta  qu’une  dizaine 
de  minutes  après  l’injection.  Cette  agitation  consistait  en  tentatives 
de  fuite  et  par  l’apparition  de  mouvements  très  rapides  de  respi¬ 
ration  (région  gulaire).  Il  y  eut,  ensuite,  une  ou  plusieurs  périodes 
passives,  les  animaux  se  laissant  tomber  au  fond  du  craistallisoir 
(asthénie  ?),  rappelant  un  peu  l’attitude  que  présentaient  les  axolotls 
pendant  leur  phase  asthénique. 

Au  bout  de  50  minutes  à  une  heure,  le  comportement  des  tritons 
était  redevenu  normal. 

Nous  avons  utilisé  12  pleurodèles  1,  pesant  en  moyenne  13  gr., 
répartis  en  6  lots  de  2  animaux,  dont  un  ne  reçut  que  0,1  cm3  de 
sérum  physiologique,  les  autres  recevant  0,1  ou  0,05  cm3  d’antigène. 
L’injection  sensibilisante  ne  donna  lieu  à  aucune  réaction  de  la 
part  des  animaux,  mais  l’injection  déchaînante,  administrée  13  jours 
après,  à  un  dosage  identique,  provoqua  simplement  une  phase- 
«  d’apathie  »  chez  les  tritons  ayant  reçu  de  l’antigène  ;  ils  ne  présen¬ 
tèrent  aucune  phase  «  d’agitation  »  comme  les  tritons  crêtés,  et  envi¬ 
ron  30  minutes  après,  leur  comportement  était  redevenu  normal. 

Nous  avons  utilisé,  en  deux  essais,  14  couleuvres  à  collier  pesant, 
en  moyenne,  172  gr.,  divisées,  pour  chaque  essai,  en  4  lots,  dont 
un  lot  témoin  ne  reçut  que  0,5  cm3  d’eau  physiologique,  et  les  trois 
autres  0,5,  0,1,  0,05  cm3  de  sérum  de  cheval  chauffé. 

L’injection  sensibilisante  ne  provoqua,  chez  ces  animaux,  que 
des  réactions  fugaces,  mais  l’injection  déchaînante,  administrée 
13  jours  après  (en  utilisant  les  mêmes  doses  que  pour  la  première 
injection)  déclancha  de  vives  réactions  :  les  couleuvres  se  contrac- 

1.  Ces  tritons  provenaient  de  l’élevage  de  M.  le  Professeur  Gallien  que  nous  remer¬ 
cions  vivement  de  son  obligeance. 


—  553  — 


tèrent  au  maximum,  ensuite,  certaines  d’entre  elles  relâchèrent 
quelque  peu  cette  contraction,  mais  pour  se  contracter  de  nouveau 
un  peu  plus  tard  ;  d’autres,  par  contre,  restaient  contractées.  Au 
bout  d’une  heure  et  demie,  deux  des  animaux  se  décontractaient, 
mais  non  les  autres.  Au  bout  de  deux  heures,  l’une  des  couleuvres 
décontractée  montra  de  l’agitation,  tandis  qu’une  autre  se  con¬ 
tractait  à  nouveau.  Les  réactions  durèrent  encore  au  moins  deux 
heures.  Les  animaux  n’ayant  reçu  que  de  l’eau  physiologique  n’eurent 
aucune  réaction. 


Commentaires. 

On  constate  donc  que  les  grenouilles  n’ont  pas  réagi  à  l’antigène 
que  nous  avons  utilisé  alors  que,  d’après  Frif.d  et  Ebert,  ces  ani¬ 
maux  seraient  très  sensibles  au  sérum  de  tortue  et  de  lapin. 

Parmi  les  tritons,  ce  sont  les  tritons  crêtés  qui  se  montrèrent  les 
plus  sensibles  à  l’antigène  utilisé  ;  ils  présentèrent,  mais  moins  nette¬ 
ment,  les  réactions  accusées  par  les  axolotls  intacts.  Les  pleurodèles 
furent  moins  sensibles. 

Quant  aux  couleuvres,  leurs  réactions  furent  vives  et  ne  furent 
pas  sur  la  dépendance  de  la  piqûre,  car  celles  qui  n’avaient  reçu 
que  de  l’eau  physiologique  ne  réagirent  pas.  Les  réactions  de  ces 
animaux  furent  un  mélange  de  contractions,  de  retour  à  l’aspect 
normal,  de  contractions  nouvelles  et  d’agitation  qui  durèrent  plus 
longtemps  que  les  réactions  antérieurement  constatées  chez  les 
poissons  rouges  et  les  axolotls. 

Nous  avons  été  surpris  de  la  vigueur  et  de  la  durée  de  ces  réactions. 


Conclusions. 

Le  choc  anaphylactique  a  été  recherché  sur  des  grenouilles  vertes, 
sur  deux  espèces  de  tritons  et  sur  une  espèce  de  reptiles  (la  cou¬ 
leuvre  à  collier),  qui  reçurent  2  injections  parentérales  (sensibilisante 
et  déchaînante)  de  sérum  de  cheval  chauffé,  les  animaux-témoins 
ne  recevant  que  des  injections  d’eau  physiologique. 

Si  les  grenouilles  ne  présentèrent  aucune  réaction,  les  tritons 
crêtés  réagirent  par  une  asthénie  légère  et  surtout  de  l’agitation, 
alors  que  les  pleurodèles  ne  réagirent  que  par  une  phase  d’apathie 
assez  brève.  Quant  aux  couleuvres,  elles  réagirent  vivement  et  lon¬ 
guement  à  l’antigène,  les  témoins  conservant  un  comportement 
normal. 

Laboratoire  d'Ethologie  des  Animaux  Sauvages  du  Muséum. 


—  554  — 


BIBLIOGRAPHIE 

Beauvalet  (M.)  et  Yeil  (C.) .  —  C.  R.  Soc.  Biol.,  1950,  t.  144,  p.  1595- 
Dreyer  (N.  B.)  et  King  (J.  W.).  —  J.  of  immunology,  1948,  t.  60,  p.  277. 
Friede  (K.  A.)  et  Ebert  (M.  K.).  —  Zeitchr.f.  Immunitàtsf,  1926,  t.  49,.. 
p.  329. 

Urbain  (Ach.),  Roth  (P.  C.  J.)  et  PiETTe  (G.).  —  Bull.  Muséum 
1952,  t.  24,  n°  3,  p.  346. 


—  555  — 


Crustacés  Décapodes  marcheurs  des  îles  de  Tahiti 
et  des  Tuamotu.  —  I.  Paguridea  (suite). 

Par  Jacques  Forest. 


Genre  Calcinus  Dana. 

Calcinus  elegans  (II.  Milne-Edwards  1836). 

Pagurus  elegans,  H.  Milne-Edwards,  1836,  p.  278,  pl.  XIII,  fig.  2. 

«  Calcinus  elegans  H.  Milne-Ewards  »,  Dana,  1852,  p.  458,  pl.  XXVIII, 
fig.  10  a-c. 

Spécimens  récoltés.  —  Hikueru,  6  sp.  ;  Takumé,  7  sp.  ;  Tahiti,  de  nom¬ 
breux  spécimens,  dont  plusieurs  $  ovigères.  L.  c.  4  à  17  mm. 

Coquilles.  —  Cantharus  undosus  (L.),  Cerithium  rubus  (Martyn),  C.  sinen- 
sis  (Gmel.),  Cypraea  moneta  L.,  C.  caput  serpentis  L.,  C.  ventriculus  Lmk., 
Conus  rattus  Hwass,  Drupa  horrida  (Lmk.),  D.  hystrix  (L.),  Melampus 
fasciatus  (Desh.),  Strombus  floridus  Lmk.,  Thais  affinis  (Reeve),  T.  pica 
(Blain ville) ,  Turbo  argyrostomus  L.,  T.  setosus  Gmel. 

Calcinus  gaimardii  (H.  Milne-Edwards  1848). 

Pagurus  gaimardii,  H.  Milne-Edwards  1848,  p.  63. 

«  Calcinus  gaimardii  H.  Milne-Edwards  »,  Dana,  1852,  p.  457,  pl.  XXVIII, 
fig.  9. 

Spécimen  récolté.  —  Tahiti,  1  <J,  L.  c.  14  mm. 

Coquille.  —  Turbo  setosus  Gmel. 

Calcinus  herbstii  de  Man  1888. 

«  Pagurus  tibicen  Herbst  »,  H.  Milne-Edwards,  1836,  p.  278. 

Calcinus  herbstii,  de  Man,  1888,  p.  437. 

«  Calcinus  herbstii  de  Man  »  (pars),  Nobili,  1907,  p.  368. 

«  Calcinus  herbstii  de  Man  »,  Forest,  1951,  p.  84,  fig.  2,  5,  6,  9. 

Spécimens  récoltés.  —  Hikueru,  Tahiti,  Takumé  :  de  très  nombreux 
spécimens  dont  des  $  ovigères.  L.  c.  1,5  à  25  mm. 

Coquilles.  —  Cantharus  fumosus  (Dillw.),  C.  undosus  (L.),  Cerithium 
columna  Sow.,  C.  nesioticum  Pilsbry  et  Vanatta,  C.  rubus  (Martyn), 
C.  sinensis  (Gmel.),  Charonia  distorta  (Sch.  et  Wagner),  Cymatium  chlo- 
rostomum  (Lmk.),  C.  pileare  (L.),  C.  tuberosum  (Lmk.),  Cypraea  moneta  L., 
Drupa  cancellata  (Q.  et  G.),  IJ.  morus  (Lmk.),  D.  ochrostoma  (Blainv.), 
Mitra  litterata  Lmk.  ,Nassa  gaudiosa  Hinds,  Natica  marochiensis  (Gmel.), 
Nerita  maculata  Pease,  N.  plicata  L.,  Neritina  sp.,  Peristernia  nassatula 
(Lmk.),  Strombus  floridus  Lmk.,  S.  gibberulus  Linné,  Thais  aculeata  (Reg.), 
T.  pica  (Blainv.),  Turbo  argyrostomus  L.,  T.  setosus  Gmel,  Vasum  cera- 
micum  (L.). 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  556  — 


Calcinus  latens  (Randall  1839). 

Pagurus  latens,  Randall,  1839,  p.  135. 

Pagurus  cristimanus,  H.  Milne-Edwards,  1848,  p.  64. 

«  Calcinas  latens  (Randall)  »,  Dana,  1852,  p.  459,  pl.  XXVIII,  fig.  11. 

Calcinus  terrae-reginae,  Haswell,  1882,  p.  158. 

«  Calcinus  latens  Rand.  »,  Nobili,  1907,  p.  369. 

«  Calcinus  terrae-reginae  Haswell  »,  Nobili,  1907,  p.  369. 

«  Calcinus  latens  Randall  »,  Forest,  1951,  p.  94,  fîg.  14-18. 

Spécimens  récoltés.  —  Hikueru  :  7  sp.  ;  Tahiti  et  Takumé,  de  très  nom¬ 
breux  spécimens  dont  des  $  ovigères,  de  2  à  11  mm.  (L.  c.). 

Coquilles.  —  Bullaria  punctulata  (A.  Adams),  Cantharus  fumosus  (Dillw.), 
Cerithium  columna  Sow.,  C.  nesioticum  Pilsbry  et  Vanatta,  C.  piperitum 
Sow.,  C.  sinensis  (Gmel.),  Columbella  sp.,  Conus  catus  Hwass,  C.  coronatus 
(Gmelin)  Dillwyn,  C.  lividus  Hwass,  C.  miliaris  Hwass,  C.  rattus  Hwass, 
C.  sponsalis  Chemnitz,  Cymatium  tuberosum  (Lmk.),  Cypraea  moneta  L., 
C.  obvelata  Lmk.,  Drupa  data  (Blainv.),  D.  fiscella  (Chemn.),  D.  morus 
(Lmk.),  Melampus  fasciatus  Desh.,  Melanella  cumingi  (A.  Adams),  Mitra 
astricta  Reeve,  M.  maculosa  Reeve,  M.  nucea  (Gronov.),  M.  pontificalis 
Lmk.,  Nassa  gaudiosa  Hinds,  Natica  marochiensis  (Gmel.),  Strombus 
floridus  Lmk.,  S.  gibberulus  Linné,  Vasum  ceramicum  (L.). 

v 

Calcinus  seurati  Forest  1951. 

Calcinus  seurati,  Forest,  1951,  p.  84,  fîg.  1,  3,  4,  7,  8. 

Spécimens  récoltés.  —  Tahiti  :  3  sp.  ;  Takumé  :  5  sp.  ;  Hikuéru  :  de  nom¬ 
breux  spécimens  dont  beaucoup  de  2  ovigères.  L.  c.  1,5  à  14  mm. 

Coquilles.  —  Cantharus  undosus  (L.),  Cerithium  columna  Sow.,  C.  patiens 
Bayle,  C.  piperitum  Sow.,  C.  sinensis  (Gmel.),  Littorina  obesa  Sow.,  Mitra 
litterata  Lmk.,  Nerita  plicata  L.,  Neritina  reticulata  Sow.,  Planaxis  lineo- 
latus  Gould,  Strombus  floridus  Lmk.,  Turbo  setosus  Gmel. 

Remarques.  —  Cette  espèce  a  été  décrite  en  1951,  d’après  des 
spécimens  récoltés  par  Seurat  aux  Iles  Gambier  il  y  a  cinquante  ans 
et  confondus  avec  C.  herbstii  par  Nobili.  Elle  est  abondamment 
représentée  dans  le  matériel  rassemblé  par  M.  Ranson  et  surtout 
parmi  les  récoltes  de  Hikuéru.  Les  marques  colorées  sur  les  pattes 
ambulatoires  sont  celles  que  j’avais  décrites  d’après  des  spécimens 
en  alcool  depuis  de  nombreuses  années,  elles  varient  encore  du 
rouge-orange  au  brun  foncé.  Les  mesures  effectuées  confirment 
qu’if  s’agit  d’une  espèce  dont  la  taille  moyenne  est  sensiblement 
inférieure  à  celle  de  C.  herbstii.  Les  plus  petites  $  ovigères  ont  une 
carapace  longue  de  5  mm. 

Genre  Pagurus  Fabricius. 

Pagurus  deformis  H.  Milne-Edwards  1836. 

Pagurus  deformis,  H.  Milne-Edwards,  1836,  p.  272,  pl.  XIV,  fîg.  2. 

«  Pagurus  deformis  Edw.  »,  Nobili,  1907,  p.  370. 

Spécimens  récoltés.  —  Hikuéru  :  1  d,  L.  c.  25  mm.  ;  Tahiti  :  5  S,  L.  c. 


—  557  — 


17  à  38  mm.  ;  3  f,  L.  c.  11,5  à  16  mm.  ;  5  $  ovigères,  L.  c.  23  à  35  mm  ; 
1  juv.  L.  c.  4  mm. 

Coquilles.  —  Melanella  cumingi  (Sow),  Polynices  melanostoma  (Gmel.), 
Thais  pica  (Blain ville),  Turbo  setosus  Gmel. 

Pagurus  gemmalus  H.  Milne-Edwards  1848. 

Fig.  10-11. 

Pagurus  gemmalus ,  H.  Milne-Edwards,  1848,  p.  60. 

Neopagurus  sp.,  Kamalaveni,  1950,  p.  85. 

Spécimens  récoltés.  —  Tahiti  :  1  S,  L.  c.  48  mm.,  1  $,  L.  c.  18  mm., 

1  $  ovigère,  L.  c.  39  mm.,  1  juv.,  L.  c.  9  mm. 

Coquilles.  —  Nerita  maculata  Pease,  Turbo  setosus  Gmel. 

Remarques.  —  Le  type  de  Pagurus  gemmatus  est  un  très  grand  rj 
à  carapace  de  60  mm  ;  les  spécimens  de  Tahiti  énumérés  ci-dessus 
appartiennent  certainement  à  cette  espèce  qui  possède  des  pédon¬ 
cules  oculaires  particulièrement  courts,  et  qui  est  fort  proche  du 
Pagurus  asper  de  Haan.  La  seule  différence  importante  réside  dans 
l’ornementation  du  chélipède  gauche  dont  la  face  externe  de  la 
main  est  entièrement  recouverte  de  tubercules  émoussés  chez  P.  gem¬ 
matus,  alors  que  la  moitié  inférieure  de  cette  région  est  parfaitement 
lisse  chez  P.  asper.  Il  est  possible  que  la  femelle  figurée  par  Alcock 
sous  le  nom  de  P.  dearmatus  Henderson  soit  en  réalité  un  P.  gemma¬ 
tus.  En  effet  le  type  de  P.  dearmatus  que  j’ai  examiné  au  British 
Muséum,  une  petite  Ç  ovigère,  possède  un  chélipède  gauche  bien 
plus  allongé  que  le  spécimen  représenté  par  Alcock.  Le  spécimen  $ 
des  «  Mers  du  Sud  »  décrit  par  S.  Kamalaveni  sous  le  nom  de  Neo¬ 
pagurus  sp.  me  paraît  également  être  un  Pagurus  gemmatus.  Le 
comparant  à  cette  dernière  espèce  l’auteur  écrit  :  “  It  differs  from 
Pagurus  gemmatus  M.-Edw.  in  lacking  the  strong  crenulated  crest 
on  the  propodite  of  the  third  leg  and  in  having  two  spurs  on  the 
abdomen.  ”  Or  Pagurus  gemmatus  ne  présente  pas  de  crête  sur  la 
troisième  patte  gauche  et  possède  bien  les  deux  «  éperons  »  (spurs). 
J’indiquerai  ici  que  je  ne  considère  pas  comme  valable  le  genre 
Neopagurus  que  Miss  Kamalaveni  caractérise  par  la  présence  sur 
l’abdomen,  au  niveau  de  l’avant-dernier  plépode  impair,  de  deux 
«  éperons  »,  au  lieu  d’un  seul.  Jç  ne  pense  pas  que  le  dédoublement 
de  ce  diverticule  énigmatique,  > —  qui  correspond  peut-être  à  la 
saillie  abdominale  «  columellaire  »  de  beaucoup  de  Pagurides  — 
invisible  chez  les  jeunes,  et  plus  développé  chez  les  femelles  que  chez 
les  mâles,  justifie  une  division  du  genre  Pagurus,  fort  homogène 
par  tout  un  ensemble  de  caractères  beaucoup  plus  significatifs 
(Forest,  1952,  p.  32).  Si  on  admettait  la  validité  du  nouveau  genre 
il  faudrait  y  rattacher  un  certain  nombre  d’espèces  :  Pagurus  asper 
de  Haan,  P.  gemmatus  H.  Milne-Edw.,  P.  varipes  Heller,  etc... 
Quant  à  P.  deformis  H.  Milne-Edw.,  il  appartiendrait,  au  nouveau 


Fig.  10,  Pagurus  gemmatus  H.  Milne-Edwards,  écusson  céphalothoracique  et  appen¬ 
dices  céphaliques,  X  1,3  ;  11,  id.,  chélipède  gauche,  X  1  ;  12,  Pagurus  sanguino- 
lentus  Quoy  et  Gaimard,  écusson  céphalothoracique  et  appendices  céphaliques, 
X  2,5  ;  13,  id .,  troisième  patte  thoracique  gauche,  face  externe,  X  2  ;  14,  le  même 
appendice  chez  le  type  de  Pagurus  a/finis  H.  Milne-Edwards,  X  2. 

Les  poils  n’ont  été  figurés  sur  aucun  dessin. 


—  559  — 


genre  par  les  femelles  seulement,  les  mâles  ne  possédant  qu’un  diver¬ 
ticule  abdominal  simple.  En  ce  qui  concerne  la  description  de  Neo- 
pagurus  horai  Kamalaveni,  elle  me  semble  applicable  à  Pagurus 
asper  de  Haan. 

Pagurus  megistos  (Herbst  1804). 

Cancer  megistos,  Herbst,  1804,  p.  23,  pl.  LXI,  fig.  1. 

Pagurus  punctulatus,  Olivier,  1811,  p.  641. 

Pagurus  spinimanus,  H.  Milne-Edwards,  1848,  p.  61. 

«  Pagurus  punctulatus  Oliv.  »,  Nobili,  1907,  p.  370. 

Spécimens  récoltés.  —  Tahiti  :  6  <S,  L.  c.  18  à  71  mm.  ;  2  ?,  L.  c.  35  et 
38  mm. 

Coquilles.  — -  Conus  textile  L.,  Turbo  setosus  (Gmel.). 

Remarques.  —  Le  Pagurus  spinimanus  de  H.  Milne-Edwards 
dont  un  spécimen,  probablement  le  type,  figure"  dans  les  collections 
du  Muséum,  ne  me  paraît  pas  différent  de  l’espèce  qui  a  surtout 
été  signalée  sous  le  nom  de  P.  punctulatus  Olivier,  mais  qui  est  cer¬ 
tainement  identique  au  Cancer  megistos  de  Herbst.  Il  ne  faut  pas 
tenir  compte  de  l’abdomen  fantaisiste  que  Herbst  a  attribué  au 
spécimen  qu’il  a  figuré  :  la  partie  antérieure  du  corps  est  assez 
précisément  représentée  pour  que  le  doute  ne  soit  pas  possible. 
Le  plus  petit  spécimen,  logé  dans  un  Conus,  présente  un  fort  aplatisse¬ 
ment  dorso-ventral. 

Pagurus  sanguinolentus  Quoy  et  Gaymard  1824. 

Fig.  12,  13,  14. 

Pagurus  sanguinolentus,  Quoy  et  Gaimard,  1824,  p.  532,  pl.  LXXIX, 

fig.  2. 

Pagurus  affinis,  H.  Milne-Edwards,  1836,  p.  274. 

Pagurus  euopsis,  Dana,  1852,  p.  452,  pl.  XXVIII,  fig.  6  a-c. 

Pagurus  depressus,  Heller,  1861,  p.  248. 

«  Pagurus  euopsis  Dana  »,  Nobili,  1907,  p.  370. 

Spécimens  récoltés.  —  Hikueru  :  2  ?,  L.  c.  23  et  26  mm.  ;  Tahiti  :  1  S, 
L.  c.  8  mm. 

Coquilles.  —  Conus  rattus  Hwass,  Pterocera  bryonia  (Gmel.)  ;  Turbo 
setosus  (Gmel.). 

Remarques.  —  Cette  espèce  a  fréquemment  été  signalée  sous  les 
noms  de  Pagurus  euopsis  Dana  ou  de  P.  depressus  Heller  que  l’on  a 
longtemps  hésité  à  considérer  comme  synonymes  :  des  publications 
récentes  font  encore  état  d’une  variété  depressus,  distincte  du 
P.  euopsis  typique.  En  fait  je  crois  que  l’on  peut  tout  au  plus  parler 
d’une  «  forme  »  depressus  que  présentent  les  P.  euopsis  ayant  vécu 
dans  une  coquille  à  ouverture  particulièrement  étroite  ( Conus  par 
exemple)  sans  que  cela  implique  des  différences  génotypiques 
(cf.  Forest,  1952,  p.  35).  La  comparaison  de  nombreux  spécimens 
de  P.  euopsis  à  des  types  conservés  au  Muséum  de  Paris  m’a  amené 
à  la  conclusion  que  l’espèce  de  Dana  avait  été  précédemment  décrite 


—  560  — 


par  H.  Miine-Edwards  (1836)  sous  le  nom  de  Pagurus  affinis,  et 
avant  lui,  par  Quov  et  Gaimard  (1824)  sous  celui  de  P.  sangui- 
nolentus.  Le  type  de  P.  sanguinolentus,  récolté  au  cours  du  voyage 
de  l’Uranie,  à  l’ Ile  Maurice  (localité  douteuse  d’après  les  auteurs) 
est  une  femelle  en  assez  bon  état,  à  carapace  de  26  mm.  Les  marques 
colorées  ont  complètement  disparu,  mais  elle  est  identique  aux 
P.  euopsis  que  j’ai  examinés,  par  tout  un  ensemble  de  caractères  : 
forme  des  pédoncules  oculaires,  articles  du  flagelle  antennaire  pré¬ 
sentant  la  hernie  caractéristique  signalée  par  Dana  et  donnant  à 
la  moitié  distale  de  ce  flagelle  un  aspect  en  dents  de  scie,  forme  et 
ornementation  des  chélipèdes  et  des  pattes  ambulatoires,  pilosité. 
Quoy  et  Gaimard  ont  donné  de  l’espèce  un  dessin  assez  imprécis 
et  il  n’est  pas  inutile  de  figurer  de  nouveau  l’écusson  céphalothora¬ 
cique  et  les  appendices  céphaliques  antérieurs  (fig.  12).  On  notera 
que  les  pédoncules  oculaires  sont  assez  courts,  mais  le  rapport  de 
leur  longueur  à  la  largeur  du  bord  frontal,  calculé  pour  de  nombreux 
P.  euopsis  adultes,  varie  dans  des  proportions  considérables,  de 
1  à  1,5.  Les  proportions  et  l’ornementation  du  propode  de  la  troi¬ 
sième  patte  thoracique  gauche  (fig.  13-14)  sont  également  fort 
variables.  La  face  externe  de  cet  article  est  en  général,  très  élargie 
(de  deux  à  deux  fois  et  demie  plus  longue  que  haute),  marquée 
par  une  dépression  longitudinale,  couverte  d’épines  cornées  longues 
et  aiguës  et  de  longs  poils  raides  qui  existent  aussi  sur  les  trois 
derniers  articles  des  chélipèdes  et  des  autres  pattes  ambulatoires. 
Mais  dans  d’autres  cas,  le  propode  de  cette  patte  est  plus  allongé, 
sa  face  externe  non  plus  déprimée,  mais  plane  ou  même  convexe, 
et  les  épines  et  les  poils  sont  beaucoup  moins  nombreux.  La  limite 
extrême  de  cette  variation  est  représentée  par  le  type  du  Pagurus 
affinis  de  H.  Miine-Edwards,  un  $  a  carapace  de  23  mm.  provenant 
de  Ceylan,  et  par  deux  autres  P.  euopsis  de  la  collection,  chez  les¬ 
quels  il  n’y  a  plus  que  de  toutes  petites  épines  dans  'le  voisinage 
du  bord  supérieur  de  l’article,  et  des  poils  beaucoup  moins  abondants. 
Chez  ces  spécimens  on  peut  considérer  que  la  seconde  patte  ambu¬ 
latoire  gauche  n’est  plus  modifiée,  mais  au  contraire  de  même 
type  que  les  trois  autres.  Il  existe  d’ailleurs  des  intermédiaires  entre 
la  forme  typique  et  cette  forme  que  l’on  pourrait  qualifier  d 'affinis. 
Tous  les  autres  caractères,  et  la  coloration  en  particulier,  qui  est 
exactement  la  même  dans  tous  les  cas,  montrent  qu’il  s’agit  d’une 
seule  et  même  espèce.  Il  faut  noter  ici  que  de  Man  considérait  déjà 
P.  affinis  comme  identique  à  P.  euopsis. 

Pagurus  scutellatus  H.  Miine-Edwards  1848. 

Pagurus  scutellatus,  H.  Miine-Edwards,  1848,  p.  62. 

Pagurus  fabimanus,  Dana,  1851,  p.  270,  et  1852,  p.  454,  pl.  XXVIII, 
fig.  7  a-e. 


561  - 


«  Dardanus  fabimamis  (Dana)  »,  Buitendijk,  1937,  p.  273,  fig.  18  et  19. 

«  Dardanus  scutellatus  (H.  M.-F.dw.)  »,  ibid.,  p.  273,  fig.  16  et  17. 

Spécimens  récoltés.  —  Tahiti,  1  juv.  L.  c.  4  mm  (sans  coquille). 

Remarques.  —  Le  type  de  Pagurus  scutellatus  est  un  £  à  carapace 
de  22  mm.  dont  la  troisième  patte  thoracique  gauche  ainsi  que  le 
propode  et  le  dactyle  de  la  troisième  patte  droite  manquent.  La 
description  et  les  dessins  de  Pagurus  fabimanus  donnés  par  Dana 
s’appliquent  fort  bien  à  ce  spécimen  dont  l’écusson  céphalothoracique 
et  les  appendices  céphaliques  ont  été  figurés  par  Bouvier  (1915, 
p.  33,  fig.  14).  Par  contre  on  peut.relever  dans  le  texte  de  H.  Milne- 
Edwards  quelques  lignes  qui  expliquent  que  l’on  n’ait  pas  songé  à 
mettre  les  deux  espèces  en  synonymie.  Il  écrit  en  particulier  :  « ...  pince 
gauche...  courte  et  pointue.  Pattes  ambulatoires  toutes  arrondies...  » 
Or  le  propode  du  chélipède  gauche  est  au  contraire  oblong  comme 
l’écrit  Dana  à  propos  de  celui  de  P.  fabimanus,  et  si,  comme  il  est 
probable,  la  troisième  patte  thoracique  manquait  déjà  lorsque 
Milne-Edwards  rédigea  sa  description,  ce  qu’il  dit  des  pattes  ambu¬ 
latoires  ne  s’applique  en  fait  qu’à  la  première  paire.  Les  caractères 
essentiels  sur  lesquels  repose  l’identification  des  deux  espèces  sont 
les  suivants  :  Brièveté  de  l’écusson  céphalothoracique  qui  contraire¬ 
ment  à  ce  qu’on  observe  chez  les  autres  Pagurus,  est  nettement 
plus  large  que  long,  pédoncules  oculaires  longs  et  en  massues, 
ressemblant  à  ceux  de  P.  sanguinolentus,  propode  du  chélipède 
droit  oblong,  infléchi,  à  bord  inférieur  en  carène  à  aiguë,  face  externe 
couverte  de  fines  spinules  dissimulées  par  une  courte  pubescence. 
A.  Buitendijk  a  distingué  P.  fabimanus  de  P.  scutellatus  d’après 
l’ornementation  du  chélipède  et  de  la  troisième  patte  thoracique 
gauche,  appendices  qu’elle  a  figurés  dans  le  deux  cas,  mais  par  la 
main  gauche,  le  type  de  P.  scutellatus  me  paraît  bien  plus  proche 
de  ce  qu’elle  présente  sous  le  nom  de  P.  fabimanus.  Les  différences 
qu’elle  relève  me  semblent  seulement  d’ordre  individuel,  le  spécimen 
dénommé  P.  scutellatus  n’ayant  en  somme  que  des  épines  un  peu 
plus  fortes  sur  le  chélipède  et  des  stries  un  peu  plus  marquées  sur 
le  propode  de  la  p3  gauche  que  le  P.  fabimanus  typique. 

Genre  Aniculus  Dana. 

Aniculus  aniculus  (Fabricius  1787). 

Pagurus  aniculus,  Fabricius,  1787,  p.  327. 

Aniculus  typicus,  Dana,  1852,  p.  461,  pl.  XXIX,  fig.  1. 

«  Aniculus  aniculus  (Fabr.)  »,  Nobili,  1907,  p.  371. 

Spécimens  récoltés.  —  Hikuéru,  2  <?  ,L.  c.  26  et  29  mm,  1  $  ovigère, 
L.  c.  42  mm  ;  Tahiti,  2  S,  L.  c.  29  et  39  mm,  1  $,  L.  c.  14  mm. 

Coquilles.  —  Turbo  setosus  Gmel. 

(A  suivre). 


Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


35 


Comportement  de  Pinnotheres  pisum  Penn.  en  aquarium. 
Par  Yves  Plessis. 


L’installation  marine  du  Laboratoire  des  Pêches  Coloniales  du 
Muséum  a  permis  de  mettre  en  évidence  un  certain  nombre  de  bio¬ 
topes  particuliers. 

L’exposition  à  la  lumière  des  différents  bacs,  leur  place  dans  la 
circulation  de  l’eau  de  mer,  les  animaux  ou  les  plantes  qui  s’y  déve¬ 
loppent  sont  autant  de  facteurs  qui  contribuent  à  donner  un  carac¬ 
tère  particulier  à  chacun  d’eux.  On  ne  peut  parler  d’associations 
proprement  dites  puisque  les  individus  qui  les  composent  n’ont  pas 
la  possibilité  de  choisir.  Par  contre  les  essais  d’acclimatation  d’un 
grand  nombre  d’espèces  donnent  quelquefois  naissance  à  une  ren¬ 
contre  heureuse  qui  ne  peut  se  réaliser  dans  la  nature. 

L’un  des  bacs  de  l’aquarium  est  depuis  deux  ans  occupé  par  des 
Actinia  equina  L.  et  une  Sagartia  troglodytes  Heider.  Ce  bac  convient 
parfaitement  aux  Pinnotheres  pisum  Penn.  mâles  et  femelles.  Dans 
ce  milieu  ils  mènent  une  vie  libre  à  l’abri  d’ennemis  éventuels. 

On  les  voit  parfois  marcher  avec  précaution  sur  la  Sagartia  tro¬ 
glodytes  sans  éveiller  chez  elle  des  réflexes  de  préhension.  Si  avec 
une  pince,  on  fait  tomber  sur  une  actinie  un  pinnothère  mort,  celui-ci 
disparaît  rapidement  dans  la  bouche  de  l’animal.  Si  le  pinnothère 
est  vivant  l’actinie  après  une  courte  réaction  de  capture  s’épanouit 
à  nouveau  en  libérant  très  vite  la  victime. 

De  jeunes  Carcinus  maenas  L.,  de  taille  équivalente  ou  même  supé¬ 
rieure,  placés  dans  des  conditions  identiques,  s’échappent  beaucoup 
plus  difficilement,  leurs  mouvements  désordonnés  déterminant  chez 
le  cœlentéré  un  réflexe  violent  des  tentacules.  Il  semble  que  les 
pinnothères  savent  beaucoup  mieux  se  dégager  des  anémones  : 
on  les  voit  gagner  lentement  la  périphérie  de  l’animal  par  des  mouve¬ 
ments  lents  et  continus  propres  à  ne  pas  susciter  les  réactions  des 
tentacules.  C’est  sans  doute  par  cette  technique  qu’ils  peuvent  fran¬ 
chir  chez  les  lamellibranches  le  périlleux  passage  des  valves  entr’ou- 
vertes. 

Laboratoire  des  Pêches  et  Productions  Coloniales 
d’Origine  Animale  du  Muséum. 


Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


563  — 


Acariens  Phytoptipalpidae  parasites  des  Orchidées, 
Cactées  et  plantes  grasses  cultivées  en  serres  (mite). 
II.  —  Brevipalpus  cactorum  Oud.  et  b.  confusus  Baker. 

Par  Marc  André. 


Genre  Brevipalpus  Donnadieu  1875. 

Le  genre  Brevipalpus  a  été  créé  par  Donnadieu  (1875)  pour  deux 
espèces  d’ Acariens  phytophages  ( obovatus  et  pereger)  dont  la  pre¬ 
mière,  obovatus,  fut  ensuite  désignée  comme  type  (Vitzthum,  1942). 
Depuis  cette  époque  un  nombre  considérable  de  nouvelles  espèces 
ont  été  découvertes,  toutes  parasites  de  végétaux  sauvages  ou  cul¬ 
tivés  et  certaines  d’entre  elles  présentent  un  intérêt  économique 
considérable  en  raison  des  dommages  qu’elles  occasionnent  sür  les 
Citrus  et  autres  fruits  tropicaux  aussi  bien  que  sur  de  nombreuses 
plantes  ornementales. 

Bâker,  en  1945,  reconnut  la  validité  du  genre  Brevipalpus  et 
le  sépara  de  Tenuipalpus  que  plusieurs  acarologues  plaçaient  en 
synonymie.  En  collaboration  avec  Pritchard  le  même  auteur  (1952) 
considère  deux  groupes  principaux  :  1°  le  groupe  geisenheyneri, 
dont  les  espèces  possèdent  une  paire  de  soies  supplémentaires  sur 
l’hystérosoma  ;  chacune  de  celles-ci  est  placée  entre  les  premières 
soies  dorso-médianes  et  les  premières  soies  latérales  ;  2°  le  groupe 
inornatus  dont  les  représentants  sont  démunis  de  ces  deux  soies  acces¬ 
soires.  Autrement  dit,  immédiatement  en  arrière  du  sillon  séparant 
l’hystérosoma  du  propodosoma  on  remarque  une  rangée  transversale 
de  six  soies  chez  les  espèces  du  groupe  geisenheyneri  et  de  quatre 
soies  seulement  dans  le  groupe  inornatus.  Les  deux  espèces  qui  nous 
intéressent  ici  ( cactorum  et  confusus)  appartiennent  au  second 
groupe. 

Le  genre  Brevipalpus  se  distingue  par  sa  petite  taille,  ses  palpes  formés 
de  quatre  articles  dont  le  second  porte  une  seule  soie,  le  troisième  deux 
soies  et  le  quatrième  quatre  soies.  Le  corps  est  plus  ou  moins  ovale,  aplati 
dorso-ventralement  ;  sa  surface  est  réticulée  (sauf  de  rares  exceptions). 
Les  pattes  se  terminent  par  une  paire  de  griffes,  un  pulvillus  et  des  poils 
adhésifs.  L’hystérosoma  présente,  sur  sa  face  dorsale,  une  plaque  génitale 
distincte.  Le  propodosoma  se  prolonge  antérieurement  en  un  processus 
s’étendant  plus  ou  moins  au-dessus  du  rostre.  II  y  a  deux  paires  d’yeux 
latéraux  lenticulaires.  Une  paire  de  soies  à  la  face  ventrale  du  rostre  ; 
Un  sillon  dorsal  nettement  indiqué  sépare  le  propodosoma  de  l’hvstéro- 
soma  ;  chez  le  mâle  se  trouve,  en  outre,  un  second  sillon  transversal 
divisant  l’hystérosoma  en  deux  parties. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  564 


Brevipalpus  cactorum  Oudemans  1929. 

1929.  Tenuipalpus  cactorum  Oudemans,  Aearologische  Aanteekeningen, 
XCVIII,  Entom.  Bericht.,  VII,  p.  483. 

Chez  la  femelle,  plus  développée  que  le  mâle,  la  longueur  du  corps 
atteint  285  p.  et  la  largeur  175  p.  L’animal  est  de  forme  ovale,  aplati  dorso- 
ventralement.  Sur  la  face  dorsale  la  chitine  est  largement  réticulée.  Le 
propodosoma,  nettement  séparé  de  l’hystérosoma  par  un  sillon  trans¬ 
versal,  porte  trois  paires  de  soies  marginales  et  deux  paires  d’yeux  laté¬ 
raux.  Il  se  prolonge  antérieurement  en  une  sorte  de  bouclier  rostral  formé 
de  deux  lobes  médians  et  deux  petites  saillies  latérales.  L’hystérosoma 
donne  insertion,  sur  ses  bords,  à  sept  paires  de  soies  finement  barbulées 
et,  près  de  sa  partie  médiane,  trois  paires  de  soies  lisses  de  longueur  à  peu 
près  égale  à  celle  des  soies  marginales.  A  la  face  ventrale  les  boucliers 
ne  sont  que  partiellement  réticulés,  le  reste  de  la  cuticule  présente  des 
sillons  plus  ou  moins  irréguliers.  Les  deux  grandes  soies  flagelliformes  qui 
s’insèrent  sur  le  propodosoma  et  celles  qui  se  trouvent  sur  le  métapodo- 
soma  sont  un  peu  moins  longues  que  celles  qui  sont  figurées  par  Baker 
(1949,  pl.  VI,  fig.  50)  pour  cette  même  espèce.  Sur  chacune  des  coxae  I 
et  II  on  remarque  une  paire  de  courtes  soies  lisses  et  sur  les  coxae  III 
et  IV,  une  seule  soie  de  même  type.  A  la  hauteur  des  coxae  I  naissent  des 
soies  courtes.  Sur  l’opisthosoma  on  compte  huit  petites  soies  lisses. 

Chez  le  mâle  le  corps  est  moins  développé,  sa  longueur  atteint  260  p, 
et  sa  largeur  ne  dépasse  pas  125  p.  Toute  la  face  dorsale  est  ornée  de  réti¬ 
culations.  La  plus  grande  largeur  se  présente  à  la  hauteur  du  sillon  trans¬ 
versal  séparant  le  propodosoma  de  l’hystérosoma.  Un  deuxième  sillon 
divise  l’hystérosoma  et  semble  limiter  ainsi  le  métapodosoma  et  l’opistho¬ 
soma.  A  sa  face  dorsale  l’extrémité  antérieure  du  propodosoma  se  pro¬ 
longe  en  deux  paires  de  lobes  de  longueur  à  peu  près  égale  ;  on  distingue, 
sur  ses  bords,  trois  paires  de  soies  barbulées  et  deux  paires  d’yeux  latéraux 
lenticulaires.  L’hystérosoma  donne  insertion  à  six  paires  de  soies  situées 
sur  les  bords  latéraux  et  postérieur  et  on  voit,  en  outre,  trois  paires  de 
soies  sur  la  ligne  médiane  ;  toutes  ces  soies  sont  finement  barbulées.  A  la 
face  ventrale  du  corps  on  observe  quelques  rares  plages  réticulées,  le  reste 
de  la  cuticule  présente  des  striations  plus  ou  moins  régulières. 

Deutonymphe.  ■ —  A  ce  stade  les  individus  présentent  un  aspect  tout  à 
fait  caractéristique  ;  la  face  dorsale  n’est  pas  réticulée  comme  chez  l’adulte 
mais  est  ornée  de  stries  transversales  irrégulières.  On  distingue  nettement 
le  sillon  délimitant  le  propodosoma  de  l’hystérosoma.  Sur  les  bords  s’in¬ 
sèrent  cinq  paires  de  soies  squamiformes,  d’égale  taille,  munies  de  longues 
barbules.  La  première  paire  se  trouve  immédiatement  au-dessous  des  yeux, 
sur  le  propodosoma  et  les  quatre  autres  sont  disposées  sur  le  bord  pos¬ 
térieur,  largement  arrondi,  de  l’hystérosoma.  Sur  le  reste  du  corps  il  y  a 
huit  paires  de  soies,  les  unes  marginales,  les  autres  médianes,  moins  déve¬ 
loppées  et  munies  de  quelques  barbules. 

Cette  espèce  étant  la  plus  commune,  parmi  les  Phytoptipalpidae 
se  rencontrant  dans  les  serres,  on  peut  supposer  que  c’est  elle  qui 


—  565  — 


Brevipalpus  cactorum  Oudemans. 

Fig.  5,  mâle  (face  dorsale)  ;  fig.  6,  id.  (face  ventrale)  ;  fig.  7,  femelle  (face  ventrale)  ; 
fig.  8,  id.  (face  dorsale)  ;  fig.  9,  deutonymphe,  face  dorsale. 

a  été  signalée  pour  la  première  fois  par  Perty  en  1832  qui,  sans 
l’identifier  scientifiquement  ni  la  nommer,  signale  un  Acarien  vivant 
sur  les  Cactus  et  autres  plantes  grasses  dans  le  jardin  botanique 
de  Munich.  Plus  tard  Boisduval  (1867)  désigne  sous  le  nom  d ’Acarus 


—  566  — 


russulus  un  petit  Acarien  «  d’un  rouge  ferrugineux  et  presque  micros¬ 
copique  »  qui  ne  se  rencontre  que  sur  les  Cactées,  particulièrement 
sur  les  Mamillaria,  les  Echinocaclus  et  genres  voisins.  Selon  cet 
auteur  l’Arachnide  serait  connu  des  amateurs  de  plantes  grasses 
sous  le  nom  de  rouget  ;  il  cite  des  serres  de  Passy  (environs  de  Paris) 
qui,  à  cette  époque,  étaient  contaminées.  Oudf.mans  (1929)  fait  con¬ 
naître,  sous  le  nom  de  Tenuipalpus  cactorum,  des  Acariens  recueillis 
sur  des  Cactées  à  Brême  (Allemagne)  et  Geijsïîes  (1939)  signale 
la  même  espèce  sur  des  Cactées  et  autres  plantes  grasses  ( Mesem- 
bryanthemum,  Euphorbia)  cultivées  dans  des  serres  de  Hollande 
(Helsum,  Wageningen  ;  Wormerveer)  ;  les  plantes,  particulièrement 
attaquées  dans  les  premiers  mois  de  l’année,  prenaient  une  teinte 
roussâtre.  Cooheman  (1947)  fait  remarquer  que  trois  exemplaires 
de  Mamillaria  elongata  de  Candolle  (provenant  sans  doute  de  serres 
Belges)  gravement  atteints  d’acariose  étaient  vraisemblablement 
attaqués  par  la  même  espèce  que  signalait  Boisduval.  Baker  (1949) 
fait  connaître  la  présence  de  B.  russulus  sur  des  Lobivia  rebutioides 
originaires  du  Pérou  et  sur  des  Cactées  diverses  provenant  d’Alle¬ 
magne  ;  il  en  a  recueilli  également  sur  Echinocactus  lafaldensis 
d’Argentine  ;  toutes  ces  Cactées  étaient  cultivées  dans  les  serres 
de  Washington  (D.  C.). 

Cette  espèce  est  certainement  celle  qui  se  rencontre  le  plus  com¬ 
munément  et  en  plus  grand  nombre  sur  les  Cactées  et  plantes  grasses 
cultivées  en  serres.  Elle  est  répandue  dans  les  serres  d’Europe  et 
d’Amérique  et  son  apparition  parmi  les  collections  saines  est  provo¬ 
quée  par  l’introduction  de  nouvelles  plantes  parasitées.  Dans  les 
serres  contaminées  les  Acariens  sont  transportés  passivement  d’un 
végétal  à  l’autre  par  les  manipulations  du  personnel  aussi  bien  que 
par  l’intermédiaire  d’insectes  divers. 

Nous  avons  recueilli  de  nombreux  exemplaires  de  Brevipalpus 
cactorum  Oud.  sur  Echinocereus  penthalophus  et  sa  variété  lepta- 
canthus,  Lobivia  sanguiniflora,  Lobivia  aurea,  Ferocactus  schwarzii , 
Coryphanta  andrea  et  radians,  Chamaecereus  silvestrii,  Cereus  peru- 
vianus  et  Pilocereus  Houlletii.  Certains  de  ces  végétaux  étaient 
recouverts  par  des  milliers  de  parasites.  Sous  l’intensité  des  attaques 
de  l’Acarien  la  plupart  des  plantes  atteintes  présentaient  une  teinte 
gris-roux  uniforme. 

A.  C.  Oudemans  a  décrit  (1929)  sous  le  nom  de  Tenuipalpus 
cactorum  des  Acariens  trouvés  en  parasitisme  sur  des  Cactées  à 
Brême  (Allemagne).  Bien  que  la  diagnose  donnée  par  cet  auteur 
soit  à  peine  suffisante  pour  identifier  l’espèce,  la  description  et  les 
figures  données  plus  tard  par  Geijskes  (1939)  s’accordant  avec 
les  caractères  morphologiques  présentés  par  les  types  conservés 


—  567  — 


dans  la  collection  d’OuDEMANS  permettent  de  considérer  cette  espèce 
comme  parfaitement  valable. 

Cependant  Oudemans  (1938,  p.  ixxm)  reconnaît  que  son  T.  cac- 
torum  pourrait  bien  être  identique  à  V Acarus  russulus  de  Boisduval 
et  aux  Acariens  mentionnés  (mais  non  nommés)  par  Perty  en  1832. 

Tout  récemment  Baker  (1949)  admet  ce  point  de  vue  et  donne 
la  priorité  à  russulus  en  plaçant  cactorum  en  synonymie.  Nous  ne 
partageons  pas  cette  opinion  et  considérons  que  le  terme  cactorum 
doit  être  conservé  pour  les  raisons  suivantes. 

Boisduval  en  1867  définit  ainsi  son  espèce  :  «  Ce  petit  Acarus, 
qui  a  probablement  été  importé  du  Mexique  ou  de  quelque  autre 
contrée  de  l’Amérique  Centrale,  ne  se  trouve  que  sur  les  Cactées, 
particulièrement  sur  les  mamillaria,  les  echinocactus  et  genres  voisins  ; 
il  est  connu  des  amateurs  de  plantes  grasses  sous  le  nom  de  Rouget. 
Cette  petite  Arachnide  d’un  rouge  ferrugineux  est  presque  microsco¬ 
pique  ;  elle  fait  beaucoup  de  tort  aux  plantes...  » 

Cette  description  ne  permettant  aucune  identification  précise  et 
l’auteur  ne  donnant  aucune  figure  à  l’appui  de  son  texte,  Acarus 
russulus  doit  être  considéré  comme  nomen  nudum  en  application 
des  règles  internationales  de  la  nomenclature  zoologique  qui  spécifient 
qu’un  nom  générique  ou  spécifique  n’est  valable  que  s’il  a  été  divul¬ 
gué  dans  une  publication  ou  il  aura  été  clairement  et  suffisamment 
défini. 

Boisduval  et  Oudemans  pouvaient  supposer  que  A.  russulus 
était  la  seule  espèce  pouvant  être  rencontrée  dans  les  serres  sur  les 
plantes  grasses  ou  Cactées.  Depuis  cette  époque  d’autres  formes  ont 
été  signalées  sur  des  végétaux  identiques  et  la  définition  donnée 
par  Boisduval  ne  permet  même  pas  de  savoir  exactement  si  les 
Acariens  qu’il  a  observés  sont  des  Brevipalpus  ou  des  Tenuipalpus  ; 
on  pourrait  tout  au  plus  affirmer  qu’ils  appartiennent  à  la  famille 
des  Phytoptipalpidae. 

Il  est  infiniment  probable  que  l’espèce  de  Boisduval  est  identique 
à  celle  qui  a  été  décrite  par  Oudemans  puis  redécrite  et  figurée 
par  Geijskes  car,  des  différentes  .formes  de  Phytoptipalpidae  ren¬ 
contrées  dans  les  serres,  c’est  de  beaucoup  la  plus  commune,  mais 
il  n’en  serait  pas  moins  regrettable  de  donner  la  priorité  à  un  nom 
d’espèce  qui  n’est  défini  par  aucun  texte  et  aucune  figure. 

Brevipalpus  confusus  Baker  1949. 

1949.  Brevipalpus  confusus  Baker,  The  Genus  Brevipalpus,  Amer.  Midi. 

Natur.,  XLII,  p.  380  ;  pl.  XII,  fig.  104-108. 

Cette  espèce,  voisine  de  B.  cactorum,  s’en  distingue  cependant 
par  un  certain  nombre  de  caractères  que  nous  résumons  ci-dessous, 
d’après  la  diagnose  et  les  figures  données  par  Baker. 


—  569  — 


Femelle.  —  Longueur  du  corps,  280  p,  largeur  153  p.  Forme  générale 
semblable  à  celle  de  B.  cactorum.  La  surface  dorsale  est  également  réticulée. 
Le  rostre  se  prolonge  antérieurement  en  trois  paires  de  lobes  (au  lieu  de 
deux)  ;  les  deux  médians  sont  légèrement  plus  longs  que  les  autres.  Les 
soies  marginales  du  propodosoma  sont  courtes,  faiblement  lancéolées  et 
munies  de  quelques  barbules.  L’hystérosoma  porte  également  sept  paires 
de  soies  marginales  courtes,  légèrement  lancéolées,  munies  de  quelques 
barbules.  Les  trois  paires  de  soies  médianes,  courtes  et  de  taille  égale, 
sont  de  même  type.  Sur  la  face  ventrale  les  deux  longues  soies  flagelli- 
formes  s’étendent  en  avant  jusqu’au  sillon  séparant  le  propodosoma  de 
l’hystérosoma. 

Mâle.  - —  Longueur  du  corps  286  p,  largeur  140  p.  Aspect  à  peu  près 
semblable  au  mâle  de  B.  cactorum.  Le  rostre  se  prolonge,  comme  chez 
la  femelle,  en  trois  paires  de  lobes  dont  les  deux  médians  sont  les  plus 
longs.  Propodosoma  avec  trois  paires  de  soies  marginales.  Hystérosoma 
portant  sept  paires  de  soies  marginales  ;  toutes  ces  soies  sont  lancéolées 
et  barbulées.  Les  trois  paires  de  soies  médianes  s’insérant  sur  l’hystérosoma 
sont  courtes,  également  lancéolées.  ' 

Deutonymphe.  ■ —  Cuticule  non  réticulée  mais  ornée  de  stries  transver¬ 
sales.  Les  soies  marginales,  squamiformes  chez  B.  cactorum,  sont  ici  lan¬ 
céolées  et  barbulées  ;  les  autres,  spiniformes  chez  B.  cactorum  sont,  dans 
cette  espèce,  lancéolées  et  également  munies  de  barbules  ainsi  que  celles 
qui  s’insèrent  sur  la  partie  médiane  du  corps. 

Nous  n’avons  pas  encore  rencontré  cette  espèce  mais  nous  croyons 
utile  de  la  signaler  ici  car  elle  est  appelée  à  se  trouver  dans  les  serres 
européennes,  si  elle  n’y  est  pas  déjà. 

Les  exemplaires  étudiés  par  Baker  ont  été  capturés,  en  1947, 
sur  diverses  Orchidées  dans  les  serres  de  l’Université  de  Maryland 
à  College  Park. 


Expérimentations  d’ Acaricides  sur  les  Cactées  cultivées  en  serres 
et  parasitées  par  des  Phytoptipalpidae. 

Les  expériences  suivantes  ont  été  réalisées,  sur  place,  par 
M.  P.  Saint-Pie. 

Produits  employés  :  G.  24525  à  20  %  de  Diazinon  ; 

G.  24353  à  25  %  de  Chlorobenzilate. 

Formules  utilisées  :  I.  —  G.  24525,  150  gr.  pour  100  1.  d’eau  ; 

IL  —  G.  24353,  150  gr.  pour  100-1.  d’eau. 

Des  Cactées  débarrassées  de  leurs  Acariens  à  la  suite  du  traitement 
par  la  formule  II  ont  été,  un  mois  après  l’application  du  produit, 
parasitées  expérimentalement  ;  les  Acariens  déposés  alors  sur  ces 
plantes,  ne  se  sont  pas  maintenus  et  ont  péri  ou  bien  les  ont  quittées. 

Une  désinfection  générale  de  la  serre,  effectuée  le  5-X-1953,  à 


—  570 


l’aide  de  la  formule  II,  a  détruit  complètement  les  Acariens  para¬ 
sitant  les  Cactées. 


Essais  effectués  le  14  juillet  1953 


Observations  après 
application  de  l’acaricide 

F  ormule  I 

Formule  II 

Après  24  heures . 

larves  détruites 
adultes  vivants 

larves  détruites  , 
adultes  vivants 

»  48  »  . 

adultes  vivants 

adultes  vivants 

Aprè.s  4  jours . 

adultes  vivants 
éclosions 

nombreuses  larves 

quelques  adultes  vi¬ 
vants 

»  8  »  . 

adultes  vivants 
nombreuses  larves 

tous  les  Acariens  sont 
détruits 

»  12  »  . 

augmentation  du  nom¬ 
bre  des  adultes  et 
des  larves 

plus  d’Acariens  sur  les 
Cactées 

»  50  » 

Acariens  aussi  nom¬ 
breux  que  sur  les 
Cactées  non  traitées 

plus  d’Acariens 

Le  5  octobre . 

Cactées  complètement 
envahies  par  les  Aca¬ 
riens,  aussi  nombreux 
que  sur  les  plantes 
non  traitées 

toujours  pas  d’Acariens 

L’expérimentation  de  ces  deux  produits  sur  des  arbres  et  arbustes 
d’ornement,  également  attaqués  par  des  Acariens,  a  démontré  que 
le  G.  24353  a  une  forte  action  dépressive  sur  la  végétation  et  peut 
occasionner  des  brûlures,  tandis  que  le  G.  24525  a,  au  contraire, 
une  action  stimulante. 

Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 

INDEX  BIBLIOGRAPHIQUE 

1945.  —  Baker  (E.  W.),  Mites  of  the  genus  Tenuipalpus  (Acarina  : 

Trichadenidae).  Proc.  Entom.  Soc.  Washington,  XLVII,  p.  33. 
1949.  —  The  genus  Brevipalpus  (Acarina  :  Pseudoleptidae).  Amer.  Midi. 
Ndtural.,  XLII,  pp.  350-402. 


—  571  — 


1952.  —  et  Pritchard  (A.  E.),  1952,  The  Geisenheyneri  species  group  of 
the  genus  Breoipalpus  (Acarina  :  Phytoptipalpidae).  Ann.  Mag. 
Nat.  Hist.,  s.  12,  V,  p.  609. 

1867.  Boisduval.  —  Essai  sur  l’Entomologie  horticole. 

1947.  Cooreman  (J.).  —  Bull.  Soc.  Entomol.  Belgique}  LXXXIII,  p.  43. 
1875.  Donnadieu  (A.  L.).  —  Recherches  pour  servir  à  l’histoire  des 
Tétranyques.  Thèse  Lyon,  134  pp.,  XII  pl. 

1939.  Geijskes  (D.  C.).  —  Beitr.  Kennt.  Europaischen  Spinnmilben... 

Meded.  Landb.  Wagen,  XLII,  f.  4,  pp.  22-24. 

1949.  Mc  Grecor  (E.  A.).  —  Nearctic  Mites  of  the  Family  Pseudoleptidae. 

Mem.  South  Calif.  Acad.  Sci.,  III,  45  pp. 

1929.  Oudejmans  (A.  C.).  —  Acarologische  Aanteekeningen  XCVIII. 

Tenuipalpus  cactorum  nov.  spec.  Entom.  Bericht,  VII,  p.  483. 
1938.  —  Tijdschr.  v.  Entom.,  LXXXI,  Verslag,  p.  lxxiii. 

1859.  Parfitt  (E.).  —  An  Acarus  injurious  to  Orchids.  The  Zool'ogist, 
XVII,  p.  6461. 

1832.  Perty.  —  Behtr.  z.  Kenntn.  Fauna  Monacensis.  Isis,  XXV,  Ht.  7, 
p.  732. 

1942.  Sayed  (T.).  —  Contribution  to  the  knowledge  of  the  Acarina  of 
Egypt.  II.  The  Genus  Tenuipalpus  Donnadieu.  Bull.  Soc.  Fouad  1 0 
Ent.,  XXVI,  p.  93. 

1946.  —  Description  of  Tenuipalpus  granati  nov.  spec.  and  Brevipalpus 
pyri  nov.  spec.  Bull.  Soc.  Fouad  1°  Entom.,  XXX,  p.  99. 


—  572  — 


Nouveaux  cas  de  phorésie  chez  les  Pseudoscorpions. 
Par  Max  Vachon. 


Depuis  notre  précédente  note  de  1947  sur  le  transport  de  Pseudo¬ 
scorpions  par  des  Opilions,  notre  Collègue  Max  Beier  a  publié, 
en  1948,  une  importante  mise  au  point  de  la  question  et  cela  d’après 
une  abondante  et  très  complète  bibliographie.  En  1950,  nous  avons 
alors  décrit  une  curieuse  association  phorétique  :  Coléoptère- Aca¬ 
riens-Pseudoscorpions. 

La  présente  note  n’a  d’autre  but  que  de  signaler  les  espèces  trans¬ 
portées  qui,  depuis  1950,  ont  été  soumises  à  notre  détermination 
et  de  préciser  quelques  données  bibliographiques  touchant  la  pho¬ 
résie  des  Pseudoscorpions. 

Lamprochernes  nodbsus  (Sch.),  Ç 
transportée  par  Musca  domestica  L.  (E.  Séguy  det.)  h 

Cette  Ç  a  été  capturée  à  Banyuls-sur-Mer,  en  juillet  1953,  par 
M.  J.  Theodorides.  C’est,  de  toutes  les  associations  phorétiques, 
celle  qui  est  le  plus  souvent  mentionnée. 

L.  nodosus  est  une  espèce  très  rarement  capturée  dans  son  milieu 
naturel  de  vie.  E.  Simon  ne  l’a  trouvée,  en  France,  qu’à  Fontaine¬ 
bleau  dans  des  détritus.  Personnellement,  nous  ne  l’avons  jamais 
observée  qu’en  phorésie.  Cette  espèce,  vraisemblablement,  habite 
toute  la  France  bien  qu’elle  ne  soit  citée  que  de  quelques  départe¬ 
ments  ;  c’est  la  première  fois  qu’elle  nous  est  envoyée  des  Pyrénées- 
Orientales. 


Pselaphochernes  scorpioides  (Herm.),  Ç 
transportée  par  la  Mouche  Muscina  stabulans  Fallen  (E.  Séguy  det.). 

Cette  capture  a  été  faite  à  Paris  en  août  1953.  Ps.  scorpioides 
est  une  espèce  déjà  signalée  comme  phorétique  mais  ses  transpor¬ 
teurs,  tous  des  Diptères,  sont  restés  indéterminés  (Kew,  W.  H.  1929) 
ou  non  déterminés  spécifiquement  :  Stomoxys  sp.  ?  (Graham- 
Smith  G.,  1916). 

1.  Nous  remercions  notre  Collègue  pour  ses  déterminations  et  profitons  de  cette 
note  pour  signaler  un  de  ses  travaux  de  1950  où  il  est  question  des  Chernètes  phoré¬ 
tiques. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  573  — 


Rhacoclielifer  maculatus  (CLK.),  Ç 
transportée  par  le  Lépidoptère  Géométride  Sterrha  aversata  L. 

(H.  Cleu  det.). 

C’est  notre  ami  M.  le  Dr  H.  Cleu  qui,  en  septembre  1948,  trouva 
ces  deux  voyageurs  en  chassant  à  la  lampe  dans  un  jardin  de  la 
banlieue  d’Aubenas  (Ardèche),  au  sud  de  la  ville,  c’est-à-dire  sur 
le  versant  qui  regarde  la  zone  des  garrigues.  Le  Pseudoscorpion 
était  accroché  à  la  base  d’une  des  pattes  du  Papillon  et  c’est  la  pre¬ 
mière  fois  qu’il  est,  de  même  que  son  transporteur,  signalé.  Notons 
cependant  que  nous  avons  déjà  trouvé,  en  compagnie  de  Diptères, 
une  autre  espèce,  nord-africaine  :  Rh.  similis  Beier,  appartenant  à 
ce  genre  (Vachon,  1940). 

Les  Papillons  transportent  rarement  des  Pseudoscorpions  et,  à 
notre  connaissance,  on  ne  relève  dans  la  littérature  que  deux  cas, 
l’un  cité  par  L.  Berland,  1932,  pour  lequel  Chernète  et  Microlé¬ 
pidoptère  sont  restés  non  déterminés  et  l’autre  cas,  cité  par  M.  Beier, 
1930,  où  Diplotemnus  piger  (E.  S.)  fut  trouvé  sur  un  Lépidoptère 
indéterminé. 

Rh.  maculatus  est  une  espèce  commune  dans  la  région  méditer¬ 
ranéenne  et  sa  capture,  en  Ardèche,  correspond  à  sa  station  la  plus 
septentrionale.  Et  cela  nous  amène  à  rappeler  la  capture  en  Ardèche 
d’un  autre  Arachnide  commun  dans  la  région  méditerranéenne, 
le  Scorpion  Ruthus  occitanus  Am.  dont  nous  avons  trouvé,  en  com¬ 
pagnie  de  M.  le  Dr  Cleu,  de  nombreux  spécimens  dans  les  garrigues 
au  sud  d’Aubenas  (Vachon,  1952). 

Les  trois  Pseudoscorpions  dont  nous  venons  de  parler  sont  trois  $ 
et  cela  confirme  ce  que  nous  avions  souligné  dans  notre  premier 
mémoire  sur  la  pborésie,  en  1940,  à  savoir  la  tendance  marquée 
des  Ç  à  se  faire  transporter. 

Pseudoscorpions 

transportés  par  Ctenophora  pectinicornis  (L.)  (Dipt.  Tip.). 

Nous  ne  connaissons  qu’un  seul  cas  de  transport  de  Pseudo¬ 
scorpions  par  cette  Tipule  (Wagner,  1882).  Il  s’agit  d’un  Chernes 
dénommé  hahni  —  cimicoides  et  que  M.  Beier,  1948,  rapporte  à 
l’espèce  L.  nodosus  (Sch.).  Notre  collègue,  le  Dr  J.  Balazüc  a  capturé 
le  15  mai  1948,  dans  un  jardin,  en  lisière  d’un  bois  à  Boulogne-sur- 
Seine,  une  Ç  de  Ct.  pectinicornis  dont  le  comportement  lui  paraissait 
curieux.  En  fait,  cette  Ç  possédait  un  abdomen  anormal,  avec  une 
segmentation  spirale  et,  de  plus,  portait  accroché  à  l'une  de  ses 
pattes,  un  petit  Pseudoscorpion  ;  ce  dernier,  au  moment  de  la 
capture,  se  détacha  et,  malheureusement,  ne  put  être  retrouvé. 


—  574  — 


Sa  petitesse  et  sa  teinte  nous  laisse  supposer  qu’il  s’agissait  effecti¬ 
vement  de  Lamprochernes  nodosus  (Sch.). 


La  phorésie  des  Pseudoscorpions  cavernicoles. 

On  ne  cite  qu’un  cas  de  Pseudoscorpion  cavernicole  transporté 
par  un  autre  animal  :  c’est  celui  que  Joseph  (1882)  nomme  Chernes 
cavicola  (mais  cette  dénomination  est  très  incertaine)  et  qu’il  a 
trouvé  accroché  aux  pattes  d’un  Orthoptère  Raphidophora  cavicola 
dans  une  grotte  de  Carniole.  Dans  son  mémoire  de  1948,  M.  Beier 
remarque  avec  juste  raison  qu’aucun  Chthoniinea  ni  aucun  Neobi- 
sinea  ne  se  font  transporter  par  les  Coléoptères  ou  autres  Insectes 
avec  lesquels  ils  vivent  côte  à  côte  cependant.  Et  la  presque  totalité 
des  Pseudoscorpions  cavernicoles  appartiennent  à  ces  deux  sous- 
ordres  :  on  ne  connaît  aucun  Chthonius,  aucun  Blothrus,  aucun 
Neobisium,  aucun  Roncus  ou  Pararoncus  phorétiques. 

A  titre  documentaire  cependant,  nous  devons  mentionner  dans 
le  dossier  de  la  phorésie  1,  qu’un  spéléologue,  M.  Dujardin  (cité 
dans  un  travail  de  R.  de  Joly,  1937)  a  trouvé  un  Chernète  accroché 
aux  pattes  d’un  Coléoptère  du  genre  Diaprysius  dans  la  grotte  de 
l’Aiguille  de  Sampzon  dans  le  département  de  l’Ardèche.  Les  Pseudo¬ 
scorpions  cavernicoles  de  cette  région  sont  connus  maintenant  grâce 
aux  patientes  recherches  de  M.  le  Dr  J.  Balazuc  et  ce  que  nous  en 
savons  nous  laisse  penser  que  le  Chernète  phorétique  est  un  Chtho¬ 
nius.  Mais  rien  de  certain  ne  peut  être  affirmé  et  il  est  regrettable 
que  le  spécimen  de  la  grotte  de  l’Aiguille  n’ait  pas  été  capturé  ni 
déterminé. 

Laboratoire  de  Zoologie  du  Muséum. 


TRAVAUX  CITÉS 

Beier,  M.  - —  Die  Pseudoscorpione  des  Wiener  Naturhistorischen  Muséums. 
Ann.  Wien.  Mus.  (1930),  44,  199-222. 

—  Phorésie  und  Phagophilie  bei  Pseudoscorpionen  Osterr.  Zool.  Zeitsch. 
(1948),  1,  5,  441-97,  22  fig. 

Berland,  L.  —  Les  Arachnides  (1932),  Paris,  Le  Chevalier  Edit. 
Graham-Smith.  G.  —  Observations  of  the  habits  and  parasites  of  eommon 
Flies.  Parasitology  (1916),  8,  4,  514-23. 

Joly,  R.  de.  —  Compte  rendu  sommaire  des  explorations  faites  par 
divers  groupes  de  la  Société  spéléologique  de  France  en  1937. 
Spelunca  (1937),  8,  p.  36. 

Kew,  H.  W.  —  Observations  on  Mr.  Donisthorpe’s  Guests  of  British 
Ants  ;  Pseudoscorpions,  ch.  xii  (1929),  Ent.  Rec.,  21-2. 

1.  Nous  remercions  MM.  Les  Drs  J.  Balazuc  et  H.  Henbot  de  nous  avoir  commu¬ 
niqué  cette  référence. 


—  575  — 


Seguy,  E.  —  Phorésie  et  rôle  pathogène  chez  les  Insectes  Diptères. 

EOS.  Rev.  esp.  Entom.  (1950),  pp.  315-24. 

Vachon,  M.  —  Remarques  sur  la  phorésie  des  Pseudoscorpions.  Ann. 
Soc.  Ent.  Fr.  (1940),  1-18. 

—  Nouvelles  remarques  à  propos  de  la  phorésie  des  Pseudoscorpions. 

Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  nat.  Paris  (1947),  19,  1,  84-7. 

—  A  propos  d’une  Association  phorétique  :  Coléoptère-Acariens-Pseudo- 

scorpions.  Bull.  Mus.  Nat.  Hist.  nat.  Paris  (1950),  22,  6,  728-33, 
1  fig. 

—  Le  Scorpion  languedocien  et  sa  répartition  en  France  à  propos  de  sa 

présence  dans  le  département  de  l’Ardèche.  Bull.  Mus.  Nat.  Hist. 
nat.  Paris  (1952),  24,  3,  274-9,  1  fig. 

Wagner,  F.  V.  —  Biologische  Notizen.  Zool.  Anz.  (1892),  434-6. 


-  576  — 


Observations  sur  u Anatomie  des  Terebridae 

NÉO-CALÉDONIENS. 

Par  Jean  Risbec. 


Les  Terebra  ont  été  étudiées,  en  ce  qui  concerne  la  partie  anté¬ 
rieure  du  tube  digestif,  par  Troschel.  Cet  auteur  a  montré  qu’il 
existait  plusieurs  types  différents,  certains  sans  radula  et  sans  glande 
impaire,  d’autres  avec  radula  et  sans  glande  impaire,  enfin  d’autres 
encore  avec  les  deux  organes.  Bouvier  a  reconnu  l’exactitude  de 
ces  dispositions  et  a  observé  plusieurs  espèces  appartenant  à  trois 
des  types  de  Troschel.  Des  deux  espèces  que  j’ai  disséquées, 
l’une,  T.  muscaria,  est  dépourvue  de  radula  et  de  glande  impaire, 
l’autre,  T.  cancellata,  possède  les  deux  organes. 

Terebra  muscaria  Lmk. 

Bouvier  n’a  eu  à  sa  disposition  qu’un  exemplaire  mal  convervé 
de  cette  espèce.  Cependant,  il  a  pu  ranger  celle-ci  exactement  parmi 
celles  qui  n’ont  ni  glande  à  venin  ni  radula.  Je  n’ai  pu  effectuer 
qu  une  dissection  très  sommaire.  Deux  dessins  que  je  reproduis 
montrent  l’allure  de  l’animal  retiré  de  sa  coquille.  On  voit  que, 
dans  l’ensemble  (fig.  1  et  2)  il  est  très  allongé,  le  tortillon  très  grêle 
s’enroulant  en  une  spire  élevée.  Le  pied  est  un  organe  puissant, 
de  couleur  jaunâtre.  Rétracté,  il  occupe  une  longueur  assez  consi¬ 
dérable  dans  la  coquille  ;  l’opercule  étant  petit,  placé  loin  du  repli 
qui  prolonge  le  bord  du  manteau,  sous  le  muscle  columellaire.  Cet 
opercule  est  corné,  ovale,  excavé  vers  le  pied  ;  l’apex  étant  enfoncé, 
situé  à  peu  près  aux  2/3  du  grand  axe  (fig.  3).  De  même  coloration 
que  le  pied,  le  siphon  est  très  allongé,  fort.  La  tête  est  faiblement 
saillante  au-dessus  de  la  partie  antérieure  du  pied.  Elle  porte  deux 
tentacules,  peu  écartés  l’un  de  l’autre,  faibles  et  courts,  avec  de 
petits  yeux  à  leur  extrémité. 

Le  manteau  est  vaste,  recouvrant  une  cavité  palleale  très  profonde. 
Extérieurement,  il  est  blanc  ivoire  à  l’avant,  puis  présente  une  zone 
osphradiale  étroite,  grise,  et  une  zone  branchiale  marron  verdâtre, 
beaucoup  plus  large  et  surtout  très  étendue  vers  l’arrière.  A  droite 
de  la  branchie,  se  trouvent  la  zone  de  la  glande  à  pourpre,  blanche 
ou  violette  suivant  que  le  mucus  a  été  émis  ou  no'n,  et  une  bande 
rectale  brune. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


577 


Barrant  le  fond  de  la  cavité  palleale,  le  rein  est,  en  partie  gris  clair 
près  du  péricarde,  en  partie  gris  foncé  à  droite,  en  partie  noir  vers 
l’arrière.  Le  tortillon  montre  la  glande  mâle  sur  la  face  columellaire. 
Cette  glande  est  marron  très  foncé.  Le  foie,  sur  la  face  dorsale, 
plus  clair  que  la  glande  génitale,  est  plutôt  grisâtre. 

Cavité  palleale.  —  (Fig.  5).  La  cavité  palleale  est  très  allongée. 
Constitué  par  la  paroi  de  la  cavité  viscérale  antérieure,  son  plancher 
est,  dans  l’ensemble,  fusiforme,  la  plus  grande  largeur  se  trouvant 
au  niveau  de  l’extrémité  postérieure  de  l’osphradie.  En  avant  de 
ce  niveau,  la  paroi  est  plus  épaisse,  opaque  ;  en  arrière,  elle  s’amincît 
et  laisse  voir  la  trace  des  organes  digestifs.  L’osphradie  est  relative¬ 
ment  courte,  avec  deux  séries  de  feuillets  à  peu  près  égales,  à  droite 
et  à  gauche.  La  branchie  est  très  longue,  avec  de  nombreux  replis 
suivant  ceux  du  manteau.  Ses  lames  sont  étroites  et  nombreuses, 
de  longueur  à  peu  près  équivalente  à  la  largeur  de  l’osphradie  dans 
son  ensemble.  Les  feuillets  osphradiaux  sont  plus  épais  que  les 
feuillets  branchiaux  et  deux  fois  moins  serrés,  au  nombre  de  130  envi¬ 
ron,  de  chaque  côté.  La  glande  muqueuse  est  une  glande  à  pourpre 
dont  la  sécrétion  devient  violet  foncé.  Elle  s’étend  à  la  partie  pos¬ 
térieure  du  manteau,  entre  la  branchie  et  le  rectum,  s’avançant 
même  au-dessus  de  ce  conduit. 

Appareil  digestif.  —  Cet  appareil  correspond  à  peu  près  à  ce  que 
Bouvier  a  décrit  pour  T.  aciculina.  Cependant,  je  n’ai  pas  trouvé 
la  fente  postérieure  dorsale  de  la  gaine.  Cette  gaine  forme  un  cylindre 
complet  jusqu’à  sa  partie  postérieure.  Une  membrane  très  mince, 
ample,  réunissant  le  bord  postérieur  de  la  trompe  à  la  cavité  vis¬ 
cérale  limite,  en  arrière,  la  cavité  dans  laquelle  est  contenue  la  gaine, 
laquelle  semble  bien  ne  pouvoir  être  dévaginée  ou  projetée  à  l’exté¬ 
rieur. 

En  effet,  à  l’état  rétracté,  je  l’ai  trouvée  courbée  en  fer  à  cheval 
assez  fermé.  Cette  position  semble  indiquer  que  la  projection  doive 
se  faire  d’abord  en  détendant  l’arc  de  la  gaine  rétractée.  Bouvier 
la  représente  droite,  et  pense  que  la  trompe  se  déplace  à  l’intérieur 
de  la  gaine  comme  un  piston  dans  un  cylindre.  Situé  en  arrière  de 
la  trompe,  l’œsophage  a  un  diamètre  assez  considérable.  Il  traverse 
le  collier  nerveux  à  ganglions  rougeâtres,  lequel  est  recouvert  par 
une  glande  salivaire  marron,  peu  développée.  Il  se  renfle  ensuite 
assez  fortement  en  une  sorte  de  jabot  noirâtre,  mais  sans  glande 
impaire  individualisée. 

Le  tube  digestif  retrouve  un  diamètre  assez  faible  pour  sortir 
de  la  cavité  viscérale  antérieure,  mais  il  se  renfle  de  nouveau  presque 
aussitôt.  C’est  alors  la  branche  œsophagienne  '  de  l’anse  digestive 
qui  s’étend  sur  la  face  gauche  du  tortillon,  assez  loin  vers  l’arrière. 
L’estomac  n’est  que  le  sommet  de  l’anse.  Cette  section  du  tube 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


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entoure,  en  effet,  le  lobe  antérieur  du  foie  et  est  enchâssée  par  le 
lobe  postérieur  ;  elle  reçoit  les  sécrétions  hépatiques.  Cependant, 
le  diamètre  est  redevenu  faible,  et  c’est  seulement  la  partie  renflée 
de  l’oesophage  qui  constitue  une  poche  volumineuse.  L’intestin 
remonte  vers  l’avant,  parallèlement  à  la  branche  œsophagienne 
de  l’anse,  dont  il  se  rapproche.  Il  conserve  le  même  diamètre,  ainsi 
que  le  rectum,  lequel  suit  la  droite  du  manteau  et  aboutit  à  l’anus, 
placé  assez  près  du  bord  du  manteau. 

Appareil  mâle.  —  (Fig.  8).  La  glande  génitale,  marron  très  foncé, 
s’étend  sur  la  face  columellaire  du  tortillon.  Il  en  part  un  canal 
déférent  marron,  presque  rectiligne,  de  faible  diamètre,  aboutis¬ 
sant,  au  fond  de  la  cavité  palleale,  à  droite,  à  un  renflement  pros¬ 
tatique. 

Renflé  à  sa  partie  postérieure,  atténué  vers  l’avant,  il  passe, 
un  peu  avant  le  niveau  de  l’anus  (fig.  5),  à  un  sillon  assez  peu  mar¬ 
qué,  lequel  suit  la  cavité  viscérale  et  va  jusqu’à  la  base  du  pénis. 
Le  pénis  est  un  organe  énorme,  enfoncé,  au  repos,  dans  la  cavité 
palleale  dont  il  atteint  le  fond  et  où  il  doit  même  se  recourber.  Déjà 
épais  à  sa  base,  cet  organe  se  renfle  encore  un  peu,  puis  s’atténue 
en  fuseau.  A  l’extrémité,  il  se  rétrécit  brusquement  et  se  termine 
par  un  petit  mamelon  dont  la  teinte  orangée  contraste  avec  le  reste 
de  l’organe  qui  est  jaunâtre,  ivoire.  Le  sillon  qui  continue  le  canal 
déférent  suit  la  face  postérieure  du  pénis  et  vient  finir  à  la  base 
du  mamelon  terminal  (fig.  6). 

Terebra  cancellata  Q.  et  G. 

Cette  espèce  est  très  petite,  la  coquille,  très  effilée  et  épaisse, 
ne  mesurant  que  2  cm.  de  longueur.  Aussi,  en  une  seule  dissection, 
bien  qu’effectuée  sous  le  binoculaire,  n’ai-je  pu  observer  sérieuse¬ 
ment  que  le  tube  digestif.  L’exemplaire  étudié  a  été  recueilli  sur  le 
sable,  baie  de  l’Orphelinat,  à  Nouméa. 

Le  pied  est  très  développé.  Il  supporte  un  opercule  petit,  ambré 


Explication  des  figures  ci-contre 

Fig.  1  et  2.  —  Deux  aspects  de  Terebra  muscaria  retiré  de  sa  coquille  ;  fig.  3.  — 
Opercule  de  T.  muscaria  ;  fig.  4.  —  Opercule  de  T.  cancellata  ;  fig.  5.  —  T.  muscaria. 
Manteau  ouvert  et  étalé.  En  pointillé,  trace  de  l'oesophage,  par  transparence  ; 
fig.  6.  —  T.  muscaria.  Extrémité  du  pénis  ;  fig.  7.  —  Même  espèce.  Partie  antérieure 
du  tortillon.  Le  rein  est  étalé  vers  la  droite  ;  fig.  8.  —  Même  espèce  et  même  région. 
Rein  enlevé.  Extrémité  antérieure  de  la  glande  mâle  écartée  à  droite.  Rectum  rabattu 
à  gauche  ;  fig.  9.  —  T.  cancellata.  Aspect  de  l’animal  retiré  de  sa  coquille  ;  fig.  10.  — 
Même  espèce.  Partie  du  tube  digestif  comprise  dans  la  cavité  viscérale  antérieure  ; 
fig.  11.  —  Même  animal.  Canal  de  la  glande  à  venin  étalé  et  un  peu  tiré  en  arrière, 
au  travers  du  collier  œsophagien.  Gaine  de  la  trompe  ouverte  ;  fig.  12.  —  Même 
espèce.  Extrémité  d’une  dent  radulaire  ;  fig.  13.  —  Dent  radulaire  complète  de  la 
même  espèce  ;  fig.  14.  - —  Même  espèce.  Ensemble  du  tube  digestif  hors  de  la  cavité 
céphalique. 


Explication  des  lettres  :  aoa  =  aorte  antérieure,  aop  =  aorte  postérieure,  br  = 
bran  chie,  ccph  =  région  de  la  cavité  céphalique  (cavité  viscérale  antérieure),  cd  = 
ganglion  cérébroïde  droit,  cdt  =  canal  déférent,  cgv  =  canal  de  la  glande  à  venin, 
e  =  estomac,  f  =  foie,  gb  =  ganglion  buccal,  gtr  =  gaine  de  la  trompe,  gv  =  glande 
à  venin,  m  col  =  muscle  columellaire,  o  =  oreillette,  œ  =  œsophage,  op  =  opercule, 
os  =  osphradie,  pd  =  pied  et  fig.  10  ganglion  pédieux,  pda  =  ganglion  pédieux  acces¬ 
soire,  per  =  péricarde,  pn  =  pénis,  pr  =  prostate,  rn  =  rein,  rnl  =  glande  héma¬ 
tique,  rn2  =  rein  proprement  dit,  rt  =  rectum,  s  =  siphon,  sp  =  ganglion  supra- 
intestinal,  sr  =  sac  radulaire,  t  =  tentacule,  tr  =  trompe,  v  =  ventricule. 


—  580  — 


clair  (fig.  3),  piriforme,  avec  stries  d’accroissement  très  faibles. 
Ces  stries  sont  masquées  par  les  différences  de  coloration  de  zones 
concentriques,  lesquelles  simulent  une  formation  autour  d’une 
région  sub-centrale,  tandis  que  l’apex  véritable  se  trouve  à  l’extré¬ 
mité  effilée  de  la  lame  cornée.  Largement  tronqué  en  avant,  effilé 
vers  l’arrière,  le  pied  dépasse,  de  peu,  l’opercule. 

La  tête  (fig.  9)  est  simplement  bilobée  en  avant,  les  yeux  étant 
visibles  comme  des  points  noirs  à  la  partie  antérieure  des  lobes, 
dorsalement.  Le  pied,  le  siphon,  la  paroi  céphalique  et  la  zone  anté¬ 
rieure  du  manteau  sont  ivoire  clair,  presque  incolores.  Le  siphon 
est  très  grand  et  très  épais  à  l’état  rétracté.  En  arrière  de  sa  base, 
on  trouve  une  accumulation  de  granulations  blanches.  Le  manteau 
est  assez  étroit,  tandis  que  le  muscle  columellaire  est  important 
et  occupe,  sur  la  face  opposée,  une  surface  presque  équivalente  à 
celle  du  manteau.  Il  est  de  couleur  ivoire  jusqu’à  une  large  zone 
qui  barre  transversalement  tout  le  corps,  à  l'avant  du  tortillon,  et 
est  de  coloration  orangée.  Cette  coloration  est  provoquée  par  la 
glande  muqueuse.  Celle-ci  émet  une  sécrétion  abondante,  d’abord 
jaune  soufre,  et  se  colorant,  ensuite,  plus  ou  moins  vivement  en 
orangé. 

La  branchie  a  des  feuillets  à  peu  près  en  forme  de  triangle  équila¬ 
téral  dont  un  côté  adhère  au  manteau.  Ces  feuillets  étaient,  à  l’obser¬ 
vation,  de  couleur  jaune  soufre,  mais  il  est  bien  possible  que  cette 
coloration  ait  été  le  résultat  d’une  imprégnation  par  le  mucus  de 
la  glande  purpurigène.  L’ensemble  est  long,  les  lames  branchiales 
relativement  peu  nombreuses.  L’osphradie  suit  la  branchie  et  est 
blanchâtre,  presque  incolore.  Ses  feuillets  sont  moins  développés 
que  les  feuillets  branchiaux  et  peu  nets. 

Appareil  digestif.  —  (Fig.  10  et  11).  La  cavité  viscérale  antérieure 
comprend  deux  masses  à  peu  près  équivalentes  :  en  avant,  la  trompe 
et  sa  gaine  ;  en  arrière,  la  glande  impaire  avec  la  partie  correspon¬ 
dante  de  l’œsophage.  Ces  deux  masses  sont  séparées  par  le  collier 
nerveux. 

La  gaine  de  la  trompe  comprend  deux  sections  séparées  par  une 
zone  rétrécie.  Cette  zone  semble  avoir  pour  rôle  de  permettre  à 
l’organe  de  se  couder  facilement  et  de  pouvoir  ainsi  se  rétracter 
dans  la  cavité  viscérale,  relativement  réduite.  Beaucoup  plus  longue, 
la  partie  postérieure  est  très  déformable,  capable  de  s’allonger  beau¬ 
coup.  Elle  vient  s’emboîter  sur  la  partie  basilaire,  élargie,  de  la 
trompe,  qui  en  ferme  complètement  l’orifice  postérieur.  Là  encore, 
je  n’ai  pu  noter  !a  présence  de  la  fente  dorsale  décrite  par  Bouvier, 
et  je  n’ai  pas  vu  qu’il  existât  une  communication  entre  la  cavité 
viscérale  et  la  cavité  de  la  trompe,  disposition  qui  me  paraît  assez 
difficile  à  admettre.  Je  ne  sais  pas  non  plus  si  la  trompe  glisse  dans 
la  gaine  à  laquelle  elle  n’est  fixée  par  aucune  attache  et  j’avoue  que 


—  581  — 


je  me  demande  comment  elle  peut  être  projetée  à  l’extérieur.  Ni  les 
explications  de  Bouvier,  ni  l’examen  de  la  figure  qu’il  publie  ne  me 
le  font  comprendre,  et  j’estime  que  de  nouvelles  observations  sur 
ce  sujet  sont  nécessaires.  Alpers,  qui  a  passé  en  revue  les  différentes 
dispositions  de  la  trompe  chez  les  Prosobranches,  reproche  à  l’expli¬ 
cation  de  Bouvier  son  manque  de  clarté,  et  il  pense  que  l’interpré¬ 
tation  de  Simroth  est  erronée.  Cependant,  il  ne  peut  donner  une 
explication  du  phénomène.  D’après  lui,  chez  les  Conidés  de  disposi¬ 
tion  analogue,  la  trompe  s’étend  un  peu,  mais  elle  arrive  à  l’exté¬ 
rieur  parce  que  la  partie  antérieure  de  la  gaine  se  rétracte  pour  lui 
laisser  la  possibilité  d’y  parvenir.  C’est  du  moins  ce  qui  ressort  de 
ses  figures  où  l’appareil  rétracté  est  plus  long  que  l’appareil  prêt  à 
fonctionner.  Etant  donné  la  disposition  de  l’œsophage  et  de  ses 
annexes,  la  chose  peut  s’expliquer  ainsi.  De  fait,  j’ai  capturé  pas 
mal  de  Conus,  et  je  n’ai  jamais  vu  saillir  la  trompe. 

A  l’état  d’extension,  c’est  à  l’extrémité  d’un  mufle  court  compre¬ 
nant  la  gaine,  que  la  bouche  vient  aboutir  ;  mais,  chez  les  Conus, 
la  trompe  est  courte,  le  sac  radulaire  situé  à  peu  de  distance  de  la 
bouche.  Il  est  facile  de  concevoir  que  les  dents  puissent  être  mises 
à  portée  de  s’implanter  dans  les  proies. 

Chez  T.  cancellata,  le  problème  est  plus  complexe,  et  je  ne  vois 
pas  comment  les  dents  radulaires  peuvent  être  amenées  près  de  la 
bouche.  Cela  ne  pourrait  se  faire  que  par  une  dévagination,  un 
retournement  impossibles  de  la  trompe.  Celle-ci  est  beaucoup  plus 
étroite  dans  toute  sa  partie  allongée  antérieure  que  dans  sa  partie 
postérieure,  là  où  aboutit  le  sac  radulaire.  Les  proies  étant  avalées, 
sans  doute  in  toto,  comme  Aspers  l’a  décrit  pour  le  Conus  lividus, 
les  dents  radulaires  ne  peuvent  agir  qu’au  passage  dans  le  conduit 
digestif.  Leur  action  doit  donc  être  très  limitée.  Le  sac  radulaire, 
d’ailleurs  très  réduit,  semble  n’être  plus,  dans  ces  conditions,  qu’un 
organe  résiduel,  en  voie  de  disparition  — -  celle-ci  déjà  réalisée  chez 
beaucoup  d’espèces  de  Terebra,  telles  T.  muscaria. 

Dans  mon  exemplaire,  de  faible  taille,  la  gaine,  transparente, 
laisse  voir  la  trompe  qui  est  blanche.  Cette  trompe  est  grêle,  sauf 
à  la  partie  postérieure,  laquelle  se  renfle  pour  venir  fermer  la  cavité 
postérieure  de  la  gaine.  Je  l’ai  trouvée  rétractée  et  flexueuse.  Dans 
son  renflement  postérieur,  qui  n’a  pas  la  constitution  d’un  bulbe 
ordinaire  et  n’a  pas  de  rotella,  débouchent  le  sac  radulaire  ventral 
et  le  canal  de  la  glande  impaire,  dorsale. 

Dans  le  sac  radulaire,  les  dents  sont  disposées  comme  chez  les 
Conus.  Chaque  dent  (fig.  12  et  13)  est  très  effilée,  de  longueur  totale 
mesurée  294  p.  L’épaisseur  de  la  tige  est  de  6  p  dans  sa  partie  la 
plus  forte,  c’est-à-dire  près  de  l’extrémité  postérieure.  La  pointe 
est  munie  d’une  sorte  d’hameçon  à  deux  branches  dont  la  plus 
longue  mesure  38  p  et  la  plus  courte  12  p.  La  dent  est  tronquée 


—  582  — 


obliquement  en  arrière,  et  attachée  au  ruban  lingual  par  une  bande 
arquée,  plus  large  que  sa  tige.  L’échantillon  étudié  présentait  35  dents 
bien  formées,  disposées  en  deux  séries  ;  celles  qui  étaient  contenues 
dans  le  sac  radulaire  étaient  couchées  le  long  de  la  paroi  de  ce  sac, 
la  pointe  tournée  vers  le  fond.  Les  dents,  bien  formées,  n’occupaient 
que  la  moitié  antérieure  du  sac,  la  partie  postérieure  ne  présentant 
qu’un  contenu  translucide,  granuleux.  Au  débouché  du  sac  radulaire, 
à  la  base  de  la  trompe,  j’ai  trouvé  des  dents  disposées  dans  les  deux 
sens,  mais  je  ne  sais  comment  se  font  le  retournement  et  l’utilisation. 

En  face  du  sac  radulaire,  aboutit  le  canal  de  la  glande  impaire 
qui  est  certainement  une  glande  à  venin.  Ce  conduit  est  de  diamètre 
relativement  considérable,  aussi  grand  que  celui  du  sac  radulaire. 
Il  traverse  le  collier  nerveux  et  décrit,  à  droite  du  tube  digestif, 
des  circonvolutions  assez  étendues  et  compliquées  avant  d’aboutir 
à  une  glande  impaire  en  forme  de  fuseau  allongé,  un  peu  plus  renflé 
en  avant.  Cette  glande  a  une  membrane  d’enveloppe  à  reflets  nacrés. 
Elle  est  incolore  et  translucide,  assez  longue  pour  s’étendre  depuis 
le  collier  œsophagien  jusqu’à  l’extrémité  postérieure  de  la  cavité 
viscérale  antérieure.  La  trompe  a  été  trouvée  remplie  d’une  sécré¬ 
tion  blanche,  granuleuse,  semblable  à  la  substance  contenue  dans 
le  canal  évacuateur  de  la  glande  impaire,  et  qui  provenait  vraisem¬ 
blablement  de  la  sécrétion  de  cette  glande. 

Sortant  de  la  cavité  viscérale  antérieure,  l’œsophage  s’étend  loin 
vers  l’arrière,  présentant  un  diamètre  considérable,  et  qui  augmente 
presque  constamment  jusqu’à  l’estomac.  La  longueur  de  cette  sec¬ 
tion  du  tube  digestif  est  environ  deux  fois  et  demie  plus  grande 
que  celle  de  la  cavité  viscérale  antérieure  renflée.  C’est  une  longue 
poche  transparente,  irriguée  par  des  conduits  artériels  accompagnés 
de  granules  blancs.  L’estomac  est  une  poche  ovoïde  relativement 
réduite,  dont  la  troncature  antérieure  correspond  aux  débouchés, 
côte  à  côte,  de  l’œsophage  et  de  l’intestin. 

Encastré  dans  le  foie,  l’intestin  est  de  couleur  ivoire.  Il  est  beau¬ 
coup  plus  grêle  que  l’œsophage.  Avec  le  rectum,  il  ne  forme  qu’un 
long  tube  de  diamètre  constant  et  de  même  aspect,  jusqu’à  l’anus 
placé,  comme  à  l’ordinaire,  à  droite  de  la  cavité  palléale. 

Autres  organes.  —  Je  n’ai  pas  pu  m’occuper  sérieusement  du  sys¬ 
tème  nerveux.  Le  collier  est  figuré  seulement  en  relation  avec  le  tube 
digestif  (fig.  11).  On  peut  seulement  y  remarquer  :  1°  que  le  collier 
se  trouve  tourné  de  90°  vers  la  gauche,  de  telle  sorte  que  les  gan¬ 
glions  pédieux  se  trouvent  placés  à  droite  des  cérébroïdes  et  non 
en  dessous  ;  2°  que  les  ganglions  pédieux  sont  en  fuseaux  effilés  et 
portent  des  ganglions  accessoires  ;  3°  que  les  ganglions  sont  très 
concentrés,  les  cérébroïdes  et  palleaux  confondus  entre  eux  et 
confluant  largement  avec  les  ganglions  pédieux  ;  4°  que  le  supra- 
intestinal  est  bien  dégagé,  quoique  proche  du  palleal  ;  5°  que  les 


—  583  — 


ganglions  buccaux,  relativement  gros,  sphériques,  sont  placés  près 
du  débouché  du  canal  de  la  glande  à  venin.  Ce  système  est  certaine¬ 
ment  beaucoup  plus  concentré  —  sauf  en  ce  qui  concerne  les  gan¬ 
glions  intestinaux  —  que  celui  figuré  par  Bouvier. 

Laboratoire  de  Malacologie  du  Muséum. 


OUVRAGES  CITÉS 

Alpebs.  —  Zur  Kenntniss  des  Anatomie  von  Conus  lividus  Brug.  besonders 
des  Darmkanals  (Fauna  et  Anatomia  ceylanica)  Iena.  Z.  Naturw., 

1931,  pp.  587-657. 

Bouvieb,  L.  —  Système  nerveux,  morphologie  générale  et  classification 
des  Gastéropodes  Prosobranches.  Paris,  1887. 

Simroth.  —  Brown’s  Klassen  und  Ordnungen  des  Tier-Reichs.  Mollusca 
Ab.  II.  Gasteropods  Prosobranchs. 

Oswald.  —  Des  Russelapparat  der  Prosobrancbier  in  Iena  Zeitsch. 

Wiss.,  vol.  XXVIII,  1894. 

Troschel.  —  Das  Gebiss  der  Schnecken,  1893. 


Révision  des  espèces  des  côtes  de  France 
DU  GENRE  GlBBULA  RlSSO  (MOLLUSQUE  PROSOBRANCHE). 

Par  Jean  M.  Gaillard. 


Le  genre  Gibbula  fait  partie  de  la  famille  des  Trochidæ  parfois 
rattachée  à  celle  des  Turbinidæ. 

La  position  du  genre  lui-même  à  l’intérieur  de  la  famille  des 
Trochidæ  et  ses  rapports  avec  les  genres  voisins  ont  été  interprétés 
différemment  selon  les  auteurs.  Woodward,  Tryon  et  Thiele  ont 
tous  trois  envisagé  ce  groupe  dans  son  ensemble.  A  quels  résultats 
arrivent-ils  ? 

Woodyvard  :  —  Pour  cet  auteur  les  Trochidæ  seraient  une  sous- 
famille  des  Turbinidæ  -,  il  n’y  aurait  que  trois  genres  :  Trochus, 
Clanculus  et  Danilia,  mais  le  premier  se  subdiviserait  en  plusieurs 
sous-genres  :  Zizyphmus,  Forskalia,  Gibbula ,  Phorcus,  Trochocochlea. 

Tryon  :  —  et  ses  collaborateurs,  ou  successeurs,  du  Manual 
of  Conchology  subdivisent  la  famille  des  Trochidæ,  indépendante 
des  Turbinidæ,  en  trois  sous-familles. 

1°  Trochininæ  (Trochus,  Monodonta,  Cantharidus)  ; 

2°  Gibbulinæ  (qui,  outre  Gibbula,  comprend  Calliostoma  et  tous 
les  genres  dont  Thiele  fera  les  Margaritinæ)  ; 

3°  Umboninæ  ; 

4°  Delphinulinæ. 

Thiele  :  —  Selon  Thiele  les  Trochidæ  se  subdiviseraient  en  quatre 
sous-familles  (Margaritinæ,  Calliostomatinæ,  Trochinæ  et  Umbo- 
niinse).  C  est  dans  la  troisième  d’entr’ elles  que  se  trouvent  les 
Gibbules  à  côté  des  genres  suivants  :  Fossarina,  Cantharidus,  Mono¬ 
donta,  Chrysostoma,  Tegula,  Cittarium,  Norrisia,  Gaza,  Clanculus 
Trochus. 

Le  tableau  ci-après  permet  de  résumer  ces  données. 

Le  genre  Gibbula  est,  on  le  voit  particulièrement  dans  ce  tableau, 
tantôt  regroupé  avec  les  Trochus  sensu-stricto  et  les  Monodonta 
et  opposé  aux  Margarita  et  genres  voisins,  tantôt  au  contraire  réuni 
aux  Clanculus  et  Margarita  et  opposé  aux  Trochus,  Monodonta 
et  Cantharidus. 

Les  espèces  des  Côtes  de  France  pour  lesquelles  j’ai  pu  ajouter 
1  examen  de  la  radule  à  celui  de  la  coquille  semblent  plus  proches 
des  Trochus  et  Monodonta  que  des  genres  classés  par  Thiele  dans 
Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  585 


les  Margaritinæ.  En  effet,  comme  le  montrent  les  figures  de  radules 
accompagnant  ce  travail  le  nombre  de  dents  intermédiaires  est 
typiquement  de  5  et  il  n’y  a  pas  de  différence  de  taille  notable  entre 
les  plus  internes  et  les  plus  externes  de  celles-ci. 


Fig.  1.  —  Gibbula  adansoni,  Payraudeau.  Radule  X  900  X  1/3  ;  fig.  2.  —  Gibbula 
ardens,  von  Salis.  Radule  X  450  X  1/3  ;  fig.  3.  —  Gibbula  cineraria ,  Linné.  Radule 
X  450  X  1/3  ;  fig.  4.  —  Gibbula  divaricata,  Linné.  Radule  X  580  X  1/3  ;  fig.  5. — 
Gibbula  maga,  Linné.  Radule  X  450  X  1/3. 


WoODWARD 

Tryon 

Thiele 

Gibbulinae  : 

Margaritinæ  : 

Margarita 

Margarita 

Margarita 

Trochus  :  ■ 

Danilia 

Danilia 

Zizyphinus 
(=  Calliostoma ) 

Calliostoma 

Calliostomatinæ 

Gibbula 

Trochocochlea 

Gibbula 

Trochinæ  :  Gibbula 

Clanculus 

Circulus 
(. Delpliinula ) 

Clanculus 

Clanculus 

Omphalius 

Elenchus 

Trochininae  : 

(  =' Cantharidus) 

Cantharidus 

Cantharidus 

Trochus 

Trochus 

Monodonta 

Monodonta 

Monodonta 

—  586  — 


Discussion  des  espèces  des  côtes  de  France. 

Gibbula  Adansoni  Payraudeau. 

1826  Trochus  Adansoni  Payraudeau,  Mollusques  de  Corse,  p.  127,  pl.  VI. 

Deshayes  citant  Trochus  Adansoni  précise  que  cette  espèce  est 
souvent  confondue  avec  de  jeunes  exemplaires  d’espèces  plus  grandes. 
Il  connaissait  donc  cette  espèce.  Par  ailleurs  les  proportions  de  son 
Trochus  varions  semblent  différer  notablement  de  celles  données 
par  Payraudeau  pour  son  espèce.  Nous  n’incluerons  donc  pas 
G.  varions  Deshayes  dans  la  synonymie  de  G.  Adansoni,  en  dépit 
de  l’opinion  de  Monterosato. 

Bucquoy,  Dautzenberg  et  Dollfus  défendent  fort  justement 
la  validité  de  Trochus  turbinoides  Deshayes  ;  on  ne  peut  que  ren¬ 
voyer  à  leur  discussion.  Nous  adopterons  aussi  leur  avis  quant  à 
la  valeur  spécifique  de  Trochus  adriaticus  Philippi  que  son  auteur 
considérait  comme  une  variété  de  Gibbula  Adansoni  tout  en  suggé¬ 
rant  d’ailleurs  qu’on  puisse  ultérieurement  l’élever  au  rang  d’espèce. 

Selon  Petit,  T.  euxiniscus  Andrj.  serait  aussi  un  synonyme  de 
G.  Adansoni.  Nous  ne  pouvons  préciser  les  rapports  de  ces  deux 
espèces  n’ayant  pu  consulter  la  diagnose  de  la  première  d’entr’ elles. 
Cet  auteur  range  aussi  dans  ce  groupe  G.  variegata  Risso  qui  n’a 
pas  été  figurée  par  son  auteur  mais  dont  la  diagnose  ne  correspond 
pas  absolument  à  G.  Adansoni. 

Collection  générale  du  Muséum  :  Toulon,  Provence,  Corse,  Palerme, 
Oran. 

Collection  Locard  :  Nice,  Porquerolles,  Étang  de  Thau,  Saint-Tropez, 
Gien,  Saint-Raphaël,  Antibes,  Bandol,  Cannes,  Toulon,  Banyuls,  Mar¬ 
tigues,  La  Seyne,  Cette  ;  Italie,  Naples,  La  Spezzia  ;  Sicile,  Palerme. 


Dimensions  (en  mm.). 


Station 

Diamètre 
maximum 
de  la  coq. 

Hauteur  1 
totale 
de  la  coq. 

Dis'.ancc  vert. 
Ombilic/ 
sommet 

Diamètre 

Ouverture 

Profondeur 

Ombilic 

Cannes . 

12 

13 

9 

7 

3 

Ajaccio  .... 

8 

8 

6 

4 

2 

La  Seyne. .  . 

11 

12 

8 

6 

3 

Cannes  .... 

11 

11 

7 

6 

3 

Coloration  :  Gris,  brun  ou  rose  à  flammules  blanches  ;  Ornemen¬ 
tation  :  Stries  de  valeur  inégale  ;  Ombilic  :  Assez  profond  et  large  ; 
il  peut  parfois  être  à  demi  recouvert  ;  Suture  :  Sans  méplat  ni  rai- 


i 


—  587 


mire  ;  Forme  générale  :  Tours  peu  renflés  ;  Radule  :  Dent  centrale 
à  col  étroit,  carène  axiale  assez  marquée  (voir  fig.  1). 

Gibbula  ardens  von  Salis. 

1781  Trochus  tessellatus  Chemnitz,  Conclu  Cab.,  Y,  p.  116,  pl.  CLXX1, 
fig.  1683. 

1790  Trochus  tessellatus  Gmelin,  Syst.  Nat.,  ed.  XIII,  p.  3574. 

1793  Trochus  ardens  von  Salis  Marschlins,  Reise  ins  Koen.  Neap., 
p.  376,  pl.  VIII,  fig.  9. 

1826  Trochus  fermonii  Payraudeau,  Moll,  de  Corse,  p.  128,  pl.  VI, 
fig.  11  et  12. 

1826  Gibbula  sanguinea  Risso,  Hist.  Nat.  Eur.  Merid.,  t.  IV,  p.  135. 
1830  Trochus  fermonii  Payr.  Blainville,  Faune  française,  p.  283,  pl.  X  a, 
fig.  8. 

1832  Trochus  canaliculatus  DeShayés  (non  Lamarck,  nec  d’ORBiGNY 
nec  Martyn).  Exped.  Sc.  Morée,  t.  III,  p.  137. 

1846  Trochus  tessellatus  Philippi  in  Chemnitz,  Conch.  Cab.,  2e  éd., 
p.  190,  pl.  XXIX,  fig.  6,  9,  10,  11  et  12. 

1848  Trochus  canaliculatus  Requien,  Coq.  Corse,  p.  68. 

1866  Gibbula  canaliculata  Bhusina,  Contr.  pella  Faune  Daim.,  p.  80, 
1878  Trochus  succinctus  Monterosato,  Enumeratio  e  synonym.,  p.  20. 
1884  Gibbula  barbara  Monterosato,  Nomenclatur.  gen.  e  spec.,  p.  40. 

Bucquoy,  Dautzenbkbg,  Dollfus  font  une  critique  assez  serrée 
des  synonymies  proposées  pour  cette  espèce.  Ils  passent  seulement 
très  rapidement  sur  les  équivalences  établies  par  Monterosato 
au  sujet  de  G.  sanguinea  et  G.  bicolor  Risso.  Aucune  figure  n’étant 
donnée  par  leur  auteur  les  diagnoses  de  quelques  lignes  sont  insuffi¬ 
santes  pour  une  vérification  satisfaisante.  S’il  semble  qu’il  n’y  ait 
aucun  doute  pour  G.  sanguinea  dans  le  cas  de  G.  bicolor  la  coloration 
«  noire  peinte  de  jaunâtre  »  semble  s’appliquer  moins  exactement 
à  G.  ardens. 

Collection  Générale  du  Muséum  :  Méditerranée,  Adriatique  ;  variétés 
elata,  barbara ,  succincta  de  Gabès  (in  coll.  Denis)  ;  déterminés  fermonii 
des  échantillons  de  Marseille,  Corse,  Naples  et  Tunis. 

Collection  Locard  :  Fermonii  :  Ajaccio,  Bonifacio,  Cap  Corse,  Sicile, 
Le  Cannet. 

Succincta  :  Barbarie. 

Ardens  :  Marseille,  La  Seyne,  Cannes,  Nice,  Toulon,  Saint-Raphaël, 
Saint-Tropez,  Sanary,  Port-Vendres,  Sète,  Porquerolles,  Le  Cannet, 
Antibes,  Hyères,  Corse,  Sardaigne,  Algérie,  Oran. 

Barbara  :  Sfax,  Barbarie. 


—  588  — 


Dimensions  (en  mm.). 


Station 

Diamètre 
maximum 
de  la  coq.  i 

Hauteur 
totale 
de  la  coq. 

Distance  vert. 
Ombilic/ 
sommet 

Diamètre 

Ouverture 

Profondeur 

Ombilic 

Nice . 

17 

15 

10 

9 

6 

La  Seyne. .  . 

15 

14 

9 

8 

5 

Nice . 

14 

11 

8 

8 

4 

Marseille .  .  . 

11 

9 

6 

5 

3 

Coloration  :  Brunâtre  avec  parfois  des  reflets  roses  voire  rouges, 
flammules  à  la  partie  supérieure  des  tours  au  contact  de  la  suture  ; 
Ornementation  :  Cinq  ou  six  côtes, _  souvent  subdivisées  par  une 
légère  rainure  parcourent  longitudinalement  chaque  tour.  Elles  sont 
ponctuées  de  blanc  ;  Ombilic  :  Profond  mais  relativement  étroit  ; 
Suture  :  Léger  méplat  dans  la  forme  typique,  suture  creusée  d’une 
rainure  profonde  dans  la  variété  succincta  ;  Forme  générale  :  Rela¬ 
tivement  élevée,  sommet  aigu  ;  Radule  :  Crochet  à  bord  plat,  base 
large  en  un  seul  lobe  (voir  fig.  2). 


Gibbula  cineraria  Linné. 

1766  Trochus  cinerarius  Linné,  Syst.  Nat.,  éd.  XII,  p.  1229. 

1778  Trochus  lineatus  Da  Costa,  Brit.  Conch.,  p.  43  (non  p.  100). 

1801  Trochus  cinerarius  ( pro  parte)  Donovan,  Brit.  Shells,  pl.  74. 

1826  Trochus  inflatus  Blainville,  Faune  française,  p.  276,  n°  24. 

1849  Trochus  jumosus  Philippi,  Zeitschr.  für  Malac.,  p.  156. 

Pour  Donovan,  qui  dit  avoir  examiné  les  échantillons  types, 
le  T.  cinereus  de  Da  Costa  ne  serait  pas  une  espèce  anglaise.  D’après 
Montagu  qui  n’a  pas  non  plus  retrouvé  cette  espèce  ce  pourrait 
être  un  synonyme  de  T.  cinerarius  Linné  ou  de  T.  umbilicatus 
Montagu  (synonyme  du  groupe  umbilicalis-pennanti).  En  fait  la 
description  que  donne  Da  Costa  de  son  Trochus  lineatus  (non  Turbo 
lineatus)  correspond  à  n’en  pas  douter  à  G.  cineraria.  Son  T.  cinereus 
doit,  ainsi  que  le  suppose  Donovan,  avoir  été  l’objet  d’une  méprise 
de  Da  Costa. 

La  figure  du  T.  inflatus  de  Blainville  représente  sans  aucun 
doute  un  exemplaire  de  G.  cineraria  ;  par  contre  sa  figure  de  T.  cine¬ 
rarius  ne  correspond  pas  à  l’espèce  de  Linné  telle  qu’on  l’admet 
communément.  Par  ailleurs  les  commentaires  dont  il  l’accompagne 
accentuent  cette  dissemblance.  Il  cite  des  variétés  de  coloration, 
de  grosseur,  et  de  forme  qui  ne  sont  pas  le  fait  de  cette  espèce  rela¬ 
tivement  très  constante.  Sa  répartition  même  ne  correspond  pas. 


-  589 


Il  doit  plutôt  s’agir  de  G.  umbilicalis  Da  Costa  tandis  que  son  T.  linea- 
tus  serait  le  T.  pennanti  de  Philippi. 

Collection  générale  :  Quiberon,  Saint-Waast,  Le  Croisic. 

Collection  Locard  :  Saint-Jean-de-Luz,  Hendaye,  Guetary,  Biarritz, 
Arcachon  ;  Concarneau,  Ile  de  Ré,  Quiberon,  Noirmoutiers,  Lorient, 
Royan,  La  Rochelle,  Langrune,  Saint-Malo,  Dinard  ;  Port-Bail,  Ile  Saint- 
Marcouf,  Soulac,  Dunkerque. 


Dimensions  (en  mm.). 


Station 

Diamètre 
maximum 
de  la  coq. 

Hauteur 
totale 
de  Ja  coq. 

Distance  vert, 
Ombilic/ 
sommet 

Diamètre 

Ouverture 

Profondeur 

Ombilic 

Langrune .  .  . 

16 

17 

ii 

9 

5 

Arcachon.  .  . 

12 

11 

8 

7 

5 

Noirmoutiers 

9 

7 

4 

4 

i 

Saint-Malo .  . 

15 

14 

10 

8 

5 

Coloration  :  Fond  blanc,  raies  obliques,  étroites  et  serrées  rOsâtre- 
violacé.  Parfois  elles  fusionnent  localement  en  bandes  plus  larges  ; 
Ornementation  :  De  huit  à  dix  côtes  divisent  chaque  tour  longitudi¬ 
nalement  ;  Ombilic  :  Net  dans  la  majorité  des  cas  ;  toutefois  il  peut 
arriver  que  le  bord  de  l’ouverture  forme  un  repli  qui  le  recouvre 
parfois  presque  totalement  ;  Forme  générale  :  Tours  peu  bombés 
mais  très  jointifs  ;  la  région  supérieure  des  tours  forme  parfois  un 
léger  bourrelet  au  contact  de  la  suture  ;  Hadule  :  Contact  du  bord 
inférieur  et  des  côtés  anguleux  (voir  fig.  3). 

Gibbula  dioaricata  Linné. 

1766  Trochus  divaricatus  Linné,  Syst.  Nat.  ed.  XII,  p.  119. 

1826  Monodonta  lessonii  Payraudeau,  Moll,  de  Corse,  p.  139,  pl.  7, 
fig.  3-4. 

Bucquoy,  Dautzenberg  et  Dollfus  réfutent  la  synonymie 
souvent  admise  de  G .  divancata  et  G .  rarilmeata  Micbaud.  La  com¬ 
paraison  des  radules  des  deux  espèces  apporte  un  nouvel  élément 
en  faveur  de  la  distinction  de  deux  espèces. 

Collection  générale  du  Muséum  :  Méditerranée,  Toulon,  Antibes,  Naples. 

Collection  Locard  :  Cannes,  Marseille,  Aigues-Mortes,  Toulon,  Sète, 
Gien,  Agde,  Banyuls,  Porquerollés,  La  Seyne,  Saint-Tropez,  Saint-Raphaël, 
Port-Vendres  ;  Corse,  Bastia,  Ajaccio,  Iles  Sanguinaires  ;  Algérie,  Oran  ; 
Ligurie  ;  Kalymnos. 


—  590 


Dimensions  (en  mm.). 


Station 

Diamètre 
maximum 
de  la  coq. 

Hauteur 
totale 
de  la  coq. 

Distance  vert. 
Ombilic/ 
sommet 

Diamètre 

Ouverture 

Profondeur 

Ombilic 

Sète . 

20 

19 

12 

ii 

5 

Port-Vendres 

15 

15 

9 

8 

très  réduit 

Arzew . 

13 

12 

8 

9 

très  réduit 

Marseille  .  . . 

14 

13 

8 

1 

8 

fermé 

Coloration  :  Blanc  et  rose  ;  sur  les  côtes  se  trouvent  des  ponctua¬ 
tions  roses  également  espacées  ;  Ornementation  :  Côtes  assez  mar¬ 
quées  ;  sur  le  dernier  tour  celles-ci  sont  de  deux  dimensions  très 
différentes,  toutes  deux  constantes,  sans  intermédiaires  ;  Ombilic  : 
Le  plus  souvent  fermé,  ou  au  moins  très  réduit  ;  Forme  générale  : 
Assez  trochiforme,  base  assez  plate  mais  non-  concave.  Contact 
base-cotés  assez  anguleux,  dernier  tour  fortement  caréné  ;  Radule  : 
Bords  latéraux  concaves  (voir  fig.  4). 


-  Gibbula  drepanensis  Brugnone. 

1873  Trochus  drepanensis  Brugnone,  Miscell.  Malac.,  I,  p.  13,  fig.  24. 
1877  Gibbula  drepanensis  Monterosato,  Journ.  Conchyl.,  p.  31,  fig.  6. 
1884  Gibbula  yimontiae  Monterosato,  Nomenc.  Gen.  e  spec.  di  conch. 
médit.,  p.  42. 

Pilsbry  (in  Tryon)  donne  G.  vimontiae  pour  synonyme  de 
G.  drepanensis.  Je  n’ai  pu  trouver  la  description  de  cette  espèce 
par  son  auteur  sous  la  référence  que  lui  donne  Tryon  (II.  Nat. 
Sicil.,  III,  p.  106)  ;  par  contre,  dans  «  Nomenclatura  Generica  e 
specifica  di  alcune  conchiglie  mediterane  »,  j’ai  pu  retrouver  la  dia¬ 
gnose  dont  Tryon  a  donné  la  traduction.  Elle  est  accompagnée 
de  l’indication  de  provenance  des  échantillons  :  Toulon  (M.  Yimont), 
altri  puncti  delle  coste  di  Provenza  (H.  Martin  col.  nome  ms  di  mar- 
garita  pulchella  ;  Sollier  ed  alteri)  Bona  (Hagenmüller)  Mondella 
e  Trajani.  Faute  de  figure  les  quelques  lignes  de  description  ne  per¬ 
mettent  pas  de  déduire  de  façon  catégorique  de  la  synonymie  de 
ces  deux  espèces  ou  de  l’infirmer.  La  différence  de  coloration  (rouge 
chez  drepanensis  et  verte  chez  vimontiae  peut  même  être  due  à  des 
modifications  post  mortem ). 

Collection  générale  du  Muséum  :  drepanensis  :  Toulon,  Algérie.  _ 

Vimontiae  :  Toulon. 

Collection  Locard  :  drepanensis  :  Alger.  —  Vimontiae  :  Toulon. 


591  - 


Dimensions  (en  mm.). 


Station 

Diamètre 
maximum 
de  la  coq. 

Hauteur 
totale 
de  la  coq. 

Distance  vert. 
Ombilic/ 
sommet 

Diamètre 

Ouverture 

Profondeur 

Ombilic 

x . 

3 

2  y2 

2 

i  % 

i 

Toulon  .... 

6 

5 

3 

2 

2 

X . 

4 

! 

3 

2 

1 

1 

Coloration  :  Rosâtre  ou  blanche,  parfois  à  reflets  métalliques  et 
taches  blanches  ;  Ornementation  :  Coquille  lisse  ;  Ombilic  :  Souvent 
partiellement  dissimulée  par  un  repli  de  l’ouverture  ;  Forme  générale  : 
Coquille  basse,  dernier  tour  très  important,  sommet  assez  aigu, 
suture  bien  marquée  mais  non  canaliculée. 

Gibbula  fanulum  Linné. 

1790  Trochus  fanulum  Gmelin,  Syst.  Nat.,  ed.  XIII,  p.  3573. 

1826  Monodonta  aegyptiaca  Payraudeau,  Moll,  de  Corse,  p.  137,  pl.  VI, 
fig.  26-27. 

1826  Trochus  tuberculatus  Risso,  Europ.  Merid.,  t.  IV,  p.  128,  pl.  IX, 
fig.  133. 

1829  Trochus  aegyptius  O.  G.  Costa  (non  Lamarck),  Catal.  Sist.,  pp.  92  * 

et  97. 

1830  Trochus  tuberculatus  :  Blainville  (non  Da  Costa),  Faune  Fran¬ 

çaise,  p.  279,  pl.  X  a,  fig.  5,  6  et  6  a. 

Comme  celle  de  la  plupart  des  espèces  méditerranéennes  la  syno¬ 
nymie  de  Gibbula  fanulum  a  été  traitée  de  façon  précise  par  Buc- 
quoy,  Dautzenberg  et  Dollfus.  Ils  donnent  par  ailleurs  une  longue 
liste  de  références  au  sujet  de  cette  espèce,  je  ne  peux  qu’y  ren¬ 
voyer. 

Collection  générale  du  Muséum  :  Corse,  Marseille,  Palerme. 

Collection  Locard  :  aegyptius  :  La  Seyne  ;  fanulum  :  Porquerolles, 
Marseille,  Ajaccio,  Sète,  Banyuls,  Toulon,  Nice,  Saint-Raphaël,  Saint- 
Tropez  ;  Alger,  Oran. 


Dimensions  (en  mm.). 


Station 

Diamètre 
maximum 
de  la  coq. 

Hauteur 
totale 
de  la  coq. 

Distance  vert. 
Ombilic/ 
sommet 

Diamètre 

Ouverture 

Profondeur 

Ombilic 

Marseille.  .  . 

12 

15 

ii 

6 

4 

Sète . 

17 

18 

13 

9 

5 

S*-Tropez  . . 

12 

14 

10 

6 

2 

Oran . 

7 

1 

8 

6 

4 

1 

—  592  — 


Coloration  :■  Blanc  et  rose  (voire  sang),  flammes  roses  ou  sang 
sur  fond  plus  clair  ;  Ornementation  :  Fines  côtes  longitudinales 
recoupant  les  flammules  ;  ces  côtes  plus  claires  sont  ponctuées  de 
rouge  ;  Ombilic  :  Net  mais  ni  profond,  ni  large  ;  parfois  à  demi  caché 
par  le  bord  de  l’ouverture  ;  Forme  générale  :  Tours  présentant  une 
cannelure  centrale  le  séparant  en  deux  régions  ;  petit  bourrelet  à 
la  suture. 

Gibbula  guttadauri  Philippi. 

1836  Trochus  guttadauri  Philippi,  Mollusques  Sicil.,  I,  pl.  II,  fl  g.  1. 
1866  Gibbula  guttadauri  Brusina,  Fauna  Daim.,  p.  80. 

Pilsbry  (in  Tryon),  reprenant  les  références  des  descripteurs, 
signale  cette  espèce  de  Sicile  et  des  Côtes  Dalmates.  Dans  la  col¬ 
lection  Locard  figurent  des  échantillons  de  Capri  et  d’Oran.  Il  n’est 
cependant  pas  impossible  que  cette  espèce  puisse  être  trouvée  sur 
les  côtes  françaises  métropolitaines  ;  Bucquoy,  Dautzenberg  et 
Dollfüs  ne  la  signalent  pas. 

Collection  générale  du  Muséum  :  Corse  (in  coll.  Petit). 

Collection  Locard  :  Capri,  Oran. 


Dimensions  (en  mm.). 


Station 

Diamètre 
maximum 
de  la  coq. 

Hauteur 
totale 
de  la  coq. 

Distance  vert. 
Ombilic/ 
sommet 

Diamètre 

Ouverture 

Profondeur 

Ombilic 

Corse . 

Corse . 

Hi. 

CO  O 

" 

10 

8 

7 

5 

6 

4 

6 

4 

Coloration  :  Brun-rougeâtre  souvent  assez  foncé  mais  parfois 
blanchâtre  à  taches  brun-rouge  clair  ;  Ornementation  :  Chaque  tour 
est  parcouru  par  deux  ou  trois  fortes  côtes  reliées  par  des  travées 
obliques  orientées  à  la  façon  des  stries  de  croissance.  Cette  ornemen¬ 
tation  se  poursuit  sur  la  face  inférieure  ;  Ombilic  :  Relativement 
étroit  et  profond  ;  Forme  générale  :  Assez  basse,  tours  moyennement 
renflés,  suture  canaliculée. 

Gibbula  maga  Linné. 

1757  Le  Dalat  Adanson,  Voyage  au  Sénégal,  p.  186,  pl.  XII,  fig.  8. 
1767  Trochus  magus  Linné,  Syst.  Nat.  ed.  XII,  p.  1228. 

1779  Trochus  tuberculatus  Da  Costa,  Brit.  Conch.,  p.  44,  pl.  II,  fig.  1  et  2. 
1826  Gibbula  maga  Risso,  Eur.  Merid.,  t.  IV,  p.  134. 

C’est  le  Dalat  d’ Adanson,  ainsi  que  l’établit  définitivement 
M.  E.  F ischer-Piette  dans  son  étude  de  la  Collection  des  Mol- 


—  593  — 


lusques  de  ce  naturaliste.  Il  ne  se  pose  pas  de  difficultés  synony- 
miques  au  sujet  de  cette  espèce  pourtant  très  répandue  si  on  excepte 
le  T.  tuberculatus  Da  Costa  repris  par  la  plupart  des  auteurs. 

Collection  générale  du  Muséum  :  Angleterre,  Quiberon,  Loire-Inférieure  ; 
Marseille,  Corse,  Naples  ;  Mer  Adriatique. 

Collection  Locard  :  Marseille,  Aigues-Mortes,  Sète,  La  Seyne,  Cannes, 
Bandol,  Saint-Raphaël  ;  Ajaccio  ;  Royan,  Brest,  Le  Pouliguen,  Oleron, 
Pornichet,  Quimper,  Concarneau,  Ouessant  ;  Cancale,  Saint-Malo,  Gran¬ 
ville,  Langrune,  Lannion  ;  Hendaye,  Piriac,  Arcachon,  Guétary  ;  Oran. 


Dimensions  (en  mm.). 


Station 

Diamètre  ! 
maximum 
de  la  coq. 

Hauteur 
totale 
de  la  coq. 

Dis'ance  vert. 
Ombilic/ 
sommet 

Diamètre 

Ouverture 

Profondeur 

Ombilic 

Royan . 

35 

30 

21 

21 

18 

Ajaccio . 

34 

29 

19 

21 

17 

Sète . 

18 

15 

10 

9 

8 

Pornichet .  . 

21 

16 

11 

11 

10 

Coloration  :  Blanc  et  rose  ;  marbrures  roses  sur  fond  blanc  ;  rose 
très  pâle  ou  plus  vif,  parfois  grisâtre  ;  Ornementation  :  Tubercules 
à  la  partie  supérieure  des  tours  et  en  particulier  sur  le  tour  le  plus 
externe.  Ces  nodosités  existent  même  chez  les  exemplaires  les  plus 
petits.  Côtes  longitudinales  assez  marquées  et  régulières  de  deux 
ordres  ;  deux  fortes  étant  séparées  par  deux,  voire  trois,  plus  fines 
(ceci  étant  net  surtout  à  la  face  inférieure)  ;  Forme  générale  :  Tours 
bicarénés,  carène  inférieure  allant  jusqu’à  surplomber  la  suture  ; 
Ombilic  :  Profond,  régulier,  parcouru  par  un  canal  longitudinal 
assez  marqué  ;  le  bord  de  l’ouverture  forme  un  voile  qui  parfois 
masque  en  partie  l’ombilic  sans  toutefois  que  la  partie  libre  soit 
jamais  inférieure  à  la  moitié  ;  Radule  :  Région  axiale  de  la  centrale 
épaissie,  bord  interne  des  dents  latérales  sub-rectilignes  (voir  iig.  5). 

L.aboratoire  de  Malacologie  du  Muséum. 

(A  suivre) 


Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


37 


Complément  a  l'étude  des  Holothuries 
de  L’Afrique  du  Sud. 

(lre  Note.) 

Par  Gustave  Cherbonnier. 


M.  le  Professeur  Day  me  faisait  parvenir,  en  1951,  une  importante 
collection  d’ Holothuries  récoltées  en  différents  points  des  côtes 
sud-africaines  ;  un  mémoire  les  concernant  fut  publié,  en  1952, 
dans  les  «  Transactions  of  the  Royal  Society  of  South  Africa  ». 
Depuis  cette  date,  d’autres  Holothuries  de  cette  région  m’ont  été 
envoyées  par  M.  J.  F.  Croie  Morgan.  Beaucoup  consistent  en  espèces 
déjà  connues,  mais  sept  d’entre  elles  sont  intéressantes  :  quatre 
comme  appartenant  à  des  espèces  nouvelles  pour  la  Science  :  Cucu- 
maria  corbula  n.  sp.,  Thyone  turrissolida  n.  sp.,  Thyone  infusca  n.  sp. 
et  Leptosynapta  ancoracuta  n.  sp.  ;  deux  autres,  malheureusement 
indéterminables  parce  que  mal  conservées,  appartenant  au  groupe 
des  Apodes,  peu  représenté  sur  les  côtes  sud-africaines  ;  enfin, 
Cucumaria  stephensoni  John,  dont  l’étude  permet  de  préciser  les 
rapports  et  les  différences  avec  deux  espèces  voisines  :  Cucumaria 
frauenfeldi  Ludwig  et  Cucumaria  deichmanni  Cherbonnier. 

Cucumaria  corbula  n.  sp. 

Fig.  I,  1-23. 

Spécimen  étudié  :  Université  de  Cape-Town,  F  AL  158  G,  Oatland  Point, 
le  21-IV-1953.  Prof.  0-3  mètres.  1  Holotype. 

L’unique  exemplaire  est  de  petite  taille,  ainsi  qu’on  le  verra  par 
la  fig.  11,  où  il  est  grossi  environ  trois  fois.  Le  tégument  est  gris 
blanc  brillant  par  suite  de  l’abondance  des  spiculés.  Pieds  ven¬ 
traux  larges,  cylindriques,  terminés  par  une  large  ventouse  non 
soutenue  par  un  disque  calcaire  ;  ils  sont  très  serrés,  répartis  sur 
deux  rangs  selon  Jes  radius.  Pieds  dorsaux  également  répartis  sur 
deux  rangs  selon  les  radius,  mais  plus  petits,  un  peu  moins  serrés  ; 
ils  sont  également  dépourvus  de  disque  calcaire.  Il  n’v  a  pas  de 
papilles  interradiaires.  Pas  de  dents  anales. 

Dix  courts  tentacules  dont  deux  très  petits  situés  ventralement. 
Couronne  calcaire  petite  mais  bien  calcifiée,  à  bord  postérieur  for¬ 
tement  échancré  ;  radiales  à  sommet  bifide,  interradiales  triangu- 
Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  595 


laires  (fig.  16).  Une  grosse  et  courte  vésicule  de  Poli.  Un  seul  canal 
hydrophore  formé  de  deux  «  cotylédons  »  (fig.  15).  Gonades  compo¬ 
sées  d’une  vingtaine  de  gros  et  courts  tubes  non  ramifiés,  bourrés 


Fig.  1.  —  C-ucumaria  corbula  n.  sp. 

7-10,  13,  14,  19,  21-23  :  éch.  1  ;  20  :  éch.  2  ;  1  6,  12,  17,  18  :  éch.  3  :  Échelles  1,  2,  3 

=  100  y. 


de  très  gros  ovules.  Muscles  longitudinaux  étroits  et  minces  ;  muscles 
rétracteurs  s’attachant  au  tiers  antérieur  du  corps.  Poumons  attei¬ 
gnant  les  trois-quarts  de  la  longueur  du  corps,  portant  sur  un  gros 
tronc  principal  des  paquets  de  10-15  grosses  et  courtes  digitations. 
Petit  cloaque. 


—  596  — 


Spiculés.  —  Les  spiculés  du  tégument  se  composent  de  corbeilles, 
de  plaques  épineuses  et  de  grosses  plaques  noduleuses.  Les  corbeilles 
sont  petites,  avec- un  X  central  portant  ou  non  des  épines,  à  bords 
noduleux  (fig.  1,  2,  3,  4,  6,  9)  ;  il  en  existe  de  plus  grandes  mais 
plus  simples  (fig.  5).  Les  plaques  noduleuses  ont  souvent  une  extré¬ 
mité  épineuse  (fig.  7,  8,  10).  Il  y  a  également  de  très  nombreuses 
plaques  non  épineuses,  à  surface  couverte  de  gros  nodules  (fig.  12,  14) 
ou  à  peine  noduleuse  (fig.  19).  Les  parois  pédieuses  possèdent  des 
bâtonnets  (fig.  13,  23)  et  des  plaques  (fig.  21,  22)  fortement  incurvés. 
Grands  bâtonnets  (fig.  17,  20)  et  plaques  (fig.  18)  dans  les  tentacules. 

Remarques.  ■ —  Cucumaria  côrbula  se  distingue  de  toutes  les  autres 
espèces  des  côtes  sud-africaines  par  la  présence,  dans  son  tégument, 
de  corbeilles  fortement  noduleuses  et  de  grandes  plaques  dont  une 
extrémité  est  épineuse.  Par  ce  dernier  caractère,  elle  se  rapproche 
des  espèces  subantarctiques  et  antarctiques,  notamment  Cucumaria 
lævigata,  C.  dubia,  C.  leonina,  C.  cornuta,  C.  riverosi,  C.  mendax, 
ainsi  que  de  C.  insolens  ;  par  ses  corbeilles,  elle  présente  des  affinités 
avec  les  espèces  du  groupe  des  Cucumaria  paroa  ;  mais  au  contraire 
de  celles-ci,  elle  n’a  pas  de  nodules  réguliers  à  4-8  trous. 

Cucumaria  stephensoni  John. 

Fig.  II,  1-15. 

Cucumaria  stephensoni  D.  John,  1939,  p.  321,  text-fig.  1  ;  E.  Deichmann, 
1948,  p.  344,  pl.  XVIII,  fig.  18-25. 

Cucumaria  frauenfeldi  H.  L.  Clark  (partim.),  1923,  p.  413. 

Spécimen  étudié  :  Université  de  Cape-Town,  FAL  129  W,  Oatland  Point, 
le  26-II-1953.  Rocher  et  sable.  Prof.  1-2  mètres.  1  ex. 

L’unique  exemplaire  mesure  70  mm.  de  long  sur  35  mm.  de  plus 
grand  diamètre  et  a  une  forme  semblable  à  celles  de  Cucumaria 
frauenfeldi  et  C.  deichmanni.  Tégument  lisse  et  peu  épais,  uniformé¬ 
ment  noirâtre.  Dix  gros  tentacules  noirâtres,  de  taille  égale.  Pieds 
ventraux  très  longs,  à  tige  blanche,  à  large  disque  grisâtre  bordé 
de  marron  foncé  ;  disposés  selon  les  radius,  ils  sont  répartis  sur 
10-12  rangées  sur  le  radius  ventral  médian,  sur  6-8  rangées  sur 
les  radius  latéraux.  Pieds  dorsaux  très  petits,  entièrement  marron 
foncé,  peu  nombreux  et  disposés  sur  tout  le  bivium,  présentant 
cependant  une  sériation  radiaire.  Le  disque  terminal  des  pieds 
ventraux  est  très  grand,  celui  des  pieds  dorsaux  bien  plus  petit. 
Anus  sans  dents. 

Couronne  calcaire  formée  de  deux  pièces  peu  calcifiées  (fig.  14)  : 
interradiales  hautes,  à  pointe  triangulaire,  à  extrémité  postérieure 
élargie  et  légèrement  échanerée  ;  radiales  subrectangulaires,  plus 
petites  que  les  interradiales  et  réunies  à  celles-ci  par  une  fine  et 
étroite  membrane  où  le  calcaire  est  presque  totalement  absent. 


—  597  — 


Trois  grosses  et  courtes  vésicules  de  Poli.  Un  unique  canal  hydro- 
phore  à  gros  madréporite  très  caractéristique  (fig.  13).  Gonades 
formées  d’un  grand  nombre  de  très  longs  tubes  simples.  Muscles 
longitudinaux  très  larges  ;  muscles  rétracteurs  larges  et  plats,  s’atta¬ 
chant  au  quart  antérieur  du  corps.  Vésicules  pédieuses  exceptionnel¬ 
lement  longues.  Poumons  atteignant  la  longueur  du  corps,  très 
ramifiés,  et  débouchant  dans  un  vaste  cloaque  par  un  canal  commun. 


Fig.  2.  —  Cucumaria  stephensoni  John. 

12,  15  :  éch.  1  ;  autres  figs  :  éch.  2  :  Échelles  1,2  =  100  \x. 


Spiculés.  —  Les  spiculés  du  tégument  ventral  et  du  tégument 
dorsal  sont  identiques.  Ce  sont  des  «  biscuits  »  perforés  aux  extrémités 
(fig.  1,  2,  3,  7,  8,  9,  10)  et  des  plaques  polygonales  (fig.  4).  Les  parois 
des  pieds  ventraux  et  dorsaux  sont  soutenues  par  de  courts  bâton¬ 
nets  (fig.  11)  rarement  perforés  à  l’une  ou  aux  deux  extrémités  ; 
de  plus,  les  pieds  ventraux  possèdent,  à  leur  base,  de  grandes 
baguettes  à  extrémités  digitées  et  largement  percées  (fig.  15). 


—  598  — 


Rapports  et  différences.  — •  Cucumaria  stepliensoni  a  les  spieules 
du  tégument  construits  sur  le  même  modèle  que  ceux  de  C.  frauen- 
feldi  et  C.  deichmanni,  mais  ils  s’en  distinguent  assez  aisément. 
Par  contre,  les  bâtonnets  des  pieds  sont  nettement  différents.  Mais 
surtout,  alors  que  l’on  trouve  uniquement  des  corpuscules  crépus 
dans  les  tentacules  de  C.  frauenfeldi  et  de  C.  deichmanni,  ceux  de 
C.  stephensoni  n’en  comporte  aucun  et  n’ont  uniquement  que  des 
bâtonnets  ou  des  plaques. 

Tableau  comparatif  des  principaux  caractères  spécifiques. 


Cucumaria  frauenfeldi 


Bivium 

noirâtre  ; 

tri- 

vium 

marron 

très 

clair. 

Pieds 

ventraux 

sur 

2-»>  rangs,  avec 
que  calcaire. 

dis¬ 

Pieds 

dorsaux 

sur 

2-5  rangs,  avec  petit 
disque  calcaire. 

Pas  de  papilles  inter¬ 
radiales. 

Dents  anales. 

Couronne  calcaire. 

Radiales  triangulaires 
unies  à  des  interra¬ 
diales  plus  petites 
par  une  seule  trabé¬ 
cule  calcaire. 

Spiculés. 

Biscuits  allongés,  le  plus 
souvent  à  deux  trous. 

Tentacules  avec  uni¬ 
quement  des  corpus¬ 
cules  crépus  ovoïdes. 


Cucumaria  deichmanni 

Bivium  noirâtre  ;  tri¬ 
vium  marron  clair. 

Pieds  ventraux  sur 
4-5  rangs,  sans  dis¬ 
que  calcaire. 

Pieds  dorsaux  sur 
4-5  rangs,  sans  dis¬ 
que  calcaire. 

Pas  de  papilles  inter¬ 
radiales  (?). 

Pas  de  dents  anales. 

Énormes  radiales  unies 
à  de  petites  interra¬ 
diales  par  2-3  trabé¬ 
cules  calcaires. 


Biscuits  courts,  mas¬ 
sifs  ;  plaques. 

Tentacules  avec  uni¬ 
quement  des  corpus¬ 
cules  crépus  allongés. 


Cucumaria  stephensoni 

Bivium  et  trivium  en¬ 
tièrement  noirs. 

Pieds  ventraux  sur 
6-12  rangs,  avec  très 
grand  disque  calcaire. 

Pieds  dorsaux  rares, 
bi-sériés,  avec  petit 
disque  calcaire. 

Nombreuses  papilles  in¬ 
terradiales  dorsales. 

Pas  de  dents  anales. 

Petites  radiales  unies  à 
de  plus  grandes  in¬ 
terradiales  triangu¬ 
laires  par  une  étroite 
membrane  peu  cal¬ 
cifiée. 

Biscuits  souvent  uni- 
perforés  et  irrégu¬ 
liers  ;  plaques. 

Tentacules  avec  des  ba¬ 
guettes  et  des  pla¬ 
ques  ;  jamais  de  cor¬ 
puscules  crépus. 


Laboratoire  de  Malacologie  du  Muséum. 


—  599  — 


Une  mission  botanique:  a  Madagascar. 
Par  J.  Leandrj. 


La  flore  de  Madagascar  commence  à  être  bien  connue.  Néanmoins, 
il  reste  encore  beaucoup  à  faire  au  simple  point  de  vue  de  la  recherche 
et  de  la  description  des  espèces,  puisque  tous  les  voyages  comportant 
une  prospection  attentive  et  une  préparation  soigneuse  des  spécimens, 
conduisent  encore  aujourd’hui  à  la  découverte  d’assez  nombreuses 
nouveautés. 

L’étude  des  éléments  de  la  végétation  est  beaucoup  moins  avan 
cée,  et  il  n’y  a  pas  lieu  de  s’en  étonner.  L’identification  des  espèces 
sur  le  terrain  est  très  difficile,  parce  qu’elles  sont  très  nombreuses, 
et  presque  toutes  endémiques.  Elle  est  même  parfois  impossible, 
quand  il  s’agit  d’un  des  nombreux  groupes  qui  n’ont  pas  encore  été 
l’objet  d’une  révision  systématique  dans  la  «  Flore  de  Madagascar 
et  des  Comores  »,  le  grand  ouvrage  dont  la  publication  se  poursuit 
depuis  une  quinzaine  d’années  sous  la  direction  du  Professeur 
H.  Humbert.  La  plus  grande  partie  de  la  végétation  primitive, 
dans  la  grande  Ile,  a  été  détruite  par  l’Homme,  et  ce  qui  en  subsiste 
se  trouve  naturellement  à  une  assez  grande  distance  des  lieux  habités 
des  voies  de  communication  :  son  étude  sur  place  est  donc  matérielle¬ 
ment  difficile. 

Il  est  néanmoins  permis  d’espérer  qu’au  fur  et  à  mesure  qu’avan¬ 
cera  l’étude  de  la  flore,  et  par  suite  celle  de  l’auto-écologie  de  chaque 
espèce,  l’analyse  de  la  végétation  apparaîtra  comme  une  entreprise 
moins  chimérique.  La  variété  des  groupements  de  plantes,  mise  en 
évidence  autrefois  par  H.  Perrier  de  la  Bâthie,  n’est  pas  absolument 
sans  limites  :  c’est  ainsi  qu’on  est  frappé  de  voir  dominer,  à  des  dis¬ 
tances  parfois  considérables,  dans  la  forêt  de  l’Est,  les  mêmes  essences 
communes,  Uapaca,  Bridelia,  Pachytrophe,  Diospyros,  Ochrocarpos, 
Rhodocolea.  Sans  doute,  les  méthodes  «  phytosociologiques  »  des  pays 
tempérés,  ne  sont-elles  pas  applicables  ici,  tout  au  moins  sous  leur 
forme  la  plus  rigide  ;  mais  il  est  permis,  sans  se  donner  la  méthode 
de  travail  a  priori,  de  rechercher  dans  quelle  mesure,  dans  une  station 
donnée,  la  composition  floristique  peut  être  définie  au  moyen  des 
termes  classiques,  comme  la  dominance,  la  constance,  la  fidélité, 
etc... 

L’étude  de  la  végétation  primitive  ne  doit  pas  faire  oublier  que  la 
végétation  modifiée  présente  aussi  de  l’intérêt  :  en  particulier,  il  est 
capital  d’être  en  mesure  de  reconnaître  dans  le  détail  les  combinai- 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


sons  de  facteurs  qui  peuvent  la  faire  évoluer  vers  la  disparition  com¬ 
plète,  et  celles  qui  la  font  tendre  vers  une  reconstitution  plus  ou  moins 
fidèle  de  la  végétation  primaire. 

Ces  dernières  recherches  sont  liées  d’une  façon  étroite  au  problème 
de  la  Protection  de  la  Nature.  On  sait  que  Madagascar  a  été  à  l’avant- 
garde  des  territoires  d’outre-mer,  quand  il  s’est  agi  de  créer  des 
«  Réserves  naturelles  »,  soustraites  à  toute  activité  humaine,  pour 
la  protection  de  la  faune  et  de  la  flore,  et  plus  généralement  des 
biotopes.  L  existence  des  Réserves  semble  se  retourner  aujourd’hui 
contre  le  but  même  de  la  protection  de  la  Nature,  puisque  c’est 
elle  qui  sert  d’argument  pour  le  retour  aux  méthodes  d’exploitation 
qui  consistent  à  cultiver  du  sisal,  des  pins  ou  des  eucalyptus,  sur 
des  surfaces  prélevées  sur  la  végétation  primitive.  On  allègue  que 
la  conservation  de  la  faune  et  de  la  flore  primitives  doit  être  assurée 
par  l’existence  des  Réserves  naturelles,  et  que  ce  qui  se  trouve  en 
dehors  des  Réserves  doit  être  sacrifié,  comme  détournant  les  meilleurs 
sols  d’un  emploi  présentant  un  intérêt  économique. 

Les  agronomes  et  les  forestiers  n’ignorent  point  les  dangers  de 
pareils  sophismes,  même  au  point  de  vue  strictement  utilitaire. 
Nul  ne  sait  mieux  qu’une  plantation  d’Eucalyptus  par  exemple, 
n’est  pas  l’équivalent  d’une  forêt  primaire  au  point  de  vue  du  rôle 
sur  les  facteurs  climatiques  et  édaphiques.  Cependant,  l’opinion  et 
éventuellement  l’appui  d’autres  spécialistes,  botanistes,  pédologues 
et  autres,  ne  peut  manquer  de  leur  être  utile  dans  la  lutte  qu’ils 
doivent  soutenir  en  faveur  de  programmes  à  moins  courtes  vues. 
En  effet,  l’économie  d’argent  ou  d’efforts  qui  semble  résulter  dans 
l’immédiat,  du  gaspillage  des  richesses  naturelles,  entraîne  plus 
tard  la  nécessité  de  travaux  bien  plus  importants  pour  pallier  aux 
fléaux  que  peuvent  entraîner  ces  destructions  :  inondations  ou  au 
contraire  aridité  exagérée,  «  stérilisation  »  du  sol,  etc... 

Ces  considérations  s’ajoutent  à  l’intérêt  purement  scientifique 
pour  justifier  dans  la  Grande  Ile  la  présence  de  botanistes,  dont  les 
travaux  ne  font  pas  double  emploi  avec  ceux  des  autres  spécialistes, 
forestiers  ou  agronomes,  qui  se  penchent  sur  ces  problèmes.  Mada¬ 
gascar  est  dotée  depuis  quelques  années  d’un  Institut  de  Recherche 
scientifique,  que  dirige  le  Professeur  Jacques  Millot,  aidé  de  notre 
actif  collègue  Renaud  Paulian,  mais  la  section  botanique  de  l’Ins¬ 
titut  n  a  pas  pris  autant  de  développement  que  ses  sœurs  vouées  à 
l’entomologie  ou  à  la  pédologie.  M.  Raymond  Benoist,  qui  a  com¬ 
mencé  l’organisation  du  laboratoire,  la  mise  en  état  de  l’herbier, 
et  effectué  d’intéressantes  prospections,  est  rentré  en  France  ; 
M.  Bosser,  agrostologiste,  est  pris  surtout  par  des  recherches  d’agro¬ 
nomie  ;  MIle  J.  Gengud,  par  ses  études  d’orchidologie.  Lés  botanistes 
de  la  métropole,  et  en  particulier  ceux  du  Muséum,  sont  donc  appelés 
à  prendre  une  part  active  aux  recherches  sur  le  terrain.  Le  Profes- 


—  601 


seur  H.  Humbert  poursuit  depuis  quarante  ans  une  remarquable 
série  d’explorations,  qui  continuent  celles  de  H.  Perrier  de  la 
Bathie,  et  qui  ont  fait  faire  des  progrès  décisifs  aux  études  floris¬ 
tiques  et  phytogéographiques  dans  la  Grande  Ile.  Empêché  par 
différentes  circonstances  de  se  rendre  à  Madagascar  pendant  la  sai¬ 
son  des  pluies  de  1952-1953,  il  a  bien  voulu  me  désigner  à  l’attention 
de  la  Commission  de  Biologie  végétale  du  C.  N.  R.  S.  pour  l’obtention 
d’une  mission  subventionnée. 

Disposant  de  quatre  mois  environ,  je  me  suis  proposé  le  programme 
suivant,  comprenant  des  travaux  systématiques,  et  des  recherches 
floristiques  et  phytogéographiques. 

1°  Floristique  et  phytogéographie. 

Parmi  les  différents  secteurs  botaniques,  les  uns  sont  déjà  bien 
connus,  les  autres  peu  explorés. 

Dans  la  pàrtie  orientale  du  Domaine  du  Centre,  la  classique  «  forêt 
à  Mousses  et  à  sous-bois  herbacé  »  n’avait  été  que  très  peu  étudiée 
le  long  de  la  route  récemment  ouverte  entre  Moramanga  et  Anosibe. 
L’observation  des  aspects  de  la  végétation  secondaire  dans  cette 
région,  et  de  ses  groupements  de  «  reconstitution  »,  pouvait  présenter 
aussi  de  l’intérêt. 

La  végétation  primitive  de  l’Ouest  des  Hauts-Plateaux,  présen¬ 
tait,  avant  sa  destruction,  une  composition  rappelant  celle  de  la 
forêt  précédente,  au  moins  dans  une  certaine  mesure.  Il  était  donc 
intéressant  d’étudier  les  rares  témoins  qui  subsistent  encore  vers  la 
latitude  de  18°  S.,  afin  de  noter  leurs  caractères  particuliers,  et  leurs 
groupements  dégradés. 

Dans  le  Domaine  de  l’Ouest,  j’avais  étudié  il  y  a  quelques  années 
la  flore  et  la  végétation  du  secteur  compris  entre  le  Cap  Saint- André 
et  le  Manambolo.  Il  y  avait  intérêt  à  poursuivre  ces  investigations, 
et  à  noter  les  transformations  survenues  dans  la  végétation  d’un 
certain  nombre  de  localités  déjà  observées. 

2°  Travaux  systématiques. 

Le  Professeur  Millot  et  ses  collaborateurs,  principalement  le 
Directeur  du  Parc,  M.  Ursch,  ont  constitué  au  Jardin  botanique 
de  Tsimbazaza  une  magnifique  collection  de  plantes  vivantes,  qui 
s’accroît  chaque  jour  grâce  aux  dons  des  voyageurs.  Je  désirais 
spécialement  pouvoir  examiner  les  Euphorbes  épineuses  et  coralli- 
formes.,  afin  de  pouvoir  compléter  sur  le  vivant  les  observations  que 
j'avais  déjà  faites  en  herbier. 

Je  comptais  d’autre  part  profiter  de  mes  itinéraires  pour  étudier 
sur  le  terrain  la  variabilité  des  espèces  de  Moracées,  d’Urticacées 
et  d’Euphorbiacées  que  je  connaissais  le  mieux,  pour  essayer  de 
résoudre  certains  problèmes  difficiles  au  sujet  des  caractères  spéci¬ 
fiques. 


—  602  — 


A  Tananarive,  je  comptais  utiliser  les  instants  de  loisir  que  me 
laisseraient  les  visites,  les  démarches  officielles,  l’étude  des  plantes 
du  jardin  et  la  préparation  de  mes  itinéraires,  à  faire  certains  tra¬ 
vaux  dans  l’herbier  et  le  Laboratoire  de  Botanique  de  l’Institut  de 
Recherche  scientifique  :  détermination  de  spécimens,  contribution 
au  classement  des  collections,  enseignement  de  techniques  histolo¬ 
giques  et  cytologiques  au  personnel. 

Mon  voyage  et  mon  séjour  ont  été  facilités  par  la  bienveillance 
des  hautes  Autorités  du  Territoire,  du  Muséum,  et  de  l’Institut  de 
Tananarive  :  MM.  le  Haut-Commissaire  Bargues,  le  Gouverneur 
Martine,  le  Directeur  des  Finances,  M.  Rivière  ;  le  Professeur 
Roger  Heim,  Directeur  du  Muséum,  le  Professeur  J.  Millot, 
M.  R.  Paulian,  les  Conservateurs  des  Eaux  et  Forêts  Bégué  et 
Saboureau,  les  Administrateurs  Guesde,  Escalier  des  Orres, 
Tabanou,  Lacroix,  m’ont  accordé  une  aide  pour  laquelle  je  les 
prie  de  trouver  ici  l’expression  de  ma  vive  gratitude. 

Il  a  paru  opportun  de  grouper  avec  la  mission  botanique  dont 
j’avais  la  charge,  une  mission  forestière  conduite  par  M.  l’Inspecteur 
R.  Capuron,  un  des  meilleurs  botanistes  forestiers  de  notre  pays, 
et  chargé  des  études  botaniques  au  Service  forestier  de  Madagascar. 
Cette  heureuse  circonstance  m’a  fait  bénéficier  de  la  compagnie 
d’un  homme  aimable  et  cultivé,  connaissant  admirablement  la  forêt 
et  ses  essences,  et  animé  d’une  belle  énergie  physique  et  morale. 

Travaux  et  itinéraires. 

La  seconde  quinzaine  d’octobre  1952  a  été  employée  aux  démarches 
et  visites  officielles  à  Tananarive,  à  des  travaux  au  laboratoire  et 
au  jardin  de  l’Institut  scientifique,  et  à  la  préparation  des  itinéraires. 

Les  premiers  jours  de  novembre  ont  été  consacrés  à  un  séjour  dans 
la  forêt  de  la  bordure  orientale  des  Hauts-Plateaux,  entre  Mora- 
manga  et  Anosibe.  Grâce  à  l’existence  d’une  route  récemment 
ouverte,  il  a  été  possible  d’employer  un  camion  pour  les  gros  dépla¬ 
cements,  et  d’économiser  ainsi  beaucoup  de  temps. 

Nous  nous  sommes  préoccupés  surtout  de  rechercher  les  diffé¬ 
rences  floristiques  avec  la  région  bien  connue  de  Moramanga,  située 
plus  au  Nord,  et  d’étudier  les  groupements  de  reconstitution  de  la 
forêt. 

Après  un  bref  séjour  à  Tananarive,  le  11  novembre,  nous  avons 
rejoint  en  camion  Tsiroanomandidy,  à  mi-chemin  entre  la  capitale 
et  la  côte  Ouest.  Cette  localité  nous  a  servi  de  base  pour  deux  séjours 
dans  les  vestiges  qui  subsistent  encore  de  la  végétation  primitive 
de  cette  région.  Ce  sont  la  forêt  située  au  sommet  du  Mont  Ambohiby 
(1.650  m.),  et  celle  d’Analandraisoa  (ait.  1.300  m.),  près  du  Mont 
Kinangaly.  Nous  y  avons  fait  d’intéressantes  observations  sur  les 


—  603  — 


caractères  qui  distinguent  ces  forêts  de  la  forêt  à  Mousses  et  à  sous- 
bois  herbacé  de  la  partie  orientale  des  hauts-Plateaux,  en  particulier 
au  point  de  vue  des  herbes  et  des  épiphytes,  et  étudié  les  groupements 
qui  couvrent  le  sol  dans  les  stations  les  mieux  caractérisées,  comme 
les  pentes  à  végétation  arborescente,  les  ravins  à  Palmiers,  les 
rochers  découverts  à  Pachypodium  et  Euphorbes  épineuses,  les 
petites  mares  à  Drosera,  etc... 

Nous  nous  sommes  rendus  ensuite  dans  l’extrême  Ouest,  en  sui¬ 
vant  les  sentiers  qui  traversent  les  derniers  contreforts  du  Bongo- 
Lava,  les  pentes  abruptes  qui  terminent  les  Hauts-Plateaux  à  l’Ouest, 
et  la  vallée  permo-triasique  où  serpentent  le  fleuve  Manambolo  et 
ses  affluents,  avec  leurs  méandres  délaissés,  qui  se  remplissent  à 
la  saison  des  pluies.  Nous  avons  pu  ainsi  examiner,  de  novembre 
à  la  fin  de  janvier,  les  différentes  formations  que  Perrier  de  la 
BÀthie  a  distinguées  autrefois  dans  l’Ouest  malgache,  précisé  leurs 
caractères  physionomiques,  floristiques  et  écologiques  locaux,  et 
noté  les  particularités  propres  à  ce  secteur. 

Ce  dernier  présente,  entre  autres  parties  intéressantes,  la  9e  Ré¬ 
serve  naturelle  de  Madagascar,  une  des  plus  étendues  (85.000  hec¬ 
tares),  constituée  surtout  par  de  la  forêt  tropophile  sur  calcaire, 
mais  sur  du  calcaire  à  l’état  de  karst,  et  bien  différente  de  celle 
qu’on  trouve  sur  un  sous-sol  de  nature  lithologiquement  voisine, 
à  quelques  dizaines  de  kilomètres  plus  près  du  Canal  du  Mozambique. 

L’étude  de  la  population  végétale  de  ses  diverses  stations,  que 
j’avais  commencée  il  y  a  quelques  années,  a  été  complétée.  Dans 
les  parties  plates  et  marneuses,  des  stades  de  destruction  et  de  recons¬ 
titution  de  la  couverture  végétale,  après  défrichement  ou  feu  courant, 
ont  été  étudiés. 

Il  semble  bien  que  les  habitants  des  villages  voisins  de  la  Réserve 
prélèvent  du  bois  et  coupent  des  arbres  à  l’intérieur  de  celle-ci. 
Il  ne  faut  donc  pas  se  faire  une  idée  trop  optimiste  de  la  manière 
dont  sont  pratiquement  respectés  les  décrets  sur  les  Réserves  natu¬ 
relles.  Mais  il  semble  de  plus  que  la  Réserve  soit  habitée  en  perma¬ 
nence  par  quelques  réfractaires,  peut-être  pas  aussi  nombreux 
cependant  que  voudraient  le  faire  croire  ceux  qui  y  cherchent  un 
prétexte  pour  rendre  la  Réserve  à  l’exploitation  intégrale.  Ils  font 
de  temps  en  temps  des  «  tavy  »,  c’est-à-dire  des  défrichements 
accompagnés  d’incendies,  dont  on  voit  les  fumées  du  chef-lieu  du 
district,  Antsalova,  distant  d’une  quinzaine  de  kilomètres.  Des 
traces  de  défrichements  et  d’habitation  se  voient  facilement  dans 
la  Réserve,  bien  que  nous  n’ayons  pas  réussi  à  découvrir  de  cultures 
en  cours  au  moment  de  notre  passage. 

Les  autres  groupements  végétaux  de  ce  secteur  ont  aussi  retenu 
notre  attention,  en  particulier  ceux  de  la  bande  forestière  plus  proche 
du  littoral,  où  nous  avons  également  effectué  d’intéressantes  récoltes. 


-  604  — 


La  partie  orientale  du  plateau  incliné  du  Bemara,  qui  forme  la 
partie  occidentale  de  la  bordure  sédimentaire  de  la  grande  Ile,  a 
été  parcourue  par  nous  à  deux  reprises,  en  novembre  et  en  janvier, 
afin  d’échelonner  les  récoltes  dans  le  temps,  et  de  ne  pas  laisser 
échapper  les  floraisons  tardives. 

Après  notre  retour  à  Tananarive,  rendu  rapide  par  la  proximité 
du  terrain  d’aviation  d’Ankavandra,  dans  la  vallée  permo-triasique, 
nous  avons  employé  la  première  quinzaine  de  février  à  l’achèvement 
du  séchage  de  nos  collections,  à  la  continuation  de  l’étude  systé¬ 
matique  des  Euphorbes  indigènes  cultivées  au  Jardin  botanique  de 
Tsimbazaza,  et  à  divers  travaux  au  laboratoire  de  Botanique  de 
l’Institut  de  Recherche  scientifique. 

Nous  avons  rapporté,  accompagnés  d’intéressantes  observations 
biologiques  et  écologiques,  un  millier  de  numéros  d’herbier,  presque 
tous  en  nombreuses  parts  ;  la  première  série  et  les  doubles  pour 
échange  seront  attribués  au  Muséum  ;  une  série  aussi  complète  que 
possible  sera  remise,  après  détermination,  à  l’Institut  de  Recherche 
scientifique  de  Madagascar. 

Laboratoire  de  Phanéro garnie  du  Muséum. 


605  - 


Contributions  a  la  flore  de  la  Nouvelle-Calédonie.  — 
CIV.  —  Plantes  collectées  par  Miss  L.  E.  Ciieesman. 

Par  A.  Guillaumin. 

PROFESSEUR  AU  MUSÉUM 


Au  cours  d’un  bref  séjour  en  Nouvelle-Calédonie  et  à  Lifou 
en  1949,  Miss  E.  E.  Gheesman,  l’entomologiste  bien  connue,  a  récolté 
450  échantillons  de  Phanérogames  et  de  Cryptogames  accompagnés 
de  croquis  et  renseignements  écologiques.  Pittosporum  Cheesmaniæ 
Guillaum.  espèce  nouvelle  pour  la  science  ainsi  que  les  espèces  nou¬ 
velles  pour  Lifou  ont  déjà  été  signalées  (in  Ann.  and  Magaz.  of  Nat. 
Hist.,  sér.  12,  VI,  pp.  613-614,  août  1953). 

Ci-après,  liste  complète  des  Phanérogames  conservés  au  British 
Muséum  of  Natural  Historv  de  Londres. 

Araucaria  Cooki  R.  Br.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3319). 

Freycinetia  Schlechteri  Warb.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit 1 
(3092,  3093). 

Paspalum  orbiculare  Forst.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3019, 
3020,  3021). 

Pycreus  polystachyus  Beauv.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3103, 
3137). 

Mariscus  jamaicensis  Britt.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3353). 

M.  pennatus  Domin.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3354). 

Carex  cernua  Boot  var.  lobolepis  Kükent.  —  Nlle  Calédonie  : 
Tinchialit  (3126). 

Joinvillea  elegans  Gaud.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3035). 

Flagellaria  neo-caledonica  Schltr.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3332). 

Smilax  purpurata  Forst.  —  Nlle  Calédonie  :  Plum  (3007)  ;  Lifou  : 
Cap  des  Pins  (3307),  (3268),  (3270). 

Geitonoplesium  cymosum  A.  Cunn.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3272). 

Dianella  javanica  Kunth.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3190, 
3014,  3015,  3016,  3017,  3018). 

Dipodium  punctaturn  R.  Br.  var.  squamatum  Finet  —  Nlle  Calé¬ 
donie  :  Tinchialit  (3021  A). 

Dendrobium  Finetianum  Schltr.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit 
(3040,  3183,  3121). 

Phreatia  rhombiglossa  Schltr.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit 
{3113,  3101). 

1.  Nord  de  l’Ignambi,  Est  de  Puébo. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  606  — 


Microtatorchis  Fasciola  Schltr.  ?  —  Nlle  Calédonie  :  Puébo  (3163). 

Calanthe  Langei  F.  Muell.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3034, 
3120). 

Microtis  aemula  Schltr.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3028). 

Eriaxis  rigida  Reihb.  ' —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3170). 

Thelymitra  longiflora  Forst.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3182). 

Caladenia  carnea  R.  Br.  —  Nlle  Calédonie  :  Plum  (3005). 

Anoectochilus  imitans  Schltr.  —  Nlle  Calédonie  (3181). 

A.  sp.  cfr.  imitans  Schltr.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3114). 

Gonatostylis  Vieillardii  Schltr.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit 
(3177,  3189). 

Microslylis  taurina  Reichb.f.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3133). 

Liparis  sp.  cfr.  concaca  Schltr.  - —  NUe-Calédonie  :  Tinchialit 
(3134  A). 

Casuarina  angulata  J.  Poiss.  —  Nlle  Calédonie  :  Puébo  (3227, 
3146). 

Piper  austro-caledonicum  C.DC.  ?  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3294, 
3269). 

P.  austrocaledonicum  C.DC.  var.  paitense  C.DC.  —  Nlle  Calédo¬ 
nie  :  Tinchialit  (3187). 

P.  staminodiferum  C.DC.  —  Nlle  Calédonie  :  Puébo  (3230). 

Peperomia  subpallescens  C.DC.  — -  Nlle  Calédonie  :  creek  Gen¬ 
darme  1  (3210)  ;  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3333). 

Cudrania  javanensis  Trécul.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3313). 

Ficus  prolixa  Forst.  - —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3323). 

F.  sp.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3118). 

Stenocarpus  umbellatus  Schltr.  var.  Forsteri  (Brong  et  Gris)  — 
Nlle  Calédonie  :  creek  Gendarme  (3206). 

Pisonia  aculeata  L.  — -  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3361,  3303). 

Bubbia  heteroneura  v.  Tiegh.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3043). 

Trimenia  neo-caledonica  Bak.  f.  — •  N1]e  Calédonie  :  Tinchialit 
(3045,  3050,  3107  A,  (3124). 

Argophyllum  nitidum  Schltr.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3195). 

Pittosporum  Cheesemaniae  Guillaum.  sp.  nov.  (I.  c.  pl.  XIV1  — 
NU®  Calédonie  :  Tinchialit  (3042,  3052,  3033,  3048). 

A  rapprocher  de  P.  Hechelii  Dub.  mais  l’ombelle  est  multiflore, 
à  pédoncule  plus  robuste  et  les  sépales,  quoique  très  étroits,  ne  sont 
pas  fdif ormes. 

P.  lifuense  Guillaum.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3276  A). 

P.  poueboense  Guillaum.  —  NTUe  Calédonie  :  Tinchialit  (3046). 

Geissois  hippocastanifolia  Guillaum. —  Ni]e  Calédonie  :  Tinchialit 
(3168). 

G.  montana  Vieill.  ex  Brong.  et  Gris  —  NHe  Calédonie  :  Tinchialit 
(3036,  3176). 


1.  Au  sud  de  Pucbo. 


607  — 


G.  sp.  —  N1Ie  Calédonie  :  Tinchialit  (3172). 

Cunônia  pulchella  Brong.  et  Gris  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit 
(3053,  3125,  3186,  3179,  3108). 

Codia  incrassata  Pampan  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3165). 

Desmodium  umbellatum  DC.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3302). 

Entada  gigas  Fauc.  et  Rendle  —  Lifou  :  Cap  des  Pins.  Graines 
déposées  par  la  mer  mais  espèce  non  indigène  (sans  n°). 

Acacia  simplicifolia  Druce  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3304). 

Serianthes  calycina  Benth.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  «  Fe  »  (E). 

Dutaillyea  trifoliata  Baill.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3055, 
3051,  3192  A). 

Suriana  maritima  L.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3321). 

Dysoxylum  sp.  cfr.  coriaceum  Guillaum.  —  Nlle  Calédonie  :  Tin¬ 
chialit  (3166). 

Aglaia  elaeagnoidea  Benth.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3347,  3365). 

Ryssopteris  discolor  Gdr.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3364). 

Phyllanthus  maytenifolius  S.  Moore  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit 
(3054,  3041,  3194). 

P.  chrysanthus  Baill.  ?  vel  P.  persimilis  Müll.-Arg.  ?  —  Nlle  Calé¬ 
donie  :  Tinchialit  (3363). 

Euphorbia  hirta  L.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3363). 

Croton  insulare  Baill.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3330),  «  Nef  ». 

Excoecaria  Agallocha  Müll.-Arg.  — -  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3276). 

Acalypha  grandis  Benth.  var.  genuina  Müll.-Arg.  —  Lifou  :  Cap 
des  Pins  (3291). 

Cleidion  verticillatum  Bail!.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3240). 

Fontainea  Pancheri  Heck.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3327). 

Podonephelium  Homei  Radlk.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3345). 

Cupaniopsis  azantha  Radlk.  - —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3119). 

Elattostachys  apetala  Radlk.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3312). 

Arytera  chartacea  Radlk.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (D.).  Nouveau 
pour  les  îles  Loyalty. 

Abutilon  indicum  G.  Don.  • —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3296). 

Microsemma  salicifolia  Labill.  —  Nlle  Calédonie  :  Puébo  (3157). 

Hypericum  gramineum  Labill.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit 
(3188,  3027). 

Calophyllum  Inophyllum  L.  - —  Lifou  :  Cap  des  Pins.  Fruits  déposés 
par  les  cyclones  et  les  marées  sur  les  rivages  (sans  n°). 

Garcinia  Puât  Guillaum.  —  Nlle  Calédonie  :  Puébo  (3145)  ;  Lifou  : 
Cap  des  Pins  (3316,  3348). 

Hybanthus  caledonicus  Cretzoiu.  - —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3344). 

Wickstroemia  viridiflora  Meissn.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3355). 

Passiflorà  aurantia  Forst.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3357). 

P.  suberosa  L.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3319). 

Pemphis  acidula  Forst.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3339,  3298). 


—  608 


Barringtonia  integrifolia  Guillaum.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (sans 
n°).  —  Nouveau  pour  les  îles  Loyalty). 

Crossostylis  grandiflora  Brong.  et  Gris.  —  NUe  Calédonie  :  Puébo, 
{3154,  3252),  creek  Gendarme  (3212). 

Bruguiera  eriopetala  W.  et  Arn.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3352). 
Nouveau  pour  les  îles  Loyalty. 

MetrosicLeros  operculata  Labill.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit 
(3010,  3011,  3012,  3013). 

Baeckea  ericoides  Brong.  et  Gris  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit 
(3128,  3011  A). 

Eugenia  Gacognei  Montr.  ?  — -  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3362), 

Jambosa  pseudo-malaccensis  Yieill.  ex  Brong.  et  Gris  —  Nlle  Calé¬ 
donie  :  Puébo,  introduit  ?  (sans  n°). 

Cupheanthus  austro-caledonicus  Seem.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchia 
lit  (3016  A,  3017  A,  3117). 

Caryophyllus  elegans  Brong.  et  Gris  —  Nlle  Calédonie  :  Puébo 
(3150). 

Melastoma  denticulata  Forst.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3151, 
3218). 

Dyzygotheca  ?  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (A),  (3311). 

Moesa  novo-caledonica  Pez  —  Nlle  Calédonie  :  creek  Gendarme 
(3208)  ;  Lifou  :  Cap  des  Pins  [inflorescence  monstrueuse  ?]  (3287). 

Moesa  ?  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  :  (B  2). 

Tapeinosperma  ellipticum  Mez  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit 
{3044,  3037,  3178,  3138). 

T.  scrobiculatum  Mez  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3104). 

Lysimachia  mauritiana  Lam.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3283). 

Plumbago  zeylanica  L.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3262).  —  Nouveau 
pour  les  îles  Loyalty. 

Manilkara  Pancheri  Pierre  ex  Guillaum.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins 
(3288). 

Maba  glauca  Montr.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3324).  —  Nouveau 
pour  les  îles  Loyalty. 

J asminum  sùnplicifolium  Forst.  —  Lifou:  Doz  bay1  (sans  n°). 

Genîostoma  densiflora  Baill.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3147). 

Fagraea  Schlechteri  Gilg.  et  Ben.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3322). 

Rauwolfia  suaveolens  S.  Moore  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit 
(3038,  3213,  3115),  creek  Gendarme  (3209). 

Alyxia  brevipes  Schltr.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3318). 

A.  celastrinea  Schltr.  —  Nlle  Calédonie  :  Puébo  (3339,  3140). 

A.  Johnsoniae  S.  Moore  • —  Nlle  Calédonie  :  Puébo  (3153). 

Alstonia  plumosa  Labill.  —  Nlle  Calédonie  :  Puébo  (3148). 

Messerschmidia  argentea  Johnst.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3305, 
3510). 

1.  Au  voisinage  du  Cap  des  Pins. 


—  609 


Lantana  Camara  L.  —  Lifou  :  Doz  bay  (3364).  Dessin  seulement, 
ce  n°  en  herbier  est  Ryssopteris  discolor  Gdr. 

Lippia  nodiflora  Rich.  in  Michx.  —  Lifou  :  Chépénéhé  (3234). 

Oxera  palmatinerçia  Dub.  - — ■  N1Ie  Calédonie  :  Tinchialit  (3191). 

Premna  integrifolia  L.  var.  obtusaejolia  Chien  Péi  =  ?  P.  tahitensis 
Schauer  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3309). 

Duboisia  myoporoides  R.  Rr.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3022, 
3023,  3024,  3025,  3026). 

Lindernia  crustacea  F.  Muell.  —  Lifou  :  Chépénéhé  (sans  n°). 
Nouveau  pour  les  îles  Loyalty. 

Coronanthera  deltoidifolia  Vieill.  ex.  C.  R.  Clarke  —  Nlle  Calédonie  : 
Tinchialit  (3049,  3174,  3185). 

Hemigraphis  reptans  T.  Anders.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3350). 

Pseuderanthemum  loyaltyense  Guillaum.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins 
(3325). 

Myoporum  crassifolium  Forst.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3297). 
Le  dessin  portant  ce  n°  est  Scaevola  sp. 

Gardénia  Oudiepe  Vieill.  — •  NUe  Calédonie  :  creek  Gendarme 
(3205)  ;  Puébo  (3226). 

G.  Urvillei  Montr.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3306,  3315,  3315,  3328). 

Atractocarpus  :  heterophyllus  Guillaum.  et  Beauvis.  ?  — ■  Nlle  Calé¬ 
donie  :  Tinchialit  (3018  A). 

Randia  Lecardii  Guillaum.  —  NUe  Calédonie  :  Tinchialit  (3123). 

Rikkia  Pancheri  Guillaum.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3320). 

Oldenlandia  biflora  L.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3359). 

Timonius  Forsteri  D.C.  — -  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3289,  3290,  3295). 

Guettarda  speciosa  L.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3310). 

Psychotria  Baillonii  Schltr.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3214). 

P.  bourailensis  Guillaum.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins.  Connue  seule¬ 
ment  en  Nouvelle  Calédonie,  à  Bourail. 

P.  collina  Labill.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3292,  3284,  3337). 

P.  Poissoniana  Guillaum.  —  NIle  Calédonie  :  Tinchialit  (3184). 

P.  Schumanniana  Schltr.  —  NIle  Calédonie  :  Tinchialit  (3192). 

Morinda  citrifolia  L.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3351). 

M.  collina  Schltr.  —  Nlle  Calédonie  :  Puébo  (3231). 

M.  decipiens  Schltr.  —  N!le  Calédonie  :  Tinchialit  (3107,  3220). 

M.  sp.  cfr.  decipiens  Schltr.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3216). 

Scaevola  frutescens  Krause  - —  Dessin  seulement. 

5.  sp.  —  Dessin  seulement  (3297).  L’échantillon  d’herbier  portant 
ce  n°  est  Myoporum  crassifolium  Forst. 

Tridax  procumbens  L.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3356).  —  Plante 
introduite  pas  encore  signalée  aux  îles  Loyalty. 

Siegesbeckia  orientalis  L.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3349). 

Weddelia  aristata  Less.  —  Lifou  :  Cap  des  Pins  (3299,  3360,  3338). 

Lagenophora  Billardieri  Cass.  —  Nlle  Calédonie  :  Tinchialit  (3136). 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


38 


—  610 


Esquisse  géologique  et  évolution  phytosociologique  sur 

LES  SABLES  DE  SÉDIMENTATION  MODERNE  DE  LA  PLAGE  DÉ 

Grande  Anse-Deshayes,  en  Guadeloupe. 

Par  Henri  Stehlé  et  Edmond  Bruet. 

CORRESPONDANTS  DU  MUSÉUM 


Situation  et  topographie. 

La  Plage  de  Grande-Anse,  à  3  km.  du  bourg  de  Deshayes,  est 
située  à  l’une  des  pointes  les  plus  septentrionales  de  la  Guadeloupe 
stricto  sensu,  dite  Basse-Terre  et  occupe  une  situation  la  plus  à 
l’ouest  de  cette  Ile  de  forme  ellipsoïdale  avec  la  Pointe  Ferry, 
sur  le  littoral  de  la  Mer  Caraïbe.  Sa  position  en  latitude  est  exacte¬ 
ment  celle  de  la  Pointe  du  Nord  de  la  Désirade,  soit  16°  21,  mais 
celle-ci  constitue,  sur  ce  parallèle,  la  terre  émergée  le  plus  à  l’extrémité 
opposée,  dans  l’Océan,  à  l’Est  de  l’Archipel  de  la  Guadeloupe  et 
Dépendances.  La  longitude  est  très  légèrement  plus  occidentale 
que  celle  du  méridien  de  Basse-Terre  déterminé  comme  étant  de 
64°  4'  23*.  En  outre,  il  convient  de  situer  cette  plage  sur  la  carte 
comme  étant  sensiblement  au  point  d’intersection  de  la  côte  nord 
et  du  grand  axe  de  l’ellipse  que  forme  la  Guadeloupe  str.  sens., 
à  l’opposé  de  l’autre  Grande-Anse,  tout  à  fait  différente  au  Sud  et 
en  bordure  du  Canal  des  Saintes.  L’Ilet  Kahouane,  est  à  proximité 
du  rivage,  bien  caractéristique  par  sa  forme  de  tortue  des  sables, 
ainsi  que  le  suggère  d’ailleurs  le  nom  caraïbe  qu’elle  porte,  attribué 
aussi  à  l’abondance  des  tortues  qui  y  vivent. 

Il  sera  ainsi  aisé  de  repérer  cette  position  sur  la  carte  botanique 
de  la  Guadeloupe,  qui  figure  dans  F  «  Écologie  et  Géographie  » 
(p.  272)  publiée  par  l’un  de  nous  (3)  en  1935. 

Topographiquement,  elle  s’étend,  à  partir  d’une  courte  distance 
de  la  route  départementale,  en  pente  douce  vers  la  mer,  et  la  ligne 
de  rivage  décrit  un  arc,  sur  2  km.  de  long,  en  forme  de  fer  à  cheval, 
dont  les  branches  tournées  vers  le  haut  sont  peu  ouvertes. 

Du  point  de  vue  climatique,  ce  secteur  est  de  pluies  modérées, 
variant  de  1.200  à  1.600  m/m  de  pluviométrie  annuelle  avec  des 
orages  ou  grains  parfois  violents.  Il  est  soumis  à  des  vents  alisés 
dominants,  nord-nord-est,  frais  et  marquant  leur  influence  sur  la 
mer  par  des  agitations  plus  ou  moins  intenses  sur  le  rivage  par  l’em¬ 
preinte  accentuée  d’un  faciès  psammophile  et  récifal,  détritique  et 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  611  — 


sur  la  physionomie  végétale  frutescente  la  plus  maritime,  par  l’aspect 
en  plan  incliné.  L’agitation  des  eaux  plus  grande  sur  ce  littoral 
que  sur  les  autres  plages  de  la  Guadeloupe  str.  sens.,  facilite  la  for¬ 
mation  d’un  dépôt  de  carbonate  de  chaux,  car  le  brassage  des  eaux 
favorise  le  départ  de  l’acide  carbonique,  provoque  la  précipitation 
de  la  chaux  et,  par  suite,  la  cimentation  des  sables,  des  coraux  et 
des  divers  débris  d’organismes,  entraînés  et  brassés  constamment 
par  les  eaux. 

Des  pionniers  de  colonisation  végétale  s’installent  presque  en 
bordure  même  de  la  ligne  de  balancement  hydrostatique,  à  6  à  8  m. 
de  sa  limite  supérieure.  Sur  les  sables  fixés,  les  cimentations  plus 
ou  moins  complètes  ont  englobé  d’une  fine  calcite,  des  micro-orga¬ 
nismes  variés,  dont  l’un  de  nous  (Ed.  Bruet)  a  examiné  la  structure, 
puis  un  tapis  végétal  s’y  est  établi,  dont  les  successions  et  l’équilibre 
ont  été  mises  en  évidence  (H.  Stehle),  mais  où  l’action  anthropo¬ 
zoogène,  déjà  visible  près  de  la  côte,  s’est  manifestée  par  des  brisures 
culturales  et  l’apparition  de  plantes  exotiques  et  naturalisées,  dans 
la  végétation  autochtone. 


Esquisse  physiographique  et  géologique. 

Tout  près  du  bord  de  la  mer,  on  remarque  des  formations  récentes 
en  voie  de  modifications  périodiques.  Ce  sont  des  bancs  de  faible 
épaisseur,  au  plus  un  centimètre,  qui  s’avancent  sur  de  courtes 
distances.  Parfois,  il  s’en  détache  des  galets  plats  qui  sont  remaniés 
par  les  eaux. 

La  couleur  de  cette  roche  dépend  du  nombre  et  de  la  dimension 
des  débris  de  coquilles  qu’elle  renferme.  Les  éléments  les  plus  volu¬ 
mineux  n’ont  pas  plus  de  3  m/m  de  diamètre,  à  côté  voisinent  des 
éléments  sableux  qui  n’ont  pas  plus  de  1/4  de  millimètre.  Ce  sont 
les  bancs  et  les  galets  qui  renferment  les  éléments  les  plus  volu¬ 
mineux  qui  sont  les  plus  colorés,  alors  la  couleur  de  la  roche  est  rose. 
Les  éléments  beaucoup  plus  fins  donnent  une  teinte  grise  à  la  roche. 

Au  microscope,  cette  roche  apparaît  incomplètement  cimentée 
par  de  la  calcite  finement  grenue.  On  remarque  également  quelques 
quartz  anguleux,  d’aspect  détritique,  convertis  en  graviers.  Les 
organismes  sont  généralement  roulés. 

On  distingue  les  organismes  suivants  :  Mélobésiées,  surtout  des 
Lithophyllées.  Les  Siphonées  sont  rares.  Des  débris  de  Polypiers, 
de  Spongiaires,  d’Echinides,  d'Annélides  (rares),  de  Mollusques 
(bivalves  et  Gastéropodes),  de  Bryozoaires  (rares),  de  Foraminifères 
(Miliolidés,  Pénéroplidés,  Gypsinidés,  Lagenidés,  Amphistogines). 
C’est  un  faciès  parfaitement  récifal. 

Pour  expliquer  cette  formation,  il  faut  tenir  compte  d’un  ensemble 


—  612  — 


de  conditions  qui  sont  :  la  faible  épaisseur  des  eaux,  dûe  à  une  pente 
très  douce,  la  région  abritée  par  une  pointe  qui  s’étend  loin  dans 
la  mer  et  laissant  néanmoins  l’agitation  des  eaux  s’exercer  par  de 
courtes  lames  qui  viennent  presque  perpétuellement  déferler  sur 
le  sable  de  la  plage. 

La  cimentation  des  sables  et  des  débris  d’organismes,  s’explique 
très  bien  par  un  dépôt  du  carbonate  de  chaux  favorisé  par  le  départ 
de  l’acide  carbonique  causé  par  l’agitation  des  eaux. 

Plus  loin,  sous  le  couvert  végétal,  les  sables  agglutinés  sont  mas¬ 
qués  par  une  couche  d’humus  qui  se  forme  par  décomposition  des 
feuilles,  des  rameaux  et  des  brindilles. 


Végétation  du  Littoral  de  Deshayes. 

Aucune  étude  particulière  n’a  été  faite  ni  de  cette  plage,  dans  la 
formation  décrite,  ni  même  du  secteur  littoral  Nord  ou  Nord-Ouest 
de  la  Guadeloupe  auquel  appartient  la  Grande  Anse  de  Deshayes. 

La  première  Flore  Phanérogamique  des  Antilles  françaises,  celle 
du  R.  P.  Duss  1,  publiée  en  1897,  dans  P  «  Introduction  »  (p.  x), 
remarque  uniquement  les  cours  d’eau  pour  ce  secteur  :  «  En  traver¬ 
sant  l’extrémité  Nord,  depuis  Deshaies  jusqu’à  Sainte-Rose,  on 
rencontre  une  série  de  petites  rivières  de  peu  d’importance,  à  l’excep¬ 
tion  de  la  Rivière  Madame  et  on  arrive  sur  le  versant  oriental.  » 
Le  nom  de  Deshaies  est  encore  cité  (p.  xxi),  à  propos  des  zones  : 
«  7°  Flore  des  côtes  arides,  sèches,  pierreuses,  point  ou  peu  boisées, 
soit  la  côte  occidentale  entre  la  Basse-Terre  et  Deshaies,...  etc...  » 
La  végétation  décrite  et  ses  caractères  n’ont,  en  fait,  aucun  rapport 
avec  celle  de  la  plage  de  Grande-Anse. 

Dans  l’Essai  d’Ecologie  et  de  Géographie  botanique  rédigé  par 
l’un  de  nous  (3),  en  1935,  la  description  de  cette  formation  parti¬ 
culière  n’a  pas  été  donnée,  mais  plusieurs  stades  d’évolution  des 
successions  et  certaines  électives  d’associations  végétales  observées 
là,  ont  été  reconnus  sous  l’action  de  facteurs  édapho-climatiques 
comparables.  Ainsi,  la  colonisation  première  à  Ipomoea  pes-caprae- 
Canavalia  maritima,  du  milieu  arénacé,  dont  la  spécialisation  bio¬ 
logique  est  très  étroite,  et  que  l’on  retrouve  ici,  était  signalée  déjà 
dans  cet  ouvrage  (pp.  74-76)  comme  «  se  retrouvant  autour  de  l’Ile, 
dans  les  mêmes  conditions  édaphiques  ».  Cela  est  exact  comme  il  y  a 
20  ans  et  notre  littoral  de  Deshayes  en  est  encore  un  exemple  de 
plus. 

Dans  les  plantes  électives  du  secteur  émergé,  dans  les  sous-secteurs 
sableux  et  madréporiques  (pp.  68-71),  à  propos  de  la  formation  à 
Coccoloba  uoifera  (pp.  76-81),  on  pourra  noter  parmi  les  électives 
des  associations  décrites,  des  espèces  communes  avec  celles  de  nos 


-  613  — 


relevés  de  Grande- Anse.  Il  en  est  de  même  de  Y  Aperçu  (4)  des  Asso¬ 
ciations  et  leur  intérêt  (5)  ainsi  que  des  Types  forestiers  de  l’Archipel 
Caraïbe,  publié  en  1945  (7)  où  les  caractères  du  type  xérophile  et, 
particulièrement,  les  faciès  psammophiles  et  calciphiles  (pp.  334-342) 
et  du  type  mésophile  :  bois  homogène  à  Galba  (p.  383)  répondent  à 
certains  aspects  de  cette  végétation. 

Mais,  l’entité  qu’elle  forme  par  l’ensemble  de  ces  colonisations  et 
successions,  par  ses  conditions  édapho-climatiques  et  géologiques 
bien  définies  et  par  l’apparition  d’une  belle  forêt  psammophile, 
constituant  le  climax  de  ce  littoral,  mérite  une  étude  phytosociolo- 
gique  particulière. 


Évolution  phytosociologique. 

Bien  que  les  pêcheurs  abritent  leurs  barques  le  long  de  ce  rivage, 
que  des  cases  soient  proches,  des  touristes  nombreux  et  des  cultures 
variées  installées  de  toutes  parts  de  façon  contigüe,  des  stades 
s’amorcent,  des  successions  s’observent  et  un  véritable  climax 
forestier  édaphique  se  forme  qui,  fait  curieux  et  notable,  est  demeuré 
intact  et  respecté.  C’est  une  relique  de  la  nature  végétale  dans  son 
équilibre  biologique  avec  les  facteurs  du  climat  et  surtout  avec  les 
qualités  physico-chimiques  du  sol  et  la  nature  des  micro-organismes 
sédimentés  qui  le  composent  : 

On  distingue  nettement  de  la  mer  vers  l’intérieur  : 

1.  La  formation  typique  des  pionniers  à  I pomoea-Canavalia. 

2.  Le  rideau  arbustif  et  protecteur  à  Coccoloba  uvifera. 

3.  Une  première  brisure  culturale  à  plantes  vivrières  et  d’ombrage. 

4.  Stade  rudéral  transitoire  et  de  valorisation  zootechnique. 

5.  Une  deuxième  brisure  culturale  à  cannes  à  sucre. 

Ces  bandes  sont  étroites,  parallèles  à  la  ligne  de  rivage,  bien 
marquées  et  observables  avec  netteté  sur  une  largeur  de  la  côte 
aux  cannes  mesurant  100  mètres  seulement. 

L’homogénéité  des  trois  associations  naturelles  est  remarquable 
et  liée  à  leur  origine  édaphique  accentuée,  plus  encore  que  clima¬ 
tique. 

Les  brisures  culturales  ne  sont  pas  étendues,  mais  se  situent  exac¬ 
tement  aux  limites  de  chacune  des  associations  naturelles  ;  celles-ci 
ont  atteint  leur  optimum  biologique  et  leur  équilibre  respectif  ; 
elles  ont  constitué  sur  ce  même  sol  des  successions  dans  le  temps 
et  aussi,  sans  doute,  dans  l’espace,  car  il  nous  paraît  probable  que 
là  aussi,  comme  nous  l’avons  vu  ailleurs  (3),  (5)  et  (7),  le  stade 
pionnier  de  la  Patate  et  du  Pois  bord  de  mer  I pomoea-Canavalia 
a  préparé  le  terrain  au  rideau  à  Coccoloba  ou  Raisiniers  et  celui-ci 


—  614 


à  la  forêt  de  Galba  :  Calophyllum.  Les  oiseaux  migrateurs  et  ceux 
des  plages  de  l’ Ile  qui  mangent  de  même  aussi  bien  les  raisins  que 
les  graines  de  Galba,  que  les  guimbauts  ou  chauves-souris  frugivores, 
n’ont  pas  été  étrangers  à  la  dissémination  des  semences  et  à  la  cons¬ 
titution  de  ces  associations. 

1.  Colonisation  des  sables  par  les  pionniers  à  Ipomoea-Canavalia. 

A  quelques  mètres  de  l’endroit  où  la  vague  déferle,  rampant,  les 
tiges  allongées,  radicantes  aux  nœuds,  au  niveau  desquels  ils  se 
fixent  dans  le  sable  humide,  les  pionniers  les  plus  avancés  de  Patate 
bord  de  mer  :  Ipomoea  pes-caprae  (L.)  Roth,  avancent  leurs  stolons 
et  leurs  bourgeons  terminaux  vers  la  mer.  Nous  en  avons  mesuré 
de  28  m.  de  long.  D’une  zone  de  départ  de  sables  fixés  ils  colonisent, 
de  façon  centrifuge,  à  la  fois  vers  la  mer  d’un  côté  et  vers  l’intérieur 
des  terres  de  l’autre.  De  ce  côté  là,  le  Pois  bord  de  mer  :  Canavalia 
maritima  Aubl.,  à  fleurs  roses  comme  la  Patate,  plus  ascendant  aux 
extrémités  bien  que  toujours  prostré,  rampant  ou  lianoïde,  se  mêle 
avec  elle  intimement.  Entre  leurs  enchevêtrements,  des  touffes  éri¬ 
gées  à  feuilles  et  tiges  étroites  et  longues,  en  contraste  avec  les 
limbes  crassulescents  et  larges  des  Pois  et  des  Patates  très  vertes, 
se  dressent  les  Cabouyas  bord  de  mer  :  Sporobolus  virginicus  (L.) 
Kunth. 

Telle  est  l’association  première  colonisatrice  des  sables.  Elle  ne 
présente  pas  là  l’optimum  biologique  qu’elle  offre  en  Grande-Terre, 
où  d’autres  électives  entrant  dans  la  composition  et  où  un  beau  vert 
dé  l’association  tranche  sur  les  sables  roses.  A  Grande-Anse,  elle  est 
dispersée  et  les  feuilles  de  lTpomée,  ainsi  que  celles  de  la  Patate, 
à  un  degré  moins  élevé  cependant,  offrent  une  chlorose  accentuée. 
La  dépigmentation  des  chloropbastes  du  limbe  est  telle  que  pour 
certains,  il  apparaît  presque  complètement  blanc,  sur  certaines  il  est 
strié  et  enfin,  sur  d’autres,  l’arborisation  des  faisceaux  libéro- 
ligneux  de  la  côte  et  des  nervures  secondaires  apparaît  en  vert  sur 
le  fond  blanc  du  tissu  palissidique  du  limbe.  L’aspect  est  nettement 
celui  d’une  déficience  azotée  accompagnée  certainement  aussi  d’une 
carence  phosphato-potassique,  par  manque  réel  de  ces  éléments 
sans  doute,  mais  probablement  surtout,  par  inhibition  de  l’assimi¬ 
lation  de  ces  substances  solubles  s’il  en  demeuré,  à  cause  de  l’excès 
d’ion  Ca  -| — |-,  qui  provoque  cette  chlorose  intense. 

Cette  association  paucispécifique  au  plus  haut  degré  (3  espèces 
seulement)  et  très  homogène,  s’explique  par  la  spécificité  accentuée 
du  milieu. 

2.  Rideau  arbustif  et  protecteur  à  Coccoloba  uvifera. 

Ce  rideau  arbustif  ne  présente  pas  la  physionomie  habituelle 
de  végétation  buissonnante  telle  qu’on  l’observe  sur  les  côtes,  autour 


—  615  — 

de  toute  l’ Ile  et  telle  qu’elle  est  décrite  (p.  76)  dans  Y  Ecologie  (3). 
Les  dômes  denses  et  paliers  en  plan  incliné  déjà  décrits  sont  rem¬ 
placés  ici  par  un  rideau  véritable,  vertical,  d’arbres  normaux,  bran- 
chus  et  bien  développés. 

Us  sont  toujours  situés,  comme  en  Grande-Terre  et  dans  les  autres 
zonations  littorales  où  on  les  observe,  entre  10  et  15  mètres,  vieux 
avec  des  troncs  de  30  à  45  cm.  de  diamètre.  C’est  le  Coccoloba  uvi- 
fera  L.  Il  forme  ici  un  peuplement  pur,  mais  prend  l’aspect  d’arbre 
d’ombrage  et  de  protection  soumis  aux  régularisations  périodiques 
des  interventions  humaines.  Le  touriste  n’a  conservé  que  les  plus 
beaux  spécimens  lui  donnant  une  ombre  bienfaisante  et  l’agriculteur 
ceux  dont  l’alignement  protège  des  cases  ou  des  petites  cultures, 
les  autres  ayant  été  coupés  ainsi  qu’en  témoignent  quelques  vieilles 
souches. 

3.  Première  brisure  culturale  à  plantes  vivrières  et  d’ ombrage. 

Sous  les  plus  gros  de  ces  Raisiniers  s’abritent  quelques  barques 
de  pêcheurs  «  gommiers  »  hérités  de  leurs  ancêtres  caraïbes.  Des 
populations  d’origine  indienne,  de  Coromandel  ou  de  Malabar, 
vivent  aussi  non  loin  de  là.  La  partie  la  plus  paralienne  du  peuple¬ 
ment  des  Raisiniers  a  dû  céder  la  place  à  trois  espèces  introduites, 
toutes  trois  asiatiques  : 

Terminalia  Catappa  L.  :  «  Radamier  »  ou  «  Amandier  »,  caractérisé 
par  sa  frondaison  en  étages  successifs  horizontaux  superposés  à 
des  distances  équistantes  le  long  du  tronc,  ayant  ainsi  l’aspect  d’un 
arbre  jouet,  artificiel. 

Thespesia  populnea  (L.)  Soland  :  «  Catalpa  »  naturalisé  et  d’ailleurs 
très  peu  abondant,  alors  qu’il  imprime  au  Lido  de  Sainte-Anne, 
par  exemple,  sa  physionomie  particulière.  [ Ecologie  (3)  :  p.  78], 

Melia  azedarach  L.  i  «  Lilas  d’Espagne  »,  introduit  de  l’Inde  et 
donnant  de  très  belles  inflorescences  violettes,  planté  pour  l’ornement 
ou  comme  relique  d’un  culte  dont  les  Indiens  métissés  ont  désormais 
perdu  le  souvenir. 

La  culture  réalisée,  de  façon  sporadique,  dans  cette  zone,  est 
1’  «  Igname  »  :  Dioscorea  alata  L.,  qui  grimpe  le  long  de  certains  de 
ces  arbres  ou  arbustes,  jusqu’à  6  à  8  mètres. 

La  seule  élective  qui  y  a  été  observée  est  le  «  Picanier  »  Solanum 
racemosum  L.  var.  igneum  (L.)  Schulze. 

4.  Forêt  sur  sables  consolidés  à  Calophyllum  antillanum  :  climax 

édapho- climatique. 

Brusquement,  sans  caractères  précurseurs  et  sur  les  mêmes  sables 
fixés  décrits  dans  l’esquisse  physiographique  et  géologique,  à  8 
à  10  mètres  de  distance  des  Coccoloba,  s’élève  la  lisière  d’une  forêt 
littorale,  dont  le  liseré  d’un  beau  vert-bleu  n’est  pas  différent  de 


—  616  — 


l’intérieur,  ni  en  composition  ni  en  physionomie.  Elle  est  de  18  à 
22  mètres  de  haut,  les  fûts  sont  dressés,  nombreux  et  présentant 
l’apparence  d’une  jeune  futaie  ;  son  aspect  est  homogène,  le  diamètre 
des  arbres  varie  de  15  à  35  cm.  ;  des  lianes,  cependant  d’espèces 
xéro  ou  xéro-mésophytiques  pendant  depuis  les  plus  hautes  branches 
des  arbres,  sur  15  à  18  mètres  de  long,  en  cordons  ou  en  tresses. 
Sa  physionomie  est  celle  de  la  forêt  mésophytique  dans  ses  faciès 
à  Calophyllum,  à  Inga  ou  à  Lonchocarpus,  telle  qu’elle  se  présente, 
bien  plus  à  l’intérieur  de  T  Ile,  à  altitude  plus  élevée  et  à  pluvio¬ 
métrie  plus  forte,  à  la  Martinique,  dans  ses  relicts  les  mieux 
conservés. 

Il  est  exceptionnel  d’observer  de  telles  forêts  littorales  si  belles, 
à  l’exception  de  celle  de  Folle-Anse,  à  «  Poiriers  »  Tabebuia  (7), 
dont  l’espèce  dominante  de  l’ Ile  aux  sables  calcaires  de  Marie-Galante 
se  retrouve  ici  mais  moins  élective.  Nous  avons  noté  des  reliquats 
de  tels  bois  à  Galbas  à  Cluny,  non  loin  de  Grande- Anse,  en  Guade¬ 
loupe  et  aux  Anses  d’Arlet,  dans  le  Sud  de  la  Martinique. 

C’est  une  association  réelle,  à  Calophyllum- Lonchocarpus,  psammo- 
phile-calcicole,  sur  éléments  détritiques  arénacés  consolidés,  avec 
de  nombreuses  électives  de  la  chaux,  à  feuilles  caduques  et  consti¬ 
tuant  une  couche  d’humus  légère  et  relativement  sèche. 

Les  espèces  endémiques  de  l’Archipel  Caraïbe  sont  en  proportion 
élevées  dans  cette  forêt. 

La  stratification  végétale  est  apparente  :  ni  Muscinée,  ni  Hépa¬ 
tique,  ni  parasite,  sur  racines  ou  sur  branches,  ni  Orchidée,  ni 
Fougère,  ni  épiphyte,  n’a  pu  être  détectée.  Cette  absence  de  strate 
muscinale  terrestre  ou  corticole  et  d’épiphytisme  l’éloigne  du  type 
mésophytique  et  encore  plus  hygrophvtique  de  l’intérieur  de  la 
Guadeloupe  volcanique.  Sa  composition  floristique,  dont  les  domi¬ 
nantes  sont  des  espèces  calciphiles  et  psammophiles,  et  même  les 
xérophytes  accentue  encore  cette  distinction.  Mais,  à  la  différence 
des  véritables  bosquets  ou  halliers  xérophiles  qui  ne  possèdent  aucune 
apparence  de  stratification,  ici  l’on  observe  nettement  deux  dais 
foliacés  supérieurement  et  un  sous-bois  buissonnant  ou  suffrutes- 
cent. 

Leur  composition  en  sera  indiquée  dans  le  tableau  çi-après  avec 
leur  nom  scientifique,  leur  nom  créole,  la  présence  dans  la  strate  (%) 
et  le  type  foliaire  de  Raunkiaer. 


—  617 


Composition  floristico-sociologique  de  l’Association 
a  Calophyllum-Lonchocarpus. 


Nom  scientifique 

Nom  créole 

Pourcentage 

Type  foliaire 
de  Raunkiaer 

1“  Dai 

ls  supérieur  (16-22  mè 

:tres  de  hau 

t). 

Calophyllum  antillanum 
Britton 

Galba  vrai 

82  % 

micro  -  mésophyll  e 
oblong  elliptique 
(feuilles  entières) 

Lonchocarpus  Bentha- 
mianus  Pittier 

Bois  Savonnette  ou 
Savonnette  petite 
feuille 

8  % 

micro  -  mésophylle 
elliptique .  (4-8  fo¬ 
lioles) 

Lonchocarpus  latifolius 

(Wild.)  H.  B.  &  K. 

Savonnette  rivière 
ou  Savonnette 
gran  de  feuille 

5  % 

mésophylle  (6-8  fo¬ 
lioles) 

Ficus  laevigata  Vahl 
var.  lentiginosa](  Y  ahl) 
Urb. 

Figuier  maudit 
Figuier  blanc  bord 
de  la  mer 

3  % 

micro  -  mésophylle 
(feuilles  entières) 

Tabebuia  pallida  Miers 
subspec.  heterophylla 
(DC.)  Stehlé 

Poirier  rouge 

Poirier  gris 

2  % 

i  100  % 

meso  -  macrophylle, 
composée  de  3-5 
folioles 

2°  Dais  inférieur  (8-1 G  mètres  de  haut). 

Elaphrium  Simaruba 
(L.)  Rose 

Gommier  barrière, 
Gommier  rouge 

27  % 

mésophylle,  compo¬ 
sée  de  3-9  paires 
folioles,  ovées- 

oblongues 

Swietenia  mahagoni 
Jacq. 

Mahogany  petites 
feuilles 

22  % 

macrophylle  4-10  fo¬ 
lioles  ovées  ou 
ovées-lancéolées 

Ocotea  Eggersii  Mez 

Peste  à  pou 

17  % 

mésophylle  ellipti¬ 
que  (feuille  en¬ 
tière) 

Cytharexylum  quadran- 
gulare  Jacq. 

Bois  carré,  Bois  de 
fer  blanc 

17  % 

micro-mésophylle  el 
elliptique-ovée 

Fa  gara  monophylla 
Lam. 

Lépiné  jaune 

17  % 

100  % 

mésophylle  ellip¬ 

tique  (feuilles  en¬ 
tières) 

3°  Sous-bois,  suffrutescents  et  buissonnants  (2-8  mètres  de  haut). 

Guilandina  crista  (L.) 
Small 

Œil  de  chat  canique 

22  % 

mésophylle  ellip¬ 

tique  (10-16  fo¬ 
lioles) 

618  — 


Nom  scientifique 

* 

Nom  créole 

Pourcentage 

1 

Type  foliaire 
de  Raunkiaer 

Aegyphila  martinicensis 
Jacq. 

Bois  cabrit 

20  % 

micro  -  mésophylle 
(feuilles  entières) 

Piper  calciseligens  Trel. 

Grand  malimbé 

18  % 

mésophylle,  sub-el- 
liptique  ou  ellip- 
tique-ovée  (feuill. 
entières) 

Piper  dilatatum  L.  Cl. 
Rich.  forma  calcico- 
lens  Stehlé 

Cierge  mangé  lapins 

15  % 

mésophylle  oblon- 
gue  ovée  ou  lar¬ 
gement  elliptique 
(feuilles  entières) 

Piper  medium  Jacq. 

Malimbé  queue  à 
rat 

13  % 

micro  -  mésophylle, 
ovée  -  elliptique 
(feuilles  entières) 

Acacia  nilotica  L. 

Pompon  jaune,  Aca¬ 
cia  jaune 

12  % 

100  % 

macrophylle,  com¬ 
posée  4-8  pennes 
de  10-20  folioles 

4°  Lianoïdes  (2-18  mètres,  pendantes  ou  ascendantes). 


Cissus  sicyoides  L. 

Vigne  vierge 

60  % 

1  Microphylle 

Hippocratea  volubilis  L. 

Liane  d’amande 

20  % 

(simples) 

Heteropteryx  purpurea 

Liane  caraïbe,  Liane 

20  % 

Microphylle 

(simples) 

(L.)  tl.  B.  &  K.,  var. 
antillana  Ndzu. 

à  ravet 

100  % 

Il  convient  de  souligner  l’absence  totale  d’herbacées  expliquable 
par  1  excès  de  chaux  du  sol,  l’ombrage  et  le  fourré  trop  denses  sous 
les  dais  qui  se  rejoignent  et  interceptent  les  rayons  solaires.  Par 
contre  des  jeunes  plantules  (brins)  de  Galba  couvraient  le  sol  à 
une  densité  très  élevée.  Des  déjections  d’oiseaux  ou  de  chauves- 
souris  ont  permis  la  dissémination  et  la  germination  des  graines. 
La  pérennité  de  la  forêt  est  ainsi  assurée.  Ces  mêmes  raisons  d’éco- 
sphère  particulière  justifient  l’existence  des  lianes  pendantes  (les 
2  premières  de  la  liste)  ou  ascendantes  et  enchevêtrées  (la  3e). 
L’aspect  physionomique  le  plus  inattendu  est  celui  du  sous-bois 
où,  à  côté  de  véritables  xérophiles,  telles  que  le  Guilandina  et  l’aca¬ 
cia,  très  épineux  et  à  folioles  microphylles,  plus  abondantes  aux 
lisières  surtout,  co-existent,  dans  cette  forêt,  des  hémi-sciaphiles, 
à  caractère  foliaire  mésophylle,  plus  nombreuses  au  centre  de  l’asso¬ 
ciation  où  elle  est  plus  dense  et  moins  éclairée  telles  que  les  espèces 
du  genre  Piper  et  1  Aegyphila.  Parmi  les  Pipéracées,  la  coexistence 


619  — 


des  trois  espèces  citées  est  notable,  ainsi  que  la  présence  du  P.  calci- 
seligens  Trel.,  essentiellement  calciphile  et  très  bien  développé  avec 
des  chatons,  endémique  de  l’Ile,  auparavant  trouvée  seulement  dans 
des  grottes  des  mornes  calcaires  de  Sainte-Anne  à  Saint-François, 
en  Guadeloupe  (6).  Cette  association  est  stable,  elle  constitue  un 
milieu  homogène  et  fermé,  elle  assure  sa  pérennité  dans  ce  milieu 
dont  elle  a  participé,  avec  les  facteurs  naturels  édapho-climatiques, 
à  la  constitution  de  sa  propre  biosphère. 

5.  Stade  rudéral  transitoire  et  de  valorisation  zootechnique. 

Brusquement  on  se  trouve  à  la  lisière  du  noyau  forestier  après 
une  traversée  perpendiculaire  à  la  tangente  de  la  ligne  de  rivage, 
sans  que  la  composition  et  l’aspect  aient  changé.  Mais,  des  cabris 
et  des  vaches  sont  attachés  contre  les  derniers  arbustes,  le  milieu 
est  ouvert,  le  ciel  est  visible,  des  formations  herbacées  seules  existent 
qui  ont  remplacé  totalement  les  arbres,  les  arbustes  et  le  sous-bois. 
C’est  à  nouveau  le  littoral  xérophile  et  graminoïde  : 

Trichachne  insularis  (L.)  Nees  :  Ti  panache. 

Setaria  rariflora  Mikan  :  Herbe  à  blé. 

Chloris  radiata  (L.)  Swartz  :  Pied  poule. 

Ces  Graminées  sont  broutées  par  les  jeunes  cabris.  Remarquons 
que  le  Setaria  rariflora  Mikan  spontané  sur  ces  sables  n’est  cité  par 
Hitchcock  pour  les  Petites  Antilles  que  pour  l’Ile  calcaire  d’Antigue 
et  qu’il  ne  figure  pas  dans  la  Flore  de  Duss  (1).  C’est  une  espèce 
nouvelle  pour  la  Guadeloupe. 

Avec  elles,  on  note  des  rudérales  et  messicoles  : 

Sida  acuminata  L.,  Balais  onze  heures. 

Eupatorium  odoratum  L.,  Fleurit-Noël. 

Crotalaria  incana  L.,  Sonnettes. 

Erigeron  spathulatus  Vahl,  Petite  marguerite. 

Cyperus  brunneus  S\v.,  Razier. 

Urena  lobata  L.,  Mahot-cousin. 

Asclepias  curassavica  L.,  Coton  France,  Ipécah. 

Pavonia  Maladie  scabra  (B.  Vogel)  Stehlé,  Mahot  mare. 

Hyptis  atrorubens  Poit.,  Ti  teigne. 

C’est  un  stade  rudéral  transitoire  entre  la  forêt  et  la  culture  ; 
il  est  valorisé  par  de  petits  troupeaux  ou  des  bêtes  isolées  et  c’est 
un  mixtium  sans  valeur  phytosociologique  et  d’évolution. 

6.  Deuxième  brisure  culturale  à  cannes  à  sucre. 

Les  champs  de  cannes  à  sucre  de  l’Usine  du  Comté  ou  de  petits 
colons  s’étendent  jusque-là.  Les  espèces  citées  ci-dessus  témoignent 
de  la  présence  de  l’homme  avec  retours  périodiques.  Elles  séparent 
les  cannes  du  bosquet  à  Galba.  Dans  ces  champs,  la  flore  n’ offre  rien 


—  620  — 


■d’autre  que  les  apophytes  et  messicoles  habituelles  dont  l’un  de 
nous  a  donné  la  composition  floristique  à  maintes  reprises  (3), 

r(4)  et  (5). 


Conclusion 

La  découverte  digne  d’être  mentionnée  au  sujet  de  la  Plage  de  Grande 
Anse  Deshayes  réside  donc  : 

1°  Du  point  de  vue  physiographique  et  géologique,  dans  la  cimentation 
des  sables  détritiques  et  d’organismes  récifaux  par  de  la  calcite  grenue, 
avec  dépôt  de  carbonate  de  chaux  favorisé  par  le  dégagement  de  C02. 

2°  Du  point  de  vue  écologique  et  phytosociologique,  dans  la  consti¬ 
tution  d’une  belle  forêt  littorale  stratifiée,  véritable  association  très  homo¬ 
gène  et  stable,  à  Calophyllum-Lonchocarpus,  psammophile  et  à  électives 
calciphiles,  à  haut  endémisme  caraïbe. 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES 

1.  Duss  (R.  P.  A.).  —  Flore  Phanérogamique  des  Antilles  françaises. 
Mâcon,  Protat,  1897. 

.2.  Schimper  (A.  F.  W.).  —  Pflanzengeographie  auf  physiologischer 
Grundlache,  2e  éd.,  Iena,  1908. 

3.  Stehlé  (FL).  —  Essai  d’Écologie  et  de  Géographie  botanique,  1935. 

Flore  de  la  Guadeloupe  et  Dépendances,  tome  I,  pp.  i-xiv  et  1-284, 
Basse-Terre,  25  avril  1936. 

4.  —  Aperçu  sur  la  végétation  de  la  Guadeloupe,  in  Rev.  Intern.  Bot. 

Appl.  et  d’Agr.  trop.,  n°  184,  pp.  969-973.  Paris,  1936. 

5.  —  Les  associations  végétales  de  la  Guadeloupe  et  leur  intérêt  dans 

la  valorisation  rationnelle,  in  Rev.  Intern.  Bot.  Appl.  et  d’Agr.  trop. 
Paris,  n°  186,  pp.  98-109,  février  1937  et  n.  188-195,  mars  1937. 
-6.  —  Flore  descriptive  des  Antilles  françaises,  tome  I  :  Orchidales  et  tome  II, 
Pipérales,  Fort-de-France,  1940. 

'7.  —  Les  types  forestiers  de  l’Archipel  Caraïbe,  in  the  Caribbean  Forester, 
U.  S.  Départ.  Agr.  Forest  Serv.,  vol.  6,  Suppl,  pp.  272-416,  Puerto- 
Rico,  oct.  1945. 


Laboratoire  d’ Agronomie  coloniale  du  Muséum. 


—  621  — 


L'écologie  du  développement  des  Ægilops  ( Graminées j- 

2e  partie 1. 

L'ANALYSE  STADIALE  PRÉCISÉE 
(lre  note). 

Par  Cl. -Ch.  Mathon. 

L’analyse  stadiale  précisée  2  consiste  en  semis  échelonnés  dans 
les  conditions  naturelles,  mais  en  modifiant  un  ou  deux  facteurs 
dont  l’expérimentateur  peut  aisément  se  rendre  maître  (traitement 
thermique  des  semences  préalablement  trempées  ;  durée  d’éclaire¬ 
ment  déterminée  et  fixe,  par  exemple  24  h.  ou  8  h.).  Elle  permet 
de  préciser  les  exigences  thermo  et  photostadiales  des  plantes  qui 
y  sont  soumises. 

Continuant  notre  étude  de  l’écologie  du  développement  des  Aegi-> 
lops  nous  avons  procédé  à  leur  analyse  stadiale  précisée  afin  de 
serrer  de  plus  près  les  indications  fournies  précédemment  par  l’ana¬ 
lyse  stadiale  simple  (semis  échelonnés  sans  aucun  traitement  préa¬ 
lable,  dans  les  conditions  naturelles). 

Nos  essais  ont  consisté  : 

1°  En  semis  échelonnés  en  lumière  continue  (jour  naturel  -f-  éclairage- 
électrique  nocturne  à  l’aide  d’ampoules  à  incandescence  de  60  W.  situées 
en  moyenne  à  1  mètre  des  plantes). 

1  bis.  Dans  certains  cas  il  a  été  procédé  à  un  semis  en  jour  court  (8  h, 
et  parfois  10  heures)  le  27-1-53. 

2°  En  semis  de  graines  préalablement  trempées  puis  traitées  au  froid 
dans  un  appareil  domestique  dont  la  température  variait  de  0  à  +  6°, 
pendant  des  temps  différents,  durant  la  période  où  dans  les  conditions  de 
la  région  parisienne  la  courbe  correspondant  aux  dates  de  semis  des  plantes 
à  thermostade  chaud  et  à  photostade  de  jour  long  est  sensiblement  parallèle 
à  la  courbe  correspondant  aux  dates  d'épiaison  (cela  pour  les  raisons  qui 
ont  été  exposées  dans  une  précédente  note  —  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  1952). 
Un  certain  nombre  de  ces  semis  a  été  effectué  en  lumière  continue  afin 
de  permettre  l’épiaison  tardive  des  plantes  à  longue  période  thermo- 
stadiale  ou  (et)  à  exigences  photostadiales  de  jour  long  strictes.  Des  témoins 

1.  Première  partie,  L’analyse  stadiale  simple,  in  Bull.  Muséum,  2e  série,  t.  XXIV,. 
n°  6,  1952,  pp.  582-587.  (Nos  recherches  se  développant,  nous  croyons  aujourd’hui 
avoir  été  trop  formel  dans  le  préambule  de  cette  première  partie  où  nous  n’avons  pas 
souligné  que  si  la  croissance  est  différente  du  développement,  elle  n’en  constitue  pas- 
moins  une  de  ses  propriétés.  L’une  et  l’autre  sont  liés.) 

2.  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  99,  7-9,  1952,  pp.  268-272  et  281-284. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  622  — 


préalablement  trempés  ont  été  mis  en  terre  lors  de  la  mise  au  frigidaire 
des  semences  en  essai  (Premier  témoin)  et  lors  de  la  mise  en  terre  des 
semences  traitées  au  froid  (Second  témoin). 

Cette  note  ne  comporte  pas  de  référence  à  Aegilops  ovata.  L’analyse 
stadiale  précisée  des  Aegilops  de  ce  groupe  fera  l’objet  de  notre 
prochaine  note. 


Aegilops  Cylindrica  1. 

1°  L’éclairement  ininterrompu  accélère  le  développement. 

1  bis.  En  jour  court  de  8  h.  et  en  jour  court  de  10  h.  les  plantes 
sont  mortes  sans  avoir  épié. 

2»  L’essai  effectué  en  1952  semblait  montrer  une  certaine  accélé¬ 
ration  du  développement  par  suite  du  traitement  au  froid  des 
graines  préalablement  trempées,  par  rapport  au  second  témoin 
(semé  lors  du  semis  des  graines  traitées),  sans  qu’il  puisse  cependant 
être  question  de  considérer  les  plantes  étudiées  comme  étant  à 
«  thermostade  froid  ». 

Les  essais  entrepris  en  1953  semblent  indiquer  au  contraire  une 
absence  totale  d’effet  sur  la  rapidité  du  développement  des  plantes 
issues  de  graines  traitées  au  froid,  puisque  les  graines  traitées  arrivent 
à  l’épiaison  en  même  temps  que  le  second  témoin  semé  en  même 
temps.  —  Voir  tableau  ci-dessous  2. 


I 

ii 

III 

IV 

V 

VI 

VII 

VIII 

1er  tém. 

• 

trempage 

5-5-52 

18-6-52 

44 

2e  tém. 

trempage 

24-5-52 

8-7-52 

45 

essai  frig. 

19  j. 

24-5-52 

28-6-52 

35 

54 

+  10 

-  10 

1er  tém. 

trempage 

9-5-53 

28-6-53 

50 

2e  tém. 

trempage 

16-5-53 

30-6-53 

45 

essai  frig. 

7  j- 

16-5-53 

30-6-53 

45 

52 

+  2 

0 

1er  tém. 

trempage 

9-5-53 

28-6-53 

50 

2e  tém. 

trempage 

30-5-53 

10-7-53 

41 

essai  frig. 

21  j- 

30-5-53 

10-7-53 

41 

62 

+  12 

.  0 

1.  Semences  provenant  de  la  graineterie  du  Muséum. 

2.  Dans  le  tableau  lire  en  tête  des  colonnes  verticales  : 

I.  Catégorie  du  semis  ;  II.  Nature  du  traitement  auquel  les  semences  ont  été  sou¬ 
mises  ;  III.  Date  du  semis  ;  IV.  Date  de  l’épiaison  ;  V.  Nombre  de  jours  qui  se  sont 
écoulés  entre  la  date  du  semis  et  celle  de  l’épiaison  ;  VI.  idem  plus  le  nombre  de  jours 
du  traitement  au  froid  ;  VII.  Différence  en  jours  des  dates  d’épiaison  des  plantes  issues 
de  semences  traitées  au  froid  par  rapport  aux  dates  d’épiaison  des  premiers  témoins  —  ; 
VIII.  —  des  seconds  témoins. 

Ces  têtes  de  colonne  auront  la  même  signification  dans  chaque  tableau  de  la  présente 
note,  pour  les  conditions  naturelles. 


—  623 


Aegilops  Crassa  1. 

1°  L’éclairement  ininterrompu  accélève  le  développement. 

1  bis.  En  jour  court  de  8  h.  et  en  jour  court  de  10  h.,  les  plantes 
sont  mortes  sans  avoir  épié  (au  l-IX-53). 


Graphique  de  l’épiaison  des  semis  échelonnés  dans  les  conditions  naturelles  (N) 
et  en  lumière  continue  (L)  d ’Ægilops  speltoides  (5),  d’Ae.  cylindrica  (6),  d’Ae.  ven- 
tricosa  (8),  à’ Aegilops  triuncialis  (Ae.  9)  —  à  gauche  —  et  d ’Ae.  crassa  (Ae.  7)  — 
à  droite.  —  L’axe  des  abscisses  est  divisé  en  mois  ;  la  droite  à  45°  de  cet  axe  corres¬ 
pond  aux  dates  de  semis. 

1.  Semences  provenant  de  la  graineterie  du  Muséum. 


—  624  — 


2°  Le  traitement  au  froid  des  graines  préalablement  trempées 
paraît  légèrement  accélérer  le  développement  des  plantes  qui  en 
proviennent  par  rapport  au  développement  de  celles  issues  de 
semences,  seulement  trempées,  semées  à  la  même  date.  Cependant 
on  ne  peut  prétendre  que  l’espèce  étudiée  nécessite  un  traitement 
au  froid  pour  monter  rapidement  en  épis.  (Voir  le  tableau  ci-dessous). 


I 

II 

III 

IV 

V 

VI 

VII 

i 

VIII 

1er  tém. 

trempage 

5-5-52 

28-6-52 

54 

2e  tém. 

trempage 

24-5-52 

21-7-52 

58 

essai  frig. 

19  j. 

24-5-52 

17-7-52 

54 

73 

+  19 

—  4 

1er  tém. 

trempage 

9-5-53 

9-7-53 

61 

2e  tém. 

trempage 

16-5-53 

16-7-53 

61 

essai  grif. 

7  j- 

16-5-53 

9-7-53 

54 

61 

0 

— ■  7 

1er  rém. 

trempage 

9-5-53 

9-7-53 

61 

2e  tém. 

trempage 

30-5-53 

25-7-53 

56 

essai  frig. 

21  j- 

30-5-53 

16-7-53 

47 

68 

+  7  ' 

—  9 

Aegilops  Triuncialis  L 

1°  L’éclairement  ininterrompu  accélère  le  développement. 

1  bis.  Sous  8  heures  de  jour,  monte  7  mois  après  le  semis  et  com¬ 
mence  à  épier  (les  barbes  apparaissent  le  29-IX-53)  à  la  fin  du  8e  mois. 

Sous  10  heures  de  jour  les  arêtes  apparaissent  à  la  fin  du  4e  mois 
après  le  semis  mais  l’épi  n’est  entièrement  dégagé  qu’un  mois  plus 
tard  (16-VI-53). 

2°  Le  traitement  au  froid  (20  jours)  des  semences  préalablement 
trempées  paraît  légèrement  accélérer  le  développement  par  rapport 
aux  semences  seulement  trempées  semées  à  la  même  date.  — ■ 
Voir  le  tableau  ci-dessous. 


I 

II 

III 

IV 

V 

VI 

VII 

VIII 

1er  tém. 

trempage 

5-5-52 

6-7-52 

62 

2  e  tém. 

trempage 

24-5-52 

18-7-52 

55 

essai  frig. 

19  j. 

24-5-52 

6-7-52 

42 

61 

0 

—  12 

1er  tém. 

trempage 

9-5-53 

30-6-53 

52 

2  e  tém. 

trempage 

30-5-53 

19-7-53 

50 

essai  frig. 

21  j. 

30-5-53 

12-7-53 

43 

64 

+  13 

—  7 

1.  Semences  provenant  de  la  graineterie  du  Muséum. 


Aegilops  Ventricosa  A 


1°  L’éclairement  ininterrompu  accélère  le  développement  (peut- 
être  dans  une  plus  grande  mesure  que  chez  les  autres  espèces  étu¬ 
diées). 

1  bis.  En  jour  court  de  8  heures  les  plantes  sont  mortes  sans  avoir 
épié  (au  l-IX-53). 

2°  L’analyse  stadiale  simple  entreprise  l’an  passé  sur  cette  espèce 
laissait  prévoir  un  développement  plus  rapide  lorsque  le  début  de 
celui-ci  s’accomplissait  au  froid  (moyenne  au-dessous  de  -(-  10° 
pendant  trois  semaines).  La  confirmation  de  cette  observation  est 
donnée  par  les  essais  de  traitement  au  froid  des  semences  préala¬ 
blement  trempées. 

Cependant,  l’analyse  stadiale  simple  ne  pouvait  permettre  d’être 
absolument  affirmatif  sur  ce  point.  En  effet,  l’analyse  stadiale  simple 
indiquait  que  l’épiaison  avait  lieu  sous  une  durée  du  jour  de  14  à 
16  heures  pour  une  température  relativement  élevée  et  il  était  pos¬ 
sible  de  penser  que  des  exigences  photostadiales  assez  strictes  ne 
permettaient  pas  l’épiaison  pour  un  accomplissement  à  peu  près 
normal  du  thermostade  à  une  température  relativement  élevée, 
dans  les  conditions  naturelles. 

La  seule  comparaison  entre  les  courbes  correspondant  aux  semis 
échelonnés  en  lumière  continue  et  dans  les  conditions  naturelles 
ne  précise  pas  sensiblement  les  indications  de  l’analyse  stadiale 
simple  à  cet  égard. 


I 

II 

III 

IV 

V 

VI 

|  VII 

VIII 

1er  tém. 

2e  tém. 
essai  frig. 

trempage 
trempage 
19  j. 

5-5-52 

24-5-52 

24-5-52 

10-8-52 

? 

6-8-52 

97 

? 

74 

93 

-4 

_  ? 

1er  tém. 

trempage 

9-5-53 

12-8-53 

95 

2e  tém. 

trempage 

16-6-53 

20-8-53 

96 

essai  frig. 

7  j- 

16-6-53 

16-8-53 

92 

99 

+  4 

—  4 

1er  tém. 

trempage 

9-5-53 

12-8-53 

95 

2e  tém. 

trempage 

30-5-53 

15-9-53 

108 

essai  frig. 

21  j- 

30-5-53 

25-7-53 

56 

77 

—  18 

—  52 

1.  Semences  provenant  de  la  graineterie  du  Muséum. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


39 


—  626  — 


I 

Il 

III 

IV' 

V' 

VI' 

VIF 

VIII' 

1er  tém. 

trempage 

5-5-52 

2e  tém. 

trempage 

24-5-52 

essai  frig. 

19  j. 

24-5-52 

1er  tém. 

trempage 

9-5-53 

25-7-53 

77 

2e  tém. 

trempage 

16-6-53 

1-8-53 

77 

essai  frig. 

V  j- 

16-6-53 

26-7-53 

71 

78 

+  1 

—  6 

1er  tém. 

trempage 

9-5-53 

22-7-53 

77 

2e  tém. 

trempage 

30-5-53 

20-8-53 

82 

—  32 

essai  frig. 

21  j- 

30-5-53 

19-7-53 

50 

71 

-  3 

Le  traitement  au  froid  (20  jours)  des  semences  préalablement 
trempées  accélère  nettement  le  développement  par  rapport  aux 
semences  préalablement  trempées,  non  traitées  au  froid,  semées 
à  la  même  date  (second  témoin),  et  par  rapport  aux  semences  préala¬ 
blement  trempées,  non  traitées  au  froid,  semées  lors  de  la  mise  au 
frigidaire  ( premier  témoin).  ■ — -  Voir  le  tableau  ;  les  tetes  de  colonne 
verticales  marquées  '  correspondent  aux  résultats  obtenus  en 
lumière  ininterrompue. 

On  ne  peut  cependant  dire  que  cette  espèce  soit  «  à  thermo¬ 
stade  froid  ».  En  effet,  il  ne  s’agit  pas  là  d’une  exigence  rigoureuse, 
car  dans  les  conditions  naturelles,  comme  en  jour  continu,  le  semis 
du  30-5-53  épie,  très  sporadiquement  il  est  vrai  et  tardivement. 
C’est-à-dire  que  cette  espèce,  ou  tout  au  moins  certaines  semences 
appartenant  à  la  population  que  nous  étudions,  s  intégrant  dans 
l’espèce  Ae.  ventricosa,  sont  susceptibles  d’accomplir  leur  thermo¬ 
stade,  lentement,  à  température  élevée. 

D’autre  part,  il  faut  noter  que  la  durée  du  jour  semble  avoir  une 
plus  grande  influence  sur  cette  espèce,  ce  qui  rend  moins  aisée 
l’interprétation  des  résultats  aux  limites  des  possibilités  offertes  par 
nos  conditions  d’expérience  au  développement  de  celle-ci. 

Aegilops  Speltoïdes  b 

1°  L’éclairement  ininterrompu  accélère  le  développement. 

1  bis.  En  jour  court  de  8  h.  et  en  jour  court  de  10  h.  la  plante 
souffre  et  souvent  meurt  sans  épier  (au  l-IX-53). 

2°  Le  traitement  au  froid  (20  jours)  des  semences  préalablement 
trempées  accélère  le  développement  par  rapport  aux  semences 

1.  Semences  provenant  de  la  graineterie  du  Muséum,  correspondant  à  la  variété 
Ae.  ligustica  Fiori  (1907). 


—  627 


trempées  non  traitées  au  froid  semées  à  la  même  date  (second 
témoin ).  Mais  il  ne  semble  pas  que  l’espèce  étudiée  nécessite  un  trai¬ 
tement  au  froid  pour  monter  rapidement  en  épis  puisque  les  plantes 
issues  de  semences  traitées  au  froid  n’épient  pas  avant  les  plantes 
issues  du  semis  effectué  au  moment  de  la  mise  au  froid  (premier 
témoin).  —  Voir  tableau  ci-dessous  (conditions  naturelles). 


I 

ii 

III 

IV 

V 

VI 

VII 

VIII 

1er  tém. 

trempage 

5-5-52 

8-7-52 

62 

2e  tém. 

trempage 

24-5-52 

1 8  (30J-7-52 

55  (67) 

essai  frig. 

19  j. 

24-5-52 

8-7-52 

45 

64 

0 

(-  22) 

1er  tém. 

trempage 

9-5-53 

22-7-53 

74 

2e  tém. 

trempage 

16-5-53 

29-7-53 

74 

essai  frig. 

7  j- 

16-5-53 

■ 

24-7-53 

69 

76 

+  2 

—  5 

1er  tém. 

trempage 

9-5-53 

22-7-53 

74 

2e  tém. 

trempage 

30-5-53 

10-8-53 

72 

essai  frig. 

! 

21  j- 

30-5-53 

27-7-53 

58 

79 

+  5 

—  14 

L’analyse  stadiale  simple  d’ Aegilops  speltoides  qui  n’avait,  pu 
être  menée  à  bien  les  années  précédentes  du  fait  de  l’inégale  maturité 
des  semences,  et  de  l’irrégularité  de  leur  pouvoir  germinatif,  a  été 
effectuée  cette  année.  Elle  montre  que  si  Ae.  speltoides  présente, 
dans  les  conditions  de  nos  essais,  une  plus  grande  tardivité  que  les 
autres  Aegilops  étudiés,  hormis  Ae.  ventricosa,  mais  seulement  lorsque 
la  température  est  devenue  plus  élevée  et  les  jours  plus  longs,  cette 
tardivité  ne  paraît  pas  due,  comme  chez  Ae.  ventricosa  à  l’existence 
d’un  «  thermostade  plutôt  froid  ». 

RÉSUMÉ 

L’analyse  stadiale  simple  nous  avait  permis  de  situer  les  exigences 
écologiques  du  développement  des  Aegilops  que  nous  étudions  entre  celles 
de  deux  cas  extrêmes  :  Ae.  cylindrica  et  Ae.  ventricosa.  La  première  espèce 
de  développement  rapide,  de  jour  long  ou  moyen,  de  thermostade  relati¬ 
vement  chaud.  La  seconde  de  développement  lent,  de  jour  long,  de  thermo¬ 
stade  plutôt  froid.  Cela  pour  un  accomplissement  rapide  des  processus 
thermo  et  photostadiaux  dans  les  conditions  de  nos  essais. 

L'analyse  stadiale  précisée  par  le  traitement  à  jroid  pendant  une  ving¬ 
taine  de  jours  des  semences  préalablement  trempées,  durant  la  période 
où  le  jour  naturel  a  plus  de  14  heures  et  la  température  moyenne  est  égale 
ou  supérieure  à  -)-  15°,  confirme  et  précise  les  indications  de  l’analyse 
stadiale  simple  en  ce  qui  concerne  le  thermostade. 

Ae:  cylindrica  n’est  pas  ou  peu  sensible  à  un  tel  traitement  au  froid. 


—  628  — 


Ae.  ventricosa  y  est  très  sensible,  sans  cependant,  semble-t-il,  qu’il  soit 
une  nécessité  rigoureuse. 

Ae.  crassa,  Ae.  triuncialis,  Ae.  speltoides  se  situent  entre  ces  cas  extrêmes. 

L’analyse  stadiale  précisée  par  le  semis  échelonné  en  jour  continu  confirme 
également  les  données  de  l’analyse  stadiale  simple  en  ce  qui  concerne  le 
photostade. 

Les  Aegilops  étudiés  sont  des  plantes  de  jour  long,  en  ce  sens  que,  dans 
les  conditions  de  l’expérience,  leur  développement  est  plus  rapide  en  jour 
continu. 

Mention  spéciale  semble  devoir  être  faite  pour  Ae.  ventricosa,  laquelle 
espèce  paraît  réagir  plus  favorablement  que  les  autres  Aegilops  étudiés 
à  l’augmentation  de  la  durée  du  jour.  Peut-être  convient-il  de  rechercher 
une  liaison  entre  les  deux  observations  concernant  cette  espèce  :  «  thermo¬ 
stade  plutôt  froid  »  et  «  photostade  assez  strictement  de  jour  long  »,  dans 
les  conditions  écologiques  qui  ont  présidé,  au  cours  de  l’histoire,  à  la  for¬ 
mation  de  cette  espèce  —  ou  de  la  variété  étudiée  de  cette  espèce. 

Il  convient  également  de  noter  que,  seule  parmi  les  espèces  d’ Aegilops 
qui  font  l’objet  de  la  présente  note,  -4e.  triuncialis  peut  sortir  ses  épis  en 
jour  court  de  10  heures  et  même  de  8  heures,  en  respectivement  5  et  8  mois, 
tandis  que  les  autres  espèces  dépérissent  dans  les  mêmes  conditions. 


Laboratoire  de  Culture  du  Muséum. 


—  629  — 


Synopsis  des  Amaranthacées  de  Madagascar 
et  des  Comores. 

Par  A.  Cavaco. 


La  famille  des  Amaranthacées  est  bien  représentée  dans  la  région 
malgache  par  14  genres  :  Deeringia,  Henonia  (endémique)  et  Celosia 
de  la  tribu  des  Celosieae,  Lagrezia,  Amaranthus,  Digéra,  Cyathula, 
Pupalia,  Sericorema,  Aerva,  Centrostachys,  Achyranthes  et  Psilo- 
trichum  de  la  tribu  des  Amarantheae,  et  Alternanthera  de  la  tribu 
Gomphreneae,  et  60  espèces  dont  22  sont  endémiques  de  Madagascar 
ou  des  autres  îles  de  la  Région  L 

Ces  14  genres,  pour  la  flore  de  Madagascar  et  des  Comores,  peuvent 
être  distingués  ainsi  : 


1.  Anthères  à  2  loges.  Ovules  plusieurs  ou  ovule  solitaire. 

2.  Ovules  plusieurs. 

3.  Baie  ou  fruit  sec. 

4.  Baie . - .  1.  Deeringia 

4'.  Fruit  sec  : 

5.  Fruit  se  déchirant  irrégulièrement  en  long. .  .  2.  Henonia 

5'.  Fruit  ouvrant  circulairement  par  un  couvercle . 

3.  Celosia 

2'.  Ovule  solitaire. 


6.  Ovule  dressé. 

7.  Inflorescences  partielles  sans  fleurs  stériles  : 

8.  Fleurs  toutes  hermaphrodites  ;  étamines  soudées  à  la 

hase  .  . .  4.  Lagrezia 

8'.  Fleurs  unisexuées  et  hermaphrodites  (polygamo- 

monoïques)  ;  étamines  libres .  5.  Amaranthus 

7'.  Inflorescences  partielles  formées  de  triades  de  fleurs, 

la  médiane  fertile,  les  2  latérales  stériles . 

6.  Digéra 

6'.  Ovule  pendant. 

9.  Fleurs  par  2  ou  plus  à  l’aisselle  des  bractées  (les 
fertiles  accompagnées  de  1  ou  plusieurs  stériles)  : 

10.  Pseudostaminodes  présents  ...  7.  Cyathula 

10'.  Pseudostaminodes  absents  : 

11.  Fleurs  stériles  dépassant  les  bractées . 

8.  Pupalia 

11'.  Fleurs  stériles  ne  dépassant  pas  les  brac- 
téoles .  9.  Sericorema 


1.  Les  espèces  endémiques  sont  indiquées  par  un  astérisque  *. 
Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  630  — 


9'.  Fleurs  solitaires  à  l’aisselle  des  bractées. 

12.  Pseudostaminodes  présents  : 

13.  Fleurs  petites,  non  réfléchies  sur  l’axe  de 
l’inflorescence  ;  périanthe  poilu-laineux..  . 

10.  Aerva 

13'.  Fleurs  grandes,  réfléchies  sur  l’axe  de 
l’inflorescence  ;  périanthe  non  laineux  : 

14.  Tépales  inégaux,  l’extérieur  plus  long  ;  présence 
de  racines  aux  nœuds  inférieurs  de  la  tige . 

11.  Centrostachys 

14'.  Tépales  égaux  ou  presque  ;  absence  de  racines  aux 
nœuds  inférieurs  de  la  tige  ...  .  12.  Achyranlhes 

12'.  Pseudostaminodes  absents . 

13.  Psilotrichum 

1'.  Anthères  à  1  loge.  Ovule  solitaire,  pendant..  14.  AUermanthera 

1.  Deeringia  B.  Br.,  Prodr.  (1810),  413. 

Environ  11  espèces  de  l’Afrique,  de  l’Asie  et  de  l’Océanie  tropi¬ 
cales.  A  Madagascar  4  espèces,  endémiques,  réparties  dans  les 
domaines  du  Sambirano,  du  Centre,  de  l’Ouest  et  du  Sud-Ouest. 

1.  Epis  non  denses  : 

2.  Feuilles  non  oblongues  ni  oblongues-lancéolées. 

Epis  courts  (jusqu’à  4  cm.). 

3.  Feuilles  ovales-aiguës  ;  nervures  non  saillantes  en-dessous . 

1.  D.  madagascciriensis  * . 
3'.  Feuilles  elliptiques  à  elliptiques-lancéolées  ;  nervures  saillantes 

en-dessous  . *  2 .  D.  Humbertiana  * 

2'.  Feuilles  oblongues  ou  oblongues-lancéolées  : 

Épis  longs  (d;  5  cm.) .  3 .  D.  Perrieriana* 

1'.  Épis  très  denses  (  =(=  5  mm.  de  large) ...  4 .  D.  densiflora  * 

2.  Henonia  Moq.  in  DC.,  Prodr.,  XIII,  2  (1849),  237. 

Genre  endémique  de  Madagascar,  monotypique.  Domaines  de 
l’Est,  du  Centre,  de  l’Ouest  et  du  Sud-Ouest. 

1.  Henonia  scoparia  Moq.,  loc.  cii.  *. 

Arbuste  de  1  à  2  cm.  à  port  de  Spartium  junceum,  fréquent  dans 
les  endroits  sablonneux,  villages,  etc... 

3.  Celosia  L.,  Sp.  PI.  ed.  I  (1753),  205  ;  Gen.  ed.  I  (1737),  34. 

Près  de  62  espèces  des  régions  chaudes  et  tempérées  d’Afrique  et 
d’Amérique  ;  à  Madagascar,  4  espèces  dont  2  endémiques,  et  4  varié¬ 
tés  1. 

1.  C.  argentea  L.  var.  cristata  (L.)  Schinz  et  C.  spicata  avec  3  variétés  :  var.  holos 
tachya  (Bak.)  Cavaco,  var.  cuspidata  Cavaco  et  var.  Thouarsii  Cavaco. 


1.  C.  argentea 


—  631  — 

1 .  Epis  très  denses . 

1'.  Epis  non  denses  : 

2.  Fleurs  agglomérées  par  2  ou  plus  : 

3.  Stigmates  2  ;  feuilles  à  base  arrondie  ou  subarrondie 


2.  C.  Humbertiana  * 

3f.  Stigmates  3  ;  feuilles  atténuées  à  la  base.  3.  C.  trigyna 
2'.  Fleurs  solitaires .  4.  C.  spicuta  * 


4.  Lagrezia  Moq.  in  DC.,  Prodr.,  XIII,  2  (1849),  252. 

Environ  14  espèces,  dont  11  à  Madagascar,  1  aux  Comores  et  1  au 
Congo  Belge  et  1  au  Mexique. 

1.  Fleurs  en  épis  : 

2.  Epis  ne  dépassant  pas  16  cm.  de  longueur,  feuilles  d’au  plus  7  cm. 
de  longueur  : 

3.  Feuilles  non  linéaires  : 

4.  Feuilles  non  ovées-elliptiques  et  non  ovée-acuminées  : 

5.  Épis  larges  (5-10  mm.),  à  fleurs  moyennes. 

6.  Tiges  longues  de  30-50  cm.  ;  épis  très  denses  atteignant 

1  cm.  de  large .  1.  L.  madagascariensis  * 

6'.  Tiges  ne  dépassant  pas  20  cm.  ;  épis  n’atteignant  pas 
1  cm.  de  large. 

7.  Rameaux  étalés,  épis  interrompus ...  .  var.  interrupta  * 
7'.  Rameaux  resserrés,  épis  non  interrompus,  var.  minor  * 
5'.  Épis  très  étroits  (±  3  mm.),  à  fleurs  très  petites  : 

8.  Feuilles  spatulées,  longues  de  4-5  cm.,  poilues . 

2.  L.  micrantha  * 

8'.  Feuilles  obovales,  longues  de  3-12  mm.,  glabres  : 

9.  Feuilles  chartacées  à  nervures  nettes  en-dessous, 
longues  de  5-12  mm.,  à  pétiole  distinct . 

3.  L.  minutiflora  * 

9'.  Feuilles  charnues  à  nervures  imperceptibles,  longues 
'de  3-5  mm.,  à  pétiole  indistinct . 

4.  L.  Perrieri  * 

4'.  Feuilles  ovées-elliptiques  ou  ovées-acuminées  : 

10.  Feuilles  ovées-elliptiques  : 

11.  Feuilles  aiguës  au  sommet,  poilues . 

5.  L.  comorensis  * 

11'.  Feuilles  cuspidées,  glabres . 

C.  L.  Humbertii  * 

10'.  Feuilles  ovées-acuminées  : 

11.  Limbe  glabre,  long  de  4, 5-6, 5  cm.  ;  rachis 
de  l’inflorescence  glabre . 

7.  L.  Boivinii  * 

12'.  Limbe  poilu,  long  de  1,5-3  cm.,  rachis  de 
l’inflorescence  poilu . 

8.  L.  ambrensis  * 


—  632  — 


! 


3.  Feuilles  linéaires  : 

13.  Épis  longs  de  7-14  cm.,  larges  de  2  mm.  ; 
fleurs  très  petites,  à  tépales  non  acuminés 
ni  mucronulés  .  9.  L.  Decaryana  * 

13'.  Épis  ne  dépassant  pas  5  cm.  de  longueur 
et  5  mm.  de  largeur  ;  fleurs  moyennes,  à 
tépales  acuminés  et  mucronulés . 

10.  L.  lineari/olia  * 

2'.  Épis  longs  de  20  cm.  :  feuilles  longues  de  10  cm.  au  plus . 

11.  L.  Suessenguthii  * 

1'.  Fleurs  en  panicules  d’épis .  12.  L.  paniculata  * 


5.  Amaranthus  L.,  Sp.  PI.  ed.  I  (1755),  989. 


Environ  50  espèces  des  pays  chauds  et  tempérés,  souvent  cultivées. 
Quelques-unes  sont  de  mauvaises  herbes. 


1.  Fleurs  disposées  en  glomérules  axillaires  : 


2.  Glomérules  très  épais,  larges  de  10-15  mm.  (les  glomérules  supérieurs 
de  plus  en  plus  rapprochés  et  se  terminant  quelquefois  par  un  épi 

presque  continu) .  1.  A.  tricolor 

var.  trislis 


2'.  Glomérules  petits,  ne  dépassant  pas  5  mm.  de  large  : 

3.  Tépales  cuspidés-aristés .  2.  A.  Thumbergii 

var.  macrosepalus 

3'.  Tépales  non  cuspidés-aristés  : 

4.  Un  épi  terminal  ;  fruit  indéhiscent  : 

5.  Tépales  linéaires-spatulés,  longs  de  1,7-2  mm.  et  larges  de 
0,5  mm.  :  fruit  long  de  2,5  mm..  3.  A.  lividus 

var.  ascendens 

5'.  Tépales  largement  spatulés,  longs  de  1  mm.  et  larges  de 
0,5  mm.  ;  fruit  long  de  1,5  mm.  .  .  4.  A.  lividus 

var.  polygonoides 


4'.  Pas  d’épi  terminal  ;  pyxide  : 

6.  Feuilles  non  rhombiques  : 

7.  Feuilles  ovées,  longues  de  1-2  cm.  (pét.  inclus).... 

5.  A.  angustifolius 

7'.  Feuilles  oblanceolées,  longues  de  3-7  cm.  (pét.  inclus)  .  . 

,  var.  graecizans 

6'.  Feuilles  rhombiques . .  var.  silvester 

Y.  Fleurs  disposées  en  épis  denses  axillaires  et  terminaux  : 

8.  Présence  d’épines  à  l’aisselle  des  feuilles,  fleurs  <J 
occupant  seules  l’extrémité  des  épis  : 

9.  Épines  fortes  longues  de  8-15  mm . 

6.  A.  spinosus 

9'.  Épines  plus  atténuées  longues  de  fl;  3  mm. .  . 

f.  inermis 

8'.  Pas  d’épines  à  l’aisselle  des  feuilles  ;  fleurs  d  et  $ 
mélangées  jusqu’au  sommet  des  épis  : 


—  633  — 


10.  Périanthe  dépassé  par  les  bractéoles  : 

11.  Bractéoles  ne  dépassant  le  périanthe  que  de 
la  moitié  de  sa  longueur  ;  épis  formant  des 
panicules  denses  ...  1 .  A.  hybridus 

ssp.  cruentus 
var.  paniculatus 
11'.  Bractéoles  au  moins  deux  fois  plus  longues 
que  le  périanthe  ;  épis  axillaires  réduits  à 
des  glomérules  globuleux  et  épis  terminaux 
beaucoup  plus  longs  ne  terminant  pas  en 
panicule  (dans  les  représentants  mal¬ 
gaches)  .  8.  A.  hybridus 

ssp.  hypochondriacus 

10'.  Périanthe  non  dépassé  par  les  bractéoles  : 

12.  Périanthe  $  à  5  tépales,  oblongues  ;  fruit 
à  peine  verruqueux.  9.  A.  dubius 
12'.  Périanthe  $  à  3  tépales,  linéaires;  fruit 

fortement  strié-verruqueux . 

10.  A.  gracilis 

h 

6.  Digéra  Forsk.,  Fl.  Aegypt.-Arab.  (1775),  65. 

Genre  monotypique. 

1.  - —  Digéra  alternifolia  (L.)  Aschers.  in  Schweinf.,  Beitr.  Fl. 
Aeth.  (1867),  180  ;  Schinz  in  Engl.,  Pflanzenf.,  ed.  2,  16  c  (1934),  41. 
—  Achyranthes  alternifolia  L.,  Mant.,  I  (1767),  50,  non  L.  f.  —  Digéra 
arvensis  Forsk.,  Fl.  Aegypt.-Arab.  (1775),  65  ;  Bak.  et  Clarke  in 
This.-Dyer,  Fl.  Trop.  Afr.  VI.  1  (1909),  29. 

7.  Cyathula  Bl.,  Bijdr.  El.  Ned.  Ind.,  XI  (1825),  548. 

Près  de  24  espèces  tropicales  ;  12  espèces  à  Madagascar,  dont  5 
endémiques. 

1.  Fleurs  disposées  en  grosses  têtes  globuleuses. 

2.  Tige  robuste,  3  mm.  de  diam.  ;  feuilles  tomenteuses  en-dessus. 

1.  C.  uncinulata 

2'.  Tige  grêle,  1  mm.  de  diam.;  feuilles  pubescentes  en-dessus . 

var.  ceylanica 

1'.  Fleurs  disposées  en  épis. 

3.  Inflorescences  partielles  lâches  à  la  base  des  épis  : 

4.  Inflorescences  partielles  pédicellées  sur  l’axe  tomenteux . 

2.  C.  prostrata 

4'.  Inflorescences  partielles  sessiles  sur  l’axe  hirsute . 

3.  C.  madagascariensis  * 
3'.  Inflorescences  partielles  serrées,  denses  à  la  base  et  au  sommet 

des  épis. 

5.  Épines  des  fleurs  stériles  terminées  par  une  pointe  courbée 
en  crochet  : 


—  634  — 

6.  Epis  courts  (1-3  cm.),  à  fleurs  toutes  renversées .  ... . 

4.  C.  achyranthoides 

6'.  Epis  longs  (3-12  cm.),  à  fleurs  non  renversées... . 

5.  C.  cylindrica 

5'.  Épines  des  fleurs  stériles  terminées  par  deux. pointes  ou  plus, 
courbées  en  crochet. 

7.  Feuilles  elliptiques,  atténuées  à  la  base,  acuminées  au 

sommet .  6.  C.  biflora  * 

7'.  Feuilles  non  elliptiques  : 

8.  Feuilles  obovales,  allongées,  obtuses  ou  arrondies  au 

sommet  . .  7 .  C.  Perrieriana  * 

8'.  Feuilles  non  abovales  : 

9.  Fleurs  complètement  recouvertes  de  longs  poils 
blancs,  laineux  : 

10.  Feuilles  acuminées  et  cuspidées  au  sommet,  atté¬ 
nuées  à  la  base.  ...  8.  C.  triuncinata  * 

10'.  Feuilles  obtuses  au  sommet  et  à  la  base . 

9.  C.  obtusifolia  * 

9'.  Fleurs  non  recouvertes  de  poils  : 

11.  Épi?  larges  de  10  mm.,  à  bractées  aiguës,  à 
bractéoles  poilues  au  dos . 

10.  C.  Humbertiana  * 

11'.  Epis  larges  de  15-17  mm.,  à  bractées  obtuses, 
à  bractéoles  glabres . 

11.  C.  triuncinella 

8.  Pupalia  Juss.  in  Ann.  Mus.  Paris,  II  (1803),  132. 

Répandu  dans  les  régions  tropicales  africaines  et  asiatiques. 
1  espèce -à  Madagascar  (P.  atropurpurea  (Lam.)  Moq.). 

9.  Sericorema  (Hook.  f.)  Lopr.  in  Engl.,  Rot.  Jahrb.  XXVII  (1899),  39. 

2  espèces  du  Sud-Ouest,  Sud,  Sud-Est  africain  et  1  endémique, 
à  Madagascar  (5.  Humbertiana  Cavaco  *). 

10.  Aerva  Forsk.,  Fl.  Aegypt.-Arab.  (1775),  170. 

Environ  14  espèces  des  régions  chaudes  d’Asie  et  d’Afrique,  6  à 
Madagascar,  dont  4  endémiques. 

1.  Epis  groupés  en  panicules  : 

2.  Tomentum  des  branches  constitué  par  des  poils  étoilés  et  par  des 
poils  rameux  ;  épis  longs  de  3-8  cm.,  épais  de  4-10  mm.  A.  Javanica 
2'.  Tomentum  des  branches  constitué  seulement  par  des  poils  rameux  ; 
épis  ne  dépassant  pas  2,5  cm.  de  long  et  4  mm.  d’épaisseur. 

3.  Feuilles  triangulaires . . ...  A.  triangularifobia  * 

3'.  Feuilles  non  triangulaires  : 


—  635 


4.  Feuilles  pétiolées,  oblancéolées .  2.  A.  madagassica  * 

4'.  Feuilles  sessiles,  spatulées .  3.  A.  coriacea  * 

1'.  Épis  non  groupés  en  panicules  : 

5.  Épis  axillaires  (5  mm.  de  long),  oblongs . 

4.  A.  lanata 

5'.  Épis  terminaux,  capituliformes  .  .  .  „5.  A.  Humbertii  * 

11.  Centrostachys  Wall,  in  Roxburgh,  Fl.  Tnd.  Il  (1824),  497. 
Une  espèce,  africaine  et  asiatique  ( C .  aquatica  (R.  Br.)  Wall.). 

12.  Achyranthes  L.,  Sp.  PL  ed.  1  (1753),  20. 

5  espèces  tropicales  dont  2  à  Madagascar. 

1.  Épis  à  rachis  fort,  dressé,  à  fleurs  toutes  rapidement  renversées... 


1.  A.  aspera 

2.  Rameaux  à  épi  terminal  et  2-4  épis  axillaires .  var.  indica 

2'.  Rameaux' à  épi  terminal  seul .  var.  argentea 

Y,  Épis  à  rachis  grêle,  flexueux,  à  fleurs  non  renversées  ou  seules  les 
fleurs  inférieures  renversées .  2.  A.  mauritiana 


13.  Psilotrichum  Bl.,  Bijdr.  Fl.  Ned.  Ind.  (1825),  544. 

20  espèces  d’Afrique  et  d’Asie  tropicales  ;  4  à  Madagascar  dont  2 
endémiques. 

1.  Épis  disposés  en  panicules  étalées;  feuilles  velues  argentées . 

1.  P.  Boivinianum 

Y .  Épis  simples,  non  disposés  en  panicules  ;  feuilles  non  velues-argentées. 

2.  Épis  denses,  courts  (ne  dépassant  pas  2  cm.  de  long),  à  rachis  fort. 

3.  Épis  dépourvus  de  feuilles  à  la  base  ;  bractées  renversées  ;  feuilles 
ovales  à  elliptiques  non  blanchâtres  en-dessous . . 

2.  P.  africanum 

3'.  Épis  munis  de  2  feuilles  à  la  hase  ;  bractées  non  renversées  ;  feuilles 

linéaires,  blanchâtres  en-dessous -  3.  P.  madagascariense  * 

2'.  Épis  lâches,  longs  (3-5  cm.  de  long),  à  rachis  grêle . 

4.  P.  laxiflorum  * 

14.  Alternanthera  Forsk.,  Fl.  Aegypt.-Arab.  (1775),  28. 

Environ  170  espèces,  des  régions  chaudes  ;  2  espèces  à  Madagascar. 
1.  Étamines  ne  dépassant  pas  le  style  ;  anthères  ovales  ;  pseudostaminodes 
courts,  en  forme  de  dents  ;  fruit  nettement  comprimé  (Sect.  Eualter- 

nanthera)  . . . .  1.  A.  sessilis 

Y.  Étamines  dépassant  nettement  le  gynécée  ;  anthères  linéaires  ;  pseudo¬ 
staminodes  aussi  longs  (ou  plus  longs  chez  d’autres  espèces)  que  les 

étamines  ;  fruit  non  fortement  aplati  (Sect.  Telanthera) . 

2.  A.  marilima  var.  a/ricana 


BIBLIOGRAPHIE 


CONCERNANT  LES  AmARANTHACÉES  MALGACHES 
NON  CITÉES  DANS  LES  «  INDEX  KeWENSIS  »  (1895-1940). 

Cavaco,  A.  —  «  Lagrezia  »  de  Madagascar  et  des  Comores.  In  Bull.  Mus . 
Nat.  Hist.  Nat.,  2*  sér.,  XXIV  (1952),  485-488. 

—  Le  genre  «  Sericorema  »  à  Madagascar.  Ibid.,  pp.  574-578. 

—  Deux  «  Cyathula  »  nouveaux.  In  Not.  Syst.,  XIV  (1952),  263-265. 

—  Deux  «  Amaranthacées  nouvelles  »  de  Madagascar.  In  Bull.  Soc.  Bot.  Fr., 

99  (1952),  130. 

—  «  Psllotrichum  »  de  Madagascar.  Ibid.,  pp.  183-186. 

— -  «  Aerva  »  de  Madagascar.  Ibid.,  pp.  252-254. 

— -  Note  sur  les  «  Celosia  »  de  Madagascar.  Ibid.,  1953,  sous  presse. 
Suessenguth,  K.  —  Einige  neue  und  seltene  Amarantaceen,  etc... 
In  Fedde,  Repert.,  XLIX  (1940),  pp.  5-7. 


Laboratoire  de  Phanèrogamie  du  Muséum. 


—  637 


Un  Tabernanthe  (Apocynacée)  nouveau  de  l'Angola. 
Par  M.  Pichon. 


Tabernanthe  pubescens  sp.  nov. 

Frutex  erectus,  1-1,5  m.  altus,  inermis.  Ramuli  novelli  compressi,  graciles, 
dense  mox  laxius  pilis  simplicibus  albidis  pubescentes  ;  aelate  robustiores, 
demum  teretes,  glabrescentes ,  fusci,  cortice  appresso  longitudine  striolato, 
lenticellis  majusculis  pallidioribus  nec  prominulis  sparse  conspersi.  Folia 
decussatim  opposita,  aequalia  vel  ex  eodem  ramo  valde  anisophylla ,  decidua, 
sicca  viridia,  domatiis  carentia;  glandulis  nodalibus  multis,  magnis,  per - 
sistentibus,  supraaxillaribus  nullis ;  stipulis  intrapetiolaribus,  lineis  inter- 
petiolaribus  conjunctis,  ad  margines  parum  (+  0,15  mm.  allé)  prominulas 
reductis ;  petiolo  1,2-2, 5  mm.  longo,  dense  pubescenti  ;  lamina  membranacea, 
tenui,  parum  discolori,  haud  nitida,  o  bovato-o  blonga ,  cum  acumine 
1,7-7, 7  X  0,57-2,55  cm.,  basi  longe  cuneata,  ad  apicem  longiuscule  attenuata, 
in  acumen  longum  subacutum  producta  ;  nervis  utrinque  vix  ac  ne  vix  pro¬ 
minulis,  gracilibus ;  secundariis  modice  dissitis,  S-ii-jugis,  paulo  vel 
mediocriter,  infimis  nunc  magis  ascendentibus,  incurvis,  secus  laminae 
margines  arcuatim  anastomosantibus ;  tertiariis  laxe  subscalariformibus 
saepe  tamen  anastomosantibus  ;  collectariis  nullis  ;  venulis  densiuscule 
reticulatis,  parum  conspicuis  ;  pubescentia  superne  secus  nervum  medium 
laxa,  ceterum  sparsa,  inferne  secus  nervum  medium  densa,  secus  secun- 
darios  laxiore,  ceterum  laxissima  vel  sparsa.  Cymae  (re  vera  ut  videtur 
terminales,  spurie)  axillares,  laxe  dichasiales,  subcorymbif ormes,  4-8 -florae; 
pedunculo  commuai  15-27  mm.  longo,  gracili,  nunc  supra  basin  bifurcato, 
dense  pubescenti,  bracteas  complures  bine  inde  singulatim  ferente;  pedicellis 
3-6,5  mm.  vel  centra  i  11,3  mm.  longitudine  attingentibus,  gracilibus, 
dense  pubescentibus,  basi  bracteatis,  ebracteolalis  vel  fere  ad  basin  uni- 
bracteolatis ;  bracteis  bracteolisque  lineari-lanceolatis ,  1,0-1, 5  X  0,2-0, 5  mm., 
dorso  marginibusque  dense  hispidis.  Alabastra  capite  bulbiformi,  tubo 
bene  latiore  et  cum  eo  continuo.  Flores  pallide  rosei,  5-meri.  Sepala  subaequa- 
lia,  2,0-2, 5  X  1,05-1,25  mm.,  herbacea,  enervia,  quincuntialiter  imbricata, 
erecta,  ovata,  basi  breviter  ( 0,22  mm.  aile)  connata,  apice  parum  attenuata, 
obtusa,  extus  tota  dense  pubescentia,  intus  praeter  tertiam  infimam  partem 
glabram  densiuscule  appresso-puberula,  marginibus  ciliata  ;  squamulis 
glandulosis  5  cum  sepalis  singulatim  alternantibus ,  sepalorum  ex  imis 
sinubus  intus  ortis.  Corolla  membranacea,  tenuis  ;  tubo  subcylindrico,  non 
torto,  7, 0-7, 3  mm.  longo,  infra  medium  latiusculo  ("1,75-2,0  mm.  diametro), 
paulo  supra  medium  leviter  constricto  ( 0,9-1 ,1  mm.  diametro),  ad  fauces 
iterum  infundibulari-dilatato  (2, 2-2, 5  mm.  diametro),  in  parte  inflata,  id 
est  2,9  mm.  ("41  %  longitudinis )  ab  imo,  staminifero  ;  extus  ex  parte  constricta 
et  ex  infundibulo  terminali  laxe  sparseve  pubescenti,  ceterum  glabro ;  intus 
infra  stamina  glaberrimo,  post  stamina  densissime  villoso,  pilis  inter  stamina 

Bulletin  du  Muséum,  2°  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  638  — 


usque  ad  irais  candis  decurrentibus,  supra  slamina  sparse  papilloso  mooc 
plane  glabro  ;  faucibus  non  incrassatis,  intus  glabris  ;  corona  corporibusque 
callosis  nullis ;  lobis  3, 6-4,0  X  2,5-2,75  mm.  (tubo  51-57  %  breAoribusr 


Tabernanthe  Iboga  H.  Bn.  :  1,  rameau  fleuri  (  Germain  2.445)  X  2/3  ;  2,  corolle  ouverte, 
une  étamine  enlevée  [Chalot  43)  X  7  ;  3,  fruit  en  coupe  (Germain  2.445)  X  2/3. 
—  T.  pi  besccns  M.  Pichon  :  4,  rameau  fleuri  ( Gossweiler  13.672)  X  2/3  ;  5,  corolle 
ouverte,  une  étamine  enlevée  (id.)f  X  7. 

1,4-1,6-pfo  longioribus  quara  latioribus),  dyssymmetricis,  valde  obliquis , 
in  alabastro  sinistrorsum  obtegentibus  nec  vere  involutis ,  anthesi  patulis7 
apice  late  rotundatis ,  marginibus  crispulis ,  basi  utrinque  obscure  auriculatis, 
extus  ex  partibus  nudis  laxe  modiceve  pubescentibus,  ex  partibus  in  alabastro 


—  639 


obtectis  intusque  tolis  glabris,  secus  marginem  obtegentem  nec  obleclam 
dense  ciliolatis.  Stamina  erecta,  in  conum  conniventia ,  1,85  mm.  alte  inclusa  ; 
filamentis  nullis  ;  antheris  imo  dorso  0,45  mm.  alte  adnatis,  2,8  mm.  longis , 
anguste  sagittatis,  apice  acuminatis,  imis  caudatis,  utrinque  glaberrimis ; 
loculis  basi  divergentibus,  ceterum  contiguis,  introrsis  ;  caudis  1,15  mm. 
longis,  angnstis,  imis  0,5  mm.  longe  liberis ,  subrectis,  acutiusculis  ;  connec- 
tivo  nudo,  depresso,  retinaculo  nullo.  Pollinis  granula  libéra,  30-35  p. 
diametro,  subglobosa,  ut  videtur  breviter  3-rimosa  et  3-porosa,  inornata, 
protoplasmate  incluso.  Discus  integer,  0,5  mm.  altus,  ovario  totus  adnatus , 
manifeste  prominulus.  Ovarium  conicum,  cum  disco  1,5  mm.  altum,  longi- 
tudine  striolatum,  glabrum,  integrum,  biloculare ;  placentis  axilibus,  angustis, 
vix  prominulis,  ovulis  totis  obtectis;  ovulis  biseriatis,  seriebus  5-ovulatis ; 
Stylus  1,7  mm.  longus,  basi  non  articulatus,  cylindricus,  glaber,  laevis  ; 
clavuncula  0,45  mm.  alla,  ex  stropliio  5-lobo  dependenti  0,1 7  mm.  lato  et 
capite  5-lobo  0,28  mm.  alto  constans,  stylo  multo  latior,  glabra,  ab  antheris 
libéra;  stigma  0,27  mm.  longum. ,  digitiforme,  gracile,  glabrum.  Fructus 
seminaque  ignota. 

Angola.  —  Lunda  :  Dundo,  près  de  la  rivière  Luachimo,  ait. 
750  m.,  collines,  vestiges  de  «  laurifruticeta  »,  Gossweiler  13.672 
(30-9-1946  ;  fl.  ;  herb.  Repartiçao  de  Agricultura,  Colonia  de  Angola). 

Les  ouvrages  classiques,  flores  et  livres  de  systématique  générale, 
distinguent  le  genre  Tabernanthe  du  genre  Tabernaemontana,  ou 
des  genres  issus  du  démembrement  de  ce  dernier,  par  l’ovaire  indivis. 
Depuis  que  l’on  connaît  à  Madagascar  un  Tabernaemontana  à  ovaire 
indivis,  T.  Humblotii  (H.  Bn.)  M.  Pichon,  cette  différence  n’est  plus 
valable.  Il  y  en  a  d’autres  heureusement.  Nous  en  donnions  quatre 
en  1948  (in  Mèm.  Mus.  Nat.  Hist.  Nat.,  n.  sér.,  XXVII,  228)  : 
écailles  du  calice  alternisépales,  lobes  de  la  corolle  non  infléchis 
dans  la  préfloraison,  ovules  bisériés,  graines  à  cannelures  aiguës. 
Des  analyses  ultérieures  nous  ont  montré  que  deux  d’entre  elles 
sont  inconstantes  :  les  ovules  sont  fréquemment  4-sériés,  parfois 
même  6-sériés,  et  il  arrive  que  les  écailles  habituellement  isolées  se 
multiplient  et  finissent  par  envahir  toute  la  largeur  des  sépales 
internes. 

On  ne  dispose  donc  plus  que  de  deux  caractères  pour  distinguer 
le  genre  Tabernanthe  du  genre  Tabernaemontana  :  la  pré  floraison 
et  l’ornementation  de  la  graine.  C’est  peu;  mais  c’est  suffisant, 
puisque  ces  différences  sont  bien  fixes.  Les  deux  genres  les  plus 
voisins,  qui  ont  en  commun  cette  absence  d’inflexion  des  lobes  dans 
le  bouton,  ne  s’en  distinguent  pas  davantage  :  Daturicarpa  se  définit 
par  les  lobes  non  infléchis  et  le  fruit  échiné,  et  Carvalhoa  par  les 
lobes  non  infléchis  et  les  anthères  à  dos  poilu. 

On  admettait  jusqu’ici,  avec  Stapf  (in  Dyer,  Fl.  Trop.  Afr.,  IV,  î, 
1902,  122-125),  5  espèces  dans  le  genre  Tabernanthe.  Une  révision 
serait  la  bienvenue,  car  il  est  douteux  que  ces  espèces  existent  réelle- 


-  640  — 


ment.  La  fragilité  des  différences  invoquées  et  la  variabilité  qui  se 
constate  en  herbier  laissent  à  penser,  après  un  examen  rapide,  que 
le  genre  est  bien  plutôt  monotypique,  ou  du  moins  qu’il  l’était  jus¬ 
qu’à  ce  jour. 

L’espèce  décrite  ici  se  reconnaît  immédiatement  à  l’indument 
qui  couvre  les  organes  végétatifs  et  les  inflorescences.  Une  telle 
pubescence  est  remarquable  pour  sa  rareté  dans  la  tribu  des  Taber- 
némontanées.  A  notre  connaissance,  on  n’en  rencontre  de  semblable 
que  chez  quelques  T abernaemontana  d’Amérique  et,  dans  l’ancien 
monde,  chez  les  espèces  ou  variétés  suivantes  :  en  Afrique,  Carvalhoa 
campanulata  K.  Sch.,  Voacanga  africana  Stapf  var.  africana  et 
var.  lutescens  (Stapf)  M.  Pichon  et  V.  Schweinfurlhii  Stapf  var. 
puberula  (K.  Sch.)  M.  Pichon  ;  à  Madagascar,  chez  Hazunta  gracili- 
flora  M.  Pichon,  H.  velutina  M.  Pichon  et  une  espèce  voisine  encore 
inédite  ;  en  Australie  enfin,  chez  Ervatamia  pubescens  (R.  Br.)  Mgf. 

Les  différences  observées  entre  les  deux  espèces  de  Tabernanthe 
sont  les  suivantes  : 

T.  Iboga  H.  Bn.  —  Rameaux,  feuilles,  pédoncules  et  pédicelles 
glabres  ;  sépales  glabres  sur  les  deux  faces  ;  tube  de  la  corolle  glabre 
én  dehors,  peu  dilaté  à  la  gorge  ;  indûment  infrastaminal  représenté 
par  une  touffe  de  poils  à  l’insertion  de  chaque  anthère,  à  la  base 
de  chaque  connectif  ;  indûment  faucal  prolongeant  l’indument  post- 
staminal  jusqu’aux  sinus  des  lobes,  au  moins  sur  5  bandes  alterni- 
pétales.  —  Fig.  1-3. 

T.  pubescens  M.  Pichon.  —  Rameaux  jeunes,  feuilles,  pédoncules 
et  pédicelles  pubescents  ;  sépales  pubescents  sur  les  deux  faces  ; 
tube  de  la  corolle  pubescent  en  dehors  au-dessus  du  renflement, 
largement  évasé  à  la  gorge  ;  indûment  infrastaminal  complètement 
nul  ;  indûment  faucal  nul.  —  Fig.  4-5. 

D’autres  Apocynacées,  récoltées  par  Gossweiler  à  Dundo,  nous 
ont  été  communiquées  par  M.  A.  Cavaco.  Parmi  elles,  Pterotaberna 
inconspicua  (Stapf)  Stapf,  dont  nous  avons  donné  récemment  la 
répartition  (in  Bull.  Soc.  Bot.  Fr.,  C,  1953,  172-173)  1,  est  nouveau 
pour  l’Angola  :  Dundo  (Lunda),  ait.  700  m.,  bord  de  la  route,  à 
l’ombre,  dans  la  forêt  ombrophile,  Gossweiler  14.041  (4-6-1948  ; 
fr.  ;  herb.  Repartiçao  de  Agriculture,  Colonia  de  Angola). 

Laboratoire  de  Phanérogamie  du  Muséum. 

1.  Aux  échantillons  cités,  il  faut  ajouter  :  Zenker  4.937,  Bipindi  (Cameroun),  forêt 
vierge  (1913  ;  boutons  âgés  ;  herb.  Mus.  Paris),  distribué  par  Berlin  comme  «  Taber¬ 
nanthe  sp.  ?  » 


—  641  — 


Sur  uultrastructure  du  tissu  osseux 
d'un  Poisson  Téléostéen  fossile 

DlPLOMYSTUS  BREV1SSIMUS  [F AM.  CLUPEIDAE). 
Par  Charles-Albert  Baud  et  Peter  W.  Morgenthaler. 


Il  existe  un  bon  nombre  de  travaux  dans  la  littérature  sur  l’étude 
histologique  de  débris  osseux  appartenant  aux  Poissons  fossiles. 
Ils  portent  surtout  sur  les  dents,  les  écailles  et  aussi  les  cuirasses 
des  Ostracodermes  et  des  Placodermes. 

Nous  trouvons  des  observations  de  coupes  au  microscope  polari¬ 
sant  dans  les  travaux  de  divers  auteurs,  notamment  dans  ceux  de  : 
Bleicher  (1893)  :  Il  a  observé  dés  os,  des  dents  et  des  écailles 
de  Poissons  sélaciens  et  ganoïdes  du  Muschelkalk  de  Lorraine  et  du 
Tertiaire,  et  il  constate  que  les  os  de  ces  poissons  conservent  leur 
structure  avec  la  plus  grande  netteté,  y  compris  les  cavités  des  ostéo- 
plastes.  En  lumière  polarisée,  la  biréfringence  est  maintenue. 

Les  observations  de  Gebhardt  (1907),  au  microscope  ordinaire 
et  en  lumière  polarisée,  portent  sur  les  cuirasses  des  Placodermes. 
Cet  auteur  constate  également  la  conservation  de  la  biréfringence, 
analogue  à  celle  de  l’os  récent,  mais  différant  qualitativement  de 
celle-ci.  Elle  est  négative  dans  le  cas  des  Placodermes,  ce  qui  cor¬ 
respond  à  l’os  dépourvu  de  sa  matière  organique. 

Gross  (1930)  a  étudié  les  cuirasses,  les  écailles,  les  dents  et  les 
os  des  Ostracodermes,  des  Placodermes  et  des  Crossoptérygiens. 
Lui  aussi  constate,  en  lumière  polarisée,  une  biréfringence  conservée. 
Il  obtient  ce  même  résultat  sur  le  squelette  cutané  de  quelques 
Poissons  cuirassés,  agnathes  et  ganoïdes  (Gross,  1935-36). 

N’ayant  pas  trouvé,  dans  la  littérature,  d’observations  sur  le 
squelette  interne  des  Téléostéens  fossiles,  nous  en  avons  entrepris 
l’étude. 

Matériel  et  méthodes. 

Le  présent  travail  porte  sur  les  vertèbres  de  Diplomystus  brevissi- 
mus,  Poisson  téléostéen  malacoptérygien  physostome,  appartenant 
à  la  famille  des  Clupeidae  et  provenant  du  gisement  cénomanien 
Te  Ilakel  (Crétacé  supérieur).  Les  échantillons  nécessaires  à  nos 
observations  (fig.  1)  ont  été  gracieusement  mis  à  notre  disposition 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


40 


—  642 


par  M.  le  professeur  C.  Arambourg  que  nous  tenons  à  remercier 
ici  vivement. 

Nous  avons  procédé  au  polissage  de  surface  d’un  fragment  de 
roche,  sur  un  feuillet  de  laquelle  se  trouvait  le  poisson.  Ce  début 
de  coupe  fut  collé  sur  lame  avec  du  baume  du  Canada,  ensuite  le 
côté  libre  fut  usé  de  la  manière  classique  employée  en  Minéralogie, 
de  façon  à  obtenir  une  préparation  transparente  et  suffisamment 
mince. 

Pour  les  observations  en  lumière  polarisée,  nous  avons  détecté 
la  biréfringence  et  mesuré  le  retard  suivant  les  méthodes  antérieure¬ 
ment  publiées  (Baud,  1948). 

D’autres  fragments  furent  pulvérisés  pour  l’examen  par  diffrac¬ 
tion  des  rayons  X.  Nous  avons  employé  le  Diffractographe  Philips, 
type  11.704,  avec  tube  à  anticathode  de  Cu,  sous  tension  de  30  kV 
avec  une  intensité  de  18  mA,  filtre  de  Ni  laissant  passer  le  rayonne¬ 
ment  Kd,  et  une  chambre  Debije-Scherrer  de  57,54  mm.  de  diamètre. 
Les  échantillons  ont  été  broyés  au  mortier  d’agate,  non  tamisés, 
et  agglomérés  au  sommet  d’un  fil  de  verre. 

Nous  tenons  à  remercier  ici  les  Laboratoires  du  Cerchar  à 
Verneuil  qui  ont  réalisé,  pour  nous,  les  coupes  minces  et  le  dia¬ 
gramme  X. 


Résultats  et  discussion. 

Nos  observations  ont  porté  sur  le  corps  vertébral  et  les  apophyses 
épineuses  de  Diplomystus  brevissimus. 

1)  L’aspect  histologique  en  lumière  ordinaire  est  identique  à 
celui  du  tissu  osseux  des  Poissons  actuels  de  la  même  famille,  tel  que 
l’indiquent  les  travaux  de  Koelliker  (1859  et  1889),  de  Stephan 
(1898  et  1900),  et  les  observations  comparatives  que  nous  avons 
faites  sur  des  spécimens  frais  d’un  représentant  de  la  même  famille 
(Clupea  harengus).  C’est  un  tissu  osseux  qui  ne  présente  pas  de 
véritables  lamelles,  mais  cependant  une  disposition  nette  en  couches 
concentriques  ;  cet  aspect  se  présente  à  la  fois  dans  le  corps  verté¬ 
bral  (fig.  2),  et  dans  les  apophyses  épineuses  où  la  substance  osseuse 
est  orientée  parallèlement  au  grand  axe.  Cette  substance  osseuse 
présente,  dans  la  portion  externe  du  corps  vertébral,  des  orifices 
allongés  en  forme  de  boutonnières,  destinés  au  passage  de  faisceaux 
fibreux  à  direction  perpendiculaire.  Il  y  a  d’autre  part  des  ostéo- 
plastes  comme  c’est  la  règle  chez  certains  Malacoptérygiens,  et  par¬ 
ticulièrement  chez  les  Clupéidés. 

2)  Observations  au  microscope  polarisant. 

a)  Biréfringence  :  Entre  niçois  croisés,  le  tissu  osseux  des  ver¬ 
tèbres  s’illumine  (fig.  2).  La  biréfringence  est  alors  négative,  pour 


—  643  — 


les  apophyses  épineuses  par  rapport  à  leur  allongement,  et  pour  les 
doubles  cônes  par  rapport  à  la  tangente  à  la  surface.  Sçhmidt  (1924) 
a  d’ailleurs  rencontré  cette  topographie  de  biréfringence  dans  des 
Poissons  récents. 

La  biréfringence  négative  correspond,  d’après  Valentin  (1861), 
Schaffer  (1889)  et  Gebhardt  (1907)  à  l’os  privé  de  sa  matière 
organique. 

b)  Dichroïsme  :  Les  sections  de  fragments  osseux  ont  une  colo¬ 
ration  jaune-ocre  (due  probablement  à  de  l’oxyde  de  fer)  et  pré¬ 
sentent  un  léger  dichroïsme  négatif  ;  le  maximum  d’absorption  se 
produit  lorsque  la  lumière  vibre  perpendiculairement  à  l’allongement. 
Un  tel  dichroïsme  a  été  découvert  par  R.  J.  Colony  dans  les  Pois¬ 
sons  fossiles  du  Calcaire  crétacé  de  la  région  de  la  mer  morte  (Pales¬ 
tine),  mais  non  publié,  et  signalé  par  Rogers  (1924)  à  propos  d’ob¬ 
servations  sur  les  Reptiles  du  Permien. 

La  constatation  de  ce  dichroïsme  négatif  identique  à  celui  que 
l’on  rencontre  dans  certains  cristaux  d’apatites  naturelles  prouve 
que  l’on  a  affaire  à  une  anisotropie  optique  intrinsèque  des  cristaux 
submicroscopiques  de  l’os. 

L’ultrastructure  de  l’os  est  donc  conservée  même  dans  des  sque¬ 
lettes  provenant  de  l’ère  secondaire.  Ce  fait  etend  nos  observations 
précédentes  (Baud  et  Morgenthaler,  1952)  sur  l’os  humain  fossile, 
et  celles  de  Bleicher  (1893),  Gebhardt  (1907)  et  Gross  (1930, 
1935-36)  sur  les  Poissons  fossiles. 

3)  Diffraction  des  rayons  X. 

a)  Aspect  des  raies  :  Le  diagramme  X  (fig.  3)  nous  montre  des 
raies  plus  fines  que  dans  un  os  récent,  ce  qui  peut  s’expliquer  d’une 
part  par  une  disparition  de  la  matière  organique  (qui  produit  un 
flou  dans  le  diagramme)  et  d’autre  part  par  une  augmentation  éven¬ 
tuelle  de  la  taille  des  cristaux. 

b)  Mensurations  :  C’est  un  diagramme  typique  de  fluorapatite 
avec  les  raies  caractéristiques,  telles  qu’elles  ont  été  déterminées 
par  Naray  Szabo  (1930)  pour  des  échantillons  de  fluorapatite 
naturelle.  On  ne  trouve  pas  de  raies  correspondant  à  une  autre 
substance. 

L’apparition  d’un  diagramme  de  fluorapatite  était  concevable, 
étant  donné  ce  que  l’on  sait  de  l’enrichissement  progressif  en  fluor 
au  cours  de  la  fossilisation  (Oakley,  1949),  par  une  réaction  dans 
l’état  solide.  Déjà  Stuehi.er  (1938)  avait  observé  un  diagramme 
de  fluorapatite,  mais  seulement  pour  des  os  bien  plus  anciens,  c’est- 
à-dire,  pour  des  fragments  d’ Asterolepis  du  Dévonien  moyen. 


—  644  — 


Conclusions 

L’étude,  par  les  techniques  ultrastructurales,  du  squelette  interne 
de  Poissons  fossiles  du  Crétacé  nous  montre  que  l’aspect  microsco¬ 
pique  et  la  texture  submicroscopique  de  l’os  sont  conservés,  que  la 
matière  organique  a  disparu  et  que  la  substance  minérale  osseuse 
s’est  transformée  en  fluorapatite,  mais  qu’il  n’y  a  pas  eu  de  surminé¬ 
ralisation  par  des  éléments  provenant  du  sol  (calcite),  au  moins 
en  quantités  détectables  par  la  diffraction  des  rayons  X. 

Laboratoire  de  Morphologie  ultrastructurale 
de  l'Institut  d’ Anatomie,  et  Institut  d' An¬ 
thropologie  ( Université  de  Genève)  et 
Laboratoire  de  Paléontologie  du  Muséum. 


BIBLIOGRAPHIE 

1.  Baud  Charles-Albert,  Bull.  mens.  Soc.  Linnéenne,  Lyon,  17,  10,  1948, 

pp.  200-202. 

2.  —  et  Morgenthaler,  Peter  W.,  Arch.  suisses  d’Anthr.  gén.,  Genève, 

17,  1,  1952,  pp.  52-65. 

3.  Bleicher,  Bibliographie  anatomique,  1,  1893,  pp.  93-96  et  123-128. 

4.  Gebhardt  W.,  Ver  h.  Anat.  Ges.  Würzburg,  Jena,2\,  1907,  pp.  72-90. 

5.  Gross,  Walter,  Geol.  u.  Palàont.  Abh.,  Jena,  N.  F.  18,  2,  1930, 

pp.  1-36. 

6.  —  Palaeontographica,  83,  Abt.  A,  1935-36,  pp.  1-60. 

7.  Koelliker  A.,  Proc.  Roy.  Soc.,  London,  9,  1857-59,  pp.  656-668. 

8.  —  Handbuch  der  Getvebelehre,  Leipzig,  1889,  pp.  108  et  280. 

9.  Naray  Szabo  S.,  Z.  Krist.,  75,  1930,  p.  390. 

10.  Oakley  Kenneth  P.,  Yearbook  of  Phys.  Anthr.,  5,  1949,  pp.  44-52. 

11.  Rogers  Austin  F.,  Bull.  Geol.  Soc.  of  America,  New-York,  35,  1924, 

pp.  535-556. 

12.  Sçhaffer  Josef,  Sitzgsber.  Akad.  Wiss.,  Math.-naturwiss.  Kl.,  Vienne, 

III,  98,  1889,  pp.  319-382. 

13.  Schmidt  W.  J.,  Die  Bausteine  des  Tierkôrpers  in  polarisiertem 

Lichte,  Bonn,  1924. 

14.  Stephan  P.,  Arch.  Anat.  micr.,  2,  1898,  pp.  355-372. 

15.  —  Bull.  sci.  France  Belgique,  33,  1900,  pp.  281-429. 

16.  Stuehler  R,,  Fortschr.  Bontgenstr.,  57,  1938,  pp.  231-264. 

17.  Valentin,  Die  Untersuchungen  der  Pflanzen-und  Tiergewebe  im 

polarisierten  Licht,  Leipzig,  1861. 


PLANCHE  I 

Fig.  1.  —  Diplomystus  brevissimus  du  Cénomanien  de  Hakel.  Grandeur  naturelle. 
Fig.  2.  —  Coupe  sagittale  d’un  corps  vertébral  de  Diplomystus  brevissimus.  Micros¬ 
cope  polarisant,  niçois  croisés.  Grossissement  130  x. 

Fig.  3.  —  Piagramme  de  diffraction  des  rayons  X  par  un  fragment  pulvérisé  de 
Diplomystus  brevissimus  (Reproduction  en  vraie  grandeur  du  diagramme  obtenu 
dans  la  chambre  !  'ebije-Scherrcr  de  57,54  mm.  de  diamètre). 


Bulletin  du  Muséum 


Planche  I 


x  130 


BAUD  et  MORGENTHALER  —  Diplomystus  brevissimus 


SCALATURRIS  RIEDELI  N.  G.  ET  N.  SP.,  GaSTÉROPODE 

du  Crétacé  supérieur  du  Cameroun. 

Par  P.  Brebion. 


En  étudiant  des  fossiles  du  Cameroun,  confiés  au  Centre  d’Études 
et  Documentation  paléontologiques  par  M.'  Hourcq  x,  j’ai  eu  l’occa¬ 
sion  d’observer  une  coquille  déjà  signalée  par  Riedel  et  comparée 
par  lui  à  Turris (?)  kaffraria  Griesbach.  Après  avoir  dégagé  ce  fossile 
et  après  examen  attentif  je  me  vois  obligé  de  proposer  pour  lui  une 
espèce  nouvelle,  type  d’un  genre  nouveau. 


Genre  :  Scalaturris  nov.  g.  ' 

(Étymologie  :  Scala  :  escalier  et  Turris). 

Génotype  :  S.  riedeli  n.  sp. 

Diagnose  :  Taille  moyenne.  Forme  fusoïde.  Tours  excavés  à  la  partie 
postérieure,  donnant  à  la  spire  un  profil  en  marches  d’escalier.  Tours 
ornés  de  grosses  côtes  arquées,  interrompues  à  la  partie  postérieure,  au 
niveau  de  la  rampe,  et  réapparaissant  près  de  la  suture  sous  forme  d’un 
bourrelet  noduleux.  Pas  d’ornementation  spirale.  Ouverture  piriforme, 
se  continuant  progressivement  en  un  long  canal,  l’ensemble  atteignant 
une  longueur  supérieure  à  celle  de  la  spire.  Stries  d’accroissement  suivant 
approximativement  le  dessin  des  côtes.  Sinus  très  large,  peu  profond, 
situé  presqu’au  milieu  du  tour. 

Comparaison  :  Ce  genre  est  à  rapprocher  dé  Fusimilis  Stephenson  2 
(Crétacé  d’Amérique  du  Nord  et  de  la  côte  occidentale  d’Afrique)  3, 
en  raison  de  l’aspect  de  l’ornementation  et  de  la  forme  du  sinus, 
mais  il  en  diffère  par  l’excavation  des  tours  et  la  forme  de  la  base, 
qui  n’est  pas  rétrécie  brusquement  au  niveau  du  canal  et  qui,  de 
plus,  est  à  peine  striée. 

Position  systématique  :  Stephenson  classe  Fusimilis  dans  la 
famille  des  T urridae,  mais  avec  réserve  à  cause  du  sinus  qui  est  nette¬ 
ment  aberrant.  Je  classe  de  même  Scalaturris.  Divers  genres  de  la 

1.  J’adresse  tous  mes  remerciements  à  M.  V.  Hourcq  à  la  fois  pour  la  communi¬ 
cation  de  ce  matériel  et  pour  l’autorisation  de  publier. 

2.  Stephenson  —  1941.  The  larger  invertebrate  fossils  of  the  Navarro  group  of 
Texas.  The  University  of  Texas  Publication,  n°  4101,  p.  378,  pl.  LXXII,  fig.  21-23. 

3.  Cox  —  1952.  Cretaceous  and  Eocene  fossils  from  the  Gold  Coast.  Gold  Coast 
Geological  Survey,  n°  17,  p.  28,  pl.  III,  fig.  12. 

Bulletin  du  Muséum ,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  646  — 


sous-famille  des  Turrinae,  à  laquelle  doit  appartenir  mon  genre 
nouveau,  présentent  une  ornementation  voisine  (Drillia,  Crassispira, 
Eopleurotoma) ,  mais  leur  taille  est  plus  petite,  le  canal  est  court,  le 
sinus  plus  profond,  moins  large  et  plus  proche  de  la  suture. 

Je  ne  connais  actuellement  qu’une  seule  espèce  du  genre  Scala- 
turris  :  S.  riedeli  nob,  du  Sénonien  du  Cameroun. 

Scalaturris  riedeli  nov.  sp. 

(Etymologie  :  dédié  à  l’auteur  Riedel). 

Turris  (?)  ex.  afï.  kaffraria  Riedel  L.  — •  1932.  Die  Oberkreide  vom 
Mungofluss  in  Kamerun  und  ihre  Fauna.  Beitr.  geol.  Erforsch.  der 
deulschen  Schutzgebiete.  Heft  16,  p.  120,  pl.  XXII,  fig.  8. 

Dimensions  :  49  mm  X  21  mm.  Longueur  réelle  environ  5,5  cm. 
L’individu  figuré  par  Riedel  est  un  peu  plus  grand. 


Deux  vues  grandeur  naturelle  de  l’holotype. 


Je  ne  redonne  pas  la  description  déjà  faite  en  détail  par  Riedel, 
La  coquille  figurée  par  cet  auteur  est  mutilée  ;  l’individu  représenté 
ici  est  mieux  conservé,  seule  l’extrémité  du  canal  fait  défaut. 

Riedel  compare  cette  espèce  à  Turris  (?)  kaffraria  Griesbach 
(Woods  —  1906.  The  Cretaceous  fauna  of  Pondoland.  Ann.  S.  Afr. 
Mus.,  vol.  IV,  p.  325,  pl.  XL,  fig.  8  a-b,  9).  Par  rapport  à  cette 
dernière  espèce  il  y  a  beaucoup  de  différences  :  ses  tours  sont  régu¬ 
lièrement  convexes,  les  côtes  sont  beaucoup  plus  nombreuses  et 
plus  fines,  croisées  par  des  filets  spiraux  fins  et  serrés.  La  columelle 
porte  trois  plis  que  je  n’ai  pas  observés  chez  S.  riedeli,  dont  cependant 
l’ouverture  a  été  dégagée.  Le  péristome  de  l’espèce  de  Griesbach 
est  inconnu.  Un  nom  nouveau  semble  donc  nécessaire  pour  cette 
coquille.  Je  la  dédie  à  Riedel,  qui,  le  premier,  l’a  fait  connaître. 

Répartition  :  Cette  espèce  se  rencontre  dans  le  Sénonien  du  Came¬ 
roun  :  fleuve  Mungo  (Riedel),  Logbadjeck  (un  exemplaire  commu¬ 
niqué  par  M.  V.  Hourcq  et  pris  comme  holotype  de  l’espèce). 

Laboratoire  de  Paléontologie  du  Muséum. 


—  647  — 


Haplopomella,  un  genre  nouveau  de  Bryozoaires  fossiles 
(Bryozoa  Cheilostomata,  Hippoïhoidae). 

Par  E.  Buge. 


Au  cours  de  ma  révision  des  Bryozoaires  Néogènes  de  l’Ouest 
de  la  France,  j’ai  été  amené  à  examiner  les  spécimens  déterminés 
par  F.  Canu  et  G.  Lecointre  (1928,  2,  p.  54)  sous  les  noms  de 
Ilaplopoma  impressa  Savigny-Audouin  1826  et  de  Haplopoma 
impressa  var.  pyriformis  Busk  1859.  Aucun  d’entre  eux  n’appartient 
à  l’espèce  de  Busk.  Par  contre  j’ai  eu  la  chance  de  la  découvrir  dans 
du  matériel  communiqué  par  P.  Balavoine  et  provenant  d’un  gise¬ 
ment  de  Savigné  sur  Lathan  (Indre-et-Loire)  :  Les  Bernaux.  Son 
étude,  effectuée  avec  comparaison  avec  des  échantillons  de  Lepralia 
pyriformis  Busk  1859  (du  Crag  anglais)  m’a  amené  à  la  conclusion 
que  cette  espèce  ne  peut  entrer  dans  aucun  des  genres  actuellement 
connus  d’Hippothoidés,  famille  à  laquelle  elle  appartient  indiscu¬ 
tablement. 

En  1952,  R.  Lagaaij  (4,  p.  62),  à  propos  de  la  description  de 
Haplopoma  graniferum  Johnston  1847  (Lepralia),  signale  que  la 
Lepralia  pyriformis  Busk  1859,  considérée  par  Hincks  (1880,  3, 
p.  214)  comme  variété  de  Flustra  impressa  Savigny-Audouin  1826, 
s’en  distinguait  par  l’absence  d’ascopore  et  que  ce  caractère  pou¬ 
vait  être  d’importance  générique. 

Il  me  semble  donc  indispensable  de  créer  pour  cette  espèce  un 
nom  générique  nouveau  et  je  propose  celui  de  Haplopomella  nov. 
gen. 

Famille  Hippothoidae  (Busk  1859)  Levinsen  1909  (=  Diazeuxidae 

JULLIEN  1888). 

Les  zoécies  se  calcifient  d’arrière  en  avant  par  zones  successives 
laissant  à  leur  surface  des  lignes  plus  ou  moins  saillantes  qui  sont 
des  lignes  d’accroissement.  Elles  sont  garnies  de  diételles  en  nombre 
variable  (d’ap.  Canu  et  Bassler  1920). 

Cette  famille  n’est  certainement  pas  une  famille  naturelle  comme 
l’ont  fait  justement  remarquer  Canu  et  Bassler.  Mais,  dans  l’état 
actuel  de  nos  connaissances  sur  les  différents  genres  qui  la  com¬ 
posent,  aucune  solution  meilleure  ne  peut  être  trouvée.  Aussi  la 
majorité  des  auteurs  modernes  l’admettent-ils  dans  les  limites  que 
lui  a  assigné  Levinsen. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  648  — 


Neuf  genres  peuvent  y  être  classés  :  Chorizopora  Hincks  1880, 
Dacryoporella  Lang  1934,  Diplotresis  Canu  et  Bassler  1933,  Haplo- 
poma  Levinsen  1909,  Haplopomella  nov.  gen.,  Haplota  Marcus  1950, 
Harmeria  Norman  1903,  Hippothoa  Lamouroux  1821  et  Trypostèga 
Levinsen  1909. 

Genre  Haplopomella  nov.  gen. 

Les  zoécies  se  calcifient  par  zones  successives  (famille  Hippo- 
thoidae).  La  frontale  des  zoécies  présente  des  amincissements  simu¬ 
lant  des  pores  (caractère  très  répandu  dans  la  famille).  L’ouverture 
des  zoécies  est  semi-circulaire.  Il  n’y  a  pas  de  rimule  ni  de  zoéciules. 
La  frontale  n’est  pas  perforée  par  un  ascopore.  L’ovicelle,  caréné, 
ne  porte  pas  d’aviculaire. 

Génotype  :  Lepralia  pyriformis  Buslc  1859. 

Répartition  :  Helvétien  à  Plaisancien  d’Europe. 

Ce  genre  est  très  voisin  de  Haplopoma  Levinsen  1909.  Il  s’en  dis¬ 
tingue  essentiellement  par  l’absence  de  l’ascopore.  Il  diffère  de  Hippo¬ 
thoa  Lamouroux  1821  par  sa  frontale  poreuse  et  son  apertura  sans 
rimule,  de  Chorizopora  Hincks  1880  par  son  ovicelle  ne  portant  pas 
d’aviculaire,  de  Trypostèga  Levinsen  1909  par  l’absence  de  zoéciules 
et  la  forme  de  l’apertura.  La  seule  espèce  connue  du  genre  est  le 
génotype  : 

*- 

Haplopomella  pyriformis  (Busk  1859). 

1844  —  Lepralia  pyriformis  Wood,  Descript.  Catal.  Zoophytes  Crag, 
Ann.  Mag.  nat.  H ist.,  13,  p.  19. 

1859  —  Lepralia  pyriformis  Busk,  Monogr.  fossil  Polyzoa  Crag, 
Palaeont.  Soc.  Publ.  London,  p.  51,  pl.  5,  fig.  3. 
non  1928  —  Haplopoma  impressa  var.  pyriformis  Canu  et  Lecointre, 
Bryozoaires  Cheilostomes  Faluns  Touraine  Anjou,  Mém. 
Soc.  géol.  Fr.,  n.  s.,  n°  4,  p.  54. 

Diagnose  (de  Busk  1859)  :  Zoécies  ovales-allongées  ou  pyriformes.  Sur¬ 
face  imperceptiblement  ponctuée  ou  pointillée,  avec  une  fine  striation 
longitudinale.  Il  y  a  un  umbo  central.  Orifice  semi-circulaire,  droit  en 
bas  [dans  sa  région  distale],  Ovicelle  caréné  et  imperceptiblement  ponctué. 


Dimensions 

Zoécies  non  ovicellées 

Zoécies  ovicellées 

Relevées  sur  la  figure  de 
Busk  1859 . 

Lz 

0,45-0,55 

lz 

0,28-0,40 

ho 

0,04-0,05 

lo 

0,09 

ho  ; 
0,06 

lo 

0,10 

Spécimen  de  l’ Helvétien 
de  Savigné  sur  Lathan 
(Indre-et-Loire) . 

0,38-0,50 

0,25-0,30 

0,05 

0,07- 

0,09 

0,05 

0,09 

—  649  — 


Remarques  :  Il  n’y  a  pas  grand’chose  à  ajouter  à  la  diagnose  de 
Busk.  La  «  denticulate  appearance  »  signalée  par  Busk  sur  le  spéci¬ 
men  du  Crag  se  retrouve  aussi  sur  celui  de  Savigné  sur  Lathan 
La  citation  de  Canu  et  Lecointre  est  assez  difficile  à  interpréter  : 
il  est  possible  qu’ils  aient  découvert  cette  espèce  au  Haguineau,  mais 
ils  écrivent  que  l’ascopore  est  fréquemment  bouché,  tant  dans  le 
type  ( Haplopoma  impressa  Savigny-Audouin  1826)  que  dans  la 
variété.  Il  est  donc  probable  que  ce  qu’ils  considéraient  comme 
l’espèce  de  Busk  n’était  en  réalité  qu’un  spécimen  un  peu  aberrant 
de  Haplopoma  impressa  (Savigny-Audouin  1826),  la  confusion  étant 
d’autant  plus  facile  que  les  mensurations  des  deux  espèces  sont  très 
voisines.  De  toute  façon,  il  n’existe  dans  la  collection  Canu  aucun 
spécimen  de  Haplopomella  pyriformis  en  provenance  des  Faluns. 

Les  mesures  micrométriques  que  j’ai  pu  relever  sur  le  zoarium 
de  Savigné-sur-Lathan  paraissent  un  peu  inférieures  à  celles  que 
fournit  la  figure  de  Busk.  La  différence  n’est  pas  spécifique  et  ne 
constitue  pas  un  obstacle  à  leur  assimilation,  d’autant  plus  que 
celles  que  l’on  peut  relever  .sur  les  spécimens  du  Crag  anglais  (Coll. 
Canu)  fournissent  des  chiffres  identiques  à  ceux  du  spécimen  hel- 
vétien.  Il  s’agit  donc  de  variations  individuelles. 

Localités  :  Helvétien  de  Savigné  sur  Lathan  (gisement  des  Bernaux) , 
coll.  Balavoine. 

Pliocène  d’Angleterre  (Coralline  Crag),  sans  localité  précise 
indiquée  par  Busk. 

Zaneléen  de  Calabre  (d’après  Seguenza  1879)  (cité  sans  figu¬ 
ration). 

Laboratoire  de  Paléontologie  du  Muséum. 
BIBLIOGRAPHIE 

1.  Bassler  (R.  S.).  —  1934.  Fossilium  Catalogue.  Animalia.  Bryozoà.. 

2.  Canu  (F.)  et  G.  Lecointre.  —  1925-1930.  Les  Bryozoaires  Cheilostomes 

des  Faluns  de  Touraine  et  d’Anjou.  Mém.  Soc.  géol.  Fr.,  n.  s.,  n°  4. 

3.  Hincks  (T.).  —  1880.  A  history  of  the  british  marine  Polyzoa.  London. 

4.  Lagaaij  (R.).  —  1952.  The  Pliocène  Bryozoa  of  the  Low  Countries 

and  their  bearing  on  the  marine  stratigraphy  of  the  North  Sea 
région.  Med.  Geol.  Sticht.,  C,  V,  n°  5. 

1.  Cet  exemplaire  sera  figuré  ultérieurement 


—  650  — 


Galles  de  M yzostomides  chez  des  Clypéastres 
de  Turquie. 

Par  Jean  Roman. 


Sommaire  :  L’auteur  décrit  deux  cas  de  parasitisme  qu’il  attribue 
a  des  Myzostomes,  observés  sur  des  Clypéastres  miocènes  de  Tur¬ 
quie. 

Dans  une  précédente  note  1,  j’ai  décrit  des  galles  existant  à  l’in¬ 
térieur  d’un  Clypeaster  melitensis  Michelin  du  Maroc,  et  j’ai  attri¬ 
bué  leur  formation  à  des  Myzostomes.  Dernièrement,  parmi  un 
lot  de  Clypéastres  de  l’Helvétien  de  Turquie,  appartenant  à 
Mme  L.  Erentoz,  j’ai  eu  l’occasion  d’observer  sur  deux  échan¬ 
tillons  2,  des  anomalies  qui  m’ont  paru  se  rapporter  à  de  tels  para¬ 
sites. 

1°  Clypeaster  altus  (Klein)  3. 

La  première  anomalie  consiste  en  une  sorte  de  canal  venant  débou¬ 
cher  à  la  face  inférieure,  à  ras  du  test,  en  position  presque  infra- 
marginale,  dans  l’ interradius  2,  à  environ  10  mm  du  sillon  péristomal 
impair.  De  section  en  forme  de  8,  de  6  mm  sur  4  mm,  sa  paroi 
de  0,5  à  1  mm  d’épaisseur,  bien  individualisée  par  sa  couleur  diffé¬ 
rente,  tranche  sur  le  remplissage  du  canal  et  également  sur  le  test 
de  l’Echinide  (fig.  1  B-C). 

La  radiographie  de  cet  exemplaire  a  confirmé  l’hypothèse  qu’il 
s’agissait  du  canal  mettant  en  relation,  avec  l’extérieur,  une  galle 
interne.  En  effet  il  est  apparu  sur  le  négatif,  presque  dans  l’axe 
de  symétrie  bilatérale,  cependant  un  peu  sur  la  gauche,  une  discon¬ 
tinuité  affectant  une  forme  amygdaloïde,  de  15  mm  de  longueur 
sur  9  mm  de  largeur  (fig.  1  A).  Il  ne  fait  aucun  doute  que  le  canal, 
dont  le  point  d  abouchement  à  la  surface  du  test  est  marqué  aussi, 
communique  avec  cette  galle,  bien  que  la  connection  ne  soit  pas 
visible  sur  le  cliché. 

Remarquons  qu’à  l’inverse  des  galles  précédemment  décrites,  le 
canal  débouche  à  la  face  inférieure,  au  voisinage  du  bord. 

1.  Roman,  J.  (1952).  Quelques  anomalies  chez  Clypeaster  melitensis  Michelin. 
Bull.  Soc.  Géol.  France  (6),  t.  2,  p.  3. 

2.  Leur  description  sera  publiée  ultérieurement,  en  collaboration  avec  Mme  L.  Eren- 

TÔZ. 

3.  Cet  échantillon  isolé,  d’une  détermination  difficile,  peut  aussi  bien  être  rattaché 
à  Clypeaster  pentadactylus  Peron  et  Gauthier  sensu  lato. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953. 


—  651  — 


2°  Clypeaster  sp.  aff.  olisiponensis  Michelin  1. 

Ici  le  cas  de  parasitisme  n’est  pas  unique.  L’examen  externe  ne 
révèle  pas  moins  de  neuf  canaux  en  forme  de  8,  mais  de  dimensions 
plus  réduites,  ne  dépassant  pas  5  mm  sur  3  mm  pour  le  plus  grand 
(lig.  2).  En  conformité  avec  ce  que  j’ai  observé  chez  C.  melitensis , 
ces  canaux  débouchent  à  la  face  supérieure,  mais  à  ras  du  test, 
sans  produire  de  soulèvement  important  de  celui-ci.  Tous  se  trouvent 
au  voisinage  de  zones  porifères. 


Fig.  1  :  A.  - —  Positions  relatives  de  la  galle  et  de  son  canal  chez  Clypeaster  altus ,  d  après 
la  radiographie  faite  par  la  face  supérieure.  —  B.  —  Canal  de  la  galle  vu  extérieure¬ 
ment  ;  C.  —  Canal  de  la  galle  très  grossi. 

(g  =  galle,  cg  =  canal  de  la  galle,  spa  =  sillon  péristomal  antérieur,  p  =  paroi 
de  la  galle,  r  =  remplissage  de  la  galle). 

Énumérons-les  d’abord  en  suivant  le  sens  d  orientation  des  Echi- 
nides. 

Interradius  2  :  4  orifices,  dont  3  incontestables,  situés  au  voisinage 
du  pétale  II,  dans  sa  moitié  inférieure.  Les  trois  premiers  sont 
«  à  cheval  »  sur  la  zone  porifère,  on  distingue  leurs  parois  recristalli¬ 
sées  ;  deux  très  proches  l’un  de  1  autre  occupent  l’extrémité  distale. 
Quant  au  quatrième,  assez  douteux,  sans  paroi  visible,  débordant 
sur  la  zone  interporifère,  je  le  cite  pour  mémoire.  Les  dimensions 
sont  de  l’ordre  de  3  à  4  mm  sur  2  mm. 

Interradius  4  :  2  canaux,  dont  l’un  débouchant  à  mi-chemin  entre 
l’apex  et  le  milieu  du  pétale  IV,  est  situé  dans  la  zone  interporifère, 
tout  contre  la  partie  ambulacraire.  L’autre,  moins  éloigné  de  1  apex, 

1.  Cette  espèce  rentre  dans  le  groupe  de  C.  campanulatus  (Schlotheim)  sensu  lata. 


652 


presque  dans  1  axe  de  l’interambulacre,  déborde  cette  même  zones 
porifère. 

Interradius  5  :  4  orifices,  de  part  et  d’autre  de  la  zone  porifère 
du  pétale  I,  dans  sa  moitié  inférieure  :  2  dans  la  zone  interporifère, 
jouxtant  Faire  ambulacraire,  dont  le  plus  grand  de  tous,  plus  proxi¬ 
mal  ;  2  de  dimensions  réduites  (moins  de  3  mm  sur  1,5  mm)  du  côté 
de  l’interambulacre  impair. 

nr 


f 

Fig.  2  .  Clypeaster ,  sp.  afî.  olisiponensis,  d  apres  une  radiographie.  Le  dessin  des  pétaless 
ne  correspond  ni  aux  zones  interporifères,  ni  à  l’ensemble  des  zones  porifères.  En 
grisé  :  outre  le  péristome  au  milieu  de  I’infundibulum  péristomal  pentagonal,  et  le 
périprccte,  les  traces  des  points  d’aboutissement  dés  9-10  canaux  à  la  surface  du 
test. 

Quelques  remarques  ici  s’imposent,  relativement  aux  caractères 
très  homogènes  de  ces  9  canaux  :  taille  voisine,  section  en  8, 
paroi  peu  épaisse,  recristallisée  ;  remplissage  des  tubes  blanchâtre  ; 
ne  soulèvent  que  légèrement  le  test  ;  tous  situés  au  voisinage  immé¬ 
diat  des  zones  porifères  des  ambulacres.  Leur  répartition  est  égale- 


653  — 


ment  remarquable  :  ils  sont  par  groupes  de  2  à  4,  localisés  en  des 
points  précis  et  éloignés  les  uns  des  autres. 

Voyons  les  résultats  fournis  par  la  radiographie.  Ils  sont  exprimés 
sur  la  figure  2,  qui  porte  aussi  les  points  d’abouchement  des  9 
(ou  10)  canaux  à  la  surface  du  test,  bien  qu’ils  n  apparaissent  pas 
sur  le  cliché. 

On  distingue  une  série  de  traces  aux  contours  plus  ou  moins  bien 
définis,  dans  le  voisinage  des  orifices  extérieurs  des  tubes  en  8. 
Elles  affectent  des  formes  diverses  :  en  8,  en  haricot,  en  amande, 
etc.  J’en  ai  retenu  9  qui  m’ont  semblé  relativement  nettes.  Toutefois 
il  convient  de  préciser  que  ces  apparences  de  galles  internes  sont 
assez  indécises  et  qu’il  ne  faut  pas  s  attacher  au  détail  de  chacune 
d’entre  elles' mais  les  considérer  plutôt  dans  leur  ensemble,  par  rap¬ 
port  aux  points  d’abouchement  des  canaux  a  1  extérieur. 

Il  ne  fait  pas  de  doute  qu’il  existe  une  relation  entre  les  unes  et 
les  autres,  bien  qu’ici  comme  dans  le  cas  précédent  les  connections 
ne  soient  pas  visibles,  et  qui  plus  est,  on  ne  puisse  pas  rapporter 
sûrement  tel  canal  à  telle  galle  interne  et  vice~versa. 

Décrivons  les  pourtant  brièvement. 

Radius  II  :  2  galles  en  forme  de  haricot,  d’environ  8  mm  sur  4  mm, 
dont  le  canal  contesté  est  le  plus  proche. 

Interradius  2  :  une  grande  galle  piriforme,  atteignant  17  mm  de 
long  sur  8  mm  de  large.  Elle  est  probablement  en  relation  avec 
l’extérieur  par  l’un  des  deux  canaux  dont  on  voit  les  traces  vers 
l’extrémité  distale  du  pétale. 

Radius  IV  :  une  galle  en  forme  de  8,  assez  proche  de  l’apex. 

Interradius  4  :  une  galle  circulaire  de  7  mm  de  diamètre. 

Interradius  5  :  2  galles  en  huit,  1  une  de  petite  taille,  dans  1  axe 
de  symétrie  bilatérale,  l’autre  de  11  mm  sur  6  mm. 

Radius  I  :  logiquement  ces  galles  auraient  dû  être  énumérées  en 
premier  lieu,  mais  elles  se  rapportent  au  premier  groupe  de  canaux, 
qui  débouchent  dans  l’interradius  5.  Encore  2  galles  :  l’une  de  près 
■de  10  mm  sur  20  mm,  l’autre  en  forme  d’amande  (8  mm  sur  4  mm). 

La  radiographie  ne  permettant  pas  d’établir  une  relation  certaine 
entre  galles  et  canaux,  des  coupes  seraient  ici  nécessaires,  mais  on 
n’a  pas  voulu  sacrifier  l’exemplaire  unique  de  cette  espèce. 

Depuis  la  rédaction  de  ma  première  note,  est  parvenu  à  ma  con¬ 
naissance  le  cas  d’un  Clypéastre  qui  semble  atteint  par  les  mêmes 
parasites  Myzostomes.  Il  s’agit  de  Clypeaster  felmenesensis  Vadasz  1. 
Sur  la  photographie  du  type  de  l’espèce,  sont  visibles  comme  les 

1.  Vadasz,  El.  (1914-1915).  Die  mediterranen  Echinodermen  Ungarns.  Geologia 
Jiungarica,  t.  I,  p.  184,  fig.  75. 


—  654  — 

aboutissements  de  très  nombreux  tubes  à  section  en  huit  —  plus 
d  une  quinzaine  venant  déboucher  dans  les  zones  interporifères 
des  petales,  ou  au  contact  des  zones  porifères.  Ce  serait  un  cas  de 
parasitisme  plus  généralisé.  Vadasz  ne  dit  rien  de  ces  anomalies. 


Laboratoire  de  Paléontologie  du  Muséum. 


ACTES  ADMINISTRATIFS 


M.  le  Professeur  L.  Face  est  nommé  Assesseur  au  Directeur  du  Muséum 
pour  l’année  1953  (Arrêté  ministériel  du  13  février  1953). 

M.  le  Professeur  Ch.  Sannié  est  nommé  second  Assesseur  au  Directeur 
du  Muséum  pour  l’année  1953  (Arrêté  ministériel  du  13  février  1953). 

M.  L.  Berland,  sous-Directeur  de  Laboratoire,  est  admis  à  faire  valoir 
ses  droits  à  une  pension  de  retraite  à  compter  du  30-IX-1953  (A.  m.  du 
3-vi-1953). 

M.  R.  Lamy,  sous-Directeur  de  Laboratoire,  est  maintenu  en  fonctions 
à  compter  du  30-ix-1953  (A.  m.  du  20-vii-1953). 

Mme  Y.  Dindault,  Assistante,  est  admise  à  faire  valoir  ses  droits  à 
une  pension  de  retraite  à  compter  du  30-ix-1953  (A.  m.  du  S-vi-1953). 

Mlle  M.  Bouteiller,  Assistante,  est  détachée  pour  un  an  auprès  du 
C.N.R.S.  (A.  m.  du  28-xi-1952). 

Mme  R.  Roux,  Assistante,  est  détachée  pour  une  durée  de  3  ans  auprès 
du  Ministère  de  la  France  d’Outre-Mer,  à  compter  du  1-vii-1953  (A.  m. 
du  8-xn-1952). 

M.  J.  Vincent,  Assistant,  obtient  un  congé  d’inactivité  pour  un  an, 
à  compter  du  1-1-1953  (A.  m.  du  13-H-1953). 

MM.  J.  Barré  et  J.-M.  Remy,  Assistants,  sont  titularisés  dans  leurs 
fonctions  (A.  m.  du  31-xn-1952). 

Mlle  M.-L.  Boutin  est  nommée  Assistante  stagiaire  (A.  m.  du  15-xn- 
1952). 

Mlle  M.  Tassin  de  Saint-Pereuse  est  chargée  des  fonctions  d’Assis- 
tante  en  remplacement  de  M.  Lehmann  (A.  m.  du  9-iv-1953). 

Mlle  A.  Plu  est  chargée  provisoirement  des  fonctions  d’Assistante 
(A.  m.  du  7-V-1953). 

M.  J.-P.  Chevalier,  Assistant,  est  démissionnaire  à  compter  du 
15-xi-1952  (A.  m.  du  31-xn-1952). 

Mme  F.  Laboureau,  Commis  d’Administration,  obtient  une  prolon¬ 
gation  de  congé  de  6  mois,  à  compter  du  l-vn-1953  (A.  m.  du  8-VII-1953). 

M1Ie  S.  S  ch  wa  ab  est  chargée  des  fonctions  de  Commis,  au  service  de 
Muséologie,  à  compter  du  l-in-1953  (A.  m.  du  9-IV-1953). 

MM.  Poli,  Chef  soigneur  de  la  Ménagerie  ;  F.  Ferteux,  Taxidermiste  ; 
F.  Lomont,  Taxidermiste  ;  A.  Gudefin,  Taxidermiste  ;  R.  Chauvancy, 
Taxidermiste,  et  J.-M.  Layac,  Taxidermiste,  sont  intégrés  dans  le  corps 
des  Aides-techniques  principaux  (A.  m.  du  3-VI-1953). 

M.  A.  Duval,  Jardinier  permanent,  obtient  une  prolongation  de  congé 
de  6  mois  pour  raison  de  santé  (A.  m.  du  22-v  et  13-XI-1953). 


—  656  — 


M.  J.  Leluc  est  chargé  des  fonctions  de  Jardinier  permanent  (A  m 
•du  19-vi-1953). 

MM.  Th.  Dessaint,  M.  Nicolas,  L.  Poudrai,  R.  Foulon,  Y.  Le  Floch, 
F.  Audouard,  J.  Voisin,  H.  Cuoc,  Y.  Le  Bellogo,  M.  Bodin,  G.  Robert^ 
J.  Barriac,  M.  Gâche,  Agents  de  cadre  complémentaire  de  service,  sont 
nommés  Jardiniers  auxiliaires  permanents  à  compter  du  1-1-1951  (A  m 
du  17-IX-1953). 

MM.  M.  Vermont,  F.  Jaffré,  P.  Lefèvre  et  R.  Renaudin,  auxiliaires 
de  Service,  sont  nommés  Jardiniers  auxiliaires  permanents  à  compter 
du  1-1-1951  (A.  m.  du  17-IX-1953). 

M.  R.  Salmon  et  L.  Plagnes  sont  chargés  des  fonctions  de  Jardinier 
auxiliaire  permanent  (A.  m.  du  6-m  et  7-iv-1953). 

M.  R.  Lamberdière,  Jardinier  auxiliaire  permanent,  est  démission¬ 
naire  (A.  m.  du  13-H-1953). 

Mme  G.  Gaillard,  Employée  de  bureau,  mise  en  disponibilité  pour  un 
an  (A.  m.  du  22-xii-1952)  est  réintégrée  dans  son  emploi  (A.  m  du 

13- xi-1953). 

Mme  M.  Bory,  Employée  aux  écritures,  est  titularisée  dans  ses  fonctions 
à  compter  du  l-ix-1952  (A.  m.  du  31-xii-1952). 

Mmes  A.  Mazenod,  Y.  Vazeii.le,  M.-S.  Michard,  P.  Darvoy, 
G.  Aubert,  L.  Moreau,  J.  Picard,  Agents  de  cadre  complémentaire 
de  service  ;  M.  Fauvel,  M.  Voisin,  G.  Barriac,  J.  Siboulot,  Auxiliaires 
de  service  ;  Y.  Bouïssot,  R.  Edrei  et  Mlle  G.  Baucher,  Auxiliaires  de 
bureau,  sont  intégrés  dans  le  corps  des  Agents  de  bureau,  à  compter 
du  1-1-1951,  et  nommés  à  cette  même  date  employés  de  bureau  au 
Muséum  (A.  m.  du  ll-vm-1953). 

M11®  Lacarriere  est  intégrée  dans  le  corps  des  Employées  de  bureau 
(A.  m.  du  6-XI-1953). 

M.  H.  Duron,  Agent  du  cadre  complémentaire  de  service,  est  admis 
à  faire  valoir  ses  droits  à  une  pension  de  retraite  (A.  m.  du  3-H-1953). 

M.  F.  Rio,  Garçon  de  laboratoire,  est  admis  à  faire  valoir  ses  droits 
à  une  pension  de  retraite  à  compter  du  l-vm-1953  (A.  m.  du  10-iv-1953). 

M.  Benoiton,  Gardien  de  galerie,  est  nommé  Garçon  de  laboratoire 
(A.  m.  du  17-ix-1953). 

M.  F.  Mai.gras,  Agent  spécial,  est  admis  à  faire  valoir  ses  droits  à 
une  pension  de  retraite  à  compter  du  27-VI-1953  (A.  m.  du  17-iv-1953) 

M.  F.  Le  Texier,  Aide  de  laboratoire  spécialisé,  est  admis  à  faire  valoir 
ses  droits  à  une  pension  de  retraite  à  compter  du  1-1-1953  (A  m  du 

14- IU-1953). 

Mme  M.  Faublée,  Aide  de  laboratoire,  est  mise  en  disponibilité  pour 
un  an  à  compter  du  1-1-1953  (A.  m.  du  6-m-1953). 

Mme  S.  Bersihand,  Aide  de  laboratoire,  est  mise  en  disponibilité  pour 
un  an  à  compter  du  l-vn-1953  (A.  m.  du  16-VH-1953). 

M.  Delmat  est  chargé  des  fonctions  d’Aide  de  laboratoire  en  rempla¬ 
cement  de  M.  Baufle  (A.  m.  du  29-vii-1953). 

Mlle  A*  Leckert  .est  chargée  des  fonctions  d’Aide  de  laboratoire  en 
remplacement  de  Mme  Faublée  (A.  m.  du  6-iii-1953). 

M.  J.  Bertheleme,  Gardien  de  galerie,  est  admis  à  faire  valoir  ses  droits 
-à  une  pension  de  retraite,  à  compter  du  29-vii-1953  (A.  m.  du  17-iv-1953). 


—  657  — 


MM.  I.  Cariou,  L.  Le  Du,  G.  Gervais,  P.  Levillain,  Gardiens  de 
galerie,  sont  titularisés  dans  leurs  fonctions  (A.  m.  du  31-xii-1952  ; 
13-n  et  31-IH-1953). 

jyjme  Edrei  est  mise  en  disponibilité,  pour  charges  de  famille,  pendant 
un  an  (A  m.  du  13-XI-1953). 

MM.  L.  Bellot  (A.  m.  du  30-IX-1953),  J  Dejoux  et  R.  Gloanec  (A.  m. 
du  6-XI-1953)  sont  titularisés  dans  les  fonctions  de  Gardiens  de  ménagerie. 

MM.  R.  Barrat  et  A.  Taranne  sont  chargés  des  fonctions  de  Gardiens 
de  galerie  (A.  m.  du  31-xn-1952  et  20-m-1953). 

M.  P.  Rolland  est  nommé  Gardien  de  galerie  stagiaire  (A.  m.  du 
6-XI-1953). 

M.  L.  Daumarie  est  nommé  Garde  militaire  stagiaire  (A.  m.  du 
6-xi-1953). 

M.  R.  Planche  est  nommé  Auxiliaire  de  Service,  à  titre  provisoire, 
en  remplacement  de  M.  Renaudin  (A.  m.  du  21-vii-1953). 

M.  J.  Plagnes  est  bénéficiaire  d’une  bourse  d’apprentissage  de  culture 
(A.  m.  du  ll-vm-1953). 

MM.  S.  Desbrosses,  G.  Maier,  M.  blondeaux  et  J.  Saint-Macary, 
apprentis-jardiniers,  sont  bénéficiaires  d’une  bourse  d’entretien.  (A.  m.  du 
29-ix  et  4-xi-1953). 

Mlle  J.  Berjot  est  démissionnaire  à  compter  du  l-m-1953  (A.  m.  du 
9-IV-1953). 

M.  J.  Dhouailly  est  démissionnaire  à  compter  du  15-VI-1953  (A.  m. 
du  20-vii-1953). 

Nous  avons  le  regret  de  faire  part  du  décès  de  MM.  R.  Lemarchand, 
Jardinier  auxiliaire  permanent  (30  -xi-1952)  ;  J.  Pinson,  Gardien  de  galerie 
(31-1-1953)  ;  L.  Juglet,  Jardinier  permanent  (22-iii-1953)  et  H.  Bonnet, 
Agent  du  cadre  complémentaire  de  service  (19-IV-1953). 

MM.  Hissard  et  Reboussin  sont  chargés  des  leçons  de  dessin  au  Muséum 
pour  l’année  1953  (A.  m.  du  14-HI-1953). 

DISTINCTIONS  HONORIFIQUES 
Légion  d’honneur. 

M.  le  Professeur  Roger  Heim,  Membre  de  l’Institut,  Directeur  du 
Muséum,  est  promu  Officier  de  la  Légion  d’honneur  par  Décret  du  29  jan¬ 
vier  1953. 

M.  Pierre  Reveneau,  Surveillant  général  du  Muséum,  est  nommé 
Chevalier  de  la  Légion  d’honneur  par  Décret  du  1er  septembre  1953. 

Mérite  agricole. 

Par  Décret  du  6  août  1953, 

MM.  Paul  Bullier  et  Raymond  Furon,  sous-Directeurs;  Robert 
Soyer,  Assistant  ;  Sebastien  Poli,  Gardien-chef  soigneur,  sont  promus 
Officiers  du  Mérite  agricole.  , 

MM.  René  Abrard,  Professeur  ;  Jules  Camus,  Aide-technique  ;  Albert 
Michon,  Jardinier  permauent,  sont  nommés  Chevaliers  du  Mérite  agricole. 

Bulletin  du  Muséum,  2e  série,  t.  XXV,  n°  6,  1953.  41 


—  658  — 


Officiers  de  l’Instruction  Publique  et  d’ Académie. 

Par  arrêté  du  27  juin  1953,  sont  nommés 
Officiers  de  V Instruction  Publique  : 

n  M7  M''LMUeAMITU'nI'OT’  MUe  S-  CAILLèRE-  M-  J-  Léandri  sous- 
Directeurs  ;  M»e  M.  I,.  Pasquier,  MM.  J.  Arènes,  R.  Creyx  H  Leh 

mann  Assistants;  M»o  G.  Boca,  M.  P.  Bruon,  Aides -te’chmques  ; 
MM.  V.  Ghaudun,  R.  Mamy,  Secrétaires  comptables. 

Officiers  d' Académie  : 

MM.  Ed.  Aubert  de  la  Rüe,  Associé  du  Muséum  ;  le  Dr  P  Chan- 
G-hard,  Assistante;  M.  M.  Bonnefoy,  Secrétaire 
comptable,  M  M.  Heklova,  Jardinier  botaniste;  M11**  M  Chevalier 
TravaiHeur  libre;  MM  H.  Barrat,  Brigadier  des  gardiens  de  galerie! 
M-  B*  Nicolas,  Auxiliaire  de  service. 


—  659  — 


TABLE  DES  MATIÈRES 

du  Tome  XXV.  —  1°  Séiue. 


Pages 

Actes  administratifs .  655 

Liste  des  Associés  et  Correspondants  nommés  en  1952 .  5 

Travaux  laits  dans  les  Laboratoires  pendant  l’année  1952 .  10 

Communications  : 

Abrard  (R.).  Contribution  à  l’étude  hydrogéologique  du  Bassin  de  Paris. 

Troisième  supplément.  , . .  236 

André  (M.).  Nouvelles  observations  sur  Thrombicula  Le  Gaci  M.  André  (Aca¬ 
riens)  . - . . .  68 

—  Une  espèce  nouvelle  de  Leptus  (Acarier)  parasite  de  Scorpions .  150 

—  Nouvelles  observations  sur  Penthaleus  major  (Dugès)  (Acariens).,..  279 

—  Tanaupodus  passimpilosus  Berlese  1910,  Thrombidicn  peu  connu  et 

nouveau  pour  la  faune  française .  283 

—  Observations  sur  la  fécondation  chez  Allothrombium  fuliginosum  Herm. 

(Acarien) . 383 

—  Acariens  Phytoptipalpidae  parasites  des  Orchidées,  Cactées  et  plantes 

grasses  cultivées  en  serres.  I.  —  Tenuipalpus  orchidarum  Parfitt .  463 

—  Id .,  IL  Brevipalpus  cactorum  Oud.  et  B.  confusus  Baker .  563 

Angelier  (C.  et  E.).  Contributions  à  la  connaissance  des  Hydracariens  des 

Pyrénées  :  le  genre  Arr'enurus  Dugès  1833 .  69 

Anthony  (J.).  Ébauche  de  dispositif  compresseur  de  la  glande  venimeuse 
chez  un  Serpent  opistoglyphe  de  l’Amérique  du  Sud,  Tomodon  dorsa- 

tus  D.  et  B .  272 

Aubert  de  La  Rüe  (E.).  Notes  sur  une  ascension  du  Kilimandjaro  (février  1953).  261 

Bauchot-Boutin  (M.  L.).  Révision  synoptique  du  genre  Serrivomer  (Anguilli- 

formes) . 365 

Baud  (C.  A.)  et  Morgenthaler  (P.  W.).  Sur  l’ultrastructure  du  tissu  osseux 
d’un  Poisson  Téléostéen  fossile  :  Diplomystus  brevissimus  (Fam.  Clu- 

peidae ) . 641 

Baumann-Bodenheim  (G.).  Fagacées  de  la  Nouvelle-Calédonie .  419 

Berhaut  (R.  P.).  Essai  sur  les  Polycarpaea  annuels  de  l’A.O.F.  à  feuilles 

linéaires .  206 

Berlioz  (J.).  Étude  d’une  collection  d’Oiseaux  du  Gabon .  130 

Blanc  (M.)  et  Fourmanoir  (Y.).  Poissons  d’Océanie  rapportés  par  M.  G.  Ranscn 

en  1952  .  546 

Bourf.au  (E.).  Étude  paléoxylologique  du  Sahara  (XVIII).  Sur  un  Myrtoocylon 
secretans  n.  g.,  n.  sp.,  des  couches  postéocènes  d’In  Rhar  (Sahara  sou¬ 
danais)  . 225 

—  Étude  paléoxylologique  du  Sahara  (XIX)  :  Leguminoxylon  ersanense 

n.  sp.  bois  fossile  des  collines  d’Ersane  (Sahara  soudanais) .  353 

Brebion  (P.).  Scalaturris  riedéli  n.  g.  et  n.  sp.,  Gastéropode  du  Crétacé  supérieur 

du  Cameroun . . .  645 


—  660  — 


1  *udker  (P.).  Sur  le  cordon  ombilical  des  Squales  vivipares .  541 

Buge  (E.).  Haplopomella ,  un  genre  nouveau  de  Bryozoaires  fossiles .  647 

Camus  (A.).  Sous-genre  et  espèces  nouvelles  de  Graminées  malgaches. .  342 

Cavaco  (A.).  Synopsis  des  Amaranthacées  de  Madagascar  et  des  Comores. .  .  .  629 

Cherbonnier  (G.).  Sur  la  présence,  en  France,  de  Helicella  (Helicopsis)  arenosa 

(Ziegler).  Gastéropodes . 495 

Ncte  sur  une  nouvelle  espèce  de  Synapte  de  l’Ile  Maurice  :  Patinapta 
Vaughani  n.  . .  59 1 

Complément  à  l’étude  des  Holothuries  de  l’Afrique  du  Sud .  594 

Colas  (G.).  Acquisition  de  la  collection  René  Oberthür  par  le  Muséum.  .  .  .  298 

Condé  (B.).  Le  Diploure  Campodea  monspessulana  n.  sp.,  hôte  de  la  Grégarine 

l.epismatophila  campodene  Tuzet,  Manier  et  Ormières .  406 

Dorst  (J.).  Étude  d’une  collection  de  Chiroptères  du  Rio  Ucayali,  Pérou.  .  .  .  269 

Dresco  (Ed.).  Un  Opilion  nouveau  des  Monts  Cantabriques  (Espagne) .  147 

Fa ge  (L.).  Deux  Pycnogonides  nouveaux  de  la  Côte  Occidentale  d’Afrique.  .  .  376 

Fauvel  (P.).  Sur  quelques  Annélides  Polycliètes  d’Océanie .  173 

Une  petite  collection  d’Annélides  Polychètes  des  îles  Kerguelen _  307 

Feugueur  (L.)  et  Soyer  (R.).  Hydrogéologie  du  Lutétien-Le  Vexin  (9e  note)..  245 
Forest  (J.).  Notes  préliminaires  sur  les  Paguridae  (Crust.  Décap.)  des  côtes 

occidentales  d’Afrique.  —  IV.  Clibanarius  aequabilis  Dana .  437 

Crustacés  Décapodes  Marcheurs  des  îles  de  Tahiti  et  des  Tuamotu.  — 


Furon  (R.).  Les  c  dlecticns  géologiques  de  la  France  d’Outre-Mer  conservées 

au  Laboratoire  de  Géologie  du  Muséum .  231 

Gaillard  (J.  M.).  Révision  des  espèces  des  côtes  de  France  du  genre  Gibbula 

Risso  (Moll.  Prosobr.) .  534 

Giniets  (C.).  Contribution  à  l’étude  anatomique  des  plantules  de  Palmiers  (V)  : 

Les  apex  de  la  plantule  d ' Archonto phoenix  Cunninghamiana  W.  et  Dr.  .  .  334 

Id.  (VI)  :  Les  mcristèmes  apicaux  de  la  phyllorhize  post-embryonnaire 
à’  Archonto  phoenix  Cunninghamiana  W .  et  Dr . . .  511 

Grambast  (N.).  Sur  les  caractères  épidermiques  de  la  feuille  dans  le  genre 

Sparattosyce  (Moracées) .  194 

Grand.if.an  (F.).  Observations  sur  les  Oribales  (25e  série) .  155 

—  Id.  (26e  série) .  286 

La  coalescence  fémorogénuale  chez  Fusacarus  (Acaridié,  Acarien) _  387 

—  Observations  sur  les  Oribates  (27e  série) . * .  469 

Gsell  (J.).  Esquisse  géologique  de  la  bordure  orientale  de  la  cuvette  tchadienne.  253 
(juibé  (J.)  et  La  motte  (M.).  Rana  (Ptychadaena)  submascarenierisis.  Batracien 

nouveau  de  l’Afrique  Occidentale .  361 

Guillaumin  (A.).  Plantes  nouvelles,  rares  ou  critiques  des  serres  du  Muséum.  .  187 

Notules  sur  quelques  Orchidées  d’Indochine  :  IV . .  189 

•  Plantes  nouvelles,  rares  ou  critiques  des  serres  du  Muséum  (Notules  sur 

quelques  Orchidées  d’Indochine,  V) .  329 

—  Une  Araliacée  énigmatique  :  le  Schefflera  Stelzeriana  Horst .  332 

—  Contribution  à  la  flore  de  la  Nouvelle-Calédonie . 419 

—  Id.,  CIV,  Plantes  collectées  par  Miss  L.  E.  Cheesman .  605 

Résultats  scientifiques  de  la  mission  Franco-Suisse  de  Botaniques  en 
Nouvelle-Calédonie  (1950-1951) .  595 

—  Plantes  nouvelles,  rares  ou  critiques  des  serres  du  Muséum.  (Notules  sur 

quelques  Orchidées  d’Indochine,  VI) .  599 

et  Rose  (H.).  Floraisons  les  plus  intéressantes  observées  dans  les  serres 

du  Muséum  pendant  l’année  1952 .  193 

Hinschrerger  (A.).  Contribution  à  la  faune  des  Symphylcs  de  Corse .  90 

Hoffstetter  (R.).  Caractères  dentaires  juvéniles  chez  les  Rhyncliocéphales 

jurassiques,  Theretairus  et  Leptosaurus .  213 

—  Les  Sauriens  An  té-crétacés .  .  345 


661  - 


Jouanïn  (C.).  Le  matériel  ornithologique  de  la  mission  «  Passage  de  Vénus 

sur  le  Soleil  »  (1874),  station  de  l’île  Saint-Paul . 

Lf.andri  (J.)-  Une  mission  botanique  à  Madagascar . . 

Leclerc  (M.).  Description  de  trois  nouveaux  Pauropodes  des  Corse . 

—  Pauropodes  de  Corse . .  ^00, 

Legrand  (J.  J.)*  Trichoniscus  nicaeensis  n.  sp.  (Crustacé  Isopode  terrestre).. 
Lepesme  (P.)  et  Breuning  ($.).  Coléoptères  Cérambycides  récoltés  dans  le 

Pacifique  par  P.  Lepesme  (mars-avril  1950) . 

Levi  (C.).  Description  de  Plakortis  nigra  nov.  sp.  et  remarques  sur  les  Plaki- 

nidae  (Démosponges) . ^ . . 

Loubif.re  (A.).  Les  frondes  odontoptéroïdes  du  Carbonifère  et  du  terrain  per¬ 
mien . . 

Mathon  (Cl.  Ch.).  Obtention  d’inflorescences  anormales  chez  les  orges.  L’évo¬ 
lution  des  primordia  floraux . 

—  L’écologie  du  développement  des  Aegilops  (Graminées).  —  2e  partie. 

L’analyse  stadiale  précisée,  lre  note . 

Pages  (J.).  Diploures  Japigidés  de  Basse-Égypte .  9/  el 

—  Diploures  Projapigidés  de  Côte  d’ivoire . . . 

Petter  (F.).  Étude  d’une  collection  de  Sciuridés  du  Cameroun . 

Pichon  (M.).  Additions  à  la  flore  de  l’A.E.F.  :  Apocynacées-Plumérioïdées.  . 

—  ld.  :  Apocynacées  —  Echitoïdées . . 

—  Un  Tabernanthe  (Apocynacée)  nouveau  de  l’Angola . 

Pi.essis  (Y.).  Méthode  pratique  et  peu  coûteuse  pour  constituer  une  collection 

de  Poissons,  Reptiles  et  Batraciens . 

—  Application  des  phénomènes  de  capillarité  à  l’élevage  de  petits  animaux 

marins  . 

—  Comportement  de  Pinnotheres  pisurn  Penn.  en  aquarium . 

Radford  (Ch.  D.).  A  révision  of  the  fur  Mites  Myobiidae  (Acarina)  (suite 

et  fin) . 

Rancurel  (P.).  Teredo  petiti  Récluz  :  description  de  la  coquille  larvaire - 

Ranson  (G.)  et  Cherbonnier  (G.).  Appareil  génital  et  radules  de  trois  Pla- 
norbes  africains  :  PL  gardei  Germain,  Pl.  tilhoi  Germain,  PL  Dollonii 

Germain . * . 

Remy  (P.  A.).  Description  d’un  nouveau  Palpigrade  d’Afrique  occidentale  Iran- 

çaise . 

Rtsbec  (J.).  Observations  sur  l’anatomie  des  Terebridae  néo-calédoniens . 

Roman  (J.).  Galles  de  Myzostomides  chez  des  Clypéastres  de  Turquie . 

Rose  (M.).  Quelques  renseignements  sur  le  Plankton  des  îles  Tuamotu . 

Saban  (R.).  Présence  de  l’ethmoïde  (os  planum  dans  la  paroi  orbitaire  des 
Erinaceidae . . 

—  Note  sur  un  Cardium  tuberculatum  Linné  (1758)  actuel  en  voie  de  fossi¬ 
lisation  . 

Stehle  (H.).  Monocotylédones  nouvelles  ou  rares  de  la  flore  de  l’île  anglaise 

de  la  Dominique  (Archipel  Caraïbe) . 

Stehlé  (IL)  et  Bruet  (Ed.).  Esquisse  géologique  et  évolution  phytosociolo- 
gique  sur  les  sables  de  sédimentation  moderne  de  la  plage  de  Grande 

Anse-Deshaye,  en  Guadeloupe . 

Tixier-Durivault  (A.).  Sur  quelques  Alcyoniidés  de  Tahiti  et  des  îles  Fidji. 
Turmel  (J.-M.).  Diffusion  de  l’eau  de  percolation  dans  les  sables  sahariens.  . 

Urbain  (Ach.),  Nouvel  (J.),  Bullier  (P.)  et  Rinjard  (J.).  Rapport  sur  la 
mortalité  et  la  natalité  enregistrées  au  Parc  Zoologique  du  Bois  de  Vin- 

cennes  pendant  l’année  1952 . 

Urbain  (A.)  et  Roth  (P.  C.  J.).  L’anaphylaxie  chez  les  Grenouilles,  les  Tritons  et 
les  Couleuvres  à  collier . 


529 

599 

395 

477 

451 

301 

320 

221 

422 

621 

169 

489 

433 

198 

204 

637 

139 

140 
562 

80 

410 


176 


86 

576 

650 

456 


127 


181 

518 


610 

311 

105 


111 

551 


—  662 


Vachox  (M.)  Note  préliminaire  sur  les  Scorpions  collectés  au  Maroc  par 
Al.  J.  Malhomme . . 

—  Commentaires  à  propos  de  la  distinction  des.  stades  et  des  phases  du 

développement  chez  les  Araignées . 

Nouveaux  cas  de  phorésie  chez  les  Pseudoscorpions . 

Vandel  (A.)  La  classification  de  la  famille  des  Trichoniscidae  (Crustacés, 
Isopodes  terrestres) . 

Remarques  systématiques,  morphologiques  et  biogéographiques  sur 
un  groupe  de  Trichoniscidae  Nord- Atlantiques  (Crustacés  ■  Isopodes 
terrestres)  . 

Viette  (P.).  Nouvelles  descriptions  de  Pyrales  malgaches  (Lepid.  Pyraustidae) . 

Villiers  (A.).  Un  nouveau  Systelloderes  du  Vénézuéla  ( Hemiptera  Henico- 
cepnalidae) . 

Types  déposés  au  Muséum  National  d’Histoire  naturelle  par  l’Institut 
français  d’Afrique  Noire  (4°  liste) . 


144 

294 

572 

27S 

368 

483 


95 

163 


Le  Gérant  :  Marc  André. 


ABBEVILLE.  -  IMPRIMERIE  F.  PAILLART.  -  10-2-1954. 


RÈGLEMENT 


Le  Bulletin  du  Muséum  est  réservé  à  la  publication  des  travaux  faits 
dans  les  Laboratoires  ou  à  l’aide  des  Collections  du  Muséum  national 
d’Hisloire  naturelle. 

Le  nombre  des  fascicules  sera  de  6  par  an. 

Chaque  auteur  ne  pourra  fournir  plus  d’une  1/2  feuille  (8  pages  d’im¬ 
pression)  par  fascicule  et  plus  de  2  feuilles  (32  pages)  pour  l’année.  Les 
auteurs  sont  par  conséquent  priés  dans  leur  intérêt  de  fournir  des  manus¬ 
crits  aussi  courts  que  possible  et  de  grouper  les  illustrations  de  manière 
à  occuper  la  place  minima. 

Les  clichés  des  figures  accompagnant  les  communications  sont  à  la 
charge  des  auteurs  ;  ils  doivent  être  remis  en  même  temps  que  le  manuscrit, 
avant  la  séance  ;  faute  de  quoi  la  publication  sera  renvoyée  au  Bulletin 
suivant. 

Les  frais  de  corrections  supplémentaires  entraînés  par  les  remanie¬ 
ments  ou  par  l’état  des  manuscrits  seront  à  la  charge  des  auteurs. 

Il  ne  sera  envoyé  qu’une  seule  épreuve  aux  auteurs,  qui  sont  priés  de  la 
retourner  dans  les  quatre  jours.  Passé  ce  délai,  l’article  sera  ajourné  à  un 
numéro  ultérieur. 

Les  auteurs  reçoivent  gratuitement  25  tirés  à  part  de  leurs  articles.  Us 
sont  priés  d’incrire  sur  leur  manuscrit  le  nombre  des  tirés  à  part  supplé¬ 
mentaires  qu’ils  pourraient  désirer  (à  leurs  frais). 

Les  auteurs  désirant  faire  des  communications  sont  priés  d’en  adresser 
directement  la  liste  au  Directeur  huit  jours  pleins  avant  la  date  de  la 
séance. 

TIRAGES  A  PART 

Les  auteurs  ont  droit  à  25  tirés  à  part  de  leurs  travaux.  Ils  peuvent  en 
outre  s’en  procurer  à  leur  frais  25  supplémentaires,  aux  conditions 


suivantes  : 

25  ex.  50  ex. 

4  pages .  57  fr.  50  74  fr.  50 

8  pages .  65  fr.  75  89  fr.  75 


Ces  prix  s’entendent  pour  des  extraits  tirés  en  même  temps  que  le 
numéro,  brochés  avec  agrafes  et  couverture  non  imprimée. 

Les  commandes  dépassant  50  exemplaires  ne  pourront  être  acceptées 
que  par  autorisation  spéciale  et  à  des  prix  supérieurs  à  ceux  qui  sont 
mentionnés  sur  le  tarif  ci-dessus. 

Les  auteurs  qui  voudraient  avoir  de  véritables  tirages  à  part  brochés 
au  fil,  ce  qui  nécessite  une  remise  sous  presse,  supporteront  les  frais  de  ce 
travail  supplémentaire  et  sont  priés  d’indiquer  leur  désir  sur  les  épreuves. 

Les  demandes  doivent  toujours  être  faites  avant  le  tirage  du  numéro 
correspondant. 

PRIX  DE  l’abonnement  ANNUEL  : 

France  :  1.500  fr.  —  Étranger  :  2.200  fr. 

(Mandat  au  nom  de  l’Agent  comptable  du  Muséum) 

Compte  chèques  postaux  :  124-03.  Paris. 


ÉDITIONS 


DU 

MUSÉUM  NATION  4L  D’HISTOIRE  NATURELLE 

36,  BUE  GEOFFROY-SAINT-HILAIRE,  PARIS  Ve 


Archives  du  Muséum  national  d'Histoire  naturelle  (commencées  en  1802 
comme  Annales  du  Muséum  national  d'Histoire  naturelle). 

Bulletin  du  Muséum  national  d'Histoire  naturelle  (commencé  en  1895J. 
(Un  vol.  par  an,  abonnement  annuel  France,  1500  fr.,  Etranger,  2200  fr.) - 

Mémoires  du  Muséum  national  d’Histoire  naturelle,  nouvelle  série  com¬ 
mencée  en  1936.  (Sans  périodicité). 

Publications  du  Muséum  national  d'Histoire  naturelle.  (Sans  périodicité 
fixe  ;  paraît  depuis  1933). 

Index  Seminum  Horli  parisiensis.  (Laboratoire  de  Culture  ;  paraît 
depuis  1822  ;  échange). 

Notulæ  Systematicæ.  (Directeur,  M.  H.  Humbert,  Laboratoire  de  Phanéro- 
gamie  ;  paraît  depuis  1909  ;  abonnement  au  volume,  France,  600  fr.  ; 
Etranger,  900  fr.). 

Revue  française  d’ Entomologie.  (Directeur  M.  le  Dr  R.  Jeannel,  Laboratoire 
d’Entomologie  ;  paraît  depuis  1934  ;  abonnement  annuel,  France,  500  fr., 
Etranger,  600  fr.). 

Bulletin  du  Laboratoire  maritime  du  Muséum  national  d'Histoire  naturelle 
à  Dinard.  (Directeur  M.  E.  Fischer-Piette,  Laboratoire  maritime  de 
Dinard  ;  suite  du  même  Bulletin  à  Saint-Servan  ;  paraît  depuis  1928  ; 
prix  variable  par  fascicule). 

Bulletin  du  Musée  de  l’Homme.  (Place  du  Trocadéro  ;  paraît  depuis  1931  ; 
adressé  gratuitement  aux  Membres  de  la  Société  des  Amis  du  Musée 
de  l’Homme). 

Recueil  des  travaux  du  Laboratoire  de  physique  végétale.  (Laboratoire  de 
Chimie;  Section  de  Physique  végétale;  paraît  depuis  1927  ;  échange). 

Travaux  du  Laboratoire  d’Entomologie.  (Laboratoire  d’Entomologie  ;  paraît 
depuis  1934  ;  échange). 

Revue  de  Botanique  appliquée  et  d’ Agriculture  coloniale.  Directeur  :  M.  A. 
Chevalier,  Laboratoire  d’Agronomie  coloniale  ;  parait  depuis  1921. 
Abonnement  annuel  :  1000  fr. 

Revue  Algologique.  (Directeur  MM.  R.  Lami,  et  P.  Bourrelly,  Labora¬ 
toire  de  Cryptogamie  ;  paraît  depuis  1924  ;  Nouvelle  série  à  partir 
du  1er  janvier  1954,  abonnement,  France,  400  fr.,  Etranger  600  fr.). 

Revue  Bryologique  et  Lichènologique.  (Directeur  Mme  Allorge,  Laboratoire 
de  Cryptogamie  ;  paraît  depuis  1874  ;  abonnement,  France,  600  fr., 
Etranger,  900  fr.). 

Revue  de  Mycologie  (anciennement  Annales  de  Cryptogamie  exotique). 
(Directeur  M.  Roger  Heim,  Laboratoire  de  Cryptogamie.  Paraît  depuis 
1928  ;  abonnement  France  et  territoires  d’Outre-Mer,  1400  fr.,  Etranger, 
2000  fr. 

Mammalia,  Morphologie,  Biologie,  Systématique  des  Mammifères,  (Direc¬ 
teur  M.  Ed.  Bourdelle;  paraît  depuis  1936  ;  1000  fr.  ;  Étranger,  1400  fr.). 


ABBEVILLE. 


IMPRIMERIE  F.  PAILLART. 


10-2-1954.